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Ma visite du vignoble de Bordeaux, quand le vin m'indifférait profondément.

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    Comme relaté dans ma présentation, le virus du vin a attendu le confinement de 2020 pour m'attraper. Auparavant, je ne pouvais être plus indifférent et distant du vin, et de tout son cérémonial. Pourtant en 2017, je décidât d'entamer une reconversion professionnelle et j'ai eu la chance de passer par l'école hôtelière de Lausanne (EHL) afin de pouvoir bosser en hôtellerie. Inclus dans le programme, une visite du vignoble bordelais que je fis en 2018. Les CR seront parcellaires je vous propose plutôt une collection de souvenirs et d'impression de cette expérience.

    Tout d'abord, ma promotion était composé de 15 étudiants, dont la plupart était plus intéressés par le vin, et 4 membres particulièrement mordus (une hongroise, deux suisses et une britannico-grecque). D'horizon les plus divers (dans le jargon de l'école, une EHL story) où la proportion de third culture kids (2 parents de nationalités différentes établis dans un pays tiers) est très élevée, le degré de cosmopolitisme est difficilement concevable y compris pour les parisiens. Pourtant, tous avaient déjà bu du vin français dans leur vie, du Costa Rica au fin fond de la Chine.
    La visite du vignoble bordelais durât une semaine et eut lieu du 15 au 19 avril. L'EHL a un nombre considérable de contacts, d'anciens dans le monde du vin et nous eûmes la chance de visiter beaucoup de très grand noms. 

Jour 1: Château Cos d'Estournel et Pédesclaux

Hôtel Relais Margaux: Hôtel façon club à l'anglaise avec golf, piscine et vastes pelouses. Le bâti était en lui-même un peu fatigué, un peu manque d'insonorisation dans les couloirs mais sinon une literie délicieuse et un service charmant et professionnel. Bon dîner concocté avec un régional magret de canard pour moi.

   La première visite commençât par le château Cos d'Estournel, propriété de Michel Reybier et grand bienfaiteur de l'école. De mes yeux d'outsider, l'état d'entretien, de minutie dans le chai, la cave, et le ravalement du château sont très impressionnants. Le château n'est absolument pas sous-capitalisé. Michel Reybier passe nous dire bonjour et parler à notre professeur d'oenologie qui est de ses vielles connaissances. 

La dégustation des vins analytique devait être la cinquième de toute ma vie (les 4 précédentes ont eu lieu en Suisse la semaine précédente pour le cours d'oenologie). Nous dégustâmes les primeurs de 2017, ainsi que le vin de 2011 (ce sera le cas à quasiment toutes les visites: primeurs et un vin un peu plus mature mais encore guère posé) et les seconds vins. Que dire? Clairement, les primeurs étaient du vinaigre . Acidité forte, tannins râpeux, voire même bouche végétale, sincèrement, je n'ai pas pris de plaisir. Le suisse fana de vin avec sa crinière de lion lui était souverain : "That's a baby, it will be tasting wonderful", pareil pour la hongroise et sa joie légendaire qui appréciât à fond. Moi, le cancre, je plongeai mes yeux dans ceux de la costa-ricaine et nous eûmes un sourire de connivence  .

Puis l'après-midi prit place au Château Pédesclaux, racheté par Jacky Lorenzetti qui se trouve être un ancien de l'école et autre bienfaiteur (il a gardé d'excellentes relations avec l'école vu qu'il a organisé le gala des 125 ans dans sa salle de Nanterre). Comme le commercial du domaine nous faisait le tour du propriétaire, nous apprîmes que la mentalité de M.Lorenzetti était de bousculer l'ordre établi et que le château Pédesclaux était un bon défi à cette aulne: un GCC déchu, déridé et dépassé à son acquisition en 2009 et entièrement relancé par de gros investissements. Le foncier n'étant pas classé comme en Bourgogne, le château eût toute liberté pour racheter des parcelles au terroir plus favorables, et ainsi le parcellaire de Pédesclaux devint beaucoup plus étendu et complexe. Ses travaux ne s'arrêtèrent pas là, avec étude des sols, arrachage et plantation de vignes.

Par ailleurs, l'argent n'étant pas un problème, le patron consentit à n'avoir que le meilleur et construisit un chai et des installations technologiques à la fine fleur de la technologie: trieuse optique, chai gravitaire, vinification parcellaire. Espace de dégustation flamboyant, marketing poussé etc...

Dans le verre, malheureusement, la comparaison n'était pas favorable par rapport à Cos d'Estournel. Ils en étaient conscient, les prix demandés étant bien inférieurs et le discours plutôt empreint d'humilité (après tout, le 2016 n'était que le deuxième millésime vinifié dans le nouveau chai, et quasiment la moitié du foncier n'avait guère plus de 5 millésimes de retex). A l'époque, Pédesclaux commençait à infléchir une courbe positive en retard de phase versus la hausse des prix. Mais les CR du Domaine ainsi que l'analyse des GCC rédigée en 2017 semblent confirmer que les efforts consentis ne furent pas en vain. Néanmoins, le 2012 servit au Gala, et le primeur de 2017 n'étaient pas des plus mémorable pour mon palais inculte.

Jour 2: Château Margaux et Léoville-Barton

Dans une mâtinée fraiche et radieuse, nous partîmes pour le Château Margaux, seigneur de son appellation et à la statutaire très marquée par son extravagant chai conçue par Norman Foster. Nous eûmes l'occasion d'en découvrir plus sur la tonnellerie qui est réalisée sur place par des artisans internalisés à côté du chai. La vue sur la cave est encore plus impressionnante que dans le Cos d'Estournel et fait rare lors de notre séjour, nous pûmes boire un vin plus mature (un 2005). Même gradation en terme de plaisir du primeur dont je suis incapable d'évaluer et de me réjouir du potentiel futur au 2005 qui goûte très bien (je me dis même c'est vraiment bon quand même  )  en passant par les seconds vins qui sont plus accessibles à ce niveau de vieillissement. 

La visite du château Léoville-Barton se fit sous la chaleur du soleil d'avril qui tapait et avec une ombre et un petit vent très piquants. Le château de la famille Barton dont j'appris que le niveau de qualité était unanimement reconnu était d'une nature beaucoup plus humble et sereine, plus terre-à-terre. L'atmosphère et la sensation étaient plus "paysan" et familiaux. Le contraste avec les château précédents ,dont soit la culture (Cos d'Estournel) , soit le prestige (Margaux) ou les ambitions du propriétaire (Pédesclaux) donnaient également dans l'esbrouffe, était très bien accueillis par l'ensemble de la troupe.

La dégustation se fit à côté du chai à l'ancienne en commençant par la Réserve de Léoville puis par les primeurs et un vin un peu plus léger. Je pus percevoir la grande maîtrise dans les vins globalement bons pour mon palais peu connaisseur. Peut-être que ma disposition plus positive y a contribué. Par ailleurs, le tarif affiché étant nettement plus raisonnable versus l'énorme prestige accordé par les connaisseurs du groupe y ont peut-être également contribué.

Jour 3: Château Clarke et Coutet

La journée commençât par la visite du château Coutet à Barsac dont la famille Bailly a une grande tradition de passage par l'EHL et qui sont proches comme cul et chemise. Nous fûmes reçu de façon exceptionnelle par Dominique Bailly, un personnage haut en couleur et à la faconde expansive. Le maître de chai également nous fit faire un tour approfondi du domaine (magnifique). Se joint à nous en voisine Youmna Asseily -propriétaire du château Biac - qui est absolument sensationnelle également. Guère de doute, c'est la visite qui m'a le plus marqué du séjour  !

Plus qu'une dégustation, nous avons la chance d'avoir un déjeuner avec accords avec des vins de millésimes différents, le dessert s'accordant avec un Coutet 1989. Etant un bec plutôt sucré, le Sauternes avait de plus fortes chances de me plaire et en effet la minéralité du Barsac ne fait qu'améliorer mon ressenti. Par conséquent, je passe par la cave du château et me prends une bouteille de 2007 vendues à 28 euros en direct (les tarifs du domaines ne sont pas très élevés pour une telle qualité).

L'après-midi se fait dans le bus pour un long trajet vers le château Clarke.
Le château de la branche Edmond de Rotschild fut une grande victime du gel de 2017, si bien que nous ne goutâmes pas le primeur. La propriété est magnifique, notamment le jardin à l'anglaise et j'apprécie énormément les références à la culture Rotschild. Il n'est guère étonnant que les théories du complot fleurissent autour d'eux mais la présence d'une culture "superstructurale" au sein de la famille perdure à travers les différentes branches.

Par contraste avec Coutet, évidemment le retour au rouge fût difficile. Mais ce fût là-encore une belle visite.

Jour 4: Intoxication alimentaire, Château Cheval Blanc, Pétrus et Angélus

Malheureusement, le programme gargantuesque prévu ne pourra être réalisé par quelques autres et moi: je suis victime d'une intoxication alimentaire dont certes les symptômes furent les plus légers des malchanceux mais m'ont bien fatigués. Pour faire simple, je suis un zombie qui trouve le courage d'aller à Pétrus et Cheval Blanc mais je passe pour mon tour pour Angélus par fatigue et en réalité également par lassitude de boire des vins. En somme, je saturais du vignoble  .

Ayant encore le week-end avant de rentrer en Suisse, quelques uns se joignirent à moi pour aller dans mon extche au Pays Basque d'où nous fîmes quelques excursions très sympathiques.

Le bilan de ce séjour fut un très bon souvenir mais insuffisant pour m'inoculer le virus du vin. Cela dit, j'ai renforcé mes liens avec certains de mes camarades avec qui je suis toujours en contact régulier par devers les fuseaux horaires et ceci vaut de l'or! 

 
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03 Mai 2021 19:53 #1

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Le château de la branche Edouard de Rotschild fut une grande victime du gel de 2017, si bien que nous ne goutâmes pas le primeur.

Edmond, tu veux dire ? Si l'on parle de branche Rothschild, c'est en fait la même que celle de Lafite (la "française" ). 

Edouard de Rothschild existe, mais c'est la branche autrichienne qui ne possède aucun château bordelais. 
Eric
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03 Mai 2021 20:22 #2

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Le château de la branche Edouard de Rotschild fut une grande victime du gel de 2017, si bien que nous ne goutâmes pas le primeur.

Edmond, tu veux dire ? Si l'on parle de branche Rothschild, c'est en fait la même que celle de Lafite (la "française" ). 

Edouard de Rothschild existe, mais c'est la branche autrichienne qui ne possède aucun château bordelais. 

Effectivement, j'ai confondu Benjamin avec Edouard . Je voulais distinguer cette branche des cousins de Mouton dont les activités vinicoles sont différenciées (la seule aventure commune étant en champagne il me semble).
03 Mai 2021 20:31 #3

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Oui, Mouton, c'est la branche anglaise.  Effectivement, en Champagne, ils ont une dynamique commune. 
Eric
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03 Mai 2021 20:38 #4

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Merci pour ce récit Ilroulegalet, il faut une bonne dose d’humour et de recul sur soi pour narrer ces actes manqués sur un site où  ces visites feraient rêver beaucoup.

manitenant il reste à rattraper tout cela   !
cordialement
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03 Mai 2021 20:51 #5

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Merci pour ce récit Ilroulegalet, il faut une bonne dose d’humour et de recul sur soi pour narrer ces actes manqués sur un site où  ces visites feraient rêver beaucoup.

manitenant il reste à rattraper tout cela   !
cordialement

Merci Agrippa pour le gentil commentaire. En effet, c'était un peu de la confiture pour le cochon que j'étais.
Un autre élément qui m'avait frappé lors du voyage dans le Médoc était la dichotomie entre l'opulence des propriété vigneronne et nombre de "villages" d'ouvriers agricole tangentant les pays en voie de développement en terme de bâti (tôle, petites maison décrépies, potages ouvriers). En somme une société agraire extrêmement inégalitaire où l'argent ne ruissellait pas beaucoup.

Saint-Emilion est un très beau village pas encore trop gagné par l'étalement du semis urbain qui est un drame trop commun dans les campagnes françaises (avec les ronds-points).
04 Mai 2021 19:32 #6

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Saint-Emilion est un très beau village pas encore trop gagné par l'étalement du semi-urbain qui est un drame trop commun dans les campagnes françaises (avec les ronds-points).

Saint-Emilion est hélas une "coquille vide" : le village médiéval est très peu habité, car l'immobilier y coûte très cher. Les petites mains habitent dans des HLM bien cachés ou dans les villages environnants moins cossus (ou dans les HLM de Libourne). 
Eric
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04 Mai 2021 19:58 #7

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Un autre élément qui m'avait frappé lors du voyage dans le Médoc était la dichotomie entre l'opulence des propriété vigneronne et nombre de "villages" d'ouvriers agricole tangentant les pays en voie de développement en terme de bâti (tôle, petites maison décrépies, potages ouvriers). En somme une société agraire extrêmement inégalitaire où l'argent ne ruissellait pas beaucoup.
 


Je vais passer pour un défenseur de "riche", mais tant pis, et en fait ce n'est pas le cas.

A part Margaux, pas trop loin, ou moulis listrac pour les petites communales, on est vitre franchement éloignés de Bordeaux. 
Dans le médoc, à part la vigne, il n'y a rien d'autre en activité  / emploi. C'est une zone très enclavée. Bordeaux est au centre du département, mais pour aller jusqu'au nord du médoc le tarif c'est 1H30 en bagnole.
Ceux qui habitent sur place sont il est vrai les ouvriers, ou techniciens. Mais soi dit en passant, ils ne sont pas plus pauvres que 20% de travailleurs français au SMIC en général. Ceux du médoc habitent des petites maisons, les salariés pauvres des villes habitent des studios de 30 m².....qu'on en voit pas, noyés dans la masse anonyme des villes. La plupart des cadres habitent vers bordeaux.

Je ne dirai pas que l'argent ruissèle, mais pour autant il y a une redistribution. Les châteaux sont des moteurs essentiels pour les boites locales du bâtiment, par exemple. 
Et puis il y a le visible, et le salaire.
En versant un peu dans le cliché, mais pas tant que çà. Attention, je ne juge personne, c'est juste un constat. 
Le salarié urbain pauvre sera très souvent show off, et aura souvent une voiture rutilante rapport à ses revenus.
Avec le même revenu, le travailleur manuel dans la vigne ( le bas de l'échelle dite CSP ) aura son potager, vit dans 80 M² et pas 30, porte en été un pantalon de jogging et un T shirt troué, et vient bosser en AX de 500 000 km. 
Le tractoriste de cru classé vient au boulot en vieux 4x4 couleur camouflage, il y a à l'arrière les grilles pour les chiens de chasse. Le WE il chasse le sanglier, le cuisine, et le mange avec les copains en arrosant généreusement le tout. Ou il fait celà devant une cabane à carrelet au bord de l'estuaire. Et il prend 2500- net mensuel. Et oui.

Il ne faut pas confondre ruralité et pauvreté.

 
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04 Mai 2021 21:35 #8

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"Il ne faut pas confondre ruralité et pauvreté". Certes.
Il ne faut pas généraliser des cas particuliers non plus.
" Le salarié urbain sera très souvent show off, et aura une voiture rutilante rapport à ses revenus "
C'est vrai, tu as prévenu que tu versais "un peu" dans le cliché...Mais là, franchement...
Je ne connais pas le vignoble bordelais, et moins encore ceux qui y travaillent, en tirent des revenus...Je connais, en revanche, des tas de gens qui bossent dans le vin, qui en font, qui en boivent, en commercialisent, en recommandent, taillent la vigne, vendangent...Je n'imagine pas une seconde les catégoriser ainsi: "le tractoriste..."
Autant je suis assez d'accord avec le fond de ce que tu dis: avec le même salaire, on ne vit pas dans les mêmes conditions dans le Médoc et en Seine-Saint-Denis ( J'y ai vécu ), sur la forme, j'ai quelques réticences.
Bon, pas grave, hein ?
LEON213
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04 Mai 2021 22:13 #9

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Rien de grave, c'est évident.

Justement sur les bagnoles ce n'était pas cliché du tout.
Je parlais précisément du médoc, qui est véritablement un monde à part. Juste en restant en Gironde, ce n'est pas le libournais, ce n'est pas l'entre 2 mers, ce n'est pas Sauternes, etc...Je laisse Eric intervenir s'il le souhaite, il doit se faire son idée.
Tu parles du monde du vin en général, ce qui le font, le vendent, etc...c'est à dire toute la diversité française. Des dizaines de catégories. Le médoc ? Quelques unes....je ne connais pas St Denis, à part sa basilique et le trajet pédibus qui y mène depuis le métro. Les vignobles français, beaucoup mieux.

Les périphéries urbaines sont farcis de petites allemandes en leasing, Bordeaux si tu veux.
Les grosses teutonnes sont préférentiellement dans les quartiers réellement riches....ou aux pieds des tours moins....huppées.
Les grosses dans le médoc, celles du proprio, tu les vois pas trop. Au garage, ou il préfère les anglaises, ou le proprio n'est tout simplement pas trop là. Mais tu peux croiser celles des hauts cadres le matin et le soir sur la route bdx / médoc.
Les petites teutonnes dans le médoc ? Y'en a pas. 
Par contre, tu y verra le 4x4 camouflage. Ou la 405 break avec un trou dans la carrosserie du coffre. Ben oui, l'an dernier, un sanglier fraichement ramassé a été mis dans le coffre, il n'était pas tout à fait mort en fait.....donc il faut le tirer depuis l'extérieur, c'est ballot. 

Le tractoriste, que tu le veuilles ou non, c'est une vraie catégorie. Dans les crus huppés, c'est un truc à part. C'est l'aristocrate de l'employé, 35 heures semaines en cabine climatisée avec la radio, tu ne touches pas la bouillie de traitement, quelqu'un les prépare. Les bons, fiables, autonomnes et responsables sont rares, donc ils sont chers, et se débauchent d'un cru à l'autre par la sur enchère. 
Le travailleur à la vigne, oui, il en chie. Eric là aussi pourra en parler, il l'a fait. Quitte à toucher le minimum, on peut comprendre qu'un jeune ait plus envie de travailler à mettre des fringues en rayon dans un magasin climatisé.
Vraiment, c'est un monde à part, segmenté, peu diversifié. 

 
04 Mai 2021 22:49 #10

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Le tractoriste, que tu le veuilles ou non, c'est une vraie catégorie. Dans les crus huppés, c'est un truc à part. C'est l'aristocrate de l'employé, 35 heures semaines en cabine climatisée avec la radio, tu ne touches pas la bouillie de traitement, quelqu'un les prépare. Les bons, fiables, autonomnes et responsables sont rares, donc ils sont chers, et se débauchent d'un cru à l'autre par la sur enchère.  


Tu devrais intervenir dans les lycées agricoles des zones de polyculture élevage.
Nul doute que tu trouverais vite des candidats pour ce genre de poste.
Il y a plein de jeunes qui rêvent d'être conducteur chez des céréaliers mais généralement ils ne trouvent du travail qu'en été.
Sylvain
05 Mai 2021 09:29 #11

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Le tractoriste, que tu le veuilles ou non, c'est une vraie catégorie. Dans les crus huppés, c'est un truc à part. C'est l'aristocrate de l'employé, 35 heures semaines en cabine climatisée avec la radio, tu ne touches pas la bouillie de traitement, quelqu'un les prépare. Les bons, fiables, autonomnes et responsables sont rares, donc ils sont chers, et se débauchent d'un cru à l'autre par la sur enchère.  

 


Tu devrais intervenir dans les lycées agricoles des zones de polyculture élevage.
Nul doute que tu trouverais vite des candidats pour ce genre de poste.
Il y a plein de jeunes qui rêvent d'être conducteur chez des céréaliers mais généralement ils ne trouvent du travail qu'en été.
 

C'est dommage de ne pas lire entièrement ce qui est écrit. C'est vrai qu'Agitateur est parfois un peu long ...
Il ne parle pas du tractoriste moyen. Uniquement de celui des grandes étiquettes du Médoc qui est un cas bien particulier et local
Amateur pendant 20 ans Passsionné depuis 2002
05 Mai 2021 11:27 #12

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Ok je n'avais effectivement pas compris qu'il y avait une grande différence de travail selon les étiquettes.
Auquel cas il faudra également définir à partir de quel niveau on est une grande étiquette ? 

 
Sylvain
05 Mai 2021 11:55 #13

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Lu, il ya déjà quelque temps.

france3-regions.fran...

Bien cordialement.
Laurent V
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05 Mai 2021 11:58 #14

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Vous croyez que les petites mains dans l'industrie du luxe (parfum, maroquinerie et j'en passe) se font tous 2/3000 € /mois minimum?
05 Mai 2021 12:30 #15

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Vous croyez que les petites mains dans l'industrie du luxe (parfum, maroquinerie et j'en passe) se font tous 2/3000 € /mois minimum?
 

Quelqu'un a écrit cela ?
Michel
05 Mai 2021 13:15 #16

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Eh bien, je suis bien content d'avoir créé ce petit débat  ! C'est certain qu'il y a nombre de campagnes plus pauvre que celle du Médoc, pour autant le contraste m'avait bien plus frappé à cause des grandes propriétés des grands vignobles.

Sinon évidemment qu'en terme de conditions de vie, de culture et de pouvoir d'achat, les campagnes se distinguent nettement des rurbains et habitants de centre-ville.

 
05 Mai 2021 14:17 #17

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Ok je n'avais effectivement pas compris qu'il y avait une grande différence de travail selon les étiquettes.
Auquel cas il faudra également définir à partir de quel niveau on est une grande étiquette ? 
 


Puisqu'il faut fixer un seuil, disons qu'à partir de 50 € HT en Primeur sur du rouge, on est y est.

Oui, il y a d'énormes différences de travaux. 
Le tractoriste "haut de gamme" a les conditions que j'ai coté plus haut. Tractoriste exclusif. Mais avec tout de même une attention à la qualité, pour prendre un exemple: si jamais tu t'es cogné quelques rangs en omettant de constater que les buses ne crachent plus rien....ce qui serait constaté ultérieurement avec ces quelques rangs au feuillage suspect parmi un océan de saine verdure....tu pourrai prendre la porte et éventuellement changer de département.....c'est arrivé. 
En propriétés plus standard, le tractoriste fait aussi des travaux manuels, c'est un multi tâche. 

Les bons postes ne sont évidemment pas accessibles aux jeunes diplômés de lycée, faudra prendre du poil aux pattes et démontre son savoir, d'abord. Celui qui travaille propre, qui ne génère pas de casse tout le temps et qui sait les anticiper....le bourrin n'est pas apte. 

Un exemple récent hors ouvrier viticole, et une fois de plus sans jugement, pour comprendre un peu la psychologie ( des jeunes en particulier )
Un intérim de qq jours, recruté en poste "cariste". Le gars est là à 08H00, avant même. A 08H15, il a compris qu'il faudra descendre du chariot et filmer les palettes ( à la main ).  Pour lui c'est un poste de préparateur de commande / cariste, et pas un poste de vrai cariste comme le sien. Il n'est pas préparateur de commande, la caste en dessous, il est cariste. A 08H30 il est déjà parti....
05 Mai 2021 22:01 #18

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Christophe/agitateur, tu bosses chez Magrez,avoue !
Michel
05 Mai 2021 22:03 #19

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Michel, non. Mais tu vas expliquer les motivations de ta remarques.....

C'est un employeur ultra célèbre !
( pour les postes de maitres de chai, chef de culture, régisseurs et autres responsables, etc...bref les cadres moyens et sup ) 
Il paye très bien, et donne sa chance aux jeunes. Et si tu survis 2 ou 3 ans à ton poste, tu es apte à subir toutes les organisations et toutes les pressions, ton CV est sacrément boosté. Le turn over y est considérable, c'est un corollaire.
05 Mai 2021 22:18 #20

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05 Mai 2021 22:24 #21

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Vous croyez que les petites mains dans l'industrie du luxe (parfum, maroquinerie et j'en passe) se font tous 2/3000 € /mois minimum?


 

Quelqu'un a écrit cela ?


J'ai lus un peu vite le topic... J'ai répondu car je m'étonnai que certains pensent, produit vendu cher égale salariés mieux payés (En gros, je simplifie) c'est loin d'être le cas du moins tout en bas de l'échelle. 
Sinon j'ai déjà remonté tout le médoc, 1 fois, j'ai pas trouvé que c'était pauvre, pas plus qu’ailleurs et je dirais même moins. Après c'est sûr faut pas comparer la propriété des GGC avec celle des cru bourgeois, encore moins avec les ouvriers.
05 Mai 2021 23:38 #22

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Le sens de mon propos était justement de souligner le fait que:
- Le bas du bas de l'échelle est toujours tout en bas, même chez les "riches". 
- au dessus, disons l'ouvrier spécialisé et plus, force est de constater que le "riche" redistribue.

Il est évident que le prix final est sans rapport. La définition de plus en plus forte du luxe n'est pas de vendre un produit intrinsèquement supérieur dans sa réalisation, mais surtout de vendre une image supérieure. 
Le vin de luxe ( médoc, bordeaux, et partout ailleurs en France ) a le mérite de redistribuer localement bien plus que le pseudo faux luxe de la plupart des marques presque grand public ( à part Hermès )

Je regrette que le lien pointé par Laurent V plus haut, le truc de France 3, soit un ramassis de raccourcis ( voir surtout de conneries ).
La encore, il y aurait bcp à dire, mais c'est trop tard à cette heure.
 
06 Mai 2021 00:12 #23

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