Domaine de la Taille aux Loups, Les dix Arpents 2006

 
           
 
 
 
 

Le désir d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement et le retour des charrues, il y a maintenant plus de 15 ans, faisaient sourire. Jacky Blot et les siens passaient à l’époque pour de doux dingues.

C’est dans ce contexte que les sept hectares et plus de la première heure paraissaient une surface suffisante pour commencer. Cette surface initiale a maintenant triplé, grâce à un gros travail de recherche.

Plus de vingt hectares de vignes dont la moyenne d’âge dépasse 50 ans. Une partie significative date des années 70, le reste a été planté pour partie à la fin de la dernière guerre et une partie date même de la première moitié du XXème siècle.

Tout le vignoble, que les vignes soient en appellation Montlouis-sur-Loire ou en appellation Vouvray, repose sur une roche mère calcaire. Ce dépôt du turonien supérieur (dernière époque du Crétacé à la fin de l’ère secondaire) date d’il y a environ 100 millions d’années, et forme à Montlouis-sur-Loire un plateau incliné vers le Sud.

La partie superficielle diffère légèrement :

- des Perruches à Montlouis-sur-Loire: sol siliceux, avec argile à silex devenant de plus en plus siliceux vers le Cher, essentiellement à la suite de dépôts de sables éoliens.

- des Aubuis à Vouvray : sol plus argileux, avec des argiles à silex du turonien.

Ce tour d’horizon bien conventionnel mais somme toute nécessaire étant fait, il est évident que l’on ne peut évoquer les vins du domaine de la Taille aux Loups sans aborder cette question de l’élevage qui fait parfois débat et notamment celle du bois neuf sur les vins de chenin des appellations Vouvray et Montlouis.

On a parfois reproché aux vins de Jacky Blot leur boisé excessif… Mon avis sur la question est plus nuancé. Je pense très sincèrement que Jacky Blot a cherché, a exploré avant de trouver, je le crois, un équilibre idéal. A son arrivée, sur le domaine la nécessité de changer la futaille s’imposait : choix a été fait de barriques de 225 litres d’un ou deux vins.

La propriété a ensuite opté pour le contenant classique de la région : le demi-muid, mais il s’agissait d’acquisition de pièces neuves, et les vins de la fin des années 90 en ont été marqués.

Aujourd’hui, la recherche semble avoir abouti avec d’incessants tests dans le souci de toujours améliorer la qualité du vin. Le parc est renouvelé aujourd’hui chaque année à hauteur de 10 % selon des sélections très strictes, l’équilibre est trouvé. Je préfère et de loin des vins élevés tels que ceux-ci plutôt que de retrouver comme c’est parfois le cas sur les appellations Vouvray ou Montlouis des vins entachés d’un faux goût de vieux bois humide.

Commentaires de dégustation:

La robe est dorée pâle avec une légère tonalité verte et possède une belle brillance.

Le nez est très caractéristique du chenin : plutôt sur la poire que sur les fleurs blanches avec une touche de miel : cela dénote d’une belle maturité.

L’attaque en bouche se signale par sa rondeur. Le vin est assez gras, soyeux au niveau de sa texture.

 

 
   

Le milieu développe un joli fruit, sur la poire à nouveau et la finale laisse apparaître une jolie fraîcheur qui équilibre bien ce vin gourmand et flatteur.

Un vin très accessible dans sa jeunesse, d’une séduction immédiate, facile et gourmand mais très typé par ses notes aromatiques et cet équilibre si particuliers aux vins de Montlouis.

Une jolie bouteille.

Jérôme Pérez