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Le millésime 2001 à Bandol: une grande année.
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Une grande année, même si ce ne fut pas un millésime si facile pour les vignerons: voici quelques commentaires tirés du site de la maison des vins du Bandol. L'évolution du cycle végétatif fut assez agité avec des variations de température fréquentes en début d'année. S'en est suivi une période de sécheresse d'environ 4 mois (juin et septembre inclus). L'impact sur la matière se traduit alors par une coulure marquée sur le grenache, une forte accélération de la maturité, des teneurs en sucre et un équilibre acide étonnament bon. Après 2 millésimes pléthoriques la nature revoit sa copie (baisse des rendements d'environ 20%). Les produits furent élaborés dans des conditions de fermentations assez pénibles. Les conditions d'élevage et de conservation seront des paramètres décisifs quand à l'aboutissement de ce millésime.Le déroulement du millésime 2001 présente quelques similitudes avec 1989 et surtout 1998. Mais gardons nous de faire un rapprochement trop hâtif avec ce dernier au niveau des vins.
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La robe se présente d'une profondeur moyenne, sombre néanmoins. Le nez est discret sur des arômes de sous-bois, de fruits rouges avec une inclinaison vers le noyau de cerise. En bouche le vin possède un volume considérable tout en gardant une grande fraîcheur et un joli soyeux de texture. La finale se caractérise par une légère amertume et des notes un peu chaudes.
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Domaine de Terrebrune 2001
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Nez moyennement intense, sous-bois, avec des notes un peu végétales au premier abord, puis le fruit qui pointe. Ce vin est en train de se refermer. La bouche est plus expressive : riche, dense, structurée, sapide, avec du nerf. La trame est serrée, les tannins fins, enrobés et très racés. La finale est tannique et poivrée. Très beau vin. |
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La robe est plus profonde que celle du vin précédent et le nez exhale des notes légèrement animales. À l'aération, apparaissent les fruits rouges, des notes de noyau de cerise ainsi qu'une touche florale. En bouche ce vin se caractérise lui aussi par un joli gras, une très grande fraîcheur, et des tannins sudistes subtils. La longueur est importante.
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Domaine du Gros' Noré 2001
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Le nez est plus intense que sur le vin précédent, plus complexe aussi, avec du fruit et des épices. En bouche, le vin est expressif, et se développe sur une belle matière, charnue et veloutée. Les tannins sont virils, mais enrobés. Belle longueur sur la finale encore tannique, mais aromatique. Très bon vin, un peu dur à ce stade mais je pense qu'il a tout pour donner un grand Bandol dans 15 ans. |
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La robe est très jeune, profonde et dense. Au nez, on perçoit des notes de suie qui rappellent un peu le cornalin. On a quand même l'impression que ce nez est sur la réserve. La bouche se caractérise par un gras important, un volume en rapport, sur une texture très soyeuse. La finale montre des tanins en grand nombre, mais d'une grande qualité, juteux et mûrs, se fondant dans la très grande longueur. Ce vin est excellent.
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Domaine de la Rouvière 2001
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Le nez est ici plus marqué par le bois, sur un fond de fruits noirs et de garrigue. La bouche est tout de fruit mûr, avec des tannins structurés, serrés et poivrés qui dominent encore un peu la finale, qui reste fraîche malgré sa force. L'ensemble est goûteux et très prometteur. J'ai beaucoup aimé ce vin sensuel qui associe puissance et fraîcheur. A attendre, évidemment. |
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La robe impressionne par sa grande densité, sa noirceur. Les arômes de ce vin dénotent par rapport au vin précédent, car on y retrouve des notes légèrement vanillées qui s'ajoutent aux notes courantes de l'appellation. La bouche est très ronde, volumineuse et elle possède une dimension gourmande jusqu'alors inédite. C'est un vin à la fois très souple et très puissant, enrobé. Il fait une excellente bouteille dans un style un peu différent, plus accessible actuellement.
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Domaine Bunan, Charriage 2001
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Nez intense, charmeur, de style plus moderne, on sent le bois derrière une jolie composition fruits noirs et d'épices. La bouche est équilibrée et harmonieuse et ce vin se déguste bien déjà maintenant…enfin, pour un Bandol 2001 car les tannins, veloutés au palais, trahissent la jeunesse du vin dans la finale. Belle longueur. A ce stade, c'était peut-être le vin le plus friand de la série. |
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Ce vin se pare d'une robe noire, dense, impressionnante. Le nez est d'abord sauvage, violent et complexe. On y décèle, tour à tour du fruit, des épices, des notes florales. La bouche est énorme, construite sur une assise tannique réellement impressionnante sans que le dégustateur n'éprouve une quelconque sécheresse. Le volume est à l'avenant. La finale d'une longueur extrême présente une très légère amertume sur un fond de réglisse. C'est un vin monumental.
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Domaine Lafran Veyrolles, Cuvée Spéciale 2001
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Très beau nez intense, complexe, mûr, profond, épicé. Bouche grandiose : beaucoup d'étoffe, du volume, une grande richesse aromatique, des tannins racés, enrobés et à la trame serrée. La puissance du sud prouve avec un tel vin qu'elle n'exclut pas la noblesse et la race. L'ensemble est sphérique et précis, de l'attaque à la finale, très longue et de grande expression aromatique. Un très grand vin, qui m'a paru encore supérieur à Saint-Ferréol et à Pibarnon. |
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La robe noire saturée laisse déjà entrevoir la richesse de ce vin. Comme on pouvait s'y attendre, le nez est puissant développant des arômes de goudron et de café. Le très grand volume en bouche permet aux notes d'olives noires de se développer. C'est un vin pour le moment monobloc, tout en force, qui n'est pas sans rappeler les assemblages languedociens de Carignan et de syrah, jusqu'à la finale qui laisse poindre une légère amertume. Il est bientôt pour juger parfaitement ce vin qui pour l'heure ne laisse voir que sa belle musculature.
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Jean Pierre Gaussen, Longue garde 2001
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Robe d'une densité incroyable. Le nez sort du registre habituel pour me rappeler, par certains traits, le caractère des vins du Languedoc. La bouche est plus expressive que volumineuse. Belle matière veloutée sur des tanins amples. La finale est tannique, poivrée et aromatique. Beau vin construit pour la garde, mais qui n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière. |
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La robe est noire avec des accents violines. Elle est très dense quasi opaque. Le nez est une merveille de finesse avec un fruit noir très précis, des notes de tabac et de réglisse. C'est un vin vraiment somptueux qui possède une texture très serrée, un grain admirable sur un volume exceptionnel. Ce vin est l'exemple même de l'alliance de la finesse de la puissance, à l'interface de l'élégance. Tout est admirable dans ce vin. Sans doute, le plus beau de tous les Bandol dégustés pendant ce séjour, du moins celui qui m'a le plus impressionné par le velouté de sa texture sans rien céder aux canons de l'appellation.
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Domaine de la Tour du Bon Saint Ferréol 2001
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La robe est presque noire. Le nez s'est à présent un peu refermé, mais quelle bouche opulente, avec des tannins somptueux et une étoffe formidable. La densité, la puissance et le toucher de bouche évoquent un Porto vintage. L'alcool n'y est peut-être pas pour rien, mais que c'est bon ! Grand vin. |
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La robe est pourpre noire, très riche. Des fruits noirs et des épices composent la trame aromatique. Puissance, élégance, finesse, tels sont les qualificatifs de ce grand vin qui impose toute la race des vins de ce grand domaine. La très longue finale, très fraiche laisse présager d'un avenir radieux.
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Château de Pibarnon 2001
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Nez intense, avec de fines notes de truffe noire et un boisé encore perceptible à ce stade. La bouche est de grande amplitude, avec cette belle étoffe des 2001. Ici, les tannins ne dominent pas la très longue finale, qui s'épanouit pleinement à ce stade. Grande réussite, que j'ai préféré au 2000. Un vin au très grand potentiel. |
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Quelques Bandol dans d'autres millésimes :
La robe est plus légère que celles de l'ensemble des 2001 présentés. Néanmoins, au nez l'air de famille est bien présent, comme en témoignent ces notes sauvages, donnant un sentiment de grande vinosité. Le volume est assez conséquent sans avoir l'ampleur de son aîné ; la finale est souple.
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Lafran Veyrolles cuvée spéciale 2002 :
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: 70 % de mourvèdre. Le nez est animal, il évoque également le pruneau, les herbes aromatiques. La texture est soyeuse, des tannins sont polis, et ce vin se développe en bouche jusqu'à une longue finale sans violence. Le tout dans un ensemble très frais qui évoque la réglisse caractéristique en fin de bouche. Un Bandol dans la force de l'âge, totalement prêt à être bu, même si rien ne presse.
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Domaine de l'Olivette, cuvée spéciale 1993
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La robe, soutenue, présente un début d'évolution. Le nez est complexe, tertiaire, avec les notes balsamiques caractéristiques des vieux Bandol. En bouche, c'est bien construit et le développement est superbe, avec les arômes tertiaires qui jalonnent le palais. Très beau vin. |
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: 80 % de mourvèdre élevé en foudres rotatifs. Au nez, c'est le boisé qui domine. A l'aération, pointe un fruit discret derrière des notes animales. La bouche montre un vin large puissant avec des tannins plus rugueux que les autres Bandol de l'appellation dégustés ce jour-là. C'est un bon vin, mais il est moins bien défini ; la question est ouverte sur l'élevage du mourvèdre à Bandol : la barrique neuve est-elle nécessaire, pour tout ou partie de l'élevage ? Personnellement, je pense que l'élevage en foudres, traditionnel, convient parfaitement au cépage, une part modeste de barriques neuves, jusqu'à hauteur du quart, peut être, selon le millésime, envisagée. Le tout barrique, bois neuf, me paraît excessif, sur la base de ce que j'ai pu goûter.
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Domaine Sorin 2000
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Nez plus boisé, marqués par un peu plus de syrah que les autres vins. Les tannins sont plus lâches et moins doux, c'est un bon vin, mais il souffre un peu de la comparaison avec les 2001. A revoir. |
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Yves Zermatten ![]() |
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Ce fut un vrai plaisir que cette dégustation. Pour être totalement impartial, nous devons dire que la Tour du Bon Saint Ferréol a été bue lors du repas et donc pas en même temps que les autres échantillons. Quoiqu'il en soit, ce millésime se caractérise par des vins au volume important; le gras en bouche est étonnant. Les tannins sont en nombre et la grandeur de quelques uns vient effectivement de leur qualité. Des beaux vins et quelques grands vins que vous aurez pu deviner au travers de cette lecture. Les notes balsamiques sont vraiment une constante, avec celles de l'olive noire qui apparaissent souvent ainsi que les fruits noirs en cette année très riche. Tour du Bon et Lafran sont au sommet, mais Pibarnon, goûté le lendemain s'inscrit dans le haut de ce millésime, assurément. Jérôme Pérez
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La dégustation de ces vins s'est avérée difficile. Une horizontale de Bandol 2001 sans pain ni eau a de quoi traumatiser la langue de n'importe quel dégustateur. Les vins sont de grand caractère, avec une puissance et une masse tannique impressionnantes qui les rendent peu accessibles actuellement en dégustation pure. En outre, les finales sont difficiles à apprécier à ce stade, car elles sont souvent cachées par l'abondance des tannins. Cela dit, en 2001, Bandol nous offre assurément un grand millésime de garde. Les vins sont mûrs et riches, mais sans le caractère solaire des 2000, dont la trame est plus lâche. Les 2001 arborent des robes très soutenues, presque noires. En bouche, tous les vins que nous avons dégustés présentaient des tannins imposants et racés, ainsi qu'une matière contenant apparemment beaucoup d'extrait sec. La trame étant très serrée et la matière concentrée, ces tannins sont la plupart du temps parfaitement enrobés dans la matière fruitée et riche. Les vins de ce millésime ne présentent dans l'ensemble donc pas d'astringence ni de dureté, mais le grain soyeux procure une sensation de lissé et de plénitude, associée à du moelleux et un style princier. Tous les vins dégustés restaient harmonieux, malgré parfois des taux d'alcool élevés. La qualité d'ensemble était remarquable, tous les vins présentés étant très bons à excellents, avec évidemment des traits de caractère qui les distinguent, mais la ressemblance est frappante. Le moins bon des 2001 dégustés m'a paru supérieur au meilleur des quelques 2000 que nous avons dégustés. De plus, la plupart de ces vins commencent actuellement à se refermer (à mon avis, ils sont partis pour un long sommeil avant la gloire). Il vaut donc mieux plus les toucher et les laisser dormir tranquillement une dizaine, voire même une quinzaine d'années. Les quelques vieux millésimes que nous avons dégustés, notamment les remarquables Pibarnon 1993 et Gaussen 88, ainsi qu'un inoubliable Vannière 1983, ont démontré la tenue de ces vins au vieillissement. C'est après 10-15 ans de bouteille que les grands Bandol développent ces notes balsamiques si particulières du mourvèdre âgé. Quand elles ne sont pas présentes, les vieux Bandol présentent des arômes tertiaires qui évoquent les grands Bordeaux âgés. Après 10-15 ans dans les grands millésimes, les tannins se fondent et apparaissent des paliers supplémentaires de profondeur. A cela, vient s'ajouter le caractère peu oxydatif du mourvèdre, qui favorise une fraîcheur de fruit remarquable sur des vins après 20 ans de cave. Si la tenue au vieillissement d'un vin est l'un des critères qui font les grands terroirs, alors Bandol mérite indéniablement sa place au Panthéon. Pour terminer, un grand merci à Pascal Perier, de La Maison des vins du Bandol qui nous a accueilli pour cette dégustation, ainsi qu'au châteaux de Pibarnon et Vannières qui nous ont gentiment ouvert leurs portes et leurs bouteilles. Yves Zermatten |
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