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Les fêtes: Barolo, Krug, Lafite, Ramonet, Lignier et bien plus!

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Les vins ont tous suivi le même protocole: ouverture avec épaulage 4h avant le service, avec une température de service idéale.
La moitié de ces vins ont été acquis en direct propriété, fruit d’échange ou d’achat, l’autre moitié l’a été aux enchères.
L’ordre de narration ne reflète pas forcément l’ordre de service. Il m’a paru juste plus pertinent de les regrouper en 3 grandes familles: les effervescents, les blancs et les rouges.

Chez nous, on fête 2 Noël, le catholique, et l’orthodoxe. C'est parti.


CR: Azienda Agricola Valentini Trebbiano d’Abruzzo 2007

Première fois que je goute ce blanc du domaine. Autant dire qu’il a bousculé mon palais habitué aux chardonnay bourguignons.

Le nez est puissant sur les amandes, la noisette et le miel.

En bouche, le toucher est huileux. On a quelques notes oxydatives qui s’intègrent bien à l’ensemble qui reste frais et digeste malgré une grosse matière et très peu d’acidité. Moi qui pensait qu’un blanc devait être tendu donc avoir une trame acide pour garder un équilibre, cette bouteille m’a prouvé le contraire, avec très peu d’acidité mais beaucoup de texture et une matière très expansive qui reste souple bien que crémeuse. C'est un vin très mature où l’amande et le miel dominent en bouche. La finale est intense, herbacée et déroutante, qui tapisse la gorge, octroyant au vin une longueur sans pareil.

Objectivement c’est excellent autant que déroutant pour moi, d’avoir un blanc avec une acidité aussi basse mais pourtant parfaitement construit. Je préfère néanmoins les vins plus frais, question de goût.

CR: Batard Montrachet Grand Cru 2001 Domaine Ramonet

Nez puissant sur les arômes grillés. Je lui trouve un petit coté Coche
Bouche volumineuse sur une matière imposante. Le jus est minéral sur la pierre mouillée avec un peu de gras et une très belle tension. Avec le temps viendra des arômes salins très marqués. Le vin a une énorme présence en bouche, complexe et profond, il se délie complètement.
La finale se resserre un peu, avec ce coté salin qui ne quittera pas le vin pour finir sur une longueur que j’aurais voulu plus en adéquation avec la bouche qui était magnifique.

C’est excellent malgré tout, juste que le manque de longueur lui empêche de monter de niveau.

CR: Clos Saint Hune Trimbach 1988

Joli nez sur les fruits exotiques.

La bouche reste fraîche et fruitée, à l’image du nez, l’attaque est très plaisante, ronde avec une jus tendu et une belle trame acide. A ce moment on se dit que tout y est pour avoir un beau vin même si la complexité n’est pas énorme et que l’ensemble fait très jeune. Or, le vin ne confirme pas cette belle impression avec une finale assez ordinaire et une longueur juste correcte.
C’est bien, sans plus. Ça ne vaut certainement pas le prix demandé en seconde main.
CR: Champagne de Sousa cuvée Mycorhize 2016

dégorgement décembre 2019, dosage à 3g
Cuvée relativement nouvelle dans la gamme de la maison de Sousa, son tirage reste limité. Elle provient d’une parcelle d’Avize exclusivement labourée avec un cheval pour éviter le tassement des sols. Nous sommes donc bien évidemment sur un blanc de blancs grand cru.

Le nez est très fort sur la levure.
En bouche, au vu de la jeunesse et de l’origine, je m’attendais à quelque chose de très droit, très tendu, mais le contre-pied fut total: bulle très fine et éparse combinée à une belle rondeur. La matière est très belle, juteuse, et minérale voir saline. Très bel équilibre avec une acidité assez basse qui permet au vin de s’exprimer avec beaucoup de profondeur. Finale très minérale et cristalline.

Excellent, et ce sera superbe en laissant reposer quelques années. J’ai adoré.



CR: Ca del Bosco Annamaria Clementi rosé 2008

Nez sur le fruit rouge.
Bouche assez fraîche et très fruitée, c’est très agréable mais d’une construction simple, l’équilibre est bon malgré la longueur courte. Pour le prix, c’est à dire environ 100€ c’est beaucoup trop juste, des rosés de vignerons champenois 2 fois moins chers surclassent cette cuvée sans forcer.


CR: Krug Collection 1988

dégorgement 2017. Composition: 50% de pinot noir, 32% chardonnay et 18% pinot meunier

Robe dorée avec bulles éthérées. Le nez est opulent, sur le miel, les épices et les fruits blancs.

En bouche, on a forcément ce toucher crémeux qui fait la réputation de la maison. Le vin fait très jeune, à l’aveugle on lui donnerait 10 ans de moins. Le jus se veut délicieusement floral, avec une touche fruitée sur la fraise écrasée. La complexité de ce vin est époustouflante, au nez comme en bouche, on a un kaléidoscope de saveurs et d’arômes: miels, pommes, noisettes, fleur d’oranger, truffe, tout y passe sur fond d’équilibre magistral et velouté. La fraîcheur ne quitte pas le vin, tout est fluide, évident, la partition est jouée superbement.
Merveilleuse finale qui concentre des notes de cannelle, de torréfaction et de sirop d’érable. La longueur est à l’avenante, c’est grandiose avec cette touche de fraîcheur.

Grand et noble champagne, je ne me lasse pas de cette émotion qui me saisit à chaque ouverture d’un Krug Collection.
CR: Dom Pérignon 1988

Un mot: netteté. On parle beaucoup de Dom Pé, de son rapport qualité prix, de la pertinence d’en acheter… Moi qui ai vu dans cette année 2020 beaucoup de champagnes des années 80 s’effondrer, je me dis que finalement, j’ai rarement vu un Dom Pé défectueux.

Cette bouteille ne déroge pas à sa réputation. Le nez est miellé, caramélisé, avec une touche de morilles qui lui donne beaucoup de caractère. L’effervescence est encore active.
La bouche reste fruitée, fraîche avec une belle amplitude et un très bel équilibre. Il y a un fond citronné, peu d’oxydation avec une touche vineuse. La finale est magnifique, mentholée et fraîche, qui donne une grosse allonge au vin.

C’est excellent, comme souvent avec des Dom Pé agés.

CR: Krug Collection 1990

Nez sur la prune et la cannelle, des épices prendront le dessus par la suite avec un joli fumé

Bouche onctueuse et structurée. Les épices accompagneront ce vin en filigrane du bout en bout, rarement eu ça sur un champagne. Le festival de saveurs bat son plein, et la fusée décolle: fruits confits caramélisés, et un abricot très puissant. Le vin est plus solaire, mais avec une acidité qui lui donne une jeunesse insolente.
Finale plus compacte que le 1988, sur des saveurs pâtissières comme la tarte au citron, alors que la longueur, énorme, se fait saline. On est sur une dualité sucrée/salée très surprenante avec ce vin.

Le Collection 1990 est plus rustique que le 1988. Seul, il aurait tout dominé. Mais l’accomplissement du Collection 1988, sa sérénité et sa complexité font que le Collection 1990 est un ton en dessous, tout en restant un magnifique champagne.

CR: Champagne Tarlant Blanc de Noirs “La Vigne Royale” 2003

dégorgement 2014

Très beau nez sur la fraise, les framboises et la pomme confite.
Effervescence très maîtrisée. En bouche, j’attendais quelque chose de très puissant, mais la patine du temps est déjà là, il faut dire que chez Tarlant on ne précipite pas la sortie des cuvées. Le toucher est beau, élégant, avec la force du terroir de Celles lès Condé. Le millésime est également bien dompté: bien que d’acidité basse, le vin reste frais et parfaitement équilibré.
C’est un excellent champagne de table avec un fruit rouge très puissant en bouche qui possède une belle allonge et une finale intense. Il s’est parfaitement inséré au milieu des autres champagnes dégustés qui furent de haute volée.



CR: Rosso di Montalcino Biondi Santi 2000

Nez fruité et épicé
La bouche est d’une construction simple. Fluide mais gourmand grâce à une belle matière fruitée, le vin donne beaucoup de plaisir. La finale est épicée et la longueur correcte. L’ensemble est convaincant.

CR: Barolo Cerequio 1997 Roberto Voerzio

Nez terreux et métallique
La bouche est oxydative avec un jus généreux. Il n’y a plus aucune trace de fruit. En dégustation pure, l’équilibre est discutable surtout avec cette pointe d'acidité finale qui réhausse un vin assez fluide. Cependant, à table, avec du pata negra et de la belle charcuterie italienne, il s’avère un bon compagnon ayant du répondant. L’ensemble me paraît tout de même beaucoup trop juste pour un Barolo d’un domaine réputé.

CR: Barolo Rocche Dell’Annunziata Riserva 1996 Paolo Scavino

Nez terreux, sur l’épice, le tabac et la truffe.
La bouche est massive. Le vin est épais avec des notes balsamique et de cuir. Le vin est très structuré, on a l’impression de fumer un gros cigare. Finale très intense sur l’épice avec des tannins fondus mais qui restent présents.
Très bien dans le style mais je trouve que ça manque de fraîcheur voir d’élégance, c’est un vin qui fatigue vite le palais.

Haut Brion 1982

Vin complètement plat et oxydé, le bouchon était à la limite de la coulure.

CR: Barolo Granbussia Riserva 1996 Poderi Aldo Conterno

Le remplaçant du Haut Brion 1982
Nez sur le cuir et les épices.
La bouche est dense mais l’attaque reste souple, notamment grâce un bel équilibre. Heureusement car on a une grosse matière qui se délie totalement en bouche. C’est un beau Nebbiolo parfaitement élevé et mature avec une touche de cèdre. Des arômes de roses fanées, de cassonade et de cigare se mêlent harmonieusement dans le palais. La finale est belle, intense et épicée, avec une belle longueur.

Un excellent Barolo comme je les aime, souple et typé à la fois, il a remplacé avec brio le Haut Brion 1982 alors que la marche était haute.

CR: Pauillac Chateau Lafite Rothschild 1986

Nez très aristocratique sur le cèdre, le cigare et la truffe. Tout en retenu, ça diffuse mais ça n’explose pas.

Magnifique toucher, tout en retenu encore une fois, et le vin déroule sa matière veloutée: le jus est vraiment beau, truffé, sur le tabac et une touche de violette. Le vin est texturé, c’est noble, d’ailleurs de bout en bout on a vraiment l’impression de quelque chose de royal. Le vin est profond, très fin, presque bourguignon. J’aime beaucoup ce coté cristallin qui enchaîne les facettes tertiaires. C’est classieux et assez différent de ce que j’ai bu sur Bordeaux jusque là. J’essaie de comparer à un Cheval Blanc fougueux de 1982, ou au très sérieux Lynch Bages 1986 mais ce vin est vraiment particulier,il a sa personnalité propre. Finale tout en douceur sur le cèdre et la truffe qui s’étire de façon admirable si bien que le vin reste en bouche.

C’est grand, il y a une présence, il ne s’impose pas, il s’installe avec classe. Accord magnifique avec une cote de boeuf maturée et persillée.

CR: Clos de la Roche domaine Hubert Ligner 1996

Petit mot sur le bouchon: absolument parfait. Rare de voir un vin qui va sur ses 25 ans avec un bouchon à peine imbibé sur le disque. Il aurait pu encore vieillir 40 ans.

Nez très accrocheur sur les pelures d’orange et les fruits acidulés.
Le vin est aussi velouté qu’énergique en bouche. On y reconnaît la marque du millésime avec une acidité parfaitement intégrée à un ensemble convaincant. L’orange est une des saveurs qui accompagne le plus le vin qui se veut juteux et plein de vie. Tendu et serein à la fois, la matière est dense. Avec l'aération, le vin se veut plus noble et texturé avec une touche florale. Finale pratiquement rocailleuse que je retrouve sur des chardonnay sur une note de pierre mouillée. Très belle longueur qui s’étire majestueusement.

Excellent, vraiment un beau pinot noir.


Au final, Krug Collection 1988 et Lafite 1986 se distinguent nettement, viennent derrière sur la seconde marche le Granbussia 1996, Le Batard Montrachet 2001 Ramonet, Clos de la Roche 1990 de Lignier et le le Krug Collection 1990. Dom Pé 1988 et le Tarlant n’ont pas démérité, au contraire, ils ont donné énormément de plaisir. Le Sainte-Hune et le Voerzio furent décevants.
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10 Jan 2021 16:21 #1

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