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Montréal ne perd pas le (Rhône) nord !

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Raisin breton a créé le sujet : Montréal ne perd pas le (Rhône) nord !

CHAPITRE DE VILLERAY, RHÔNE NORD

Inspiré par les mésaventures de notre Oliv , je me relance dans un CR fourni, ce qui ne m’était pas arrivé depuis un moment. Mon talent militaro-baccho-littéraire tenant plus de la frappe chirurgicale que du feu d’artifice à la Gunthard, il faudrait normalement vous contenter de rations sèches mais nutritives, soldats !

Mais chanceux comme vous êtes, j’ai des copains rigolos, je vais donc vous retranscrire quelques dialogues des jours précédents la dégustation, quand nous sommes aussi excités que des conscrits la veille d’une perm’.

Morceaux choisis :

M. Pink : « Catastrophe ! Tout le monde est malade chez moi, je tiens bon pour le moment mais pas certain que je puisse venir. »
M. B : « Ne baisse pas pavillon et ne fais pas l’ermite. »
M. X : « Énorme. »
M. B : « Il a fallu que je mouline pour la trouver ! »
M. X : « Tu te landonne beaucoup de mal quand même !
M. B : « Je suis fort comme une turque. »
M. JB : « Vous me donnez une bonne shirazade de rire les copains. »
M. X : « Comme me disais un boucher, Jamet on ne se donne trop de mal quand on veut la côte rôtie. »
M. L : « De vrais Cornassiers. »
M. JB : « :D ::dance:: Clape Clape Clape. J'ai hâte au Vernayssage de demain. »
(sic)
M. D : « Crozes toujours ! »
M. B : « Vous ne perdez pas le Rhône Nord les amis ! C’est syrah d’avoir des amis tels que vous. »

Et finalement le coup de grâce, au matin de la dégust’ :
M. B : « Six rats rassis vont siroter de la syrah ce soir. C'est si rare ! Un septième rat assis ratisse sa rate: syrah, syrah pas ? Si ça ne réussit pas, petit rat, côte rôtie en enfer ! Ah ça ira ça ira ça ira, la syrah picrate à la lanterne, ah ça ira ça ira ça ira, la syrah picrate on la pendra ! »


Vous l’aurez deviné, la dernière dégustation de mon groupe, pré-confinement, concernait le Rhône nord. Pas d’une folle originalité mais plaisir quasi-assuré. Comme toujours, dégustation à l’aveugle.

Apéro

Champagne Dehours, Maisoncelle 2008
100% pinot noir

Nez un peu timide au départ mais bien net, sur la mie de pain, la pomme verte, la craie, un léger aspect oxydatif. S’ouvre ensuite avec un fruit plus affirmé. Bouche à l’attaque fine, bulle crémeuse, beau volume mais sur une tension importante entre densité et vivacité. Texture soyeuse, fins amers, très jolie rétro-olfaction, on aimerait un poil plus de longueur.

Joli vin, plus ouvert que les Genevraux (pinot meunier) du même millésime mais le meilleur semble tout de même à venir. Sur quasiment tout Champagne 2008 bu lors de l’année écoulée, c’est la même impression.

Un blanc

Tardieu-Laurent, Condrieu Vieilles Vignes 2015
Nez moyennement intense, sur l’abricot sec, l’amande, l’érable, et surtout maquillé à l’essence de chêne comme une voiture volée. La bouche attaque sur la noix de coco, le milieu est sur l’abricot et l’huile de coco, finale assez longue sur les mêmes arômes. C’est gras et boisé, pour mon goût cela manque nettement d’acidité pour donner vie à l’ensemble. Ceci dit il y a des qualités de texture et on peut faire de jolis accords à table.
Pas pour moi, quoi : rien à faire, mon palais calibré au chenin de Loire n’y arrive pas avec ce genre de vin.

Rouges – 1ère partie

Cuilleron, Cavanos, St-Joseph 2016
Nez moyennement intense, sur la mûre, la vanille, le charbon et un léger lardé. Bouche à l’attaque large et crémeuse, c’est jeune et l’élevage est évident mais l’équilibre est réussi car finalement la matière s’affine vers une jolie finale sur la mûre.

Cuilleron, Laya, Crozes-Hermitage 2017
Nez moyennement intense, sur la mûre, la vanille… La similitude avec le vin précédent s’arrête là, car un côté rustique prend de suite le dessus, comme si le fruit, le floral et l’élevage se superposaient sans s’équilibrer. La bouche a une matière plus légère que Cavanos mais des tanins plus rugueux qui accentue une perception torréfiée. Ça se rattrape un peu sur une finale en finesse sur la framboise et le floral, mais ce n’est pas l’extase. Je n’ai jamais très bien goûté cette cuvée, à laquelle je préfère chaque année les Pierres Sèches en St-Joseph.

Rouges – 2ème partie

Pirate – Domaine de l’Idylle, Mondeuse, Savoie 2017
Joli nez, pas très intense mais net sur le floral et la framboise. Bouche fruitée, fine, précise. Acidité haute, sûrement un poil de volatile. Divise un peu la table, de mon côté j’aime bien, ça me fait penser aux vins du domaine du Coulet. Un joli canon pas complexe mais qui s’apprécie simplement.

Domaine Vernay, Dame Brune, St-Joseph 2015
On change de dimension. La robe est noire, les larmes grasses. Nez intense de fruits noirs, réglisse, bacon, vanille. À part cet élevage évident cela semble déjà évolué. Bouche à l’attaque fraîche mais puissante, massive mais équilibrée, ça tapisse le palais et la persistance aromatique est très longue. Les tanins réclament du temps mais ne sont pas agressifs.
J’aime beaucoup ! Même si le nez fait déjà un peu évolué, la bouche est bien jeune et fraîche. Je serais curieux de recroiser ce vin dans 10 ans. À la tombée de la chaussette, je ne peux que constater une fois de plus que j’aime les rouges de chez Vernay.

Rouges – 3ème partie

Guigal, La Mouline, Côte-Rôtie 1997
Nez assez intense d’olive noire, de mûre, fumé, touche de champignon poêlé. Nettement plus évolué que les vins précédents mais ne fait pas vraiment son âge tout de même. Bouche dense mais à l’équilibre parfait, sur une matière soyeuse et suffisamment de fraîcheur pour égayer un ensemble un brin monolithique. La longueur est bonne mais à la découverte de l’étiquette on ne peut s’empêcher de penser que c’est excellent mais pas grand.

Ferraton, Hermitage 2009
Passons rapidement sur ce vin au nez discret sur la mûre et à la bouche rugueuse et trop amère. Pas de chance pour lui, ça se boit quand même sûrement très bien pour lui-même mais encadré par les deux Guigal il n’avait aucune chance.

Guigal, Château d’Ampuis, Côte-Rôtie 2007
Très beau nez à l’équilibre impeccable entre fruit mûr mais frais (mûre, framboise), du floral et des notes de poivre vert du plus bel effet. Bouche du même accabit, avec une matière dense mais à la construction ciselée, énorme longueur. Le tout est encore jeune mais se boit avec grand plaisir !


Et voilà, c’est déjà fini ! On se réjouit de se revoir quelques semaines plus tard pour une dégustation qui sera finalement notre première annulation en cinq ans d’existence, à cause de ce fichu virus. Certes il y a des choses plus graves que de ne pouvoir se réunir pour picoler entre potes déguster entre oenophiles, mais tout de même, vous me manquez les copains !

JB
"Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ? - Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !" Raymond Devos
#1
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