Jean-Luc Thunevin, Château Valandraud, Saint Emilion
Dans tous les sens avec la passion du vin (passion qui ne s'arrondit pas avec l'âge…)
Gilles du Pontavice m'a offert son livre « Margaux interdit ». Ce livre est étonnant, un peu difficile à lire et édité à compte d'auteur, comme le faisait dans le temps Jacques Luxey. Nul doute que la commune de Soussans (AOC Margaux) fera l'honneur d'une petite opération de promotion, vernissage ou, pourquoi pas, une statue…
Pourquoi commencer cette carte blanche qui m'est offerte par ce livre et son auteur ? Et bien je pense et je commence à le dire souvent à qui veut bien l'entendre, qu'il me paraît anormal que tous ceux qui, de près ou de loin, font la promotion du vin soient condamnés à être pour la plupart des déçus, des aigris, des malheureux, et ce à cause du peu d'aide renvoyée par ceux qui sont au final les bénéficiaires de tout ce qui est dit ou fait pour le vin. Il est vrai qu'une partie de ces déceptions, de ces incompréhensions sont dues au système mis en place et sensé aider des pauvres rouages promotionnels. Je veux parler de la publicité, des agences installées des 2 côtés de cette filière qui prennent une grande part de l'argent nécessaire à la survie des médias .
J'explique : si je dépense 5000 euros pour faire une page de publicité pour l'un de mes crus dans une revue importante parlant de vin, je ne peux pas savoir combien le journaliste ou la revue vont effectivement recevoir, puisqu'il y aura tout un monde pour vivre sur cet argent. Impression, commerciaux, agence, taxes… La plupart des publicités faites (en tout cas par moi) ne sont que des renvois d'ascenseur qui ne me servent pas et presque bien au contraire, Car le lecteur n'est pas sot et y verra une connivence.
Donc ne serait-il pas plus facile pour nos syndicats de faire régulièrement de la promotion pour nos vins et de nous offrir des moyens de présenter nos crus à tous ces gens qui parlent de nous via une offre de services directs : salles de dégustation, chambres et repas, frais de déplacement …. Sachant que nos vins, même s'ils sont chers à produire, valent bien moins chers que les prix vus aujourd'hui dans le commerce. Sur le forum LPV, nombreux sont ceux qui se plaignent du prix des grands vins rêvés, et je le comprends, si cette plainte est sincère, s'il s'agit de pouvoir goûter, comparer…. Bien sûr, je ne vais pas plaindre ceux qui regrettent seulement de ne pouvoir acheter pas trop cher nos vins pour pouvoir les revendre en salle des ventes ou au caviste spécialisé.
J'espère qu'un système se mettra en place qui permettra plus d'aide à ceux qui parlent du vin, même si déjà (et on n'en parle pas assez), l'Union des Grands Crus, le Cercle Rive Droite et tous les autres ouvrent grand leur porte lors de dégustations plus ou moins professionnelles.
Dans mon entreprise de négoce, depuis mes débuts où je n'étais pourtant pas « solide », j'ai eu à cœur de défendre des « petits producteurs », des gens pas encore connus, et je suis heureux quand quelques fois ceux ci ont du succès grâce a mon petit coup de pouce.
Jérôme Perez me demande aussi d'évoquer de ce qui m'énerve sur le site, je dirai seulement ce que tout le monde sait déjà : internet est un formidable outil, mais hélas, souvent la prose écrite peut être blessante car pour écrire vite, on simplifie, on caricature et la voix et le visage ne sont pas là pour tempérer des propos souvent excessifs.
J'aimerai aussi rappeler que je souhaiterais aider à mettre sur pied une grande dégustation des meilleurs vins du Roussillon, du Languedoc, comparés à quelques pointures du Rhône, de Chateauneuf ou d'Espagne.
-L´abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération