Domaine Sarda-Malet, La Carbasse 2001, Rivesaltes

Pour qui n'est jamais allé au domaine Sarda-Malet, il faut souligner l'étrangeté du lieu. Sur un périphérique à l'entrée de la ville de Perpignan, périphérique comme il en existe partout ailleurs à l'entrée des grandes agglomérations lorsque l'on quitte les autoroutes, traversant des zones suburbaine informes et sans âme. Au droit d'un des innombrables ronds-points qui se sont multipliés au grand damne des conducteurs pressés, un panneau invite à tourner à droite vers le domaine Sarda-Malet. Un chemin carrossable permet alors de quitter cette civilisation moderne et bruyante pour être d'un coup propulsé au milieu des vignes sur lesquelles veille le Canigou, loin du tumulte vrombissant qui pourtant reste à un jet de pierre.

Jérôme Malet est un vigneron que l'on apprécie beaucoup sur LPV. Il a repris le domaine familial non sans avoir appris un peu partout en France, dans des domaines illustres. Forts de ses connaissances acquises, il a assimilé les nuances des terroirs de son domaine.

Le Canigou semble veiller sur ce vignoble

Celui qui donne naissance à la cuvée Carbasse est de nature argilo-calcaire et argilo-siliceux avec des galets roulés, sur 3 hectares. Les vignes sont menées en culture raisonnée avec Labour des terres et j'ai pu vérifier lors du caniculaire été 2003 l'impact de ce travail de la terre sur la vitalité des vignes. Le raisin est ramassé puis transporté en cagettes lors des vendanges manuelles. Le rendement sur ces vignes de grenache âgées de plus de 50 ans est de l'ordre de 15 hectolitres à l'hectare. La macération alcoolique dure 9 jours au cours desquels le vigneron effectue pigeages et remontages quotidiennement jusqu'au mutage, réalisé sur grains.
Ensuite, la macération post-fermentaire dure 4 semaines, sans apport d'oxygène. L'élevage a lieu en cuve close.

 

 

La robe est très sombre presque noire avec des reflets violacés.

Le nez est d'une très grande pureté sur les fruits noirs et notamment la mûre. Quelques épices et une note minérales sont sensibles.

C'est en bouche que ce vin de plaisir se dévoile totalement et on ne sait trop ce qu'il faut le plus admirer entre cette suavité, cette belle gourmandise et cette structure affirmée, sans violence, mais racée avec des tanins marqués mais sans aucune agressivité. Le fruit est intense, la sucrosité sans lourdeur, sur cette trame lisse à l'attaque avant que le corps ne s'impose finalement. Le mutage qui donne parfois des finales brûlantes est ici totalement fondu et c'est une impression de fraîcheur et de légèreté qui domine. La longueur est excellente.

Voilà un vin muté d'un très bon niveau, d'appellation Rivesaltes, qui fait une excellente synthèse entre gourmandise et structure, un vin assurément de bonne garde mais qui déjà se livre avec bonheur dans un équilibre somptueux.

Jérôme Pérez

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