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Groupe de dégustation: Viva España

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Groupe de dégustation: Viva España a été créé par ysildur

En discutant avec quelques amis, nous nous sommes rendu compte que nous avions tous l’envie de découvrir les vins d’Espagne et de surcroît, de tenter notre chance au prestigieux concours de dégustations à l’aveugle du caviste espagnol Vila Viniteca.

Pour ce faire, nous avons prévus de réaliser (a minima) 6 sessions de dégustations pour découvrir les principales régions et appellations du pays. Pour égayer nos sessions, et comme nous ne voulions pas y consacrer de soirées particulières, lors de chaque session, seront dégustés 1 ou 2 effervescent(s) et 1 oxydatif.

Notre première soirée, consacrée à la Galice s’est déroulée en ce début de semaine, juste avant que ne débarque la canicule. Au programme 13 vins dont 7 blancs, 3 rouges, 2 effervescents et 1 oxydatif.



1) La robe est jaune, limite or. Le nez porte sur des arômes de pêche blanche, des notes florales et un soupçon de fruits exotiques.
La bouche se montre fraîche et légère en attaque. Le vin est en demi-puissance, légèrement gras sur des notes très florale et de pêche blanche. La finale est très saline et portée par de jolis amers. Voilà un joli vin d’apéro à déguster sur une terrasse l’été !

Il s’agit de la cuvée Viña Meín de chez Emilio Rojo, D.O. Ribeiro avec un assemblage de 70% Treixadura, Godello, Loureira, Torrontés, Albario et Lado, 2018.

2) La robe est plus pâle, jaune avec des reflets verts. Le nez développe des notes citronnées, grillées, un peu de fruits exotiques et une pointe de fumé. Je lui trouve un côté bourguignon à ce vin.
La bouche possède une jolie matière sur les fruits exotiques, l’abricot, les mêmes notes fumées qu’au nez. Le tout est structuré autour d’une belle fraîcheur et donne au vin des accents un peu chablisien à mon sens. Voilà un joli vin de plaisir, facile d’accès et gourmand à souhait.

Il s’agit de la cuvée Louro de chez Rafael Palacios, D.O. Valdeorras avec un assemblage de 92% Godello et 8% Treixadura sur le millésime 2019 .

3) Pour continuer, nous enchaînons avec une première bulle. Sa robe est d’un bel or.
Le nez propose des notes pâtissières, de fruits jaunes bien mûrs.
En bouche, la bulle se montre assez agressive. Il faudra bien aérer ce vin pour obtenir un peu plus de finesse de ce côté-là. En dehors de cela, elle est puissante, massive, un peu lourde et termine sur des amers manquants de précisions. Cette bouteille a été dégorgée en fin 2019 et en l’état, elle n’apporte qu’un plaisir limité. A revoir.

Il s’agit de la cuvée Agosarat de la Cave Guilera, D.O. Cava avec un assemblage de Macabeo, Parellada, Xarel·Lo sur le millésime 2006

4) La deuxième bulle de la soirée propose également une robe or. Assez intense.
Le nez se présente assez bizarrement, sur des notes de pomme au four, d’eau de vie, de balsamique et des marqueurs d’un vin oxydatif (des notes de noix fraîche à l’aération).
En bouche la bulle est nettement plus fine et agréable. La matière est bien équilibrée, mais l’aromatique n’est pas très agréable; sur des notes alimentaires, de fruits mûrs, une pointe pâtissière et une forte sensation d’hydrocarbure. Vu le prix et la réputation du domaine, c’est une réelle déception. Dégorgée également en fin 2019. N’ayant pas de recul sur ce domaine et cette cuvée, difficile de dire s’il s’agit d’un défaut de bouteille ou non.

Il s’agit de la cuvée Reserva Particular de chez Recaredo, Corpinnat avec un assemblage de Macabeo et Xarel·lo sur le millésime 2007.

Nous revenons aux blancs tranquilles après ces 2 relatives déceptions.

5) La robe est plutôt pâle, avec des reflets verts.
Le nez est un peu réduit, sur des arômes fermentaires, les fruits blancs.
La bouche est un modèle d’équilibre entre une jolie matière, une belle minéralité et une finale saline présentant de beaux amers. Il n’a pas une grosse présence aromatique, mais c’est un joli vin de gastronomie. A noter que la cuvée est élevée en jarre.

Il s’agit de la cuvée A’ via de chez O Morto Wines, D.O. Ribeiro en 100% treixadura, 2018.

6) Le blanc suivant n’est pas non plus très coloré. La robe est pâle avec quelques reflets verts.
Le nez est extrêmement exubérant sur des arômes de fruits exotiques (fruits de la passion, ananas, mangue) et une pointe végétale.
En bouche, je retrouve cette même exubérance. C’est parfumé à l’excès. Un demi-verre, c’est très bon, plus le vin commence à écœurer. Pourtant, au niveau structurel, c’est très bien fait. Le vin ne manque pas de matière, mais ce qui frappe, c’est son côté traçant, ciselé qui lui confère une très belle longueur. A voir si en le laissant un peu vieillir, il pourra gagner en finesse aromatique. Pour le reste, il faut reconnaître que c’est bien fait.

Il s’agit de la cuvée Selección Añada de chez Pazo de Señorans, D.O. Rías Baixas, 100% albariño, millésime 2011 .

7) Le blanc suivant propose une robe plus soutenue, d’un beau jaune or.
Le nez est floral, un peu cire, une pointe herbacée, un peu de fruits blancs. Assez jolie en soi.
La bouche se montre ronde et ample en attaque. L’aromatique est dominée par des notes florales et de poire. La finale saline donne une belle longueur au vin. Il n’a pas autant de fraîcheur que le vin précédent, mais il est plus classe et raffiné. Fera un beau compagnon de table.

Il s’agit de la cuvée La Comtesse de chez Pazo de Barrantes, D.O. Rías Baixas,100% albariño, millésime 2016

8) La robe est également plus jaune dorée. Le nez est presque sucré, sur des arômes de poire, de coing, d’ananas, un côté un peu aigre-doux.
Le vin se goûte sec. La bouche se structure autour d’une belle droiture. L’aromatique est fine et complexe, sur les fruits jaunes, des notes florales et d’ananas rôtis. C’est un joli vin qui ne fait que gagner à l’aération.

Il s’agit de la cuvée Etiqueta Negra de chez Terras Gauda, D.O. Rías Baixas avec un assemblage de 70% Albariño, 20% Caríño blanco et 10% de Loureiro, 2017.

9) Nous voici au dernier blanc de la série. La robe est jaune dorée. Le nez se montre sucré, sur le safran, l’ananas rôti, la rhubarbe, le fruit de la passion, la mangue.
Pourtant le vin se goûte sec. La bouche se montre riche et volumineuse, mais bien vite une acidité traçante vient rappeler sur quel cépage nous sommes. L’aromatique est semblable à celle du nez. C’est complexe et très long, mais il manque un peu de finesse par rapport aux 2 vins précédents.
Il s’agit d’une cuvée vinifiée en vin sec dont les raisins ont connu le botrytis.

Il s’agit de la cuvée Gallaecia de chez Martin Codax, D.O. Rías Baixas,100% albariño, millésime 2016.

10) Pour commencer les rouges, nous avons un vin à la robe rubis, moyennement sombre.
L’aromatique aux nez est agréable, sur les petits fruits rouges, la cerise du nord, un trait végétal et une pointe de cassis.
La bouche est fraîche, juteuse, pétante de fruits rouges (framboise, cerise). J’ai presque l’impression d’être en face d’un vin élevé en carbo, alors que d’après ce que j’ai trouvé, ce n’est pas le cas. La finale présente un léger trait végétal et des tanins assez souple. Bref, on n’est pas face à un vin d’une grande complexité, mais il se boit tout seul.

Il s’agit de la cuvée Camiño Real de chez Guímaro, D.O. Ribeira Sacra avec un assemblage de 80% Mencía, Garnacha Tintorera, Caíño Tinto, Mouratón, Souson, 2018 .

11) Le second vin a également une robe rubis, moyennement sombre. Néanmoins, elle semble plus concentrée que sur le 1er rouge.
Le nez est également sur les fruits rouges (framboise, cerise), des épices douces et un trait végétal. C’est plus complexe et fin que pour le 1er vin.
La bouche est ample, ronde en attaque. Néanmoins, le corps reste très juteux et frais, grâce à une jolie relance sur un trait végétal. La finale est marquée par de fins tanins encore un peu présents. Le tout démontre une cuvée plus ambitieuse et qui se boit déjà très bien.

Il s’agit de la cuvée Penapedre de chez Eulogio Pomares, D.O. Ribeira Sacra avec un assemblage de 64% Mencía, 21% Garnacha Tinta et 14 % de jerez, 2017.


12) Le dernier rouge a une robe plus sombre et déjà sur le grenat.
Le nez est assez dominé par des notes épicées, vanillée, un côté cire, balsamique, le jus de viande et le cassis.
En bouche, le vin est doté d’une belle matière, ronde et suave, mais bien contrebalancée par une jolie fraîcheur qui rend le tout très digeste malgré une matière qui semble plus riche. L’aromatique est dominée par les notes d’élevages qui doivent encore clairement se fondre ; le jus de viande, le cassis. Le tout est d’une très belle longueur. Clairement un vin à attendre encore entre 5 et 10 ans pour que l’élevage se fonde. Il me semble qu’il a les épaule pour cela.

Il s’agit de la cuvée Lacima de chez Dominio do Bibei, D.O. Ribeira Sacra avec un assemblage composé à 90% par du Mencia sur le millésime 2013.

13) Pour terminer, nous goûtons un Oloroso. La robe est brune/ ambrée.
Le nez est très classe sur de fine note de caramel, moka, noix fraîche et café.
La bouche est fraîche, fluide. L’alcool magistralement intégré. Un vin profond, de méditation…ne nous aura manqué qu’un bon cigare ! Et voilà qui me réconcilie avec les Xeres, mes précédentes expériences n’ayant pas été très concluantes.

Il s’agit d’un Oloroso, VORS (solera de 30 ans) de chez Lustau, : D.O. Jerez, en 100% palomino.



Voilà qui clôture notre première soirée.
J’en retiens que la Galice possède un patrimoine vinicole qui vaut largement de s’y intéresser avec des vins à la fois vifs et complexes. Si l’albarino m’était déjà familier, je suis très content d’avoir découvert le godello et le treixadura en blanc, ainsi que le mencia en rouge qui méritent que l’on s’y attarde. Je retiens aussi un faux départ pour les effervescents. Nous verrons si la tendance s’inversera lors de la prochaine soirée. Enfin, je crois avoir trouvé une nouvelle madeleine de Proust avec cet Oloroso de chez Lustau…je sens que le tavco va encore faire mal ..

La prochaine soirée sera consacrée à plusieurs régions : le Levante, la région de Murcie et les îles.

Laurent
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07 Aoû 2020 22:05 #1
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Réponse de rkrk sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España

Jolie sélection pour découvrir le Nord-Ouest de l'Espagne, un style de vin dont beaucoup ne soupçonnent même pas l'existence :)

Pour moi, la référence en Valdeorras est "As Sortes" de Rafael Palacios, le grand frère du sympathique "Louro".

Je suis d'accord que le grand vin de Pazo Senorans peut être marqué par l'élevage (jamais bu aussi vieux) et que cela fait un peu exercise de style.

Quant à la Mencia je connais surtout les vin de Palacios, entre "Petalos" (parfois assez tannique) et les villages/parcellaires (très bons mais chers).

Ralf

Amateur depuis 30 ans, sur LPV depuis 16 ans, caviste depuis 3 ans
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08 Aoû 2020 15:25 #2

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Réponse de Jean-Loup Guerrin sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España

@ Laurent : je reconnais là le grand professionnalisme et la fougue de la jeunesse d'un dégustateur qui cherche à aller toujours plus haut !

@ Ralf : j'ai souvenir d'un Petalos del Bierzo excellent mais sur le fruit sans tanins. Un rapide coup d'œil sur le fil dédié montre que la présence tannique dépend en fait des millésimes voire des bouteilles (ou des dégustateurs ;)).

Jean-Loup
08 Aoû 2020 16:09 #3

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Réponse de ysildur sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España

Concernant le Pazo Senorans, j'avoue qu'il est too much dans l'aromatique a mon goût.

Pour Palacios, après avoir bien aimé Louro, je crains fort craquer un jour pour sa cuvée haut de gamme, même si on est sur du x3 par rapport à Louro...

On a pas encore défini les vins de la session qui sera consacrée à la Castille y Leon, mais je pense que l'on verra à nouveau du Palacios en Bierzo:), mais est-ce le même?

@Jean-Loup, le problème, c'est quand tu tombes sur d'autres personnes qui sont comme cela également...il y a un effet d'entraînement qui commence ;)

Laurent
08 Aoû 2020 19:09 #4

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Réponse de Eric B sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España

On a pas encore défini les vins de la session qui sera consacrée à la Castille y Leon, mais je pense que l'on verra à nouveau du Palacios en Bierzo:), mais est-ce le même?

Il y a en effet un autre Palacios en Bierzo qui fait des vins mettant plus en valeur le Mencia – qui le mérite bien. Ce cépage est très attachant!

Eric
Mon blog
08 Aoû 2020 19:31 #5

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Réponse de ysildur sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España Session 2

Après la Galice, notre groupe s’est réuni en début de semaine pour poursuivre son exploration du vignoble espagnol.

Cette seconde session était consacrée au Levante (Les régions de Valence et Murcie), La Navarre, et les îles. De nouveau, un cava et un Xeres complètent la dégustation.
Globalement, les vins des îles sont sortis du lot. Plus accessibles, digestes, prêts à boire en jeunesse et proposant des cépages endémiques qui sont assez originaux. Pour les vins du Levante, même si on sent une maîtrise technique, il y a encore globalement des vins assez massif, chaleureux, qui vont demander du temps pour pouvoir mieux s’apprécier.

1) La robe est assez pâle. Le nez est marqué par des notes fumées, de fruits blancs et un peu d’agrumes. Globalement, peu exubérant.
La bouche se montre fraîche, facile, agréable mais sans grande matière. Le tout est marqué par une jolie amertume sur des arômes de pomme et de citron. Un vin d’apéro, pour se mettre les papilles en places.

Il s’agit d’un vin de Ca'n Verdura, cuvée Supernova Moll, D.O. Binissalem Mallorca, îles Baléares, 100% Prensal blanc, 2018

2) Ce vin a une robe bien plus soutenue ; couleur paille avec des reflets or.
Le nez est assez monolithique, sur des notes fumées, florale. La bouche est ronde, ample, portée par une amertume assez puissante et une finale très saline. Un vin qui doit encore se se mettre en place, mais qui en l’état est déjà un beau vin de gastronomie.

Il s’agit d’un vin de Diego Bermejo, cuvée Seco Ecológico, D.O. Lanzarote, îles canaries, 100% Vijariego blanco, 2018

3) Le dernier blanc a une robe jaune paille, or. Le nez est assez puissant, exubérant sur des notes fumées, tourbées, de fruits blancs. Un peu jurassien dans l’âme.
La bouche se montre puissante, épicée. Elle est néanmoins soutenue par une jolie fraîcheur sur le citron, la pomme verte. On ressent un côté un peu champignon de Paris en fin de bouche. Un joli vin.

Il s’agit d’un vin de la cave Artifice, cuvée viduenos, D.O. Ycoden-Daute-Isora, îles canaries, assemblage de gual, listan blanca, marmajuelo, 2017

4) Pour continuer, nous passons au cava de la soirée. Sa robe est jaune soutenue, or.
Le nez, assez puissant, développe des arômes de pomme, d’abricot, de citron confit.
La bulle est moyennement fine. La bouche se montre assez ronde, charmeuse, vineuse ; un peu d’acidité donne du peps au milieu de bouche assez opulent. La finale se développe autour d’une jolie amertume. C’est très bien fait, mais je lui trouve un manque de finesse. Bref, dans la même gamme de prix, je reste fidèle au champagne.

Il s’agit d’un vin de chez Agustí Torelló Mata, cuvée Kripta, D.O. Cava, Macabeo (45%), Xarel·lo (20%) et Parellada (35%), 2011

5) Le premier rouge possède une robe rubis, moyennement profonde.
Le nez se développe sur les fruits rouges, la cerise tagada, une pointe végétale, épicée. Assez sympa.
L’attaque en bouche est fraîche, légère. Le corps se montre fruité, facile, juteux, sans grande matière. Le jus termine sur une jolie fraîcheur provenant d’un trait végétal. Un rouge sympa, mais peut être un peu trop cher. Un « vin de copains ».

Il s’agit d’un vin de la cave Can Majoral cuvée Callet, D.O. Pla i LLevant, îles baléares, 100% callet, 2017

6) La robe est cerise, assez pâle. Le nez, puissant, sur des notes fumées, de soufre, de fruits rouges. Un nez franc, qui plait ou ne plait pas.
La bouche est ronde et bien fruitée en attaque, ensuite les puissants arômes de soufre prennent le dessus et porte le vin assez loin. Le corps est équilibré par une belle fraîcheur sur les fruits rouges, une pointe végétale. La finale se montre épicée, un peu sur le piment d’Espelette. Un vin vraiment original qui laisse son terroir fortement s’exprimer.

Il s’agit d’un vin de la cave Puro Rofe, D.O. Lanzarote, îles canaries, 100% listan negro (vignes de + de 100 ans), 2018

7) On enchaîne avec, de nouveau, un vin à la couleur cerise pâle. Le nez est hyper charmeur, sur la cerise, les fruits rouges à l’alcool, les épices, un peu de floral.
La bouche se montre à la hauteur du nez : gourmande, juteuse, sur les fruits rouges, les épices. Ce vin n’a pas une longueur de dingue, mais son équilibre est top et son aromatique fine et agréable. Quotient de torchabilité assez élevé !

Il s’agit d’un vin de la cave Ca'n verdura viticultors cuvée supernova, D.O. Binissalem, îles baléares, 100% manto negro, 2017

8) Ici, nous nous retrouvons face à un vin possédant une robe plus soutenue, sombre, sur les tons rubis. Le nez est un peu fermé, sur les fruits rouges, une touche florale, une note levurée.
La bouche se déploie sur une matière ronde, chocolatée, avec des fruits rouges confiturés. En l’état, les tanins sont encore bien présents et l’alcool ressort un peu trop à mon goût. Un vin à attendre.

Il s’agit d’un vin de la Cave Artazu, cuvée santa cruz, D.O. Navarra, Navarre, 100% grenache noir

9) Ici la robe est presque noire, violacée. Le nez assez puissant, développe des arômes de mûre, cassis, un peu prune. La bouche semble assez cadenassée. Elle attaque sur un côté juteux, mais rapidement on arrive sur des arômes de fruits très confiturés et surtout une finale musclée et asséchante. Pas hyper convaincu en l’état.

Il s’agit d’un vin de Bruno Murciano, cuvée El Sueño Bobal Cepas Centenarias Caliza, D.O. Utiel-Requena, Levante (Murcie), 100% Bobal, 2016

10) Nous continuons sur un vin à la robe rubis, assez sombre. L’aromatique se développe sur les fruits noirs confits ; des épices douces, une touche de vanille et une note animale.
La bouche s’ouvre sur un côté juteux, frais, avant de gagner en amplitude et puissance. Le tout est encore bien jeune, mais assez agréable.

Il s’agit d’un vin de chez Enrique Mendoza, cuvée Estrecho, D.O. Alicante, Levante (Valence), 100% mourvèdre, 2016

11) L’avant dernier rouge propose aussi une robe rubis, assez sombre. L’aromatique est sur les fruits noirs et un côté animal/ sanguin. On retrouve aussi des épices douces.
La bouche se montre suave, ronde, puissantes, sur les fruits noirs, les épices, un côté animal. L’alcool ressort un peu, mais il est bien contrebalancé par un trait végétal qui amène un peu de fraîcheur en fin de bouche. Un vin qui devrait être sympa d’ici quelques années.

Il s’agit d’un vin de la Finca casa castillo, cuvée las gravas, D.O. Jumilla, Levante (Murcie), Mourvèdre (70%), de Syrah (15%) et de grenache noir (15%), 2017

12) Le dernier rouge présente aussi une robe assez sombre, presque noire. Le nez, charmeur, présente des arômes de fruits noirs, de cire, une pointe balsamique, et des épices douces.
La bouche, bien que puissante et démonstrative, est admirablement bien équilibrée. En effet, après une attaque assez ample et puissante, sur les fruits noirs confiturés, le milieu de bouche se montre frais et juteux sur des notes sanguines et de violette qui amènent de la finesse à ce vin. En l’état, la finale est encore bien marquée par un boisé un peu sucré et noix de coco, mais dans quelques années, il sera certainement un très beau vin.

Il s’agit d’un vin de la cave Castano, cuvée casa cisca, D.O. Yecla,Levante (Murcie), 100% mourvèdre, 2015

13) Nous terminons avec un amontillado. La robe est brune/ orangée. Le nez développe des arômes de caramel, de cire, de noix fraîche. La bouche se montre fraîche, digeste, assez fine. Par rapport à l’Oloroso de la première session, il fait un peu dilué, mais il s’agit d’une bouteille 2 fois moins onéreuses aussi.

Il s’agit d’un vin de la cave Lustau, cuvée Amontillado Escuadrilla, D.O. Jerez, Andalousie, 100% palomino .



Voilà qui clôture cette seconde session. Nous nous retrouverons en Octobre pour la session suivante.

Laurent
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27 Aoû 2020 17:18 #6
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Réponse de Cristobal sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España Session 2

Salut Ysildur,
Je plussois pour Las Gravas dont j'ai aimé les 2003 et 2007 (il m'en reste 1 bouteille) mais dont la dernière bue en février dernier montrait quelques signes de fatigue.
Je n'ai plus goûté sur des millésimes plus récents.
Merci pour ce CR

Salutations
Christophe
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27 Aoû 2020 23:47 #7

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Réponse de ysildur sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España version 2023

L’Espagne développe depuis une dizaine d’années son vignoble rapidement à coup d’investissements importants et de développement de ses appellations avec comme résultat une montée en qualité globale.
Fort de ce constat, je m’intéresse depuis quelques temps déjà aux différents vignobles du pays.

Pour partager cette passion naissante, je me suis lancé dans la création d’un cycle de formation. J’ai voulu commencer en emmenant le groupe vers une contrée très peu connue des amateurs de vin : le Pays Basque espagnol.

Voici le compte-rendu des 8 vins dégustés (notez que je n’étais pas à mon optimum de dégustation à cause d’un rhum tenace). 

Juanjo Tellaetxe, Tantaka D.O. Arabako-Txakolina, 2021

100% Hondarrabi Zuri.

La robe est assez pâle. Le nez présente des notes d’agrumes frais, de pomme verte et une touche saline.En bouche, le vin se montre peps, frais, salin et citronné. Au réchauffement, une touche miellée va apparaître.Globalement un vin de début de repas, simple, agréable et qui claque en bouche. 

K5 Argiñano, D.O. Getariako-Txakolina, 2019

100% Hondarrabi Zuri.

La robe toujours sur une jaune pâle montre des nuances de verts.Le nez porte sur des arômes d’allumette et d’agrumes.
La première bouche se montre peps, citrique, sur le pamplemousse, une note levurée. A l’aération, le végétal froid et austère prend le dessus. Un vin qui semble souffrir d’une certaine sous-maturité.
En l’état, le vin manque de confort de bouche et déçoit pour sa gamme de prix. 

Oxer Bastegieta, Marko Gure Arbasoak, D.O. Bizkaiko Txakolina, 2021

45% Hondarrabi zuri zerratia, 40% Hondaraibi Zuri, 15% Petit Manseng.

La robe se montre plus soutenue. D’un beau jaune or.
Le nez développe des arômes de pêche, de mirabelle. Il se montre plus mûrs.
En bouche, le vin montre plus d’amplitude, de confort de bouche. Jolie et à revoir pour confirmation.

Gorka Izagirre, Zura, D.O. Bizkaiko Txakolina,2020

100% Hondarrabi zuri Zerratia.

La robe se pare d’une couleur jaune argenté.
Le nez développe des arômes plus puissants et mûrs sur les fruits exotiques et la poire.
En bouche, on a un vin qui allie une belle fraîcheur à un confort de bouche. La finale développe de beaux amers fumés. Bref un vin qui nous fait entrer dans la dimension des vins de gastronomie.

Gorka Izagirre, Ama, D.O. Bizkaiko Txakolina, 2019

100% Hondarrabi zuri Zerratia.

Cuvée plus haut de gamme du domaine.La robe est jaune entre la paille et l’or.
Le nez développe des arômes de fruits jaunes, fruits exotiques, avec une sensation sucrée.
En bouche, l’attaque se montre ample, puissante, sur les fruits jaunes, les fruits de la passion. Le vin se structure autour d’une belle fraîcheur et demande à être associé à table.
Joli en l’état, il devrait gagner en finesse avec le temps.

Artadi, Izar-Leku, 2017

100% Hondarrabi Zuri.

Avant d’attaquer les rouges, voici une bulle de la célèbre maison Artadi qui produit des vins parmi le plus célèbre de la Rioja ( elle ne revendique plus l’appellation depuis quelques années) et qui nous propose ici un vin effervescent produit dans le Pays Basque.
La robe est d’un beau jaune
.Le nez se montre élégant sur des arômes alimentaires, de pain, de fruits jaunes et blancs mûrs.
La bouche possède une jolie matière et une belle vinosité. Malheureusement, la bulle se montre étonnamment très/trop abondante et gâche un peu ce joli vin.
A revoir, car connaissant bien ce vin, c’est la première fois que j’ai un manque de finesse sur la bulle.

Doniene Gorrondona, Gorrondona Tinto, D.O. Bizkaiko Txakolina, 2020

100% Hondarrabi Beltza.

Première rencontre avec un vin rouge de la région.
La robe, grenat est moyennement sombre.
Le nez développe des arômes assez fruités, mélange de fruits rouges et noirs des bois ainsi qu’une touche de ronce.
La bouche, en demi-puissance se montre juteuse, agréable marquée par une petite note café. Les tanins sont fins mais présent, apportant un peu de mâche et de profondeur au vin.
Un vin bien équilibré, sans grande complexité mais agréable.

Itsasmendi, Eklipse, D.O. Bizkaiko Txakolina, 2018

65% Pinot Noir, 35% Hondarrabi beltza.

Le vin propose une robe moyennement pâle.
Le nez se montre en élégance sur des notes florales, de cerise et de sous-bois.
En bouche, le pinot prend le dessus et propose un jus élégant, juteux, avec un profil océanique qui lui va bien. Le beltza amène une finale un peu plus sur l’amertume apportant une jolie allonge au vin.
Voilà, un assemblage original plutôt réussi que je serai curieux de suivre sur plusieurs millésimes. 

 

Laurent
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20 Nov 2023 17:10 #8
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Pour le deuxième volet du cycle, direction la communauté autonome de Galice.
Située au Nord ouest de L’Espagne, à la frontière avec le Portugal au sud, voisine de la Castille la Leon à l’Est et des Asturies au Nord Est.
Elle comprend cinq appellations avec Rias Baixas en tête de gondole avec son cépage roi l’ albariño. Le but de la dégustation était non seulement de mettre en avant cette appellation, mais aussi de démontrer que les autres appellations de la région proposent des vins intéressants, souvent à base de cépages endémiques.

 Zárate, Albariño, D.O. Rías Baixas, 2022

Zone de Val do salnes
100% albariño
Le vin propose une robe jaune pâle, argentée. Le nez sur la finesse et la retenue développe de beaux arômes de fruits jaunes et une note saline.
La bouche se montre dés l’entame fraîche, tonique avec une pointe saline ainsi qu’une petite note de miel à l’aération.
Le tout est très bien équilibré et d’une bonne longueur.
C’est une entrée de gamme pour cette Bodega assez connue de l’appellation. Un archétype d’un jeune albariño bien né. Très plaisant en l’état, il gagnera en complexité avec les années. 

Quinta de Couselo, Selección, D.O. Rías Baixas, 2015

Zone de O Rosal
90% Albariño  5% Caiño Blanco et  5% Loureiro

La robe se montre plus évoluée et dense que sur le premier vin.
Le nez plus intense et complexe développe des notes de fruit de la passion, de mangue, d’agrumes confits ainsi qu’une touche fumée.La bouche se montre plus ample et puissante que pour la version de Zarate tout en ne manquant pas de la fraîcheur saline caractéristique du cépage sur ces terroirs.
On arrive ici sur un albariño de gastronomie qui développe une belle complexité et un équilibre de bouche très réussi.

 Adegas Valmiñor, Davila L·100, D.O. Rías Baixas, 2015

 Zone de O Rosal
100% Loureiro
La robe du vin suivant est clairement évoluée sur un jaune or avec des reflets orangés. Le nez, puissant développe des notes d’abricot confit, de fruits blancs assez mûrs et des notes de début d’oxydation.
La bouche ample et puissante en attaque, possède une légère dissociation avec la trame acide du vin.
Le vin a passé son optimum de consommation sur cette bouteille, mais n’en demeure pas moins très gastronomique.
Il aura divisé la table entre ceux appréciant les vins avec une pointe d’oxydation et ceux pour lesquels c’est rédhibitoire.

 Valdesil, Pezas da Portela, D.O. valdeorras, 2021  

100% Godello Un vin assez pâle sur le jaune/argenté. Le nez assez discret, voir renfrogné propose des notes de croûtes de fromage, de fruits blancs et une pointe de sugus.
La bouche se montre assez compacte, serrée. J’y ressens une puissance qui ne demande qu’à s’exprimer, mais il est beaucoup trop tôt pour le moment. La finale se montre peps sur des notes de pamplemousse et une pointe fumée.
A revoir, le vin ne s’étant pas livré. 

Luís Anxo Rodríguez Vázquez, Viña de Martín Escolma, D.O. Ribeiro, 2018

 30% Albariño, 30% Treixadura, 20% Lado, 20% Torrontés

Voilà un domaine dont la réputation n’est plus à faire au sein de son appellation.
La robe se pare d’un jaune or soutenu. Le nez intense et complexe développe des notes de fruits de la passion, kiwi, zeste d’orange et une touche fumée.
La bouche est l’égale du nez. Ample et complexe avec une très belle allonge sur des notes fumées.
Le vin fera l’unanimité autour de la table. Il est dans une belle phase de dégustation, je ne vois pas trop ce qu’une garde supplémentaire pourra lui apporter. 

Rodrigo Méndez, O Raio da Vella Tinto, D.O. Rías Baixas, 2018

Zone de Val do Salnés
50% Caíño Tinto, 50% Espadeiro ( deux cépages endémiques que l’on retrouve aussi au Portugal, le Caíño Tinto étant le  borraçal portugais)

Comme premier rouge, j’ai souhaité faire découvrir un rare représentant rouge de l’appellation ( moins de 5% de vin rouge est produit sur l’appellation).
Le vin propose une robe moyennement pâle sur le grenat. Il est facile d’y voir à travers.Le nez évoluera au fil de la dégustation. Au début il présentait des notes de yaourt à la fraise un peu entêtante. L’aération va lui apporter plus de finesse avec moins de yaourté et plus de notes d’épices douces, pointe de ronce et une touche d’amande.
En bouche, difficile de nier le terroir océannique de ce vin. Il a un corp plutôt svelte soutenu par une acidité assez fraîche. Néanmoins, le vin trouve son équilibre, ne manque pas de fond(je lui trouve un côté Bourgogne 2021) et propose de jolies notes de fraise, de fruits rouges, d’épice douces.
Ce domaine possède une belle réputation pour ces blancs (que je vous recommande) et démontre ici que la production de vin rouge n’est pas inintéressante. 

Quinta da Muradella, Alanda Tinto, D.O. Monterrei, 2018

34% Mencía, 33% Merenzao (synonyme de trousseau) 33% grenache noir

 En s’éloignant de la côte l’influence climatique change rapidement en Galice. Par exemple, sur Monterrei, nous somme sur un climat plus continental à tendances méditerranéennes.

La robe, d’un beau grenat se montre moyennement sombre. Le nez développe d’élégantes notes de fruits rouges et d’épices.
En bouche, l’attaque se montre ronde, charnue, avant que le milieu de bouche développe un côté beaucoup plus juteux, presque sanguin. La finale se prolonge grâce à des tanins fins, élégants et parfaitement intégrés.
Un très joli vin, bien en place que je recroiserais avec plaisir. 

Algueira, Serradelo, D.O. Ribeira Sacra, 2016

100% Brancellao (cépage endémique, fort présent avant le phylloxera, mais étant peu productif il n’a été que peu replanté par la suite) 

La robe est moyennement claire, le disque se montre avec un léger orangé. Le nez développe des notes florales, viandeuses et de fruits rouges. Le tout soutenu par des arômes d’un boisé assez noble. Je le rapproche de l’expression d’un Bordeaux à majorité de cabernets.
En bouche, le vin se montre élégant, confortable sur ces notes de boisés et de fruits rouges. Le milieu de bouche amène aussi un côté juteux au vin qui lui donne plus de fond et de longueur. Les tanins sont déjà bien fondus et prolongent des arômes de noyau de cerise. 

Voilà qui clôture cette seconde dégustation. La prochaine sera consacrée aux vins du Levante (Communautés autonome de Valence et Murcie).


 

Laurent
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03 Déc 2023 16:55 #9
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Pour la troisième session de mon groupe Espagne, direction le Levante.
Cette région de la côte Est de l’Espagne couvre les communautés autonomes de Murcie et de Valence. Elle est connue pour produire globalement des vins industriels pour arroser le marché espagnol et l’export d’entrée de gamme.
Le climat est méditerranéen sur la côté et devient plus continental une fois que l’on s’enfonce dans l’intérieur des terres. Les vignes sont plantées entre le niveau de la mer et au-delà des 900 mètres pour les terroirs les plus élevés.
Ceci nous donne une grande variété de terroirs et d’équilibres dans les vins produits dans la région.
De ce fait, une partie des terroirs de cette région, exploités par quelques vignerons consciencieux donnent des vins aux équilibrent exemplaires et nous donne à voir que la patrie du mourvèdre propose bien les plus belles expressions de ce cépage.

 Il est temps maintenant de partir à la découverte de ces vins.

 Mustiguillo, Finca Calvestra, Vino de España, 2019

 
100% Merseguera (cépage endémique espagnol, peu planté en dehors du pays)Vignoble situé à 900 mètres d’altitude. Merseguera surgreffé sur des Vieilles vignes de Bobal.

La robe se pare d’un jaune clair argenté.
Le nez, moyennement expressif se montre élégant sur des notes de fruits blancs, pointe fumée/minérale et une touche anisée.
En bouche, le vin se montre fin, élégant avec une belle allonge finissant sur de fins amers, presque légèrement tannique.
Un joli vin. 

Hispano-Suizas, Impromptu, D.O. Utiel-Requena, 2021  

100% sauvignon blanc.
 Pour répondre à la demande mondiale en cépage internationaux, on retrouve pas mal de cépages français classiques dans la région.

La robe est pâle/argentée.
Le nez dégage d’élégantes notes d’agrumes, une pointe saline/ fumée et une touche un peu sugus.
La bouche est un modèle d’équilibre avec à la fois de la structure et de la fraîcheur et une belle allonge sur des notes légèrement muscatée et saline.
A l’aveugle dans une dégustation de jeunes sauvignons sancerrois du top, il ne ferait pas pâle figure.  En l’état, il se montre facile, fin et agréable, mais il est clair qu’il a du potentiel pour développer sa complexité d’ici quelques années.

Pepe Mendoza, Casa Agrícola Velo Tinajas de Padilla, D.O. Alicante, 2020

Assemblage de 97% de macabeu et 3% de muscat.
Vin élevé en amphore.

 La robe se montre largement plus soutenue que pour les deux premiers vins. Elle se montre jaune limite or.
Le nez assez expressif voir démonstratif développe des notes de fruits jaunes, pêche et notes muscatée. Une petite note éthérée me dérange un brin.

En bouche, on arrive sur un vin puissant et ample qui semble plus alcooleux alors qu’il n’affiche que 12.5% en volume d’alcool. Néanmoins l’aromatique développe une belle complexité.
La finale est dominée par des notes muscatées et des amers assez puissants.
En l’état, il faut le placer à table.Je ne sais pas si c’est une phase, mais je trouve que tout n’est pas (encore) bien intégré dans ce vin.  

Finca Casa Castillo, Finca Casa Castillo, D.O. Jumilla, 2021 

100% syrah

La robe très violacée se montre assez sombre, profonde.
Le nez, très expressif, a un côté un peu carbonique sur des notes de fruits noirs, de pivoine, violette, lardé et vanillé.
En bouche, c’est un vin juteux qui ne manque pas de matière ou de fond. Il ressemble à beaucoup de Crozes-Hermitage sur le fruit. La finale sur des tanins fins mais présents et marquée par une pointe végétale donne à penser qu’il y a un peu de rafle dans cette cuvée. Facile à boire mais ne boudera pas quelques années de cave.

Pepe Mendoza Casa Agrícola Giró de Abargues, : D.O. Alicante, 2020  

100% Giro, un cépage endémique de la région qui a bien failli disparaître mais qui retrouve doucement la place qu’il mérite.

Le vin propose une robe rouge pâle.
Le nez, fin et élégant développe des note de fruits rouges (framboise, fraise), pointe de floral et d’élevage un peu « yaourté ».
En bouche, le vin, un peu serré en l’état se montre assez fin sur des notes de confiture de fraise, d’orange sanguine, de cerise du nord. La finale assèche un brin.
Un vin intéressant qui pour moi demande encore 2 ans pour atteindre un joli plateau de dégustation. 

Mustiguillo, Finca El Terrerazo Vino de Pago, V.P. El Terrerazo, 2020  

100% Bobal .
Le domaine a son appellation Vino de Page depuis 2010 pour ce chai là. 

La robe est d’un rouge violacé.
Le nez développe des arômes de fruits rouges, une touche de végétal noble. A l’aération des notes de café vont apparaître.
En bouche, le vin se montre équilibré avec une entrée en bouche juteuse porté par une belle acidité avant que le côté rustique du Cépage ne vienne apporter de la mâche en finale.
Je l’avoue, le bobal n’est pas un cépage qui me plaît beaucoup. Et pourtant, j’en ai déjà bu quelques-uns. Mais, je reconnais que celui-ci ne manque pas de qualité. D’ailleurs il a été apprécié par une bonne partie du groupe.

 Pepe Mendoza, Casa Agrícola Viña El Veneno, D.O. Alicante, 2020  

100% Mourvèdre

 La robe se montre moyennement sombre.
Le nez élégant et assez en place, développe des notes de cerise, de menthol et un boisé élégant, classe même. J’aime bien ce genre de nez.

La bouche se montre fine, élégante, surtout après qu’un côté un  peu vernis (élevage) se dissipe et assez fraîche. Le vin  n’est pas en puissance, mais plus en grâce à mes yeux. La finale est marquée par des tanins fins et des amers sur le noyau de cerise.
Peu amateur des mourvèdre français, j’avoue qu’ici je suis conquis. 

Bodega Cerrón, Los Yesares, D.O. Jumilla 2021  

100% mourvèdre.
 Vignes de 1942 plantées à 920 mètres d’altitude sur des sols calcaires, silex et sable. 

La robe est moyennement foncée, tirant sur le carmin. Le nez développe des notes expressives de fruits rouges, de jus de viande,  un peu sanguine et un boisé élégant.
La bouche attaque sur ce côté sanguin juteux, avant qu’elle ne s’équilibre et gagne en élégance et matière. La finale se montre plus tannique en l’état.
Globalement, c’est un vin qui démontre une belle profondeur et dont l’avenir est devant lui.
C’était un petit infanticide que d’ouvrir ce vin,  mais je souhaitais le découvrir du fait de sa réputation.
S’il n’est pas aussi en place en l’état que le Pepe Mendoza,  il a une allonge et une élégance naturelle qui laisse présager d’un grand avenir. Très bien en l’état, il devrait devenir top d’ici quelques années…Le plus compliqué restant d’en retrouver. 

Voilà qui clôture cette session. Le groupe a apprécié les différents vins et surtout été étonnés par les fraîcheurs et équilibres observés dans ces cuvées.
Je voulais montrer que cette région possède de magnifique terroir et qu’il faut s’y intéresser de près. Je pense que le devoir est accompli. 
Nous nous retrouverons en Janvier pour la dégustation prestige pour fêter le début de l’année 2024 avec comme thème la Rioja. L’un ou l’autre vin mythique de la région y seront dégustés.


Laurent
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09 Déc 2023 01:16 #10
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Je connais mal le bobal, que lui reproches-tu ?

A tout hasard as-tu déjà pu goûter le blanc de Cerron (en Airen) ?
09 Déc 2023 09:46 #11

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Pour le Bobal, je trouve très souvent des finales très amères sur des notes végétales qui ne me plaisent pas vraiment. Souvent aussi un manque de plaisir aromatique. Ce qui en fait un vin assez rustique.

Pour l'Airen de Cerron, il est sur ma to do list, mais difficile d'en trouver. ça fait cher pour un Airen, mais vu le niveau des rouges, c'est tentant de le gouter. 

Laurent
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09 Déc 2023 10:36 #12

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Pour cette nouvelle dégustation de mon groupe Espagne, point de Rioja (trop d’absents). Nous voyagerons en Aragon et en Navarre. Bref, nous allons explorer le nord de l’Espagne et les contreforts des Pyrénées."
La Navarre ne possède qu’une seule et unique D.O (partagée en 5 zones) se trouvant dans la partie centre/Sud de la Région (Un peu au Sud de Pampelune jusqu’à l’Ebre). Faisant donc frontière avec une partie du vignoble de la Rioja (qui occupe la rive droite de l’Ebre et une partie de la rive gauche du fleuve ; et donc située en Navarre).

L’Aragon est une région cuvette prise entre d’une part le piedmont des Pyrénées, le système Ibérique au sud et les montagnes côtières catalanes à l’Est.
Historiquement ce sont des régions de production de vins à partir de cépages à pellicules rouges (la Navarre était réputée pour ses vins rosés).

Après la théorie, 8 vins sont en dégustation. Intentionnellement, 4 blancs et 4 rouges. En dehors d’un vin blancs, tous issus de cépages espagnols. En effet, en deuxième année de formation, un thème sera consacré aux rosés et un aux cépages français présents en Espagne.

Artadi, Santa Cruz de Artazu Blanco, D.O. Navarre, 2019

 Grenache blanc

La robe est jaune, limite or.
Le nez d’abord discret va s’ouvrir sur des notes minérales, de fruits blancs, d’agrumes et une touche un peu boisée (pourtant si le vin est fermenté sous-bois, son élevage s’est déroulé en cuve inox).
En bouche, c’est un vin de demi-corps, plus sur la discrétion et l’élégance que l’opulence. Il y a une petite trame acide qui vient structurer le vin avant que de fins amères lui permettre d’avoir un bel équilibre d’ensemble.
Au niveau aromatique, le vin reste peu exubérant. Joli dans son style, certainement encore à attendre.  

Proyecto Zorzal, Pequeñas Puertas Jirafas, D.O. Navarre, 2020

Viura
Le second vin propose une robe plus pâle aux reflets verts.
Le nez n’est pas hyper causant, sur un côté minéral, herbacé, fruits blancs, groseille à maquereau discret.
En bouche, le vin possède une jolie matière même si la structure se base sur une acidité assez peps, longiligne, voire monolithique. Le vin ne décolle pas vraiment même si rien ne dépasse et que l’équilibre est plutôt bon.
La finale est marquée par de fins amères.
Bref, à mon sens, il manque d’énergie et de folie dans ce vin. Pourtant, il s’agit d’une cuvée parcellaire haut de gamme pour ce domaine. A revoir.


 Bodegas Frontonio,  Elástico, sans appellation (Aragon), 2020

Assemblage de Macabeo, grenache blanc,palomino

La robe plus soutenue est sur l’or jaune.
Le nez, assez expressif sur des notes fumées, minérales, de fruits blancs et jaunes avec une pointe un peu aigre-douce.
En bouche, le jus se montre aussi expressif avec des notes de poire à l’alcool, touche de miel et d’herbes. Le tout possède plus d’ampleur et de puissance pour un vin qui frôle avec ce côté volatile/aigre-doux un poil nature.
Un vin clivant qui aura été apprécié par certains et pas du tout aimé par d’autre. 

Chivite, Colección 125 Blanco, D.O. Navarre, 2020

 Chardonnay 

Robe d’un beau jaune avec des reflets verts.
Le nez se montre assez exubérant sur d’étonnante notes d’élevages sur le poivre de Sichuan, des fruits exotiques, agrumes.
En bouche, le vin développe une belle matière à la fois ample et crayeuse. Le boisé reste un peu démonstratif à mon goût, mais c’est le blanc qui aura le plus plu à l’ensemble du groupe.
Par contre, le prix laisse un peu dubitatif en l’état. 

Proyecto Zorzal, Viña Zorzal Señora de las Alturas, D.O. Navarre, 2021  

Grenache noir 

La robe du vin se montre assez pâle, rubis.
Le nez, élégant dégage des senteurs de confiture de fraise, de framboise, des épices, un peu garrigue.
En bouche, je trouve à la fois un vin facile, évident, mais qui n’est pas dénué de fond et d’élégance. La finale présente encore quelques petits tanins qui doivent se fondre, mais, en l’état, un verre en appel un autre et on est vite vide.

 Gil Pejenaute, Tabuca, D.O. Campo de Borja, 2022  

Grenache noir 

La robe est pâle, rubis.
Le nez assez envoutant et élégant dégage des fragrances de fleurs séchées, de framboise, de fraise, quelques notes de vanille et une légère pointe de volatile.
 En bouche, le vin se montre juteux avec une structure en demi-corps, très élégante. Seul bémol à ce stade, les tanins resserrent la finale et retire un peu de gourmandise au vin.
Il est encore très jeune, 2 à 3 ans de plus et il sera top.

 Bodegas Frontonio, Las alas de Frontonio, V.T. Valdejalon, 2015  

Grenache et un peu de macabeu

 La robe est trouble, grenat, un brin tuilé. 
Le nez expressif développe des notes de framboise, de cerise, de sous-bois, de chocolat, de réglisse et animale. 
En bouche, le vin se montre ample, giboyeux, juteux avec une aromatique plus évoluée que nous pourrait le laisser penser l’âge du vin. Le tout est assez long et termine sur une pointe de volatile.
Ce vin a suscité le débat. Quelques dégustateurs le trouvant trop évolués. Personnellement, j’en attendais plus, mais je ne lui ai pas trouvé de défauts rédhibitoires.
En tous cas, les deux vins de ce domaine se sont montrés clivant.

Domaines Lupier, La Dama, D.O. Navarre, 2018  

Grenache noir

 Robe sur le rubis pâle. Après un long passage en carafe, le vin développe des notes de cerise du nord, de cassis, un boisé élégant.
La bouche se développe autour d’une matière ample au toucher élégant. L’aromatique est un peu en retrait et gagnera avec encore un peu de garde. Le vin se montre précis et équilibré.
Un futur très joli vin réalisé avec la participation de la star du Mencia Raúl Perez. 

 Voilà qui termine cette dégustation. J’en retiens des rouges plus gourmands et intéressants que les blancs. Ce sont des régions où la marge de progression est immense, plusieurs terroirs ayant les capacités de donner de grands vins.


Laurent
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17 Jan 2024 21:18 #13
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Poursuivant notre exploration du vignoble espagnole, nous nous sommes posés en Rioja. La région d’Espagne la plus connue mondialement pour ses vins.
Cette appellation de plus de 60 000 hectares propose à la fois des vins faciles et accessibles à prix tout doux et des vins construits pour traverser les décennies aux prix devenus fort élevés depuis quelques temps.
L’objectif de cette session était de partir découvrir quelques-unes des plus grandes cuvées des Bodegas connues et reconnues de la région, tout en omettant pas de mettre en avant des cuvées de vignerons plus confidentiels. 

Vinícola Real, 200 Monges Blanco Reserva  2010

90% Viura 10% malvoisie

 Ce vin, je l’avais choisi pour être un sparring partner pour les 2 vins blancs suivants de la dégustation. Le bougre n’a pas souhaité garder ce statut et a été largement boxer avec ses camarades de jeu.

 La robe se pare d’un beau jaune or.
Son nez, élégant et expressif s’ouvre sur des notes de fruits blancs, de citron, une touche ananas et des notes fumées tirant vers l’allumette.
La bouche se montre un modèle d’équilibre et d’élégance. Ample mais structurée du début à la fin par une belle acidité qui lui donne du relief. La finale se trouve prolongée par des amers fins et salivants.
Bref, un vin complet que je vais encaver à nouveau. C’est une certitude. 

Marqués de Murrieta, Capellania, 2016

100% Viura 

Cuvée phare du domaine en blanc. Produite à partir d’une parcelle se situant à 485 mètres. Une des plus hautes du domaine Ygay.

La robe se montre jaune avec des reflets verts.
Le nez prendra un peu de temps à se mettre en place. Avec un peu d'aération dans le verre, il se montrera élégant et expressif sur des notes d’ananas, de fruits blancs, une note minérale presque pétrolante.
Le vin se pose sur une entrée en bouche ample puissante presque tannique. Ensuite il déroule sur une structure basée sur une superbe fraîcheur minérale/ fumée.
La finale claque sur de jolies notes d’élevages déjà très bien intégrée et de fins amers.
Très joli et à attendre sereinement encore une paire d’années pour ouvrir la suivante.

 Remírez de Ganuza, Olagar Gran Reserva Blanco, 2016

70% Viura, 20% Malvasía, 10% Garnacha Blanca

 D’une robe jaune vert.
Son nez n’est pas totalement en place sur des notes de fruits blancs, un brin de vanille, des arômes typiques d’un vin encore fort jeune, comme le pain ou la levure de bière.
En bouche, c’est un vin puissant qui prend de la place, presque tapissant en attaque. Ensuite, il déroule sur une belle fraîcheur minérale et des amers fins qui portent le vin assez loin. Au niveau aromatique, le vin se montre compacte et un brin ferme ne se livrant pas beaucoup à ce stade.
Un vin qui a tout sans aucun doute, mais il est urgent de lui laisser du temps pour se délier et déployer ses ailes. Néanmoins, c’est déjà un beau vin.


 Olivier Riviere, Ganko, 2018

80% grenache noir, 20% Mazuelo (carignan)

Pour commencer sur les rouges, je voulais partir sur un vin à dominance de grenache pour montrer le style de profil que l’on peut trouver dans l’appellation.Ici, chez Olivier Rivière, oenologue français qui a fait son trou dans la région. 

La robe se pare d’un joli grenat. Moyennement foncée, il est encore facile de voir à travers.
Le nez déploie des notes élégantes de fraise et cerise avec un côté yaourté comme on retrouve fréquemment en Espagne.
En bouche, c’est un vin en demi-corps, souple en attaque avec des notes plus épicées qu’au nez et à la finale encore un brin serrée.
A ce stade, il est à accompagner d’une viande pour matcher avec ses tanins, mais son joli fruité en fait déjà un agréable compagnon. 

Bodegas Tritium, El Largo Graciano , 2015

100% graciano

Un domaine pour lequel je n’ai pas beaucoup d’information, mais qui travaille à tendance Bio voire plus d’après ce que j’ai trouvé et proposant une gamme classique et une gamme premium dont provient ce vin.
Le graciano est un cépage endémique de la région qui se retrouve souvent en assemblage avec le tempranillo pour lui amener plus de fraîcheur et d’épices. Ici, je voulais montrer une cuvée plus ambitieuse à base de ce cépage qui mérite que l’on s’y intéresse.

La robe rubis, se montre moyennement sombre.
Le nez assez expressif sur des notes de fruits rouges, d’épices, de chocolat, de poivre, évoque un style à la bordelaise avec un élevage assez élégant.
L’attaque se montre pleine, enrobante presque veloutée sur des notes d’épices, de petites fruits rouges acidulés, de poivre, de bois de cèdre. Un vin que je qualifierais à la fois d’aristocrate par son côté bordelais et moderne par son fruité. La finale propose des tanins présents mais fins et élégants qui allongent le vin.
Première rencontre sur un vin de ce domaine. J’ai bien aimé et je serai curieux d’ouvrir les autres cuvées que j’ai en cave. 

La suite de la dégustation s’intéresse à deux grands de la région sur les plus belles cuvées qu’ils proposent.

Marqués de Murrieta, Castillo Ygay Gran Reserva especial, 1987

84% Tempranillo, 16% mazuelo (carignan) 

Comme un peu trop souvent chez Murrieta sur les vieux millésimes, le bouchon est complètement imbibé et explose même en ayant essayé d’ouvrir la bouteille au bilame.
Cette cuvée mythique du domaine provient d’un parcellaire "La plana" planté en 1950 et situé aux alentours des 480 mètres d’altitude.

La robe se montre pâle et tuilée.
Le nez assez expressif déploie des notes de jus de viande, balsamique, de fruits noirs comme le pruneau et un côté animal. Même si ce sont des marqueurs assez classiques des vieux tempranillo, ce nez montre que cette bouteille a une évolution plus importante qu’attendue sur un millésime comme 1987.
En bouche, le vin possède une structure élégante en demi-puissance et une aromatique qui va gagner en complexité à l’aération avec des notes d’agrumes (orange sanguine) et de truffe. Une belle acidité donne de l’allonge à la finale du vin qui n’en finit pas de dérouler.

Bilan de ce vin assez mythique un peu mitigé. S’il est d’une grande complexité et finesse, il a passé son plateau de maturité ce qu’il n’aurait en théorie pas dû être le cas. In fine, c’est un très beau vin, mais pas forcément à la hauteur de sa réputation. Du moins pour moi. 

Marqués de Murrieta, Dalmau, 2000

85% Tempranillo, 10% cabernet sauvignon 5% graciano 

Nous restons chez Murrieta, mais avec sa cuvée possédant du cabernet sauvignon.

La robe se montre foncée, profonde.
Le nez expressif, complexe et élégant déploie des notes de bois de cèdre, de fruits noirs, de sous-bois. Ce nez donne l’impression de humer un grand Bordeaux sur un beau plateau de maturité.
En bouche, le vin se montre à la fois puissant, élégant, aristocrate mais aussi juteux et sanguin comme peuvent l’être les grands tempranillo et qui leur donne une âme et personnalité difficilement égalable. C’est aussi un festival aromatique entre les fruits noirs, la réglisse, le chocolat, le sous-bois, les petites baies rouges, le côté sanguin. La finale possède une belle allonge portée par une fraîcheur et des tanins intégrés.

Bon, c’est certainement mon coup de cœur en rouge depuis le début de l’année. Ce vin a tout et est sur un beau plateau de maturité.
Je serai curieux de le mettre dans une dégustation avec un grand Bordeaux à côté pour voir comment il pourra se comporter. Dans tous les cas, il porte haut les couleurs de son appellation.

 Artadi Viña El Pisón, 1999

100% tempranillo 

Un domaine et une cuvée que l’on ne présente plus. Vignoble de 1945 planté à Laguardia à 480 mètres d’altitude. Par rapport à Murrieta qui est le garant de la tradition de la Rioja, Artadi propose des vins au style plus moderne.

Robe assez sombre.
Le nez déploie des notes élégantes de fruits noirs, encaustique, de cerise et un côté sanguin.
En bouche, si le vin propose une belle ampleur en attaque, il est rapidement structuré autour d’une fraîcheur graphite, minérale qui lui donne une très grande allonge et une droiture qui fait que l’on donne difficilement plus de 20 ans à ce vin tant il paraît encore jeune et plein de potentiel. Niveau aromatique, c’est tout en élégance autour de notes de cerise, de sous-bois, pointe de fruits noirs et de notes sanguines.
Déjà très bon dans un style plus austère, mais il en a encore beaucoup sous la pédale.

Voilà qui clôture la dégustation prestige du cycle. Globalement, la Rioja a pu démontrer qu'elle n'usurpait pas sa réputation.

Prochain épisode fin Mars!


 

Laurent
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11 Fév 2024 14:17 #14
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Cette semaine, nous continuons notre tour d’Espagne en partant à la découverte de la Castilla y Leon. Il s’agit de la plus vaste communauté autonome du pays (faisant presque trois fois la taille de la Belgique) au sein de laquelle existe actuellement 10 D.O. et 3 « Vino de Calidad con indicacion geogragica ». Si sa réputation est mondiale grâce à des appellations comme Ribera del Duero, Toro ou Bierzo, la plupart de ses grands domaines sont assez récents. En dehors de quelques exceptions comme Vega Sicilia, ils sont presque tous issus de projets de moins de 30 ans. 

La région est entourée de chaînes de Montagne quasiment de tous les côtés et repose sur la partie nord de la Mesata centrale, vaste plateau d’altitude qui occupe près de la moitié de l’Espagne et qui dans la région s’élève en moyenne à 750/800 mètres d’altitude.

Voici les vins de la soirée : 

Isaac Cantalapiedra, Majuelo del Chiviritero, :  vino de Mesa, 2021

100% Verdejo (Zone de production La Seca en Rudea) 

La robe se montre jaune pâle. Le nez d’abord peu expressif va gagner en s’aérant dans le verre. En premier lieu sur des notes levurée, saline, minérale et encaustique. Il va ensuite développer des notes de poire, touche fumée.
Le vin déploie une bouche tout en équilibre et structurée autour d’une belle fraîcheur. La finale se déploie autour de beaux amers donnant de la longueur et de la profondeur au vin. Elle se montre un brin sèche, comme s’il y avait un peu de tanins, d'extraits secs.
Un vin assez éloigné du côté variétal que l’on peut connaître du cépage.
Joli et de gastronomie.

José Pariente, Cuvee Especial, D.O. Rueda, 2021

100% Verdejo. Secteur de la Seca.

Le domaine José Pariente propose des vins qui sont connus et reconnus en Rueda. Un grand classique qui ne déçoit jamais.Cette cuvée, une des dernières-nées, est élevée 11 mois dans des cuves ovoïdes de ciment.

La robe se montre jaune avec des reflets verts. Le nez de suite assez expressif déploie des arômes de fruits exotiques comme l’ananas, la mangue, le citron vert.
En bouche, le vin ne manque pas de volume, avec même un côté un peu gras presque sucré en milieu de bouche mais le tout reste structuré autour d’une belle acidité. La finale déploie de fins amers qui prolonge le vin.

Dans un registre plus classique par rapport à son cépage, la comparaison avec le vin précédent est tout à fait intéressante et démontre avant tout le potentiel de cette appellation lorsque des domaines se donnent la peine de bien travailler les vins.

Alvar De Dios Hernández, Las Vidres, VT Castilla-León, 2019

100% Doña Blanca et passé 11 mois en fûts de chêne français usés.
Le domaine se situe au niveau de la D.O. Arribes.

Robe assez pâle. Le nez ne se montre pas hyper expressif, sur de légères notes de miel, de fruits blancs, de fleurs blanches, fenouil et citron.
En bouche, nous sommes face à un vin tout en tension et manquant un brin de structure. Il est très peps, minéral sur des extraits secs.
Un vin janséniste en l’état et difficile à lire, surtout vu sa gamme de prix (plus de 45 euros). Un essai non transformé pour ce cépage endémique.

Mengoba, Las Botas, Vino de Mesa, 2018 

100% Godello sur le territoire de la D.O. Bierzo avec la spécificité de passer 10 mois en fûts de chêne de manzanilla.

Je voulais sortir un peu des sentiers battus et des domaines très connus de l’appellation et proposer une des nouvelles étoiles montantes. Ici, le domaine appartient à Grégory Perez, qui a entre autres, travaillé chez Cos d’Estournel avant de s’installer dans la région.

La robe se pare d’un joli jaune or assez soutenu. Le nez très expressif déploie des arômes d’allumette, de tourbe, de citron confit, touche balsamique, un peu aigre douce.
La bouche se montre ample et puissante en attaque. Le milieu se structure autour d’une belle acidité. La finale se déploie sur les arômes tourbé et balsamique du nez.
Un vin avec un parti pris assumé, qui ne laisse pas indifférent les dégustateurs. Dans un style presque jurassien, personnellement j’ai beaucoup aimé. 

Mengoba, Mencía de Espanillo, D.O. Bierzo, 2019  

90% Mencía, 5% Alicante Bouschet, 5% Godello, 11 mois dans des foudres de 2500 litres 

Nous continuons en rouge avec le même domaine. Sa robe est moyennement foncée. Le nez assez expressif déploie des arômes de jus de viande, d’épices, de poivre, de fraise ainsi qu’une pointe florale à l’aération. Assez joli.
La bouche se montre charmeuse, juteuse, immédiate mais sans manquer de fond sur ce côté très jus de viande, sanguin, presque un peu métallique. Le tout se montre frais et bien équilibré.

Un mencia assez bien typé.


Bodegas Estefania, Tilenus Pieros, D.O. Bierzo, 2002   

100% Mencia. 18 à 22 mois dans des fûts de chêne français.

Nous sommes ici sur un style de mencia beaucoup plus sérieux, foncé, et qui même après plus de 20 ans se montre encore marqué par son élevage à la bordelaise. En dehors de cela, au nez, il y des notes de jus de viande et de fruits rouges.
La bouche se montre ample, généreuse, puissante tout en gardant en finale la fraîcheur du cépage.
Un vin plus sérieux qui n’a pas encore terminé son histoire. D’une jeunesse insolente. 

Nous passons ensuite à la comparaison de trois vins sur la même appellation mais avec trois styles différents.

Dominio del Águila, Pícaro, D.O. Ribera del Duero, 2021  

85% Tempranillo, 5% Albillo, 5% Bobal, 5% Garnacha Tinta. 19 mois en fûts de chêne.

Une cuvée d’entrée de gamme pour ce jeune domaine qui en peu d’années est arrivé au sommet de son appellation.
La robe se montre violacé, sombre. Le nez, très expressif, presque carbonique déploie un mélange de fruits rouges et noirs qui partent un peu dans tous les sens et une touche vanillée.
En bouche, le vin se montre rond, juteux assez facile pour commencer avant que les tanins ne viennent marquer la seconde partie de bouche en resserrant le vin.
Un vin qui en l’état demande à manger pour dompter ses tanins, mais il a assez de tout pour être attendu quelques années le temps que les tanins se polissent un peu.

Lynus, Año de Gracia, D.O. Ribera del Duero, 2016 

100% tempranillo. Cuvée réalisée que dans les grands millésimes. 13 mois en fûts de chêne français.

Robe sombre. Nez expressif plus précis et élégant que sur le Dominio avec des notes de jus de viande, fruits noirs, cassis, réglisse, épices et vanille.
En bouche, le vin se déploie autour d’une belle matière, un joli touché de bouche soyeux. Elle ne manque pas de puissance et les tanins sont encore présents, mais il y a tout pour déjà se faire plaisir sur une belle pièce de viande . Après une longue aération dans le verre, des notes de tomates séchées, de fleurs séchées viendront compléter le tableau de ce beau représentant de l’appellation.

 Vega Sicilia, Valbuena N°5, D.O. Ribera del Duero, 1987

80% tempranillo, 20% merlot.

Comme cela arrive trop souvent sur les vins âgés du domaine, le bouchon est dans un état déplorable.
Le vin propose une robe orangée. Le nez développe des notes de jus de viande, de fruits noirs compotés et des notes balsamiques. L’oxydation est déjà présente au nez.
En bouche, si la matière se montre élégante, soyeuse et suave, les notes d’oxydations viennent gâcher le plaisir de ce vin qui est sur une pente descendante.

José Pariente, 25 años en barrica, vino de Mesa

100% verdejo de la dernière vendange de José Pariente avant sa mort: 1998. La fille de José a ensuite isolé deux fûts qu’elle a laissé vieillir avant que la génération suivante ne les mette en bouteille en 2023. Le vin est fortifié.

La robe se pare d’une jolie couleur ambre orangée. Le nez, expressif, développe de jolies notes de fruits jaunes, de noix, d’orange confite.
La bouche ressemble à celle d’un beau vin jaune du jura avec moins de puissance et de rusticité et donc plus d’élégance. Elle est pleine, expressive et invite à la méditation. Une véritable réussite qui démontre tout le potentiel de ce cépage pour explorer les vins sous voile et en milieu oxydatif. 


Laurent
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23 Mar 2024 01:27 #15
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La session du mois de mars était consacrée aux vins de la Castilla la Mancha et aux  Vinos de Madrid.
La première région représente presque la moitié du vignoble espagnol avec en vedette le cépage blanc Airen. Il s’agit de beaucoup triller pour trouver quelques pépites qui méritent le détour.
Les vinos de Madrid sont pour le moment très à la mode et connaissent une augmentation significative des cuvées les plus emblématiques de l’appellation. A noter que l’appellation est divisée en 4 sous-secteurs et que l’ensemble des vins connus et reconnus proviennent tous d’un seul sous-secteur ne représentant que 25% de l’appellation.

Pour cette dégustation, j’ai volontairement écarté quelques domaines stars qui sont assez facile à trouver en Belgique et qui étaient connus d’une bonne partie de mon groupe.

4 Monos, D.O. Vinos de Madrid, 2021

100% albillo

Robe jaune pâle aux reflets verts.  Le nez plus sur l’élégance que l’intensité développe des notes de fruits blancs, citron, anis et une trame minérale.
En bouche, le vin développe une entrée de bouche plutôt ronde, agréable et bien contrebalancée par de beaux amers sur des notes plus fumées qui amènent de la longueur et de la complexité à ce vin.
Agréable en l’état, il devrait se complexifier à la garde.

Bernabeleva, Cantocuerdas, Vinos de Madrid, 2019

100% albillo

Un domaine et un vin que j’apprécie en temps normal, mais ici rien qu’en débouchant la bouteille, l’odeur du goût de bouchon arrive au nez. Dommage, il y avait du vin. A revoir. 

El Vinculo, Alejairén, D.O. La Mancha, 2019

 100% airén 

Pour ce vin, j’avoue, mon objectif était de montrer à mon groupe un style de vin qui existe encore en Espagne et qui se rapproche d’une caricature plus que d’un vin.
Nous sommes sur une cuvée qui fait 24 mois d’élevage en fûts américains.
La robe est jaune or. Le nez très expressif développe des notes toastées, vanillées, de cuir, de cire et de fruits exotiques. A la limite de l’écœurant.
La bouche donne à voir un vin bien équilibré entre puissance et acidité jusqu’à la finale marquée par des amers trop prégnant en provenance de l’élevage. La longueur est assez étonnante.
En dehors du boisé outrancier, le vin derrière ne démérite pas, mais quand on voit qu’il va sur ses 5 ans, il est clair qu’il ne pourra jamais absorber ce boisé bien trop puissant.
Bref, on a vu, on a goutu, on reviendra plus.

  Canopy Malpaso Tinto, D.O. Méntrida, 2022  

100% syrah

La robe est foncée et violacée. Le premier nez se montre agréable, sur des notes classiques du cépage : fruits noirs, violette, tapenade d’olive. Flatteur. A l’aération, il va un peu perdre et ressortir plus le côté alcool.
La bouche simple mais efficace propose un vin juteux, rond, facile, sans grande longueur. A l’aération le vin manque un brin de finesse et son aromatique tend un peu à s’effondrer pour ressortir plus sur côté alcooleux et des arômes presque de VDN.
Bref, à ouvrir et boire rapidement. Néanmoins, à moins de 15 euros, c’est pas mal fichu. 

Venta la Vega, Ternario 10, 2017

100% Garnacha Tintorera (alicante bouschet)

 Robe foncée. Le nez assez élégant sur la crème de cassis, les fruits rouges et noirs des bois. Presque dans le style d’une syrah du Languedoc.
En bouche, le vin se montre rond, puissant, sur les fruits rouges et les épices. L’aromatique est plus mate mais pas désagréable.  Les tanins sont présents, structurent le vin mais se montrent fins et intégrés. En finale se développe un côté un peu café torréfié et une note de fraîcheur végétale qui apporte du peps à l’ensemble.
Réalisé en collaboration avec Raul Perez, c’est du bel ouvrage. 

Ca' Di Mat Los Peros, D.O. Vinos de Madrid, 2020

100% grenache noir 

Robe pâle, ton brique. Assez typique du grenache que l’on trouve dans la région. Le nez propose des arômes de cerise, bonbon à la cerise, sous-bois et quelques épices. Elégant.

En bouche l’attaque se montre ronde, suave sur un côté presque sucré sans être un monstre de puissance. Comme souvent sur les vins de l’appellation, la finale se montre un peu sèche sur des tanins fins mais puissants.
Sympa dans son genre.

Marañones, Peña Caballera, D.O. Vinos de Madrid, 2019

100% grenache noir

Robe pâle, ton brique. Nez élégant sur des notes de café, menthol fruits rouges. Pinote presque.

En bouche, on monte d’un cran par rapport au Ca’Di Mat. Le vin se montre ample, puissant, avec un côté sirop aux fruits rouges. Un vin à la fois dense et profond. La finale sèche un peu sans que cela ne soit gênant.
Joli classique de son appellation. 

Jiménez-Landi, Ataulfos, D.O. Méntrida, 2018

100% grenache noir

 Robe moyennement pâle. Nez plus mats sur les épices douces, les fruits noirs, cerise du nord. Plus marqué par l’élevage, mais le nez reste élégant.
En bouche, le vin possède une belle matière, ronde, un peu juteuse et profonde avant que le vin ne se resserre un poil trop sur la finale.
Un joli vin, mais à attendre sereinement.

Voilà qui clôture la soirée. Rendez-vous fin avril pour partir à la découverte de l'Andalousie.


Laurent
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23 Avr 2024 19:40 #16
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Pour suivre le périple : l’Andalousie. Deuxième communauté autonome en taille du pays, mais première en population.
Actuellement, elle possède 6 D.O. et aux environs des 40 000 hectares de vignes sur l’ensemble de son territoire (moins de 15 000 en D.O.). Son territoire propose des paysages très différents, du plus haut sommet de la péninsule ibérique, jusqu’à un désert unique en Europe occidentale en passant par ses zones côtières qui attirent les touristes pendant l’été.

Le but du cours était de présenter un petit échantillon de vins tranquilles avant de s’enfoncer dans les différentes mentions existantes au sein des Xérès. Mentions que l’on retrouve aussi dans d’autres appellations de la région. 

Muchada-Léclapart Univers, Vino de Mesa, 2018

100% Palomino (zone de la D.O. Xérès) – vin blanc sec tranquille

Robe jaune or, un peu trouble. Nez assez expressif sur des notes tourbée, fumée, citronnée et de pomme. Joli et élégant.
La bouche se montre un modèle d’équilibre. Fraîche, puissante, complexe, profonde et portée par des amers presque un peu tanniques en finale. Finale qui s’étire sur une note saline. La complexité du nez se retrouve en bouche.
Un vin complet qui démontre le potentiel de la région et du cépage pour de future vins secs en appellation. 

Barbadillo Nave Trinidad en Rama, D.O. Manzanilla - Sanlúcar de Barrameda, NM

100% palomino. Elevage sous la protection de la flore

Nez expressif sur des fruits blancs et jaunes. Rhubarbe, pomme, ananas, pointe anisée.
En bouche , c’est un vin en demi-corps, fin, élégant, peps avec une jolie salinité et une pointe de champignon qui arrive en même temps que les amers finaux. Peps, simple, efficace. Une joie manière de découvrir le monde des finos. 

Compañía de Vinos del Atlántico, Vara y Pulgar, Vino de Mesa, 2021

100% tintilla
Avant de monter sur les Xérès plus puissant, je voulais faire goûter un vin à base de ce cépage endémique de la région qui offre de joli vin.

Robe sombre et violacée. Nez expressif sur du cassis, fruits noirs des bois, pointe ronce et une note lactée.
En bouche, le vin se montre rond, juteux, agréable. En seconde partie de bouche, l’alcool ressort un peu plus et développe une matière plus soyeuse et gourmande avant de finir de fins tanins et des notes poivrées.
Un joli vin à la fois simple, facile d’accès sans pour autant manquer de fond. 

Williams & Humbert, Colección de Añadas Amontillado en Rama, D.O. Xérès, 2001

100% palomino
Pour suivre, un vin millésimé, ce qui n’est pas la norme dans la région. De fait, il s’agit d’un vin n’ayant pas été élevé en Solera. Cet amontillado a fait 8 ans d’élevage sous flore et 6 ans en milieu oxydatif.

 Robe ambrée aux reflets orange. Le nez se montre totalement régressif sur des notes de caramel au beurre salé, toffee. Un retour en enfance.
Avec ce nez, on pourrait s’imaginer avoir un vin sucré en bouche, mais pas du tout.Le vin, bien sec complexifie les arômes du nez en ajoutant des notes de fruits secs, noisette chocolat blanc, café. Sa matière se montre ronde et élégante en attaque avant d’être structurée autour d’une belle acidité qui donne du peps et une sacrée longueur au vin. La finale s’étire sur des notes salines et appelle à la méditation.
Un amontillado que je n’avais pas encore eu l’occasion de goûter.
Là je vais en remettre en cave. Beau produit. 

Fernando de Castilla Antique Oloroso, D.O. Xérès, NM

100% Palomino
Purement oxydatif. Moyenne de 20 ans.

Robe plus acajou, orangée.  Nez plus discret sur les fruits secs, la figue, un côté sirop d’érable.
En bouche, c’est un vin à la fois puissant, ample et droit. Le vin se montre franc, direct en montrant ses muscles sur des notes de toffee, de fruits secs, caramel et une grosse fraîcheur saline qui l’équilibre bien.
Un poil plus de gourmandise n’aurait pas été de refus, même si cela reste un joli vin.

  Lustau VORS Palo Cortado, D.O. Xérès, NM 

100% Palomino
Début d’élevage sous flore. Une fois celle-ci disparue, fortification complémentaire et élevage en milieu oxydatif. Moyenne de 30 ans.

Robe Acajou, brune, orangée. Nez expressif, complexe et élégant sur des notes de toffee, fruits secs, agrume comme l’orange amère .
La bouche possède à la fois la puissance de l’olorosso et la complexité aromatique de l’amontillado. Il est difficile de décrire la bouche. Elle se montre à la fois puissante, élégante, marquée par une belle fraîcheur saline et un toucher de bouche superbe. La finale se montre interminable dans ce palo cortado de grande classe.
Si on aime les Xérès, il représente la quintessence de ce que doit être un grand Xérès.

 Williams & Humbert, Canasta 20 años Cream, D.O. Xérès, NM

50% Palomino, 50% Pedro Ximénez
Base d’Olorosso sur laquelle on ajoute un vin sucré à base de Pedro Ximénez.

Robe ambre, orangée. Nez sur les agrumes comme l’orange, un peu de pèche. Nez très gourmand.
En bouche, c’est un bonbon, une véritable gourmandise. Le sucré vient enrober la fraîcheur si caractéristique des Xérès et apporter un confort total. Le vin se montre assez long en bouche. Le genre de bouteille... si on ne fait pas gaffe elle est vidée avant la fin du film tellement, c’est  digeste et agréable. Joli vin.

 Alvear Pedro Ximénez 1927, D.O. Montilla-Moriles, NM. 

100% Pedro Ximénez
Je voulais faire découvrir le monde des PX mais en restant “soft” sur le sirop. La cave Alvear propose cette cuvée, fruit d’une solera assez jeune et plus facile à appréhender pour des non-initiés/ amateurs.

Robe acajou foncé, presque coca. Nez sur les fruits noirs confiturés, la figue confiturée.

La bouche se montre sirupeuse, mais sans l’excès que je retrouve sur les grand PX de Xérès. L’aromatique se montre simple mais agréable sur les fruits noirs confiturés, le raisin de Corinthe et la figue. La liqueur est puissante mais suffisamment digeste pour ne pas être lassé avec un demi verre.Bien fait, pour les amateurs du genre.   


Laurent
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27 Avr 2024 16:05 #17
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Réponse de Jean-Loup Guerrin sur le sujet Groupe de dégustation: Viva España version 2023 - L'Andalousie

 La cave Alvear propose cette cuvée, fruit d’une solera assez jeune


Laurent, elle n'a pas été commencée en 1927 ?

Jean-Loup 
27 Avr 2024 17:49 #18

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J'ai l'impression qu'il y a deux cuvées différentes : 1927 "tout court" n'a que 5 ans,

 

alors que "Solera 1927"  remonte bien à 1927

 

Eric
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27 Avr 2024 18:18 #19
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 La cave Alvear propose cette cuvée, fruit d’une solera assez jeune


Laurent, elle n'a pas été commencée en 1927 ?

Jean-Loup 

Salut Jean-Loup,

Je te confirme bien qu'il s'agit d'une jeune solera. La dégustation le démontre. Nous restons sur des fruits "frais". 

Les cavistes en ligne indiquent tous 5 ans d'âge moyen comme Eric l'a noté ci-dessus.

1927 est la date de la plus ancienne Solera encore en service au sein de la Bodega. Après, auraient-ils réutilisés des fûts de cette ancienne solera pour y mettre cette nouvelle? pas impossible, ou alors une sorte d'hommage, ou encore une façon de donner du prestige à toute la gamme? Pas d'info sur le site de la Bodega dans tous les cas.

Laurent
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28 Avr 2024 00:19 #20

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