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Le Manoir de la Régate

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Jean-Loup Guerrin a créé le sujet : Le Manoir de la Régate

J'ouvre un fil sur ce restaurant qui en vaut la peine !

Le Manoir de la Régate
155 route de Gachet
02 40 18 02 97
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www.manoirdelaregate...

Jean-Loup
#1
Pièces jointes :

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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : CR: Le Manoir de la Régate : un futur étoilé à Nantes ?

Nous avons testé ce restaurant en pensant y faire un bon repas mais nous ne nous attendions pas à un tel niveau de gastronomie et à un tel rapport qualité / prix !

Il est situé quasiment au bord de l’Erdre et propose deux belles salles décorées simplement et avec goût ainsi qu’une agréable terrasse. C‘est Mathieu Pérou, 26 ans, qui a repris ce restaurant il y a trois ans à la suite de son père. A partir de produits de bons petits producteurs de la région, il concocte des plats inventifs. Le service est très efficace grâce à un personnel nombreux et attentionné.

Nous avons pris le menu-dégustation avec vins au verre choisis et servis à l’aveugle par Camille, la sommelière très professionnelle de la maison. Si vous lui posez des questions sur tel ou tel vin, ou sur un accord, elle vous répondra précisément et sa passion l’entrainera à argumenter de façon détaillée. La carte des vins est assez courte mais bien équilibrée et dispose de beaux flacons pour se faire plaisir. En tout cas elle a permis de proposer des accords le plus souvent très réussis et parfois inattendus.

Amuse-bouches pour l’apéritif


Macarons au kir breton – cassis


Bâtonnets à l’anguille et au yuzu


Galettes à l’andouille de Guémené


Cornets de curé nantais au pestou

Plaisir des yeux, ces amuse-bouches sont inégaux en saveurs, les deux derniers étant pour moi au-dessus des deux premiers, mais d’autres convives ayant bien apprécié l’anguille.

Maison AR Lenoble – Champagne – Brut intense – Mag 15



Il s’agit d’un assemblage quasiment équilibré entre les trois cépages emblématiques de la Champagne, avec un faible dosage (environ 5 g/l).

La robe présente un or gris.
D’une intensité moyenne, le nez montre une belle élégance et développe des arômes de brioche et de noisette.
La bouche est très tendue, presque saline. La bulle abondante caresse délicatement le palais, la persistance est bonne et de fins amers relèvent la finale.
Très Bien (+)
Etonnamment ce vin à base de 2015 m’a paru plus tendu que le même à base de 2014 bu en juin. Mais il aurait été intéressant de les boire l’un à côté de l’autre pour confirmer ou pas cette impression.

L’accord est très moyen (2 / 5) avec le macaron, le sucre de celui-ci perturbant la pureté du vin. Il est mieux réussi avec les autres amuse-bouches, particulièrement avec la galette à l’andouille (3,5+ / 5).


Amuse-bouches pour eux-mêmes


Tomate cerise en trompe l’œil, vinaigre balsamique et feuille d’épinard


Brunoise de tomates, sorbet de caillé, piment de piquillo, tuile de tomate

Ce sont deux grandes réussites, avec une mention spéciale pour la tomate cerise, forte en saveurs !


Raviole de homard, julienne de légumes, émulsion aux cinq poivres

Une première entrée délicieuse, même si la raviole aurait gagné à être un peu moins épaisse.

Château Beaubois – Costières de Nimes – 2018



Il s’agit d’un assemblage de 40 % de roussanne, 40 % de grenache blanc, 10 % de viognier et 10 % de rolle.

La robe se situe entre paille et or.
Très intense et aromatique, le nez exhale une aromatique sur les fruits blancs, les agrumes, la gamme florale et l’anis.
Un léger gras est ressenti en attaque mais c’est surtout la puissance et la richesse de la matière qui frappent le dégustateur en bouche, faisant même penser à un élevage luxueux alors que le vin n’a vu que quatre mois de cuve ! Le volume est remarquable mais on pourra lui reprocher un léger déficit d’acidité, jusque dans la finale anisée mais où perce avec bonheur une certaine amertume.
Bien +

Mais c’est dans l’accord (3,5 / 5) avec le plat que ce vin se révèle ! Il fallait un vin puissant pour faire un bon compagnon au plat haut en couleurs et celui-ci permet de l’affiner de façon intéressante.



Escargots en persillade, foie gras poêlé, raviole d’ortie, jus d’ortie au muscadet

Cette deuxième entrée a été très appréciée même si le foie gras passait au second plan.

Domaine Léon Boesch – Alsace – Riesling – Grandes Lignes – 2017



La robe est de couleur paille.
Le nez puissant dégage des arômes de fruits jaunes et de fines notes pétrolées ainsi qu’une touche d’angélique et une autre moins noble de vernis.
La bouche d’un beau volume présente une belle rondeur qui m’a fait penser à quelques grammes de sucres résiduels alors qu’il n’y en a seulement 1,6 g. On retrouve les beaux hydrocarbures du nez et une matière épurée par une bonne acidité, l’allonge étant de bonne facture et la finale plus fruitée.
Bien ++ / Très Bien

Le vin se marie bien (3,5+ / 5) avec le plat car il gagne en gras, sans doute grâce à la réduction au muscadet. Quelle bonne idée de placer ici un Riesling alors qu’un accord plus classique avec un chardonnay n’aurait peut-être pas aussi bien fonctionné !


Homard, mogettes, chouchen, jambon déshydraté et jus de corail

Un vrai régal et un festival de saveurs !

Château Simone – Palette blanc – 2007



Un vin à forte majorité de clairette (80 %) complétée de grenache blanc, ugni blanc, bourboulenc et muscat.

La robe est d’un or à la fois clair et ambré.
Le nez s’ouvre peu à peu et va dévoiler peu à peu de la pomme, du miel, des fruits secs et de beaux accents épicés.
D’une belle étoffe, presque puissante, la bouche garde une sapidité généreuse teintée d’une fine oxydation et bien dynamisée par une acidité vertébrale. La belle persistance nous fait profiter plus longtemps de ce nectar.
Très Bien ++

Sur le plat le vin gagne encore en ampleur (mais oui, c’était possible !) pour signer un accord grandiose (4+ / 5).
Bravo et merci Camille pour ce superbe choix ! (tu)


Crémeux aux abats de caille, façon pâté de grand-mère, gelée de cerise

Ce trou « nantais » prépare au plat suivant et réveille les papilles !


Filets de caille, févettes, cerises confites

Ce plat de viande est d’une finesse remarquable.

Domaine de l’Oratoire Saint Martin – Cairanne – Réserve des Seigneurs – 2016



La robe est presque noire et bien jeune par ses reflets violine.
Le nez intense sans plus offre un fruité franc, un vrai panier de fruits rouges et noirs avec pas mal de cerises burlat, agrémenté de quelques notes florales du plus bel effet.
Ronde et à la chair généreuse, la bouche se montre enjouée, sur un grand fruit pas gêné par les tanins civilisés. Le « juste ce qu’il faut » de vivacité aide à porter l’ensemble, le final se montrant plus épicé et relevé.
Très Bien

Avec le plat, l’accord (3,5+ / 5) se trouve aussi bien sur les textures serrées que sur les saveurs (cerise).


Panna cotta à la noix de coco, sorbet citron vert et estragon

Ce prédessert est tellement bon qu’il va supplanter le dessert : la noix de coco est d’une grande finesse et l’association citron vert – estragon incroyable !

Hôôbiden Yuzushu



La robe est d’un blanc laiteux pas du tout limpide, mais c’est normal pour ce type de liqueur.
Au nez cela ressemble à du limoncello, mais en plus fin, le yuzu étant à l’œuvre.
La bouche est du concentré de citron et cela se goûte très sec, donc bien mieux que le limoncello. La sensation d’alcool est faible et la longueur superlative.
Très Bien
L’accord est sans surprise réussi avec le plat


Déclinaison de l’abricot et du romarin

Vin de France – Domaine Couly-Dutheil – L'Interdit



Il s’agit d’un moelleux de chenin botrytisé qui bien entendu n’a pas le droit à l’appellation Chinon.

La robe est à la fois claire et ambrée.
Très intense, le nez développe une aromatique marquée par le botrytis : fruits jaunes surmûris, dont l’abricot, miel, agrumes et une touche de pomme.
La bouche est très liquoreuse, plus que moelleuse. On retrouve la même aromatique qu’au nez avec des épices en plus, bien portée par une acidité que j’attendais plus prégnante, l’allonge étant tout à fait correcte. C’est cet équilibre sucre – acidité au bénéfice du premier qui m’a fait pencher pour le Sauternais.
Bien ++

L’accord est bien entendu très bon en termes de saveurs, moins en termes de structure, le dessert mettant en exergue le léger déficit d’acidité du vin (3 / 5).

Vous l’aurez compris : nous avons passé une excellente soirée ! L’ambition de ce jeune chef est affichée dans les plats proposés et pour nous cette table vaut une étoile, d’autant que la jeune sommelière nous a gâté par le choix des vins proposés.
LPV 44 connaît sans doute ce restaurant ? Sinon il faut vite pallier cette lacune !

Jean-Loup
#2
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DUROCHER a répondu au sujet : Le Manoir de la Régate : un futur étoilé à Nantes ?

Pas loin de Rennes,souvent en balade dans le coin avec les amis lpviens nantais,cette adresse me semble à tester,les photos me font saliver,merci Jean Loup.
Bernard
#3

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