Trio Infernal 2/3 2003 Priorat

 
           
 
 
 
 
   
 

Laurent Combier, Jean Michel Gérin et Peter Fischer ont débuté cette aventure espagnole, je devrais plutôt dire catalane en 2002 : des paysages sublimes, des terroirs variés, une reconnaissance internationale grandissante, les facilités administratives, bien éloignées des lourdeurs françaises, notamment pour pouvoir planter, voilà des arguments de poids pour des vignerons audacieux.

 

 
 

C’est en partie grâce au soutien local de René Barbier que les trois compères du Rhône ont pu concrétiser leur aventure.Leur amitié, par contre, date de bien plus longtemps et remonte aux années 80.Faut-il encore présenter ces trois vignerons-là ? Les Crozes-Hermitage du domaine Combier, les Côte Rôtie et Codrieu du domaine Gérin et les Coteaux d’Aix du Château Revelette ?

Trio infernal, c’est en fait plusieurs terroirs distincts :

  • 14 hectares de terres ardoisières, en terrasses, à 300 mètres d’altitude, complantées de grenache, de carignan et d’un petit peu de cabernet sauvignon.
  • 8 hectares de très vieux ceps de carignan (entre 70 et 90 ans) en terroir d’altitude
  • une nouvelle acquisition de 8 hectares en « costers » (coteaux) sur un sol plus riche en argile. Les densités de plantation y sont extrêmes pour la région (8500 pieds à l’hectare) : grenache, syrah et carignan sont les variétés qui y sont plantées.

Pas de pesticides, pas de désherbants, c’est une agriculture résolument biologique qui est pratiquée, à l’instar de ce que fait Fischer sur son domaine de Provence.

 
   
 
 
 

 

 

Les vins : 0/3, 1/3 et 2/3, ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas. On peut imaginer la création prochaine d'une autre cuvée ...

Le premier est un blanc de grenache blanc et de macabeu, le second est un rouge issu de grenache à 60 % et de carignan, élevé 12 mois en barriques.

Mais la star de cette association est bien ce 2/3, vin issu de très vieux ceps de carignan, dont l’âge moyen est supérieur à 70 ans.

Robe médium à profonde, pas forcément très concentrée.

Premier nez un peu réduit. Belle évolution à l’aération : fruits noirs, goudron. Le carignan semble très présent.

Belle bouche à l’attaque très franche. La puissance est là mais bien maîtrisée. Corps marqué, saveurs de myrtille, de sureau, et de suie. Jolie saveur complexe, plutôt virile, très sud. La fraîcheur est au rendez-vous en finale, marquée par une légère amertume comme il se doit. L’élevage est sage et sait rester en retrait ; Voilà un vin de style, un cas d’école. Excellent, à boire autour de 15 16 degrés.

A noter que l’évolution sur plusieurs jours a été remarquable, la fin de la bouteille était tout simplement superbe ! A attendre donc, ou à carafer longuement.

   
 
   
 
 
    Jérôme Pérez