| |
Domaine Robert Plageoles, Vin d'Autan 2002 - Gaillac
Robert et Bernard Plageoles s'évertuent à faire perdurer 14 variétés ancestrales de Gaillac, comme par exemple l'ondenc, le prunelart, le mauzac noir ou le verdanel, entre autres. On se demande bien quelle antiquité ampélographique vont-ils exhumer dans l'avenir.
Mais outre le fait qu'ils se sont fait les défenseurs du patrimoine gaillacois, ils s'évertuent à cultiver cette terre dans le plus grand respect de l'environnement et ont adopté la méthode Cousinier, du nom de l'ingénieur agronome qui l'a mise au point, méthode on ne peut plus naturelle qui tend à redonner la vie aux sols par l'apport d'oligoéléments que bien souvent l'agriculture moderne et productiviste a négligée voire détruite.
|
Le vin d'Autan, vin star de ce domaine, est élaboré avec l'ondenc, un cépage originaire de la vallée du Tarn que l'on retrouvait dans tout le Sud-Ouest depuis le Moyen-Âge. Il avait pourtant presque disparu, dévasté par le phylloxéra. Robert Plageoles a replanté ce cépage sur deux hectares en 1985.
C'est aussi dans son élaboration que ce vin tire sa particularité : les vignerons passent dans les vignes quand le raisin est mûr et pincent le pédoncule du raisin pour que la sève cesse d'y circuler. Ainsi le raisin se dessèche naturellement sous l'influence du vent d'Autan. Le raisin est ramassé délicatement et il est encore mis à passeriller, mais cette fois sur claies, comme un vin de paille, si d'aventure quelque humidité subsistait. Ensuite le raisin est pressé, il fermente et est élevé en cuves de béton pendant, 12 mois ; tous les grands vins ne connaissent pas nécessairement le bois. |
|
Le blettissement sur pied et le passerillage sur claies dans une serre en forme de tunnel concentrent les baies et les rendements pour ce vin d'Autan n'excèdent jamais 10 hectolitres à l'hectare.
Moins riche que le grandissime 2001, le millésime 2002 est un liquoreux qui a conservé toutefois près de 200 grammes de sucres résiduels |
|
La robe présente des teintes abricot et elle présente un bel éclat. C'est une robe magnifique, attirante, réellement lumineuse, solaire.
Le nez fait ressentir une acidité volatile importante comme c'est souvent le cas dans les liquoreux très riche, une volatile qui porte littéralement les arômes qui évoluent sur les agrumes confits et la figue, mais aussi le coing qui signe ce vin.
La bouche présente une explosion de saveurs qui s'expriment autour du miel, de l'abricot, de la figue et du coing. La liqueur est importante, la richesse de ce vin est très perceptible, heureusement relayée par une acidité équilibrante qui contrebalance avec bonheur cette opulence. Cette fraîcheur peu commune à Gaillac est vraiment une caractéristique de ce millésime 2002 sur les quelques grands vins qui ont été produits dans ce millésime, peu nombreux, certes, mais de très grande envergure. Cette fraîcheur se retrouve en finale avec des notes d'agrume et d'orange confite notamment avec une persistance aromatique dont seuls les grands liquoreux peuvent faire montre.
Si 2001 représente sans doute le millésime du plus grand vin d'Autan jamais produit, 2002 est également une grande année pour cette cuvée qui se rangera aux côtés des prestigieux 1997 et 1989.
Jérôme Pérez |
|