Bordeaux 2004, le (Prin)-temps des Primeurs!
Bien avant la sortie du Beaujolais primeur (celui de 2005!), Bordeaux présente officiellement au printemps et aux professionnels (presse, acheteurs et amateurs déguisés), son millésime 2004 en primeur. Ç a s'appelle « Les Primeurs », et ça draine beaucoup de monde dans la région bordelaise. Des gens connus, d'autres moins, certains pas du tout, voire incognito. Imper beige à la Derrick, fausse moustache, lunettes noires et badge de récupération, tous les moyens sont bons pour s'inviter à la fête! Pas pour se la jouer, mais juste pour y être, y avoir été et pour en parler.
En plus des dégustations officielles organisées par les différents syndicats ou associations (Union des Grands Crus de Bordeaux, Syndicat Saint-Emilion, Pomerol, Fronsac, cercle Rive Droite…), certains réunissent leurs propres poulains, les gens avec qui ils travaillent, ceux qu'ils apprécient, pour les associer à l'événement. Ce qui permet de goûter, entre autres, à des vins du Languedoc, du Roussillon, d'Italie, d'Espagne, du Rhône,…La fête du vin en Bordelais, quoi! Moult occasions de déguster, d'apprécier, de ne pas aimer, de découvrir…!
Faisant suite à la Grande Dégustation LPV (quel heureux hasard!), l'occasion était trop belle pour ne pas participer à cette grand‘messe. Exercice d'un genre très particulier, étant donné la grande quantité potentielle de vins à déguster et leur caractère inachevé, cela nécessite une approche adaptée pour repérer leurs qualités intrinsèques et supputer leur évolution, et oblige, de façon quasi-indispensable, à utiliser un système de notation simplifiée pour pallier à la laconicité de certains commentaires et aider à hiérarchiser le plaisir gustatif. Nous emploierons donc, pour les annotations qui concernent les vins dégustés personnellement, un système hiérarchique qui range le vin en différentes catégories selon le nombre d'étoiles attribuées, échelle dont le mérite est celui de la simplicité, tant du point de vue du lecteur que du rédacteur:
****** Vin hors classe
***** Excellent vin
**** Très bon vin
*** Bon vin
** Vin correct
* Vin insuffisant ou présentant un défaut
La possibilité d'ajouter une (*) peut signifier que le vin est entre les deux catégories, mais aussi qu'on le sent potentiellement dans la catégorie supérieure, même si on l'a un peu moins bien goûté ce jour-là.
Ces appréciations sont celles d'amateurs, donc à prendre comme telles. Elles n'engagent que leurs auteurs et ont pour principal intérêt la confrontation et le recoupement de ces différents avis avec ceux des critiques professionnels.
Il est en ce sens amusant de constater à quel point les noms de ceux qu'il faut avoir impérativement goûté, les bons et les mauvais, circulent vite dans le Landerneau bordelais, le consensus pouvant se faire rapidement autour de certains vins, dans un sens comme dans l'autre.
2004, Bordeaux révise ses classiques!
Aux quatre coins du vignoble, un terme revient avec insistance pour qualifier ce millésime 2004: classicisme! Avec visiblement un soupir de soulagement de la part de bien des vinificateurs, comme si cela leur permettait de souffler et de récupérer du stress et des excentricités de 2003.
En ce qui concerne les vins goûtés, on ressent une certaine homogénéité au sein de chaque appellation, même si, comme à l‘habitude, quelques-uns n'auront pas joué les bonnes cartes, sciemment ou inconsciemment.
Rive droite ou rive gauche, l'éternelle question à laquelle il n'est pas toujours aussi simple de répondre! Séduit dans un premier temps par Pomerol, lors de la dégustation du Syndicat Saint-Emilion-Pomerol-Fronsac, j'ai révisé mon jugement en faveur de Saint-Emilion après avoir goûté de vraies merveilles à l‘Union des Grands Crus de Bordeaux! Et en Rive gauche, Saint-Julien, mais aussi Pauillac, ne sont pas en reste! Le grand gagnant du millésime n'est pas encore formellement désigné (y en aura-t'il un, d'ailleurs?) et les avis sont partagés!
Les 10 commandements du bon dégustateur de Bordeaux primeurs:
1-) De recracher tu n'oublieras pas! Si toutefois tu penses avoir dépassé la limite tolérable des 0,5 g/l d'alcool dans le sang, une voiture avec chauffeur sera à ta disposition dans chaque château.
2-) Un bon plan du vignoble avec toi tu emporteras, surtout si tu n'as pas de chauffeur.
3-) Les heures de pointe sur la Rocade de Bordeaux tu éviteras, pour ne point être en retard aux dégustations.
4-) Des habits trop clairs tu ne mettras, sous peine de les voir se teindre petit à petit couleur lie de vin.
5-) De stationner trop près du crachoir tu éviteras, pour ne pas profiter des éclaboussures des mauvais cracheurs.
6-) Ton verre régulièrement tu essuieras pour ne pas te tacher indélébilement les doigts.
7-) Des notes d'un air inspiré tu inscriras dans ton carnet, que tout le monde te prenne un peu au sérieux.
8-)Un rendez-vous chez le dentiste pour détartricage à ton retour tu prendras, afin de retrouver ton sourire de séducteur.
9-) D'emmener tes habits au pressing à ton retour tu penseras, qu'ils soient clairs ou foncés!
10-) De trouver un 10ème commandement tu essaieras, même si tu dois pour cela user d‘artifices.
Les notes de dégustation, appellation par appellation
Les vins ont été goûtés par différents dégustateurs, sur plusieurs jours, à différents endroits, non à l'aveugle, certains lors de très grandes séries, d'autres dans de plus petites, parfois à plusieurs reprises. Un exercice éprouvant auquel un amateur n'est pas toujours habitué, vont dire certains, pour relativiser tous ces commentaires, et ils auront probablement raison, mais une expérience unique qui vaut la peine d'être vécue. Après plusieurs jours de ce parcours intensif, on se surprend à être en manque lorsque l'on n'a pas dégusté de vin depuis plus d'une heure!
Beaucoup de ces vins mériteront d'être revus après la mise en bouteille, car il ne s‘agit aucunement d‘un jugement définitif, mais juste d'impressions furtives sur un produit non fini. En aucun cas, nous ne cherchons à influer sur le cours du marché J , mais simplement à faire partager notre expérience.
Rive droite:
Rive Gauche:
Grand Sud:
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