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"Ces articles ont été conçus par des passionnés pour des passionnés. Une base d'informations riche en enseignements que nous vous invitons à lire, sans modération."

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wine Balade à Savennières  
      par Philippe Rapiteau le 03/01/2003    
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« SVP, parlez-nous du chenin ?. »  

Ca y est, Xavier L. et moi-même avons pris la route (humide!) de Savennières pour une redécouverte des grands chenins secs (parfois moelleux) de l’AOC Savennières, voire de celle de Savennières-Roche aux Moines et même de la Coulée de Serrant (et oui !).

Pluie diluvienne sur le Val de Loire !… Le fleuve nous la joue Yang-Tsé-Kiang !… Eaux limoneuses comprises. Coolies du delta en moins. Nous arrivons du nord par une petite route sinueuse et nous retrouvons rapidement les affleurements rocheux (schistes ou schistes gréseux me suis-je laissé dire…) de couleur sombre.
Ce n’est pas très gai ce paysage ! L’impression est renforcée par le ciel gris et les ruissellements, de la roche aux arbres, des arbres aux fossés, des fossés à la route…
Très vite, nous nous dirigeons vers La Roche aux Moines et la Coulée de Serrant. Nous faisons le tour par le vallon (la Coulée). En bas, le chemin d’accès est presque coupé. L’eau jaune dévale, se glisse sous la ligne TGV et va rejoindre le fleuve, plus encore que la Guillemette, petite rivière (ou plutôt mince bras du fleuve) aujourd’hui engloutie, qui traverse l’île de Béhuard.

Nous constaterons d’ailleurs plus tard que l’île, sur laquelle se trouve un restaurant sympathique, Les Tonnelles, n’a plus guère de terres à l’abri des caprices du fleuve !

Nous traversons le clos. Les vignes sont encombrées d’herbes folles. Petit parking, près de la demeure couverte d’ardoises (grises et ruisselantes aussi !…) du plus pur style angevin. Après quelques hésitations (une femme à sa fenêtre…), nous descendons jusqu’au caveau de réception. Bigre ! Tout est éteint !… Fermé ?… Après quelques minutes, rien… Et c’est au moment de repartir qu’enfin la fenêtre s’ouvre :

- Vous vouliez déguster ?… J’arrive…

Nous avions omis d’actionner la clochette !…Enfin, la bobinette…

Sur la porte à la peinture écaillée, un écriteau précise : « Si vous dégustez, vous vous engagez à un achat de 38 € ».
Ambiance… Je ne peux que repenser à nos débats sur le fait de payer, purement et simplement, la dégustation lors de la visite chez un producteur.
Rassurée par les propos de Xavier, celle qui doit être la secrétaire-comptable du domaine nous propose de déguster la Coulée de Serrant 2001. Nous sommes vendredi. La bouteille est ouverte depuis le début de la semaine. Surprise ! Le vin est très expressif au nez. Notes briochées, puis fleurs blanches. Cette aération a du lui faire le plus grand bien. Pourtant, la mise est assez récente. En bouche, le vin n’est certes pas parfaitement homogène, mais les notes minérales sont persistantes.
Si j’en crois les raisons de la perplexité de certains, après qu’ils aient dégusté la Coulée, je me demande si nous mettons toujours tous les atouts du côté de ce vin pour bien l’apprécier. Vin d’exception ?… Peut-être, mérite-t-il un traitement de faveur !…

D’ailleurs, Nicolas Joly conseille d’ouvrir les bouteilles 24 heures à l’avance !

C’est au moment où nous apprécions le Clos de la Bergerie 2001, plus ouvert, aux notes minérales plus soutenues, agréable, qu’apparaît subrepticement Nicolas Joly, chaussé de ses incontournables chaussures de post-trekking himalayen et accompagné de ce qui doit être un important importateur d’outre-rhin.

- Bonjour messieurs !…

Nous en resterons là. Tout le monde s’agite pour trouver enfin ce 99 !… Et les caisses bois ?… Où sont-elles ?…

- Au revoir m’sieur-dames !…

Après quelques errements, nous remontons le coteau, passons au lieu-dit Epiré et, au détour d’un virage, apercevons enfin le panneau Chamboureau.
Quelques mètres encore et nous franchissons le portail de la demeure familiale, mûrs chaulés, tourelle couverte d’ardoises, dont on devine, au premier coup d’œil, la lourdeur de la charge…
Pierre Soulez, prévenu, nous accueille dans la cour. L’averse nous incite à nous mettre à l’abri dans un espace prévu pour la dégustation, près du chai. Ici, pas le moindre luxe. Terre battue et toiles d’araignée…
Nos premiers échanges traitent de l’actualité. Notre hôte, ayant vu l’immatriculation de notre voiture (85) nous interpelle :

- Alors, vous vous préparez à accueillir le pétrole ?…

Quelques mots à propos des bateaux-poubelles, puis nous revenons rapidement à nos moutons !
Pierre Soulez aime le chenin et plus encore, les Savennières !…
En évoquant les vignerons de la région qui se penchent (enfin !…) sur ce vignoble et ce terroir passionnants, il nous dit souffrir du fait que moins d’une vingtaine de producteurs ont du Savennières à leur tarif !…
Pensez-donc ! Plus de 300 hectares d’AOC… moins de la moitié en production !
Et de ce fait, une certaine rareté, un vin qui porte depuis longtemps la pancarte de « vin d’initié » et une certaine réticence des amateurs à se lancer à l’abordage !…
Disons-le tout bonnement ! C’est vraiment dommage !…
Pour ma part, j’oserai presque une comparaison avec la petite arvine valaisanne. De plus, les deux sont proposées en sec et en moelleux. Quel beau match cela ferait !…
Le chenin lui (quelle est son origine d’ailleurs ?… D’où vient-il ?… Mystère…), doit son nom au Mont Chenin en Touraine. Connu dans la région dès le IXè siècle, Rabelais l’admire et l’appelle « vin de taffetas ». Il ne quitte son berceau « historique » qu’à la fin du XXè siècle. (Source Collection Hachette).

La dégustation confirme petit à petit des impressions anciennes, des souvenirs…

- Savennières – Château de Chamboureau – Cuvée d’Avant 2000 :
Jolie expression minérale. Bouche agréable, petite pointe amère en fin. Du classique, mais du bon !
- Savennières-Roche aux Moines – Château de Chamboureau - Cuvée d’Avant 1999 :
Plus de volume, de « race » que le précédent. Une expression plus nuancée.
- Savennières moelleux (demi-sec !) – Clos du Papillon – 2000 :
Ce type de savennières est produit chaque année (sauf exception). C’est sans doute le seul cas dans la région. Très séducteur. Le sucre (40 gr) n’est pas envahissant. L’équilibre proposé ne demande qu’à donner sa pleine mesure.
- Savennières-Roche aux Moines doux – Chevalier Buhard 2000 :
Superbe ! Une puissance nuancée et relative (82 gr de sucre). Là aussi, l’équilibre recherché est séducteur. Beaucoup de finesse, d’élégance. Quasiment irrésistible ! Comment le garder assez longtemps ?…

Pour information, la Cuvée d’Avant, c’est, selon le domaine, « un retour aux traditions. Fermentation en fûts avec élevage sur lie bâtonnée et mise en bouteille en septembre, ou plus. »
Un domaine à suivre ! Si vous apercevez l’étiquette originale de Chamboureau, posée en diagonale sur les bouteilles, n’hésitez pas ! Et si vous pouviez en garder un peu… quelques années…

Et pendant ce temps là, la pluie, toujours la pluie…

Après nous être restaurés (raisonnablement) au restaurant Le Clézio (comme JMG, mais aucun rapport…), à St Aubin de Luigné (patrie de M. Renou, le boss de l’Inahaut, si je ne m’abuse…), nous retournons vers Rochefort sur Loire et le Logis de la Giraudière, pour une halte au Domaine des Baumard. Là aussi, une belle dégustation nous attend :

- Savennières – Domaine des Baumard (ou Clos de St Yves, c’est la même chose !…) 1998 :
Fraîcheur et intensité nerveuse.
- Savennières – Domaine des Baumard 1997 :
Un nez un peu surprenant… Mais, plus de minéralité que le précédent. Beau potentiel sûrement.
- Savennières – Clos du Papillon 1999 :
Tendance florale au nez. Il faudra être patient pour découvrir une plus belle homogénéité.
- Savennières – Trie Spéciale 2000 :
Encore un plus d’intensité et de minéralité ! Le vin est encore neuf. Belle persistance.
- Coteaux du Layon – Clos Ste Catherine 2001 :
Très beau vin ! Intense, minéral, nerveux. Très belle expression d’un terroir hors normes.
- Coteaux du Layon – Le Paon 2001 :
Une sélection issue de plusieurs sites ou terroirs. Une expression très différente, pêche de vigne d’abord, puis nettement mangue ! C’est séducteur en diable ! Mais, moins chenin peut-être. Du fruit technique ?…
- Quarts-de-Chaume 2000 :
Du volume, du gras, plutôt nerveux. Un certain style sans grande ampleur. Aux antipodes (si c’est possible pour une si petite AOC !) des vins de Francis Poirel !… Néanmoins, il est déjà agréable et bien fait…

La journée avance, nous nous rendons (direction St Lambert du Lattay) au Château Pierre-Bise de Claude Papin. Malheureusement, nous trouvons porte close…
Nous décidons de remettre la suite du périple à un autre jour. Il reste quelques beaux domaines à visiter : Closel, Epiré, Soucherie, Morgat et peut-être Ogereau, etc… Avis aux amateurs !…

Sur la route du retour, nous passerons à Ancenis, où se trouve la Cave Bournigaud.
La caverne d’Ali Baba en plus… en moins…
En fait, une vraie mine que les Nantais connaissent bien. De la rue, vous ne voyez que les fruits et légumes. Mais, ensuite, dans un coin, quelques trésors du Val de Loire, puis le caveau… Quel caveau ! Tous les Premiers Grands Crus Classés sont là ! Non loin, des Romanées, Montrachet et autres… Etonnant !…

Si vous passez par là, aux beaux jours et s’il vous faut un kilo de pêches ou autres… N’hésitez pas !



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