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Le clan des 7(+1) s'est reformé

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Eric B a créé le sujet : Le clan des 7 s'est reformé !


Notre petite bande s'était déjà réunie en comité restreint il y a un mois. Cette fois, nous sommes au complet avec 7 personnes autour de la table. Nous avons maintenu le principe de la contribution de chacun au repas, mais par contre, tous les vins viennent de la cave de Stéphane qui nous accueille. Nous démarrons avec des feuilletés au parmesan, noisettes et jambon cru...



...servis avec une bouteille bonus que j'ai amenée : la cuvée Serral del vell 2013 de Recaredo (50 % Maccabeu, 50 % Xarel-Lo) qui est en appellation Corpinnat et non Cava, le domaine ayant quitté cette dernière, la jugeant pas assez regardante sur la qualité.

La robe est étonnamment pâle pour un vin qui est reste plus de 4 ans sur lattes. Le nez est plutôt discret, sur l'amande fraîche, la bergamote et la pierre mouillée. La bouche est fine, pure, traçante, avec une matière dense, austère, très "jus de cailloux", et des bulles très fines, polies par le long élevage. La finale est franche et tonique, sur la noisette et la pomme fraîches, avec une bonne persistance sur des notes crayeuses et citronnées.

Le potentiel est très intéressant, mais ça manque de complexité et de sensualité à ce stade. Il est probable que cette cuvée se bonifiera dans les années qui viennent (attendre 5 ans au minimum).



Nous passons à l'entrée préparée par Olivier C. : une crème aux champignons de Paris, espuma de parmesan et noisettes grillées. C'est assez classique, mais goûteux, et va surtout très très bien avec la bulle qui arrive.



La robe est dorée, avec des bulles plutôt rares. Le nez allie la fraîcheur du citron à des notes plus mûres et évoluées comme la pomme tapée et le mousseron. La bouche est très fraîche, avec une acidité qui file droit, tout en déployant une matière ample et élégante : elle possède une densité certaine tout en gardant un style aérien. Les bulles sont très fines, avec un toucher délicat. La finale est intense, sur la brioche chaude et l'écorce de citron, se prolongeant sur une fine astringence dessoiffante.

Un Champagne à point qui devrait pouvoir encore se bonifier quelques années. C'est déjà très bon, mais j'ai la sensation qu'il pourrait offrir plus encore. La chaussette est levée : c'est un Champagne 1er Cru Terre de Vertus de Larmandier-Bernier (avec une dizaine d'année après dégorgement).



Le délicieux pain aux graines




Le tartare de veau y croûtons est un grand classique de l'ami Pat, si ce n'est qu'il a innové en ajoutant du basilic et ça lui va drôlement bien. On retrouve le basilic allié au persil dans la sauce verte très parfumée.



Le problème de l'aveugle, c'est que lorsque l'on commence à partir sur une piste, on a tendance à chercher dans le vin tout de ce qui pourrait le confirmer tout en ignorant le reste. Au départ donc, j'ai senti un peu de bourgeon de cassis. Je suis donc parti direct sur un sauvignon. J'ai alors perçu aussi le pomelo et la menthe qui allait dans le même sens. La bouche est ample et aérienne, toute en rondeur enveloppante, avec une matière fine au toucher moelleux. Le tout restant bien frais sans afficher d'acidité perceptible. La finale présente de superbes amers évoquant l'écorce de pomelo, alliée à une subtile touche crayeuse. Un très beau vin qu'on imagine produit par un grand producteur sancerrois. Ben non, c'est un Chablis. Damned. Du coup, je remets mon nez au-dessus du verre, et je perçois une touche de mousseron, un peu de citron confit. Par contre, pas de coquille d'huître... Bon, alors, c'est quoi, précisément, cette petite merveille ? Chablis 2010 de Vincent Dauvissat. Impressionnant pour un simple "village" de 10 ans d'âge !





Ce n'est pas souvent que ça m'arrive, mais il a fallu que je fasse un effort pour finir cette assiette préparée par Stéphane. Je ne suis vraiment pas fan des rognons, quand bien même la sauce qui l'accompagne provient de mon blog. Heureusement qu'il y a les champignons (pleurotes et shii-take) et la polenta pour les faire passer. Et puis, il y a le vin...



La robe est grenat très sombre, à peine évoluée. Le nez est foisonnant, sur la cerise confite, le bois précieux, le pain grillé, les épices... La bouche est ronde, très ample, délivrant une matière dense et veloutée, évoquant un coulis pulpeux de cerise. C'est assez impressionnant dans son genre, tout en restant plutôt frais et équilibré. On ne s'en lasse pas au bout de plusieurs gorgées. La finale est intense, bien mûre, avec un retour du bois précieux et de la cerise confite, avec une persistance sur les épices et le pain grillé. Je suppose que c'est du pinot noir, mais le style n'est pas très courant... Dugat-Py ? Raté : c'est un Gevrey-Chambertin Vieilles Vignes 2005 de Charlopin (ah ben oui, c'était l'Autre...).En tout cas, il est d'une jeunesse insolente pour un "simple" village...



Le plateau de fromages amené par Olivier R était 100 % biquette. Je n'en sais pas plus, si ce n'est que tous étaient très bons ! Un gros coup de coeur pour la pâte persillée. On devrait plus faire de "bleus de chèvre".



Le vin d'Olivier a une robe d'un or intense. Le nez est riche, sur la mirabelle, l'abricot rôti, le miel... La bouche est élancée, déployant une matière mûre, limite onctueuse, dominée par les fruits jaunes, équilibrée plus par ses amers que par l'acidité. On retrouve ceux-ci dans une superbe finale, baroque au possible. Effet waooh garanti ! Comme ça, je partirais sur une roussanne, mais Olivier est du genre assez imprévisible. Eh bien, c'est du sauvignon : Bergerac Moulin des Dames 1997 du Château Tour des Gendres. Quand je pense que dans les brochures de FAV, il est conseillé de boire les Bergeracs dans les 3-5 ans....



Stéphane enchaîne avec un vin de sa cave : sa robe est or clair. Le nez est fin, profond, sur le citron confit et la crème brûlée, rafraîchi par une fine touche mentholée. La bouche est ample et élégante, d'une grande pureté d'expression, avec une superbe tension qui vous saisit dès l'attaque et ne vous lâche plus. La finale est très fraîche, dominée par le pomelo (chair et écorce) dans un beau duo amer/astringence. Ce coup-ci, je mettrais ma main au feu que c'est un sauvignon. Ouf, c'est en un : c'est le "simple" Sancerre Tradition 2009 de Gérard Boulay. Chapeau bas !



J'étais chargé du dessert. Poursuivant ma quête de l'abricot parfait, il est cette fois-ci nourri à la mandarine et au safran. Safran que l'on retrouve dans une crème brûlée placée juste en dessous, associée à l'orange amère. Et encore en dessous, une base pistache/amande/agrumes. Les noyaux d'abricots ont été remplacés par des amandes grillées et caramélisées au miel. Il faut dire que j'ai choisi à l'avance le vin qui allait à l'accompagnait, et que j'ai tout fait pour que ça s'accord le mieux possible.



C'est un Sauternes 1er Cru 2001 du Château Guiraud. La robe est entre l'or liquide et le cuivre. Le nez est intense, sur l'orange confite, l'abricot rôti et le safran. La bouche alliant fraîcheur et onctuosité est d'un équilibre magistral : c'est très riche, mais pas lourd pour un sou. Les amers de l'orange confite n'y sont pas pour rien. Il faut aimer le safran, car il y en a au moins autant dans le vin que dans le dessert. Il s'intensifie encore en finale, complété par l'abricot confit et le miel de châtaignier. Vraiment très beau !




Des madeleines à l'huile d'olive et au citron





Quel bonheur de se retrouver ! On se revoit dans 15 jours...

Eric
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#1
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Gilles T a répondu au sujet : Le clan des 7 s'est reformé !

Le Dauvissat, cela semble être un 2010 et non un 2009 (idem dans la rubrique Bourgogne).
#2

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Eric B a répondu au sujet : Le clan des 7 s'est reformé !

Oups, oui. C'est le Boulay qui était en 2009. Je corrige !

Eric
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#3

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Fredimen a répondu au sujet : Le clan des 7 s'est reformé !

Magnifique Eric !

Fredimen
#4

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oliv a répondu au sujet : Le clan des 7 s'est reformé !

Le plateau de fromages amené par Olivier R était 100 % biquette. Je n'en sais pas plus, si ce n'est que tous étaient très bons ! Un gros coup de coeur pour la pâte persillée. On devrait plus faire de "bleus de chèvre".


Di djiou, ça c'est du superbe plateau !! MiaM! MiaM!
#5

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Eric B a répondu au sujet : Le clan des 7(+1) s'est reformé



Ce n'est pas parce que nous nous sommes vus il y a 15 jours que nous allions annuler le repas annuel de l'ami Patrick qui a toujours lieu fin juin / début juillet. A cette occasion, nous nous la jouons fainéante : rien à cuisiner, pas de bouteille à amener. Juste à profiter des talent de notre chef du jour !


Un repat' sans gougères ne serait qu'un banal repas...



Avec une bulle, évidemment ! La robe est or pâle, avec des fines bulles éparses. Le nez est fin, sur le pralin, le zeste de citron, la fumée et la pierre humide. La bouche est vive, tendue, avec une matière ronde et aérienne, toute en finesse. Les bulles sont délicates, "frizzantes". La finale est fraîche et tonique, sur la noisette et le citron, avec un fin toucher crayeux. Je serais parti sur un pur chardonnay. Perdu : il n'y en a que 40 % Il est complété par le pinot noir (40 %) et le pinot meunier (20 %). La finesse des bulles s'explique par 5 ans d'élevage sur lattes. C'est un Champagne Millésime 2013 Extra-Brut de Leclerc-Briant.



En entrée, Pat nous a préparé un ceviche de daurade aux poivrons, capres et croutons. Et bien sûr citron vert. La chair du poisson est délicate, l'assaisonnement parfait, le poivron justement dosé pour ne pas écraser les autres ingrédients. On se régale !



Pour l'accompagner, un premier vin blanc : sa robe est d'un or intense. Le nez est très expressis, sur les fruits blancs rôtis, le miel et la craie humide; La bouche est élancée, très ample, déployant une matière réussissant à être à la fois bine mûre, généreuse ... et fraîche. Malgré sa richesse, ce vin semble très digeste. La finale allie de beaux amers (écorce d'agrume) et une fine astringence, sur des notes de citron confit et d'épices. J'était parti sur un chenin ... c'est un Chardonnay : Côtes du Jura Grands Teppes 2010 de JF Ganevat. Je n'ai pas reconnu alors que je l'ai bu plusieurs fois...



Arrive une seconde entrée ; foie gras mi-cuit, gelée de pomme et crabe.C'est absolument délicieux : le foie gras est excellent, avec une texture très fondante, et se marie bien au iodé du crabe et à la fraîcheur de la pomme.

https://storage.canalblog.com/69/99/71856/127182894.jpg[/center]


Bien sûr, un deuxième vin blanc arrive : sa robe est dorée. Le nez est mûr, solaire, sur l'abricot confit, l'amaretto, l'écorce d'orange confite. La bouche est plus large que longue, avec une matière ronde, pulpeuse et moelleuse qui vous emplit le palais, tout en n'excluant pas une grande fraîcheur sous-jacente. La finale est d'une grande intensité aromatique, sur l'abricot et la pêche roti(e)s, avec une légère douceur contrebalancée par de très beaux amers (écorce d'orange). Je n'aurais pas dire que c'était du chenin, mais ça en est : Vouvray Clos du Bourg sec 2008 du domaine Huet.



L'année dernière, nous avions offert à Patrick le vin qui va suivre. Il avait pour mission de le servir aujourd'hui avec le plat qui lui paraissait le mieux adapté : c'est donc du canard dans une version orientale, avec une sauce agrume/gingembre, de la coriandre, des cacahuètes grillées et des nouilles de riz.



Le vin, c'est donc un Chenin Orange 2017 de Xavier Weisskopf, un vin hors-norme avec son pH très élevé de 4. Ce qui fait qu'il n'a pas l'acidité et l'astringence habituelles d'un vin orange. Il est certes plus dense qu'un vin blanc "classique", mais tout doux, pulpeux, sur une aromatique d'abricot bien mûr et d'orange douce, avec juste quelque épices. A noter que Xavier Weisskopf n'a pas réussi à refaire le même style de vin le millésime suivant : il est nettement plus acide, avec une amertume et une astringence plus marquées. En tout, ¨Patrick a réussi son pari : l'accord avec le plat est impeccable !




Deux fromages : Saint-Nectaire et Salers



Et le premier (et dernier) vin rouge de la journée : sa robe est grenat légèrement évolué. Le nez évoque le cassis, la ronce, l'âtre de cheminée, avec une petite pointe mentholée. La bouche est ronde, aérienne, avec une matière souple, finemetn veloute, et une acidité en arrière-plan qui apporte une certaine tension. La finale est fraîche, mâchue, avec un retour du cassis, et plus encore de la cendre et du menthol. Tout le monde a deviné que c'était du cabernet-franc, sûrement d'une année légère : c'est un Chinon Les folies du noyer vert 2013 du domaine de l'R (effectivement le pire millésime de la décennie : il s'en sort pas si mal !)



Et voici le dessert : pain de Gênes, rhubarbes confites, crème diplomate à la fève Tonka. Selon la cuillerée que l'on prend, on a des sensations très différentes : acide, moelleuse, croquante... Et parfois plusieurs en même temps.



Servi avec un ultime vin : la robe est d'un or intense. Le nez est puissant, sur la truffe, la mandarine et le coing confit. La bouche est tendue, traçante, avec une matière fraîche et aérienne, pas pesante pour un sou, tout en possédant une aromatique confite. On retrouve en finale le coing et la truffe, avec de très beaux amers et un sucre discret. Chenin, aucun doute. J'aurais dit 2008 à cause de la truffe. C'est en fait beaucoup plus vieux, dans une autre année "truffée" : Vouvray moelleux réserve 1996 du domaine Freslier. Très bon rapport qualité/prix, comme toujours.




Madeleine aux agrumes





Cette fois-ci, on ne se voit pas pour un certain temps, chacun partant de son côté...

Eric
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#6
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didierv a répondu au sujet : Le clan des 7(+1) s'est reformé

Quelques beaux chenins
Je vois que mon petit FRESLIER se porte bien malgré les ans qui passent
Fred SIGONNEAU fait de beaux chinons (sans contrepèterie) et qu'en plus ils vieillissent bien. c'est bon à savoir. Ma plus vieille bouteille est de 2015 , il y a encore du potentiel

Didier
#7

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leteckel a répondu au sujet : Le clan des 7(+1) s'est reformé

Eric B écrit: Pour l'accompagner, un premier vin blanc : sa robe est d'un or intense. Le nez est très expressis, sur les fruits blancs rôtis, le miel et la craie humide; La bouche est élancée, très ample, déployant une matière réussissant à être à la fois bine mûre, généreuse ... et fraîche. Malgré sa richesse, ce vin semble très digeste. La finale allie de beaux amers (écorce d'agrume) et une fine astringence, sur des notes de citron confit et d'épices. J'était parti sur un chenin ... c'est un Chardonnay : Côtes du Jura Grands Teppes 2010 de JF Ganevat. Je n'ai pas reconnu alors que je l'ai bu plusieurs fois...


Moi qui ai pris il y a peu un Chidaine pour un Ganevat, me voilà à moitié rassuré :)

ArnoulD avec un D comme Dusse
#8

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