Pour préparer cet article, je me suis replongé dans différents articles anciens sur le domaine William Fèvre et notamment dans le guide « Vert », le classement des meilleurs vins de France, qui reste quand même ce que l'on fait de mieux, même s'il a changé de têtes pensantes et rédactionnelles. J'ai parfois critiqué quelques lacunes, j'ai parfois fait remarquer bruyamment quelques oublis que je considérais comme graves, mais je les regarde, bienveillant, sur cette étagère, il n'en manque pas un !
On ne pourra pas reprocher à Michel Bettane et Thierry Desseauve d'être passé à côté de cette ascension et à leurs successeurs de ne pas l'avoir confirmée. Michel Bettane, pour l'édition 2004, écrivait que le XXI ième serait celui du renouveau des grands vins blancs ou ne serait pas. Il parlait des vins purs et non maquillés, il parlait des vins de Riesling et de Chablis ; il aurait pu ajouter les vins de chenin de quelques appellations du Val de Loire. Comme je le rejoins, et comme j'ai envie qu'il soit visionnaire !
Ce cheminement est tout entier inscrit dans l'évolution des vins du domaine William Fèvre qui s'est débarrassé, sous la houlette d'hommes de talent, des apparats artificiels pour faire éclater la pureté du Chardonnay sur ces terroirs du kimméridgien.
Le Domaine William-Fèvre totalise plus de quarante hectares dont 15,8 en Grands Crus répartis sur six des sept climats que compte l'appellation. En 1998 l'exploitation du Domaine a été confiée à l'équipe de la Maison Bouchard Père & Fils .
Bien sûr les Grands Crus sont de très grands vins, bien sûr certains premiers pourraient leur ravir la vedette, mais j'avoue avoir été ébloui par ce vin de Chablis Générique de la maison qui est une sorte d'archétype, dans ce millésime, de ce que l'on est en droit d'attendre d'un beau Chablis : fermeté, minéralité, fraîcheur et grande élégance, assurance de longévité.