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Un repas, mes amis ...

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Réponse de francois999 sur le sujet Un repas, mes amis ...

>Pauillac 1999

Pas fan des bordeaux 1999.
Ceux que j’ai pu goûté (dont lynch bages) étaient décevants 
 

Francois // chaque avis est subjectif et la somme des subjectivités fait une objectivité (F Mauss)
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08 Juil 2021 01:01 #121

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Soirée de gala chez Gérard

La date était fixée depuis longtemps.
Gérard nous avait invité avec ses enfants ainsi qu'un ami de longue date amateur de Bordeaux.
Nous avions pour unique consigne d'apporter le Champagne.
Je dégoupille en premier.

Champagne Egly Ouriet, Grand cru Vieillissement Prolongé

j'ai choisi cette bouteille après avoir lu ici qu'elle se goutait déjà bien.
Une bouteille dégorgée en juillet 2020
Le nez fait assez jeune, je ne perçois rien d'oxydatif.
C'est assez gourmand sur les fruits jaunes avec des notes de fruits à coque.
La bulle est fine et la bouche sait être confortable avec une très légère sensation crémeuse qui est bien contre balancée par ce qu'il faut d'acidité.
C'est vineux, dense et assez long.
Un excellent Champagne qui parvient à avoir une personnalité assez forte tout en restant consensuel.

Maison Billecart-Salmon - Cuvée Nicolas François Billecart Brut 2002 - Champagne

C'est le champagne de Gaétan.
Le nez est encore fermé au début alors qu'il avait pourtant ouvert la bouteille en amont chez lui.
Les bulles ont pratiquement disparu.
On décèle une trame minérale qui se confirme en bouche avec un vin tout en tension.
Il est moins facile d'accès que le précédent au premier abord, il faut se concentrer et aller le chercher.
Aucune notes oxydatives et je suis le premier surpris en découvrant le millésime.
Il va gagner avec le temps et nous avions prévu d'y revenir par la suite mais ... ce n'était pas une soirée à revenir en arrière 
Il parait que le lendemain soir après un bon secouage entre Metz et Paris, il était encore meilleur.
Un Champagne relativement âgé qui semble demander de l'aération après ouverture.

Domaine Roulot, Meursault 1er cru "Clos des Bouchères" 2011

Un nez dominé par des fruits jaunes, un peu de brioche tiède et un soupçon de cailloux humide.
La bouche a une très belle attaque en largeur mais le vin s'essouffle assez vite.
On a l'impression d'une grosse cylindrée qui aurait gardé son frein à main.
j'y vois seulement un village et rien qui me fasse penser à un vin de chez Roulot.
Gérard est particulièrement déçu parce que le vin se goutait très bien quelques heures plus tôt à l'ouverture.

Pas simple le vin, il aurait fallu ouvrir le Champagne plus tôt et le Bourgogne plus tard.
Nous passons ensuite à une paire de blancs servis en parallèle.
Ce sera pour nous une nouvelle occasion de vérifier à quel point deux bouteilles d'un même carton peuvent être bien différentes.

Domaine Michel Bouzereau, Meursault 1er cru "Perrières" 2008

Le 29 février dernier ( 17j avant la fin de l'ancien monde), Gérard nous avait déjà ouvert cette cuvée et elle était excellente.
Cette fois elle se présentera sous un angle nettement moins favorable.
Le nez manque de fraicheur, une légère note minérale mais rien de très excitant.
il faut dire qu'on est vite happé par le blanc stratosphérique qui est dans l'autre verre.
L'attaque est un peu rude dans un style un peu lourd.
Pour moi c'est une bouteille défaillante à des années lumières de celle bue il y a 19 mois

Domaine Coche-Dury, Meursault 1er cru "Perrières" 2008

Alors là les amis, il y a du jus !
Un nez d'une très grande complexité, bergamote, agrumes et silex.
On pourrait citer une liste de 15 arômes mais je préfère préciser qu'on trouve un peu ce qu'on peut trouver dans un chardonnay bien né.
Enfin presque tout puisqu'il n'y a pas vraiment de grillé ou alors simplement nuancé.
Rien ne prédomine, c'est harmonieux.
L'ami de Gérard dit que ça sent le grand cru !

Gérard nous avait dit lors du dernier repas avec Oliv qu'il ouvrirait un Coche le samedi.
Le nez n'ayant aucun des marqueurs coche-duryens habituels, j'imagine qu'il m'a tendu un petit piège amical et que s'il y a un Coche dans la soirée, ce sera probablement un rouge. Oliv ayant vanté les mérites de l'Auxey, je pourrais même déjà connaitre le prochain vin à l'aveugle sans même l'avoir senti. ( Petite disgression sur les dégustations à l'aveugle biaisées   )

Mais revenons à notre vin blanc.
La bouche est à l'unisson du nez, ça tapisse de partout, c'est puissant sans jamais être lourd.
C'est tonique sans être stricte, c'est long, très long que dis-je interminable dans une fin de bouche absolument parfaite.
Méditation !
Je verrais bien ça dans le secteur des grands crus de Puligny.
L'ami de Gérard propose "Chevalier", Gaétan évoque "Cailleret" et soyons fou je me demande si nous n'avons pas là tout simplement le roi Montrachet.

Surprise à la levée de la chaussette.
C'est le premier millésime de Raphaël et si nous n'avons aucun doute sur ses capacités à prolonger la notoriété qualitative du domaine, il y a semble-t-il un changement de style dès le début.

Nous passons maintenant aux rouges.
L'ami de Gérard n'aime pas trop le pinot mais nous imaginons mal un repas sans pinot chez lui.
Nous aurons donc une paire.

Domaine Damoy, Chambertin Clos de Beze 2009

Gérard nous prévient tout de suite qu'il se goûte mal depuis l'ouverture dans l'après-midi.
Le nez n'est pas très expressif, cerise noire et cassis.
La bouche est massive avec une charge tannique assez importante.
Pas vraiment le style de pinot qu'on aime alors que l'ami de Gérard l'apprécie plus que celui qui est dans l'autre verre.
Il s'est amélioré au fil du temps et nous finissons par penser que cette cuvée a probablement besoin de vieillir encore un bon moment en cave.

Domaine Sylvie Esmonin - Gevrey Chambertin 1er Cru Clos Saint-Jacques 2009

Quel bouquet ! Un nez que je trouve floral et épicé.
Là on ne doit pas être loin du Clos Vougeot ou alors sur Vosne dans les 1ers crus d'altitude si ce n'est pas un vieil Echezeaux.
Griotte, framboise et groseilles en nuances mais toujours cette évanescence de fragrances florales.
Là, Gérard a tapé dans le mille pour nous faire plaisir.

En bouche le vin est une caresse, c'est de la dentelle soyeuse tout en finesse.
La fin de bouche reste élégante et délicate.

Au petit jeu de l'aveugle Gérard annonce qu'il y a un grand cru et un 1er cru.
Les choses deviennent plus simples parce que j'imaginais bien un Damoy pour la bouteille précédente.
-C'est Gevrey ?
-oui
- Il y un grand cru de Damoy ?
-oui 
- Et donc un 1er cru de Rousseau ?
-non 

Alors là j'aurais bien voulu avoir Roberto Pétronio autour de la table, à l'aveugle comme nous pour voir s'il aurait trouvé le style du domaine qu'il a déjà caricaturé.
Vous ne me reprendrez pas à ouvrir un Clos St Jacques de Sylvie Esmonin avant qu'il ait au moins 10 ans.
Nous avons une nouvelle preuve qu'avec du temps, on tutoie les sommets chez elle.

Deux paires de Bordeaux nous attendent maintenant.

Château Léoville Barton, St Julien 2000

C'est vendredi saint en Belgique, une histoire de chemin de croix avec les Bordeaux 2000 ...
Une robe très profonde et des arômes de Bordeaux encore jeune et marqué par l'élevage.
En bouche, ça sèche, ça assèche, c'est rêche.
C'est le seul verre que je n'ai pas fini.
Notre nouveau compagnon de dégustation aime beaucoup ce château et en a d'ailleurs une caisse de 2000 qu'il n'a pas encore touchée.
Mais là il est inquiet.
Sincères condoléances en espérant une résurrection pour les croyants.

Château Gruaud Larose, St Julien 2000

Le second verre nous propose un vin d'un autre niveau.
La robe est tout aussi profonde mais le nez est nettement plus causant.
Un beau fruit avec des notes de tabac encore primaire si j'ose dire.
C'est jeune mais déjà très bon à boire.
On le place en rive gauche sans hésiter.

Les tannins sont présents mais déjà arrondis par le temps ou un élevage moins marqué.
Aucune astringence, c'est agréable à déguster avec une fin de bouche pleine d'énergie.

S'il n'y avait plus rien après, nous en aurions facilement repris un verre.
Unanimement nous estimons qu'il peut être bu tout en gardant certainement un potentiel de vieillissement.
Je n'avais encore jamais goûté ce château dont je ne dois avoir qu'une bouteille de 2005.
Une première expérience positive.

Château Margaux 1996

Un vin servit en carafe.
Très très grosse cartouche.
Des arômes envoutants de bois précieux, de cassis/cranberries, de tabac blond.
On se dirige immédiatement vers un médoc avec de l'élégance.
Face à moi l'ami de Gérard jubile dès le premier nez et va très vite se diriger vers Margaux.
Il connait la cave de son hôte, ce qui est généralement un atout décisif à l'aveugle 
Mais j'admets que par déduction on se dirige vers cette appellation du Bordelais.
C'est moins le cas avec le 86 ou le 97 qui ont des caractéristiques du millésime qui les éloignent de l'imagerie margalaise.

En bouche la structure est imposante mais soyeuse.
Le vin s'exprime avec délicatesse.
Le final se conclue en queue de paon avec une sensation de puissance et de finesse.
La quintessence du grand Bordeaux féminin.

Le fond de verre reste impressionnant de complexité.

Qu'est-ce qu'on peut encore servir après ça ?
En plaisantant Gérard nous dit qu'il a prévu un petit vin pour nous faire atterrir 

Pétrus 1989 

On était déjà sur la lune, maintenant direction les étoiles.
Un nez surprenant avec un léger coté mentholé qui donne de la fraicheur.
Les épices douces sont fortement présentes pour un Bordeaux.
A l'aveugle pur, je ne serais peut-être pas resté sur cette région.
Mais qu'est-ce que ça peut bien être pour nous offrir une palette aromatique si différente ?
Il y a un coté bourguignon sur ce vin.
Je n'avais encore jamais rencontré un vin bordelais à ce point dominé par les épices, les fleurs et les végétaux nobles.
c'est comme ça que je caractérise cette sensation de fraicheur qui ne vient pas du poivron ou d'une sous maturité.

L'ami de Gérard part tout de suite en rive droite alors que je suis un peu perdu, ne retrouvant pas la fameuse truffe du Merlot.
La texture en bouche, quasi crémeuse, sapide au possible signe plus facilement un vin à base de Merlot.
C'est kaléidoscopique, les mots me manquent mais je crois sincèrement que c'est le plus grand vin que j'ai bu à ce jour avec l'impression de mêler les qualités d'un grand cru bordelais et d'un grand cru nuiton.

Pourtant, aussi grand soit-il, j'ai l'impression qu'il peut encore légèrement gagner en complexité car il donne l'impression de tout juste entamer son plateau de maturité.
Un moment exceptionnel où le temps suspend son vol.

Je vous disais que nous n'avons pas pu revenir sur les champagnes, c'est qu'il en reste encore un !

Château Yquem 1989

Un nez bien ouvert sur les fruits exotiques, mangue et papaye confites, touches de caramel
C'est vraiment agréable à sentir.
Je pré suppose que c'est Yquem mais en bouche les doutes s'évaporent.
C'est riche sans être lourd et c'est très long avec une fin de bouche qui n'est pas saturante.
Pour chipoter, je pourrais dire qu'un tout petit peu plus de finesse en ferait une plus grande bouteille mais ce serait alors un 88 d'après tout ce que j'ai lu.
Gérard qui a eu la chance de déguster le 88 au château me confirme que c'est une immense bouteille mais ne boudons pas notre plaisir avec cette excellente 89 qui conclue en beauté ce repas galactique.

Gérard, de tout coeur, un immense merci à toi et ta famille pour l'accueil et le partage.
J'ai la certitude d'avoir eu le privilège de participer à un repas qui restera à jamais gravé dans ma mémoire.
 



 

Sylvain
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04 Oct 2021 21:56 #122
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Réponse de Agnès C sur le sujet Un repas, mes amis ...

Un homme qui a 10 bouchons vide-d'air a tout mon respect.

Agnès, matérialiste au foyer
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04 Oct 2021 22:12 #123

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Réponse de Frisette sur le sujet Un repas, mes amis ...



Magnifique !!!

Flo (Florian) LPV Forez
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04 Oct 2021 23:30 #124

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Réponse de LADIDE78 sur le sujet Un repas, mes amis ...

Top Sylvain , on vient la prochaine fois 

didier

Mal-voyant depuis 31 ans et passionné de vins comme vous tous
05 Oct 2021 06:29 #125

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Avec du veau, c'est du pinot

Samedi dernier mes 2 amis étaient à la maison.
Pas de thème précis si ce n'est que je faisais un filet de veau.
Nous laisserons l'éclectisme de coté pour nous centrer sur des valeurs sûres.
Quoique à bien regarder, si la région commence à nous être familière, nous avons opté pour des domaines que l'on goûte moins souvent.

Champagne Eric Rodez, blanc de noirs 

Une cuvée dosée à 3,5g, dégorgée en janvier 21 et essentiellement composée des millésimes 15,14 et 13 ainsi qu'un peu de vin de réserve.
La malo n'est pas faite pour environ 90% des vins.

Une couleur avec des reflets rosés qui dirigent directement vers une cuvée de pinot.
La bulle est très fine. Le nez propose des notes de framboises ( je me demande si je l'aurais goûté pareil dans un verre noir), il y a un peu de minéralité mais c'est la bouche qui marque ce Champagne.
Elle est assez stricte, un brin austère.
Gaétan qui aime pourtant les vins tendus trouve que là c'est un peu trop.
Ce Champagne manque un peu de confort pour être mieux apprécié.
Je me dis que le dégorgement est peut-être trop proche et que ce vin a encore besoin de temps.
Le lendemain soir, il n'avait pas bougé.

Domaine Coche Dury, Meursault "Les Rougeots" 2010  

En écrivant le titre, j'avais tapé 1er cru, tant ça pourrait sembler logique.
Cette bouteille a d'ailleurs bien baladé mes amis à l'aveugle mais à aucun moment ils n'ont pensé être seulement face à un village.
Et oui, pour ceux qui suivent ce fil, cette fois c'est Gérard qui est à l'aveugle face à une Coche Dury !
Une bouteille que j'avais échangée sur LPV dans la rubrique dédiée pour une valeur n'ayant rien à voir avec sa côte.
Encore merci à celui qui m'a permis d'y avoir accès, elle a subi le sort qu'elle méritait, à savoir être bu entre amis passionnés.

Un nez d'une incroyable complexité à ce niveau d'appellation.
Des agrumes, un peu de gras et beaucoup de minéralité.
Je perçois assez nettement des céréales grillées, est-ce le terroir qui parle, le savoir faire du vigneron ou mon imagination ?
Peut-être un peu des 3 !
J'ai aussi la bergamote que je perçois dans les chardo bien nés.
On ne se lasse pas de sentir, de goûter et d'y revenir après les rouges.
La bouteille sera vide à la fin de la soirée et en débarrassant la table j'ai fini au goulot les 3 ou 4 dernières gouttes qui avaient la même saveur que la première gorgée. Instant dévotion !!! 

Alors si cette bouteille est excellente, elle a tout de même une petite limite qui est sa longueur en bouche.
Mes amis y voyaient un 1er cru et la bouteille suivante va nous le confirmer.

Domaine Fabien Coche, Bâtard- Montrachet grand cru 2011

Petite frayeur à l'ouverture 4h avant avec une légère pointe oxydative.
Pour accompagner les crevettes avec sauce coco et vanille ( les mauvaises langues vont dire que c'est raccord avec un chardo beaunois).

Le nez est moins complexe que le précédent.
Il y a une petite note de pomme verte, un peu de brioche au four et des fruits jaunes muris, presque confits.
La bouche est massive, il y a de la largeur. Mes amis s'accordent pour dire qu'il y a probablement un grand terroir mais le vin est presque fatiguant. Il manque d'énergie. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il est trop lourd mais à ce stade il ne donne pas envie de se resservir.

Je craignais que la bouteille ne soit complètement flinguée 48h plus tard.
Mais au contraire, le vin a gagné en fluidité et en allonge.
Nul arômes déviants au nez, il semblait même un peu plus frais que lors de notre repas dégustation.

S'il y avait eu plus de monde le samedi soir et que la bouteille soit vide, j'aurais probablement écrit qu'il est urgent de la boire.
Alors que là je serai plus circonspect parce que j'ai trouvé le vin meilleur 48h plus tard.
On ne peut pas écarter non plus l'effet séquence parce que si un Coche peut en cacher un autre, il y a tout de même une différence de notoriété qui nous semble pleinement justifiée.

Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin 2012

Une robe incroyablement claire qui surprend mes amis.
Ils imaginent un vin très vieux et pourtant le nez va les rassurer autant qu'il va les séduire.
J'ai pu surprendre une nouvelle fois Gérard avec une bouteille qui provenait de la cave du cul d'poule à Metz.
Je l'avais prise avec un menu à emporter mais en ayant déjà goûté une, je tenais à partager celle ci avec mes 2 amis.

il y a un peu de griottes et de groseilles acidulées.
Des arômes floraux dignes des meilleurs pinots déjà rencontrés.
C'est finement épicé et semble parfaitement à point.

La bouche sera à la hauteur.
Tout en finesse, c'est délicat, les tannins sont joyeux ( oups je voulais dire soyeux mais je laisse parce que c'est vrai que les dégustateurs sont également joyeux de croiser un village de cette qualité) et la fin de bouche est sapide au possible.
Nous reviendrons d'ailleurs également sur cette bouteille en fin de repas.

A aucun moment mes amis n'ont pensé à citer Gevrey comme village d'origine jusqu'à ce que Gaétan ait un petit éclair en demandant si ça ne serait pas une Rousseau.
C'est dans ces moments à l'aveugle que l'on mesure bien l'importance du vigneron par rapport au terroir !

Domaine Robert Groffier, Chambolle Musigny 1er cru "Les Hauts Doix" 2012 

Le seul cru de ce domaine que je possédais.
Je pensais que la comparaison serait intéressante mais le match n'a pas vraiment eu lieu car cette bouteille n'était pas prête et demande encore du temps.

La robe est bien plus profonde que la précédente.
Le nez est encore jeune avec des notes de réglisses et de cassis qui dominent un peu l'ensemble.
La bouche est assez massive avec beaucoup d'amplitude.
Les tannins n'accrochent pas mais il n'y a pas ce petit truc qui déclenche une émotion.

Gaétan a emporté une bonne moitié de la bouteille pour le lendemain et m'a téléphoné après son repas de midi:
" Je t'en ai laissé, il faut absolument que tu regoûtes, le vin est transformé"
J'ai donc récupéré la bouteille pour le dimanche soir et effectivement cette bouteille avait besoin d'une forte aération.

Le vin est plus complexe au nez et virevoltant en bouche.
Il semble plus ample, plus gourmand, tapisse tout le palais et s'exprime avec vigueur.
Rétro-olfaction magnifique sur la cerise noire.
Wouhhhhaaaa, comment on pourrait passer à coté d'une excellente bouteille !

Cela étant je pense qu'il reste préférable de lui laisser encore un peu de temps en cave.
Si vous ouvrez un cru de chez Groffier d'une dizaine d'années et qu'il vous semble discret, n'hésitez pas à carafer la bouteille.

Domaine Trapet, Latricières Chambertin grand cru 2009

C'est l'apport de Gaétan.
Une couleur plus classique, disons moyenne par rapport aux 2 précédents.

Un nez que je qualifie de minéral.
il y a bien entendu des petits fruits rouges mais à l'aveugle je perçois des traits communs aux vins du haut du coteau de Vosne.
Ce petit je ne sais quoi qui évoque le jus de cailloux sur un vin rouge
Egalement des notes d'épices orientales tout en délicatesse que je trouve dans les Beaux monts ou des Echezeaux.
(Surtout quand on est persuadé que le vin est originaire de ce secteur)
Un pinot qui n'est pas massif, plus délicat que profond.
La fin de bouche s'étire sans excès avec une plénitude apaisante.

Une bouteille pleine de qualités mais qui n'a probablement pas pu nous donner toute sa mesure, coincée qu'elle était entre 2 vins à l'expression plus dominante.
C'est le problème de ce style de repas dégustation, une bouteille qui pourrait être la star d'un repas plus simple se voit fortement concurrencer ici.
J'imaginais un Latricières 2009 plus massif et moins fin.

Domaine Forey, Vosne Romanée 1er cru "Les Gaudichots" 2009

C'est l'apport de Gérard et une fois n'est pas coutume, ce sera le vin le moins prêt, paraissant le plus jeune.
Une robe une nouvelle fois très profonde.
Le nez est complexe mais avec des notes d'élevage encore prégnantes.
Des fruits noirs, de la réglisse et une bouche XXL !
C'est très puissant, il y a une structure vraiment imposante mais les tannins ne sont pas encore bien fondus et assèchent un peu.
Gaétan était persuadé qu'il s'agissait d'un Chambertin de Damoy

Le lendemain midi le vin n'avait pas bougé et gardait un immense potentiel qui demande encore de la garde en cave pour que l'ensemble s'harmonise.
Gérard craignait à juste titre que ce soit encore un peu tôt pour ouvrir cette bouteille mais il tenait à nous faire découvrir ce 1er cru devenu minuscule depuis que la majeur partie des Gaudichots a été intégré dans la Tâche.

Cela confirme en tout cas que le secteur Tâche/Malconsorts est moins typique des caractéristiques vosniennes habituelles.

Ainsi s'achève notre repas avec des Gevrey qui font Vosne ou Chambolle et des Vosne ou Chambolle qui font Gevrey !
La seule certitude que nous avons à la fin de ce repas est que la dégustation à l'aveugle reste redoutable face à nos préjugés.
J'ajoute quand même que la réputation mondiale des domaines Coche-Dury et Rousseau n'est pas usurpée.
On en goûte peu mais nous ne sommes jamais déçus !
 

Sylvain
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08 Déc 2021 16:00 #126
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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Réveillon avec Gaétan

Je savais que mon ami partait avec sa petite famille pour un séjour en Norvège et rentrait le 31 décembre.
Pour l'aider à surmonter le choc thermique entre les -12° à oslo et les +14,1° en Moselle ( Record historique pour le mois de décembre), nous leur avions proposé de venir passer un petit réveillon tranquille à la maison.

Gaétan me dit qu'il apporte un champagne et un blanc.
J'avais également prévu un champagne ainsi qu'un rouge,  mon dernier 2008 bourguignon.
Au dernier moment, j'ai préféré ( à juste titre) redresser un autre rouge pour être sûr d'avoir un bon vin avec le filet d'angus maison.

Champagne De Sousa, cuvée des Caudalies 2008

Une bouteille dégorgée en mars 2019
C'est l'apport de Gaétan
La première impression est mitigée.
Je suis à l'aveugle et j'imagine bien que Gaétan qui se passionne de plus en plus pour le champagne n'a pas apporté un BSA pour le réveillon.
Le vin est austère, très austère. Je pense à une Jacquesson, un style qui est strict.
Je n'y vois que de la minéralité avec une acidité un peu trop forte.
Gaétan est assez d'accord avec moi.

La soirée  étant longue, nous avons eu le temps de revenir sur cette bouteille.
Avec plus d'aération, le champagne gagne en harmonie et en gourmandise avec des notes d'agrumes plus facilement détectables.
Il garde cette tension assez extrême qui finalement plait un peu plus à mon ami.
Un zest de citron, je me demande finalement s'il ne s'agit pas d'un champagne du matin destiné à réveiller les gens 

Je trouve tout de même que ça manque de complexité au regard du prestige de cette cuvée et du prix demandé.
Je ne crois pas avoir déjà lu un CR sur Caudalies 2008 et je m'interroge donc sur le fait de savoir si la bouteille a été ouverte bien trop tôt ou si ceux qui l'ont déjà croisée n'ont pas osé retranscrire leurs impressions ? 

Champagne Cristal 2009

C'est donc mon apport.
J'avais déjà croisé cette cuvée une fois et elle ne m'avait pas laissé une forte impression.
Cette fois ci elle me plaira nettement mieux.
Le nez tranche avec le champagne précédent car c'est bien ouvert, plus immédiat.
Pêche, mirabelle, on n'est pas vraiment dans la famille des citrus.
C'est plus rond, plus confortable, même à l'aveugle le millésime est assez vite évoqué.

Pour autant le vin n'est pas pataud, il y a une belle tension.
Ma femme l'a vraiment aimé, ça me donnera un bon prétexte pour la conduire une prochaine fois dans un restaurant qui sert ce champagne au verre 

Alors bien sur nous ne sommes pas devant une bouteille de vigneron.
Aucune mention technique, la boite luxueuse ne fait mention qu'au Tsar et le petit livret rédigé en 283 langues n'en dit pas plus mais je dois avouer qu'elle a fait le job pour une soirée festive.

Domaine Vacheron, Sancerre Guigne-Chèvres 2014

Gaétan avait apprécié cette cuvée sur 2012 et il souhaitait me faire découvrir ce domaine.

Le nez est âcre, l'impression de respirer un feu de carton ou de végétaux divers.
Je n'avais jamais croisé cette odeur dans un vin.
Parfois on parle de gout de fumé noble, là c'est plutôt le fumé froid d'une cheminée après ramonage.
Le verre de ma femme est très vite passé à l'évier.
Gaétan et moi avons attendu et attendu encore, mon ami a même tenté le coup sur le fromage mais non c'est difficilement buvable.

Zut alors et moi qui croyais qu'il n'y avait qu'en Bourgogne qu'on trouve des blancs déviants 

Domaine Harmand-Geoffroy, Mazis Chambertin 2008

Gérard m'avait dit que cette bouteille était une des meilleures ( ou des moins mauvaises) 2008 qu'il avait bue.
Avec Gaétan nous partagions l'envie de découvrir un millésime plus ancien de ce grand cru que nous ne goutons que depuis le millésime 2014 au domaine.
C'est un achat que j'avais fait il y a plusieurs années, avant que je ne sois définitivement convaincu de ce que 2008 donne généralement en pinot.
J'avais ouvert la bouteille en milieu d'après-midi et la gorgée bue m'avait rassuré par rapport au bouchon mais je n'avais pas pu éviter de faire une grimace tant l'acidité était marquée.

Il devait être 23h30 quand nous sommes passés aux rouges, le vin avait donc eu le temps de s'aérer un peu.
Je trouve le nez délicieusement complexe.
Un pot pourri de fleurs séchées, des griottes et des notes épicées très marquées qui m'auraient peut-être dirigé vers un Clos Vougeot bien né si j'étais à l'aveugle.
Ce n'est pas si courant d'avoir une telle complexité florale et c'est généralement un signe de la présence d'une appellation réputée.

Malheureusement dans ce cas, nous ne buvons pas avec notre nez mais avec notre bouche.
L'acidité reste furieusement mordante et la matière n'est pas très dense.
J'ai rarement vu un tel écart nez/bouche sur un vin.
Dans un sens, ça nous rassure par rapport à nos achats de Mazis dans ce domaine car nous sommes certain que ce terroir peut produire des bouteilles d'une incroyable complexité, il faut par contre que le millésime permette aux raisins d'atteindre leur maturité pour que la bouche puisse être à la hauteur.

Pour l'anecdote, j'ai fini cette bouteille 2j plus tard sur une raclette.
Hé bien cela va peut-être surprendre mais l'accord n'était pas déconnant.
Le gras du fromage chaud semblant enrober l'acidité du vin, c'est avec plaisir que j'ai terminé cette bouteille sans oublier de prendre mon temps de respirer au dessus du verre pour constater que le vin était toujours aussi complexe et n'avait pas pris une ride.

Domaine de la Grange des Pères 2012

Gaétan ne connaissait pas ce grand millésime

Cassis, tabac, orange sanguine ... c'est riche et complexe.
Mon ami me dit qu'il doit y avoir du cabernet sauvignon vu les arômes qu'il perçoit mais il lui manquait le coté garrigue pour proposer la GDP.
La bouche est une caresse dense et soyeuse.
il y a du volume, beaucoup de matière mais ça n'est jamais lourd ni alcooleux.
La finale reste longue, large et fraiche.
2012 reste définitivement un de mes millésimes préférés pour ce domaine.

Une année qui commence avec un verre de Grange des pères 2012 en main devrait être une excellente année 


 




 

Sylvain
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08 Jan 2022 18:18 #127
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Réponse de oliv sur le sujet Un repas, mes amis ...

un champagne du matin destiné à réveiller les gens

08 Jan 2022 18:38 #128

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

On débouche nos cadeaux

Je retrouve mes 2 amis sans vraiment de thème si ce n'est que Gaétan a prévu d'ouvrir le Chambolle village qu'Oliv lui avait offert.
Ce sera l'occasion d'ouvrir d'autres bouteilles offertes ainsi que des villages nuitons.

Domaine Barmès-Buecher, Riesling grand cru Hengst 2018

Gaétan était passé au domaine avec Gérard durant les vacances d'été et n'avait pas été très enthousiasmé par les vins.
Mon commentaire sera bref car cette bouteille peut se résumer pour nous en un mot: bof !
Le nez est peu expressif, j'y décèle à peine une trace pétrolée, pratiquement pas d'agrumes.
La bouche est assez quelconque, sans intérêt.
Nous ne finissons pas nos verres et Gaétan fait remarquer qu'on ne dispose jamais de crachoir et qu'il faudra peut-être qu'il pense à en acheter un. C'est dire la joie que nous a procurée cette bouteille.

Domaine Albert Boxler, Riesling grand cru Sommerberg "E" 2013

Là nous changeons de monde.
Un nez d'une grande complexité qui évoque immédiatement un riesling bien né.
Des arômes pétrolés faciles à distinguer mais nullement dominants.
Une perception minérale assez forte se dégage de cette bouteille, on peut garantir à coup sur que ce n'est pas un Riesling de plaine qui pousserait à coté des parcelles de maïs irriguées.
Beaucoup d'agrumes qui laissent augurer une belle tension en bouche.

Ce sera effectivement le cas, c'est ample mais surtout tonique.
Un vin qui n'est ni trop strict ni trop chaleureux, le Riesling tel qu'on l'aime
Je pense qu'une bouteille du domaine Sipp se cache sous la chaussette, pour le millésime, c'est plus facile à trouver parce que nous sommes clairement sur des caractéristiques d'un 2013.
Probablement le meilleur Riesling que je déguste à ce jour sur ce millésime.

Une très belle découverte d'un domaine que je ne devais avoir gouté qu'une fois auparavant.
Bien choisi Oliv 

Domaine Michel Bouzereau, Meursault "Le Limozin" 2015

Après une Tessons du même millésime qui était oxydée, j'ai voulu ouvrir une autre bouteille pour me rassurer.
( Je précise au passage que Gérard avait également ouvert une Tessons 15 chez lui qui était excellente)
Il s'agit de très vieilles vignes puisque Jean-Baptiste avait prévu de les renouveler 3 ou 4 ans plus tard mais le gel d'avril 2016 a précipité les choses.
2015 est donc le dernier millésime avant le renouvellement de la parcelle.
C'est un Meursault d'un grand classicisme dans le sens où nous y trouvons toutes les caractéristiques d'un très bon Meursault en cours de maturation.
Un nez relativement complexe mariant des notes d'agrumes et de fruits jaunes avec des senteurs plus vanillées et pralinées.
Je pense que cette bouteille aurait mérité de patienter encore un peu en cave tant elle semble dans une phase de transition entre ce qu'on trouve dans des chardonnays jeunes et bien élevés et les mêmes bouteilles plus évoluées.

Si je la compare dans mes souvenirs à l'excellente Tessons bue il y a quelques mois, je pense que le Limozin est moins prêt et demande plus de garde.

Domaine Dominique Laurent, Fixin 1er cru "Les Hervelets" 2017

C'est fermé au nez, pas trop massif en bouche, mouai comme dirait l'autre, tu nous as déjà ouvert mieux que ça.
Ne me dit pas que c'est la Chambolle de chez Barthod !!!

Heureusement, nous sommes revenus sur cette bouteille plus tard lorsque Gérard était reparti.
Hé bien, l'aération a transformé le vin.
Nous percevons plus de griottes, ça pinote joyeusement et la bouche a gagné en fluidité, en allonge.
Pour le coup je ne retrouve pas l'image que certains voudraient coller sur les vins de Dominique Laurent.
Nous sommes plutôt sur les caractéristiques d'un 2017 avec un vin qui certes n'est pas massif, rien à voir avec les Fixin 2016 par exemple, mais qui se laisse déjà déguster avec facilité.

Une fois de plus, nous constatons que si nous étions plus nombreux avec plus de bouteilles, chaque flacon n'aurait eu droit qu'à un passage qui n'aurait pas permis de le juger à sa juste valeur.

Domaine Georges Roumier, Chambolle-Musigny 2009

C'est la bouteille de Gérard.
Le nez s'exprime en fraicheur, une légère pointe mentholée qui s'ajoute aux notes fruitées.
Il y a des épices douces et une perception minérale que je ne retrouve généralement que sur les belles appellations de haut de coteaux.

Le vin s'exprime tout en verticalité comme certaines cuvées de Thibault Liger Bélair, je crois d'ailleurs y déceler le style du domaine ( les joies de l'aveugle quand on pré suppose une liste de vignerons potentiels).
C'est soyeux, tout en finesse et en longueur avec cette fraicheur qui rend chaque gorgée plus facile que la précédente, on ne sature pas, bien au contraire, on en reveut encore.
C'est raffiné, une véritable bouteille pour gourmets.

J'évoque 2010 car c'est ainsi que j'imagine ce millésime que je n'ai finalement pas souvent rencontré.
A la levée de la chaussette nous sommes bluffés par le millésime.
On imagine que la patte du vigneron a permis de surmonter les excès potentiels de l'année pour nous proposer la quintessence de ce que ses parcelles de village pouvaient nous offrir de meilleur.

Quelle satisfaction une nouvelle fois d'avoir pu découvrir à l'aveugle le niveau qu'un grand domaine peut atteindre.
Gérard nous ayant informé que cette bouteille était un cadeau qui lui avait été fait, nous ne pouvons que le remercier une nouvelle fois de l'avoir partagée avec nous.

Domaine Ghislaine Barthod, Chambolle-Musigny 2017

Cadeau qu'Oliv avait fait pour que nous la partagions ensemble.
Moins de finesse que la bouteille précédente mais plus d'explosivité.
Chaque gorgée déborde de fruits, c'est opulent.
Le nez nous faisait pressentir cette gourmandise avec des effluves bien marquées de cerises noires, de framboises et de cassis.
La réglisse est bien présente mais si le vin fait encore très jeune, ses tannins sont déjà polis et rien n'accroche.
Fin de bouche en rondeur avec une rétro olfaction assez puissante.

Bon sang mais comment on va faire pour ne pas dégommer tous les casiers de 2017 rapidement ! 
Cette bouteille est un vin jouissif qui n'a pas besoin d'être trop intellectualisé.

Domaine Jean Tardy, Vosne-Romanée "Vigneux" 2013

C'est mon apport qui a eu bien du mal à se frayer un chemin à ce moment du repas.
Le nez est vraiment plaisant avec des caractéristiques que l'on aime retrouver dans les vins de ce village.
Gaétan trouvera d'ailleurs le nom du village pour des points positifs et le millésime pour les limites de cette bouteille.

C'est finement épicé, des notes de groseilles délicates et de griottes.
Légère perception minérale mais avec également un trait de verdeur qui pourrait indiquer une part importante de vendange entière ou une petite sous maturité.
La bouche par contre est moins agréable avec des tannins qui raclent un peu et dont la perception est forcément amplifiée en raison des bouteilles qui l'ont précédée.
Nous ne nous sommes pas trop attardés sur cette bouteille, préférant revenir sur les deux précédentes.
Par contre il est clair qu'elle serait plus à son avantage seule sur un repas pour accompagner un morceau de viande.

Encore une belle dégustation pile au sommet de la vague, nous attendrons maintenant que tout se calme pour nous retrouver.

 

Sylvain
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19 Jan 2022 18:29 #129
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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Bertou de passage en Moselle


Ce mercredi Bertou était de passage en Moselle, l'occasion pour Gaétan de l'inviter à déjeuner et de me proposer de me joindre à eux.
Un petit repas dégustation en milieu de semaine qui fait du bien dans une période assez intense pour moi tant au niveau pro que privé.
Mes notes ne seront pas très longues d'autant que Gaétan avait décidé de faire un peu de place dans sa cave, ce qui nous a permis de gouter plus de bouteilles qu'habituellement mais allonge d'autant la rédaction du CR.

On commence par une paire de Champagne

Champagne Stéphane Coquillette, Cuvée Louis 2010 et 2011 

Le premier champagne est bien ouvert des notes d'agrumes et de fruits secs.
Il est quasi crémeux avec une belle expression, un champagne sans retenu prêt à boire qui donne envie de se resservir facilement.
Connaissant la cave de mon ami, je trouve le vigneron et la cuvée.
Ce 2010 nous a toujours semblé excellent.

Le suivant est plus austère, plus droit et moins jovial sans pour autant avoir les qualités des vins dit "minéraux"
Les arômes sont plus discrets, un champagne qui m'évoque le style Jacquesson et qui est bien moins à mon goût pour un repas festif.

Une comparaison très intéressante qui me fait dire que l'on comprend mieux pourquoi il y a eu très peu de 2011 millésimés.
J'en gardais toutefois un meilleur souvenir.

Arrive ensuite une paire de blancs sur l'entrée.

Domaine Trimbach, Riesling cuvée Fréderic Emile 2008

Le cépage est trouvé très rapidement avec des notes pétrolées très classiques.
De la tension qui orientera immédiatement Bertou sur le bon millésime.
(Oh la vache qu'est-ce qu'il déguste bien, la suite va confirmer qu'il a déjà plongé son nez dans beaucoup de verres).

J'aurais pu faire mon Luc Javaux est dire que lorsque c'est aussi évident, c'est forcément un FE de Trimbach mais il me manquait le citron vert.
Il n'en reste pas moins que c'est un très bon Riesling avec ce qu'il faut de complexité et d'allonge.
Nul crainte pour l'avenir, le fond de la bouteille a bien tenu 2j de plus sans évoluer.

Domaine Dagueneau, Silex 2014

En moins de 10s, Bertou annonce Sancerre alors que j'étais simplement capable de dire que ce n'était pas un autre Riesling 
Un vin à l'aromatique végétale avec une belle structure et une finale assez longue mais j'avoue que j'ai nettement moins aimé que Bertou et Gaétan.
J'ai préféré le précédent et surtout le chardo qui suivra sur le fromage.

Arrivent les rouges avec une première paire.

San Léonardo 2011

Un nez de cabernet sauvignon assez classique enrichi par des arômes mentholés.
Je pense tout de suite à San Léonardo surtout que je sais que Gaétan en a acheté en même temps que moi.
Je me répète mais j'y vois les qualités d'un grand Bordeaux qui aurait su garder de la fraicheur.
J'aime beaucoup et je remercie une nouvelle fois tout ceux qui en ont écrit du bien sur LPV

Domaine des Aurelles, Aurel 2014

C'est mon apport que je souhaitais découvrir et faire découvrir.
Une robe qui possède un tout début d'évolution.
Un nez qui pinote, mes amis placeront d'ailleurs cette bouteille en Bourgogne.
Des griottes et de la framboise, des épices douces, c'est finement acidulé.

La bouche est suave, il n'y a aucune perception d'alcool.
Les tannins sont soyeux et le vin se laisse boire très facilement.
Une jolie découverte pour toute la tablée.

Par contre j'avais acheté cette bouteille sur IDW pour compléter une commande.
Ils nous vendent ça comme une nouvelle Grange des Pères alors que nous n'y trouvons aucun point commun !
C'est un très bon vin qui pourrait réconcilier certaines personnes avec le sud sans pour autant avoir besoin d'arguments commerciaux erronés.
Cessez de nous mettre la GDP à toutes les sauces pour vendre des vins de cette région !

Giuseppe Mascarello – Barolo Monprivato 2006

C'est l'apport de Bertou qui a préféré carafer la bouteille.
Une robe qui montre des signes d'évolution.
On débat sur l'intérêt de carafer des vins d'un certain âge.

Le nez évoque une nouvelle fois la Bourgogne
Griotte, fraise et fleurs séchées, c'est vraiment plaisant.
La bouche par contre nous éloigne de cette région
L'acidité, les tannins et la structure même du vin nous conduisent ailleurs.
Vu l'apporteur, on se doutait bien qu'il n'allait pas venir avec une bouteille nuitonne 
Il y a de la force et de la puissance mais cela manque un peu d'harmonie à mon goût.

Une bouteille très intéressante à découvrir sur laquelle je ne serais jamais tombé si LPV avec ses rencontres improbables n'existait pas.
Mais puisque nous sommes par paire, Gaétan a sorti une autre bouteille pour conclure cette série de rouge.

Château Rayas 2008

Bertou trouve assez vite Reynaud et même le millésime mais pas la cuvée.
Pour ma part, je suis parti avec un handicap car j'imaginais que Gaétan n'avait que 07 et 09, c'est ce qui m'a un peu perdu.
En fait il avait eu Rayas 08 avec une triplette 09
Le vin a une grosse fraicheur qui évoque un maximum de vendange entière.
Les arômes sont complexes mais ce n'est pas le feu d'artifice comme j'ai pu connaitre avec Rayas 2000
La bouche est ample, les tannins perceptibles mais jamais revêches.
Au final j'ai un sentiment plus mitigé que mes amis car oui c'est un très bon vin, excellent même mais je trouve l'engouement en seconde main plus qu'irrationnel !
Au prix domaine c'est justifié mais au delà j'ai un peu de mal à comprendre.

Mais pour le savoir, encore faut-il avoir la chance de connaitre des amis qui ouvrent ce type de bouteilles.
A vérifier une autre fois avec une 07 ou une 09 peut-être 

Domaine Rapet, Corton Charlemagne 2009

Pour le fromage, Gaétan revient avec un nouveau blanc.
Houlala, je suis bien là, pile dans ma zone de confort.
Un chardonnay a pleine maturité, la texture est quasi crémeuse et les arômes marquent une belle évolution qui me laisse à penser qu'il est temps de la boire.
Des agrumes et de la noisette avec un soupçon de pointe oxydative.
C'est ample en bouche avec juste ce qu'il faut de tension, un vin de plénitude que je pourrais boire en dessert juste pour lui même.
Ma femme adore également.

Mais à propos de dessert, Gaétan a encore prévu 2 bouteilles pour finir le repas.

Domaine Dominique Dufour – Vin de France – Aussigouins – Nectar d'Empyrée – Chenin – 2017

Le CR d'Alex n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd et Gaétan en a acheté une bouteille qu'il nous fait découvrir.
La robe brunâtre laisserait penser à un très vieux Sauternes mais le nez puis surtout la bouche nous conduisent ailleurs.
Trop facile pour Bertou qui annonce "Coteaux du Layon" alors que j'en étais encore à chercher où est-ce qu'on fait des liquoreux avec autant de tonicité et de fraicheur.
J'aurais probablement annoncé que ça vient de l'est de l'Europe, ce qui ne serait pas faux si j'étais finistérien.
Toujours est-il que nous sommes face à un vin d'une grande complexité aromatique mais dont la caractéristique principale est de te remettre le palais d'aplomb alors que c'est la dixième bouteille du repas.
Ceux qui ne boivent plus de liquoreux en fin de repas parce qu'ils trouvent ça trop lourd vont rapidement changer d'opinion s'ils ont la chance de découvrir cette cuvée.

Cette sorte d'acidité gourmande bouscule les fondamentaux quand on n'a pas encore la chance de connaitre ce qui se fait d'excellent dans cette région.

Château Suduiraut 1990

Mon dieu que la transition est rude.
Si la couleur est identique, le jus n'a rien à voir.
Le vin semble mou et pataud comme les girondins de Bordeaux cette année 
Cette 11ème bouteille est de trop, à reboucher et à revoir dans qqs jours.

Ainsi se termine ce premier repas avec notre nouvel ami Bertou.
Je lisais ses CR avec plaisir, je suis désormais ravi de l'avoir rencontré.
Je suis persuadé qu'il y aura d'autres repas, en Moselle ou ailleurs.
Dommage que le final 4 de la ligue des champions de Handball ne se déroule pas à Oslo sinon je prenais l'avion dès le mois de juin.
Cela m'aurait laissé le temps d'initier Gaétan au Hand parce que tous les prétextes sont bons pour se faire un bon repas entre LPViens 

     

 

Sylvain
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16 Avr 2022 12:10 #130
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Réponse de Jean-Loup Guerrin sur le sujet Un repas, mes amis ...

Quelle superbe série !
Bertou, tu passes quand dans le Berry ? 

Jean-Loup 
16 Avr 2022 12:17 #131

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Réponse de bertou sur le sujet Un repas, mes amis ...

Quel plaisir de revoir Gaëtan et sa femme ! Nous nous étions quittés dans les frimas de la longue nuit norvégienne que nous appelons l'hiver. C'est très agréable de se retrouver en Moselle sous un soleil printanier, toute la campagne en fleurs.
Sylvain et sa femme étaient aussi au rendez-vous, et ce fut aussi un plaisir de les rencontrer. La preuve est que nous avons passé toute l'après-midi autour de la table. Et lorsque nous repartons, il est déjà 17h00 passés. Le temps a passé à vitesse grand V.



Champagne Stéphane Coquillette - Cuvée Louis 2010 et 2011
Le 2010 propose un nez de bonne intensité, net avec des fruits jaunes, citron confit, autolyse sur le grillé, biscuits. On retrouve des fruits à coques, un peu d'épices. La profondeur est bonne. La bouche est crémeuse, confortable avec une bonne maturité du fruit. Il y a une certaine gourmandise. La bulle est fine, texture crémeuse. Longueur très bonne.

Le 2011 est plus discret et moins évident, mais est précis avec les agrumes qui dominent, le citron en tête. On retrouve aussi du grillé, farine de blé. Quelques notes de citron vert, fleurs blanches. La profondeur est bonne.
La bouche est assez tendue, l'acidité est élevée, mais j'aime l'équilibre sur cette tension. Le citron domine avec du citron vert, zeste. Légère empreinte tannique en finale avec une bonne longueur.

J'aime ces deux vins dans deux expressions différentes.


Domaine Trimbach - Riesling Cuvée Frédéric Emile 2008
Nez de bonne intensité, un peu diffus avec du pétrole dominant. Il y a un fruit mûr derrière avec du citron confit, fruits jaunes. Je retrouve des notes de verveine qui apportent des nuances et une certaine profondeur.
La bouche est moyennement puissante, fraîche mais absolument pas tranchante. Moi qui possède beaucoup plus d'expérience avec les rieslings allemands, ici, le vin n'est pas ciselé. C'est assez confortable. Bonne énergie. Finale fraîche et de bonne longueur.
Très bien.


Domaine Dagueneau - Pouilly-Fumé Silex 2014
Nez de bonne intensité, précision au laser sur la groseille à maquereau, le citron, bourgeon de cassis, fleurs blanches, côté coquille d'huître, minéral. Ce n'est pas le nez le plus profond, mais il y a de très belles nuances.
Bouche moyennement puissante, fraîche avec une bonne tension. Il y a une bonne énergie et le vin prend son ampleur en seconde partie. Il s'ouvre et possède une excellente allonge. La longueur est excellente avec un côté salin.
Excellent. C'est par contre encore trop jeune. Il n'est pas encore totalement développé.


Tenuta San Leonardo 2011
Nez de bonne intensité, précis avec un peu d'évolution sur les sous-bois. Mais c'est surtout le fruit qui domine avec du cassis, cerise burlat, des épices, du tabac, de fines notes de violette. La profondeur est jolie.
La bouche est moyennement puissante, fraîche, fine avec une belle énergie. C'est un vin assez ferme, mais avec un grain très fin, belle texture soyeuse, glissante. Le fruit est bien présent, à la fois mûr et avec des notes fraîches. Finale précise et de très bonne longueur.
Très bien. Encore jeune, je trouve qu'il a encore besoin d'évoluer.


Domaine des Aurelles - Pézenas Languedoc Aurel 2014
Nez de bonne intensité, précis sur un joli mélange de fruits rouges mûrs, cerise, des notes de fruits de la forêt, épices, tabac, un côté floral, pointe fumée. Belle complexité dans ce vin. J'aime la pureté qu'il se dégage.
La bouche est assez puissante, fraîche avec une attaque presque ronde, mais il est soulevé par une très bonne acidité mûre. C'est énergique, mais à la fois reposé. C'est assez ferme, tanins d'une grande finesse et enrobés. Joli fruit qui se prolonge bien en bouche. Longueur très bonne.
Très belle découverte ! Je pensais à un bourgogne musclé, de type Pommard.


Giuseppe Mascarello – Barolo Monprivato 2006
Nez de bonne intensité, précis et fin sur l'évolution sur la fraise écrasée, framboise et roses séchées, confiture de cynorhodons, épices. C'est peu extrait et il y a de belles nuances.
La bouche est plutôt puissante, ferme avec une grosse acidité. La structure rend le vin austère, mais le fruit suit bien. Le tanin et joli. Une fois de plus, on sent un vin peu extrait. Belle sensation saline, minérale avec du noyau de cerise, framboise séché. Longueur très bonne.
Très bien, mais j'attendais mieux de ce vin. Je comprends que l'équilibre du vin puisse décontenancer.


Château Rayas rouge 2008
Nez intense et explosif sur un superbe mélange de fruits rouges mûrs, fraise écrasée, vendange entière, notes balsamiques, pousse de ronce, rose, pointe d'orange sanguine. Je tombe immédiatement sous le charme.
Bouche assez puissante, mais fraîche et dynamique. Il y a du fond et une sacrée énergie. Une certaine rondeur dans l'attaque avec une grosse présence en bouche. Pas très ferme avec une fine astringence. Longueur impressionnante.
Grand vin. Perso, j'étais aux anges.


Domaine Rapet - Corton Charlemagne 2009
Nez de bonne intensité, assez net et évolué sur le beurre, noisette, pomme jaune, citron confit. Il y a une bonne profondeur, mais ce n'est pas le vin le plus nuancé.
Bouche plutôt puissante avec du gras, du beurre et de la noisette, mais bien équilibré par l'acidité et un joli fruit. C'est à bonne maturité. La longueur est très bonne.
Très bien.


Dominique Dufour Aussigouins – Nectar d'Empyrée 2017
Nez de bonne intensité, un peu diffus avec de la volatile, côté oxydatif. Il y a une grosse dose de botrytis avec du grillé, pâte de coings, marmelade de fruits, abricots secs, épices, miel. Il y a une très belle profondeur.
La bouche est puissante avec beaucoup de sucre, mais l'acidité imposante soulève le vin et donne de l'énergie, de la finesse. Excellent équilibre. Toujours de la volatile, mais elle reste sous mon seuil de tolérance. Grosse longueur avec de la fraîcheur en finale.
Très bien, mais il ne faut pas voir peur de la volatile. S'il y en avait eu moins, c'était l'excellence.


Château Suduiraut 1990
Nez de bonne intensité, un peu diffus sur l'évolution avec beaucoup de caramel, tarte tatin, champignon, marmelade. Cela manque de volume et de fraîcheur même s'il y a une certaine complexité.
Bouche puissante et riche qui possède une acidité modérée, mais je trouve que l'équilibre est présent. Cela reste un peu plat et il manque d'énergie. Par contre la longueur est très bonne.
Assez bien. Il a bien souffert face au vin précédent.



Un grand merci pour ce superbe repas ! Nous avons bien bu et bien mangé et nous sommes ressortis la peau du ventre bien tendu ! Surtout moi, ma femme étant bien plus raisonnable !
Le menu a parfaitement accompagné les vins. Les côtes de bœuf de Sylvain étaient superbes !
Pas de doute, on klaxonne lorsque nous descendons en Moselle.

À tout bientôt !
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19 Avr 2022 12:27 #132

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Réponse de bertou sur le sujet Un repas, mes amis ...

Quelle superbe série !
Bertou, tu passes quand dans le Berry ? 

Jean-Loup 


Malheureusement, le Berry n'est pas situé sur la route entre la Moselle et le Sud Ouest. Il va falloir faire un détour 
19 Avr 2022 14:22 #133

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Gérard n'avait pas pu venir avec nous lors de notre dernière virée bourguignonne.
Il fallait donc que nous lui rapportions ses cartons et c'est un excellent prétexte pour lui rendre visite mercredi dernier juste avant que je ne commence la fenaison.
Un peu de charcuterie et c'est parti pour un petit casse-croute.
J'avais prévenu que je tenais à ouvrir une bouteille d'un domaine que je n'avais jamais goûté, ce à quoi Gérard m'avait répondu que lui aussi allait nous faire découvrir un nouveau vigneron.

Domaine Fourrier, Morey St Denis vieilles vignes " Clos Solon" 2014 
 
Ayant  traversé la Côte de Nuits en 2014  il y a peu, je trouvais judicieux de goûter cette cuvée dans un intervalle assez proche.
A l'ouverture chez moi, je suis étonné par la couleur.
Le jus semble dilué, le nez reste fermé et la bouche ne m'enchante pas.
Bon, on verra bien.

Arrivé chez Gérard, autant le dire tout de suite, cette bouteille ne fut pas une réussite.
Mes 2 amis pensent que le vin est plus vieux que 2014
Gaétan évoque le style Reynaud et c'est vrai qu'au nez il y a des similitudes mais alors un mauvais Reynaud.
Par contre la bouche est maigrelette, les tannins ne sont pas complètement fondus et l'acidité semble excessive au regard de la structure faiblarde de ce jus.
Une bouteille que nous trouvons très nettement inférieur au Morey St Denis du même millésime chez Amiot-Servelle dont l'assemblage contient également des raisins du Clos Solon.
Comme c'est notre première expérience avec ce domaine pourtant très recherché, nous ne pouvons dire si la bouteille est déviante ou si c'est le style du domaine qui nous convient moins.
Private joke: Il faudra que je goûte un Bourgogne 2019 à l'occasion 

Domaine Emmanuel Rouget, Nuits St Georges 2009

La bouteille de Gérard est d'un tout autre calibre.
Au nez c'est les perceptions florales qui me viennent en premier à l'esprit.
Là nous avons sans doute une grosse cartouche.
Il y a également des nuances fruitées assez complexes mais l'expression "bouquet du vin" prend ici tout son sens.
Que c'est agréable à humer !

En bouche le vin est soyeux, délicat sans pour autant manquer de structure.
Il est tout simplement cueilli à point, juste quand il faut avec cet équilibre parfait qui donnerait envie de se resservir et se resservir encore.
Seule la finale qui n'est pas d'une longueur incroyable pourrait nous faire dire que ce n'est pas un grand cru mais plutôt un 1er cru d'un excellent domaine.

Quel étonnement de découvrir que ce n'est qu'un village.
On comprend que l'engouement pour ce vigneron ne vient pas seulement de sa filiation mais bien de son talent.
Chapeau pour son travail et merci à Gérard d'avoir partagé cette grande bouteille avec nous.

On espère se revoir dès que nos emplois du temps le permettront.
 

Sylvain
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01 Jui 2022 18:35 #134
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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Entre les vacances des uns et les obligations des autres, nous parvenons à nous caler un jeudi midi chez Gérard afin d'honorer la journée mondiale du pinot noir.

Gaétan avait annoncé la couleur, il voulait ouvrir une paire de village 2014 rouge.
J'apporte donc un blanc et Gérard nous dit qu'il va nous ouvrir 2 bouteilles de domaines que nous n'avons peut-être encore jamais goûtés.

Domaine Rémi Jobard - Meursault 1er Cru Les Genevrières 2014

C'est mon unique bouteille de ce domaine issue d'un achat IDW
Un nez assez chaleureux sur les agrumes mûres et les fruits jaunes.
Gaétan le place au sud de la Bourgogne sur 2015 !

j'avoue ne pas y trouver trop de traces "minérales" qui m'orienterait à l'aveugle vers les hauteurs de Meursault.
La bouche possède un beau volume, c'est plaisant avec une finale agréable.
Je trouve qu'il a tout de même de la tension
Gérard et moi l'avons un peu mieux apprécié que Gaétan qui pour la peine a pris le reste de la bouteille.
En fait son repas du soir était plus adapté à un blanc mais il m'a confié que le vin ne s'était pas amélioré et avait connu un début d'oxydation.

Pour ma part j'en garde un meilleur souvenir car j'avais trouvé cette bouteille plaisante mais il est vrai que si nous plaçons le prix en face, le compte n'y est pas.

Nous goûtons en parallèle la paire de bouteilles de Gaétan:

Domaine Harmand-Geoffroy, Gevrey-Chambertin "Clos Prieur" 2014

Un nez complètement mutique, le vin semble cadenassé.
Je n'avais jamais bu une bouteille du domaine se présentant comme ça.
J'en reste là pour ma part.
Gaétan m'a indiqué que le lendemain, le vin était nettement plus plaisant et expressif au nez comme en bouche.

Domaine Marc Roy, Gevrey-Chambertin "Clos Prieur" 2014

Cette bouteille est immédiatement flatteuse telle une infusion de pinot.
Des petites notes de baies rouges finement acidulées.
La bouche n'est pas imposante mais tout en finesse sans que ce ne soit fluet.
Un pinot délicat avec beaucoup de fraicheur et pour le coup une belle réussite pour un village 2014.

Nous dissertons sur le domaine, sa réputation chez les initiés parce que la vigneronne n'est pas la plus connue de ce village.
Gérard se fait discret, nous en rirons par la suite car bien entendu il sait qu'une autre bouteille de ce domaine attend son tour sous sa chaussette.
Gaétan me faisait remarquer à juste titre selon moi, que si c'est un des meilleurs 2014 que nous ayons bu, nous plaçons cette bouteille derrière le Vosne de Mongeard qui n'est pourtant pas réputé pour être plus fin.

J'ai terminé la bouteille le soir, elle n'avait pas bougé, procurant autant de plaisir qu'à midi.

Nous passons au 2 bouteilles de Gérard, une nouvelle fois servies en parallèle.

Domaine Denis Mortet, Gevrey-Chambertin "vieilles vignes" 2006

Une robe sombre, un nez terreux avec de la cerise noire.
J'ai envie de dire "Nuits ou Morey ou Gevrey".
Un vin assez massif avec beaucoup de charpente et une masse tannique bien présente.
Un Bourgogne typiquement masculin si le terme est encore permis.
Un pinot rustique qui serait plus à son aise avec une pièce de viande saignante.

Domaine Marc Roy, Gevrey-Chambertin "Cuvée Alexandrine" 2007

La différence saute au nez par rapport au Mortet, c'est le cas de le dire.
Des fragrances florales flottent au dessus du verre.
Il y a bien entendu des jolies notes de groseilles et de framboises mais la pivoine et la rose apportent ce petit plus qui fait les meilleurs pinots.

En bouche, le vin se fait dentelle.
L'amplitude est gracieuse, tout en délicatesse et finalement dans la continuité des espoirs fournis par les arômes.
C'est vraiment excellent, assurément la meilleure bouteille de notre repas.
j'en viens à me poser la question déjà maintes fois répétée sur ce forum, qu'est-ce que ça donnerait à l'aveugle face à des crus plus réputés ?

Gérard n'y était allé qu'une fois lorsque les 2007 étaient en vente. Il est vrai qu'on ne peut pas aller partout tout le temps.
Il n'y avait pas encore de rubrique sur LPV mais les initiés qui arpentaient les ruelles de Gevrey savaient déjà qu'il y avait une vigneronne encore peu connue qui faisait de très bons vins uniquement en appellation village.

Encore un très bon moment passé entre amis passionnés.
On espère se retrouver le plus rapidement possible pour se titiller à l'aveugle sans autre prétention que de se faire plaisir.

 

Sylvain
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19 Aoû 2022 23:24 #135
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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Lorsqu'une soirée resto entre filles est prévue par nos femmes et filles, Gaétan et moi en profitons pour se faire un petit repas tranquille avec mon fils.
Au programme, faux filet de croisé Wagyu avec un peu de vin.
Je ne précise pas les quantités de viande pour ne choquer personne
Quelques notes sur les 3 bouteilles dégustées.

Domaine Morey-Coffinet, Chassagne-Montrachet  1er cru "Dent de Chien" 2014

Après mon coup de coeur pour le 2015, je décide de voir ce que donne son ainé.
Le nez est complexe sur les agrumes bien mûres avec des notes de céréales grillées mais je perçois des notes d'élevages étonnement plus prégnantes que sur le 2015.
Gaétan perçoit plus de minéralité que moi et étant à l'aveugle, il pense à un Meursault Perrières.

En bouche, la perception boisée me gêne un peu mais il y a une forte amplitude, une belle acidité et de la puissance dans la fin de bouche.
Il m'en reste un exemplaire que je vais encore laisser vieillir pour que l'ensemble s'harmonise.
Je précise que Gaétan l'a plus apprécié que moi.
C'est probablement la première fois que je préfère une cuvée de blanc bourguignon sur 15 que 14

Le reste de la bouteille bu le lendemain me semblait plus harmonieux.
Il est vraiment important semble-t-il d'ouvrir les blancs de ce domaine la veille d'une dégustation pour en profiter pleinement.
C'est d'autant plus vrai que le risque d'oxydation est ici très faible pour ne pas dire inexistant.

Domaine Rapet Père et fils, Corton Pougets grand cru 2009

Une robe qui tuile sérieusement et laisse à penser que le vin a déjà un certain âge.
En plaisantant je dis à Gaétan qu'un vieux vin de chez lui est un 2009 

Le nez est assez frais, des fruits rouges acidulés.
Une trame minérale et des légères notes de sous-bois me conduisent sur le secteur des 1ers crus de Pernand-Vergelesses.
Une nouvelle fois le fait de connaitre la cave de son ami est un atout précieux dans une dégustation à l'aveugle !

Gaétan a vraiment aimé ce style alors que pour ma part je l'ai trouvé un peu léger pour un grand cru de 2009
La bouche manquait de structure à mon goût d'autant que la comparaison avec l'autre pinot sera intéressante.

Domaine Sylvie Esmonin, Gevrey Chambertin VV 2006

C'est une bouteille que Gérard nous avait offerte parce que nous n'avions jamais bu de 2006 de chez elle.
Nous la dégustons en pensant à lui et en attendant de nous retrouver prochainement.

Une robe profonde qui tranche avec la précédente.
Un nez qui fait également plus jeune avec de la cerise noire et de la réglisse.
La bouche est plus ample au début mais présente un petit manque d'harmonie par la suite.
C'est assez difficile à décrire mais c'est un peu comme si tout le potentiel entrevu ne se confirmait pas entièrement.
une sorte de trait vert en fin de bouche.
Je reste pourtant impressionné par la qualité d'une cuvée village d'un millésime moyen par rapport à un grand cru d'un grand millésime.

Une fois n'est pas coutume Gaétan et moi avons des préférences divergentes.
Il va falloir qu'on revérifie tout ça prochainement chez Gérard car nous devons lui rendre une petite visite.

Sylvain
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22 Sep 2022 22:56 #136

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Réponse de No Sport sur le sujet Un repas, mes amis ...

« Je ne précise pas les quantités de viande pour ne choquer personne »
…typique du patriarcat toxique, vivement qu’on sorte de l’Androcène…
(j’offre une tasse de thé vert aux personnes qui ont la référence  )
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23 Sep 2022 00:00 #137

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Réponse de Delphinette sur le sujet Un repas, mes amis ...

Le tout au barbecue bien évidemment 

I feel a supersonic give me gin and tonic...
23 Sep 2022 00:57 #138

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Le tout au barbecue bien évidemment 

Ha ha , justement non. pas de barbeuc chez moi.
Plancha quand il fait beau ou sur la poêle dans la maison.
Aucun ajout de gras au préalable, il y en a assez dans la viande.
 

Sylvain
23 Sep 2022 07:21 #139

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

1947, le millésime du siècle

1947, c'est bien entendu un de ces fameux millésimes du siècle à Bordeaux mais c'est aussi l'année de naissance de Gérard.

Ce ne sont pas les bouteilles de Cheval Blanc qui manquent, tant il y en a eu dans les ventes aux enchères ces dernières décennies.
Les mauvaises langues disent d'ailleurs qu'on en trouve plus dans les caves des collectionneurs qu'il n'y en a eu de produites à l'époque.
C'est une plaisanterie qui fait d'ailleurs sourire un certain Rudy dans sa cellule.

Point de Cheval Blanc dans la cave de Gérard mais une Climens 1947 dont il avait pu faire l'acquisition auprès des héritiers d'un amateur de Sauternes qu'il connaissait en ayant aucun doute sur l'origine de la bouteille.
Les enfants de notre ami passant le voir durant le dernier week-end, il m'avait invité avec Gaétan vendredi à midi pour que nous ouvrions cette bouteille ensemble afin de la découvrir tout en permettant à ses enfants de la gouter le lendemain.
Ce n'est pas tous les jours qu'on ouvre une grande bouteille de 75 ans.

 

Je fus missionné pour l'ouvrir et c'est donc armé de mes plus beaux outils que j'arrive chez Gérard.
Un bilame dont je n'ai jamais vraiment su me servir et une mèche longue bien plus utile selon moi pour ouvrir les vieux Bordeaux.
C'est avec cette mèche longue que je parviens à extraire le bouchon qui est resté en bon état.
A noter que la capsule était quasi collée sur le bouchon et c'est elle qui m'avait donné le plus de mal dans l'opération.

 

Nous goutons immédiatement et c'est une agréable surprise.
Le vin a encore beaucoup de choses à nous raconter.
Des arômes classiques de Sauternes à maturité qui nous font dire que nous avons la preuve sous le nez que les Sauternes sont increvables.
il y a tout de même un léger goût de poussière dans un premier temps mais il va disparaitre après qqs minutes dans le verre.
Nous gouterons à nouveau ce vin après les autres bouteilles et nous avons retrouvé ce coté fruits jaunes rôtis, de la mangue briochée, c'est à la fois gourmand et léger.
Aucune sucrosité envahissante, l'élégance de Barsac est bien au rendez-vous.

Plus que le jus en lui même, c'est bien entendu une histoire qui se déguste.
C'est dans ces moments qu'on se dit que dernière une grande bouteille, il y a des émotions qui sont propres à chacun selon son vécu.

Nous continuons notre repas avec d'autres bouteilles qui seront servies à l'aveugle.
Gaétan commence avec un blanc

Domaine Pierre Boisson - Auxey-Duresses 1er cru En Reugne 2014

Un nez bien ouvert sur les agrumes et des notes de céréales grillées qui me font dire que nous sommes dans le style des Meursault 14 de chez Boisson.
De temps en temps il arrive qu'on ne soit pas trop mauvais à l'aveugle, surtout en fait quand ça tombe sur ce qu'on aime et possédant des marqueurs évidents.
La bouche est ample, tonique avec une belle acidité mais aucun excès.
Il n'y a pas la petite sous-maturité que l'on croise souvent sur les bouteilles de ce village.
J'avais aimé le 2013, je trouve que le 2014 est plus complet, il gagne en harmonie ce qu'il perd en électricité.

Domaine Frederic Esmonin, Gevrey-Chambertin 1er cru "Champonnet" 2012

C'est mon apport, un petit clin d'oeil à un nom que nous aimons tous les 3 mais un prénom que nous ne connaissons pas.
Un vin très fruité mais assez simple. Ca pinote bien mais il n'y a pas beaucoup de complexité.
Gérard évoque un Côte de Beaune 2012 et Gaétan un 2017.

Alors oui c'est plaisant mais pas au niveau que l'on peut attendre d'un 1er cru de ce village.
Le niveau n'a pas beaucoup descendu et c'est tant mieux car 48h plus tard, le dimanche à midi j'ai trouvé un vin plus digne de son rang.
L'aromatique avait évolué dans le bon sens, le nez devenait plus complexe avec des notes légèrement terreuses, un peu de champignons et toujours des griottes juteuses.
J'y ai pris bien plus de plaisir que le 1er jour.
Cela dit, les perceptions de l'ouverture pouvaient laisser penser que cette bouteille pouvait attendre et s'aérer.

Domaine Armand Rousseau, Gevrey-Chambertin 1er cru "Lavaux St Jacques" 2006

C'est une bouteille de Gérard.
La robe commence légèrement à tuiler sur le disque mais reste assez profonde au centre.
Ma première impression au nez est une dominante de framboises avec un peu de cerises noires.
C'est diablement gourmand tout en étant d'une grande complexité avec des notes minérales et florales.
J'imagine une jolie parcelle de Chambolle sur un millésime solaire.

Les tannins sont de la dentelle, c'est soyeux.
Il y a également une grande amplitude et nous ne pouvons pas dire que le vin soit léger, il y a une très belle structure.
La fin de bouche en feu d'artifice est sapide au possible.
Gaétan apprécie autant que moi ce que nous avons dans le verre.
et si c'était une amoureuse 2003 ? 

Gérard annonce 2006, première surprise ! 
Et c'est un 1er cru de Gevrey, alors là on ne voit pas !
Dans le secteur des grands crus alors ? 
Toujours pas ! 
Quoi un Lavaux, mais de qui ? 

Rousseau, bon sang mais c'est bien sûr, pourquoi n'y a-t-on pas pensé ?
La robe probablement qui est bien plus profonde que le Gevrey village 12 par exemple mais à bien réfléchir, les deux Clos de la Roche que j'ai goûté n'était pas si clairs non plus.

Une chose est sure, Gaétan et moi sommes des fans absolus des vins de chez Rousseau parce que jusqu'à présent nous n'avons eu que des très bonnes expériences.

Domaine Harmand-Geoffroy, Mazis Chambertin grand cru 2010

Notre ami nous demande si nous souhaitons gouter autre chose ? 
Ce serait dommage qu'une bouteille soit déviante pour le repas du lendemain, autant vérifier tout de suite si elle est bonne 

Un nez qui laisse entrevoir un vin avec de la structure.
Des fruits noirs, de la réglisse, c'est puissant.
La bouche est massive sans être lourde.
Je veux dire par là que nous avons tout de suite l'impression d'être face à une grosse matière mais il n'y a pas de maquillage.
Je n'ai pas l'impression que le boisé domine même s'il reste légèrement perceptible.

Cette puissance m'évoque un Chambertin, nous ne sommes pas loin.
Par contre je n'ai pas trouvé la tension qu'il y a sur les 2010, je trouve plus de maturité, de richesse.
J'aurais plutôt pensé à un 2009 dans son expression.

C'est une bouteille déjà plaisante mais qui sera plus à son aise avec une belle pièce de viande.
Il est à noter la qualité des tannins parce que contrairement à ce qu'on pouvait lire aux débuts de ce forum, les vins du domaine ne me paraissent jamais rustiques.

Gaétan est cette fois un peu moins enthousiaste que moi et il me faisait remarquer qu'il préfère le nez du 2008 que nous avions dégusté ensemble.
Je reste cependant confiant dans le potentiel de cette bouteille qui doit pouvoir encore supporter de nombreuses années de cave pour s'améliorer.

Il est temps de se quitter une nouvelle fois, des souvenirs plein le palais.
Un immense merci à Gérard pour avoir partagé cette nouvelle expérience gustative avec nous.
Nous ne te remercierons jamais assez pour les grands moments que nous vivons avec toi.
1947 est un sacré millésime 





 

Sylvain
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27 Sep 2022 18:59 #140
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Réponse de starbuck sur le sujet Adieu Gérard

Adieu Gérard
 
 

Nous n'avons pas échangé de mails cette année après le week-end de la vente des Hospices de Beaune mais c'est ta fille qui m'a téléphoné pour nous annoncer que tu venais de nous quitter.
Nous savions depuis quelques semaines que le combat serait perdu.
Cette saloperie de maladie qui brise des familles et fait perdre des amis aura pris tes dernières forces.

Malgré le chagrin je ne voudrais retenir que le positif des 7 années que nous avons passées à partager notre passion commune.
Je le fais ici parce que c'est grâce à ce forum que tout a commencé.
On se connaissait avant mais nous ne nous fréquentions pas et j'ignorais tout de ta vie privée.

Professionnellement, je n'avais jamais entendu la moindre critique à ton encontre.
Les nombreuses personnes présentes à l'église pour te rendre un dernier hommage étaient la preuve du respect et de l'estime qu'avaient les gens pour toi.
Mais la plupart ignoraient ta grande passion, celle qui nous rassemble sur LPV.

La dernière fois que je t'ai entendu au téléphone, c'était pour me féliciter du CR sur la Climens 47
Tu semblais heureux. J'associe ici Gaétan car nous étions particulièrement touchés que tu souhaites ouvrir cette bouteille avec nous alors que tu savais que tes jours étaient comptés.
Jusqu'à notre dernière rencontre tu t'es comporté avec nous comme si nous étions tes neveux ou tes filleuls.
Nous faisant découvrir progressivement les trésors de ta cave.

Tu nous auras ouvert tant de portes en Bourgogne et fait gagner beaucoup de temps en partageant ton savoir.

Nous avons passé de merveilleux moments, chez toi, chez nous ou en Bourgogne.
Des anecdotes en pagaille comme pour l'ouverture du Soufflot dont le premier midi correspondait à notre virée bourguignonne.
Je dis à Gaétan que nous pourrions y aller et alors que je m'apprête à t'appeler, mon téléphone sonne.
Tu me demandais si j'avais lu sur LPV qu'un nouveau resto ouvrait à Meursault.
Nul besoin de faire des concessions, nous avions des envies communes.

Ta photo a été prise à Metz sur la terrasse du "cul d'poule"
Cela faisait des mois que nous attendions que les restos puissent ouvrir à nouveau pour déguster ce Chambertin de Rousseau.
Je savais que ce domaine te faisait rêver et cette cuvée en particulier.
Quand je l'avais vu sur la carte, j'en avais tout de suite réservé une.
S'offrir une bouteille comme ça à 3, c'est raisonnablement déraisonnable !
Maintenant que tu n'es plus là, je me dis qu'on a vraiment bien fait de la partager ensemble tant qu'il était encore temps.
On ne laisse que des souvenirs et celui là est particulièrement agréable.

On m'a souvent demandé pourquoi tu n'écrivais pas sur LPV.
C'était dans ta nature de garder une certaine réserve et de ne pas être trop expansif.
Lorsque je t'avais dit que nous irions chez Rousseau pour récupérer une bouteille, tu avais simplement eu un petit sourire qui valait plus qu'un long discours.

Nous n'étions pas toujours du même avis sur les vins.
Pour les Bordeaux, c'est Gaétan qui n'était pas sur la même longueur d'onde que nous.
Mais le domaine Rousseau nous a toujours mis tous les 3 d'accord.
J'avais dit que nous boirions cette Cazetiers 2018 ensemble, nous la dégusterons en pensant à toi en la partageant avec tes enfants.

Tu devais probablement être fier d'avoir su leur transmettre ta passion.
Tu savais qu'ils étaient venus avec nous en Bourgogne en octobre, on les reverra d'autres fois.

Ils nous ont invité pour une petite veillée en souvenir de toi.
Un Puligny Enseignières 2008 de Coche Dury dans la lignée du magnifique Meursault Perrières que tu nous avais déjà ouvert.
Puis deux bouteilles de Sylvie Esmonin. Tu aimais tant aller chez elle.
C'était étrange cette année d'y être sans toi, il va falloir qu'on s'y fasse mais ce n'est pas facile.
J'ai pris le Gevrey VV 09 pour un Corton Renardes de Thibault Liger Bélair mais le Clos St Jacques 08 m'a dérouté.
Un nez magnifique, très typique des plus beaux crus de Gevrey mais une bouche moins harmonieuse à mon goût.
Je crois bien que j'étais le seul à préférer le VV 09 au Clos 08 mais il y a débat.

Cette rubrique ne va donc pas s'éteindre puisque nous la ferons perdurer avec tes enfants en ayant toujours une pensée pour toi.

Adieu mon ami


 

Sylvain
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01 Déc 2022 15:32 #141
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Réponse de Olivier Mottard sur le sujet Adieu Gérard

Sylvain,

Voilà un magnifique et vibrant hommage à une personne que je ne connaissais pas mais que j’ai l’impression de connaître après avoir lu ton message.
Respect et mes plus sincères condoléances dans ses moments pénibles et difficiles.

Olivier
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01 Déc 2022 15:48 #142

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Réponse de oliv sur le sujet Adieu Gérard

Sylvain, Gaétan,
Nous avions fait connaissance tous les trois il y a à peine plus d'un an.
Et pourtant, j'avais eu l'impression de vous connaitre tous depuis longtemps.
Et Gérard plus encore.
Sa discrétion dans l'usage des enthousiasmes, son regard juste et exigeant qui est celui de ceux qui ont bu loin, sa volonté de transmettre et sa générosité m'avait fait dire à Sylvain : c'est votre Alain à vous !
J'ai été dévasté quand j'ai appris que la vie copiait les personnalités jusque dans la souffrance qu'elle leur a imposée à tous les deux en leur envoyant cette saleté de putain de crabe.

Mais les souvenirs des instants vécus ensemble sont en vous.
Les bouteilles qui dorment en cave et qui seront partagées, les voyages et les descentes de cave dans les domaines que Gérard vous aura fait découvrir permettront à sa mémoire de perdurer longtemps.

Les amis, c'est la vie.
Même quand ils ne sont plus, ils nous accompagnent toujours.

Oliv
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01 Déc 2022 17:06 #143

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Réponse de Pins sur le sujet Adieu Gérard

Une de mes plus belle dégust en Bourgogne, je la dois à Gérard.
C'était chez Pierre Damoy à Gevrey il y a quelques années... Joli souvenir. 
Adieu, et content de t'avoir rencontré. 
Condoléances à sa famille. 
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01 Déc 2022 22:26 #144

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Réponse de Frisette sur le sujet Un repas, mes amis ...

Sincères condoléances à la famille de Gérard, et à ces proches, dont Gaétan et toi font bien évidemment parti. Comme dit avant par les copains, Gérard, on avait un peu tous l'impression de le connaître, de part la narration de ce fil. Je me faisais une joie de pouvoir le rencontrer d'ici quelques années pour la dégustation que nous avons prévu sur le CSJ...
Ces moments de vie sont toujours cruels et terribles. Heureusement le souvenir perdurera...
Courage.
 

Flo (Florian) LPV Forez
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01 Déc 2022 23:45 #145

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Les enfants de Gérard étaient de retour dans la région le week-end dernier.
Cette double peine qui frappe toutes les familles en deuils en leur imposant des tracas administratifs dans la foulée de la perte d'un être cher.

Passons à des choses plus légères, ils souhaitaient découvrir la viande croisée Holstein x Wagyu de ma production.
Accouplement improbable, impossible à trouver pour l'instant chez un boucher ou sur la carte d'un resto.
Aucune sauce ni aucun accompagnement n'est nécessaire avec les faux filets si ce n'est du bon vin.

Je propose d'apporter un vin de garage que j'aime beaucoup et que je devais faire goûter à Gérard.
Il y en aura certaines comme celle là qui étaient prévues dans des dégustations que la maladie aura empêchées.

Nous sommes accueillis avec un vin blanc que nous serons incapables de localiser.

Domaine Morey-Coffinet, Chassagne-Montrachet  1er cru "Dent de Chien" 2010

Un nez beurré, assez solaire avec des notes d'abricots bien mûrs.
Gaétan pense immédiatement à un chardonnay du Maconnais alors que j'oscille entre un Condrieu ou un chardonnay étranger.
Ce n'est clairement pas notre style préféré.

En bouche le gras domine et étouffe le reste.
Pour autant je trouve le vin agréable, l'élevage maquille le jus mais ce n'est pas un boisé séchant.
Il y a une forte amplitude et lorsque nous apprenons que c'est un vin beaunois, j'imagine un Bâtard ou quelque chose du genre, c'est à dire très massif et dans ce cas nécessitant encore du temps pour digérer son élevage.

Grosse surprise à la levée de la chaussette car même en ayant l'étiquette sous les yeux, il est impossible de déceler la moindre minéralité dans ce vin.
Une bouteille qui n'a strictement rien à voir avec les Dents de Chien plus récents que j'ai pu déguster.

Clos Dubreuil, Saint-Émilion 2001

Pas grand chose à ajouter à mon CR d'il y a 6 semaines si ce n'est que Gaétan l'a appréciée ce qui n'est pas rien pour un Bordeaux 
Nous l'avons d'ailleurs bien aimé tous les 4 tant il semble à son apogée avec des notes évoluées qui se lient à la richesse des fruits noirs et des épices.
Des tannins fondus qui donnent de la fluidité au vin sans pour autant perdre en structure.
Des Bordeaux comme ça j'en veux plein la cave ! 

Gérard n'avait pas beaucoup de 2001 en cave ce qui me laisse à penser que ce millésime a probablement été sous-estimé à sa sortie dans la presse spécialisée.

Domaine Pierre Damoy, Chapelle-Chambertin grand cru 2012

Un nez qui pinote bien sur la griotte avec un peu d'épices mais ce sont les notes minérales qui dominent.
Cette sensation de pinot de côteau qui m'évoque un bel Echezeaux
Pas trop de notes florales, le vin n'est pas si vieux.

La bouche allie parfaitement la puissance et la finesse.
Il y a une belle fraicheur qui m'oriente vers 10 ou 13.
Les tannins ne sont pas astringents bien que le vin possède beaucoup de corpulence.
Au fil des minutes, le vin va gagner en complexité et en allonge.
Vincent qui déguste également à l'aveugle pense à Gevrey en raison de la structure du vin, il a été à bonne école !
Delphine souhaitait ouvrir cette bouteille pour "briser la malédiction" des grands crus de chez Damoy qui n'avaient jamais été à la hauteur de leur réputation quand Gérard nous en ouvrait un.
Ce fut un choix judicieux et plaisant.

On se quitte avec quelques bouteilles dans le coffre que nous dégusterons en pensant à notre ami.

Sylvain
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06 Déc 2022 18:44 #146

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Réponse de David Chapot sur le sujet Un repas, mes amis ...

Avec retard, condoléances à sa famille et à vous qui avez vécu tant de beaux moments avec lui.
David.
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06 Déc 2022 22:09 #147

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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Réveillon chez Gaétan


Comme le titre l'indique, je retrouve Gaétan chez lui pour la dernière soirée de 2022.
Nous ne serons que 2 couples, inutile donc de prévoir trop de bouteilles ...
Ceci dit, ses beaux-parents bretons ayant apporté du poisson lors de leur passage à Noël, il me dit que nous ferons un repas au blanc.
Qui dit blanc pour nous, dit forcément un peu de Côte de Beaune et donc activation de la roulette russe prémoxilienne nécessitant d'avoir impérativement des cartouches de rechange.

C'est l'occasion pour nous d'ouvrir des bouteilles provenant de la cave de Gérard mais pas pour le champagne car ce n'était pas son truc.

Champagne Philipponnat - cuvée 1522 Grand Cru Extra-Brut 2008

Je déguste à l'aveugle.
Un champagne assez vineux, déjà évolué avec des arômes de fruits secs et des agrumes bien mûrs.
Une légère perception florale évoquant une certaine maturité.
De la tension qui m'oriente vers un blanc de blancs avec une sorte de plénitude en le buvant.

J'imagine un vin plus vieux et même quand Gaétan m'annonce que j'en ai en cave, je ne pense pas à cette cuvée que j'imagine moins évoluée.
Finalement ce que je prenais pour du 100% chardonnay était probablement l'effet millésime.
Je crois qu'on peut dire que cette cuvée est entrée sur son plateau de maturité et vu les caractéristiques de son millésime, elle y est certainement pour un long moment.

Domaine Louis Carillon, Puligny-Montrachet 1er cru "Les Perrières" 2008

Un vin plat avec un petit goût liégeux qui va s'accentuer durant la soirée.
C'était une bouteille de Gérard, dommage parce qu'en consultant mon historique j'ai vu que nous en avions apprécié une précédente.
Maudit bouchon et Gaétan qui persiste avec une 3ème bouteille déviante en 3 nouvel an 
Mais il ne faut pas trop que je me moque parce qu'il y en a une pour plus tard qui me donne autant confiance que Lloris avant une séance de tirs aux buts.

Domaine Vincent Dauvissat, Chablis, 2014

Celle là provient d'un échange avec Fred.
J'avoue n'être auparavant tombé que sur des bouteilles assez ternes ou fermées pour rester poli.
Toutefois vu l'engouement et la réputation du domaine, je ne voulais pas rester sur 2 ou 3 expériences malheureuses.
Cette fois sera la bonne.
Un nez très frais, vraiment chablisien avec beaucoup d'agrumes et de la tension.
C'est très minéral et j'avoue avoir cherché la croute de fromage et l'avoir trouvée, de plus en plus facilement avec l'aération.
Gaétan m'a confié que le lendemain le reste de la bouteille avait encore évolué, gagnant en largeur et en expression aromatique avec des marqueurs chablisiens nettement plus évidents.

Autant il est risqué d'ouvrir des blancs beaunois à l'avance, autant là je crois qu'effectivement une ouverture préalable de qqs heures serait profitable.

Domaine Michel Bouzereau & Fils - Meursault Genevrières 1er Cru 2010

C'est une bouteille de Gérard que j'ai ouverte deux heures plus tôt.
Le nez me semblait particulièrement évolué et je m'étais dit qu'il était grand temps de la boire.
Chez Gaétan, au moment du poisson, l'évolution se produit très rapidement et d'un vin en fin de plateau de maturité nous passons à un vin réellement oxydé.
La moitié de la bouteille est passée à l'évier.
Il aurait fallu être plus nombreux à table et l'ouvrir pile au moment du service de sorte que 20 minutes plus tard tout soit bu.

Gérard nous disait souvent que les blancs de Bourgogne étaient pour lui les plus grands blancs quand ils n'étaient pas déviants.
Malheureusement ça arrive un peu trop souvent à mon goût.
C'est la première fois que je vois un vin mourir en direct.
C'est d'autant plus frustrant que Gaétan a également ouvert une bouteille de la même origine mais d'une autre cuvée.

Domaine Michel Bouzereau et Fils – Meursault 1er Cru Perrières 2010

Là on change de monde.
Un nez très minéral, des agrumes, un soupçon de noisettes mais surtout une bouche sapide au possible.
C'est ample, tonique et d'une longueur interminable.
Dans un premier temps je percevais plus de rondeur et de fruit, une certaine corpulence qui m'évoquait plutôt le Cailleret de Puligny mais avec un peu d'aération le vin déploie ses ailes et s'envole vers les sommets du plaisir.
Une très très grande bouteille dans la lignée du 2017 et d'une des deux 2008 dégustée chez Gérard.
ah oui tient, ça me revient, il y avait eu une immense Perrières 2008 puis une autre qui ressemblait un peu à la Genevrières de ce soir !

Je ne saurais donc donner aucun conseil concernant la garde des 2010 pour ceux qui en ont encore mais il reste préférable de ne pas en avoir une seule au frais quand vous attendez du monde.

Château Rieussec, Sauternes 2009

Nous terminons la soirée avec cette bouteille que j'ai nettement plus appréciée que les autres convives.
Aucune lourdeur pour moi.
Un nez riche assez classique de son appellation et un élevage déjà bien intégré pour son jeune âge.
Je n'aurais pas osé ouvrir un Rieussec 2009, j'en suis d'autant plus ravi que j'en avais également acheté pour la naissance de ma fille.
Une belle finale certes puissante mais pas dénuée de longueur.

Un peu moins de détails précis à ce moment de la soirée car la fatigue n'aide pas à mémoriser les subtilités mais je retiens qu'il est finalement moins risqué d'ouvrir un Sauternes jeune qu'un blanc beaunois de plus de x années.

 
 

Sylvain
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09 Jan 2023 15:41 #148
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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Une dernière avant le cinquantenaire !

Le demi-siècle arrivant à grand pas, il était temps pour moi d'activer l'article 49.11 qui consiste à soumettre aux palais d'amis des dégustations de vins dans le mois précédent la bascule.
En fait les enfants de Gérard, revenant dans la région ce week-end, nous avaient proposé que l'on se retrouve.
C'est avec grand plaisir que nous les accueillons.
Paradoxalement de nombreux CR de cette période relatent sur le forum des bouteilles bourguignonnes foireuses ou vraiment pas au niveau attendu.
Nous pouvons d'entrée tordre le cou aux idées invoquant un quelconque calendrier lunaire ou astral car nos bouteilles étaient toutes excellentes.
Je n'ai ouvert qu'une bouteille car ils sont venus les mains pleines et j'ai choisi un champagne pour commencer.

Champagne Hugues Godmé, "Les Alouettes Saint Bets" 2011

J'avais déjà eu l'occasion de déguster le 2009 avec Gaétan.
Nous en gardons le souvenir du meilleur champagne de ce millésime solaire, il était donc intéressant de voir ce que ça peut donner dans un autre millésime qui n'a pas forcément non plus une bonne réputation dans cette région.

Le dégorgement a un an pour ce blanc de blancs.
Le nez est très agréable et plein de fraicheur.
Aucune notes oxydatives ni d'élevage, c'est très pur.
Une sensation minérale, crayeuse, une évolution sur les fleurs blanches et les agrumes.
La bouche est délicatement crémeuse, aucune lourdeur, c'est fin, long, tonique, vraiment excellent.
Unanimité autour de la table pour dire que c'est un grand champagne.
La soirée commence bien.

Domaine Michel Bouzereau & Fils - Meursault Perrières 1er Cru 2007

Pour accompagner une assiette de poisson préparée par Delphine, Vincent nous propose cette première bouteille.

La robe commence à jaunir mais le nez n'a aucune trace d'oxydation.
Un grand chardonnay à maturité avec des arômes évolués du plus bel effet.
Un peu de truffe blanche me souffle Gaétan à l'oreille, des agrumes mûres et une belle perception minérale.

La bouche est d'abord assez grasse puis s'allonge, s'étire longuement dans une finale interminable et assez riche.
Cette bouteille m'évoquerait un Charmes de Roulot mais je sais que Gérard n'en avait pas.
Nous écartons Bouzereau des hypothèses et je pars sur une Folatières de Carillon. Manqué !

Paradoxalement, avec Gaétan, nous trouvons souvent que Perrières cumule les qualités de Charmes et de Genevrières.
C'est exactement ce que nous avions ressenti, pourtant nous sommes partis ailleurs.
On fera mieux après 50 ans !

Domaine Louis Carillon, Bienvenues Bâtard Montrachet 2008

Vincent nous donne une seconde chance.
Le premier nez sur l'ananas bien mûr m'emporte à 20h de vol au milieu du pacifique à Mooréa.
Je sais bien qu'à Tahiti le vin n'est pas comme ça et connaissant l'intérêt de Vincent pour la Loire, je pense à un vin de cette région, mais où ?
Je ne connais pas assez pour me prononcer.
Vincent nous balade avec un petit sourire familier en disant qu'il se fait plein de belles choses dans la Loire 
Nous prenons notre temps pour savourer ces arômes de fruits exotiques quand soudainement l'évolution nous apporte des notes de mandarines.
Plus exactement, de l'essence de pelures d'agrumes.
Un trait de bergamote, une minéralité plus familière, non ça c'est bien un chardonnay.
Gaétan a la même idée que moi, cette expression aromatique, c'est chez Roulot.

En bouche le vin est tendu, moins gras que le précédent mais plus vif encore plus long sans qu'il n'y ait aucun excès d'amers ou d'acidité.
Par contre nous n'avons plus les arômes exotiques et on se dit qu'on a bien fait de ne pas l'ouvrir trop à l'avance car nous n'aurions pas pu vivre cette évolution en direct.
Qu'est-ce donc de si bon qui se cache sous la chaussette ?

Alors là, non, comment ai-je pu ne pas le reconnaitre ? 
Bon c'est vrai que l'expression est différente de la première fois mais moi qui croit reconnaitre Carillon derrière une Enseignières de Coche ou une Perrières de Bouzereau, je ne suis vraiment pas doué à l'aveugle.
Quand je pense que même une horloge en panne arrive à donner l'heure juste deux fois par jour, je ferais mieux de toujours dire Carillon avec les bouteilles de la cave de Gérard ! 

Pour le réveillon nous avions eu un bouchon et une prémox avec ces deux domaines, on peut dire que Delphine et Vincent nous ont remis les pendules à l'heure.

Domaine Michel Noellat, Clos Vougeot 2009

C'est l'apport de Gaétan qui avait annoncé un Rhône quelques jours avant.
Le premier nez qui pinote plein pot me fait dire que c'est un Rhône très très septentrional.

Une robe assez évoluée qui nous fait penser que le vin pourrait être plus vieux.
Ceci dit, les 2009 sont comme nous, ils prennent un an de plus tous les ans et ne sont plus si jeunes.
J'étais parti sur 2009 parce que c'est généralement le millésime le plus vieux que possède mon ami.

Un nez délicat, framboises, groseilles, petites griottes.
C'est fin en bouche avec une belle longueur.
On penserait plus à un joli Chambolle qu'à un Clos Vougeot en raison de l'absence d'épices mais ça reste une bouteille très agréable qui se marie parfaitement avec le grenadin de veau.

Château Montrose 1996

3ème bouteille apportée par nos invités.

Voici ce que j'écrivais lorsque Gérard nous en avait ouvert une:
"Un nez de médoc absolument parfait.
Boite à cigares, tabac blond, des fruits noirs bien mûrs avec des légères notes torréfiées.
Des tannins soyeux, c'est dense, intense, puissant avec une finale incroyablement longue qui s'étire telle un songe sans fin."


Rien à ajouter si ce n'est qu'au rythme où on va, nous allons finir par faire basculer Gaétan chez les girondins 
Des Bordeaux comme ça, c'est quand même quelque chose ! 

Gérard était bien évidement dans nos pensées et nos discussions.
Vincent nous a fait sourire avec des anecdotes de moments vécus avec son père en Bourgogne.
Merci les amis et à une prochaine 

 
 

Sylvain
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01 Fév 2023 19:47 #149
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Réponse de starbuck sur le sujet Un repas, mes amis ...

Le lièvre de Pâques n'avait pas que du chocolat mais aussi un peu de vin

Les enfants de Gérard étaient de passage dans la région pour ce long week-end, l'occasion de se retrouver et d'ouvrir quelques flacons.
Gaétan et Gaëlle nous accueillent, nous serons donc quatre couples, sans thématique particulière si ce n'est d'apporter 2 bouteilles par couple.
Je trouve qu'au delà d'une bouteille par personne, on sort du cadre d'un repas pour entrer dans celui d'une dégustation qui nécessiterait alors d'avoir recours au crachoir.
Gaétan étant à la fois à domicile et ayant des origines belges, je pouvais me douter qu'il allait s'assoir sur mes recommandations minimalistes et nous ouvrir deux bouteilles de plus pour porter le total à 10.
Ceci dit je dois bien avouer qu'il nous avait dit ne pas vouloir nous faire goûter la première tant elle le décevait par rapport à ce qu'il en attendait.
Oubliant moi aussi mes propres consignes, je l'ai poussé à nous la faire déguster puisqu'elle était ouverte.

Nous ne le savons pas mais toutes les bouteilles de blanc seront de 2012 sans que nous ne nous soyons concertés.

Domaine François Cotat, Sancerre, Les Monts Damnés, 2012

Nez mutique et une bouche sans vice ni vertu.
Un vin qui se laisse boire mais qui ne présente pour moi aucun intérêt particulier surtout au début d'une dégustation.
Gardons notre énergie pour la suite.
Paradoxalement ça m'arrange de ne pas trop aimer en apprenant que ça commence à être difficile à avoir.
Je vais laisser ce style à ceux qui l'apprécient plus que moi mais sur cette bouteille je ne vois pas d'intérêts particuliers.
Je suppose qu'elle n'est pas représentative du reste de la production. 

Domaine Louis Sipp, Grand cru Osterberg, Riesling 2012

Voici ce que j'écrivais il y a 2 ans et demi quand Gaétan m'avait ouvert une jumelle:
"Du citron vert bien mûre, des notes pétrolées, aucun doute c'est bien un Riesling.
La bouche est ample et confortable dans le sens où ce Riesling ne nous raye pas le palais.
C'est harmonieux avec une belle finale."


Je n'ai pas grand chose d'autre à ajouter si ce n'est que le citron vert est moins présent et qu'il y a des notes un peu plus évoluées.
Un beau riesling à maturité.

Les vins seront ensuite servis par paire.

Domaine Didier Dagueneau, Silex 2012

La robe est claire comme l'eau de roche et tranche avec l'autre verre qui est dorée.
Le nez n'est pas très expressif avec de petites notes minérales.
Le cépage ne saute pas au nez et je ne serais pas étonné que ça puisse être un chardonnay de Puligny ou un Meursault sur le côteau frais.
On mesure là le piège de connaitre la cave de l'apporteur parce que ça pourrait être le style Roulot.
La bouche en revanche est puissante avec de la largeur et une fin de bouche qui garde de la force.
Je pense à un Chevalier Montrachet encore jeune.

Ma femme avait trouvé une parenté entre le Cotat, cette Silex et une précédente Silex que nous avions bu en vacances il y a quelques années.
Il va falloir que je sois plus attentif à ses remarques.

C'est très bon mais je n'irai pas jusqu'à dire excellent en raison du manque de complexité aromatique.
Si c'était plus jeune, je dirais de la garder mais là je me demande si cette bouteille ne nous délivre pas déjà tout son potentiel.
Un vin de bouche en fait.
C'était une bouteille que Gérard avait reçu en cadeau.
Elle a fini vide à la fin du repas comme il l'aurait probablement souhaité.

Domaine Ramonet, Chassagne Montrachet 1er cru "Les Ruchottes" 2012

Bouchon très long de grande qualité.
Une robe particulièrement dorée qui me donne une petite sueur froide à l'ouverture juste avant de partir chez mes amis.
Mais tout va bien, aucune note oxydative.
Le nez est d'une grande complexité classique pour un chardonnay beaunois bien né.
Légères notes briochées, agrumes jaunes, badiane et bergamote avec une rétro sur une perception vanillée encore marquée.
Tout cela reste un peu pâtissier, un peu comme une 2014 que j'avais gouté mais très différente des 2017 qui semblent moins marquées par l'élevage.
La bouche est ample, sapide avec une fin de bouche gourmande qui nous fait regretter que la bouteille ne fasse que 75cl pour 8 convives.
Un vin qui semble bien équilibré par une acidité idéale sans lourdeur ni excès.

Je suppose que certains trappeurs qui voient des castors partout pourraient trouver à redire sur le boisé qui n'est pas complètement fondu mais pour ma part j'aime beaucoup ce maquillage discret qui embellit la cuvée en lui apportant plus de complexité sans que n'apparaisse la moindre trace de bois sec.

Château de Fonsalette, Côtes du Rhône, 2010

Une robe tuilée de très vieux vin.
Je lis souvent "épices orientales" pour cette cuvée, ce doit être ça que je perçois avec un peu de mal à définir.
Par contre pas de fraise écrasée mais des framboises, une eau de vie de framboise peu alcoolisée.
La bouche est d'une grande finesse avec des petits amers, c'est sapide jusque dans une finale qui n'est pas saturante.
Gaëlle nous fait rire en nous racontant les différents stades par lesquels est passé Gaétan depuis l'ouverture de la bouteille.
il semblerait que la préparation de la bouteille ne soit pas une mince affaire, en tout cas nous l'avons dégusté au bon moment.
Cela me fait d'autant plus regretter de ne pas avoir pris le temps de rédiger un courrier quand il était encore possible d'avoir une triplette.

Je me consolerai avec mon carton du domaine des Tours

Domaine Gros Frère et Soeur - Clos Vougeot  "Musigni" 2005

Une robe très profonde, impénétrable.
Probablement un vin de la vallée du Rhône !

Le nez est puissant mais assez monolithique sur la cerise noire.
Pas de doute, c'est un Gevrey et probablement un Damoy
La bouche est puissante avec beaucoup de matière, c'est corpulent sans que ça ne soit pour autant astringent.
La masse tannique est déjà aimable mais ce jeune vin a probablement encore besoin de temps pour se civiliser un peu et gagner en complexité.
Surprise à la levée de la chaussette, ce vin ne fait ni son âge, ni Gros F&S ni Clos Vougeot.
Delphine qui apprécie particulièrement le domaine est entièrement d'accord avec nous.
C'est donc ça la fameuse fermeture des 2005 que je lis souvent mais que je n'avais pas encore rencontrée de façon si caractéristique.
Je comprends mieux qu'il n'y ait encore aucun CR de publié sur cette cuvée qui approche pourtant sa majorité ! 

Grosse cartouche, gros potentiel mais apogée indéterminée.

Château Beychevelle. Saint-Julien 1986

Gérard était sceptique en lisant les CR élogieux sur cette bouteille parce qu'il gardait une image assez péjorative de la qualité des vins produits par ce château durant cette période.
Je m'étais dit que je lui ferais goûter la dernière, c'est donc avec ses enfants que je la partage.
Une robe encore assez jeune, identique à l'autre Bordeaux.
Les points communs vont jusqu'aux arômes quasi identiques au point qu'il faille bien faire attention de ne pas intervertir les verres.
C'est encore bien fruité avec des notes de petites baies rouges et noires donnant une belle complexité pleine de fraicheur.
La boite à cigare, non envahissante mais bien présente conduit tout le monde directement dans le médoc.
La bouche est sapide, tout en délicatesse et correspond finalement assez bien aux canons de son appellation.
Avec plus d'aération il évoluera peu laissant penser qu'il est bien à son apogée.
Il aura tenu tête assez longtemps à Las Cases 88 avant que ce dernier ne finisse par l'emporter sur ses qualités de bouche.

Château Léoville Las Cases, Saint-Julien 1988

Cassis, café, tabac blond avec un trait de fraicheur, nous sommes là aussi dans le médoc
Delphine pense qu'il peut s'agir de la même appellation que le précédent, bingo !
Il faut dire que les caractéristiques des deux vins sont vraiment très proches.
La supériorité de Las Cases va apparaitre au fil de la dégustation.
Il va s'ouvrir de plus en plus et gagner en puissance et en expressivité.
Un grand Bordeaux à maturité qui ne semble pas prêt d'entamer sa phase descendante.

Egon Müller, Scharzhof Riesling 2015

Sur le fromage, Gaétan nous sort sa seconde bouteille supplémentaire.
La fatigue et le fait d'avoir bien profité des bouteilles précédentes me laisse peu de souvenirs en détails sur cette bouteille.
J'ai essentiellement retenu son amertume très prononcée qui est rébarbative pour ma femme et pour moi.
En lisant que c'est une 2015, je n'ose pas imaginer ce que ça a pu donner en 2013 !
Si ce n'était pas un domaine réputé, j'aurais chambré en demandant si les vendanges avaient eu lieu en juillet ou si les vignes poussent sous des panneaux photovoltaïques les abritant du soleil ! 
Autour de la table, le vin a été apprécié, c'est donc bien une question de goût et peut-être de tolérance à l'amertume.

Château Lafaurie Peyraguey, Sauternes, 1998

C'est la dernière bouteille du repas, nous la prenons avec le dessert.
Mes papilles se réveillent, je suis de retour en terrain connu.
La robe est magnifique, ne faisant pas trop évoluée même si ce n'est pas forcément un marqueur pertinent avec les Sauternes.
Un nez délicieusement complexe sur les fruits exotiques.
La bouche n'est pas saturante, aucun excès de sucre.
il y a suffisamment de tension mais il manque un peu de longueur pour envisager une Climens 2001 ou une Yquem.
J'aurais pensé à un 88 ou 89 mais pas à 98 que j'ai très peu bu en liquoreux ( peut-être jamais) et surtout rarement lu en bien.

La bonne ambiance et les qualités de cette dernière bouteille m'ont poussé à me resservir un dernier verre bien agréable sur le moment.
Je l'ai un peu regretté le lendemain matin quand les cloches sonnaient plus dans ma tête que dans le clocher de l'église.
Ce ne fut pas le matin de Pâques le plus facile sur la ferme parce qu'il a bien fallu que le boulot se fasse.
Mais au bout de quelques jours, on ne retient que le positif ...
Quand est-ce que vous repassez dans la région qu'on remette ça ? 

 

Sylvain
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