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De Rodez à Decazeville, la route passe par le vallon : on est alors saisi par la beauté du paysage de ce vignoble, façonné par ces journaliers qui ont dompté le paysage à la forte déclivité pour en faire des terrasses où les rangs de vignes épousent les courbes de niveau.
En 1852, ce vignoble est à son apogée avec plus de 2300 hectares en production. Mais le sort s’acharna sur lui : phylloxéra, fermeture des mines de charbon de Decazeville.
Il faudra attendre 1960 pour qu’une poignée d’hommes ressuscitent ce terroir rouge.
Véritable labyrinthe de vallées, lentement creusé par les ruisseaux prédominants, le Vallon de Marcillac résulte d’un vaste effondrement qui suivit le soulèvement du sud-ouest du massif central.
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Cette zone de semi montagne (altitude moyenne 400m) offre des coteaux bien exposés aux couleurs nuancées : ocres, lie de vin, rouge… provenant de terrains argileux/gréseux (rougier) ou de terrains calcaires (causse).
AOC depuis 1990, ce terroir consacre le mansois, cépage de la famille des carmenets, unique ambassadeur du cru, emblème de toute une région.
Le domaine Laurens, avec ses 21 hectares, est l’un des domaines phare de Marcillac, situé à Clairvaux d’Aveyron, terroir typique de rougier.
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Ces vignes en terrasses soutenues par 6000 km de murettes de pierres sèches, constituent une véritable œuvre humaine qui structure tout le paysage par son réseau de canaux qui lutte contre l’érosion en conduisant les eaux de pluie. Toute mécanisation étant impossible, elles sont exclusivement travaillées à la main.
J’ai particulièrement aimé cette cuvée de l’Ecir 2005 : ce vin est obtenu à partir d'une sélection de vignes de plus de 30 ans. Les rendements sont de l’ordre de 35 hl/ha.
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le mansois, fer servadou
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L’élevage est réalisé un an en barriques de chêne français de un vin. Le vin est alors embouteillé puis repose 6 mois en cave à 13 degrés et est transporté à 1300 m d’altitude pour un vieillissement dans un buron (température constante de 7 degrés) pour un an.
L’Ecir est le nom d’une tempête de neige.
Je ne sais pas quel impact possède ce type d’élevage, mais je dois avouer que le résultat est fort plaisant.
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Commentaires de dégustation:
Ce vin se pare d’une robe très sombre aux reflets violines avec une densité importante.
Le nez évoque immanquablement ce cépage avec cette déclinaison aveyronnaise : le terroir marque ce vin de notes de fruits noirs, de cassis principalement, mais également d’une certaine minéralité et d’épices. A l’aération, une touche de pivoine apparaît.
La bouche montre un vin au corps marqué, mais sans rudesse, possédant beaucoup de finesse. Il est élégant avec ses notes de cassis assez sensibles, confinant au floral. La fraîcheur étire la finale sur les épices et la persistance est tout à fait honorable. L’assise tannique, pour être très nette, n’est absolument pas asséchante.
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Boire ce vin permet de comprendre le potentiel de ce cépage et de cette appellation. La rudesse légendaire est maîtrisée : il est possible de mesurer les progrès, le passage du vin de terroir sympathique et à la mode à celui de vin totalement abouti. Marcillac est une appellation pleine d’avenir, tirée par une poignée de vignerons audacieux.
Une autre cuvée ambitieuse de ce domaine que j’ai goûtée : la cuvée de Flars 2006 : charnue, puissante à attendre encore un peu.
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