Château Ksara, Cuvée du troisième millénaire 2002

 
           
 
 
 
 
   
 

La vigne et le vin ont vraisemblablement leur berceau dans ce pays qu’est le Liban, diffusé à partir de celui-ci dans le bassin méditerranéen par les phéniciens. Ce sont les Jésuites qui fondèrent le Château Ksara en 1857, dont le nom vient de Ksar, Castel Franc.

 
       
  surgreffage.jpg

Le château abrite le plus ancien observatoire du Liban. Le concile Vatican II, leur interdisant le commerce, les Jésuites durent céder ce domaine aux actuels propriétaires.Le Château Ksara est situé dans la vallée de la Bekaa. C’est un très vaste domaine de plusieurs centaines d’hectares, même si le vignoble qui entoure directement le Château ne dépasse guère plus de 20 hectares. Quatre autres domaines, aux terroirs différents, donnent les raisins qui vont faire les nombreuses cuvées du Château Ksara. Donc, Outre Ksara, les autres domaines portent les noms de Tanaïl, Mansoura, Kanafar et Tal Dnoub.

 
 
 
 
       
 

En rouge, on y trouve les cépages bordelais, mais aussi ceux que l’on rencontre en France sur les bords de la Méditerranée, alors qu’en blanc, la clairette s’associe au sauvignon, au sémillon, à l’ugni et au chardonnay : Un encépagement en effet très éclectique, un peu à l’image de celui du Château Mussar, bien que différent.

Le vignoble de la Bekaa est très particulier par l’ensoleillement qui caractérise le cycle végétatif. Sans revendiquer le label Bio, les traitements sont quasi inexistants au château Ksara, tant les raisins sont naturellement sains sous ce climat propice. Mildiou et vers de la grappe sont quasiment inexistants.

 
       
 

La cuvée du troisième millénaire est un vin issu de sélection des meilleurs terroirs et est composée de 60% de cabernet franc associés à 40 % de petit verdot. C'est la cuvée la plus ambitieuse.

Les vendanges sont manuelles et le raisin est totalement éraflé. La fermentation se fait à température contrôlée, autour de 28 degrés en cuves. La macération varie selon les millésimes de 20 à 30 jours. Les malolactiques se font sur des jus séparés entre presse et goutte. Le vin est élevé 14 mois en barrique de chêne d’origine française, neuf pour moitié, entreposés dans les fameuses caves souterraines dont les galeries s’étendent sur près de 2 kilomètres, à une température constante située autour de 13 degrés.

misebarriques.jpg
Le millésime 2002: un exercice de style
 
   
   
     
 

ksara_3.jpg
   
 

La robe est sombre et montre un début d’évolution vers les tons bruns.

Le premier nez est sur lé réserve mai s’ouvre sur des notes de suie, de cassis, d’épices douces et de réglisse.

En bouche, c’est un vin très civilisé, à l’attaque généreuse. La sensation de suavité et de gourmandises est très présente. La trame est serrée. Le cassis et les épices sont bien présents et le café apparaît dans ce mélange de saveurs. La finale est longue, sur des tannins en quantité, mais tout à fait soyeux.

Voilà donc une bouteille surprenante, parce qu’elle vient d’un autre pays, mais d’une facture très classique, dans un style qui privilégie fraîcheur et équilibre. Vin de garde, il est déjà très bon, mais se complexifiera avec 3 ou 4 ans de garde.

   
 
 
       
   

Thierry Debaisieux