Cave de Saint Etienne de Baïgorry Anderena 2003, Irouléguy

 
           
 
 
 
 
   
 

Le vignoble Basque est un vignoble qui se cache comme c’est souvent le cas pour les terroirs de montagne, où, de toute façon, la viticulture n’est jamais l’activité unique. Ici, c’est l’élevage qui domine et la vigne occupe ça et là, quelques niches privilégiées.

Disséminé, plutôt que niché dans la vallée de Baïgorry, près de Saint-Jean-Pied-de-Port, l’aire, AOC depuis 1970, s’étend sur un peu moins de 200 hectares sur les communes d’Irouléguy, Saint Etienne de Baïgorry et Anhaux.

La vigne a sans doute été introduite ici par les romains, mais les premiers écrits attestant du vin d’Irouléguy, datent de 1397. Le vignoble s’est développé à la faveur de l’importance prise par le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle : l’abbaye de Roncevaux située à 1000 d’altitude, ne pouvant produire la quantité de vin nécessaire pour abreuver les pèlerins de passage, le versant français naturellement favorisé pour la culture de la vigne connut alors un essor décisif.

La période de prospérité relative du vignoble basque perdura jusqu’à la fin du 19 ième Siècle grâce au commerce international que permettait le port de Bayonne et l’on trouvait du vin d’Irouléguy en Angleterre, aux Pays Bas et en Allemagne.

 
       
  irouleguy.jpg
Le vignoble d'Irouléguy est sans doute l'un des plus singuliers, avec ces rangs parallèles aux courbes de niveau.

L’exode rural si particulier au Pays Basque qui a vu nombre de ces enfants s’expatrier pour devenir bergers en Amérique Latine toucha aussi ces vallées et le Vignoble manqua de bras, de sorte que de calamité en calamité, de Phylloxéra en guerres mondiales, l’aire de l’Irouléguy se contracta comme une peau de chagrin pour être réduit à quelques dizaines d’hectares au lendemain du 8 mai 1945. (470 en 1900)

Le renouveau, comme c’est souvent le cas, vint de la volonté de quelques hommes, notamment d’Alexandre Bergouignan qui créa la cave coopérative et d’Etienne Brana dont le nom est aujourd’hui connu comme étant celui de l’un de domaines les plus réputés.

Les basques aiment à cultiver leur particularisme et ce vignoble est à leur image :

La pente, d’abord, très accentuée, a obligé à sculpter ce paysage avec ces terrasses si particulières, où chaque rang et un étage, belle courbe de niveau. Des sols, ensuite, très variés du calcaire au schiste en passant par les galets roulés et les sols argilo calcaires. Des sites protégés, enfin, où l’influence montagnarde est tempérée par l’Océan tout proche, isolés par un écrin formé des sommets Iparla, Jara et Aradoy.

 
 
 
 
       
 

Si ce sont souvent les vins rouges qui sont cités, marqués par le tannat et les cabernets, c’est un vin blanc qui m’a tapé dans les papilles et que j’ai choisi de vous présenter. Un très beau vin issu de 80 % de gros Manseng, laissant un peu de place au petit manseng et au courbu.

Anderena est son nom, il est issu du millésime 2003 et il est produit par la cave coopérative de Saint Etienne de Baïgorry.

 
   
  Anderena 2003:  
 


Le vin se présente sous une robe très dorée et lumineuse. Elle laisse admirer un bel éclat.

D’emblée, le nez est complexe et totalement ouvert sur des notes de fleurs blanches, avec une touche miellée (miel d’acacia). Je crois que si je n’avais pas connu la provenance de la bouteille, je me serais laissé aller à évoquer le chenin !

La bouche est à la fois pleine et gourmande, avec une attaque tout en rondeur sur une trame au volume dense et soyeux. L’élevage se fait à peine sentir. Le milieu de bouche favorise l’expression aromatique décelée au nez et une la structure de ce vin s’affirme à travers la fraîcheur qui vient équilibrer parfaitement la puissance.

La finale est longue et vive.

Voilà un vin surprenant par sa qualité au regard de son prix ; il conjugue élégance et harmonie, gras et fraîcheur, bref beaucoup des qualités que recherche chaque amateur de vin.

 

   
  andrena
   
 
 
   

Jérôme Pérez