Château d'Aiguilhe 2001

Stephan Von Neipperg, propriétaire de crus prestigieux tels « La Mondotte », ou encore « Canon La Gaffelière » appose aujourd'hui son sceau sur les bouteilles du Château d'Aiguilhe en Côtes de Castillon. Ce domaine est situé sur l'un des plus beaux terroirs de cette appelation dont la notoriété est grandissante depuis quelques années.

Depuis 1989, Jean-Patrick Mévrignac, œnologue et talentueux vignificateur, dirige ce domaine. Tout comme pour la Mondotte, Stéphane Derenoncourt est consultant pour ce domaine et effectivement , actuellement il n'est pas un vin auquel il contribue qui n'ait du succès.

Sur les 65 hectares, 42 sont voués à la vigne. Celles-ci sont généralement exposées au sud, exclusivement plantées sur le haut des coteaux, sur des sols argilo-calcaires et argilo-limoneux. L'âge moyen des vignes est d'environ 30 ans.

Les méthodes ici n'ont rien à envier à celles des autres domaines du Comte Von Neipperg. Composé de 80 % de merlot et de 20 % de Cabernet franc, le Château d'Aiguilhe se situe bien dans la tradition « Rive droite ». Les vendanges se sont étalées du 1 au 9 octobre pour ce millésime 2001. Les rendements moyens sont de l'ordre de 35 hectolitres à l'hectare. Le raisin est transporté en cagettes et il subit un double tri après avoir été éraflé. La vinification se déroule en cuves bois et inox thermorégulées et a duré 28 jours sur ce millésime ; le moût est régulièrement pigé.

Pour ce qui est de l'élevage, la fermentation malolactique se déroule en barriques neuves à hauteur de 70% sur ce millésime, sur lies fines. Le vin n'est ni collé ni filtré à l'issue de cet élevage qui s'étale de 12 à 18 mois.

Le vin se présente sous une robe pourpre, très sombre, à la densité importante sans saturation toutefois. Les reflets sont sanguins lorsque l'on fait tourner le vin dans le verre.

Le nez est séduisant, il évoque un beau merlot élevé noblement avec des notes toastées, de café, de foin coupé et de tabac. Les fruits apparaissent à l'aération et sont plus noirs que rouges.

En bouche, le vin révèle une structure très serrée et l'attaque se fait dans l'onctuosité, le soyeux. Le boisé est certes perceptible mais le fruit prend totalement le dessus en milieu de bouche. La grande fraîcheur de ce vin contrebalance heureusement le soyeux sur un corps dont l'assise tannique est bien présente. La longueur impressionne tout autant que l'équilibre : Ce milésime du Château d'Aiguilhe représente l'archétype d'un très beau Bordeaux moderne pétri de race et de distinction.

Jérôme Pérez

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