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Visite au château Vannières
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J'imagine assez bien un comparatif entre Vannières et Pibarnon à la manière du mythique générique de la série "Amicalement vôtre". À gauche, Pibarnon, provençal dans l'âme, enfant terrible du Bandol, méditerranéen et charmeur, mais aussi tonic et musclé, fougueux et insouciant. À droite, Vannières, distingué, posé, calme, classieux pour reprendre un terme à la mode. Une sorte de Roger Moor de Bandol, bien élevé, soigné et impeccable. Ce vin ressemble effectivement au maître de séant, fils de bonne famille, dandy des temps modernes, chevalier du XXIe siècle, avec ce côté kitsch qui le rend si attachant. C'est vrai qu'avec ses 25 % de barriques dans l'élevage, Vannières détone un peu dans sa jeunesse, mais finalement, le temps fait son œuvre et finit par le rendre plus Bandol que le plus pur des Bandol, à moins que ce ne soit lui, justement, l'archétype. |
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Vannières, c'est d'abord une magnifique demeure du XIXe siècle posée sur des caves du XVIe. L'architecture est superbe et comme le souligne Yves, évoque la Toscane.
Nous sommes accueillis par un grand gaillard que l'on imagine échappé de la troisième ligne de l'équipe de Toulon de rugby à 15. Nous faisons fausse route, il est bourguignon, amoureux du mourvèdre, engagé ici à l'âge de 19 ans, et qui selon lui, ne pouvait rêver meilleur endroit pour assouvir sa passion. Il s'appelle Jean-Philippe Fournet, il est le jeune brillant maître de chai du château Vannières. |
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Nous commençons la dégustation par le blanc 2004 : c'est un vin issu de clairette, il est large très riche vif et prometteur. |
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Le raisin, à Vannières, est mis à macérer dans des grandes cuves très particulières, carrelées de terre cuite. Ce qui fait sans doute originalité des vins de châteaux Vannières, c'est cet élevage en partie en barriques, renouvelées par tiers tous les ans, qui viennent compléter le stockage plus traditionnel en foudre. Selon Jean-Philippe, c'est sans doute le meilleur compromis possible pour le mourvèdre. |
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Le rouge de 2003 est encore en barriques et en foudres : voilà une bonne occasion de goûter la différence. Le vin issu d'un fût se présente sous une belle robe profonde, il sent l'amande fraîche avec des notes fumées insistantes. La matière est belle
Le vin issu d'un des foudres, quant à lui, présente un très beau nez, très Bandol, en tout cas, dans l'idée que nous nous en faisons, avec son joli nez réglissé, balsamique, et la truffe qui pointe déjà. C'est superbe.
Nous avons également goûté le rouge 2004, très riche, dans ce millésime qui s'annonce exceptionnel, voilà assurément un vin qu'il ne faudra pas rater.
Puis nous sommes invités à juger du vieillissement des vins de château Vannières, dans la salle de dégustation, de l'autre côté de la cour.
Nous commençons par le 1992, qui se présente sous une robe très jeune, un nez marqué par la cerise et par le noyau de cerise ; c'est un nez très charmeur. Par contre, la bouche est décevante, maigre avec une finale un peu sèche.
Heureusement que vint le millésime 1983 : la robe superbe prend des reflets acajou. Elle garde une belle profondeur. Le nez prend lui aussi des accents balsamiques, il évoque le cèdre, mais aussi la truffe. À l'aération, il prend des tonalités d'herbes aromatiques comme l'estragon. Le vin en bouche est émouvant, très svelte, soyeux. Les tannins sont totalement polis, et la finale réglissée s'étire de longs instants : un parfait exemple de grand Bandol à maturité. Une rencontre inoubliable.
Jérôme Pérez |
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