Gérard Gauby, Les Calcinaires 2004 (Blanc)  
           
 
 
 
 
   
       
       
 
Yves Zermatten

Né à Perpignan le 3 avril 1960, Gérard Gauby est venu à la vigne en 1985, à Calce, dans le Roussillon, sur les terres de son grand-père maternel Philippe Sol, qui fut à la fois son inspirateur et son initiateur. Aujourd'hui, 20 ans après, les 4ha de son grand-père ont fait place à un domaine de 36ha, regroupant treize cépages en près de 150 parcelles disséminées sur des sols et des climats très variés. Dans leur nouvelle bâtisse au milieu du vignoble, à côté de sa sympathique épouse, Ghislaine et de leur fils Lionel venu les rejoindre à la cave, Gérard Gauby emploie une quinzaine d'ouvriers. La production annuelle est de l'ordre de 80 à 100 000 bouteilles.

Les rouges sont égrappés et fermentent en cuves de béton, après une macération préfermentaire de 4 à 5 jours, sans levurage, les seules levures autorisées étant les levues indigènes. Vinification avec remontages et pigeages doux, très peu de SO2. Pour éviter les extractions trop fortes, Gauby ne cuve pas trop longtemps et recherche les malos tardives.

D'abord adepte de la concentration, du bois neuf et flatteur, torréfié et vanillé, Gauby n'a eu de cesse de se remettre en question. En 1999, un changement de style s'est dessiné dans ses vins; le boisé se fait discret, Gauby vendange plus tôt, affine les tannins et privilégie la fraîcheur. Désormais, sa recherche s'oriente avant tout sur la qualité du toucher de bouche; le terroir est mis en avant, l'enracinement des vignes est poussé en profondeur, ce qui apporte aux vins de la minéralité et une incomparable expression de terroir. Les rendements sont faibles, Gauby pousse la vigne à chercher profondément dans le sol sa substance et essaie d'exprimer la quintessence du terroir.

Sous un physique de rugbyman, l'homme a une affection profonde pour ce coin de terre qu'il aime. En véritable ami de la nature, il cherche à préserver au maximum la diversité du biotope, cet écrin naturel dans lequel ses vignes, cultivées en biodynamie, s'épanouissent.

 

 
 
 
 
       
       
 

DEGUSTATION : LES CALCINAIRES 2004 (blanc)

 

Cette cuvée est un assemblage de muscat et de maccabeu.

A l'ouverture, les arômes variétaux l'emportent : c'est surtout le muscat qui domine au travers de notes parfumées évoquant la rose. En bouche, le gaz gêne un peu la dégustation même si la fraîcheur est au rendez-vous, déjà. Il est plus sage de carafer et d'attendre.

Effectivement, le vin s'en trouve transcendé. Les arômes sont très minéraux même si la dimension florale reste sous-jacente. La bouche est une dentelle ciselée, rafraîchissante, autant que gourmande et la finale s'étire sur une belle acidité et de beaux amers.

Une belle bouteille parfaite à l'apéritf, un vin certes simple, mais d'une belle pureté.

   
 
calcinaires2
alliance du muscat et du maccabeu
 
 
     
 

Une bouteille que j'ai choisie pour illsutrer un peu les débats qui ont eu lieu sur le forum de "La Passion du Vin", concernant la maturité des vins de ce domaine, ou plutôt celle des raisins. Débats initiés par la connaissance de dates de vendanges de plus en plus précoces. Dans ce cas précis, aucune sous maturité apparente. Y a-t-il forcément contradiction entre maturité et fraîcheur pour les vins blancs dans le sud? Un autre exemple pourrait être mis en avant avec Les Cistes 2004 du domaine Laguerre (en blanc) qui pousse encore plus loin les deux concepts à l'unisson.

 
         
       
    Jérôme Pérez