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Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

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o_g a répondu au sujet : Liger Belair

Incliner son verre pour doucement faire glisser le liquide sur ses parois permettrait ainsi de conserver 10 à 15min d'effervescence supplémentaire !

Asbolument ! Et d'ailleurs tous les buveurs de bière le savent bien :evil: . Par ailleurs verser dans un verre aux parois légèrement humides limite aussi la formation de mousse pendant le versement, et donc l'émission de gaz !
#31

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leguitou a répondu au sujet : vivino

Alors moi, entre Vivino (le Wikipedia du vin) et la Conférence de Monsieur Liger-Belair, je demande, que dis-je, j'exige de connaître le secret d'Oliv ...
Comment fait il pour suivre aussi bien les explications, tout noter et nous retranscrire la chose avec une telle précision et clarté qu'Einstein lui-même en serait largué ?!?
Y'a des soirs, on se sent bête ...
(J'ai relu deux fois chaque post d'Oliv, j'ai toujours pas tout compris !!)

Bien cordialement,
Guillaume
#32

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Agnès C a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Guillaume, jeune padawine
Y'a pas de secret, juste beaucoup de travail
Une hygiène irréprochable, une alimentation saine et une régulière hydratation savamment dosée et de qualité, un stylo autonome, un radiocassette enregistreur Radiola.


Agnès qui n'a pas tout compris non plus (surtout quand y'a des tableaux en anglais)

"Enivrez vous de vin, de poésie ou de vertu à votre guise, mais enivrez vous"
#33
Pièces jointes :
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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

(J'ai relu deux fois chaque post d'Oliv, j'ai toujours pas tout compris !!)

C'est donc la preuve que je ne suis pas un bon élève.
Car les séminaires étaient d'une grande clarté, bien meilleurs que ma tentative de retranscription.
Mais même le vieil étudiant habitué à la prise de notes que je fus n'arrive pas à tout noter comme ces moments le mériteraient.

C'est plus facile avec le vin dans le verre !
Lui me cause quand je le décide ! :D
#34
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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Villa d'Este Wine Symposium

Édition 2016


Verticale Grands Échézeaux / La Tâche du domaine de la Romanée Conti





Romanée Saint Vivant, 2011



Belle robe brillante, sur un pourpre de jeunesse très profond.
Nez très jeune et assez marqué par la vendange entière, quand la rafle répond à des senteurs délicates de petits fruits rouges enrobés dans un élevage au boisé fumé très élégant.
Bouche nerveuse en attaque, sur une acidité qui propulse une matière assez délicate au joli velouté un peu bridé toutefois par une pointe amère à partir du milieu de bouche.
Finale longue et qui laisse une sensation de réserve de puissance sans charge tannique.
A attendre.


Échézeaux, 2010



Robe grenat assez claire.
Nez pointu et assez discret, sur un léger fumé qui s'ouvre lentement à l'aération sur un ensemble d'un classicisme très élégant quand les notes de fruits rouges (framboise, fraise des bois) répondent à un végétal mentholé sans une once de verdeur. Beaucoup de classe émane du verre !
Bouche d'une grande densité et énergie en attaque, sur une concentration naturelle évidente qui concilie un caractère élancé d'une grande capacité de relance à une densité de jeunesse qui signe une réserve de puissance et de potentiel certains.
Les goûts sont francs, compromis de notes bien mûres qui s'expriment sur le pamplemousse rose et d'un végétal mentholé très agréable.
L'acidité et les tanins se dissocient un peu sur la finale en créant un point de fermeté.
A attendre pour gagner en fondu mais le charme aromatique est déjà présent.
Très bien.


Grands Échézeaux, 2005



Robe grenat violacée assez profonde.
Nez sérieux, assez serré, où une petite réduction sur le poivre gris prend un peu le pas sur des senteurs de fruits noirs frais.
Bouche à l'attaque voluptueuse, sur un volume pulpeux d'une belle maturité parfaitement mobilisé par une acidité très agréable.
Le grumage en bouche libère une aromatique jusqu'ici assez en retrait, sur le coulis de fruits rouges, la grenade et des goûts mentholés.
La présence et l'impact tactile sur le palais comme l'impression de puissance maitrisée signent le grand millésime et lance une finale d'une grande persistance mais qui doit gagner encore en complexité et en ampleur aromatique.
La qualité des tannins est en revanche superlative !
Très beau potentiel.


La Tâche, 2005



Superbe robe, à la fois riche et profonde à cœur mais sans noirceur et éclaircie sur l'extérieur du disque.
Nez plus dense et plus précis que sur le Grands Échézeaux, plus intériorisé aussi mais d'une grande netteté. Alors qu'il présente assez peu de fruit, il laisse une curieuse impression de sécurité, comme si tout était là mais tapi et attendant de se libérer.
L'attaque en bouche est d'une immédiate ampleur veloutée qui tapisse le palais sans le fatiguer. Le milieu de bouche se resserre ensuite autour d'une présence tannique certaine dans un ensemble puissant illustrant parfaitement l'expression du gant de fer dans une main de velours. L'intégration de l'acidité est idéale, apportant une fraîcheur et une mobilité parfaite à cette structure puissante d'une texture et présence magnifiques.
Ne lui manque là encore que plus d'expression et de complexité aromatique pour apporter un plaisir immédiatement plus gourmand et moins intellectuel.
Un vin superbe de présence et de trame mais qui doit être attendu pour détendre sa concentration naturelle et gagner en évidence.
Un futur monument. Mais il va falloir être patient... (tu)


Grands Échézeaux, 1990



Robe sur un tuilé éclairci à l'extérieur du disque mais profonde à cœur.
Nez très agréable, sur un léger torréfié d'évolution, sur le cèpe séché, la cendre froide et de superbes notes de menthe fraiche et de groseille qui apportent une sensation de fraicheur.
Bouche délicieusement fraiche, d'un naturel d'expression remarquable, sur une acidité pointue qui lance une matière fine et soyeuse.
Les goûts sont brillants de complexité, sur un ensemble où la rose répond au tabac et des notes de thé à la menthe dans un ensemble remarquable de fraîcheur et de franchise.
Finale plus verticale, avec un petit retour tannique, toujours sur ces goûts fruités et mentholés qui se prolongent longuement.
Délicieux ! (tu) (tu)


La Tâche, 1990



Robe aux atours similaires au Grands Échézeaux mais un petit peu plus sombre.
Nez complexe mais qu'il faut aller chercher, sur de délicates notes de pot pourri qui répondent à un léger végétal (menthe poivrée, foin séché) et des senteurs torréfiées.
L'attaque en bouche est monumentale, d'une pulpe géniale et dont la douceur affiche une maturité remarquablement contenue par une acidité désaltérante. Whaaaaaaou !
Le vin concilie idéalement douceur et fraicheur dans un ensemble à la fois puissant et frais, sur des goûts délicieusement épicés.
La fin de bouche est en revanche marquée par un retour tannique important, comme si le vin se resserrait telle une poigne et qu'il vous signalait qu'il lui faut encore du temps pour se libérer totalement et polir ses derniers angles.
Superbe ! (tu) (tu)

Pour avoir discuté de la dégustation le lendemain matin au petit déjeuner avec Aubert de Villaine, il semblait partager la perception tannique sur certains vins et l'imputait à la météo et aux basses pressions qui régnaient sur Cernobbio ce samedi soir.


Grands Échézeaux, 1981



Robe évoluée et un peu inquiétante, sur un marron trouble souvent signe de fatigue.
Nez plus rassurant de complexité, au beau bouquet tertiaire où des notes chaudes (cabosse) répondent à des senteurs de feuilles mortes et d'herbes séchées avec une présence de fruits rouges encore notable.
La bouche est magnifique de délicatesse, sur une attaque qui concilie un côté nerveux apporté par une acidité pointue et une suavité certaine qui pose un ensemble d'une grande énergie et finesse.
Si le milieu de bouche ne possède pas la capacité de relance du 1990, sur un côté fin, presque frêle avec une toute petite sécheresse tannique, le vin ne vire pourtant pas au fragile et propose une vraie tenue et allonge, notamment dans ses goûts très complexes qui étirent longtemps leur complexité, sur les fruits rouges et des notes de tabac et fleurs séchées.
Peut-être pas le plus grand vin en soi mais une expression sans faiblesse et toute en délicatesse qui me sied totalement.
Délicieux. (tu)


La Tâche, 1981



Robe évoluée, sur un tuilé net et quasi diaphane sur l'extérieur du disque.
Nez au bouquet très intéressant et complexe, qui s'ouvre sur des notes de moka au repos dans le verre pour libérer puissamment à l'aération, comme si les senteurs jaillissaient du verre, des arômes où le fruit (grenade) répond aux notes mentholées, presque sur la menthe poivrée. L'ensemble produit est d'une grande précision et possède un cachet remarquable !
Bouche magnifique, construite sur un équilibre fin comme le Grands Échézeaux mais avec un surcroit de concentration et de réserve de puissance qui apporte au vin un déroulé délicieux. Le côté tactile est remarquable de précision, quand l'acidité pointue se love dans une matière soyeuse et suave, avec une immédiate impression de fraîcheur mentholée.
Le vin se relance encore par la présence de tanins qui lui donnent trame et tenue et font saliver et qui propulsent cet ensemble traçant, au volume presque éthéré et pourtant dont la persistance refuse de s'éteindre.
Finale magnifique de profondeur pour un vin impressionnant de précision dans une grande économie de moyens.
Un vin d'un charme fou ! (tu) (tu)


Grands Échézeaux, 1971



Robe rubis orangée, d'une grande netteté et brillance.
Nez pur, assez délicat mais dont le fruit s'exprime avant les notes tertiaires, sur des sensations de sucre cuit, de compotier de fruits rouges, de notes mentholées qui dominent les odeurs plus évoluées, sur l'humus et la terre fraiche. Me revient immédiatement en mémoire la monumentale Romanée Conti de l'an passé .
Bouche à l'attaque délicieuse, sur une petite sucrosité douce assez irrésistible parfaitement équilibrée par une acidité idéale et qui lui apporte tonus et fraîcheur.
Le vin déroule un toucher moelleux et franc d'une volupté certaine, sur une structure là encore d'une délicatesse apparente mais dont la profondeur se prolonge très longuement.
Les goûts en pleine phase avec les senteurs du nez sont un délice, compromis de notes florales et mentholées et d'une complexité tertiaire, sur le tabac blond qui n'épuise pas le fruit.
Seule petite réserve à ce tableau brillant, le retour d'une petite amertume sur la finale qui comme brutalise ce qui s'avérait jusqu'ici une vraie étole de soie. Mais quelque chose me dit qu'il suffirait d'une viande bien apprêtée pour littéralement se pâmer...
Magnifique vin ! (tu) (tu)


La Tâche, 1971



Robe quasi identique au Grands Échézeaux 1971, avec un tout petit peu plus de richesse et de concentration au cœur.
Nez un peu terne, surtout marqué par des notes poussiéreuses.
Bouche fatiguée, sur une acidité stricte qui dévore le vin et assèche le palais.
Les goûts poussiéreux ne sont pas vraiment liégeux mais laissent à craindre un défaut de bouteille.
ED ?


Grands Échézeaux, 1964



Robe brique, sur un orangé translucide sur le disque.
Nez très tertiaire, trop à mon goût où ne transparait que de puissantes notes de champignon de Paris, sans plus aucun fruit.
Bouche à l'attaque douce, au toucher moelleux très agréable et sur une sensation d'acidité assez basse par rapport aux vins précédents et qui fait que le vin semble un peu statique, comme manquer d'assise et de structure.
L'aromatique reste monopolisée par la sensation de croquer dans un champignon de Paris, manquant donc vraiment de netteté et de complexité.
Finale difficile à lire, un peu fuyante et qui s'effondre assez vite.
Sûrement un peu tard pour cette bouteille.


La Tâche, 1964



Robe sur un orangé tuilé très clair.
Nez assez peu avenant, sur des notes un peu fatiguées, entre le caramel au lait, la sauce soja, le bouillon de bœuf, manquant de fraîcheur.
Bouche riche en attaque mais comme un peu forcée, manquant de tenue et d'équilibre, avec une acidité dissociée et des tanins fermes qui créent un effet de sécheresse certain.
L'ensemble manque de cohérence et ses goûts totalement tertiaires me semblent signer une bouteille dont les belles heures sont derrière elles.
Finale brouillonne et asséchante.
Pas de plaisir possible.




Je tire encore une fois comme bilan personnel de cette dégustation combien la garde apporte comme une fusion des éléments d'un vin qu'on ne peut percevoir qu'en mettant les bouteilles en séquence verticale.
Alors que la dégustation seule des bouteilles de moins de 10/15 ans apportent un plaisir indéniable, la marche arrière une fois les vins de plus de 20 ans goûtés n'apporte plus du tout la même lecture, mettant en exergue les saillances des éléments techniques, notamment de l'élevage alors que je ne les percevais pas comme dérangeant lors du premier passage.
Autre élément assez parlant : le marqueur de la vendange entière qui apporte une grande complexité aromatique et comme une fraicheur de structure stylistique assez géniale quand tous les éléments se fondent.

Un grand moment. Un de plus... oo,



La nuit est tombée sur le lac.
Il est temps de rejoindre le salon de dégustation pour poursuivre nos découvertes et nous préparer au repas de gala qui s'annonce.

A suivre...
Oliv



Crédit photos
Giulio Ziletti
#35
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claudius a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

fabuleux !(tu)

Alors que la dégustation seule des bouteilles de moins de 10/15 ans apportent un plaisir indéniable, la marche arrière une fois les vins de plus de 20 ans goûtés n'apporte plus du tout la même lecture, mettant en exergue les saillances des éléments techniques, notamment de l'élevage alors que je ne les percevais pas comme dérangeant lors du premier passage.


exactement !
en revenant sur le même vin, les notes d'élevage peuvent même arriver à en paraître écoeurantes, alors qu'on ne les avait pas ou à peine remarquées l'instant d'avant ...
that's why je commence toujours par les vins les plus jeunes lors d'une verticale
#36

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claudius a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

question concernant les 1964 ....
vu le nombre de personnes présentes il y a avait quelques bt de ce millésime
as-tu eu l'occasion de discuter avec d'autres participants pour comparer votre perception,
autrement dit les vins de 1964 étaient-ils passés ou as-tu eu de la malchance avec ta bt ?
#37

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Kevin Shine semble avoir soit partagé la même séquence de bouteilles que moi, soit confirme la fatigue des 1964.
www.cellartracker.co...

La cave du DRC n'est pas réputée pour être la plus favorable de la Côte question température.
Sur un vin de 50 ans, aucun doute que ça peut avoir un impact.

Lors du tour de table, je n'ai pas le souvenir d'avoir entendu les convives s'extasier sur les 1964.
Les avis, comme toujours, étaient assez partagés sur les vins favoris.
Mais une constante: beaucoup n'attendaient pas le Grands Echézeaux à ce niveau.
#38
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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Villa d'Este Wine Symposium

Édition 2016


Florilège des vins goûtés sur le salon



Tsinandali Estate (Géorgie)
Un blanc 2014 issu de Rkatsiteli élevé en qvevri à la robe ambrée et au nez opulent, sur l'abricot, le chèvrefeuille.
Bouche très puissante, d'une densité extrême, à la fois en texture comme au toucher, quasi tannique, avec une acidité haute et mordante mais aussi en alcool qui lui apporte beaucoup de moelleux.
Ensemble assez extrême mais très intéressant.

Weingut Burg Ravensburg et Heitlinger
Le Husarenkappe Riesling Grosses Gewächs 2014 est un peu linéaire, proposant un nez discret où le végétal domine et une bouche simple, sur un équilibre sucre acidité agréable mais qui manque de densité. Le 2013 est plus complexe, sur une perception de meilleure maturité, avec un équilibre enrobé et gourmand très réussi.
Le Heitlinger Heinberg Chardonnay 2015 est riche, trop à mon goût, sur un nez très fruité et une bouche un peu sucraillonne, aux nets goûts de poire.
Nette préférence au millésime 2013 sur le 2012 sur le Königsbecher Pinot Noir GG, plus plein et équilibré, même si les deux vins sont marqués par un élevage qui tire au prégnant. Le fruit, en particulier du 2013, est en revanche très agréable, sur de beaux goûts de fruits des bois bien mûrs.

Vie di Romans
Le Piere Sauvignon 2014 ne m'a pas convaincu, trop marqué par les notes primaires du cépage et par une forme de mollesse.
Le Vieris Sauvignon 2009 est mieux construit, sur un équilibre réussi malgré un côté nettement solaire un peu trop joufflu à mon goût. Mais la tenue de bouche et la concentration du vin sont intéressantes.
Le Champagnis Vieris Chardonnay 2011 propose un nez exubérant, très mûr, sur la poire, les fleurs blanches. La bouche est riche, d'une grande puissance tactile, sur un gras et une ampleur certaine mais avec de la relance et un vrai impact. Finale riche de goûts presque réglissés et toujours sur ces notes puissantes de poire.
Le 2010 m'a semblé construit sur un équilibre aromatique similaire mais cette fois, ma limite de maturité est atteinte en bouche où une forme de sucrosité alourdit le vin à l'excès.
Dut Nun 2012, 50% chardonnay / 50% sauvignon est, là encore, un vin très riche, à l'aromatique marquée par le sauvignon et sur une bouche ample tenue par des amers assez importants. Un peu large pour moi mais il y a du vin !

Weingut Von Winning
Léger végétal anisé et petite bouche tendue et gourmande sur le Ruppertsberger Reiterpfad Riesling Trocken 2015 qui présente un côté franc et très apéritif.
Beaucoup plus de classe et d'ampleur sur Ungeheuer Riesling GG 2015, avec un nez complexe au boisé présent mais pas dominant et une bouche baroque, où la richesse de constitution ne sacrifie pas la trame et où les goûts complexes se prolongent longuement. A suivre avec grand intérêt.
Moins d'ampleur aromatique sur Kirchenstuck Riesling GG 2015, plus serré mais avec un cœur de bouche là encore d'une belle densité et concentration.
Totale gourmandise pour le Kalkofen Riesling GG 2014, au nez délicatement floral et la bouche nerveuse et très mûre, sur un équilibre d'une évidente lisibilité, toute en charme et en précision aromatique.
Moins d'évidence sur le Forster Riesling U 500 2013, au nez très agréable d'une évidente maturité (fruits jaunes, exotisme) et à la bouche ample, presque épaisse, ce malgré la structure et le tonus apportés par une belle acidité. A revoir car un peu extrême peut-être.
Joli Sauvignon 2013 même si le boisé vanillé est assez marqué, l'équilibre est réussi, sur des notes d'agrumes et une matière à la fois élancée et d'une vraie tenue et persistance.
Une gamme impeccablement réussie, dans un registre très franc et mûr, loin de toute austérité ! (tu)


Jean-François Coche goûtant les vins de Bruno Rocca


Bruno Rocca
Le Barbaresco Rabaja 2013 propose un joli nez fin, très épicé, sur de délicates senteurs de petits fruits rouges. La bouche est un peu ferme, avec des tanins saillants qui prennent le pas à la dégustation sur une matière légère.
Le 2012 semble plus confortable, avec plus de richesse et de volume et présente donc un équilibre plus avenant et facile à goûter. Les deux vins possèdent toutefois le même charme aromatique, avec des marqueurs très épicés.

Weingut Bernhard Huber
Le Chardonnay Alte Reben 2014 est légèrement réduit au nez (croute de fromage), sur une acidité forte mais surtout marqué par un élevage qui me semble excessif, avec des amers de bois trop prégnants.
Le Bienenberg Chardonnay GG 2014 est mieux en place, toujours sur une légère réduction et cette acidité très saillante qui crée un point de sécheresse et de fermeté face à une matière qui semble pourtant riche. Je ne suis pas convaincu.
Le Spätburgunder Sommerhalde 2012 propose une robe rubis clair, un nez au joli fruit franc (fruits des bois), assez marqué toutefois par un boisé fumé et une pointe végétale.
La bouche de demi-corps semble manquer un peu de chair, marquée par une acidité haute et des amers secs qui lui font perdre en élégance.
Le Schlossberg Spätburgunder GG 2012 est en revanche beaucoup plus cohérent, sur un équilibre de construction assez semblable, à l'aromatique de petits fruits rouges et de cendre mais au corps plus plein et équilibré et ce malgré toujours ce petit retour amer en finale qui fait perdre de la gourmandise au vin.

Domaine du Comte Liger Belair
Le Vosne-Romanée Clos du Château 2012 propose une jolie robe rubis foncée et un nez assez marqué par le fût, quand le pain grillé prend un peu à l'excès le pas sur de belles senteurs de fruits rouges (fraise, fraise des bois). Belle attaque ample et veloutée, à l'acidité bien intégrée mais qui se resserre sur la finale, là encore sur les amers d'élevage.
La robe Vosne-Romanée 1er cru Aux Reignots 2012 est plus riche, sur un grenat clair et le nez est là encore marqué par le pain grillé, encore plus que sur le Clos du Château.
La bouche est en revanche remarquable de constitution, sur une matière pleine et dense dotée d'une acidité haute et de tanins encore saillants. L'ensemble est très bien né mais d'une puissance qui doit être attendue pour que tous ces éléments se fondent.
La montée en gamme de l'Echezeaux 2012 est celle digne d'un grand cru. La construction du vin est strictement identique à ses deux prédécesseurs, avec toujours ce nez de pain grillé mais la bouche polit les angles perçus sur le Reignots sans perdre cette sensation de puissance et de belle concentration. Rien à dire, c'est beau ! Je ne sais pas si c'est le fait de sortir de la dégustation DRC mais là encore, je perçois des amers de bois sur la finale.

Château d'Yquem
Plutôt déçu par Y 2015, au nez qui sauvignonne un peu trop (cassis) et à la bouche agréable, assez tendre mais finalement assez anodine à hauteur de ce pedigree.
Nettement plus convaincu par Yquem 2014, au nez frais et pur, très exotique (ananas, passion) et à la bouche puissante par sa trame et sa capacité de relance, à la richesse parfaitement mobilisée par une belle acidité. Très beau vin.


Maison Gutowski
La robe du Côtes de Provence, M–G Rosé Grande Cuvée 2015 est d'un saumoné assez clair.
Très joli nez, précis et ample, sur les petits fruits rouges et la poire william.
Bouche riche, très ample, d'une vraie vinosité mais un peu trop large à mon goût, avec de la sucrosité et une charge alcoolique qui alourdit l'ensemble, en tout cas en dégustation seule.
A revoir sur table car la matière est belle.

Weingut Tement (Autriche)
Le Domaine Ciringa, Folsine Berg Sauvignon 2015 (Slovénie) est un vin simple mais franc, sur un nez agréable, compromis de notes végétales et florales, sur la guimauve et les agrumes. Bouche légère, sans beaucoup de fond mais agréable.
Le Berghausener Sauvignon 2013 propose un nez riche, presque opulent, sur la poire et des notes exotiques. Bouche perlante, d'une bonne acidité et aux jolis goûts muscatés. Finale franche mais un peu sèche.
Le Grassnitzberg Sauvignon 2013 est très réduit et végétal au nez et sa bouche à l'acidité aride m'a carrément déplu.
Le Zieregg Sauvignon 2013 est sur un nez légèrement réducteur, sur la pierre à fusil. Bouche bien en place, sur une acidité pointue et salivante compensée par un bon volume. Finale citrique assez ferme.
Le 2012 est d'une construction totalement différente, sur un nez riche de rhubarbe et de fleurs blanches et une bouche plus ample avec toutefois des amers en excès qui lui font perdre en équilibre.
Le Grassnitzberg Réserve 2011 élevé 48 mois sur lies propose une bouche très bien construite, sur une belle acidité mais avec une trame et tenue pleine intéressante qui créent un point d'équilibre très sérieux.
Joli vin, à suivre.

Marie-Thérèse Chappaz
L'Arvine Grains Nobles 2014 a un nez magnifique, sur le miel, la rhubarbe, des notes franches et fraiches d'une grande précision.
Bouche riche, d'une liqueur puissante mais bien tenue par une très belle acidité. Les goûts croquants, sur l'ananas apportent de la fraicheur à une finale d'une bonne présence. Très beau.
Le nez de l'Arvine Grain par Grain 2014 (11 passages !) est très différent, totalement fermé et marqué d'une volatile très puissante.
La bouche en revanche est extraordinaire d'équilibre, sur une somptueuse acidité digne des grands Tokaj et qui propulse une richesse d'une mobilité pourtant parfaite en bouche. Le vin réussit à concilier une vraie densité et puissance à un côté aérien absolument remarquable. Magnifique ! (tu) (tu)


Sur les rives du Lac de Côme




Bon, c'est pas tout ça mais dans quelques minutes, le grand dîner de gala va commencer.

Il est temps d'aller se refaire une beauté. Ou, comme à l'impossible, nul n'est tenu, tout du moins d'essayer... :oops:
Et cette année, rien à craindre, j'ai un semi remorque de cravates en réserve ! :woohoo:

A suivre...
Oliv
#39
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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Très intéressant, oliv, ce florilège !
Nous attendons avec impatience le dîner de gala...

Jean-Loup
#40

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Villa d'Este Wine Symposium

Édition 2016


Le dîner de gala du samedi


Le dîner du samedi est le grand moment de table qui clôture l'évènement d'une journée déjà riche en souvenirs marquants !
On y sent l'atmosphère soulagée des conférenciers du poids de leur tâche, des convives souvent sous le choc des dégustations du jour et pour l'équipe d'organisation, l'exigence de ne pas se relâcher malgré le sentiment du devoir accompli qui commence à pointer.

Chacun est sur son 31, la jolie dame brune qui ferait remonter notre Hannibal sur son éléphant est bien là, les dames Mauss accueillent leurs convives avec ce tact tout en charme qui leur est propre pendant que les garçons de la fratrie suivent les autoritaires directives paternelles avec la zénitude rodée qui est celle du cosaque avant la charge.

Tous les éléments sont donc réunis pour une soirée parfaite ! Une de plus !

A table ! :woohoo:






Bellavista, Franciacorta, Meraviglioso
Magnum


Robe sur un doré net, à la bulle assez discrète.
Nez puissant, où un bel élevage grillé répond à des notes bien mûres de fruits à noyau (abricot, pèche blanche) et de fleurs blanches.
Bouche assez large, un peu trop à mon goût, sur une matière grasse et ample et des goûts de praliné et de fleurs blanches qui m'évoqueraient presque un Chablis de millésime très chaud.
Si la finale manque peut-être un peu de fraicheur, force est de constater qu'elle est d'une grande persistance, sur des sensations d'extraits secs importants qui lui donnent une grande présence.
Bien à très bien.



Truite saumonée légèrement fumée, pomme verte, grenade et fruits des bois



Falesco, Viognier Lazio IGP, Soente, 2015


Robe légère, sur un jaune très finement doré.
Nez délicat et agréable, sur de fines notes de fleurs blanches (aubépine) et de poire d'une certaine gourmandise.
Bouche plus décevante, notamment par un manque d'équilibre entre une acidité dissociée et un gras replet trop imposant, comme si les raisins avaient été vendangés trop tôt.
Confirmation en finale où une forme de verdeur amère crée une forme d'âcreté assez peu agréable.
Je n'ai pas aimé.


Franz Haas, Trentino-Alto Adige, Manna, 2014
Riesling, Chardonnay, Gewürztraminer, Kerner, Sauvignon Blanc


Robe jaune paille d'un léger grisé.
Nez marqué par des notes de sauvignon, sur le bourgeon de cassis, un net végétal peu avenant qui masque des senteurs florales, sur la rose légère.
Bouche à la belle attaque ample, sur un volume plein mais dont la sucrosité alliée à des amers importants crée un important déséquilibre.
Les goûts qui sauvignonnent n'ajoutent pas au plaisir ressenti.
Finale honnête mais trop brouillonne.
Un vin pas en place.
***

Alors que je suis en pleine causerie avec la délicieuse Marie-Thérèse Chappaz, une monumentale odeur me coupe la parole et me met à l'arrêt, truffe au vent et patte en l'air, digne du chien de chasse sentant la perdrix dans le fourré !
Ooooooooh fan, y'a de la truffe dans l'air ou je change de métier, là !?!

J'aperçois alors les premiers serveurs passer au loin avec le petit bijou ci-dessous ! :woohoo:




Risotto à la truffe blanche d'Alba


Tenuta San Leonardo, 2003


Robe trouble aux atours évolués, sur un grenat tuilé assez clair.
Beau nez franc, sur le tabac, les épices douces et des senteurs de coulis de fruits rouges en train de migrer vers des notes plus tertiaires.
Bouche agréable, d'une suavité certaine mais sans mollesse ni confit.
L'ensemble est franc, d'un joli toucher, avec peut-être une légère amertume en excès.
Finale assez longue, posée et d'une belle lisibilité.
Très bon.


Domaine de la Romanée Conti, Corton, 2009


Robe profonde, d'un violet bleuté sans évolution.
Nez très élégant, sur des notes bien mûres de fruits noirs frais (cassis, myrtille), de sucre cuit, le tout enrobé d'un boisé très élégant.
Bouche à l'attaque crémeuse en texture mais puissante à cœur, sur une concentration évidente mais bien maitrisée, par une extraction sans excès et une acidité agréable et bien intégrée.
L'ensemble reste néanmoins encore dense et doit mériter de s'affiner à la garde.
Finale longue, sans charge tannique mais sur une aromatique qui manque encore de complexité.
Très bon.



Pigeon, foie gras, jujubes et raifort



Domaine de la Romanée Conti, Corton, 2011


Robe plus claire que le 2009, quand le violet tire sur le pourpre.
Nez plus ferme, moins lisible et évident, sur les fruits rouges et un boisé légèrement grillé plus marqué.
L'attaque est marquée d'un perlant assez net. La texture est douce mais d'une certaine fluidité à côté du 2009, sur un déroulé rythmé par une acidité tonique qui lance une matière d'une certaine délicatesse.
L'ensemble est élégant, sur une tenue de corps sans faiblesse, des goûts francs marqués d'un léger végétal (ronce) et de beaux tanins fins qui lancent une finale d'une belle buvabilité.
Bien à très bien.



Aubert de Villaine détaille les particularités du Corton



Château Pauqué, Riesling Paradais Vendange Tardive, 2005


Robe dorée assez nettement grisonnante.
Très joli nez fin, quand les notes minérales (naphte, pétrole) répondent à des senteurs délicatement exotiques et mentholées dans un ensemble d'une grande fraîcheur.
Bouche délicieuse, d'un équilibre franc entre une matière d'une grande délicatesse, à la sucrosité modérée parfaitement mobilisée par une très jolie acidité qui lui donne tonus et allonge.
Les goûts en pleine phase avec les senteurs du nez sont purs et d'un croquant d'une grande gourmandise.
Finale désaltérante d'une grande franchise.
Délicieux !



Strachitunt DOP, compote de poire



Marie Thérèse Chappaz, Petite Arvine, Grain par Grain, 2014
Robe très nettement dorée.
Nez magnifique de pureté et d'expressivité, quand le fruit frais répond au confit, la rhubarbe au miel enrobé d'une indéfinissable touche minérale.
Bouche puissante, d'un équilibre impressionnant entre une sucrosité puissante et une acidité dantesque absolument géniale qui tranche dans la masse et étire l'ensemble.
Les goûts sont francs et complexe, sur la compote de rhubarbe, de poire, toujours le miel.
Finale géniale de tension et où la sucrosité semble se muer en notes presque salées à n'en rien comprendre.
Magnifique vin qui parvient à concilier des extrêmes dans une cohérence assez impressionnante ! (tu)


Cognac Hennesy, XO on ice


Robe rosé orangée.
Nez sur le raisin sec, la datte et de fortes notes épicées (cannelle, cardamome etc).
Bouche à l'attaque douce , d'une grande complexité aromatique, très épicée.
Finale puissante, avec un peu d'ardeur.
Très bien.



Soufflé aux deux chocolats, sauce à la fève tonka




Quelle magnifique soirée toujours aussi magistralement maitrisée par les équipes de Villa d'Este !!

Il faut avoir vu le ballet de dizaines de serveurs pilotés à la seconde par les maitres d'hôtel et qui réussissent l'exploit que chacun des 300 convives se voit doté d'un soufflé en plein forme et qui commence à peine sa détumescence au moment où l'on plante avec avidité sa cuillère dedans !
Je suis chaque année ébloui par la maitrise de ce personnel dont il est d'ailleurs notable qu'on retrouve d'une année sur l'autre les mêmes visages concentrés et pourtant toujours affables.
Des employés de ce niveau, cuisine, salle et sommellerie ne doivent pas se trouver sous le sabot d'un cheval, même cabré !



Hommage au chef Zambanini et aux équipes de Villa d'Este


La famille Mauss a les yeux cernés mais le sourire franc et heureux propre au sentiment du devoir accompli !
Le Président accorde un instant à chacun de ses convives, certains prolongeant les derniers instants ensemble, qui au bar avec une eau de vie, qui au bord du Lac à profiter d'une vitole, les plus motivés se décidant à partir en boîte.
Et la jeunesse Mauss, leur maman en tête, étant dotée d'une force de persuasion à la hauteur de leurs qualités humaine, l'expérience m'a appris à ne pas leur tenir tête et à ne rien leur refuser.
C'est ainsi qu'un vieux bonnet de nuit comme moi se retrouve jusqu'à pas d'heure à regarder guincher Marité et les siens, avec cette inépuisable et pétillante énergie qui n'appartient qu'à elle !
Dans mes souvenirs de l'évènement, cet instant n'est jamais l'un des moindres !




Ce sera donc à une heure indigne de ma jeunesse finissante que je rejoindrai mon lit, ce qui n'empêchera mon réveil interne de m'en sortir une nouvelle fois bien trop rapidement.

Cette édition 2016 du Villa d'Este Wine Symposium est la plus riche à laquelle il m'ait été donné d'assister.
François Mauss y inaugurait le principe d'ateliers de dégustations en parallèle des conférences de fin de matinée. Alors que je m'inquiétais d'une potentielle division des forces, il n'en a rien été.
La qualité des conférenciers mérite vraiment d'être signalée et louée, sur des sujets parfois techniques mais dont la maitrise et l'enthousiaste des intervenants ont toujours permis de tenir l'auditoire en intérêt.

Le brouillard et l'humidité sont tombés sur le Lac et il est temps de reprendre la route pour retrouver la réalité moins feutrée de la banlieue parisienne.

Comme tous les ans et à n'en plus trouver les mots pour leur exprimer ma reconnaissance, je remercie encore une fois François et les siens de me permettre de vivre des instants si rares !
L'atmosphère chaleureuse et familiale est vraiment la marque de fabrique de l'évènement qui frappe tous ceux qui ont eu l'opportunité d'y participer.

Portez-vous fort et que l'année vous soit douce,
Amitiés,
Oliv
#41
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LADIDE78 a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Merci Oliv

Pour tous ces CRs , de magnifiques cuvées , et un sacré boulot pour les organisateurs , le personnel , les mises en place des salles ( les verres 8-x ) , un sacré boulot , le service des plats et des vins , la cuisine , tout ceci doit être sy,ncro , ça me rappel de bons souvenirs, les soirées de gala demande beaucoup d attention
combien étiez vous en tout ?

didier

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#42

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

La journée du samedi est toujours la plus chargée.
Et le repas de gala peut accueillir jusqu'à 300 personnes.

Quand je vois le boulot pour arriver à réussir un risotto présentable pour 6 personnes, y'a pas à dire, la cuisine de palace, c'est tout un métier.
#43

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LADIDE78 a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Et toutes les assiettes , doivent partir chaudes de la cuisine ,Pour le service des vins 8 verres par personne, multiple par 300 donc 2400 verres à essuyer :whistle: :whistle:

Didier

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#44

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ols a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

A mon avis il y a des machines pour le lavage et le séchage ;) Vu le nombre de séminaires organisés tout au long de l année..
#45

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LADIDE78 a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Serge
Malgré les machines , il faut toujours repasser les verres , j avais oublie de rajouter le verre à eau ( 300) , sans parle des couverts en argent à chaque plat
Didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
#46

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ols a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Oui, oui, mais nettoyer toute cette vaisselle et verrerie a la mains c est absolument ingérable !
Les machines pros sont bien plus efficace qu un engin de particulier, pas de pré-rinçage. Normal !
Mais c est quand même un gros boulot :o
#47

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

La solution afin de remonter les rubriques perdues lors de l'attaque virale que nous avons subie semblant complexe à mettre en place, je reconstruis les posts perdus afin que ces instants passent quand même à la postérité LPVienne.

Tant pis pour l'ordre chronologique et mes excuses pour les rebonds potentiellement perdus...
Mais au rythme où vont les choses, ce serait ballot que l'édition 2017 débute sans que ce fil témoigne des évènements 2016... :oops:





Villa d'Este Wine Symposium

Édition 2016



Ciao tutti !

Je ne sais pas pour vous mais vu de chez moi, avec les années qui passent, les entournures qui s'arrondissent et les tempes qui se teintent façon Mont Fuji , le temps me semble passer de plus en plus vite.
Alors que les feuilles roussissent sur les arbres et qu'on commence à ressortir les pulls et les écharpes pour anticiper la venue de l'hiver, je reçois le mail de rappel de François Mauss invitant ses convives à confirmer leurs présences et ses modalités pour l'édition 2016 du Villa d'Este Wine Symposium.

Déjà novembre ?!
De djiou mais c'est qu'il est plus que temps de se refaire une beauté, de libérer de l'espace mémoire dans le machin mou qui réside entre mes deux oreilles et d'envisager de bien profiter de tout pour, au final, essayer de vous relater le maximum d'informations, des ressentis, des beaux moments, des chouettes rencontres et bien entendu, des dégustations vécus lors de ces 4 jours.
Mais surtout, surtout, et comme me l'ont plus que gentiment rappelé quelques LPViens aussi fidèles que prévoyants, de ne pas oublier les cravates à la maison !
Je rassure tout le monde, cette année, le dress-code de l'établissement devrait être respecté, les serre-kiki et les caleçons sont repassés, les plumes sont affutées et les encriers sont pleins, la valise est pleine et y'a plus qu'à foncer.

A tous nos lecteurs moins réguliers que les LPViens actifs ainsi qu'à nos nouveaux inscrits, je me permets de remonter les reportages des éditions précédentes du Symposium où ils pourront trouver, j'espère, une somme riche d'infos sur ce qu'est cet évènement hors-norme comme matière à traduction de certaines raccourcis que je pourrais faire et qui resteraient hermétiques à qui n'a pas connaissance de cet historique.

Édition 2012 : lapassionduvin.com/f... et lapassionduvin.com/f...
Édition 2013 : lapassionduvin.com/f...
Édition 2014 : lapassionduvin.com/f...
Édition 2015 : lapassionduvin.com/f...

L’événement arrivant à sa 8ème année, il est évident qu'avoir participé à la moitié des sessions crée comme des automatismes et une forme d'intimité de structure dont les plus anciens lecteurs trouveront peut-être des redites remonter à la surface de ma plume, chose dont je veux m'excuser de manière préventive si c'est trop récurrent. Pas toujours évident de trouver les mots justes sans trop radoter.
Mais vu la richesse et la multiplicité des moments vécus sur les bords du Lac de Come, je ne m'inquiète pas trop, sinon pour le raccourcissement de mes nuits de sommeil afin d'essayer de mobiliser l'énergie nécessaire à vous raconter tout ça !

Oui, oui, j'vous assure, vous avez même le droit de me plaindre !






Après quelques inquiétudes familières aux usagers des transports parisiens et aériens et qui nous ont fait craindre un léger retard, je retrouve avec un plaisir non dissimulé le plus que charmant jeune retraité Philippe Bourguignon, rayonnant de forme et de gentillesse.
L'avion orange ayant finalement fait son œuvre dans les temps impartis et le Buserati toujours d'une ponctualité exemplaire nous ayant déposé à une heure parfaitement chrétienne pour aller casser une graine, nous décidons avec Philippe de ne pas laisser la faim risquer de chausser à nos corps défendant les chaussures à bascule lors des premières dégustations qui s'annoncent en fin d'après midi.
C'est donc dans une petite trattoria de Cernobbio que nous attaquons les gloustilités autour d'une planche de prociutto et d'une assiette de pasta à la simplicité fraiche délicieusement italienne.
Et comme l'hydratation est toujours importante pour qui veut affronter l'avenir et ses réchauffements à venir...

***


Cordero di Montezemolo, Barolo, Monfalletto, 2010



Robe rouille acajou très claire.
Très joli nez franc et ouvert, très épicé, sur le tabac, la cardamome noire matinés de fruits rouges bien mûrs, entre la fraise et la grenade.
Bouche généreuse et pourtant d'une belle tenue, sur un jus très agréable de franchise et de tonicité.
La maturité du vin est parfaitement équilibrée par une acidité sans excès et ses tanins bien mûrs vivifient l'ensemble.
La finale est ample, gourmande et d'une longueur très respectable.
Vraiment très bon.
***

C'est donc d'une démarche bonhomme et satisfaite que nous rejoignons paisiblement la Villa d'Este, profitant de la vue somptueuse du Lac de Côme sous les brumes automnales.
Faudrait voir à pas arriver en retard, le Président Mauss risquerait de nous faire visiter le lac mais par le fond, équipé de chaussures en béton, ce coup-ci !

Une fois mes cravates et autres petites affaires indispensables à une saine survie en ces lieux prestigieux sagement déposées en chambre, je rejoins la salle Impero pour retrouver François et les siens, déjà bien occupés.
Les nombreux convives arrivent à un rythme soutenu et soudain résonne dans la salle et sur le lac le petit roucoulement que les fidèles de l'évènement connaissent maintenant par cœur.




Yabadabadou !
Le Président Mauss donne le feu vert !



Je ne vous la refais pas par le menu, tout le monde sait combien ce yodle maussien marque le lancement de l'évènement.
Les sourires sont sur les visages, on sent les habitués heureux de se retrouver et les nouveaux inscrits curieux et parfois impressionnés comme je le suis à chaque édition, par le cadre prestigieux comme par le niveau du programme annoncé.

Comme tous les ans, on vous dira tout !
Mais pas plus.

En avant pour la première dégustation de prestige : les Syrah du monde.

A suivre...

Oliv
#48

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Villa d'Este Wine Symposium 2016

Dégustation en semi-aveugle : Les Syrah du Monde




La dégustation se déroule en semi-aveugle.
Les vins nous sont connus mais leur ordre de dégustation pas.
Saurais-je détecter qui est possiblement qui à partir des idées préconçues qu'on peut se faire sur les équilibres différents entre vins du nord et vins du sud, sachant que la majorité des vins m'est inconnu, à quelques exceptions près ?

Y'a plus qu'à prier que François ne me tende pas le micro lors du tour de table...
Car rien n'est moins sûr...

En piste !





Weingut Martin Wassmer, Dottinger Castellberg Syrah, 2014 / Allemagne


Robe pourpre très jeune.
Joli nez délicat et parfumé, net, sur un petit lacté d'élevage mais rien de grossier et un très agréable ensemble fruits noirs frais et notes poivrées.
Léger frisant en attaque pour une bouche qui présente un joli volume sans lourdeur, bien mobilisée par une acidité pointue qui crée un petit effet de fermeté peut-être.
L'ensemble est très agréable, d'une maturité légère mais produit un vin frais, très pur et net de goûts comme de naturel d'expression.
Finale pas interminable mais d'une franchise et légèreté bien assumées qui la rend absolument irréprochable.
Un très joli vin parfaitement bien né.
Très bien.


Castell d'Encus, Thalarn, 2013 / Espagne


Robe assez claire, sur un grenat léger.
Nez très discret, un peu fluet, légèrement réducteur et sur de maigres notes de groseille.
Bouche un peu creuse, avec une acidité mordante qu'une matière de demi-corps peine à compenser.
L'ensemble semble manquer de fond et son expression aromatique assez terne n'aide pas à apporter la gourmandise qui pallierai son déficit de chair.
Finale creuse et très linéaire, un peu mangée par son acidité.
Pas de plaisir. Je n'ai pas aimé.


Cayuse Vineyards, Cailloux Vineyard Syrah, 2012 / USA


Robe jeune et profonde, sur un pourpre bleuté.
Nez riche et puissant, sur les fruits noirs confits, la résine, des notes de liqueur de poire et une petite réduction pas gênante.
Bouche volumineuse, aux goûts très nettement réglissés et la texture douce, presque visqueuse mais un peu statique et molle à mon référentiel.
L'ensemble déroule un côté riche bien assumé mais que je trouve linéaire et comme manquant de tonus et de capacité de relance, sur des goûts de confiture de fruits noirs, sans sucrosité toutefois. L'acidité et les tanins sont comme masqués dans une matière ouatée à l'épaisseur évidente, ce qui crée un certain effet de masse sans verser totalement dans la lourdeur excessive.
Finale glycérinée assez massive, un peu chahutée par l'amertume et un petit rappel chaleureux d'alcool pas forcément perçu jusque là.
Pas vraiment à mon goût de pdf mais dans son style riche, c'est très bien fait.
Je me demande juste avec quoi on pourrait accorder un tel vin.
Bien à très bien.


Weingut Muhr-van der Niepoort, Sydhang, 2013 / Autriche


Robe sur un grenat sombre.
Nez ultra épicé et finalement assez variétal, où le poivre vert et l'encens prennent un peu trop le pas sur les senteurs de fruits à peine noirs.
Bouche un peu légère en attaque, sur une acidité ferme avec des notes végétales puissantes et une matière qui manque considérablement de corps pour équilibrer un vin qui semble manquer de maturité.
Une impression de verdeur se dégage, que ce soit dans la perception d'une acidité saillante que le volume faible du vin ne peut intégrer, comme dans son aromatique très primaire et qui ne semble pas assez mûre.
Finale stricte, à la limite du décharné.
Je n'ai pas aimé.


Domaine Jamet, Côte Rôtie, 2011


Robe + sombre que le vin précédent, opaque en son centre mais néanmoins assez peu extraite.
Nez assez marqué par ce que j'identifie comme un élevage boisé qui s'incarne dans des notes fumées brulées qui masque trop en l'état de pourtant belles senteurs de coulis fruits noirs frais matiné d'un fin végétal.
Confirmation en bouche de cette impression où l'attaque est immédiatement marquée par des amers (de bois?) et une aromatique fumée très prégnante.
Une fois grumé et réchauffé en bouche, le vin se place et gagne en volume et en épaisseur, restant toutefois marqué par une certaine brutalité.
L'acidité assez saillante et des tanins présents mais pas secs participent à cette impression d'une certaine jeunesse tactile.
L'ensemble manque de liant et de cohérence en l'état pour provoquer un réel plaisir, ses composants faisant saliver à l'excès, comme appelant la table pour équilibrer son côté brut.
La finale est en revanche très persistante de goûts, une fois dépassée toutefois par un petit effet mordant.
Un vin pas forcément en place et qui manque peut-être un peu de corps pour son pedigree mais qui, s'il s'harmonise à la garde, peut révéler de belles qualités de complexité et de fraicheur.
Pas un vin de dégustation en tout cas, c'est sûr.
Bien. Et peut-être plus à table.


Sine Qua Non, Dark Blossom, 2011 / USA


Ouch, changement de registre, la robe est noire, d'une opacité quasi totale !
Nez lourd et moche, sur des notes lactées très fortes de yaourt aux fruits des bois, de chocolat au lait, avec un côté riche et écœurant qui ne me plait pas du tout.
Bouche massive et dont l'attaque épaisse et crémeuse est marquée d'une forte sucrosité à laquelle la présence d'un léger perlant apporterait presque de la fraicheur par son picotement tactile sur la langue.
Les goûts sont terriblement réglissés, donnant l'impression de sucer un bonbon Florent à la violette et une pâte de mûre en même temps.
Tout est en puissance dans ce vin, sa sucrosité, sa matière épaisse et ses tanins puissants, sans pour autant verser dans la vulgarité caricaturale toutefois.
Seule l'intégration de l'alcool ne m'a pas semblé caricaturalement solaire mais la finale manque affreusement de finesse et de fraicheur pour me donner envie de le boire.
Je me surprends même à m'enfiler avec plaisir une petite gorgée d'eau pour me désaltérer.
Pas besoin de vous dire que j'ai le palais dans le rouge et que je me sens totalement perdu face à la richesse de ce type d'équilibre dont le côté extrême me semble incompatible avec tout accord de table et l'idée que je me fais du vin comme d'une boisson.
Je ne sais pas si mon éducation de palais me permet de comprendre un vin pareil. Car tout est trop pour moi sans pour autant donner l'impression d'un vin mal fait ou abîmé par les facilités solaires de prédisposition sudiste.
Je passe...



Domaine des Ouleb Thaleb, Syrah du Maroc, 2012


Robe pourpre.
Nez effroyablement réduit, sur un lacté caillé affreux, où le végétal (lierre) côtoie le yaourt aux fruits rouges dans des expressions de remontée gastriques plus que désagréables.
Bouche affreuse, âcre et aigrelette, marquée par une acidité lactique piquante là encore très gênante et toujours pas ces goûts très moches de lait aux fruits qui aurait tourné.
Finale, je sais pas car je n'ai pas vraiment eu envie de pousser l'analyse jusque là.
ED ?


Domaine Jean-René Germanier, Syrah du Valais réserve, 2011 / Suisse


Jolie robe classique, sur un grenat légèrement sombre sans excès de noirceur.
Nez jeune et pas forcément en place, où de très belles notes d'épices douces, sur le poivre de Sichuan et la cardamome noire, le coulis de myrtilles sont un peu parasitées par un léger caramel qui leur font perdre en naturel d'expression.
Belle attaque ample et douce, d'une suavité polie bien mobilisée par une acidité discrète et bien intégrée et qui crée un effet facile et confortable sur le palais, le vin déroulant un volume sans excès, d'une petite sucrosité facile et que j'estime peut-être due aux tanins d'un élevage bois généreux.
La finale est agréable, par interminable mais sur un velouté sage parfaitement équilibré même si pas interminable.
Un très bon vin mais qui manque un peu de folie pour transcender son côté facile et s'ouvrir des horizons plus particuliers qui sont ceux des grands vins.
Très bien.


Weingut Martin Wassmer, Dottinger Castellberg Syrah, 2012 / Allemagne


Robe classique, sur un grenat sombre bien brillant.
Nez peu en place, sur des notes réduites (chou farci) qui brouillent un peu un très joli ensemble classique de senteurs épicées et résinées (aiguille de pin) et de fruits noirs frais.
Bouche très bien née, sur un équilibre impeccable entre une matière suave et sans creux et une acidité à la capacité de relance et à la tonicité très agréables.
Les tanins prennent ensuite le relais en créant une scansion intéressante, tout en donnant une impression de jeunesse par leur présence encore ferme.
La tenue de bouche est impeccablement réussie, sur un déroulé frais empli de buvabilité et qui s'ouvre sur une finale désaltérante, d'une expression d'évidence septentrionale toutefois.
Très joli vin, mon préféré de la dégustation !


David Traeger's Cellar, Shiraz Baptista, 2004 / Australie


Robe très sombre, presque opaque.
Nez moche comme tout, expression de notes confites, sur la confiture de fruits noirs, et réglissées, avec de très fortes et peu avenantes senteurs de caoutchouc brulé.
Bouche sucrailleuse en attaque, à la richesse linéaire et mollassonne et sur des goûts soufrés de réduction (gaz de ville, pneu) qui confinent au désagréable.
Finale creuse et amère.
Un vin qui n'apporte aucun plaisir.


Montes SA, Montes Folly, 2010 / Chili


Robe opaque, on dirait de l'encre et dont la viscosité enrobe et entache presque le verre.
Nez discret au départ mais dont deux ou trois rotations dans le verre libèrent des notes très mures, sur la pâte de fruits noirs et une expression très nette et puissante d'eucalyptus et de senteurs médicinales un peu sulfurées.
Intérieurement et par analogie, je me dis, "aucun doute, ce pet de koala qui aurait mangé une cuillère de confiture, c'est l'Australien" ! Perdu !
La bouche est gigantesque, massive par sa matière à l'épaisseur crémeuse mais carrément brutale par des tanins énormes qui resserrent immédiatement terriblement les papilles.
Le décalage entre cette sensation de douceur glycérinée sans pourtant de réelle sucrosité et l'irritation tannique sur les muqueuses agit comme une paire de baffes sur mes fragilités.
Curieusement, le vin ne fait pas chaud mais plutôt dans une structure de bouche excessive à l’extrême par sa concentration et son énergie brute.
Je reviens sur le n°6 qui me semble l'autre monstre de la dégustation pour constater combien il ressort presque affiné et sucreux en comparaison de ce mammouth !
La finale tabasse littéralement le palais, par son ampleur plus que par son allonge, les tannins monstrueux anesthésiant le palais de leur morsure impressionnante.
Euh, faut l'attendre combien de temps, le machin pour qu'il se détende un peu ? Un siècle ? La dernière fois que je me suis pris une morsure pareille, c'était sur un Vieilles Vignes Centenaires du Clos Gamot qui, à 25 ans, en paraissait ... 5 !
Rien à dire, il y a du vin. Mais en l'état, bien trop moi.
Mon pdf ayant menacé de passer au commissariat pour déposer une main courante, je m'autodéclare incompétent pour juger des monstres pareils.
A... attendre !


Azienda Agricola Le Macchiole, IGT Toscana, Scrio, 2001 / Italie


Robe évoluée, sur un grenat roussi clair et d'une certaine turbidité.
Nez immédiatement médicinal, sur le sparadrap, le camphre, des notes mentholées et réglissées sans quasi aucun fruit.
L'ensemble est causant mais pas forcément agréable à ressentir.
La bouche en revanche semble très fatiguée, cisaillée par une acidité pointue qu'une matière décharnée ne parvient pas à compenser.
La finale est asséchante et creuse, sur des tanins durs et un côté éthéré.
Un vin qui semble en fin de vie.
Aucun plaisir possible.



***


Tour de table et échanges sur les vins préférés



Une dégustation qui illustre parfaitement combien le goût des amateurs européens, en tout cas le mien, peut être perturbé par des matières, maturités mais peut-être plus encore par des extractions que je juge excessives sur certains vins du Nouveau Monde.

Pendant la dégustation, je ne cessais de m'interroger : "mais sur quoi boivent-ils ces monstres ?! "
Je veux bien entendre que la culture nord américaine ne destine pas forcément le vin à la table, ses accords et ses contraintes.
Mais je vous assure que pour un fragile comme moi, si je dois affronter un Montes Folly ou un jeune Sine Qua Non à l'apéritif debout dans une party, va falloir que le tabouret ait la taille d'une colonne grecque pour m'éviter de collapser !

Je n'en reste pas moins convaincu que la finesse est l'avenir.
Et une fois les copies ramassées, les résultats le confirmeront puisque c'est la Syrah allemande 2014 de Martin Wassmer qui semble avoir remporté les suffrages d'un panel de dégustateurs très international !

1°) Martin Wassmer Syrah 2014 (Allemagne, Vin n°1)
2°) Montes Folly 2010 (Chili, 11)
3°) Martin Wassmer Syrah 2012 (Allemagne, 9)
4°) ex aequo Sine Qua Non Dark Blossom 2011 (USA, 6)
4°) Jamet Côte Rôtie 2011 (France, 5)
6°) Cayas 2011 (Suisse, 8)
7°) Muhr, Sydhang 2013 (Autriche, 4)
8°) Tandem 2012 (Maroc, 7)
9°) David Traeger, Baptista 2004 (Australie, 10)
10°) Le Macchiole, Scrio 2001 (Italie, 12)
11°) Castel d’Encus, Thalarn 2012 (Espagne, 2)
12°) Cayuse, Cailloux Vineyards 2012 (USA, 3)

J'en sens un qui respire de soulagement, c'est mon pdf !






Le soleil a basculé depuis quelques temps derrière l'horizon et la nuit a comme posé sa noirceur sur le lac.
Il est temps de libérer les lieux pour permettre aux équipes de la Villa d'Este de préparer la salle pour le repas du soir et la Paulée qui s'annonce.

Les plus coquets remontent en chambre afin d'être à leur optimum à ce moment de prestige.
Le relooking de mes rondeurs vieillissantes étant désespérément inaccessible même au coach le plus motivé, autant assumer mon physique de radio et son esthétique de mannequin chez Tati et privilégier les premières dégustations qui démarrent dans la salle adjacente.
Mon succès public auprès du public féminin et de la jolie dame qui fait tant saliver l'Hanni y perdra ce que l'intérêt LPVien pour les vins potentiellement croisés devrait y gagner...

J'espère que vous apprécierez mon sens du sacrifice...

A suivre...
Oliv
#49
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Jérôme Pérez a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

à mon avis, ces syrahs nordistes qui devancent les classiques sudistes, c'est un signe des temps.

-)

Nous vivons l'ère de l'avènement des vins qui ont un tuteur dans le .... Fini les gros seins mous et flasques (expression ô combien imagée que j'emprunte à Claudius) et vivent les tétons teutons fièrement érigés.

bon, je sais, ce débat a déjà eu lieu, mais il a disparu et on a un mal de chien à le faire remonter : donc, je vais à l'essentiel, je résume !

Jérôme Pérez
#50

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Villa d'Este Wine Symposium

Édition 2016

La Paulée du jeudi




Tout le monde se souvient que la soirée du jeudi à Villa d'Este est marquée par le plaisir du partage et la joyeuse et foutraque ambiance d'une Paulée.

Chacun est invité à proposer à sa table une ou deux bouteilles de son choix, ouvrant ainsi l'évènement dans une généreuse atmosphère de "goûte-moi ça, c'est du bon" et autre "comment ça, ça t'plait pas ? Mais quelle fillette alors ?!" :D
Pas besoin de vous dire que se croisent et se recroisent alors quelques sacrées cartouches, du genre à dégommer tout un bataillon de grognards de la dégustation dès la première salve !
Les convives y gagnent alors en plaisir d'échanges ce que le personnel y perd en confort de travail.
Une vraie Paulée, quoi... B)

Bon trêve de bavardages, je suis sûr que vous avez faim !

A table ! :woohoo:

***


Bellavista, Franciacorta, Teatro alla Scala, Vendemmia Brut, 2009


Robe jaune paille assez claire.
Nez agréable, assez riche et qui m'évoque un chablis solaire, sur des notes miellées et de praliné.
Jolie bouche gourmande, d'une maturité haute un peu douce mais sans déséquilibre et bien mobilisée par une acidité sympathique qui crée un effet de rondeur facile agréable sur le palais.
La bulle est assez large et présente mais n'agresse pas.
Finale plus qu'honnête pour un vin friand, assez généreux et d'une bonne lisibilité.
Très apéritif.



Tortello farci à l'Osso Bucco à la Milanese



Henry Marionnet, Touraine, M de Marionnet, 2014


Robe jaune paille quasi cristalline.
Nez primaire de sauvignon, sur le buis et le bourgeon de cassis puis des notes de citron jaune.
Bouche citrique, très tendue, sur un côté délicat et cristallin mais qui manque pas mal de vinosité.
L'aromatique manque de complexité, marquée par son cépage dans son expression pas très mure (groseille à maquereaux, cassis).
Finale stricte, à l'acidité sèche.
Un vin de soif.


Les Seilles, Fully, Petite Arvine, 2015


Robe cristalline, presque pas teintée.
Nez ultra discret, quasiment muet sinon quelques minces notes de fleurs blanches.
Attaque perlante puis déroulé souple, avec une petite sucrosité qui crée un point de richesse et d'ampleur qui manque un peu de nerf à mon goût.
Matière de demi-corps, sans grande profondeur mais nette de structure.
Finale honnête même si peu rythmée.
Un vin un peu trop simple et qui manque de vinosité.


Domaine Bruno Clair, Corton Charlemagne, 2010


Bouchon parfait.
Robe jaune très claire.
Nez très fermé à l'ouverture où ne transparait qu'un boisé de jeunesse. Regoûté en coulisses avec l'équipe plus tard dans la soirée, le vin se sera nettement ouvert en libérant de jolies senteurs de fruits jaunes et de fleurs blanches. Mais rien à dire quand même, c'est très jeune !
Bouche bien née, à la structure dense et à la trame acide puissante qui crée un effet traçant assez rythmé.
Mais le mutisme aromatique où ne s'exprime que l'élevage rend le vin très austère et passablement lassant, comme recroquevillé sur un côté renfrogné.
Finale puissante mais peu amène, avec notamment quelques amers de bois pas très élégant.
Très peu de plaisir en l'état, aucun doute qu'il faut l'attendre.


Domaine Pierre Morey, Meursault Perrières 1er cru, 2001


Robe sur un doré léger.
Nez magnifique de complexité, où le grillé puissant et d'une netteté parfaite enrobe des notes délicates de fleurs blanches et de fruits à noyaux.
L'ensemble est magnifiquement bourguignon, dans le registre des domaines qui savent gérer parfaitement les élevages réducteurs.
Je repense à nos discussions en cours sur le sujet et ne peut m'empêcher de penser que pour ceux qui savent faire, le grillé gras comme ça, sans végétal lierreux, sans notes soufrées de gaz de ville, quand ça s'exprime sur le sésame, la tartine chaude de pain beurré du matin et que ça n'écrase pas le fruit, ben, moi, j'adore !
La bouche est absolument somptueuse, d'un impact immédiat remarquable avec un vin qui se pose sur tout le palais mais se voit propulsée par une acidité tranchante absolument délicieuse.
L'équilibre est magistralement réussi entre puissance contenue et capacité de relance, avec un toucher de bouche aussi puissant que précis.
Le vin réussit à concilier volume et délicatesse d'expression dans une expression tactile digne de la danseuse sur pointe, à la fois élégante mais d'une maitrise sans faille.
Finale brillante de persistance et qui ne sacrifie rien à son côté frais et désaltérant.
Magnifique vin ! (tu)(tu)


La Cà Növa, Barbaresco, Montestefano, 2013


Robe sur un rubis grenat très clair.
Nez discret, très fermé, sur de minces notes de petits fruits rouges (grenade fraiche).
Bouche assez linéaire, sur une attaque acide assez forte qu'une matière assez délicate peine à compenser.
L'ensemble parait fragile et manque un peu de vinosité et de gourmandise pour apporter plus de confort en bouche.
Finale marquée par une certaine charge tannique sans devenir asséchante pour autant.
Un vin assez strict d'expression.


Domaine de l'A, Côtes-de-Castillon, 2011
Magnum


Robe sombre, sur un bleuté net.
Nez agréable, très bien construit, sur les fruits noirs frais enrobés d'un boisé élégant qui porte les senteurs sans les écraser.
Bouche très réussie, sur un déroulé franc et juste où une belle matière répond à une acidité bien intégrée.
L'ensemble est jeune, sur des goûts de fruits noirs épicés mais d'un joli tactile net qui n'agresse pas le palais.
Finale précise et fraiche, aux tanins présents mais sans une once de sécheresse.
Très joli.



Filet de chevreuil au genièvre, gnocchi au chou rouge, livèche et lait au pin montagnard/color]



Changins, Vin de Pays, Pas de trois, 2013


Robe pourpre très jeune.
Nez élevé, où un lacté roboratif perturbe des senteurs de fruits noirs.
Bouche à la matière souple, sans beaucoup de fond et qui s'ouvre sur un touché velouté trop statique et qui manque de naturel d'expression.
Finale un peu chaude et sans réelle capacité à déclencher l'envie.
Un vin sans vice ni vertu.


Château Montrose, Saint Estèphe, 2002


Robe très sombre.
Nez mat, monolithique et peu expressif dont ne transparait qu'un ensemble noir fumé d'une froideur rétive.
Bouche dense, large et tannique, d'une expression droite et froide qui semble impénétrable au plaisir en l'état.
Finale ferme, fermée et très austère.
Pas d'autre solution qu'attendre. Mais j'ai un peu de peine à croire que ce vin deviendra grand...
A revoir dans xx années.


Château Pichon-Longueville Comtesse de Lalande, Pauillac, 1970
Magnum


Robe sombre mais avec un certain âge, par son disque extérieur tuilé clair et une légère turbidité.
Bouquet qui semble très classique d'un médoc à l'ancienne, quand le tabac côtoie des senteurs puissantes de goudron, de créosote ou d'encre avec une pointe végétale pour produire un bouquet complexe et très nettement tertiaire. Le réchauffement rendra le vin plus dur, accentuant à l'excès les notes froides d'encre de Chine aux dépens de celles plus chaudes d'épices douces et qui tenaient l'équilibre.
Bouche fondue, à la matière déliée sans grande réserve de puissance mais d'une allonge et d'une présence certaines.
L'acidité assez haute mobilise ce volume fin sans maigreur et lance une finale d'une bonne buvabilité quoiqu'assez courte quand même.
Un vin qui assume bien son âge et qui, malgré une petite faiblesse de fond, passait parfaitement à table et s'accordait remarquablement sur la finesse épicée du chevreuil au genièvre.
D'aucuns le jugeront d'une faiblesse un peu coupable, moi, j'adhère au style !
Bien à très bien.


Château Rayas, Châteauneuf du Pape, 2005


Bouteille ouverte à la minute et qui va suivre un impressionnant développement tout le long de la soirée.
Robe plutôt profonde pour un Rayas, sur un grenat net et bien brillant.
Nez très fermé à l'ouverture et qui va mettre du temps pour se placer, libérant en fin de repas un ensemble classe et posé de fruits rouges (fraise, grenade) tirant sur les fruits noirs frais et d'épices douces.
La bouche est immédiatement formidable de qualités évidentes, sur une concentration idéalement maitrisée, d'une densité qui ne verse jamais une seconde dans la dureté ou la fermeté, illustrant à la perfection l'expression "main de fer dans un gant de velours".
Son impact sur le palais se joue tout en profondeur, dans un déroulé interminable de puissance et de douceur tactile soyeuse et caressante, sur une acidité vertébrale qui cause juste et une qualité de tanins absolument superlative.
En revanche et c'est sûrement là qu'il est indéniablement grand, je suis convaincu que ce vin n'exprime qu'une petite partie de ses qualités.
Sa concentration, même si d'un équilibre remarquablement géré, mérite encore de se décomprimer à la garde pour gagner en fondu, en évidence et surtout en complexité aromatique.
Finale longue de présence même si plutôt réservée aromatiquement.
Rarement bu un vin jeune qui m'a donné une telle évidence de grandeur.
Heureux les possesseurs de telles bouteilles en cave. Quelque chose me dit que la récompense au bout de la patience peut être grandiose.
Somptueux ! (tu)(tu)



Ficu et Monte Veronese di malga



A ce moment du repas, un drame a failli survenir !
Alors que je me lève, un verre de Rayas en main, pour aller faire profiter les copains des autres tables de ce magnifique vin (et constater qu'Axel, en plus d'un CV dorénavant long comme le bras, n'a rien perdu de ses qualités de dégustateur, me pliant le vin à l'aveugle, domaine comme millésime, en deux coups de nez et un coup de langue), je vois au loin mon assiette de fromages débarrassée alors que j'ai pas encore eu le temps de lui faire l'honneur qu'elle mérite.

Quoi ça ? Dites moi pas qu'c'est pas vrai ?!! :o
E pericoloso piquare fromaggioliv senza mio accordo ! Signore, aspeta plizzz !

Et merde, trop tard, je vois le petit serveur filer fissa au loin avec mon assiette pleine.
Mais comme je ne veux pas passer pour un psychopathe dur de la patte molle en fonçant compenser en cuisine, je reviens à ma table comme si de rien n'était, avec la zénitude affichée du moine bouddhiste avant la prière du matin...



Domaine du Comte Liger-Belair, La Romanée Grand Cru, 2008
Magnum


Robe assez claire, sur un grenat rubis bien brillant.
Nez où un grillé assez fort prend le pas sur des belles notes de fruits rouges frais.
Attaque en bouche superbe, pulpeuse et veloutée, sur un toucher soyeux très agréable.
Une acidité forte arrive en milieu de bouche et signe alors le millésime du vin par un point de tension moins confortable, comme bridant un peu ce jus parfait auquel elle n'est pas idéalement intégrée. L'effet de la perfection du Rayas 2005 bu juste avant a pu jouer en défaveur du pinot.
La finale est en revanche délicieusement fraiche et précise, sur de beaux goûts de framboise, de grenade et d'épices.
Un vin que j'aimerais bien revoir pour lui-même (oui, je sais, vous aussi...).
Très beau !


Clos de la Coulée de Serrant, Savennières, 2006


Robe sur un doré ambré net.
Nez ultra puissant, sur des notes de raisins secs, d'abricot, de pierre humide, avec également des vapeurs alcooliques certaines.
Bouche massive, d'une grande densité et impact, à la richesse de corps presque moelleuse mais tranchée par une très forte acidité.
L'aromatique est baroque, compromis de notes de fruits secs, entre l'abricot et la figue, de datte, d'une légère oxydation, avec des goûts minéraux et une amertume qui lui donnent une vraie présence et allonge.
La charge alcoolique s'exprime toutefois à l'excès sur une finale longue mais presque brutale de puissance et qui m'évoque un peu l'équilibre des vins oranges.
Bien à très bien mais un style auquel je n'adhère pas vraiment.


Clos de Tart, 2002


Robe assez profonde et sans réelle trace d'évolution.
Nez discret, sur une expression fermée et mate qui libère assez peu d'arômes.
La bouche est en revanche remarquablement bien construite, sur une texture dense à la puissance sans excès, d'une matière riche mais sans débordement, sur une trame profonde à l'acidité très bien intégrée et une indéniable qualité de tannins.
Belle finale longue, d'un toucher à la fois dense et frais.
Un vin qui m'a semblé avoir encore une vraie réserve de développement, notamment au niveau de son expression aromatique.
Très beau.

jailamemoirequiflanc... :oops:
Cannoncino croquant à la crème de caramel et glace Pina Colada

***

Boudiou, quelle soirée !

Pour avoir eu le privilège de passer en coulisses un peu plus tard dans la nuit, quelques jolis morceaux de patrimoine savamment honorés n'avaient plus que leur étiquette à offrir au regard tenté de l'amateur toujours attentif à un beau moment qui lui passerait sous le nez.

Mais comme le genre pullule pendant le week end dans l'établissement, pas besoin de vous dire que les cadavres étaient déjà quasiment momifiés !
Joliment monté en lampe, un Mathusalem d'Asili Riserva 2000 de Giacosa, ça doit en jeter sur la table de nuit, non ?

Bon, allez, au dodo.
Car c'est pas tout ça mais demain, on remet ça !
Heureusement que le café italien est noir et serré. M'est avis que certains vont en avoir besoin pour démarrer de bon pied.

Quand j'vous dis que vous avez le droit de me plaindre... B)

Oliv




Crédit photos :
Giulio Ziletti
www.borlant.fr/
www.soundtaste.eu/it...
www.comptoirdesmille...
#51

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Villa d'Este Wine Symposium

Édition 2016



Alors que les oreillers de la Villa d'Este sont d'un ouaté confortable à faire passer ceux que j'ai à la maison pour de vrais sacs de noix et que les pageots font la taille d'un aérodrome que je pourrais y faire atterrir mon double mètre autant en longueur qu'en largeur, expliquez-moi pourquoi, tous les ans, j'arrive jamais à faire une bonne nuit réparatrice pour affronter les évènements du lendemain frais et dispo !

Parait que ça aurait à voir avec l'hémisphère gauche de mon cigare et avec un vieux réflexe remonté du temps où rester en alerte était vital pour anticiper la visite d'une bestiole aux dents larges comme une feuille de boucher et qui venait vous chatouiller les arpions alors que vous étiez en plein rêve d'un cuissot d'antilope si chèrement conquise à la tribu d'en face rôtissant sur la braise !
Alors moi, j'veux bien que la mécanique humaine soit pas si mal goupillée par la Nature ou son Créateur mais si seulement, elle pouvait laisser tomber les vieilles angoisses préhistoriques le temps d'un week end, ça arrangerait bien mes bidons.
Car hormis me faire surprendre en caleçon par la femme de chambre venue poser les chocolats sur mon oreiller à une heure que je croyais sécure, je vois pas trop quelle mauvaise rencontre je pourrais faire dans ce si bel établissement ?

Rentré sous la couette à 1h30 du matin, me v'là donc réveillé façon Gilbert Bécaud et ses volts sous le capot, pétant le feu et prêt à attaquer les évènements alléchants du jour pour découvrir qu'il est alors seulement... 4h48 !
Comme même sur LPV à cette heure où tous les sages sommeillent y'a pas un pelé avec qui tailler le bout de gras, j'en profite pour entamer mon compte rendu sur les évènements du jour, ce sera toujours ça de gagné au retour.

Après deux heures de travail de bénédictin et un petit déjeuner de compétition où j'ai pris ma revanche de la veille au soir sur le plateau de fromages, il est temps de rejoindre la salle de conférences pour le premier séminaire dédié au sujet "Du grand vin et de la Science, un état des lieux des recherches".






Le Dr O. Failla (Université de Milan) étudie l'ampélographie et comment, face à un certain appauvrissement génétique dû à une forme de monoculture traditionnelle se recentrant de plus en plus autour des mêmes cépages en Europe, les cépages d'Asie centrale et du Caucase peuvent apporter des réponses face aux maladies, aux problèmes de rendement mais aussi aux contraintes de plus en plus fortes imposées par le réchauffement climatique.
Dans le cadre d'une étude sur le mildiou, sur 669 échantillons de vignes d’Azerbaïdjan et de Géorgie étudiés auxquels on avait inoculé la maladie, 265 présentaient par exemple peu ou pas de symptômes.
Je repense alors aux nombreuses discussions que j'ai pu avoir avec Michel Grisard sur les cépages alpins et la bibliothèque génétique qu'ils pouvaient constituer pour l'avenir de la viticulture mondiale en allant piocher dans leurs qualités spécifiques, l'un ses maturités précoces, l'autre son faible titrage alcoolique ou sa capacité à résister à une maladie.
La difficulté restera de concilier tous ces éléments potentiellement qualitatifs sans sacrifier la productivité, les typicités et bien évidemment, le goût final du vin produit.

Pascale Deneulin (Changins - Suisse) présente ensuite les résultats d'une étude sur La minéralité dans le vin avec le Chasselas suisse comme base d'étude.
Alors que le terme "minéralité" n'a pas d'entrée véritablement définie dans le dictionnaire, il est évident dans le monde du vin que le concept fait vendre !
Une étude du vocabulaire employé pour décrire le vin illustre que celui des professionnels est une fois et demi plus riche que celui utilisé par les consommateurs.
Si le terme de minéralité est une notion sensorielle pour les professionnels, pour 13% des consommateurs, elle reste une énigme.
Sa description fonctionne alors par analogie, comme l'idée de "sucer un caillou".
Grand succès dans la salle quand P. Deneulin résume la situation ainsi : " la minéralité, c'est comme le porno, c'est difficile à décrire quand on en voit un mais on le reconnait à tous les coups" !
Face à un panel de 80 chasselas goûtés par des dégustateurs professionnels et amateurs, aucun consensus ni distinction nette entre vins minéraux et vins peu minéraux n'émane dans les résultats d'évaluation !
Intéressant de découvrir que sur les vins décrits comme minéraux, les constantes à l'analyse chimique sont un degré alcoolique supérieur à 12°, une présence importante de Co2 et de So2 libre et le fait que ces vins n'aient pas fait leur malo.
Et encore plus de constater que l'émergence de la notion de minéralité dans le descriptif des vins survient exactement au moment où celui de terroir, de plus en plus usité par d'autres productions agricoles pour évoquer leur lien à la terre, décroit !
On peut s'interroger sur le fait de savoir si, après la tendance des vins terroirs, celle des vins Parker puis en réaction celle des vins minéraux ne serait pas une simple expression de la recherche de vins plus fins, plus frais.
Et donc que, comme toutes les modes, elle pourrait bien finir par passer.




Axel Marchal



C'est avec un plaisir non dissimulé que je retrouve Axel Marchal, un ancien LPVien à qui nous devons certains des recadrages techniques parmi les plus intelligents et pédagogiques de l'histoire de ce forum et que je n'avais pas revu depuis plusieurs années.
Le temps et le travail ont fait leur œuvre et c'est donc en tant qu’œnologue et professeur à l'Université de Bordeaux que je retrouve Axel au pupitre !
Derrière la tête d'ampoule et d'ange se cache une personnalité complexe qui dépasse le simple technicien de sa discipline, un dégustateur redoutable et un vrai passionné de vin, pas seulement d'analyse physico-chimique sur jus de raisins fermentés.
A ce titre, l’œnologie telle qu'incarnée par A. Marchal est une discipline au service de la qualité du vin qui, si elle n'est jamais suffisante pour faire de grands vins permet déjà d'éviter d'en faire de mauvais.
Le rôle de l’œnologue consiste à traduire le message du raisin sans le trahir par une vinification imprécise afin de permettre au vin de commencer son parcours de plaisir pour le dégustateur. De la terre à la tête, du sol à la mémoire sensorielle.
Alors que les grands vins se distinguent par leurs qualités, les petits se ressemblent par leurs défauts, ces derniers incarnant alors une perte d'identité par l'uniformité qu'ils provoquent. Les bretts n'ont pas de terroir !
Le geste scientifique à l’œuvre dans l’œnologie consiste alors à comprendre une conséquence pour agir sur sa cause.
La recherche ayant découvert que l'arôme végétal des vins de cabernet dû à la pyrazine se concentrait dans les feuilles de base les plus près du sol, un travail d'effeuillage efficace peut par exemple permettre de produire des vins aux aromes de verdure moins marqués.
Idem pour les bois dont la thèse d'A. Marchal a montré l'influence sur la sucrosité perçue dans des vins pourtant analytiquement secs par la découverte d'une molécule libérée par le chêne et au pouvoir édulcorant 8000 fois supérieur à celui du sucre.
La maitrise de l'élevage en barrique permettrait ainsi d'améliorer l'équilibre gustatif d'un vin en jouant des provenances et du travail des bois, les fût issus de chêne sessile jouant sur la sucrosité là où ceux issus de chêne pédonculé augmentant l'amertume.
La finalisation du travail de recherche fondamentale consiste alors à breveter une méthodologie pour aider le vinificateur à choisir les meilleurs bois pour réaliser ses objectifs et concrétiser au mieux en bouteilles l'idée du vin qu'il se fait.

***

Cette année, en parallèle des conférences sont organisés des ateliers de dégustations.
Donc n'ayant pas encore inventé l'ubiquité, je quitte la salle au moment de la pause café et du débriefing qui s'annonce pour rejoindre la salle Torlonia, Sandrine Garbay et les vins du Château Yquem.

Pas une seconde pour féliciter Axel pour la clarté de sa conférence ni balancer quelques fusées sur la minéralité, ça attendra le déjeuner.
Quand on vous dit qu'on est pas là pour rigoler ! :)



Atelier: Château d'Yquem



Millésime 2013

    CONDITIONS CLIMATIQUES
    2013 reste profondément marquée par un formidable contraste entre le printemps et l’été.
    Tout oppose ces deux saisons :
    D’un côté, Mai et Juin sont anormalement frais et humides avec une floraison étalée, gage de complexité en sauternais.
    De l’autre, Juillet et Août sont si chauds et si secs que 2013 s’approche des records. Les conditions très favorables de cet été véritablement solaire nous laissent de très grands espoirs pour le millésime.
    LES VENDANGES
    Durant la première quinzaine de septembre, le refroidissement des températures a maintenu la grande fraicheur aromatique des raisins et la pluie (50 mm) a provoqué le premier développement de la pourriture noble sur une vendange parfaitement mûre.
    L’été s’installe à nouveau à Sauternes, à peine troublé par quelques gouttes. Ces conditions offrent une concentration des sucres rapide et les tries, la première (du 25/09 au 2/10) et la seconde (du 1er au 3 /10) s’enchainent idéalement.
    Les vendanges stoppent avec la quarantaine de mm tombés entre le 3 et le 5/10 mais cette eau relance la contamination par le Botrytis cinerea sur le reste de la récolte.
    Une nouvelle fenêtre sèche de 5 jours nous permet d’achever le second passage jusqu’au 11/10 et même d’entamer le 3ème en terrains précoces. Un nouveau cycle chaud et sec (digne d’une fin Aout) débute le 12/10 et perdure jusqu’au 23. Nous pouvons terminer le 3ème passage et du 21 au 24 re-balayer l’ensemble du vignoble dans une 4ème et dernière trie.
    BILAN
    Après un magnifique été, la bonne étoile qui accompagne le 2013 pendant toutes les vendanges, offre à la pourriture noble les meilleures conditions pour concrétiser tout le potentiel de la récolte.
    Au final, si un bon millésime se doit d’être chanceux alors 2013 est à coup sûr un très bon millésime avec un vin très « botrytis » au confit « séveux », typique d’Yquem.
Château d'Yquem 2013
Degré alcool : 13,1° – Sucres résiduels : 150 g/L – AT : 4 g /L H2SO4


Robe sur un doré franc.
Superbe nez frais, puissant et évident, sur l'ananas rôti, le melon, une petite note de praliné très agréable.
Attaque riche mais pas lourde, sur une liqueur franche parfaitement mobilisée par une acidité nerveuse très agréable.
Milieu de bouche doté d'une capacité de relance absolument remarquable qui étire cette belle matière dans un ensemble à la fois profond et nerveux.
Les goûts s'expriment sur les fruits exotiques frais, entre le fruit de la passion et l'ananas, dans une gourmandise aromatique croquante très agréable.
Finale remarquable d'énergie et qui concilie fraicheur, finesse et persistance dans un équilibre de grande classe.
Délicieux ! (tu)

Millésime 2010

    PHASE VEGETATIVE
    L'année 2010 se caractérise tout d'abord par sa fraîcheur globale, tant en minimales qu'en maximales. La moyenne annuelle est inférieure aux normales 1948-2009, ce qui n'était pas arrivé depuis 18 ans.
    Ce déficit est particulièrement net au début et à la fin de l'année. Pour la phase végétative on note une température moyenne tout juste supérieure aux normales (+ 0,3°C) avec dans le détail : Mai frais (- 0.5°C), Juin, Août, Septembre et Octobre normaux et un gros excédent limité à Juillet (+ 1,8°C).
    En termes de pluviométrie, le cumul de Mai à Octobre est très légèrement au dessus des normales, avec de très fortes différences : Juin est très arrosé (+ 100%), Juillet est très sec, Août et Septembre à peine déficitaires et Octobre à nouveau en excédent.
    L'analyse de la saison révèle des points spécifiques :
    - Déluge sur la fleur mi-juin (113mm en 13 jours) sous des températures fraîches, entrainant des pertes de récolte par mauvaise fécondation surtout en Sauvignon.
    - Juillet brulant et desséché (3mm du 20/06 au 19/07).
    - Trois orages significatifs entre le 20/07 et le 04/08 avec au total 57mm (soit un mois d'été normal) qui limiteront le stress hydrique à un niveau supportable et sans effet négatif sur la récolte.
    - Pratiquement pas de pluie entre le 05/08 et le 05/09 et trois semaines chaudes à partir de fin Août qui vont favoriser une maturité parfaite et très régulière.
    Après les pluies du 6-7-8/09 (qui déclencheront la première vague de Botrytis cinerea) le temps change vraiment et l'automne se caractérise alors par deux périodes fraiches presque froides même.
    - du 16 au 30/09 (avec des températures minimales entre 3 et 5°C)
    - du 13 au 28/10 (3°C sous les normales et des gelées matinales).
    Château d’Yquem 2010 2/5 24/08/2016
    La majeure partie de la vendange aura lieu dans ces deux phases anormalement froides.
    Au niveau pluviométrie Octobre est au dessus des normales (+ 40%) mais par chance pour la récolte, les pluies se concentrent sur quelques épisodes seulement, laissant 24 jours complètements secs, dont 12 du 11 au 22/10, parfaits pour le Sauternes.
    VENDANGES
    Les vendanges ont débuté à YQUEM précocement, les 03 et 06 septembre, avec la récolte des premières grappes de sauvignon idéalement saines et dorées destinées à l’ « Y ».
    Du 20 au 22 septembre, sous le soleil et la chaleur, une « première trie » de raisins atteints de pourriture noble s’effectue, rapidement suivie d’une deuxième du 27 au 30.
    Ces 2 passages permettent de rentrer en chai à leur optimum toutes les précieuses baies pleines de fraicheur des premières générations de Botrytis cinerea.
    La sècheresse de ce début d’automne impose par la suite une longue pause. Les 04 et 10 octobre, des pluies suffisantes et indispensables à un nouveau développement du champignon arrivent enfin !
    Dans la foulée, grâce au retour rapide d’un anticyclone, le soleil et les vents d’EST permettent par une forte évaporation, la concentration des sucres dans les baies.
    Les tries, qui reprennent le 14 octobre sous des températures très froides, marquent véritablement l’entrée du Château d’Yquem dans le coeur du millésime avec des vendanges qui vont maintenant s’enchainer durant dix jours.
    La récolte du week-end du 17/10 concrétise tout l’intérêt de la pause des deux semaines précédentes, offrant des jus riches particulièrement prometteurs, d’une grande pureté et qui du fait des températures basses, préservent leur fraicheur.
    Le 18 au soir, nous marquons un nouvel arrêt car les prévisions météo sont très sûres, nous voulons tenter de laisser concentrer au maximum les meilleurs terroirs avant les pluies prévues le dimanche 24.
    Trois jours nous semblent nécessaires pour parcourir ces parcelles aussi nous déclenchons la nouvelle phase de récolte le jeudi, vendredi et samedi.
    Cette prise de risque s’avère être l’option gagnante. Nous conjuguons qualité et quantité sur les terroirs les plus prestigieux et établissons, au passage, un nouveau record de récolte quotidienne le 22 octobre !
    Comme prévu, le dimanche 24 est très arrosé (30 mm de précipitations), mais heureusement la vendange peut reprendre rapidement dès le mardi. Nous réalisons sous des températures toujours glaciales, un dernier passage de qualité sur des raisins qui ne peuvent plus attendre (le Botrytis Cinerea étant maintenant à l'oeuvre depuis presque trois semaines).
    Château d’Yquem 2010 3/5 24/08/2016
    Cette « trie » qui se poursuit jusqu’au 29/10 sera la dernière à pouvoir prétendre, en partie au moins, à l'étiquette d'Yquem.
    Le week-end pluvieux de la Toussaint, avec 22 mm d’eau sonne le glas des derniers raisins qui sont coupés les 4 et 5 novembre.
    BILAN
    2010 est une année très généreuse à Sauternes.
    Les très bonnes conditions de vendanges, très saines grâce aux températures fraiches, ont permis de concrétiser tout le potentiel « raisin » d’une phase végétative particulièrement favorable.
    Cependant, pour tirer la quintessence d’une telle année, il fallait avoir la volonté et la possibilité d’effectuer dès la récolte, des distinctions dans le parcellaire pour dégager les meilleurs terroirs afin d’éviter le risque de nivellement des millésimes abondants.
    Au chai, une dernière sélection rigoureuse parmi ces lots offre un assemblage d’un éclat et d’une dimension à la hauteur de l’attente suscitée par la réputation des 2010.
Château d'Yquem 2010
Degré alcool: 13,5° - Sucres résiduels : 141 g/L - AT : 3.6 g /L H2SO4


Robe sur un doré léger très brillant.
Nez serré, peu causant, sur des notes d'agrumes (pamplemousse confit) et un léger minéral.
Bouche pointue, construite autour d'une acidité traçante mais très fermée aromatiquement, ce qui crée un effet linéaire assez mutique.
Ensemble équilibré mais sans grande puissance et qui manque d'impact sur le palais.
Finale fraiche agréable mais trop anodine aromatiquement pour attiser vraiment l'intérêt.
A revoir.



Sandrine Garbay, maître de chai


Millésime 2007

    PHASE VEGETATIVE
    Après un hiver relativement doux, les températures s'envolent et avril se situe au niveau d'un beau mois de mai. Naturellement la végétation s'en ressent et on observe, dès le 11 mai, les toutes premières fleurs dans la vigne avec deux bonnes semaines d’avance.
    Par la suite, si les minimales se maintiennent encore légèrement au dessus des normales, les maximales en revanche, chutent et ce phénomène s’accentuera durant tout l'été confirmant l'impression de fraîcheur ressentie cette année.
    Parallèlement en mai et juin, les pluies deviennent fortes (2 fois la normale) et fréquentes (3 jours sur 4 !) perturbant la floraison qui s’étalera sur quatre semaines.
    VENDANGES
    Après les "déluges" du 20 au 24 août (100 mm !) la situation est critique dans le vignoble du fait de la forte hétérogénéité de la maturité et d’une situation sanitaire risquant fortement de se dégrader avec de nombreux éclatements de baies notamment sur les sémillons.
    La météo amorce alors un virage salutaire avec une chute des températures (en particulier les minimales) et une raréfaction spectaculaire des pluies (à peine un tiers de la normale sur septembre et octobre, avec 3 jours sur 4 secs).
    Ces conditions, couplées à de longues périodes de vent d'Est – Nord-est vont totalement bloquer les mauvaises évolutions redoutées (on verra même des graines de sémillon cicatriser !), et empêcher tout développement des drosophiles (invisibles en 2007).
    Elles permettront aussi aux sauvignons, fleuris début mai et donc déjà mûrs, de se concentrer après les contaminations de Botrytis issues des pluies de fin août.
    Ainsi dès le 10 septembre, nous entamons une trie sur les terroirs précoces qui va se révéler extrêmement intéressante par sa concentration (+ de 23° alcool) et sa belle acidité (due aux nuits très fraîches). Durant ce passage, nous trions 2 fois dans les sauvignons car le degré des premiers jours était presque trop élevé et nous coupons aussi quelques sémillons sur lesquels une pourriture discrète (au centre des grappes) s'est installée. Cette semaine sera remarquable par sa qualité, sa précocité mais aussi par son rendement (presque 2 hl/ha) qui la distingue d'une simple trie de nettoyage.
    Un passage pluvieux (10 mm) le 16 et 17 septembre, laisse espérer une relance du champignon car les nuits s’adoucissent. Une nouvelle perturbation étant annoncée à partir du 22 nous profitons des deux journées du 20 et 21 pour repasser dans tous les sauvignons et sémillons précoces avec encore de très hauts degrés et de belles acidités.
    Château d’Yquem 2007 2/4 08/07/2014
    La durée de la période de pluie (10 jours) et son intensité font à nouveau craindre une mauvaise évolution de pourriture mais heureusement les minimales restent fraîches et inhibent le développement des moucherons.
    Nous retentons, d'abord le 2 octobre à la faveur du premier jour sec, une trie sévère (pour seulement 8 barriques) permettant aussi d'entretenir le moral de la troupe de vendangeurs (à l'arrêt depuis 10 longs jours). Puis le 9 octobre, nous effectuons un autre tour rapide afin de cueillir toutes les baies au bon stade avant le nouveau passage perturbé annoncé (11mm les 9 et 10 octobre).
    L'effet de ces pluies (35 mm cumulés) sera déterminant pour le botrytis car des températures minimales " tropicales " du 1er au 10 octobre, de 5 à 7°C au dessus des normales, provoquent une véritable explosion de pourriture noble qui s’installe presque intégralement sur les grappes.
    A partir du 12 octobre, un anticyclone d'anthologie se met en place (aucunes pluies jusqu'au 29) avec vents d'Est et grand soleil. Ces conditions sont idéales pour concentrer rapidement la vendange alors entièrement au stade plein pourri.
    Dès lors, les 4ème, 5ème et 6ème tries vont s'enchaîner, sans précipitation car la stabilité de la météo est assurée. En quinze jours de travail, du 12 au 30 octobre, nous récoltons le coeur de la vendange à 22° d'alcool potentiel, avec tout le gras propre aux tries tardives de fin octobre sur l'intégralité des multiples facettes des terrains d'Yquem.
    A peine retardées par 3 mm de pluie en fin de parcours, les vendanges 2007 s'achèvent du 5 au 7 novembre par une dernière trie toujours aussi concentrée après vingt sept journées de travail étalées sur deux mois.
    BILAN
    2007 restera l'année où le Botrytis cinerea aura accompli un miracle, transfigurant un raisin au potentiel pouvant sembler inégal après un printemps chaotique et un été bien frais.
    Bénéficiant de conditions idéales, la Pourriture Noble a su transformer le handicap initial que constituait l'hétérogénéité de la floraison en un avantage décisif de complexité et de variété, et compenser le déficit estival en chaleur grâce à un potentiel de concentration sans limite en octobre.
    On peut voir en 2007 un digne représentant des grandes années en "7 ". En effet, 2007 débute avec la précocité et la typicité du 1997 et s’achève aux mêmes dates que le 1967 avec les mêmes promesses de richesse et de gras.
Château d'Yquem 2007
Degré alcool : 14°- Sucres réducteurs : 137g/L - AT : 3,7 g /L H2SO4


Robe très dorée grisée, presque ambrée.
Nez complexe mais sans presque aucun fruit, proposant des notes de chocolat au lait, de safran, des senteurs médicinales, sur le camphre et la girofle.
Bouche d'une grande richesse épaisse en attaque, sur une sucrosité lourde à la liqueur massive qui prend le pas sur l'acidité.
L'ensemble déroule un côté roboratif et large qui manque un peu d'élégance à mon palais, sur des goûts d'abricots secs et de safran.
Finale très puissante, sur une belle amertume mais d une concentration qui doit se détendre et marquée par une charge alcoolique un peu déséquilibrée.
A attendre car en l'état, c'est bien trop jeune !

Millésime 2005
    CONDITIONS METEO
    L’année météo se caractérise par une extrême sécheresse : avec 487 mm de pluie entre novembre 2004 et octobre 2005, le déficit (plus de 40%) atteint des records (deux mois seulement sur douze atteignent la moyenne).
    2005 se classe au 2ème rang des années les plus sèches depuis 1897 (derrière 1906 et juste devant 1989, grandes réussites à Yquem).
    Les températures, comme souvent depuis 20 ans, sont très supérieures aux normales et sur la période juin-octobre, 2005 est la 5ème année la plus chaude en 110 ans (derrière 2003, 1949, 1921 ou encore 1899 et devant 1906 ou 1947, années synonymes de très grands millésimes).
    Ces excellentes conditions notamment en juin favorisent une floraison particulièrement homogène d’un bon niveau quantitatif mais sans excès.
    La répartition naturelle des grappes sur les ceps est idéale, sans aucun entassement et ne nécessite aucune intervention en vert.
    Les chaleurs du début de l’été deviennent plus mesurées en août et évitent un trop grand stress hydrique tout en préservant le potentiel précieux d’acidité.
    VENDANGES
    Après une première semaine de septembre chaude et sèche, 30 mm de pluie tiède entre le 8 et le 12 laissent augurer un déclenchement explosif de Botrytis.
    Heureusement une phase très fraîche (7° le matin pendant une semaine) et très ventée vient alors tempérer la contamination évitant dans le même temps toute déviation sanitaire de l’état des raisins.
    Les 19 et 20 septembre, les vendanges débutent sur quelques baies déjà concentrées en particulier dans les sauvignons.
    Cette première trie très rapide (100 ha en deux jours) permet de laisser sur pied une vendange parfaitement saine et donne au Botrytis cinerea le temps d’envahir idéalement le vignoble.
    Du 26 au 30 avec la remontée des températures, nous entamons une 2ème trie qui devient conséquente dans les terroirs de graves précoces et dans les sauvignons.
    Les conditions météo optimales perdurent et le 3ème passage s’enchaîne déjà entre le 3 et le 5 octobre où nous achevons pratiquement la récolte de ces parcelles.
    Une pause jusqu’au 8 octobre permet aux grands terroirs argileux plus tardifs des pentes Nord et Est de parfaire leur évolution.
    La 4ème trie est alors déclenchée du 8 au 12 octobre dans le coeur de la propriété, les jus obtenus sur ces parcelles de sémillons offrent une rare et grande pureté aromatique.
    Les quelques pluies des 12 et 13 octobre permettent de relancer idéalement le champignon sur le reste de la récolte. Les températures devenant presque estivales (25° l’après midi et plus de 15 ° la nuit). La concentration est très rapide et les vendanges continuent de s’enchaîner : 5ème trie du 17 au 20 , 6ème et finale du 24 au 28 octobre.
    Château d’Yquem 2005 2/4 07/07/2014
    VINIFICATION
    A l’instar de leur grande diversité aromatique, les moûts rentrés tout au long de ces vendanges vont présenter des fermentescibles très variables entraînant une grande complexité des types de fermentation dont la parfaite maîtrise, grâce au savoir faire humain, est souvent l’apanage des grandes réussites.
    BILAN
    L’analyse des paramètres qualitatifs oenologiques et climatologiques, ainsi que leur comparaison aux grands millésimes du passé, nous confirment que nous tenons là une année exceptionnelle.
Château d'Yquem 2005
Degré alcool: 13,5° – Sucres résiduels : 141 g/L – AT : 3,6 g / L H2SO4


Robe doré d'un léger grisé.
Nez sur des notes légères de caramel, de miel mille-fleurs enrobé d'un léger safrané.
Belle bouche ample à la richesse certaine mais bien contenue par une acidité mobile encore un peu masquée par cette matière large.
L'ensemble est un peu statique encore mais la trame est réussie, étirée par des amers agréables qui rafraichissent une finale agréable, quoique assez discrète de goûts.
Un beau vin qui semble entré dans une phase intermédiaire.
A attendre.



Une autre grande personnalité du monde des vins liquoreux, Marie Thérèse Chappaz


Millésime 2004
    La véritable pourriture noble s’installe à partir du 10 septembre à la faveur d’une pluie chaude. Du 20 au 23 une trie très riche est effectuée au prix d’un nettoyage sévère des baies attaquées par le Botrytis d’août.
    Les vendanges reprennent, sous la chaleur et la sécheresse du 27/9 au 7/10, par une deuxième et une troisième trie enchaînées où nous réussissons à obtenir 20°d’alcool potentiel dans des sémillons très purs n’ayant jamais souffert.
    A partir du 8 octobre, le passage des résidus d’un cyclone interrompt les vendanges, mais ces pluies relancent aussi le champignon.
    Une troisième phase redémarre le 18 avec de superbes conditions météo qui concentrent rapidement, la quatrième et la cinquième trie offrant au 2004 le gras et l’onctuosité indispensables aux grands Sauternes.
    Du 2 au 4 novembre, les vendanges s’achèvent en un ultime passage.
    Dans le chai, les moûts rentrés tout au long de ces vendanges étalées, offrent un bon équilibre sucres/acidité avec de jolies saveurs de fruits mûrs parfaitement nets. Les fermentations alcooliques, exclusivement réalisées avec les levures naturelles, se déroulent dans les meilleures conditions.
    Dès le début de l’élevage ce millésime se présente très bien, très expressif, soyeux en bouche et d’un volume prometteur. Avec une balance exemplaire de 14 %Vol d’alcool pour 129 g/L de sucres résiduels, et une acidité marquée de 4.35 g/LH2SO4, le potentiel de garde de ce millésime est assurément très grand.
    BILAN
    Avec six tries étalées sur sept semaines et vingt cinq jours de labeur, 2004 est une vendange complexe mais complète car toute la palette des terroirs d’Yquem est présente dans l’ensemble.
    Les tries méticuleuses à la vigne ont été poursuivies par une sélection draconienne au chai.
    Les impitoyables dégustations à l’aveugle ont conduit (finalement) à un rendement élitiste imposé par la nature au 2004 pour satisfaire aux critères qualitatifs de l’Yquem.
Château d'Yquem 2004
Degré alcool: 13,7° – Sucres résiduels : 129,4 g/L – AT : 4,3 g / L H2SO4


Robe sur un doré net.
Nez entre deux âges, avec un petit côté pointu et frais, sur les agrumes (citron confit, kumquat), le miel d'acacia enrobés de fines notes camphrées.
Bouche tonique grâce à une acidité haute qui mobilise une liqueur à la sucrosité assez légère dans un ensemble à la fois frais, rythmé et doté d'une certaine allonge.
Finale assez longue, salivante, sur des goûts agréables d'agrumes confits.
Joli vin frais et long.
***

Bon, c'est pas tout ça mais les nourritures spirituelles, tout le monde le sait, ça creuse !
Ca tombe bien, le déjeuner s'annonce... :woohoo:

A suivre.

Oliv
#52
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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Fini les gros seins mous et flasques (expression ô combien imagée que j'emprunte à Claudius)

Un des grands moments de l'histoire de LPV, en effet ! :D (tu)

lapassionduvin.com/f...
#53

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LADIDE78 a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Sympa comme atelier , merci Oliv

didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
#54

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

En lien avec le séminaire sur Vivino et le Big Data, illustration de ce que le traitement de données permet de produire;

winegourd.blogspot.fr/
#55

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ols a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

Tout leur est bon ...
Big Cata !
#56

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oliv a répondu au sujet : Au cœur du Villa d'Este Wine Symposium 2016

L'édition 2016 du Villa d'Este Wine Symposium 2016 vue par Neil Beckett.

Fichier attaché :

Nom du fichier : VDEWS Beckett 16.pdf
Taille du ficher :925 ko

www.worldoffinewine....
#57
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