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C'est la deuxième fois que le Domaine des Roches Neuves à l'honneur de la Une et de la rubrique Bouteille de la Semaine, mais ce n'est que justice pour ce domaine que l'on aime beaucoup sur LPV, c'est vrai, pourquoi donc le cacher ? C'est aussi sans doute qu'il le mérite.
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Thierry Germain veut élaborer des vins de caractère avant tout et ce caractère est sans doute dû à la conscience que l'on ne peut régenter l'ensemble des paramètres qui orientent la structure d'un vin. Cependant la qualité naît souvent de la différence entre le "laisser faire" et le "laisser aller", et il cherche à produire, sur le domaine des Roches Neuves, des vins justes, avant tout. Ce sont 37 parcelles de vignes d'âge et d'exposition divers qui sont vinifiées séparément. Ces vinifications sont ainsi adaptées aux raisins qui sont récoltés sur chacune de ces parcelles et la volonté est clairement annoncée depuis quelques années d'aller vers un équilibre plus fin.
Thierry Germain reconnaît d'ailleurs le remarquable soutien de ses collaborateurs Michel Chèvre et Abel Grigny qui ont rendu possible ce travail parcellaire.
Les terroirs dont sont issus les cabernets francs qui entrent dans la composition de « La Marginale » sont de nature argilo calcaire situés dans la fosse de Chaintres.
Cette cuvée ne voit le jour que dans les années exceptionnelles où le raisin possède un minimum de 13 degrés potentiels. Les rendements sont de l'ordre de 25 hectolitres à l'hectare. Les macérations sont longues, jusqu'à 5 semaines puis le vin est entonné en barriques neuves où il est élevé entre 18 et 24 mois, selon le millésime.
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Pour faire honneur à cette cuvée, nous avons voulu jouer à distance, déguster cette bouteille simultanément, pour vous livrer nos impressions. Aussi avons nous rédigé nos commentaires sans nous en faire part: deux points de vue sur le même vin, une bouteille de la semaine vraiment marginale! De Pontarlier à Albi, nous avons bu un coup ensemble!
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La robe est grenat violine, dense et très sombre avec un bel éclat.
Le premier nez évoque la vendange, les raisins écrasés, c'est sauvage en même temps qu'épicé. A l'aération, le café et le cassis font leur apparition. Aucune trace boisée. Je n'ai pu m'empêcher de penser à une syrah languedocienne!
Superbe bouche au volume important, au toucher très soyeux: la trame est serrée. Le corps est à la fois massif, suave et croquant. C'est un vin d'un naturel confondant, évident et généreux. L'équilibre est celui des grands vins, tout comme la longueur. L'élevage passe totalement inaperçu pour que seul le vin puisse s'exprimer.
Ce vin au potentiel évident s'est laissé très bien approcher. Le boire maintenant n'est absolument pas une gageure, même s'il est évident qu'il peut très bien vieillir également.
Jérôme Pérez
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Bouteille lourde et étiquette design très colorée, voilà un habillage qui sied plutôt bien à cette Marginale 2002. Une marginale magistrale!
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Sous ce beau manteau se cache une jolie robe burlat quasiment opaque. Le nez ne se livre que fort peu, même si le fruité paraît concentré. Il faut faire virevolter le vin dans le verre pour laisser échapper des senteurs de fruits noirs, de mûre sauvage, entremêlées de notes de feuilles de céleri. La petite touche symptomatique du Cabernet franc, juste là pour apporter de la fraîcheur !
En bouche, c'est du sérieux ! Des accents sudistes pour un vin riche et séveux, à la texture crémeuse, aux tanins encore compacts mais à la trame très fine. On sent la maturité optimale et l'opulence d'un grand vin en devenir. Le juste équilibre entre puissance, concentration et finesse.
Marginale à Saumur-Champigny peut-être, mais assurément pas dans le monde des grands vins, avec un côté gourmand qui la rend déjà presque irrésistible alors qu'il faudrait l'attendre encore bien longtemps.
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