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Henry Enjalbert avait découvert qu'il existait au milieu du massif de l'Arboussas, sous le manteau épais de la garrigue, une quarantaine d'hectares d'un sol riche en oxyde minéraux (fer, cuivre, or, etc). Ce terroir de grèses glaciaires accumulées par les vents lors des glaciations de Riss, Mindel et Güntz, apportent les trois caractéristiques physiques des sols qui font les beaux terroirs: des sols profonds favorables à l'enracinement, des sols bien drainés, des sols pauvres. Sur ce terroir si particulier, le climat ne l'est pas moins. La violence méditerranéenne est tempérée par les courants d'air frais descendus du Larzac, à la faveur du refroidissement nocturne et qui fait qu'en général, ici, la vigne prend son temps plus qu'ailleurs dans la régions avec un décalage qui peut aller jusqu'à trois semaines et il n'est pas rare que les rouges soient vendangés au début d'octobre.
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La beauté des lieux n'est pas une vaine expression : la vigne ici s'intègre, s'immisce entre les bosquets et chaque parcelle est une clairière dans cette forêt de garrigue qui embaume les plantes aromatiques qui se déclinent en lauriers, thym, romarin, lavande, arbousiers, ciste, fenouil, menthe sauvage, lentisque, etc...
Ici tout est exceptionnel. La vigne exploite une précieuse lentille géologique sertie dans la pierraille. On y entre comme dans une oasis de pampres cachée dans la sèche garrigue. La rivière se fait souterraine. La cave elle-même s'enterre dans un vieux moulin. La technicité du vigneron, sa rigueur s'y exercent au service du pur et de l'authentique." Emile Peynaud
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Si Henri Enjalbert fut le découvreur, Emile Peynaud fut le révélateur. Par ses conseils avisés, par un style de vinification qui lui est propre, il a contribué à faire de Daumas Gassac, ce qu'il est aujourd'hui : presque un mythe. (Vinification classique médocaine-longuefermentation-élevage sous bois-collage léger à l'albumine d'oeuf-pas de filtration.)
Il était bien naturel que la cuvée d'excellence du Mas prenne son nom et le hasard a voulu qu'elle se retrouve disponible au moment de la mort de cet illustre personnage du monde du vin, unanimement reconnu. L'hommage n'en est que plus grand.
Le premier arpent de vigne découvert par Henry Enjalbert, il y a trente ans passés, le coin le plus pauvre, le plus caillouteux et aride, ce coin là où la vigne souffre et envoie ses racines à grandes profondeurs, cet arpent prestigieux, a été récolté et vinifié à part ; rendement à peine 25 hectos hectare, pur Cabernet Sauvignon non cloné. 2500 bouteilles seulement ont été produites pour ce vin d'exception.
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La robe est très jeune dense profonde très sombre, presque noire, avec des reflets cassis violines.
Le nez est superbe, très profond et présente des arômes intenses de cassis, d'épices accompagnées d'un trait de fumée.
En bouche ce vin se montre d'une puissance rare. La matière est étoffée, sapide, riche et concentrée et se dessine sur une structure racée et tonique. Le corps est imposant, rigoureux. Cette rigueur se retrouve jusqu'en finale, marquée par des tannins vigoureux, austères, non encore assagis, mais nobles. Tout est là pour donner une très grande bouteille dans quelques années.
Il est évident que ce vin mérite de vieillir afin de s'harmoniser. Nul doute qu'il y parviendra. Il donnera alors une grande bouteille, à la hauteur des espoirs que son géniteur a placé en lui.
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