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"Ces articles ont été conçus par des passionnés pour des passionnés. Une base d'informations riche en enseignements que nous vous invitons à lire, sans modération."

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Le sauvignon en Centre Loire

 
           
 
 
 
 
 

Avec le chardonnay, le sauvignon est sans doute le cépage le plus largement diffusé de par le monde, mais il est sans doute aussi, contrepartie de ce succès, devenu presque méprisé, pour être trop commun, trop caricatural, trop aromatique : son statut auprès des amateurs de vin a clairement changé et il n’est pas, il faut bien l’avouer, dans le « mieux disant vinophile » actuel. Il a été introduit ou largement développé dans des appellations ou des régions en quête de reconnaissance, notamment dans le Sud Ouest de la France où l’on trouve beaucoup d’assemblages où le sauvignon est majoritaire dans des vins dont l’élevage en fûts est très marqué, donnant des résultats quelques peu éculés et fatigants. (sans parler des vins de pays d’Oc lourdauds qui en sont parfois issus, pas toujours avec bonheur). Et pourtant, en même temps, l’amateur passionné et exigeant, n’a de cesse que de vanter et de rechercher certaines expressions de ce cépage qui dans des mains expertes, mais surtout sur des terroirs bien précis, donnent des grands vins, gommant l’aspect variétal de ce cépage, qui peut être tout à la fois grossier, voire vulgaire, pour n’en garder que le meilleur. Un cépage, donc, capable du meilleur come du pire, passant du grand écart à l’art de l’équilibriste.

 
 

Particulièrement sensible à la qualité du terroir, il est admis que le sauvignon trouve ses plus belles expressions dans les vignobles du Centre-Loire.
D'origine controversée (Centre de la France ou Sud-Ouest), il présente des grappes caractéristiques :
- forme cylindro-coniques parfois ailées, avec des grains très serrés, à peau épaisse, à chair ferme et croquante.
- arômes typiques, marqués par le sol et le climat.

Le caractère des vins s'épanouit plus rapidement lorsqu'ils proviennent de terrains calcaires.
Les marnes et les formations argilo-siliceuses produisent des vins plus longs à s'affirmer et qui ont un meilleur potentiel de conservation, mais il faut bien se garder de généraliser car il se trouve toujours quelques fameuses exceptions pour venir contredire les affirmations.

Le Sauvignon représente 70% des surfaces et 75% de la production des vignobles du Centre-Loire.

 
 
Les appellations du Centre Loire où règne le Sauvignon :
  • Sancerre :

Situé sur les bords de la Loire, à l’est de Bourges, le vignoble de Sancerre s’étend sur 2770 hectares.

3 types de sols composent le Sancerrois :
– Les terres blanches situées sur les collines les plus à l’ouest du Sancerrois (composition argilo-calcaire).
– Les caillottes, très pierreuses et calcaires.
– Les terres argilo-siliceuses (à l’est du vignoble sur les collines).

L’aire d’appellation de Sancerre couvre les communes de Bannay, Bué, Crézancy, Menetou-Ratel, Ménétréol, Montigny, St-Satur, Ste-Gemme, Sancerre, Sury-en-vaux, Thauvenay,
Veaugues, Verdigny et Vinon.

  • Pouilly Fumé :

Entre Bourgogne et Berry, le vignoble de Pouilly s’étend sur 1 224 hectares sur la rive droite de la Loire.

On peut distinguer sur l’aire du vignoble 4 types de sol bien différents :

  • Les calcaires de Villers de l’Oxfordien (caillottes)
  • Les marnes à petites huîtres du Kimméridgien (Terres blanches)
  • Les calcaires du Barrois du Portlandien (caillottes)
  • Les argiles à silex du crétacé ( Silex)

L’aire d’appellation de Pouilly Fumé et de Pouilly sur Loire couvre les communes de Garchy, Mesves sur Loire, Pouilly sur Loire, St Andelain, St Laurent, St Martin sur Nohain, Tracy sur Loire sur le département de la Nièvre.

  • Menetou Salon :

Ce vignoble de 465 hectares de collines, est planté sur des sédiments calcaires datant du jurassique supérieur (kimméridgien). L'aire d'appellation couvre 10 communes : Menetou-Salon, Aubinges, Morogues, Parassy, Pigny, Quantilly, Saint-Céols, Soulangis, Vignoux-sous-les-Aix et Humbligny.

  • Quincy :

Au nord-ouest de Bourges, le vignoble de Quincy est installé sur les rives du Cher
sur près de 224 hectares. Les vignes sont plantées sur une terrasse ancienne du Cher constituée de sables et de graves, mollement ondulée, dont les sols maigres se réchauffent rapidement. Le climat local est relativement chaud et sec. L’aire d’appellation s’étend sur deux communes : Quincy et Brinay.

  • Reuilly :

Du cœur du Berry, le vignoble de Reuilly s'étend des rives de l'Arnon, aux bords du Cher sur près de 186 hectares.

Les vignes sont plantées sur des coteaux de marne calcaire à pente moyenne et sur de hautes terrasses de sables et de graves. L'aire d'appellation s'étend sur 7 communes : Reuilly, Diou, Lazenay, Chery, Lury, Cerbois et Preuilly.

  • Coteaux du Giennois :

Le vignoble est situé sur les coteaux de la Loire, dans la Nièvre et le Loiret et bénéficie de sols siliceux ou calcaires. Les Coteaux du Giennois s'étendent sur 14 communes : Beaulieu, Bonny, Gien, Briare, Ousson, Thou, Alligny, La-Celle-sur-Loire, Cosne-Cours-sur-Loire, Myennes, Neuvy, Pougny, Saint-Loup et Saint-Père.

 
   
 

 

 

 

Sancerre

 

 

 

 

Pouilly Fumé

 

 

 

 

 

Menetou Salon

 

 

 

 

 

Reuilly

 

 

 

 

 

Quincy

 

Commentaires de dégustation :

Jean Max Roger, Cuvée GC, Sancerre blanc 2007 : Caillottes du Village de Bué

La robe est or pâle avec des reflets verts. Le nez est joli, très fruité, avec une dominante agrume et montre une belle maturité de raisin : croquant et frais. Si le nez est beau, la bouche déçoit par une certaine banalité et un certain manque de tonus.

Pascal et Nicolas Reverdy : Terre de Mambray, Sancerre 2007 : sols argilo-calcaires

Robe très pâle, belle brillance et de l’éclat. Le nez est très axé sur les fleurs blanches, l’aubépine. La bouche est très fine avec une belle fraîcheur. Des notes d’agrumes apparaissent ainsi qu’une minéralité marquée en finale. Joli vin

Bailly Reverdy : Les Mont Damnés, Sancerre 2007 : caillottes et argilo calcaire

La robe est dorée, assez soutenue. Le nez est joli sur des notes florales et fruitées. La bouche est grasse et fraîche, tendue, superbe de minéralité et la longueur est excellente. Un très beau vin !

Laporte, Le Rochoy, Sancerre 2007 : sol à silex

Robe or pâle à reflets verts, belle brillance. Nez typé de buis et de pipi de chat, pierre à fusil. La bouche est vive avec un support minéral qui ne lâche pas prise et qui trouve son point d’orgue sur la très longue finale qui fait claquer la langue au palais. Bel équilibre et un vin qui terroite son silex. Très bon.

Domaine Vacheron, Les Romains Sancerre 2007 : silex

La robe est assez soutenue avec beaucoup d’éclat. Le nez est d’abord on ne peut plus réservé, peu loquace. Il s’ouvre un peu sur des notes minérales et fruitées (poire notamment). La bouche est stricte, d’une grande rectitude. Vivacité, austérité, minéralité, tels sont les attributs de cette cuvée. Très longue finale minérale. On pressent le vin de garde mais qui donne peu de plaisir aujourd’hui.

Prieur Pierre et fils, Domaine Saint Pierre, Sancerre 2007 : calcaire et argilo calcaire

La robe est or pâle à reflets verts. Le nez est gai, fleuri et fruité à la fois, fleur blanche et agrume. La bouche montre une jolie matière, de la sincérité, même si l’ensemble reste simple. Facile, charmeur, guilleret avec une fine perle, l’ensemble est savoureux. Plein, bien équilibré, il est le Sancerre sans souci.

François Crochet, Chêne Marchand, Sancerre 2007 : sols calcaires.

La robe est or pâle avec des reflets verts. De la brillance et de l’éclat. Le nez est très complexe :poire, acacia, et craie. La bouche montre un joli gras et une trame très suave à l’attaque, relayée par un support acide marqué qui apporte une très grande fraîcheur. Si le fruit est marqué, c’est la minéralité qui l’emporte pour le plus grand plaisir du dégustateur : c’est à la fois incisif et gourmand. Remarquable longueur minérale : Excellent vin, coup de cœur !

Alphonse Mellot, La Moussière, Sancerre 2008 : Marnes Kimméridgiennes

Or pâle à reflets verts. Le nez est complexe et allie finement un boisé présent à des saveurs minérales et fruitées. La réglisse est notable. La bouche est bâtie sur un bon support acide. La matière semble un peu fluette par rapport aux meilleurs vins de l’appellation. C’est néanmoins un vin savoureux et complet qui avec cet élevage perceptible prend des allures chiques. Belle longueur.

Henri Pellé, Blanchais, Menetou Salon 2007 : marnes kimméridgiennes avec quelques silex

Or pâle, reflets verts, bien sûr. De la brillance. Les larmes sont évidentes sur les parois du verre. Le nez est complexe et mérite que l’on s’y arrête : minéral d’abord, puis la poire apparaît avant une touche florale. Anis à l’aération. En bouche, c’est le volume qui frappe. Le fruit est bien présent alors que la minéralité se cache un peu pour le moment. Un vin savoureux, riche que sans doute un supplément d’acidité aurait rehaussé et tendre davantage. Belle longueur. Légère déception pour ce vin que j’attendais plus minéral.

Michel Redde, Les Champs Billons, Pouilly Fumé 2005 : argilo calcaire, portlandien

Le nez est assez discret et s’ouvre doucement sur des notes de raisin croquant. Belle finesse au nez. La bouche est un peu décevante : certes la matière est dense, mais l’expression est bien discrète. Finale légèrement amère que plus de tension aurait porté. Longueur moyenne. Soit ce vin est fermé à double tour, soit il montre ses limites.

Claude Lafond, Clos des Messieurs, Reuilly 207 : sol sableux et argilo graveleux

Si le nez est assez discret sur des notes de fleurs blanches et d’agrumes bien mûres, la bouche est bien plus éloquente : un très beau volume, une texture onctueuse et une grande gourmandise des saveurs sur des notes fruitées d’agrumes. L’équilibre est excellent pour ce vin de plaisir vraiment étonnant. Opulent, riche et mûr, mais très équilibré : Bravo !

Jacques Rouzé, Vignes d’Antan, Quincy 2008 : alluvions anciennes, sables, graves et argiles

Robe or pâle, assez légère, bel éclat. Nez extraverti de vin très jeune, un peu chewing-gum à la chlorophylle. La bouche est un peu sur ce registre, très jeune, un peu simple sur des saveurs fruitées un peu entêtantes. Fine perle, longueur moyenne. Difficile à juger.

 
 
 

 

 Jérôme Pérez

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