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Château Brane-Cantenac 2004
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Quelques chiffres sur cette propriété : 94 hectares d’un sol de graves profondes plantés à 62,5% de cabernet sauvignon, 33% de merlot, 4% de cabernet franc et 0.5 % de carmenère. L’âge moyen des vignes est en 2008 de 35 ans et leur densité de plantation s’échelonne entre 6600 et 8000 pieds à l’hectare. Les rendements moyens sur l’ensemble de l’exploitation sont de 45 hectolitres à l’hectare.
En 1833, le Baron de Brane se porte acquéreur de cette propriété après avoir vendu celle de Brane-Mouton (aujourd’hui Moton-Rothschild). Ce château prend son nom actuel en 1938 (ex château Gorce). Longtemps considéré comme le premier des seconds, il connut plusieurs propriétaires jusqu’à Lucien Lurton qui en hérite en 1956. C’est son fils Henri qui lui succède sur ce cru en 1992.
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Henri Lurton
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Si les amateurs s’accordent à dire que le vin ne tenait plus son rang, il apparaît que depuis 1996 il mérite à nouveau son classement de deuxième cru. Le terroir, quant à lui, a toujours été considéré comme l’un des meilleurs, sinon le meilleur de l’appellation Margaux, avec cette fameuse croupe de Brane et ses graves profondes (jusqu’à 12 mètres) : ce sont en fait 5 zones bien distinctes qui forment ce cru : le plateau de Brane (dont la croupe), la zone derrière le parc, la Verdotte (qui ne rentre pas dans le grand vin), Notton, grand terroir drainé récemment et replanté, il est prometteur et le Marin, dont seul le cœur donne des vendanges susceptibles de rentrer dans l’assemblage final du grand vin.
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Macérations longues, fermentations malolactiques en barriques neuves, un élevage sur lies de deux mois une fois les malos faites puis un assemblage précoce (février) pendant une période de 6 mois avec deux soutirages suivi de 18 mois d’élevage en barriques provenant de sept tonneliers et des soutirages qui ont lieu de barriques à barriques pour que le vin profite des caractéristiques de chaque tonnellerie, un assemblage final trois semaines avant la mise, après un collage au blanc d’œuf, telle est la « recette » de l’élaboration de ce second cru classé de Margaux.
J’ai eu l’occasion de déguster deux millésimes côte à côte, le 2004 et le 2005. Avec tout ce que l’on a écrit sur ce dernier, je lui ai préféré son aîné de un an. Il est à mon avis (qui va à l’encontre de ceux que l’on peut lire partout) d’une stature supérieure. Plus charnue, plus profond, plus sensuel, plus Margaux en quelques sorte, mais plus long aussi ! Qu’on ne s’y trompe pas, la féminité légendaire margalaise ne vient pas d’une structure plus légère (Margaux n’est pas un mannequin anorexique !), mais au contraire d’une rondeur sans excès, douce, délicate. |
Commentaires de dégustation:
La robe est rubis pourpre, très profonde, très dense, sans grande brillance.
Quel plaisir que ce nez racé, velouté, toasté, aux arômes de tabac, de santal, de cassis : c’est envoûtant, séduisant.
L’attaque en bouche est volumineuse et soyeuse, la texture est souple et charmeuse. Le milieu laisse paraître un fruit généreux et gourmand, des tannins soyeux et très mûrs. Si l’élevage est marqué, il est de grande classe. La longueur est exceptionnelle et très raffinée avec beaucoup de fraîcheur.
J’ai adoré.
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Jérôme Pérez |
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