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Dégustation de vins d’Alsace - Millésime 1986

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éricH a créé le sujet : Dégustation de vins d’Alsace - Millésime 1986

CR:Dégustation de vins d’Alsace - Millésime 1986

Dans le cadre de la foire aux vins de Colmar, j’ai participé à un atelier de dégustation de millésimes anciens organisé par la Confrérie Saint-Etienne : « Diversité du vignoble alsacien : richesse et variété des cépages ».
La dégustation était animée par des membres émérites de la confrérie (en tenue de ville).
A l’exception d’un pinot noir, tous les vins proposés étaient du millésime 1986. A priori, c’était plutôt un millésime compliqué. Quelques infos ici :
www.vinsalsace.com/f...
Toutes les bouteilles provenaient de l’œnothèque de la confrérie, elles ont donc bénéficié d’excellentes conditions de conservation.
Comme d’habitude, mes notes personnelles sont garanties floues (mais sincères). On y va .

Vin 1 :
Robe brique claire, translucide, des reflets orangés.
Nez sur le pruneau, des fruits compotés puis des notes de sous-bois,
La bouche est ronde, on sent du fruit très mûr. C’est fluide tout en gardant une vraie consistance.
Le vin est assez court mais avec une très jolie finale épicée (de la cannelle ?)
A l’aveugle, j’ai tout de suite reconnu un pinot noir.
Domaine A. Wischlen (Westhalten) – Pinot Noir 1985

Vin 2 :
Robe jaune soutenu, des reflets dorés. Le vin marque le verre.
Le nez est floral, puis part sur des agrumes.
En bouche, il y a une belle matière avec du gras et une « minéralité » très marquée.
Belle longueur. Un vin porté par une acidité traçante.
La vache, c’est bon !
Domaine Jean Huttard (Zellenberg) – Sylvaner 1986

Vin 3 :
Robe sur un jaune plus clair, des reflets sur le vert.
Nez qui s’ouvre sur des fruits blancs, pointe herbacée (du foin ?)
En bouche le vin est rond, enrobé. Une acidité, plus modéré que sur le sylvaner, apporte de la fraicheur.
Longueur moyenne finement épicée.
Domaine Robert Dietrich (Wettolsheim) – Pinot Blanc 1986

Vin 4 :
Robe jaune soutenu, brillante.
Le nez est floral, puis part sur des senteurs mentholées.
En bouche, le fruit est couvert par cette sensation mentholée qui apporte de la vivacité.
Le vin a une superbe présence en bouche, avec une nouvelle fois une acidité bien marquée.

Domaine du Bouxhof (Mittelwihr) – Muscat 1986

Vin 5 :
Robe jaune soutenu tirant vers le jaune paille.
Le nez est floral (fleur de sureau ?), fin et intense. Le vin sent vraiment la fleur sans exubérance.
En bouche, on a une sensation d’agrumes très marquée, surtout du citron (quelqu’un a ajouté du pulco ?).
J’ai l’habitude des agrumes au nez mais là c'est vraiment marqué. Le vin est structuré par l’acidité (toujours). Un équilibre tendu.
Finale sur… les agrumes.
A ce moment de la dégustation, je commence à me demander s’il me reste du gaviscon à la maison.

Cave de Kientzheim-Kayserberg – Riesling 1986

Vin 6 :
Robe dorée qui marque le verre.
Nez sur le miel, des fruits secs, des épices.
La bouche est riche presque onctueuse, sur les fruits confits. Belle présence en bouche mais le vin manque un peu de peps (c’est peut-être l’effet séquence).
De la persistance. J’imagine qu’il devait y avoir pas mal de sucres au départ.

Domaine Willy Gisselbrecht (Dambach-la-Ville) – Tokay Pinot Gris 1986

Vin 7 :
Robe dorée.
Nez très aromatique, exotique, des agrumes (bergamote ?)
La bouche est riche sur des épices douces. Le vin est large mais les sucres sont digérés, je dirais « patinés ». Bel équilibre.
Jolie longueur sur une amertume fine.
Domaine Aimé Stentz (Wettolsheim) – Gewurztraminer 1986

Vin 8 :
Robe jaune brillante.
Nez d’abord discret, puis des notes d’herbe coupée, un peu de menthe, des épices douces.
La bouche est ample, un fruité discret (plutôt fruits jaunes) porté par une acidité fine.
Grande longueur. Un vin délicat et élégant.
Vous me livrerez un carton pour ma cave. Merci.

Domaine Paul Ginglinger (Eguisheim) – Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg 1986


Une dégustation très intéressante. Tous les vins étaient bons, parfois très bons. Des coups de cœur pour le très beau sylvaner et pour les deux gewurztraminers plein d’élégance. Ce qui me surprend c’est que mis à part le grand cru de Ginglinger, tous les autres vins étaient des cuvées classiques, génériques, qui n’étaient pas destinées à vieillir 33 ans. Elles avaient été sélectionnées pour leurs qualités et très bien conservées. Mais tout de même ! Qui aurait parié sur un sylvaner de 1986 ?
Le riesling, je lui aurais donné 10 ans, au plus… D’une manière générale, j’ai été surpris par la fraicheur et la vivacité de la plupart des vins. Quand je relis mes commentaires, certains pourraient correspondre à des vins beaucoup plus jeunes. Cependant, les vins étaient aussi marqués par une « patine » sensorielle que j’ai beaucoup de mal à décrire. Je crois qu’un seul vin présentait une vague note d’oxydation (tellement vague que je ne l’ai même pas notée et que je ne saurais plus dire quel vin était concerné !) J’imagine que ces vins étaient bien protégés...
Quasiment tous les vins étaient portés par une acidité marquée. L’un des intervenants a d’ailleurs souligné l’importance de cette acidité pour le vieillissement (la question avait déjà été débattue ici) et a avoué qu’avec le réchauffement climatique, de tels profils commençaient à être difficile à obtenir. J’écris « acidité » dans un sens générique qui englobe probablement différentes réalités chimiques.

Au final, c’était une expérience enrichissante (limite audouzienne) que je n’hésiterais pas renouveler si l’occasion se présente.
Cordialement,
Eric
#1
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