logo_new
Home Qui sommes-nous ? Nos archives La charte de LPV Forum Recherche Liens amicaux Aide Mail
grapes  
 
Paroles de vignerons : Carte Blanche à ...
line greenbox pinkbox

Archives Bouteilles de la semaine Magazine LPV Paroles de vignerons : Carte Blanche à ...
     
 

Stéphane Lucas, Le Champ d'Orphée

 
           
 
 

Agriculture biologique raisonnée

Stéphane Lucas est un homme du vin qui ne vit pas encore tout à fait de son vin. Il produit aujourd’hui 2000 bouteilles en appellation « Vin de pays des Côtes du Tarn ». Sa démarche est originale et raisonnée. LPV lui donne carte blanche.

 
 

Ma démarche est celle d'un amoureux de la vigne et du vin qui a souhaité s'affranchir de l'ensemble des contraintes économiques et techniques, pour parvenir à la création d'un vin exprimant l'optimum du cépage et du terroir cultivé.
Frustré par des années passées au service d'investisseurs "vignerons", je souhaite maintenant effectuer un travail sans concession, exigeant mais en toute simplicité. En effet il n'y a pas ici de chais somptueux, ni de matériel hi-tech...Juste l'essentiel au service du raisin et de la gourmandise. Le vin intégral dans la plus grande modestie et la plus grande simplicité.

Je souhaite retrouver l'esprit dans lequel j'étais lorsque je suis rentré dans ce milieu. Etat d'esprit que j'ai perdu en découvrant l'envers du décor...

Plus concrètement, je cultive ma vigne dans la voie de la biodynamie. Dans la voie de la biodynamie, vous dis-je, car il serait inexact de dire "en biodynamie". J'ai étudié la question avec le groupe de biodynamie de Languedoc Roussillon au côté notamment de Pierre Masson, Jean Michel Florin ou encore Gérard Augé. J’ai appris là qu'il ne suffisait pas de mettre en œuvre les préparâts biodynamiques et de respecter plus ou moins les positions des planètes pour prétendre être en biodynamie.
La notion " d'organisme agricole", autonome, diversifié et équilibré n'est mise en œuvre que chez bien peu d'agriculteurs.

Ce n'est pas encore le cas chez moi, mais c'est mon objectif à moyen terme.
J'utilise d'ores et déjà les préparations biodynamiques 500 et 501, les extraits végétaux; pour le reste mes actes sont en tous points conformes au cahier des charges de l'agriculture biologique. Je vais même un peu au delà puisque en tant que technicien bio référent sur mon vignoble, je mets en place des essais pour des produits bio en cours d'homologation: nouvelle forme de cuivre, huiles essentielles, argile, extraits végétaux et extraits d'algues.
Je ne fais aucun usage de désherbants. Les adventices sont régulées par le travail du sol mécanisé et manuel. Je laisse apparaitre l'herbe au printemps et en automne car la nature des plantes qui lèvent me donne une indication sur l'état du sol, donc sur les actions qu'il est nécessaire de mener.

Par ailleurs, je fais régulièrement des semis de céréales et de légumineuses à l'automne afin d'augmenter la porosité du sol, de ne pas le laisser nu l'hiver et de profiter de l'effet allélopathique des graminées.
Au printemps, un épamprage très rigoureux (donc très long) me permet de garantir une structure parfaite de la vigne.
Cinq à six rameaux sont conservés sur la souche afin de garantir une excellente aération de la végétation et des grappes, et de réguler naturellement le rendement. Le soleil et le vent sont les meilleurs produits de traitements.

En général, je ne fais pas d'écimages. Je me contente, lorsque la végétation a atteint 2 m de haut de plier les rameaux sur le palissage.
Cette opération me permet de ne pas perturber le cycle hormonal de la plante. La plupart du temps l'arrêt de végétation intervient vers la mi-juillet.
En 2010, j'ai écimé car la réserve en eau étant importante, c'était préférable.
J'effectue ce travail moi même, et je me déplace sur la parcelle tous les deux jours afin de ne pas couper le lien avec ma vigne. En période végétative la vigne a besoin de toutes les formes d'attention. La vigne est un être vivant!
Les vendanges manuelles se font à maturité optimale. C'est à dire en aucun cas en surmaturité. J'ai remarqué qu'avec la surmaturité on perd le côté gourmand du fruit frais. On est sur des fruits beaucoup plus mûrs....beaucoup trop mûrs à mon avis.
Le raisin est systématiquement trié selon l'adage: "on ne récolte que ce que l'on a envie de manger".
Le rendement s'élève à 15-25 hl/ha selon les années.
Le raisin est ensuite égrappé puis encuvé. Seul le millésime 2008 est levuré (température extérieure très basse).
Aucun sulfitage n’est effectué en cours de vinification.
La macération se réalise tout en douceur, sans pigeage ni délestage. L’extraction est très lente pour essayer de ne collecter que les meilleurs tanins. Sa durée oscille entre 3 semaines et 1 mois.
L'élevage se fait en cuve, avec pour seul objectif de "nourrir" le vin en oxygène.
Je n’ai pas effectué de collage ni de filtration jusqu'à aujourd'hui.
La mise en bouteille est effectuée au début de l'été en jour fleur. (Et oui pas en jour fruit!)
Sur le millésime 2008 un seul sulfitage la veille de la mise en bouteille a été réalisé.
 
En fait il ne se passe pas grand chose en cave car le raisin se livre tout de suite. Pas besoin d'œnologie. L'œnologie est comme la médecine: c'est une science qui s'adresse aux malades et.....aux dopés!

La viticulture n'est pas une production agricole comme les autres. Je pense que le respect des équilibres naturels et la "stimulation du vivant" sont les conditions indispensables pour parvenir à un haut niveau de complexité, d'intensité et d'expression.
 
C'est d'ailleurs le sens du nom le champ d'Orphée. Au delà du jeu de mot champ/chant, il y a la référence au personnage d'Orphée. Voila pourquoi:
Je distingue deux modes de pensées différentes, selon que l’homme se situe dans un rapport d’hostilité à la nature ou qu’il se place lui-même comme une partie de celle-ci.

Dans la mythologie, la première attitude est incarnée par Prométhée qui dérobe à Zeus le secret du feu pour améliorer la vie des hommes. La seconde est symbolisée par Orphée, dont le chant et la lyre sont censé pénétrer les secrets de la nature en épousant le rythme et l’harmonie.

L’homme prométhéen fait violence à la nature. Sa science des machines force par la ruse, la nature à produire des effets qui satisfont ses buts pratiques (engrais chimiques, pesticides, OGM …). Dans ce cas l'univers n'est qu'un outil!!

A l’inverse la posture Orphique n’assimile pas l’univers à une machine mais à un poème dont il convient de s'imprégner pour en percer les secrets. 

re Orphique, le vigneron apportera un souffle nouveau à la vigne et au vin. On découvrira alors que la voie du progrès ne passe pas forcément par l'agronomie et l'œnologie moderne. Ces deux domaines ne sont que des outils. Il faut faire attention de ne pas leur donner plus d'importance qu'ils n'en ont.

Le problème, c'est que quand on en est là, on ne peut plus s'appuyer sur l'autorité du savoir académique des "grand centres de recherches".

Il faut alors avoir du courage et de la modestie pour avancer dans le brouillard....mais la nature sait récompenser ceux qui la considèrent et qui la respectent.

Cordialement,

Stéphane LUCAS

 
   

 

     
 

 

-L´abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération Classement de sites - Inscrivez le vôtre! hit-parade © www.lapassionduvin.com, 2006