Marc Sorrel, Hermitage 2003  
           
 
 
 
 
   
     
       
  hermitage
Dragendorf 31

Le père de Marc Sorrel était notaire et possédait 3,4 hectares en Hermitage dont il vendait la récolte aux négociants jusqu'en 1970, date à laquelle il décida de vinifier et de mettre en bouteille son propre vin.

Son fils, prit la suite de l'exploitation, seul, à partir de 1984 après avoir entrepris sa formation sur le domaine même, mais n'hérite que de deux hectares à la mort de son père. Il acquiert des vignes à la fois en Hermitage et en Crozes, ce qui porte à 4 hectares la superficie du domaine Marc Sorrel aujourd'hui.

6 cuvées sont produites actuellement, deux en Hermitage rouges et deux en blanc ainsi que deux Crozes, également dans les deux couleurs. Parmi les 4 cuvées d'Hermitage, deux cuvées de prestige: Le Gréal (rouge) et les Rocoules (blanc).

Mais c'est la cuvée d'Hermitage classique qui a été choisie pour cette sélection de la bouteille de la semaine.

 

 
 
 
 
       
 

Ce vin est issu d'une vigne plantée en 1970 au lieu-dit "Les Plantiers" dont le raisin, en ce millésime 2003, a été assemblé avec 10% des Bessards. C'est une vigne abritée des vents du nord, située dans un clos entouré de très hauts mûrs, plantée sur un sol argilo-limoneux, vigne du pied du coteau, dans le bas des Greffieux. Ce millésime est uniquement composé de syrah qui n'a donné en cette année particulière que des rendements de 25 hectolitres à l'hectare.

Les fermentations ont lieu en cuves de bois avec montée en température jusqu'à 33° C. Si cette cuvée est egrappée depuis 5 ans, cela n'a pas été le cas en 2003. Le vin a été mis à macérer 15 jours avec deux remontages journaliers. L'élevage en fûts dure de 18 à 22 mois. Le vin ne subit ni collage ni filtration, mais,en revanche, est soutiré deux fois par an.

Voilà ce que dit le vigneron de ce millésime 2003:

De mémoire de vigneron, il n'a jamais été produit de vins aussi concentrés et aussi alcoolisés. La canicule est passée par là ... pour donner des vins peu acides, ressemblant plus à des portos qu'à des "Hermitage" traditionnels.
Tous les vins (Hermitage et Crozes-Hermitage) seront des vins de garde, mais ils pourront aussi être bus rapidement grâce à la douceur des tanins et au velouté des arômes qui exploseront dans le verre.
Un millésime qui fera date, assurément l'un des plus beaux depuis le mythique 1961...

Je n'ai personnellement perçu aucun déficit d'acidité à la dégustation de ce vin; il possédait même un équilibre étonnant et beaucoup d'élégance: j'ai eu peine à croire aux 15 degrés annoncés sur l'étiquette.

 
       
 

La robe est pourpre et intense, quasi opaque avec des reflets violacés.

Le nez explose d'arômes de cerise noire, de griotte, de noyau de cerise, mais aussi de café, de cacao et d'épices orientales. Le nez est somptueux.

La bouche est d'une rare élégance au travers d'un grain magnifique. Cela procure des sensations tactiles rarement éprouvées; c'est une texture suave et langoureuse, soyeuse à l'extrême, le vin est sphérique. Il développe un corps immense sur des saveurs fruitées et épicées (poivre et vanille). C'est un vin velouté, encore sauvage et de très grand calibre. Il possède une pureté remarquable qui s'exprime au travers de la longueur déjà très importante. Très savoureux, il est difficile de ne pas le boire maintenant bien que l'avenir lui sourit sans doute. L'élevage passe complètement inaperçu derrière ce flot de fruit. Voilà un vin remarquable!

   
 
  SORREL
 
 
   
 
    Jérôme Pérez