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Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

  • Benoit Hardy
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Champagnes d'auteurs et belles bouteilles a été créé par Benoit Hardy

Les conditions d'ouverture ont été rigoureusement identiques pour tous les vins, à savoir 4h d’épaulage pour les vins tranquilles et 30min à 1h pour les champagnes.

J’ai classé les vins par couleur et non par ordre d’ouverture par souci de cohérence.

Champagne Tarlant “La Vigne d’Antan” 2002

dégorgement 2015.

Cuvée provenant de vignes pré-phylloxérique.

Le nez est très céréalier avec des arômes de levure. Ensuite le fruit exotique dominera.

La bouche est très droite avec une matière souple. Le fruit exotique comme l’ananas domine. Ce champagne est très structuré puisqu’après le fruit vient un côté fumé et minéral très prononcé, avec une fine acidité élancée qui propulse l’ensemble. C’est cohérent et ça enveloppe le palais. La finale est par contre austère voir parfois asséchante lors de la montée en température dans le verre.

C’est très bien et une expérience étonnante en bouche, un champagne très précis, je lui ai trouvé un penchant très sauvignon. Dommage que la finale ne soit pas plus souple et causante.


Champagne Benoit Lahaye Bouzy Grand Cru 2015 “Le Jardin de la Grosse Pierre”

Dégorgement 02/2020

7 cépages: Pinot Noir, Pinot Meunier, Pinot Blanc, Chardonnay, Arbanne, Petit Meslier, Fromenteau.
J’avais oublié ce que c’était que d’ouvrir un champagne si jeune. Ouverte à l’improviste, pour la science, tel un sacrifice, cette bouteille fut un délice.

Nez vif et profond sur la craie et les agrumes.

La bouche est extrêmement minérale. C’est crayeux, avec des saveurs de pierre mouillée. Puis la matière vient prendre le dessus avec un fruit éclatant, très pur, tendu par une fine acidité qui permet au vin de se livrer et de dérouler tranquillement. Je pensais que ça allait être très droit, mais c’est déjà prêt, l’aération lui donne une touche vineuse, c’est un champagne souple, à l’aise et surtout, multifacette. L’aération lui donnera un coté vineux très fin, c’est profond et équilibré avec une finale magnifique, mélange de craie et de fruit qui se distille dans une grande et belle longueur.

C’est vraiment excellent et déjà prêt à boire.


Champagne Lamblot “Les Côtes Chéries” Extra Brut

dégorgement: juillet 2019

500 bouteilles par an, autant dire que c’est une rareté. Agrégation d’un millésime et d’une parcelle de pinot meunier en provenance de la Commune de Gueux.
Le champagne a vraiment gagné à l’aération, avec un nez oscillant entre craie et miel.

La bouche est déjà bien évoluée de façon surprenante. Une fois l’effervescence plus calme, le jus est vineux et texturé. Il y a un coté oxydatif bien maîtrisé, fondu dans un ensemble cohérent et très équilibré. Jolie finale sur la noix.

Très bon champagne, très particulier pour un pinot meunier tendu et mature, qui rappelle les vins du Jura.


Champagne Ulysse Collin rosé de Saignée “Les Maillons” 2016

Dégorgement mars 2020. 100% Pinot noir.

Effervescence très vive qui s'assagit à l’aération. Nez très flatteur sur la framboise.

Bouche très énergique, encore compacte, sur un jus concentré. C’est frais et dense à la fois, sur le jus de framboise qui est omniprésent. Bel équilibre qui finit sur une finale fruitée et acidulée avec une longueur qui s’étire.

Excellent. J’ai aimé cette framboise explosive et fraîche qui va certainement gagner en plénitude avec le temps.

Dom Pérignon rosé 1996

Le nez est délicieux sur le coulis de framboise. des arômes fumés apparaîtront à l’aération.

La bouche reste très fraîche ce qui permet à l’énorme matière de s’élancer sans lourdeur. Le jus tapisse la bouche comme de la confiture de fraise. Le fruit des bois restera d’ailleurs dominant tout au long de la dégustation. L’acidité est parfaitement intégrée dans le vin qui se veut ample mais velouté. C’est d’une souplesse incroyable pour la concentration qu’il y a et très équilibré. La finale est plutôt douce, rehaussée par une touche de fumé qui octroie une magnifique longueur à l’ensemble.

Complexe, vibrant, soyeux et intense à la fois, pour moi c’est un magnifique rosé qui est à son apogée.


Domaine des Comtes Lafon Meursault 1er Cru Perrières 2005

Nez extrêmement beurré.

Bouche massive sur les noix et les fruits à coque, l’attaque est franche. La matière est dense, la noisette prendra le dessus au fil de l’aération. D’ailleurs l’aération aura un effet déterminant sur le vin, mais de façon assez négative. Le manque de tension fut perceptible dès le départ, et s’amplifiera. Le vin a tendance à devenir pataud et ce problème d’équilibre va influer sur l’allonge du vin. Si la finale est comme l’attaque, massive et beurrée, la longueur est assez quelconque.

C’est très bon mais loin d’être transcendant au vu du pédigré. Je dirai même que cette bouteille semble déjà avoir dépassé son apogée vu son évolution au fil de la dégustation.


Cantina Vietti Barolo Riserva Villero 1997

Voilà un Barolo très bourguignon et évolué.

Le nez est très parfumé avec des fruits noirs, de la myrtille et des épices. L’aération mettra en avant de belles senteurs terreuses et de truffe.

La bouche est très douce. L’attaque est soyeuse et le jus est texturé sur des arômes de fruits confits et de cuir. Le vin est structuré, on a l’impression de franchir un palier à la fois, avec un équilibre parfait et tout en douceur. La matière est là, juteuse mais douce, et le vin s’exprime totalement. C’est très beau et racé, aérien et terreux à la fois. Finale intense avec des tanins fondus qui glisse toute seule sur le cèdre et la boite à cigare, le tout agrémenté d’une longueur énorme.

C’est grand, un ton au-dessus du Granbussia 1996 de Conterno bu quelques semaines avant, car plus profond et kaléidoscopique.


Domaine Bouchard Père et Fils La Romanée Grand Cru 2001

Le vin aura mis du temps à se révéler.

Le nez fut au départ très classique et jeune sur un fruit rouge acidulé. Avec l’aération, la truffe sortira nettement.

En bouche, le vin est d’abord sur une grosse matière assez compact et rectiligne. Puis vint la délivrance: le vin s’ouvre, avec un jus puissant, fruité et complexe sur un tertiaire naissant avec des notes de cuir et de fleurs. Le jus est texturé avec un très beau touché. Bel équilibre qui donne de l’allonge. L’ensemble, bien que très beau, manque cependant encore un peu de profondeur pour franchir un palier. Peut-être en attendais-je trop? En tout cas, il n’a cessé de s’améliorer, la patience sera donc récompensée avec ce vin. Finale majestueuse, digne de son rang, aussi intense que soyeuse sur une grande longueur qui s’étire encore et encore.

C’est excellent mais pas immense comme le terroir et surtout le prix réclamé peut le laisser supposer.


Castello di Ama Chianti Classico Vigneto Bellavista 1997

Nez qui oscille entre notes mentholées, cuir, et la cerise.

La bouche n’aura de cesse de prendre de l’ampleur. D’un toucher texturé, le jus devient intense. Bel équilibre, le tout restant frais et digeste grâce à un trait d’acidité bien intégré. C’est profond et complexe sur le cuir et les fruits noirs. La finale est très intense, légèrement herbacée avec une belle longueur.

Cependant, dommage que le vin, après avoir éclos suite à l’aération lente, s’éteindra peu à peu au fil de la dégustation pour devenir mutique et fluet. A ne pas garder plus longtemps donc.

Très bien cependant.


Chateau Clinet Pomerol 1989

Nez très puissant sur tout ce qu’il se fait de mieux à Bordeaux: tabac, cuir, menthol et fruit confit. C’est très aristocrate.

Bouche d’un toucher délicieusement soyeux avec un jus qui se déploie de façon sereine en bouche. La matière est d’un velouté exquis, pleine d’efficacité et de sang froid. On a tour à tour des arômes de caramel, de cèdre, de fruits noirs, de cacao, de cèpes, de truffes… Chaque gorgée de ce vin riche et envoûtant permet d’allonger la liste. Il impressionne car l’ensemble est diaboliquement harmonieux, dense, mais terriblement facile à boire. Équilibre d’orfèvre et finale précise, intense et légèrement épicée qui permet à une longueur énorme tel un taffeta de soie de se dérouler tranquillement.

Grand vin, grande émotion, les critiques ne se sont pas trompées: c’est bien une légende.


Gaja Langhe Sori San Lorenzo 1996

Nez poussiéreux sur le tabac

Bouche fluide sans structure, le vin glisse sur la langue sans laisser beaucoup de trace, c’est imprécis et flottant. La finale rattrape un ensemble beaucoup trop juste sur une belle intensité épicée avec une bonne longueur qui laisse des arômes de cuir.

Pas au niveau des Gaja dont j’ai pris l’habitude de déguster, c’est bien mais sans plus. Problème de bouteille?


Antinori Solaia 1997

Nez sur la boîte à cigare, la truffe et les fruits noirs.

Bouche aussi dense que douce. Matière ample, sur le tabac, qui tapisse le palais. On a une belle acidité qui propulse le vin sur un excellent équilibre. C’est juteux, profond et très soyeux à la fois. On a du sous-bois, des fruits noirs et des épices. Les tannins sont fondus avec une magnifique finale truffée sur laquelle s’étire une longueur majestueuse. C’est très élégant et jeune à la fois.

Grand Solaia qui a la vie devant lui.

Penfolds Grange 1995

Nez épicé et terrien, c’est racé et poudré à la fois.

Bouche étonnamment assez souple, l’année 1995 fut assez difficile en Australie, mais la structure et la complexité y est avec des arômes enveloppants de fruits noirs et de vanille. Le jus est encore très jeune et l’aération lui fait le plus grand bien puisque le vin devient délicieusement sanguin. Equilibre parfait, le vin déroule sereinement et offre de très belles choses, pour finir sur une finale mentholée agréable et des tannins fondus et une belle longueur.

Un excellent vin, très élégant.


En conclusion, à part le Gaja, tous les vins étaient d’un haut niveau. Sans être un forcené du classement, si je devais faire ressortir un quinté de tête sur les 13 ce serait:

1) Chateau Clinet 1989
2) Dom Pérignon rosé 1996
3) Vietti Barolo Riserva Villero 1997
4) Antinori Solaia 1997
5) Champagne Benoit Lahaye “Le Jardin de la Grosse Pierre” 2015
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17 Fév 2021 22:21 #1

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Réponse de tomy63 sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Est-ce que ça vient de la photo ou La Romanée 2001 avait vraiment une couleur très foncée ?
17 Fév 2021 23:40 #2

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Réponse de MatthieuS sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Belle sélection!
J'ai eu le même ressenti sur les Perrières 2005, même plus négatif.
Il y a maintenant 2 ans environ: un vin fatigué, sans brio malheureusement, pas vraiment de premox mais pas très net...
Le Cinet 89 donne soif :woohoo:

Matthieu
17 Fév 2021 23:41 #3

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Réponse de Frisette sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

La robe du Perrières fait quand même bien oxydée, non?

Flo (Florian) LPV Forez
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17 Fév 2021 23:47 #4

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Ne vous fiez pas à la photo du Perrières, l’environnement et la lumière très « jaune » accentue en effet cette sensation d’oxydation mais il n’en avait aucune trace. C’est juste un vin sans ressort que l’inflation bourguignonne a rendu le prix totalement déconnecté par rapport au niveau intrinsèque du vin. D’ailleurs c’est pas la première fois que j’ai le coup avec cette cuvée du domaine dans une année un peu décriée, c’est faible eu égard au pedigree. Il vaut mieux choisir un 1er cru moins huppé dans une belle année qu’un Lafon Perrières d’une année dite « millésime de vigneron ». J’enchaîne les déceptions sur les blancs bourguignons 2005 en ce moment.

La robe de La Romanée faisait très bordelaise effectivement. Encore un vin que l’inflation a rendu inaccessible et pourtant il ne m’a pas fait vibrer. Acheté il y 10ans quelques centaines d’€, il en vaut aujourd’hui plus de 1000, c’est délirant. Relative déception à tel point que je me suis demandé si je n’allais pas revendre mes autres bouteilles vinifiées par Bouchard. Ça fait suite à un CM Cabotte 2004 qui ne m’avait pas fait décoller non plus. Y a tout de même moyen de sortir autre chose au vu de l’écrin que constitue le terroir. Trop exigeant? Franchement au vu du tarif réclamé pour cette Romanée c’est pas extraordinaire.

Le Clinet était juste souverain, magnifique vin.

J’insiste également sur le Benoit Lahaye qui lui m’a impressionné. Tournant autour des 80/90€ on a là une bouteille qui va taper quelques cuvées prestiges sans génie de grosses maisons champenoises.
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18 Fév 2021 06:04 #5

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Même concept que précédemment: une majorité de champagne ponctuée par quelques (très) belles bouteilles. Les conditions d’ouverture furent identiques à celles citées plus haut, à savoir 4 à 5h d’épaulage dans la bouteille avant le service pour les vins tranquilles, et un bon 30 minutes d’aération pour les champagnes avant le service. Seul le Valentini fut passé en carafe car il le réclamait.

Champagne René Geoffroy Les Houtrants complantés

Tirage 2013 - 1002 bouteilles - dégorgement novembre 2019

Fleuron de la gamme Geoffroy, les Houtrants est une parcelle complantée de façon aléatoire de Petit Meslier, d’Arbane, de Pinot noir, meunier et chardonnay à Aÿ, le tout labouré à cheval. Réserve perpétuelle de 2008 à 2012.

L’évolution du vin selon la température est décisive. A l’ouverture, la bulle est vive. Le nez est crayeux, sur un classique blanc de blancs. Puis le vin s’aère et vinrent les arômes de fleur et de pêche blanche.

L’effervescence se calmera très vite pour faire place à une bulle taillée sur mesure.

La bouche est vive, c’est droit dans un premier temps. Tout comme le nez, le vin va se réveiller pour dérouler toute la finesse et la profondeur de son jus. Équilibre parfait, avec la montée en température dans le verre, le vin est kaléidoscopique. Le pinot noir s’installe pour affirmer sa vinosité sur fond de coulis de framboise, et le meunier apporte une belle souplesse. Arbane et Petit Meslier donnent un surcroît de complexité avec un soupçon de menthe poivrée sur un ensemble qui se veut pur et profond. Très belle finale sur la craie et les fleurs qui ouvre la voie à une longueur magnifique.

C’est excellent, très belle cuvée que j’ai beaucoup apprécié.

Champagne Benoit Marguet Sapience 2009 Brut Nature

Pas d’indication de dégorgement, ce qui est préjudiciable pour des bouteilles de ce calibre.

De mes recherches, il en ressort que le chardonnay est majoritaire à 50%, en provenance de David Léclapart, puis le reste se divise à part égale entre le pinot meunier de chez Georges Laval et enfin le pinot noir de chez Benoit Lahaye.

Au nez, après un bon 20 minutes d’aération, la fraise écrasée domine largement. L’ensemble se fera plus floral au fil du temps.

La bouche dispose d’une texture crémeuse, avec une matière riche. Ce n’est pas un champagne exubérant pour autant, je dirais même que c’est un champagne de méditation qu’il faut prendre le temps d’aller chercher. Mais ça en vaut la peine!
Le profil est légèrement oxydatif avec un boisé très diffus et raffiné. Des arômes de pêches et de fleurs apparaissent, je trouve le vin vineux malgré la dominante de chardonnay mais peut être que c’est la maturité du millésime qui veut ça. Excellent équilibre avec une acidité parfaitement incorporée qui élance le jus. La finale est magnifique, tantôt miellée, tantôt minérale et saline, ouvrant la voie à une longueur impressionnante.

Ce champagne marche dans la cour des grands.

Champagne Ulysse Collin - Les Roises Blanc de blancs 2014 Extra Brut

30 minutes d’aération ont été bénéfiques au vin.

Le premier nez est sur la levure. Ensuite, le nez sera largement vineux puis vinrent les fruits secs. Le réchauffement dans le verre permettra d’installer des arômes floraux et de riz soufflé. Tout un programme et c’est déjà hautement complexe.

La bouche affirme de suite son penchant vineux. Que c’est déroutant! A l’aveugle je n’aurais jamais dit chardonnay. La bulle est déjà fine et l’équilibre excellent, l’acidité est déjà parfaitement intégrée à l’ensemble. La mirabelle et les fruits noirs dominent avec une touche grillée très fine. Le vin est très structuré mais je n’ai pas décelé le profil oxydatif que beaucoup y ont vu. La finale est très crayeuse avec une longueur toute saline.

Très beau vin, bien exécuté et surprenant pour un blanc de blancs jeune par sa souplesse et sa complexité.

Champagne Diebolt Valois - Fleur de Passion 2010

Nez énergique sur la craie et les agrumes.

La bouche est un concentré de fruit ultra frais. On a notamment du lychee et de la mirabelle qui tapisse la bouche avec une effervescence douce. Le jus se délie avec beaucoup de sérénité sur un excellent équilibre. Le champagne est bien bâti et structuré autour d’une acidité intégrée. Avec l’aération, le jus se fera rond, avec des arômes floraux et de cassonade. Voici encore un blanc de blancs très particulier.

Belle finale saline et fraîche qui trace la voie sur une longueur pure et citronnée.

C’est excellent, un champagne qui se boit tout seul.

Champagne Bérêche - Reflet d’Antan Brut 2008

dégorgement 2012

Nez sur la noix et les fruits secs.

La bouche possède un toucher crémeux et caramélisé avec un aspect oxydatif bien maîtrisé. L’effet millésime joue à plein puisque la matière, dense, est parfaitement intégrée dans un ensemble où l’acidité apporte une belle tension avec un excellent équilibre. Le dosage (6g) apporte de la rondeur à un vin bien bâti et intense. Les fruits à coque dominent largement en bouche, et le vin me semble à son apogée. Finale sur le biscuit avec une belle longueur.

Excellent champagne

Champagne Charles Heidsieck Blanc des Millénaires “Collection Crayères” 1990

330 bouteilles dégorgées en 1999 puis laissées au repos jusqu’à leur commercialisation en 2018.

Un nez exquis d’une compléxité folle mêlant curry, abricots confits et dattes.

La bouche, à l’instar du nez, est orientale. Une fois l’attaque crémeuse qui permet au jus de s’installer sereinement sur la langue, c’est une explosion d’épices douces. Le coté fruit confit enrobe la langue. Beaucoup de 1990 sont très puissants du fait du millésime solaire, mais ce vin joue la carte du raffinement et de la finesse. La patine du temps fait office de taffetas de soie alors que l’acidité du vin, encore bien jeune au demeurant, permet d’étirer et de donner vie à un ensemble équilibré, structuré et complexe. Magnifique finale, saline, finement boisée, avec une longueur mêlant fruit confit et fraîcheur.

Magnifique champagne, un pur délice.

Domaine Roulot - Meursault Les Luchets 2008

Nez sur la pierre mouillée et les fleurs blanches

La bouche est très pure, cristalline. Il y a d’abord un zeste de citron, rehaussé par une touche de bois, le tout enveloppé par un soupçon de miel. Ce n’est pas gras comme un Meursault peut l’être, mais on distingue le terroir tout de même, car le vin enrobe la langue de façon très délicate. Le caractère minéral domine un ensemble parfaitement cohérent et intégré avec une une très fine acidité qui donne une belle énergie. Finale saline sur une longueur correcte.

Très beau, impressionnant pour un “simple” village auquel il manque juste une finale et une longueur plus imposante.




Eisele Vineyard - Araujo Estate Wines - Cabernet Sauvignon 2001

100% Cabernet Sauvignon.

Nez envoûtant sur les fruits noirs, le cuir et l’épice.

La bouche fut extrêmement fruitée au début. D’une attaque douce, le jus se déploie sereinement avec, à l’aération, de forts arômes de cuir et de cassis. C’est dense mais la trame acide donne de la fraîcheur et du ressort au vin qui glisse sur la langue. C’est très complexe et sphérique à la fois, avec des tanins fondus mais encore présents. Très belle finale épicée sur une bonne longueur mentholée.

C’est excellent et du niveau d’un beau Bordeaux. Le vin manque juste un peu de profondeur pour passer le cap et arriver dans la cour des grands mais c’est déjà de très haut niveau.




Chateau La Mission Haut Brion Pessac Léognan 1990

Bouchon impeccable.

Au début, grosse frayeur, la bouche était déséquilibrée, alcooleuse avec une finale monstrueuse alors que le nez était totalement mutique.

4h d’aération lui ont fait le plus grand bien pour que le monstre soit en place.

Au nez, on est sur du Bordeaux classieux en pleine possession de ses moyens: épicé, cacaoté, avec du tabac et du cuir.

La bouche est dense, sur la viande grillée. C’est sanguin et fumé, très opulent avec un toucher soyeux. L’équilibre est parfait bien que l’acidité soit basse ce qui donne un côté chaleureux et cacaoté au vin et en conséquence un petit manque d’énergie si je chipote. Mais l’ensemble reste profond, racé et complexe. La finale est concentrée, ça explose sur des arômes chocolatés pour finir sur une très belle longueur.

Excellent! Il manque selon moi un peu d’allant niveau tension pour être grand mais tout y est. Mon coté bourguignon sans doute.

Azienda Agricola Soldera Case Basse (G. Soldera) - Brunello di Montalcino Riserva 1997

Délicieux nez floral digne des plus grands bourguignons.

La bouche se distingue par sa pureté. Tout est pureté dans ce vin. Le jus est dense, et pourtant, c’est aérien, sur la fraise écrasée, la cerise à l’eau de vie, la violette et la rose fanée. C’est une véritable farandole de saveurs sur un tapis de soie qui remplit la bouche de bonheur. L’équilibre est magnifique, tout est intégré, à commencer par l’acidité en filigrane qui donne vie à une matière totalement déliée et soyeuse.

C’est complexe et raffiné, un vin kaléidoscopique comme je les aime, qui finit sur une finale grandiose, aussi sanguine que florale, on boit littéralement de la pétale de rose, alors que la longueur se veut délicate, presque diaphane et s’étire à l’infini.

Mon premier Soldera. C’est sublime.

Azienda Agricola Binomio - Montepulciano d’Abruzzo Riserva 2013

Joli nez sur les cerises noires et le lard.

La bouche est tout en souplesse avec un jus fort fruité et texturé. D’une construction simple mais équilibrée, le vin se boit tout seul. C’est fin alors que les montepulciano que j’ai bu jusque là étaient beaucoup plus puissant. Belle finale intense et mentholée avec une longueur correcte.

Un très bon vin, diablement efficace. Acheté 30€ à l’enoteca du coin, c’est une belle pioche.

Agricola Agricola Valentini - Montepulciano d’Abruzzo 1997

Malgré ses 4h d’aération lente en bouteille, il faudra le carafer. C’est seulement après cette opération qu’il décollera.

Le nez mélange de belles notes de fruits caramélisés, de tabac et de chocolat.

En bouche, la structure peine dans un premier temps à s’affirmer. Mais quand le vin se met à décoller… La mise sur orbite est assurée. La bouche s’avère sanguine comme souvent avec ce domaine. Il y a beaucoup de complexité dans ce vin: des saveurs de café, de fraises écrasées et de cacao se mêlent en bouche. Le jus est texturé et soyeux, c'est très beau et élégant, avec beaucoup de finesse alors que j’ai toujours trouvé cette cuvée puissante et terrienne. Très belle finale mentholée et herbacée qui s’étire longuement en bouche.

Un vin impressionnant par sa complexité et de par les différentes phases par lesquelles il est passé depuis son ouverture.




12 vins, 12 styles bien affirmés, mais tous furent de haut vol. Difficile de faire un classement, disons que le Soldera se démarque très nettement, ce vin m’a vraiment impressionné. Ensuite, en rouge, Mission Haut Brion et Valentini se disputent la seconde place, mais bien malin qui est capable de les départager.
Pour un “simple” village, le Meursault de Roulot est d’un niveau étourdissant.

Pour les champagnes, si le Heidsieck, le Sapience et les Houtrants se détachent du reste, le plateau est extrêmement relevé.
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23 Mar 2021 19:13 #6

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Réponse de vinozzy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Quelles séries incroyables de rareté et de valeur ! Dis moi, combien êtes vous (en ce moment, ta réponse sera théorique bien sûr) pour pouvoir ouvrir autant de cols dont je suppose que chaque dernière goutte vaut mieux que de rester au fond de la bouteille sur le bord de l'évier ?
Car c'est ce qui manque à beaucoup d'amateurs : les occasions d'ouvrir leurs grands vins.

"Les étrangers sont nuls" : Charlie Hebdo et Pierre Desproges 1981, à relire pour rire !
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23 Mar 2021 20:00 #7

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Réponse de mgtusi sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Et où était-ce Benoît ?

Michel
23 Mar 2021 20:03 #8

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

La dégustation s’est déroulée sur plusieurs jours, 2 bouteilles par jour en moyenne sans jamais être plus de 4 dessus.

Une partie des bouteilles ont été ouverte chez moi, en France, l’autre en Italie :D
23 Mar 2021 20:30 #9

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Retour sur le même concept à savoir une dégustation qui s'est étalée sur une grosse semaine. 16 vins au total, 8 champagnes, 1 blanc et 7 rouges. Les conditions d'ouvertures et de dégustation n'ont pas changé sauf mention contraire, à savoir: 

- 30min à 1h d'aération lente pour les champagnes
- 4h à 5h d'aération lente pour les vins tranquilles.

Champagne Marie Noelle Ledru Blanc de Noirs Ambonnay 2008 “Cuvée du Goulté” Brut

Nez extrêmement vineux et épicé.  

La bouche attaque d’emblée avec un jus d’une grande qualité, c’est dense mais précis et équilibré avec chaque composante parfaitement intégrée comme l’acidité. Le vin joue largement la carte de la vinosité avec une belle touche de fumée et d’oxydation. Pour autant, l’ensemble m'apparaît comme étant strict, ça manque de gourmandise en l’état, mais c’est une sensation purement subjective. Le vin prend beaucoup d’ampleur à l’aération, c’est un parfait représentant d’Ambonnay, couplé à un excellent millésime. Grosse finale intense et toastée qui s’étire sur une longueur vibrante.  

Très bon champagne de gastronomie qui manque cependant un peu de gourmandise selon moi de par son côté janséniste.
  

Champagne Agrapart Venus Grand Cru 2008 brut nature 

Voilà un vin qui n’aura eu de cesse d’évoluer dans le verre: tout d’abord crayeux, il deviendra fruité sur la pêche et le pamplemousse, pour ensuite être floral et enfin finir sur un côté terreux lors du dernier verre.  

La bouche est dense, sur une effervescence des plus fines. On a toutes les caractéristiques d’un beau millésime champenois qui ressortent: c’est mature avec un jus volumineux. Florale et pierreuse à la fois, la bouche offre plusieurs facettes: douce et pure, mais à la fois si profonde et complexe. Ciselé et enrobant par une acidité intégrée, on a l’impression de déranger un géant qui peut encore dormir 40ans. Finale majestueuse, épicée et visqueuse, elle ouvre la voie à une longueur magnifique.  

C’est un grand champagne, impressionnant. Il a totalement éclipsé le Ledru.
    

Champagne Benoit Marguet Shaman rosé 2016 

J’avais envie de voir si ma sensation lors de la dégustation au domaine était bonne en intégrant cette bouteille dans une série relevée tel un pirate. Servi trop froid, le vin était assez mutique. Mais une fois la température adéquate atteinte dans le verre, c’est un rosé des plus agréable, fruité, fin, avec une jolie finale saline. C’est effectivement très bon et gourmand.
 

Champagne Selosse Blanc de blancs 1995 

Dégorgement février 2003

Très joli nez sur les pignons de pins grillés, et les fruits confits. 
 

Bouche mielleuse mais d’une fraîcheur extraordinaire. Le jus est texturé, on a un mélange de craie et de poire en bouche. C’est d’une densité incroyable tout en étant délié, le vin est serein et déroule une palette aromatique incroyable avec des truffes, du café, des pâtisseries fraîches, des fleurs séchées, une pointe de curry…  Finale sur la noix, avec une grande longueur saline et crayeuse.

Grand champagne.
    
 

Champagne Alexandre Grimée vignes de Bonneil “Sous les Trous” 2016 

Dosage 0 dégorgement 01/2020, cuvée de 1661 bouteilles.

J’avoue avoir un peu de scrupules à être le premier à commenter ce jeune domaine qui en est à son second millésime avec cette cuvée. Mes propos étant seulement basés sur une seule bouteille dégustée, il faut le prendre pour ce qu’ils sont, à savoir loin d’être définitifs et péremptoires.  

Alexandre Grimée est un jeune vigneron de 18 ans qui a décidé de vinifier à part une parcelle familiale plantée en 1973 à Bonneil. Comme j’ai lu de bonnes choses sur lui et que j’ai soif de découverte en ce moment, je me suis laissé tenter par cette bouteille tarifée à 40€.  

La bouteille a été ouverte une heure avant le service, et servie aux alentours de 12°C. La bulle est fine et délicate. 

Le nez est discret, citronné puis sur la pomme. La bouche est anonyme. On a bien une sensation crayeuse et saline, mais c’est assez vague et peu précis. En outre, le vin est rectiligne, droit, avec une matière étriquée. C’est pur certes mais ça manque de caractère et de construction. Finale courte. 

C’est un peu toute l’ingratitude de travailler sans fard, en 0 dosage, avec un jus plat et sans lisibilité. Je suis pas un extrémiste du dosage appuyé, au contraire j’aime l’extra brut voir le 0 sur des cuvées typées de ce genre. Mais ici le vin est trop court sur patte et rien ne vient le rattraper, l’enrober ou lui donner un peu d’allonge. Il apparaît cru. Est ce d’ailleurs un problème de dosage? Je n’en sais rien, je ne fais que gouter et donner mon ressenti. peut-être que 2g aurait pu lui donner plus d’allant. Ou peut-être tout simplement que la bouteille était foireuse. Il n’y a pas eu d’effet séquence, ce fut le seul champagne ce soir-là car j’étais conscient que le costume aurait pu être trop grand pour rivaliser avec les autres de la série.   

En tout état de cause, c’est très juste pour 40€.
  
 

Champagne Robert Moncuit Les Chetillons Grand Cru 2013 Extra Brut 

dégorgement 2019 

Nez très agréable sur un mélange de riz soufflé et de pêche blanche.  

La bouche est riche, avec une attaque crémeuse. La bulle est fine. La matière est ample, sur des arômes pâtissiers de tarte fraîche et de pamplemousse. C'est structuré et gourmand en même temps, ça se boit tout seul et le vin se laisse apprécier sur une belle complexité. L’équilibre est parfait, avec une acidité qui tend un ensemble cohérent et convaincant déjà stratifié. Il y a une très belle structure, c’est noble et terriblement facile à la fois. Finale intense sur la pierre mouillée et une longueur aussi crayeuse que saline qui prolonge le plaisir.  

C’est tout simplement excellent.
   

Champagne Dom Pérignon oenothèque 1988 

dégorgement 2002

Effervescence encore bien vivante. Nez puissant sur les arômes torréfiés, l’amande et le miel.  

La bouche est d’une richesse incroyable. Le jus dispose d’une densité folle mais il est d’une sapidité magnifique. Ce champagne, c’est du miel avec des bulles. Il tapisse la bouche en laissant des saveurs toastées et de pâtisserie. Équilibre hors pair, le vin est stratifié et complexe avec une grande fraîcheur. Grande finale aussi intense qu’inattendue sur les fleurs sur une longueur aiguisée et infinie.  

Grand champagne. Je n’ai jamais été déçu par un oenothèque.
  
 
Champagne Egly Ouriet Blanc de Noirs Grand Cru 

Dégorgement janvier 2020 Nez intense et vineux avec des notes de café et de cacao.  

La bouche est puissante comme toujours sur cette cuvée mais équilibrée notamment grâce à une magnifique fraîcheur et une effervescence bien taillée. C’est ciselé, avec une touche oxydative. Certains arômes me font penser à un beau whisky tourbé, on oscille entre la torréfaction et la fève de cacao. Le vin est superbement construit avec une tension d’orfèvre. Belle finale traçante qui ouvre la voie à une longueur impressionnante.  

Excellent champagne.
   
 


Bienvenues Batard Montrachet Leflaive 2000 

Nez envoûtant sur les fleurs, le lychee et la pêche.  

La bouche est huileuse, on a une touche de gras qui amène des saveurs de crème pâtissière. Et pourtant, bien que la bouche est riche et structurée, ce qui frappe par dessus tout c’est l’équilibre magistral de ce vin car tout ce jus dense est contrebalancé par une superbe fraîcheur. C’est crémeux et mature, mais follement frais. C’est très complexe avec toujours ces saveurs florales et fruitées. Le vin a une présence naturelle en bouche. Grande finale florale, toute en tension avec une longueur persistante.  

Un vin impressionnant.     

Viña Almaviva Puente Alto 2014 

Je n’ai plus l’habitude d’ouvrir des bouteilles si jeune, mais ma curiosité l’a emporté pour accompagner un bon plat de pâtes. Le blend ici est de 68% de cabernet sauvignon, 22% de Carmenère, 8% de cabernet franc et 2% de sauvignon.  

Le nez est très pur sur la myrtille et les baies rouges avec des notes épicées et boisées.  

La bouche est riche et enveloppante, à base de saveurs cacaotées et herbacées. Le cèdre reste présent en filigrane avec des arômes vanillés, tout comme une acidité intégrée bien qu’assez basse qui prodigue néanmoins un bon équilibre. Ce vin, c’est comme manger un carré d’after eight tant le chocolat et la menthe sont présents. C’est plutôt bien fait, on sent le jus de qualité, c’est indéniable, mais le style me fatigue le palais, surtout en fin de bouteille du fait de cette invasion de menthe chocolatée. Finale aux tanins perceptibles mais doux, avec encore une fois une explosion de cacao vanillé et mentholé sur une belle longueur.  

C’est un très bon vin de façon objective, bien fait, de façon “luxueuse” mais j’ai trouvé le style assez lourd après quelques verres. Peut être que la patine du temps lui donnera ce supplément de texture.  
  

Grands-Echezeaux domaine René Engel 2001 

Délicieux nez qui pinote sur la cerise, les fruits rouges et la viande séchée.  

En bouche, c’est soyeux et encore tendu par une belle acidité intégrée à un ensemble équilibré. La matière est conséquente, et le vin est juteux. Il y a des arômes d’écorces d’orange et de pétales de rose. La soie qui entoure ce vin est magnifique, équilibre incroyable entre densité et douceur. Le vin a une présence, une beauté froide.  Belle finale poudrée, digne de son rang avec une longueur qui s’étire longuement sur la griotte.  

C’est excellent, un pinot admirable et vibrant.
  
Barolo Giacomo Conterno Cascina Francia 1996 

Nez austère et complexe mais dans le sens noble du terme: thé noir, cèdre, graphite, tabac et fruit noir.  

La bouche est dans la même veine. Noblesse est le terme qui qualifie le mieux ce vin. Une noblesse sans fard, austère mais altière. La bouche a une présence incroyable. Ça commence par un toucher frais mais vif, puis le vin s’installe et prend ses aises. C’est généreux avec des arômes de violettes et de cuir. Le vin est structuré, avec une acidité qui tend l’ensemble donnant équilibre et buvabilité à un ensemble qui en impose. Il y a une présence indéniable, fin mais généreux à la fois, le vin est sapide.

La finale est longue sur le lard et le fruit éclatant avec une longueur magnifique. 
 Un grand Barolo, très classe.
  
 

Montepulciano d’Abruzzo Dante Marramiero 1998 

Nez où se mêle des arômes de cerise, de groseille, de cuir et de sous bois.  

La bouche est savoureuse, avec un jus concentré mais serein. Les arômes de cuir et de tabac apparaissent en bouche, qui côtoient un fruit encore bien vivant. Le vin est équilibré et la patine du temps offre un toucher qui reste franc mais velouté. Il y a encore une belle acidité qui sous tend l’ensemble. La finale est sanguine et croquante à la fois.  

C’est tout bonnement excellent.
  

Mouton Rothschild Pauillac 1986 

Nez cadenassé bien que l’on distingue un fruit persistant et des notes de cuir. Le carafage 2h avant le service (le vin a été ouvert et épaulé 5h plus tôt) n’aura pas changé la donne, le nez restera fermé et discret.  

La bouche par contre est onctueuse, ample, sur des notes de cerise et de cigare. Le jus dispose d’une puissance contenue, il y a de l’énergie mais toujours sur la retenue, ça chuchote mais ça ne chante pas. La texture est pourtant magnifique, le vin est structuré et complexe, avec un équilibre d’orfèvre bien qu’il ne se livre pas. Grande finale veloutée et poudrée, ici aussi ça s’étire mais ça n’explose pas.  

Que dire? C’est très bon certes, mais la bouteille n’a pas décollé. Je m’attendais à un missile intercontinental en lisant les évaluations mais je n’ai eu qu’une belle cartouche, rien de plus. Bouteille en demi teinte sans doute, c’est rageant.
  
 
Azienda Valori Montepulciano d’Abruzzo Vigna Sant’Angelo 2004 

Nez et bouche très ferrugineuse et désagréable. Problème de bouteille.  

Azienda Luigi Cataldi Madonna Montepulciano d’Abruzzo "Toni" 2012 

Nez flatteur sur les fruits noirs.  
Bouche de construction simple mais fraîche, avec un fruit mûr sur les cerises, les framboises et le sous bois. Bon équilibre avec une finale fruitée.  

Un bon vin de soif à sortir sur des grillades.
    

En définitive, ce fut une bien belle série, très instructive.  

Les tops: pour les champagnes, Agrapart, Selosse et Dom Pérignon se hissent au sommet. Juste derrière, Egly et Moncuit confirment leur excellence. Pour les rouges, le Conterno le remporte d'une courte tête devant l’Engel à mon sens, mais ce sont 2 grandes bouteilles. Le Leflaive ma encore une fois impressionné, jamais eu autant de fraîcheur sur un chardonnay bourguignon de 21ans 

Les flops: le Mouton 1986 qui devait être l’acmé de la dégustation n’a pas performé. Problème de bouteille sans doute. Le Ledru ne m’a pas ébloui, pourtant il est donné comme étant équivalent à l’Agrapart, en tout cas niveau tarif. Pour le Grimée... A voir. Je ne veux pas condamner définitivement ce jeune domaine.
 
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18 Avr 2021 14:31 #10

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Réponse de Vaudésir sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Le Dom Pe et l''Echezeaux semblent être des magnums.
Superbe ces champagnes 
18 Avr 2021 15:05 #11

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Oui le redimensionnement des photos paraît bizarre sur certaines d’entre elles 

mais ce ne sont que des bouteilles! 

Oui il y a vraiment 3 champagnes qui sortent du lot mais Egly et R. Moncuit sont pas loin derrière, à voir avec quelques années en plus sur ces 2 bouteilles! 
18 Avr 2021 15:32 #12

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Réponse de Frisette sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Superbe dégustation ! Avec en cadre de fond la cathédrale de Reims, on touche au sublime !!!

Flo (Florian) LPV Forez
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18 Avr 2021 17:58 #13

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Réponse de leteckel sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Oui j'adore aussi les photos de Benoit 
Les CR aussi hein...
J'aime bien cette philosophie de vouloir goûter, "sans états d'âmes" décomplexé, à ce qu'il y a de meilleur (sur le papier, et sans doute après une longue période de découverte tous horizons) tout en restant critique sur les vins pas au niveau de l'étiquette.

ArnoulD avec un D comme Dusse
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18 Avr 2021 19:42 #14

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Je suis resté pendant longtemps monomaniaque de la Bourgogne, et le point positif de l’inflation ahurissante des prix dans la région c’est que ça m’a forcé à sortir de ma zone de confort.

C’est toute la magie d’avoir une belle bouteille à maturité qui est au niveau attendu car on passe dès lors un moment privilégié. C’est pas toujours le cas...
Rageant pour le Mouton 1986, car elle avait été bien conservée et le bouchon était encore correct, juste que le vin n’était pas au rdv. Une « off bottle » comme disent nos voisins anglo-saxons. 
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18 Avr 2021 20:16 #15

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

CR: Même principe que les autres fois, à savoir 4 à 6h (parfois plus) d'aération lente pour les vins tranquilles, et 1 à 2h pour les bulles. La liste ne reflète pas forcément l'ordre de dégustation qui s'est déroulée sur plusieurs jours, sauf mention contraire.

Champagne Laherte “les 7” Extra Brut

Solera 2005-2016
3329 Bouteilles produites. Bouteille acquise chez un caviste reconnu de Reims
DSG le 02/2029

1er verre à l’aveugle: Nez assez simple sur la tarte tatin et la craie.

La bouche est à l’avenant, c’est simple avec une bulle discrète et une attaque fraîche sur la pomme et la cannelle. La matière reste longiligne mi crayeuse mi saline, bon équilibre avec une finale discrète. A ce moment je me dis que c’est un bon bsa, que ma femme est allée chercher dans la cave de service réservée aux bières et aux champagnes que des amis pas connaisseurs m’offrent. Sensation confirmée par ma moitié qui tient ce propos quelque peu radical : “ça sent le champagne pas cher”. Ah.

A la découverte de l’étiquette, je suis un peu interloqué. J’ai bu de nombreuses fois cette cuvée et je l’avais toujours apprécié, mais là, c’est beaucoup trop juste pour 70€, ça n’a rien de spécial, avec le Beaudiers bu quelques semaines auparavant, même si je ne partageais pas le style, il y avait au moins de la qualité. Bouteille défectueuse sûrement.
   
 
Champagne Roger Coulon “Héritage”

Dsg 04/2015. Dosage à 1g/L

Ouvert en parallèle du Laherte.

La robe est beaucoup plus évoluée et l’effervescence très discrète. Le nez est intense, sur de l’orange caramélisée, et des arômes toastés et fumés. A l’aération, il deviendra délicieusement floral.

En bouche, la texture est crémeuse et dense. C’est un champagne très riche, qui a commencé son évolution avec de la complexité. Les fruits confits et caramélisés restent présents, avec de fines notes boisées. Puis viendra en deuxième vague vient le miel et des arômes torréfiés. Excellent équilibre, le jus ne se laisse pas déborder par la richesse puisque le champagne possède une magnifique acidité en filigrane qui confère fraîcheur et tension à un ensemble structuré et vibrant. Finale savoureuse, crayeuse mais presque lactée tant le vin tapisse tout ce qu’il touche pour finir sur une très belle longueur noisettée.

Un magnifique champagne, surprenant, qui me rappelle un beau meursault avec des bulles. Je comprends Galloni qui lui a mis la note de 95, c’est profond et vibrant à la fois.
   

 
Champagne Marguet “Avize et Cramant” 2012

dsg 05/2017. Tirage de 1848 bouteilles. 100% Chardonnay d’une cuvée malheureusement disparue dans la gamme du domaine.

Effervescence éthérée et joli nez de chardonnay noble: beurre, amande, fruits mûrs et beaucoup de salinité.

En bouche, la texture est magnifiquement crémeuse. L’équilibre est parfait, le jus se déploie tout seul sur une belle acidité, délivrant des arômes de pêche et d’abricot sur un soupçon de curry. La fraîcheur donne une belle allonge à ce vin déjà complexe et stratifié. C’est soyeux, presque comme de la glycérine mais voluptueux à la fois, avec ce mix pêche/abricot/épices douce et une fine touche oxydative. La finale est superbe, sur les sels minéraux et la craie, ça tapisse tout ce que ça touche, avec une grande longueur.

Un grand champagne pour moi, qui me rappelle les Krug. Marguet… Voilà un domaine à suivre, tout ce que j’ai goûté chez ce domaine n’avait rien à envier à Selosse.
   

Champagne Bruno Paillard “Le Mesnil” 1995

Production de 8260 bouteilles d’une cuvée désormais disparue. dsg 12/2003. Nez sur l’abricot confit. A l’aération viendra des notes de champignons.

Bouche pleine de fraîcheur avec une belle matière que vient porter ce qui reste d’effervescence. Les notes de fruits confits avec l’abricot notamment sont omniprésentes, puis vinrent des arômes plus torréfiés. Le dosage est perceptible, il donne un coté confortable au vin. Bon équilibre qui se termine sur une finale fraîche, avec de la cassonade, dommage que la longueur soit courte par contre.

Un très bon champagne, mais l'apogée est désormais dépassée.
   

Champagne Francis Boulard “Les Rachais” rosé 2009

100% Pinot noir, dsg 07/2018. Nez exubérant sur l’abricot et la fraise, c’est très beau et augure de belles choses.

La bouche est vive, l’attaque fraîche mais la matière demeure compacte. Après 2h, cette matière se délie quelque peu, avec une belle vinosité et une touche fumée. Les notes toastées se mêlent à des saveurs salines en finale avant de retomber un peu à plat avec une longueur très courte. Cela reste un très bon champagne mais qui laisse un goût d’inachevé, entre une matière endormie et une finale qui chute très rapidement.
   

Franciacorta Gran Cuvée “Pas Operé” Bellavista 2004

Bulle fine et arômes pâtissiers au nez.

La bouche est à l’image du nez avec une attaque assez vive sur la brioche et la pâtisserie. Bon équilibre mais manque de complexité face aux champagnes du plateau et finale assez plate.
 

Clos de la Roche Grand cru domaine Dujac 2002

Bouchon à peine imbibé. Nez qui pinote intensément, c’est floral et sur les fruits rouges à la fois.

Bouche délicieusement soyeuse. Le vin possède une énergie folle. C’est cristallin mais avec une présence évidente à la fois, sur la fleur séchée et l’épice notamment. Cette présence tapisse la bouche mais pas de façon glycérinée comme souvent, on a ici une matière magnifique, pure, avec un équilibre d’orfèvre. La fleur se mêle à une belle salinité, pour exploser dans une finale majestueuse, digne de son rang, en queue de paon, sur une longueur magnifique, diaphane et saline à la fois.

Grand pinot noir, quel dommage que les prix soit devenus si onéreux. La bouteille n’ayant pas bougé de ma cave depuis 15 ans, le vin était encore compact avec des tannins saillants au début, que 7h d’aération ont fini par polir, ce qui me fait dire que ce vin a encore la vie devant lui.
 

Barolo Riserva “Vigneto Rocchette” Lorenzo Accomasso 2001

Nez sur la cerise à l’eau de vie.

Bouche franche et virile qui vient saisir le palais avec un jus dense et boisé. C’est un vin structuré qui ne fait pas les choses à moitié, tapissant la bouche d’épices. L’équilibre reste bon même si l’ensemble est chaleureux, je préfère tout de même un peu plus de fraîcheur. C’est le total contre pied du Clos de la Roche Dujac bu plus tôt. Finale alcooleuse et épicée où les 14,5% se signalent, rompant un peu l’équilibre d’ensemble.

Ça reste un très bon vin, mais dans un style Barolo rustique et animal qu’il faut aimer, de temps en temps pourquoi pas lors d’une soirée hivernale.
 

Barolo Cannubi Boschis Luciano Sandrone 1998

Le vin a mis du temps à s’ouvrir, comme s’il était encore trop jeune et compact! Nez sur les pétales de rose, mélangés à des épices et une touche de lard.

La bouche reste fraîche pour un Barolo de 23 ans! Il fait plus distingué que l’Accomasso avec qui il est bu en parallèle. Le jus est ample et complexe, sur des framboises écrasées, du tabac et du café. L’ensemble est élégant mais reste dense, mêlant fraîcheur et complexité qui confère un très bel équilibre au vin. Ca glisse tout seul, le vin est vraiment dans cette période charnière où il reste suffisamment de fruit pour se mêler à ces arômes tertiaires de tabac et d’épices. La finale possède encore des tannins légèrement accrocheurs, preuve que le vin est bâti pour durer. Belle longueur sur le lard et les épices.

Un excellent Barolo structuré et plaisant. Il a explosé l’Accomasso pourtant 2 fois plus cher.
 

Château Haut Marbuzet Saint Estèphe 1982

Niveau épaule avec coulures au bouchon. Appartenant à un lot que j’ai acheté, je l’ouvre sans trop de conviction, le bouchon est poisseux, la robe trouble et claire. Nez désagréable sur le vernis. Bouche diluée et moribonde.

Bouteille morte bien entendu.


Barbaresco “Reyna” Michele Chiarlo 2010

Jolie nez fruité où les épices se mêlent à d’éclatants fruits rouges.

Bouche très fine qui se la joue pinot bourguignon. Le domaine est connu pour vinifier de façon à produire des vins fins, dans de grands tonneaux en bois et cela se ressent tout de suite. La construction reste assez simple avec des arômes de pierre mouillée mais la finale rattrape un ensemble un peu juste sur le cuir qui domine avec une belle longueur qui étire l’ensemble.

C’est un bon Barbaresco, qu’on peut trouver un peu juste en bouche mais explosif en final.
 

Brunello di Montalcino Biondi-Santi 2001

Nez intense sur la violette, les cerises et les épices.

Bouche assez douce alors qu’on attend une grosse intensité. Le jus est ample, totalement délié avec de belles saveurs terriennes et d’écorces d’orange. Le vin est texturé avec une belle maturité et la fraîcheur requise pour conférer un excellent équilibre à un ensemble convaincant. Ce Brunello possède un coté “beauté froide” que je commence à avoir l’habitude de retrouver sur les vins du domaine. Finale aux tanins fondus, épicée et florale à la fois avec une belle longueur.

C’est excellent, mais on atteint pas la profondeur du Riserva qui est ahurissante, comme son prix!
 

Pessac Leognan La Mission Haut Brion 1989

Un mot d’abord sur le bouchon: impeccable. A peine imbibé, il est comme neuf et le niveau haut goulot, j’ose espérer avoir à faire à une bouteille en forme.

L’aventure commence au nez, avec du cigare, du tabac, du cèdre, du charbon… C’est simple, ça n’arrête pas. Chaque effluve apporte une senteur différente.

La bouche… Elle se contemple plus qu’elle ne se déguste. Un vin qu’il m’est difficile à décrire et pourtant je n’en suis pas à mon premier mythe. C’est un peu comme décrire un chef d'œuvre, on oubliera toujours d’évoquer un détail ou une facette. On a d’abord un toucher soyeux, puis le vin s’installe, il enveloppe avec des épices douces, des fleurs et un fruit doux sur la mûre. La sensation de plénitude que dégage ce vin est total, c’est fort et épanoui. Le jus est d’un équilibre magnifique, crémeux, complexe et stratifié, chaque gorgée est à l’image du nez, on découvre une nouvelle facette, tantôt du tabac, ou du cèdre, du fumée, ou encore la mûre, peut être l’épice douce, ou bien cette touche saline, ce sous bois aperçu il y a 5 minutes? Ce n’est pas un vin, c’est une fresque. Finale grandiose, un condensé de la complexité décrite auparavant sur une longueur tout simplement interminable.

Oui, c’est bien un mythe que ce vin, un mythe éblouissant.
 

Barbaresco Asili Riserva Bruno Giacosa 1996

Un vin ouvert à la base pour sauver l’honneur des italiens tant la domination du Clos de la Roche et du Mission Haut Brion fut totale. Il est vrai qu'on n'est pas dans les mêmes gammes de vins non plus. Un vin qui aura été en courant alternatif toute la dégustation: frustrant car à aucun moment on aura le nez en adéquation avec la bouche. Si la bouche décolle, alors le nez restera affreusement dilué et vice versa.

Lorsque le nez est branché, on a de délicieux arômes de viandes fumées, d’épices douces, de fruits noirs et de caramel.

La bouche par contre donnera la sensation de ne jamais monter complètement dans les tours. Un peu comme le moteur d’une belle italienne qui se noit. Ca restera assez vague alors qu’on devine si on prend le temps des saveurs salines, viandées, et du tabac. Mais rien à faire, l’alchimie ne se fait pas. Finale sur le cèdre qui ouvre sur une belle longueur.

C’est définitivement trop juste pour le pédigrée de la bouteille. Rageant.
 

Barolo Riserva Bricco Boschis Vigna San Giuseppe Cavalotto 2001

Nez très expressif sur le cuir, le tabac et les épices.

Bouche très douce qui profite de la texture du vin pour s’installer tranquillement en bouche. Ce nebbiolo joue plutôt le registre de la finesse mais qu’on ne s’y trompe pas, la matière est bien là, juteuse et patinée, avec des notes balsamiques. Sensation d’un vin mature et sûr de lui, bien équilibré avec une juste acidité qui donne fraîcheur et tension. Le cuir dominera tout le long de la dégustation. Très belle finale épicée qui s’étire sur une belle longueur.

Un beau Barolo, qui manque juste un peu de structure en bouche pour passer en division supérieure. Mais à vrai dire, j’ai beaucoup aimé la justesse de ce vin, équilibré, frais et plus doux que ses prédécesseurs. Dégusté en fin de séjour, il a joué la partition qu’il fallait.
 



Les tops: La Mission Haut Brion 1989 fut vraiment grandiose, Clos de la Roche Dujac 2002 est un grand pinot, Marguet confirme son statut de faiseur de grand champagne en ce qui me concerne. Roger Coulon, domaine discret, sort une magnifique cuvée avec Héritage. Du coté des italiens, Sandrone était au-dessus du lot.

Les flops: Le Riserva de Giacosa, grosse déception, bouteille “off”. Le Rachais rosé ne m’a pas impressionné du tout, le Laherte transparent, l’Accomasso pas du tout mon style et Bellavista assez ordinaire pour le prix.
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16 Jui 2021 23:05 #16

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  • Benoit Hardy
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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Petit duel de belles signatures de chardonnays champenois ponctué par, une fois n'est pas coutume, un joli vin du Rhone.

Champagne Suenen “Les Robarts” Cramant Grand Cru 2013

Tirage de 2782 bouteilles. Dsg 10/2019. Dosage à 2g/L.

Très beau nez, pur et généreux sur une myriade d’arômes, avec des agrumes qui dominent, du jasmin, du miel, de l'acacia ou encore du biscuit.

Bouche d’un magnifique équilibre et à l’image du nez. Ici le champagne est racé mais élégant, l’acidité est au service d’un magnifique jus, sur la pêche et la crème chantilly avec toujours le citron en toile de fond. L’aération met en exergue un véritable atelier de pâtisserie. C’est déjà complexe et ça se goûte très bien, comme beaucoup de 2012/2013 que j’ai dégusté dernièrement. Belle finale, sapide, crayeuse sur une longueur toute saline.

C’est excellent.
 
 
Champagne Marguet “Les Bermonts” Ambonnay Grand Cru 2012

Tirage de 2277 bouteilles. Dsg 09/2017. 100% Chardonnay. 0 dosage.

Au nez, le vin fait plus vineux, un peu austère aussi sur la brioche et le citron.

La bouche est virile. Le vin est vineux, avec une touche oxydative très bien maîtrisée et un élevage perceptible même si bien intégré à l’ensemble. Le coté viril d’Ambonnay ressort, c’est indéniable, la différence de style et de terroir avec le Suenen bu en parallèle est éloquent. Le jus est pratiquement épicé, avec une note de gingembre. Très bel équilibre entre une acidité maîtrisée et une matière généreuse. Finale intense, vineuse avec cette épice qui domine, mais longueur plus courte que le Suenen qui a plus d’allonge.

Il n’en demeure pas moins que c’est un excellent champagne, totalement différent du Suenen bien que j’ai préféré ce dernier sur la sensation de plénitude qu’il dégage.
 


Ermitage “Le Pavillon” Chapoutier 2004

Nez généreux sur des fruits noirs et les épices.

La bouche est soyeuse, bien que la maturité est évidente. Ce qui m’a surpris c’est le côté pierreux de ce vin j’ai eu la sensation d’avoir cette sensation de pierre mouillée que je retrouve parfois sur un beau champagne. J’avais un apriori de surmaturité sur le Rhone, car je n’aime pas outre mesure les saveurs alcooleuses de fruits confits. Il n’en est rien ici, car c’est racé et élégant avec un très bel équilibré longiligne. Bonne finale sur le tabac que j’aurais aimé plus longue eu égard au profil du vin mais je chipote.

C’est excellent et un grand merci au lpvien qui m’a envoyé cette bouteille, saches que tu ne perds rien pour attendre!!
 
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27 Jui 2021 11:24 #17
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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Quelques bouteilles bues cet été en différents endroits. Si le protocole d'ouverture n'est pas indentique à ce que je fais habituellement, à savoir 4 à 6h d'aération lente pour les vins tranquilles et 1 à 2h pour les effervescents, alors je l'indique le cas échéant. 

 Champagne Laurent Perrier “Grand Siècle itération 24”

L’itération 24 résulte d’un assemblage d’une sélection des millésimes 2007 (majoritaire), 2006 et 2004, choisis pour leur complémentarité.

Première rencontre avec cette cuvée d’une robe très pâle et à la dominante de chardonnay (55% chardonnay et 45% de pinot noir)

Le nez est très élégant, sur un mélange d’agrumes frais, de craie et des notes beurrées.

La bouche commence par une attaque douce, avec une bulle évasive. Le vin joue clairement le registre de la finesse, avec des arômes d’agrumes qui dominent. Le beurre et la craie viendront prendre le relais à l’aération, avec une belle acidité qui étire le vin. C’est un vin qui présente un ensemble frais, avec une touche de maturité amené par le 2006, cohérent et élégant. Belle finale où se mélange le pamplemousse et la craie, le tout sur une jolie longueur.

C’est excellent et très consensuel, ouvert avec des convives pas plus connaisseur que ça, il a fait l’unanimité. Personnellement, j’attendais plus de complexité et de personnalité, mais c’est très (trop?) jeune en l’état, il faudrait que je goutte une vieille itération.
 
 Champagne Alfred Gratien Collection Memory 1996

Nez sur le fruit confit, la meringue et la crème pâtissière.

La bouche frappe par une fraîcheur intense avec une tension intégrée. 1996 se signale vite. L’acidité est enrobée par une belle matière crayeuse avec une bulle fine. Néanmoins, il demeure peu de complexité dans ce vin encore fort jeune au dosage important. Jolie finale qui manque tout de même de caractère et de distinction.

Très bon, mais au vu du prix pour cette cuvée (200€) c’est le service minimum. J’avais pourtant été séduit par la cuvée Paradis en son temps.
 
 
 Champagne Françoise Bedel “Comme Autrefois”

dsg 10/2008. base 1998. 55% Pinot Meunier, 30% chardonnay, 15% Pinot Noir. Elevage 100% bois.

Nez sur l’autolyse, la framboise et une touche de fumée.

Bouche oxydative bien maîtrisée. Le jus possède des arômes de rancio, de pomme et de miel. La bulle est éparse et le vin possède une belle acidité intégrée à un ensemble qui donne énergie et allonge. C’est dense et digeste, avec un style affirmé sans concession qui ne plaira pas à tous. Belle finale avec des amers prononcés et une longueur boisée.

C’est excellent mais à réserver pour des amateurs de champagne vieux et pointus, ça reste assez brut en l’état.
 
 
 Champagne Krug 1982

4ème fois que je croise ce vin, la dernière fois c'était il y a un an tout juste. Le champagne n’a pas bougé à vrai dire, avec ce délicieux nez d’amandes et d’abricots confits. La bouche est toujours identique, sur un crémeux caramélisé toujours aussi frais et exquis. L’équilibre est vraiment magnifique, sur une effervescence évasive et un toasté discret.

Toujours aussi grand et il ne faiblit pas.
 
 Champagne Billecart-Salmon “Clos Saint-Hilaire” 1995

Dsg 2003. Belle robe possédant des traces d’évolution. Bulle évanescente. Nez sur la mirabelle.

Bouche vineuse et racée, sur la noix et une oxydation bien maîtrisée. Le jus est massif, puissant, structuré et complexe avec un boisé intégré et élégant. Le vin se veut harmonieux et kaléidoscopique, sur un magnifique équilibre donnant allonge et énergie à un ensemble délicieux. Finale vineuse, rassemblant toutes les facettes du vin, entre mirabelle et noix, sur une longueur que j’aurais aimé un peu plus importante pour qu’il fasse partie des grands.

C’est excellent en l’état et la bouteille a donné beaucoup plus de plaisir.

 

Passons aux blancs:

Pouilly Fumé Didier Dagueneau “Silex” 2011

Nez sur l’iode marin, le citron vert et une touche herbacée. Bu au coravin au restaurant.

Bouche très pure et longiligne. Fraîcheur incroyable grâce à une tension qui est le fil directeur de ce vin en bouche. Le concept de "minéral" que j’utilise peu prend tout son sens ici tant le vin respire la pierre et le cailloux. J’aurais voulu néanmoins un jus plus intense, mais la finale intense sur ce mélange d’iode/herbe/citron vert rattrape ce petit manque de matière pour finir sur une très belle longueur.

Très bien.
   
Corton Charlemagne Grand Cru domaine Bonneau du Martray 2008

Nez dégageant des arômes de caramel au beurre, de céréales et quelques notes lactées très diffuses.

La bouche est mature, dense et traçante à la fois. Le jus est précis, avec un boisé bien intégré désormais. C’est puissant mais aérien à la fois, d’un équilibre sans faille avec une belle acidité donnant de l’énergie. On retrouve les arômes du nez, à savoir le triptyque caramel/beurre/céréales. Belle finale intense mais j’aurais aimé plus de longueur.

Un excellent vin, solide et bien bâti.
 
 Meursault 1er cru Charmes domaine Roulot 2001

Bouteille ouverte et servie sans préparation. Nez assez discret sur le miel et le caramel.

Bouche qui rattrape un nez absent avec une texture crémeuse et fraîche, sur les amandes et le miel. Il y a également énormément de salinité dans ce jus d’une qualité magnifique, c’est frais et beurré, tout en étant riche et souple tout à la fois. Grosse finale citronnée et crayeuse à la fois qui ouvre la voie à une longueur tout en tension.

C’est excellent, dommage que le nez n’a pas décollé, sans doute par manque d’aération, mais je pense néanmoins que les plus belles années de ce vin sont derrière lui.
Les rouges:

Catena Zapata Mendoza “Adrianna Vineyards” Mundus Bacillus Terrae 2016

Mon premier Malbec. 6h d’aération lente ont été nécessaires pour qu’il se livre.

Un petit mot sur la parcelle Adrianna et la cuvée: 1,4 hectare perché à 1500m d’altitude sur un sol très calcaire où prolifèrent des rhizobactéries qui ont donné le nom à la cuvée.
Vendange faite pour moitié en grappes entières, avec un élevage de 18 mois en fûts de chêne français.

Le nez est opulent sur les fruits noirs, la cerise et la myrtille. La menthe poivrée ressortira nettement à la fin de la dégustation.

A ce moment, je me dis que ça va être encore un de ces vins riches et sirupeux du Nouveau-Monde qui va vite fatiguer les papilles, surtout avec ses 14°.

Et bien non. La bouche est fraîche et délicieusement soyeuse. Le jus est dense mais parfaitement contenu par une magnifique acidité, c’est juteux et racé à la fois. Le vin est bien construit, déjà complexe sur des notes de cassis et d’épices, avec cette ampleur qui ne concède rien à un équilibre parfait. Le vin se fait majestueux grâce à son coté satiné, mais toujours relancé par cette belle acidité en filigrane. Magnifique finale aux tannins encore perceptibles mais raffinés, qui s’ouvrent ensuite sur une longueur finement mentholée et épicée. C’est long et vibrant.

Très belle bouteille qui a donné beaucoup d’émotion. D’un équilibre parfait entre exubérance et élégance, dans 5 ans ce sera grand.
 
Vosne-Romanée 1er cru “Aux Brulées” domaine Méo Camuzet 2008

Bouteille acquise au domaine à l’époque pour environ 180€, elle s’échange à 400€ aujourd’hui. Cela fait des années que je n’ai pas touché aux quelques 2008 qu’il me reste et je me demandais où en était ce millésime frais.

Le nez pinote bien, c’est floral et épicé. Vosne est là, c’est indéniable.

La bouche possède un toucher soyeux très agréable, avec des arômes de kirsch et un fruit très pur. L’acidité est tout de même assez haute avec une matière longiligne, l’équilibre est maintenu surtout par la race et la qualité du jus, mais pas par sa densité. Ca reste tout de même très gourmand mais pas un monstre de complexité, bien que la finale, à la fois explosive et velouté sur les épices, vient sauver le creux du milieu de bouche. Bonne longueur mais rien de transcendant.

Ca reste très bon mais l’ensemble manque de fond eu égard aux prétentions affichées. En tout cas, pour 200€ c’est déjà très cher pour ce que c’est, alors à la valeur du marché, c’est un désastre. Bu après le Zapata Adrianna (acheté au même prix), la bouteille a bien eu du mal à se faire sa place. Surtout, je ne le vois pas s’améliorer grandement avec l'âge, je connais bien cette cuvée du domaine que j’aime beaucoup, mais pour être honnête c’est l’un des Brulées les plus faibles que j’ai pu goûter.
 
 Clos des Lambrays 2010

J’avais quelques doutes sur l’évolution de ce cru mais cette bouteille m’a rassuré. Ouverte au restaurant sans aération préalable.

Nez envoûtant sur les épices et l’eau de vie. La fin de la bouteille verra le cuir dominer.

La bouche possède un touché remarquable. Ca tapisse le palais avec des arômes délicieusement épicés qui sont omniprésents, tout en ayant une texture proche de Chambolle au vu de la dentelle et de la tension qui existe dans ce vin. L’équilibre est magnifique avec un jus qui reste puissant mais aérien. C’est racé et élégant à la fois, digne de son rang, l’ensemble explosant sur une finale à l’eau de vie avec une très belle longueur.

Grand pinot (surtout au prix de l’époque), il lui reste encore de nombreuses années devant lui.  Sonoma Valley Vérité La Muse 2004

Fondé par Jess Jackson (décédé en 2011) et Pierre Seillan, Vérité winery a fait du parcellaire sa spécialité. La Muse est le “Pomerol style” du domaine qui revendique pouvoir rivaliser avec les plus grands. En tout cas, sur les dernières années, les tarifs concurrencent bien les meilleurs bordelais.

Le nez est typique d’un beau bordelais avec des arômes de boite à cigare, d’épices douces, et un fruit éclatant qui chapeaute le tout.

La bouche surprend par un fruit noir magnifique, qui allie richesse et élégance. C’est profond et frais à la fois, malgré les 14,3° d’alcool. La bouche est structurée tout en étant souple et digeste, des arômes de lavande et de poivre s’entremêlent aux fruits noirs et finiront par dominer en bouche. La trame acide parfaitement intégrée donne un jus aussi énergique qu’agréable, c’est doux et texturé. Magnifique finale sur le chocolat et le cigare. Après 5h d’aération, les tanins, encore présents au début, ont fini par se fondre pour donner une belle longueur qui se déroule tel du velours.

C’est grand et ça peut rivaliser effectivement avec quelques très belles signatures de Pomerol. Ce vin est bâti pour durer.
 
 
Montepulciano d’Abruzzo Azienda Agricola Valentini 1995

Bouteille couleuse, vin oxydé dégageant une odeur désagréable et à la bouche aigre.
 
 Toscana Azienda Agricola Montevertine “Le Pergole Torte” 1997

Nez assez diffus sur la cerise et les épices. Le nez ne décollera pas de toute la dégustation.

En bouche c’est une autre histoire, le touché du vin est très soyeux, c’est très bourguignon comme style. Le vin est expressif, sur un beau fruit structuré qui se transformera en cuir et en épice à l’aération. C’est complexe, fin et élégant. Excellent équilibre avec une fine acidité qui donne de la tension à une matière de premier ordre. Belle finale, texturé, aux tanins fondus avec une jolie longueur.

C’est excellent et assez surprenant comme style, pratiquement de la dentelle. Dommage que le nez soit resté en retrait.
   

Le quarté de tête qui se dégage de cette série me semble être le suivant: Vérité La Muse 2004, Krug 1982, Clos des Lambrays 2010 Catena Zapata Adrianna 2016. A noter 2 vins étrangers qui ressortent de cette série au niveau relevé.

Les 2 déceptions sont le Vosne Brulées Méo 2008 et le champagne Alfred Gratien Memory 1996
 


 
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23 Aoû 2021 10:32 #18

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Quelques belles bouteilles ouvertes en ce mois de mon anniversaire. Le protocole reste inchangé, à savoir une ouverture 4 à 6h à l'avance pour les rouges, et 1 à 2h pour les champagnes.


Clos de Tart domaine du Clos de Tart 2002

Robe très sombre pour un pinot. Au nez, on a un mélange intense entre fruits noirs et un boisé élégant.

La bouche est savoureuse et soyeuse. Ça commence par un toucher assez masculin, c’est solaire et concentré. Ensuite le vin déroule toute sa palette aromatique tout en strate et complexité: on commence par les fleurs, puis les épices arrivent avec du cumin et le girofle, avec un boisé toujours bien intégré. Le jus est d’une grande intensité et se déploie tel du velours sur la langue. La fin de bouteille verra de délicieux arômes de cuir apparaitre. Grande finale en que de paon, d’une intensité et d’un grain de tannin magnifique, qui ouvre la voie à une longueur sanguine interminable.

Un pinot délicieux qui arrive tout juste sur son plateau de maturité.
 

Champagne Jacques Selosse Grand Cru Blanc de Blancs 1998

La robe montre de beaux signes d’évolution avec un jaune or. L’effervescence est plus suggérée que présente avec une bulle très fine.

Le nez est puissant, sur le miel, les épices et la mandarine confite.

La bouche est dans la plus pure tradition du domaine, oxydative. Mais c’est fin et maîtrisé comme un travail d’orfèvre. Outre le caractère oxydatif, la bouche est puissante mais délicieusement miélleuse. Le jus est ample et se déploie en bouche avec sérénité. Le vin est d’une complexité délicieuse, avec cette mandarine confite qui revient sans cesse, des épices avec du safran et du biscuit sec. C’est stratifié et puissant. Magnifique finale, riche et iodée telle un vieux Chablis qui déroule une longueur soyeuse et délicate qui n’en finit pas.

Comme souvent avec Selosse, c’est un grand moment.
 

Champagne Taittinger Comtes de champagne rosé 1996

Nez oscillant sur le fruit rouge et des arômes fumés

La bouche est timide dans un premier temps, mais il faut dire que passer après un Selosse souverain n’est pas chose facile. Avec de la patience et une bonne aération, le vin éclos littéralement. La fraîcheur de ce vin est magnifique, avec des arômes de cannelle enivrants. Il n’a certes pas la profondeur et la complexité du Selosse mais il charme par son subtil mélange fruits rouges et cannelle, le tout sur une belle trame acide qui étire le vin avec un équilibre intact. Ce vin possède un côté très bourguignon, seule la finale, impactante sur la craie et le sel, nous ramène en champagne avec de beaux amers qui s’étirent tout en longueur.

Un excellent rosé à pleine maturité.
 

Champagne Gaspard Brochet Chardonnay “Tome 1” 2018

Dsg 11/2020.

En provenance de vigne d’Ecueil classées en 1er cru plantée en 1989. Production de 820 bouteilles dont une immense majorité part à l’export, une rareté donc.

Autant le dire tout de suite, ce fut une expérience: nouveau producteur, millésime très récent… Je n’ai pas l’habitude d’ouvrir des champagnes si jeunes. J’ai donc opté pour des verres offrant une oxygénation maximale, et une longue aération car l’effervescence était trop abondante pour moi.

Une fois la bulle dissipée, le nez est intense, sur la poire et la vanille notamment.

La bouche est extrêmement compacte. La trame acide prédomine, avec une craie omniprésente et des agrumes. On a là un blanc de blancs de très belle qualité, mais c’est bien trop jeune pour moi. Finale saline et crayeuse, à l’image de la bouche, renfrognée.

Le potentiel est là, c’est indéniable, mais c’est bien trop tôt pour être bu. Dommage que les quelques 800 bouteilles seront bues avant leur apogée, le vin méritant de vieillir encore 5 ans minimum, et ce sera un très bon champagne.
   

Champagne Dom Pérignon rosé 1995

3ème fois que je croise cette bouteille.

Le nez est élégant, se partageant entre les roses séchées et la fraise écrasée. Effervescence fine.

Bouche tout en délicatesse, qui déploie un jus à la matière ample et avec une tension intégrée qui offre un équilibre ample. C’est complexe avec une touche de fumée, presque de viande séchée, le tout enrobé de ce fruit toujours éclatant. Le champagne est à son apogée, et se déploie de façon sereine. Belle finale florale tout en en fraîcheur sur une longueur que je trouve malheureusement un peu courte.

L’ensemble est néanmoins excellent.
  

Pauillac Chateau Latour 1990

Nez d’une classe folle rassemblant tout ce que le classisme bordelais peut faire de mieux: c’est subtilement terreux, herbacé, du cuir, du fruit noir et cèdre.

Bouche d’une finesse étonnante là où j’attendais de la puissance. L’ensemble reste encore d’une jeunesse stupéfiante, avec des arômes de sous-bois, de truffes et d’épices. C’est soyeux et complexe, sur une fraîcheur incroyable, pratiquement de la dentelle. Un vin pur, racé et juteux, d’une grande complexité avec une profondeur et une souplesse incroyable. C’est encore un grand moment passé avec un Bordeaux mature. Finale magistrale sur le tabac qui conjugue puissance, douceur et longueur.
Un vin grandiose, serein, qui s’impose tout naturellement.
  

Champagne Jacques Selosse Aÿ La Cote Faron 2010

dsg 02/2016

Nez sur la canelle et la craie

Bouche très fraîche, avec une attaque franche. L’effervescence reste abondante, mais la bulle fine. Le vin possède une belle trame acide avec un équilibre parfait. Le profil oxydatif n’est pas affirmé sur ce vin, on l’on retrouve plutôt une énergie énorme avec des notes de miel et de cassonade. Belle finale intense sur les pelures de citron avec une jolie longueur.

C’est excellent, mais pour autant, je n’ai pas retrouvé la profondeur habituelle des vins du domaine.
   

Bolgheri Superiore Tenuta dell’Ornellaia 2006

Nez sur le cuir, les épices et la cerise à l’eau de vie.

En bouche, le maître mot de ce vin est la concentration. Ca commence dès l’attaque où le jus s’avère très concentré, puissant mais équilibré par une acidité qui porte le vin et évite la lourdeur des 15°. La texture du vin reste soyeuse de sorte que le vin reste souple et digeste, sur un fruit noir mélangé à du tabac. Le vin possède une belle profondeur et dispose d’un potentiel certain. Finale aux tannins fondus, assez chaleureuse sur le cuir et la cerise.

Excellent, mais en phase de transition, dans un entre deux monde où la phase tertiaire ne s’est pas encore affirmée au profit d’un fruit profond et puissant. J’attendrai 5 ans mes prochaines bouteilles.
  

Barolo Vigna Rionda Riserva 2001 Azienda Vigna Rionda Massolino

Très beau nez qui oscille entre la rose fanée et les épices.

En bouche, on a un jus riche qui déploie toute sa mesure. L’attaque est concentrée, mais tout est équilibré dans ce vin qui demeure souple et sur la finesse. C’est complexe sur le thé, la cerise, et de nombreuses épices, du thym, de l’anis, de poivre, c’est une myriade d’arômes qui s’offrent à nous. La trame acide étire un jus dense ce qui donne cette sensation de finesse. Belle finale sur le tabac, qui s’étire élégamment mais qui manque juste un peu d’allonge pour faire partie des plus grands de la région.

C’est excellent, j’ai trouvé ce Barolo très bourguignon dans son expression.
    

Pour moi, les 3 bouteilles qui ressortent naturellement de cette série sont Latour 1990, Clos de Tart 2002 et Selosse 1998
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30 Sep 2021 21:51 #19

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Réponse de th7513 sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Des vins qui ont du bouquet, en somme !  

Cordialement,
Thomas.
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30 Sep 2021 23:26 #20

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Petite précision sur le champagne Gaspard Brochet qui semble finir bon dernier:

Il a été ouvert au débotté, la bouteille n'était pas prévue de base dans ce line up mais il a fallu faire face à la grande soif des invités donc j'ai voulu ouvrir cette bouteille, sans préparation comme les autres, afin de faire une offrande à la science.
02 Oct 2021 10:14 #21

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Une bien belle soirée avec les amis. Les champagnes ont été ouvert sans préparation particulière. Quant aux blancs et au rouge, ils ont bénéficié de 4h d'aération lente.

Champagne domaine de Marzilly “Ullens” lot 01

base 2015, dsg 12/2018

Arrivé en 2012 en Champagne, le belge Maxime Ullens ne passe pas inaperçu, voulant redonner ses lettres de noblesse au pinot meunier, convertissant ses vignes en bio. Sa première cuvée, baptisé lot 01, a été produite à 4000 bouteilles. Partisan du circuit court, le domaine achète ses raisins autour du domaine, qui sort désormais 30000 bouteilles par an. Maxime Ullens a été sacré vigneron de l’année 2020 pour la Champagne par le Gault et Millau.

56% pinot meunier, 37% chardonnay et 7% de pinot noir avec un dosage à 4gr
Nez sur la pomme et la poire. Effervescence très fine.

Bouche sereine avec la souplesse que ramène le meunier, et la race du chardonnay qui apporte tension et vivacité. C’est d’un profil très gourmand et ça se boit comme du petit lait, le fruit est omniprésent avec la poire notamment, le tout sur un très bon équilibre. Finale intense où le chardonnay reprend le dessus avec de beaux amers, sur une longueur correcte.

Pour 40€, on tient là un très bon champagne.
   

Champagne Dom Pérignon 1985

A force de boire des bruts natures modernes, on finit par sentir tout de suite les dosages plus généreux de ces cuvées d’antan. Ce n’est d’ailleurs pas un reproche car je considère que le dosage apporte richesse et allonge aux vieux champagnes.

Nez sur l’abricot confit et le miel. Effervescence toujours vivante mais discrète.

Bouche d’une fraîcheur incroyable. Le dosage est perceptible mais bien intégré. Les arômes torréfiés et de caramel au beurre salé se mélangent pour donner une belle profondeur au vin. La richesse du jus est animée par une belle trame acide, le vin ne fait clairement pas ses 36ans. C’est aussi délicieux qu'élégant, avec une magnifique finale intense sur le caramel qui ouvre la voie à une belle longueur saline.

Je sais que les millésimes récents font polémique, mais je n’ai jamais été déçu par un vieux Dom Pé, c’est toujours en forme, linéaire et excellent.
 

Meursault 1er cru domaine Leflaive “Sous le dos d’âne” 2010

Ce vin provient de jeunes vignes plantées en 1995 et 2004 sur un terroir considéré comme froid pour l’appellation.

Le nez est intense, c'est à la fois floral et sur la pierre mouillée.

Magnifique bouche texturée, il y a une touche de gras certes, mais ce n’est pas boisé et visqueux comme peuvent l’être beaucoup de Meursault huppés. Ici le jus est pur, toujours sur ce mélange de pierre et de fleur. L’acidité sous-jacente apporte une belle fraîcheur qui fait que la bouteille se vide très vite. C’est d’un profil gourmand, pas forcément le plus complexe et structuré des Meursault, mais d’une sapidité sans pareil pour l’appellation. Finale précise et traçante sur les agrumes avec une belle longueur.

C’est excellent, et ce sera intéressant à suivre lorsque les vignes donneront des raisins plus concentrés.
 

Barolo Monprivato Giuseppe Mascarello “Ca d’Morissio” Riserva 2003

J’appréhendais à l’ouverture de ce vin, me demandant si Barolo Riserva et millésime chaud n’allait pas faire un vin riche et chaleureux comme je ne les apprécie guère. Mais Monprivato n’a jamais donné des vins écoeurants. Ici l’élevage dure environ 40 mois en foudre de Slavonie et l’embouteillage n’intervient que 6 ans après.

La robe est étonnamment translucide comme un bourgogne.

Au nez, c’est envoûtant: des roses, du sous bois et de la cerise à l’eau de vie. Il y a déjà beaucoup de complexité.

En bouche, c’est tout simplement magnifique. Le vin a comme une présence naturelle, une sorte de force tranquille mais en douceur, tout est texturé, profond, intégré. Ca commence par un zeste d’orange sur le palais qui apporte fraîcheur et vivacité avant que le jus soyeux ne vienne tapisser la langue et déplier toute sa palette d'arômes: c’est massivement floral, presque crayeux, avec un fruit acidulé qui donne un coté juteux. Le vin se fait kaléidoscopique avec un sous bois et un boisé très fin qui se développe et de la truffe qui arrive avec l’aération. L’équilibre est magnifique avec cette fine acidité qui étire le vin sans aucune lourdeur, alors que le jus reste massif. Finale grandiose qui démarre sur le thé noir avant d’exploser façon queue de paon sur des épices. Longueur impressionnante aussi mentholée que subtilement poivrée.

Grand Barolo.
   

Sauternes Chateau d’Yquem 1996

Je ne suis pas un grand amateur de blanc moelleux mais cette bouteille m’a convaincu qu’il faut que je m’équipe en beaux Sauternes.

Couleur légèrement ambrée.

Magnifique nez, du caramel, des pelures d’orange et du miel.

En bouche, la fraicheur est frappante. L’attaque est douce sur l’abricot et la vanille. Le jus est massif, mais le vin n’est pas lourd, c’est tout le contraire, ça reste presque évanescent grâce à une superbe acidité qui étire tout en longueur le vin dont l’équilibre est parfait entre un jus encore très fruité et une allonge en bouche qui est remarquable. Rien ne sature dans ce vin, au contraire, c’est aérien.

Grande finale florale et pratiquement épicé qui finit sur une longueur mielleuse interminable.

C’est magnifique!
 

Gewurztraminer Domaine Muré Clos Saint Landelin Vendanges Tardives 1989

Autant le dire tout de suite, je suis passé à côté de ce vin. Arrivé en dernier dans la soirée après 5 bouteilles de haut vol et surtout passer après Yquem, c’était in fine déjà le condamner pratiquement.

Servi avec quelques degrés de trop, il paraissait pataud, sans élégance, avec une finale étriquée. Un vin que j’ai trouvé fatigué, ou peut-être était-ce moi? Un peu des 2 je pense.
 

Me concernant, j'ai trouvé que le Ca d'Morissio, l'Yquem et le Dom Pé avait survolé la soirée, suivis du Leflaive et de cette belle surprise qu'est Ullens.
 
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11 Oct 2021 21:28 #22

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  • Benoit Hardy
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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Après une belle semaine de visite dans le Chianti, nous voici de retour pour un week-end de dégustation avec dans l'idée de mettre à l'honneur des vins des USA pour la découverte. En conséquence, tous les rouges de cette série sont des vins étrangers, seuls les champagnes représentent l'Hexagone.

Le hasard a voulu que chaque rouge représente également un cépage: 

- Cabernet Sauvignon
- Sangiovese
- Pinot noir
- Merlot
- Nebbiolo

Comme d'habitude, et sauf indication spécifique, les vins ont tous suivi le même protocole d'ouverture, à savoir entre une ouverture avec épaulage 4 à 6h avant le service pour les rouges, et 1 à 2h pour les champagnes.

Les vins sont classés par couleur et ne représentent pas l'ordre de service de cette dégustation qui s'est déroulée sur plusieurs jours.

Champagne Laurent Perrier Grand Siècle “Lumière du Millénaire” 1990

Nez sur la noisette et le curry.

Bouche d’une fraîcheur stupéfiante et assez souple là où le millésime 1990 se signale souvent par une richesse un peu pataude. Très belle acidité soutenue par une effervescence évanescente. Malheureusement, le champagne reste simple dans son expression et sa structure, avec des fruits à coques tel que la noix et une finale modeste au vu du pédigrée. Le vin est clairement dans une phase descendante.

Très bien pour la fraîcheur cependant.
 

Champagne Larmandier Bernier “Les chemins d’Avize” 2013

Autant le dire tout de suite, les verres horribles de l’hotel n’ont pas aidé à la pleine expression du champagne.

Nez sur la pomme, les agrumes et la levure.

La bouche possède une attaque vive, c’est iodée, toujours sur la pomme et avec une effervescence active. L’ensemble apparaît encore comme extrêmement compact bien que le vin possède une certaine profondeur qui a pour l’heure du mal à s’exprimer tant les éléments s’entrechoquent entre un jus compact mais de qualité et une acidité saillante sur une effervescence vive et un bon équilibre. C’est un vin très iodé avec des arômes de coquilles d'huître, notamment en finale. La longueur nécessite encore un peu de temps pour se dégrossir.

Très bien mais beaucoup trop jeune en l’état, ça donnera en excellent champagne d’ici 5 ans car le potentiel y est. Cela étant dit, je dois avouer que les vins de ce domaine ne m'ont jamais ébloui, mais c'est une pure question de style et d'avis subjectif.
 

Champagne Agrapart “Expérience” 2012

Magnifique nez sur les pêches blanches et un coté légèrement herbacé. La levure laisse la place à l’aération à une touche florale.

La bouche est telle une infusion. D’abord l’effervescence, très discrète, qui s’efface très vite au profit d’un jus splendide, notamment avec une précision d’orfèvre. On a déjà une belle acidité, tout en filigrane qui conduit le vin avec tension et énergie, et une matière onctueuse et stratifiée. C’est floral, déjà complexe, avec une touche épicée et toujours cette pêche blanche. Belle finale traçante et saline, tout en délicatesse et précision.

Excellent champagne, très particulier, une véritable expérience.
 

Champagne Krug 1995

Nez fort complexe sur l’abricot confit, la noix, et le curry.

La bouche offre un profil Krug: c’est onctueux, avec une fraîcheur magnifique. Puis vient la complexité du jus par strate, servi par un équilibre sans faille à la fois tendu et gourmand, on a un profil très légèrement oxydatif mais qui allie puissance et sérénité. Le vin est texturé, sur la pomme, la poire, les noisettes et la crème pâtissière. C’est complexe et donne l’impression d’être à son apogée, surtout lorsque la finale arrive, sur un combo curry/fruit confit et une longueur à la fraîcheur magistrale.

Un excellent Krug à son apogée, 1995 commence à donner le meilleur de ce qu’il a à mon sens.
 


Et désormais les rouges:

Mount Veeder Lokoya Cabernet sauvignon 2008

Mount Veeder se situe au milieu du triangle composé de Yountville au nord, puis de Napa et Sonoma au sud. Il culmine à 1500m d’altitude et son terroir est fait de roches volcaniques qui a pour réputation de donner des vins plus froids que le moyenne californienne mais avec des baies d’une concentration exceptionnelle.

Nez envoûtant entre la mûre, la myrtille et la violette.

Bouche texturée à l’attaque d’une fraîcheur magnifique alors que le jus est d’une densité énorme avec un titrage alcoolique de 14,9% qui passe inaperçu. Cela permet à la fois de donner structure et allonge au vin qui se dévoile par strate avec toujours ce fruit pur et magnifique qui laisse ensuite la place à du graphite pour totalement basculer vers des arômes rocailleux et cristallins de pierres mouillées. Grande finale saline aux tanins fondus tout en élégance qui s’étire sur une belle longueur que le temps étirera certainement encore plus avec de la complexité.

C’est un magnifique cabernet sauvignon de la Napa Valley. Le côté froid et caillouteux du terroir lui confère élégance et sapidité alors que j’avais peur qu’il soit un peu trop chaleureux. C’est un vin qui a la vie devant lui mais qui est déjà délicieux aujourd’hui.
 

Toscana Castello di Ama “L’Apparita” 2011

Nez puissant sur la prune, le kirsch et les épices. 100% merlot.

Même si on est clairement sur un vin opulent, “full body” comme disent les anglo-saxons, le vin n’est pas dépourvu de souplesse et d’élégance. Ouvert et carafé au restaurant, il s’est avéré très expressif dès le départ, avec une belle maturité. Le jus est terrien, avec de la réglisse et du poivron, que l’aération transformera en sous bois et en cuir. C’est effectivement dense mais la trame acide donne équilibre et souplesse à un ensemble qui titre à 14° sans que l’alcool ne ressorte à aucun moment. La complexité est naissante même si le vin n’en est qu’au début de sa vie avec un boisé doux et élégant. Belle finale, intense sur le tabac avec des tannins encore légèrement perceptibles et une longueur tapissant le gosier.

C’est excellent mais demande encore à vieillir pour que la bête s'assagisse.
 

Barolo Giuseppe Mascarello Monprivato 2001

Bien qu’ouverte 4h avant, le vin aura nécessité un carafage de 30 minutes avant le service tant il est demeuré fermé et serré.

Nez qui s’ouvre sur des notes balsamiques et les fruits noirs.

Bouche pratiquement bourguignonne, tout en finesse, mais avec une puissance suggérée, qui s’impose naturellement. Le vin déroule sur un jus totalement délié qui allie fraîcheur et densité. Des arômes de truffes et d’herbes séchées se mélangent en bouche. Le vin est très agréable et gagne en amplitude sur une complexité naissante. Le passage en carafe lui a fait le plus grand bien. Grande finale qui oscille entre cuir et épice sur une belle longueur.

C’est excellent, sans atteindre néanmoins la profondeur du Ca d’Morrissio bu un mois plus tôt.
 

Oregon Yamhill County Sine Qua Non 2003

Mon 1er SQN et pas des moindres puisque provenant d’une cuvée qui n’est plus produite suite à quelques problèmes logistiques evidents, à savoir un pinot noir d’Oregon de Shea Vineyard qui est ensuite vinifié 1500km plus au sud chez l'iconique Manfred Krankle.

Bouchon imbibé entièrement et très élastique. D'après ce que j'ai lu sur internet, ce n'est pas un cas isolé sur ces cuvées de pinot noir

Le nez est débordant de richesse, sur les fruits noirs, le cranberry, la prune, la fraise écrasée et le santal.

Avec ses 15,5° d’alcool, on est loin du pinot évanescent bourguignon. Et alors?

C’est terriblement gourmand sans jamais être lourd avec une acidité sucrée sous-jacente et un jus d’une densité énorme. C’est complexe, doux mais puissant, aussi bien floral qu’épicé en bouche et avec un fruit éclatant saupoudré de liqueur de cassis. C’est d’une complexité magistrale et pourtant j’aime beaucoup les pinots dits cisterciens. Mais ici richesse, complexité et fraîcheur sont au rendez-vous avec un vin à la texture énorme et stratifiée où chaque facette a sa place avec du poivre, du santal et de la framboise notamment. Ça rappelle une belle syrah avec un coté aérien qu’on a peine à croire pour le degré alcoolique. Magnifique finale où framboise et réglisse s’entremêlent pour exploser sur une énorme longueur.

Un vin qui m’a surpris à chaque gorgée. Kaléidoscopique, riche mais aérien, j’ai adoré.
 
 

Brunello di Montalcino Fattoria Poggio di Sotto 1997

Nez parfumé sur des notes balsamiques et herbacées.

Bouche délicate, qui oscille sur des arômes floraux avec notamment la violette, d’épices douces, de cuir, et enfin de fruits noirs. Le vin est à parfaite maturité et dégage une belle sérénité, surtout grâce à des éléments parfaitement intégrés et qui se conjuguent harmonieusement, à commencer par un équilibre servi par une belle acidité qui offre une très belle fraîcheur et qui élance le vin. La complexité du jus apporte beaucoup de plaisir, seul un léger manque de profondeur l’empêche de se hisser aux grands noms de l’appellation mais on lui pardonne aisément tant le vin est sapide et agréable.

Belle finale balsamique et une longueur herbacée, toujours sur la délicatesse et la fraîcheur.

Excellent Brunello!
 


En conclusion, je dirais que mon favori fut le Lokoya puis le Sine Qua Non et le Poggio di Sotto pour les rouges. Les 2 américains sont déjà des vins très chers, aussi, il faudrait les mettre dans une série avec des vins aux mêmes prétentions. Cependant, à aucun moment les italiens n'ont joué un rôle de faire valoir. Niveau typicité et plaisir, ils étaient bien présents.

Pour les champagnes, Krug et Agrapart sont loin devant, mais il faut dire que le Laurent Perrier comme Larmandier Bernier ont sous-performés. A noter également qu'aucune de ces 4 cuvées n'indiquent de date de dégorgement sur leur contre-étiquette ce qui est dommage je trouve.
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07 Nov 2021 17:12 #23

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Réponse de oliv sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

M. Benoit est demandé sur scène ! 

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21 Nov 2021 19:17 #24

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M. Benoit est demandé sur scène ! 

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Ahahahahaha dommage que l'article ait été supprimé par le fig
23 Nov 2021 22:53 #25

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Réponse de oliv sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

 Pour la postérité, ça donnait ça ! 


 
23 Nov 2021 22:59 #26
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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Voilà une belle série bue au restaurant. Les vins n'ont pas subi de préparations particulières, la plupart ayant été ouvert quelques dizaines de minutes avant leur entrée en scène:

Champagne Sacy Premier Cru Antoniolli Wafflart Brut tradition blanc de noirs

60% Pinot Meunier 40% Pinot noir

Voilà un curieux blanc de noirs à dominante de meunier, avec un nez sur la levure et les agrumes avec une effervescence maitrisée.

La vinosité s’exprime surtout en bouche, avec une belle souplesse et maturité. Le champagne est simple sur de beaux arômes vineux, efficace et bien construit. Jolie finale pleine de fraicheur et de vivacité.
 
Champagne Perrier-Jouet “Belle Epoque” 1983

Effervescence encore bien vivante avec un nez sur la crème brulée et le sucre brun.

En bouche, on sent de suite le dosage très généreux de cette cuvée, c’est riche, avec une belle attaque, mais avec une bouche un peu pataude à mon goût, signe selon moi que le vin est plutôt sur sa phase descendante. Néanmoins, l’équilibre est préservé, et une belle acidité relance un ensemble sur des arômes confits et de noix pour finir sur une belle finale qui m’a rappelé le sucre brûlé de mon enfance.

Très joli vin malgré un déclin manifeste ça reste toujours une belle expérience de boire ces vieilles bouteilles au dosage presque suranné.
 
Champagne Dom Pérignon 1980

Encore une fois, un vieux Dom Pé fut au rendez-vous.

Effervescence discrète qui s'évanouit après quelques minutes dans le verre.

La bouche allie richesse, profondeur, et complexité, le tout enrobé dans une fraîcheur assez exceptionnelle pour l'âge du vin. Vin stratifié, avec un dosage intégré, qui s’ouvre d’abord sur des arômes toastés de brioche, puis des notes oxydatives, de l’orange confite, et un équilibre magnifique qui contrebalance cette richesse avec une très belle acidité intégrée qui donne vie et allonge. Grande finale intense sur des notes caramélisées et de noix avec une longueur très intense.

Excellent et fringant Dom Pé, les cuvées des années 80 sont infatigables chez eux.
 
Chablis Grand Cru Vaudésir domaine Jean Paul Droin 1986

Ce vin a réussi le tour de force d’émerveiller la table après le Dom Pé.

Très honnêtement, au nez, je lui aurais donné 10ans de moins.

Le nez est encore jeune, sur les fruits tropicaux et de belles notes salines.

Bouche profonde, riche, mais construite tout en dentelle. L’allonge de ce vin m’a stupéfait tant il a l’air d’être construit sur des ressorts avec cette belle acidité intégrée qui apporte de la tension à des arômes truffés très puissants. Grande finale aussi longue qu’intense qui explose qui me fait penser à un whisky.

Excellent.
 
Savigny les Beaune 1er cru les Narbantons 2018 domaine Mongeard Mugneret

Le vin est encore compact, à l’aromatique très primaire et acidulé sur la ronce. Au milieu d’une série de vins aux styles très affirmés, celui-ci est apparu trop transparent à mon goût.
 
Napa Valley Howell Mountain Dunn Vineyards 1987

Howell Mountain, qui surplombe la ville d’Angwin, est la plus vieille appellation de Napa Valley. Les vignes se situent à une altitude comprise entre 400 et 700m. Cette montagne au sol volcanique est connue pour subir les brouillards et les vents provenant de la baie de San Francisco. Auparavant planté avec du zinfandel, c’est aujourd’hui le cabernet sauvignon qui règne en maître, donnant des vins réputés plus légers et rustiques.

Le vin le plus réputé de cette appellation est sans nulle doute celui du Dunn Vineyards, domaine familial qui existe depuis 1979 et qui est composé de 16 hectares.

1987 est un millésime légendaire en Californie. Le nez est délicat, sur des notes de rancio, de fumé et d’eucalyptus.

La bouche est à l’image du nez, assez fine, presque en dentelle, ça change beaucoup des bombes sirupeuses du Nouveau Monde. Cela n’empêche pas au jus d’affirmer sa présence en bouche, avec des notes de cuir et de vieux cèdres très présentes. Très bel équilibre avec une acidité totalement intégrée et des tanins fondus, l’ensemble dégageant une sensation de plénitude. Superbe finale mentholée, intense, comme une brise sur le visage qui s’étire tout en longueur et délicatesse.

Très beau vin, j’aurais aimé juste un supplément de profondeur en bouche pour le qualifier de grand car unidimensionnel en bouche.
 
Pomerol Clos du Clocher 1955

Très belle curiosité que ce vin aux arômes viandés très vifs.

La bouche est impactante sur des belles notes de gibier et de cuir, c’est intense et équilibré, avec beaucoup d’énergie et un équilibre encore fringant. Dommage que la finale s’arrête nette, coupant l’expérience.

Frustrant mais tellement intéressant!

Sauternes Chateau Doisy-Védrines 1943

Nez sur le miel.

Le moins que l’on puisse dire c’est que la bouche est épaisse. Le jus se fait visqueux, avec un sucre omniprésent. Ça manque clairement de finesse et ça fatigue le palais assez vite. Sensation d’être en face d’un verre de cognac mais le degré alcoolique en moins.

Erdener Treppchen Riesling Kabinett Karl Erbes 2016

Encore un vin étonnant, avec ce riesling perlant à l’ouverture. Ca pétille pratiquement en bouche, sucre et acidité se répondant parfaitement pour donner un vin équilibré et présent, sur la finesse avec beaucoup de fruits blancs, la poire notamment. Finale sur la pierre mouillée appréciable.
 

Au final, s'il fallait dégager 3 vins, ce serait pour ma part le Dom Pé 1980 (encore!!), le Chablis 1986 de Droin qui était magnifique, et ce beau Napa Valley 1987 de Dunn
 
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23 Nov 2021 23:03 #27

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Avant toute chose je souhaite mes meilleurs voeux à l'ensemble du forum qui m'apporte tellement!

Ces quelques bouteilles bues pendant la période des fêtes ont toutes répondues au même protocole qui reste inchangé me concernant: Une bonne heure d'aération pour les champagnes, et et 4 à 6h pour les vins tranquilles, sauf mention contraire.

 Champagne Krug 1985

L’effervescence n’est plus. Il est dit que je n’aurais pas de bonne expérience sur Krug 1985!

Cependant, le vin a encore des choses à raconter, bien que son apogée soit dépassée.

Le nez exprime de beaux arômes caramélisés et de pelures d’orange.

La bouche est fluide, sur des saveurs fumées presque de pétrole. Il y a un beau fruit confit, c’est assez riche et on pense à un beau Sauternes en buvant le champagne. Malheureusement, il n'y a ni la complexité ni la construction qu’on est en droit d’attendre d’un Krug millésimé. L’expérience se termine par une finale fuyante.
 
Champagne domaine Jacques Selosse Grand Cru Blanc de Blancs

Dsg 07/2005

Cette cuvée est l’ancêtre du Version Originale.

Robe évoluée avec une effervescence très discrète mais vivante.

Nez sur l’abricot confit, les pelures d’orange et quelques traces de torréfaction.

Bouche très délicate mais d’une fraîcheur magnifique. Il y a un zeste d’oxydation mais de façon moins évidente que sur les cuvées VO d’aujourd’hui. La bouche possède un magnifique toucher qui enrobe le palais, avec des notes de mirabelles qui ressortent nettement, chose assez rare sur un blanc de blancs. Il y a clairement un côté fruit rouge avant que le champagne ne bascule définitivement sur l’agrume confit comme la mandarine et l’orange. Texture, équilibre, acidité, tout y est pour délivrer un jus totalement délié, alliant richesse et fraîcheur. Finale crayeuse énorme qui explose en bouche pour s’ouvrir une longueur délicate mais vivace.

Un excellent champagne, kaléidoscopique comme je les aime, ça commence tout en délicatesse, ça vibre en bouche avec un gros volume, ça explose, et ça revient sur la délicatesse.
 
 
Champagne Dom Pérignon rosé 1996

Un vin que j’ai déjà dégusté quelques fois dont la dernière fois remonte à février 2021.

Il ne prend pas une ride, avec un fruit des bois très élégant qui domine au nez, une fraîcheur magnifique couplée à une matière dense, c’est un rosé très féminin, avec en bouche la fraise et la framboise écrasées. Ce vin est d’une incroyable souplesse alors que le jus est d’une intensité rare. L’aspect fumé que j’avais relevé la dernière fois semble absent de cette bouteille, mais elle ne perd en rien de son élégance et de sa présence avec notamment un côté floral beaucoup plus affirmé. Finale magnifique sur la rose fanée, diaphane, sur une longueur délicate mais persistante.

C’est toujours un grand rosé, ce vin à une présence indéniable qui fait qu’il s’impose naturellement
 
Champagne Krug 1990

J’ai bu de nombreuses fois ce 1990 et j’ai toujours eu un petit doute quant à l’évolution de ce millésime. Et bien cette bouteille m’a rassuré.

Nez opulent sur les agrumes confits, l’abricot et les amandes grillées.

Bouche qui allie richesse et fraîcheur grâce notamment à une superbe acidité intégrée à un jus extrêmement dense et mûr. On a bien évidemment ce toucher crémeux puis la profondeur du vin étonne d’emblée: complexe et stratifié sur des arômes toastés et caramélisés auxquels se mêlent l’écorce d’orange, un splendide abricot confit et enfin des fruits à coque. L’équilibre est parfait et le vin fait beaucoup plus jeune, nombres de 2000 font beaucoup plus âgés aujourd’hui. Finale somptueuse sur l’amande grillée et le café s’ouvrant sur une longueur kilométrique.

Ma plus belle bouteille de Krug 1990 à ce jour, plus vineux que 1988 et 1989 mais qui s’exprime pleinement avec un caractère à part.
 
Champagne Ulysse Blanc de Noirs “Les Maillons” 2015

dsg 03/2019

Nez très expressif sur le cranberry et la poire, puis à l’aération, apparaîtront des notes florales et vanillées.

Bouche très souple, mais expansif avec un jus d’une très belle densité. C’est d’abord un toucher crémeux, puis une touche oxydative et ensuite le vin déroule déjà, sereinement, sur une belle complexité: amandes, épices, framboises, cannelle… Rare de voir un champagne si jeune et pourtant déjà si accompli et si complexe. C’est racé et sapide, d’un style très bourguignon. Magnifique tension, tout en équilibre avec une effervescence douce. Grande et belle finale saline, traçante, sur une superbe longueur.

Encore un champagne délicieux signé Olivier Collin qui gravit très vite tous les échelons de la Champagne.
 
Alto Adige Cantina Terlano Terlaner “Rarity” 2008

Après un vieillissement de 10ans sur ses lies en foudres, cette cuvée, au nombre 3340 bouteilles a été mis en bouteille en 2020

Robe d’un jaune or soutenu.

Nez herbacé, où la menthe se mêle au foin, avec des nuances fruitées où la pomme prédomine.

La bouche est très atypique. Tout d’abord car il y a perlant qui empêche le vin de s’exprimer correctement, il a fallu secouer énergiquement la bouteille pour que celui-ci disparaisse. Jamais vu ça sur un vin de 13 ans d’âge!
Ensuite, le vin fut beaucoup plus cohérent et expressif. Il a fallu laisser prendre quelques degrés au vin afin qu’il délivre tout son potentiel, avec une attaque impactante sur une belle fraîcheur et un jus riche et profond qui prend le relais, toujours sur ces notes mentholées et de pomme. Il y a du gras et de la vivacité qui donne allonge, intensité et tension. C’est équilibré et racé à la fois. Finale que j’aurais aimé plus intense mais dont la longueur est très belle.

C’est excellent et une très belle expérience sur ce cépage peu réputé qu’est le pinot blanc.
 
 
Pouilly Fumé domaine Dagueneau Silex 2004

Au nez, les arômes de pomme dominent dans un premier temps avant de laisser place à un duo floral (jasmin) et herbacé des plus agréable.

Bouche riche, la densité du jus me surprend un peu là où je pensais trouver un vin traçant. La pierre à fusil et les fruits tropicaux envahissent le palais avec une superbe acidité qui étire le vin pour le rendre léger alors que la matière gagne encore en intensité. Très belle finale, tout en fraîcheur sur la pierre mouillée.

Un beau Silex mature.
 
Margaux château Margaux 1990

Le nez est la définition même du classicisme bordelais, c’est envoûtant et élégant à la fois, sur des notes de prune, de violette, de cassis et de cigare. La feuille de tabac domine nettement.

La bouche joue sur du velours, avec une maturité évidente. Toutefois, on est frappé par l’impression de jeunesse que délivre ce vin, tant le jus paraît encore frais sur la prune, le cassis, le sous-bois et la truffe. Stratifié et opulent, je trouve néanmoins le vin dissocié entre le nez et la bouche tant cette dernière paraît juvénile au regard des arômes délicieux et évolués qui s’échappent du verre. Évidemment, l’équilibre est magnifique avec un vin extrêmement texturé. Grande finale majestueuse, soyeuse, sur le cuir et le cigare qui s’étire d’une façon interminable.

C’est objectivement un grand vin, nul doute là dessus, mais je me demande si c’est le style que je préfère… De mémoire, j’ai été plus enchanté par Lafite 1986 que par ce Margaux 1990 mais je chipote par goût personnel, je lui reproche surtout un manque de cohérence entre le nez, la bouche et la finale.
 
Shiraz South Australia Penfolds Grange 1998

Dans ce millésime acclamé, la shiraz domine nettement avec 97% pour 3% de cabernet sauvignon.

Nez d’une complexité folle, sur la mûre, la framboise écrasée, le barbecue, le poivre, les épices… Tout y passe avec l’aération où des arômes de fèves de café viendront s’ajouter.

En bouche, le vin est massif, surtout avec ses 15% d’alcool, mais à vrai dire je m’attendais à pire. C’est d’un équilibre parfait, avec une fraîcheur et une gourmandise magnifique. Le jus est dense et délié sur un fruit éclatant auquel vient se mélanger des saveurs viandées et de café torréfié. C’est texturé et onctueux à la fois, avec une pointe de vanille, la complexité et la présence en bouche y est, c’est presque trop facile! Le vin profite de l’aération dans le verre avec l’apparition de saveurs de figues, de violette, et de fumée. Éminemment complexe, tout y est pour faire un grand vin, à commencer par la finale massive, presque charbonneuse qui déroule comme un rouleau compresseur sur une longueur énorme.

C’est un grand vin objectivement, kaléidoscopique, intense et sapide à la fois.
 
Toscana IGT Tua Rita Redigaffi 1997

Le vin a nécessité un carafage pour qu’il puisse s’exprimer pleinement.

Nez qui signe le merlot dans toute sa splendeur: c’est mûr, épicé, tabac, café, fruit noir comme la prune, thé noir…

Bouche robuste qui impacte d’entrée sur un jus dense et complexe à souhait sur la myrtille, la viande rotie, le thé noir… Ensuite le vin s’installe et s’assagit en bouche, déployant une belle acidité intégrée pour donner allonge et assise au vin. Les arômes tertiaires prennent ensuite le relais sur la feuille de tabac et l’épice douce. La sensation de virilité disparaît au profit de plus de plénitude notamment avec une finale mentholée tout en fraîcheur possédant une longueur admirable.

Excellent toscan, même si je préfère un supplément de texture
 
Toscana IGT Tignanello 1971

Bouchon pourtant en bon état mais le nez sur l’acétone et la bouche acide et décharnée confirment que le vin est mort.

Napa Valley Opus One 1996

Nez très précis sur les fruits noirs, les truffes, le cuir et le sous bois.

La bouche est, pour qui aime le classicisme bordelais, un magnifique modèle du genre. C’est élégant, structuré et frais, avec cette touche d’opulence propre à la Napa Valley. L’attaque est fraîche, avec une pureté de fruit des bois remarquable, avant d’attaquer sur une complexité exemplaire qui se dévoile par strate: truffes, puis tabac, puis notes herbacées et cuir. L’acidité de ce vin est superbe, elle enrobe le jus tout en délicatesse le permettant de vibrer et de s’exprimer pleinement. Les tannins sont totalement fondus et portent une belle et délicate finale sur le cigare, que j’aurais aimé plus impactante au regard d’un ensemble de haut vol.

Excellent, encore une preuve que les vins californiens, lorsqu’ils sont bien équilibrés (le vin ne dépasse pas ici les 13,5° d’alcool) vieillissent admirablement bien. Le bouchon, bien qu’entamé, était de très bonne qualité.
 
Pomerol Château L’évangile 1982

Le vin a mis du temps à se livrer, 1h avant la dégustation, un passage en carafe fut envisagé mais il s’est finalement livré avec beaucoup d’élégance.

Le nez un kaléidoscope à lui seul. C’est un vin que l’on hume un bon moment avant d’y porter les lèvres. Il faut vraiment le respirer pour s’approprier cette farandole d’arômes propre aux Bordeaux matures: un fruit noir éclatant, de la truffe, du cigare, du cuir, du graphite, du cèdre…

La bouche est tout en délicatesse. On est loin des grosses cylindrées du millésime, c’est vraiment un vin de méditation qui demande de l’attention. L’attaque commence tout en douceur avec du sous bois, puis l’on plonge dans des saveurs de violettes avec un fruit d’une pureté incandescente. Le vin est crémeux mais pas dense pour autant, sa légèreté étonne et séduit avec une magnifique complexité qui s’effeuille sur des arômes tertiaires tels que le charbon et la viande grillée. Le vin est séveux avec une superbe tension qui donne équilibre et vigueur. Finale magnifique et vibrante sur le menthol et le cèdre.

C’est superbe, dans un style intemporel que j’aime beaucoup.
 
Barsac château Climens 1990

Nez exubérant sur l’abricot confit et le pain d’épices.

Bouche qui allie densité, richesse et vivacité avec une magnifique fraîcheur. Fort heureusement car au vu de la concentration du jus se serait imbuvable. Le vin enveloppe la bouche et dépose comme un mille-feuille une myriade de saveurs: orange amère, gingembre, épice douce, abricot… Équilibre magistral avec un zeste d’acidité qui élance l’ensemble pour le rendre digeste et gourmand. Grande finale épicée et sirupeuse comme de la cire d’abeille, tout en gardant cette fraîcheur intense.

Excellent. Plus je bois du Sauternes et plus je me dis qu’il faut que j’étoffe ma cave avec.
 
Sauternes château d’Yquem 1983

Nez extrêmement puissant sur le coing et le caramel brulé.

Le premier verre est assez atypique puisqu’il sature le palais de tout: de sucre, de jus d’une densité énorme, c’est sirupeux voir même peu digeste dès la première gorgée, ça ressemble plus à un cognac qu’un vin liquoreux.

Mais à l’aération, le vin devient plus affable, plus civilisé et surtout plus équilibré. L’abricot confit et la peau d’orange se mêle aux arômes de sucre brun brûlé. En bouche, le vin s’affine peu à peu, c’est mielleux, du jasmin apparaît qui s’entremêle avec de la mandarine. Le vin a toujours ce côté visqueux mais avec moins de vigueur, il demeure digeste. Très bon équilibre même si l’acidité est un peu juste à mon sens, c’est délicieux en l’état mais je préfère un liquoreux avec légèrement plus d’allonge en terme d’acidité. Finale immense en terme de saveurs sur la marmelade et le miel.

Excellent, mais il faut aimer les sauternes visqueux.
 

C'est si difficile de faire un classement tant les vins dégustés sont de style différent. Disons que pour les rouges bordelais, j'ai préféré le charme de l'Evangile 1982 bien qu'objectivement Margaux 1990 est supérieur. Penfolds 1998 est un grand vin, tout comme Opus One 1996. Pour les champagnes, Krug 1990, Selosse et Dom Pé rosé sont tous 3 de grands champagnes. Niveau blanc, j'aime la pureté du Silex, et pour les liquoreux, Yquem, bien que supérieur, fatigue un peu de par sa densité en fin de repas.
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03 Jan 2022 21:48 #28

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Réponse de LudoR sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Ouch...
Quelle série de vins à maturité !
Impressionnant...

L'année commence bien :-)

Ludovic
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy
03 Jan 2022 22:04 #29

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Réponse de Vaudésir sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

J'ai eu peur je ne voyais plus de fleurs
03 Jan 2022 22:55 #30

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