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Le Classement de 1855 revisité en 2017 : Quels changements?

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Le Classement de 1855 des Grands Crus Classés du Médoc, revisité en 2017 : Quels Changements ?


1. L’Histoire du Classement des Crus Classés du Médoc, en 1855
1.1. La vie en 1855
1.2. La genèse du classement
1.3. Le classement officiel de 1855
2. La construction d’une hiérarchie nouvelle : méthodologie d’enquête
2.1. Domaines explorés
2.2. Les millésimes retenus
2.3. Les notations retenues
2.4. Les prix relevés
2.5. Les tests statistiques
3. Les résultats
3.1. Les Millésimes
3.2. Les Appellations
3.3. Des modifications apportées au classement de 1855
3.4. Une nouvelle hiérarchie : Promotions et rétrogradations
3.5. Un rapprochement vers le nord et la Gironde
4. Conclusion

Figure 1: Tableau de Carl Laubin représentant les différents châteaux classés du Médoc en 1855, bordés par la Gironde, disposés en fonction de leur rang hiérarchique, du plus important en haut au moins important en bas. On remarquera l’escalier permettant à Mouton Rothschild de gravir le dernier palier. Le logo symbole des Cru Classés du Médoc surmonte ce dessin.


1. L’Histoire du Classement des Crus Classés du Médoc, en 1855

1.1. La vie en 1855

1855. Un nombre. Il n’est ni d’or, ni magique, ni mystique. Il est cependant historique, en particulier pour les amateurs de vins. A fortiori ceux des grands vins de Bordeaux. A cette époque, la France sortait d’une grande épidémie de Choléra, dont un des facteurs favorisants était l’insalubrité (la poubelle n’était pas encore inventée), en particulier de l’eau. Sous l’impulsion du préfet Haussmann, l’idée de créer un réseau d’égouts et d’eau courante est lancée à Paris. La fée électricité ou le téléphone n’équipaient pas encore les chaumières, la Tour Eiffel [1] ne dominait pas encore Paris, le chemin de fer avait tout juste 30 ans (1ère ligne de chemin de fer entre Saint Etienne et Andrézieux, en 1827 )[2], les grandes gares Parisiennes n’avaient pas encore atteint l’âge de l’adolescence et, bien entendu, le métro n’était pas créé. D’un point de vue culturel, Victor Hugo avait écrit Notre Dame de Paris en 1831, Dumas Les Trois Mousquetaires en 1844, et Jules Verne n’avait toujours rien publié [1], Pablo Picasso n’était pas né, Vincent Van Gogh avait 2 ans, Edgar Degas, Edouard Manet, Claude Monet ou Pierre-Auguste Renoir avaient tous entre 15 et 22 ans [3].
Mais alors, comment cette année-là, 1855, put elle engendrer ce qui fut une révolution et reste encore de nos jours un symbole du classicisme et de la grandeur de la France, une marque, un fleuron de la gastronomie, du bon goût et du grand vin ? A ce moment-là, Napoléon III est au pouvoir, et vient de créer le second empire quelques années plus tôt. La France sort d’une période trouble et agitée sur son territoire, et est engagée militairement en Crimée. Cependant, malgré ces tourments, il fait organiser la seconde exposition universelle, par l’intermédiaire d’un décret impérial paru en 1853. Celle-ci est la seconde du genre, après celle de Londres ayant eu lieu en 1851, et dont le but est moins de développer la collaboration économique internationale que de rassembler les produits faisant la fierté de la France, tant en termes agro-alimentaires et industriels qu’artistiques. C’est donc ainsi que se déroule cette exposition au Palais de l’Industrie, créé pour l’occasion (et en partie détruit en 1896 pour la seconde exposition universelle, afin de créer l’avenue Winston Churchill dans le prolongement du pont Alexandre III, ce qui aboutira à la naissance du Petit et du Grand Palais), du 15 mai (inauguration) au 09 novembre [1].


1.2. La genèse du classement

Pour ce faire, et afin d’étaler à la face du monde la grandeur des vins français, en particulier ceux du bordelais déjà largement connus à l’export, Napoléon III demanda aux courtiers de la place bordelaise (par l’intermédiaire de Lodi-Martin Duffour-Dubergier, président de la chambre de commerce et ex-maire de Bordeaux) de lui faire parvenir un classement recensant les meilleurs crus girondins, tant en rouge qu’en blanc [4]. Ainsi, une lettre datant du 06 avril 1855 est émise en ce sens par la chambre du commerce. Les courtiers établirent alors un classement sur la base des prix et de la réputation des domaines sur plus d’un siècle, en partant du postulat qu’une corrélation entre tarif et qualité existait comme en témoigne cet extrait de la lettre des Syndics des courtiers de commerce destiné aux membres de la chambre de commerce de Bordeaux, datée du 18 avril 1855 :
« […]nous pensons qu'en supposant que les 1ers crus valassent 3 000 francs, les Deuxièmes devraient être cotés : 2 500 à 2 700 ; Troisièmes 2 100 à 2 400 ; Quatrièmes 1 800 à 2 100 ; Cinquièmes 1 400 à 1 600.
Nous sommes avec respect, Messieurs, vos bien dévoués serviteurs»
[5]. .Ces tarifs s’entendaient pour une pièce de 900 Litres, et non pour une barrique bordelaise de 225 Litres. C’est donc sur ces bases que furent créés les classements de 1855, publiés le 18 avril :
• Un concernant les vins blancs uniquement liquoreux, issus du sauternais et de Barsac, sur une hiérarchie à 3 niveaux. Ils ne font pas l’objet de ce travail.
• Un autre concernant les vins rouges uniquement, en 5 strates, et dont les domaines étaient quasiment tous situés sur la péninsule médocaine, le Château Haut Brion dans la région des Graves (en appellation Pessac Léognan depuis 1987) faisant figure d’exception.
Ils perdurent tous deux toujours à l’heure actuelle et font encore référence. Toutefois, les courtiers avaient pris soin de noter que son établissement « avait été chose délicate » et qu’il pourrait « éveiller des susceptibilités ». Ainsi, ils pressentaient que des évolutions à posteriori pourraient être compliquées. Effectivement, depuis leur parution, seulement 2 modifications ont eu lieu :
• La première concerne le Château Cantemerle. Initialement absent de ce classement, les courtiers n’avaient pas tenus compte de ces prix de vente car le domaine vendait essentiellement en direct et à l’export (Pays Bas notamment), en shuntant la place de Bordeaux. La propriétaire de l’époque, Caroline de Villeneuve-Durfort en fit la demande, et celle-ci fut acceptée par le syndicat des Courtiers. Son ajout à la liste antérieure se fit donc le 16 septembre 1855, en léger décalé donc, au rang de 5ème Cru Classé.
• La seconde, beaucoup plus célèbre et avec un impact plus fort concerne le Château Mouton Rothschild. Après plusieurs tentatives de demandes de promotion de second à premier cru classé par le propriétaire du Château, Philippe de Rothschild (et freinées par les propriétaires d’autres crus classés prestigieux), cette requête aboutit finalement le 21 juin 1973, par décision du ministre de l’agriculture Jacques Chirac [1]. Le Château en profita pour changer sa maxime, passant de « Premier ne puis, second ne daigne, Mouton suis » à « Premier je suis, second je fus, Mouton ne change » [6].


1.3. Le classement officiel de 1855

Au total, à ce jour, le Classement de 1855 des Crus Classés du Médoc comprend 61 Châteaux, répartis territorialement sur 6 appellations :
Saint Estèphe : Cinq.
Pauillac : Dix- Huit.
Saint Julien : Onze.
Margaux : Vingt et un, il s'agit de l’appellation la plus représentée.
Haut Médoc : Cinq.
Pessac Léognan : Un.
Il est à souligner que les appellations n’existaient pas en tant que telle à l’époque, les premières étant créées plus de 80 ans plus tard.
Concernant le classement en lui-même, toujours en vigueur à l’heure actuelle, il est établi de la façon suivante :

Premiers Crus Classés, 5 châteaux:
Pessac Léognan : Château Haut Brion (HB)
Margaux : Château Margaux (Mx)
Pauillac : Château Latour (La), Château Lafite Rothschild (LR), Château Mouton Rothschild (MR), promu en juin 1973

Seconds Crus Classés, 14 châteaux:
Margaux : Château Brane Cantenac (BC), Château Durfort Vivens (DV), Château Lascombes (Lc), Château Rauzan Gassies (RG), Château Rauzan Ségla (RS)
Saint Julien : Château Ducru Beaucaillou (DB),Château Gruaud Larose (GrL), Château Léoville Barton (LB), Château Léoville Las Cases (LLC), Château LéovillePoyferré (LP)
Pauillac : Château Pichon Longueville Baron (PLB), Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande (PLC)
Saint Estèphe : Château Cos d’Estournel (CE), Château Montrose (Mo)

Troisièmes Crus Classés, 14 châteaux :
Haut Médoc : Château La Lagune (LLg)
Margaux : Château Boyd Cantenac (ByC), Château Cantenac Brown (CB), Château Desmirail (De), Château d’Issan (Is), Château Ferrière (Fe), Château Giscours (Gi), Château Kirwan (Ki), Château Malescot Saint Exupéry (MSE), Château Marquis d’Alesme (MA), Château Palmer (Pa)
Saint Julien : Château Lagrange (Lg), Château Langoa Barton (LgB)
Saint Estèphe : Château Calon Ségur (CS)

Quatrièmes Crus Classés, 10 châteaux :
Haut Médoc : Château La Tour Carnet (LTC)
Margaux : Château Marquis de Terme (MT), Château Pouget (Po), Château Prieuré Lichine (PrL)
Saint Julien : Château Beychevelle (By), Château BranaireDucru (BD), Château Saint Pierre (SP), Château Talbot (Ta)
Pauillac : Château Duhart Milon (DM)
Saint Estèphe : Château Lafon Rochet (LfR)

Cinquièmes Crus Classés, 18 châteaux :
Haut Médoc : Château Belgrave (Be), Château Camensac (Cm), Château Cantemerle (Ct), promu en septembre 1855
Margaux : Château Dauzac (Da), Château du Tertre (Te)
Pauillac : Château d’Armailhac (Ar), Château Batailley (Ba), Château Clerc Milon (CM), Château CroizetBages (CzB), Château Grand Puy Ducasse (GPD), Château Grand Puy Lacoste (GPL), Château Haut Bages Libéral (HBL), Château Haut Batailley (HBy), Château Lynch Bages (LyB), Château Lynch Moussas (LM), Château Pédesclaux (Pe), Château Pontet Canet (PC)
Saint Estèphe : Château Cos Labory (CL)

Figure 2: Représentation du classement des Crus Classés du médoc, en fonction du rang hiérarchique.


2. La construction d’une hiérarchie nouvelle : méthodologie d’enquête

Cette photographie et hiérarchie du vignoble médocain date d’il y a plus de 150 ans maintenant. Or, depuis, la vie a clairement évoluée, le monde du vin ne faisant pas exception à cette règle. Alors, comment un classement érigé il y a un siècle et demi, sans élément tangible de notation, hormis les tarifs en vigueur à l’époque et assujetti à un certain nombre de biais, pourrait-il encore refléter la réalité ? On l’a vu, sa remise en question a été marginale et très difficile à obtenir, et reste toujours un exercice soumis à interprétation [7]. On sait également par expérience que refaire un classement sans contestation est extrêmement délicat. D’ailleurs, celui des Saint Emilion Grand Cru, revu tous les 10 ans a parfois été source de polémiques (2006 [8], 2012 [9]), nécessitant l’intervention de la justice. Ainsi, l’objet de ce travail sera donc de revoir ce classement de la façon la plus rigoureuse et objective possible, puis d’établir une nouvelle hiérarchie qui reflétera la qualité des vins à l’heure actuelle. Pour y parvenir, nous aurons été amené à effectuer différents choix, parfois de façon arbitraire évidemment, mais en essayant systématiquement d’être le plus cohérent possible vis-à-vis de l’esprit de ce travail. Nous n'avons aucun conflit d'intérêt à signaler, que se soit envers n'importe quel château, critique ou revue spécialisée.


2.1. Domaines explorés

Pour ce faire, nous allons explorer les notations de tous les châteaux initialement classés, sauf le Château Haut Brion (HB). En effet, le choix a été porté de classifier uniquement des vins du Médoc, par conséquent, il n’y avait pas d’unité de lieu avec cette brillante propriété. Ainsi, ces qualités intrinsèques ne sont absolument pas remises en question puisque, sans vouloir dévoiler trop vite le reste de ce travail, ce château aurait figuré à la même position qu’actuellement, recevant en prime les meilleures notes de cet exercice.
En second lieu, pour comparer et éventuellement compléter et étoffer le classement initial, nous avons choisi d’explorer également 12 autres domaines dont la réputation et les notations actuelles permettent de supposer une qualité de production suffisamment régulière et satisfaisante. Les voici :
Haut Médoc : Château Sociando Mallet (SM)
Margaux : Château Siran (Si)
Moulis en Médoc/Listrac Médoc : Château Chasse Spleen (CSp), Château Poujeaux (Pj) / Château Clarke (Ck), Château Fourcas Dupré (FD), Château Fourcas Hosten (FH)
Saint Julien : Château Gloria (Gl)
Saint Estèphe : Château Haut Marbuzet (HM), Château Meyney (My), Château Les Ormes de Pez (OPz), Château Phélan Ségur (PS)
On notera que seule l’appellation Pauillac n’aura pas vu de nouveau challenger. Par ailleurs, une double appellation est étudiée (Moulis/Listrac). Pour avoir une cohorte suffisamment grande, ces deux appellations seront regroupées en une seule entité. En effet, la surface cultivée cumulée de celles-ci (1265 ha) est à peu près égale à celle de l’appellation Pauillac (1215 ha) ou Saint Estèphe (1230 ha), et reste inférieure à celle de Margaux (1490 ha). Enfin, un treizième château était initialement prévu : le Château Bel Air Marquis d’Aligre, à Margaux. Toutefois, le faible nombre de notes récupérés (seulement 2,3%) aura eu raison de sa participation à cette étude.

Figure 3: Appellations et Châteaux retenus pour cette étude, en aspect « Carte de Métro ».


2.2. Les millésimes retenus

Chaque domaine aura été étudié sur les 20 derniers millésimes, soit de 1997 à 2016. Cette période permettra de couvrir un espace-temps suffisamment conséquent, représentant une génération environ. Elle permet également d’englober des millésimes de faible renommée (1997, 2002…), des millésimes qualifiés d’excellents (2005, 2009, 2010, 2015..) et des millésimes plus classiques (2004, 2008,2012…).


2.3. Les notations retenues

Sur ces 20 millésimes, il aura été collecté les notes de 13 dégustateurs ou revues faisant référence dans le monde du vin. Toutes les notes auront été converties sur 100. Nous pouvions donc obtenir au maximum 13 notes sur 100 par millésime, soit 260 notes théoriques par château au maximum. Ces différentes notes auront été récupérées sur 3 sites internet différents:
Idealwine
Wine-searcher
Winedecider

Concernant les 13 critiques du vin [1][11], il aura été retenu des dégustateurs et revues françaises, européennes, asiatiques, et américaines, de façon à gommer le plus possible les goûts parfois différents d’une culture à l’autre.
Revue du Vin de France : Il s’agit d’un magazine français, dont la périodicité est mensuelle, avec un tirage à environ 45000 exemplaires. Créée en 1927, elle est probablement la revue française la plus importante et celle à la plus grande notoriété dans le monde du vin français. Elle édite également un guide chaque année. Notation sur 20.
Bettane + Desseauve : Il s’agit de deux critiques français du vin, et anciens rédacteurs en chef de la Revue du Vin de France. Bettane est agrégé de lettres classiques, Desseauve a été ancien président de l’association des écrivains et des journalistes. Ils ont créé un site internet, un magazine (En Magnum), publient un guide chaque année et sont organisateurs du salon « Le Grand Tasting ». Notation sur 20.
Gault & Millau Vins : Fondé par Henri Gault et Christian Millau en 1972, ce guide français était originellement axé sur l’hôtellerie-restauration. Au fil du temps, des évaluations sur les vins ont été incluses. Notation sur 20.
Jean Marc Quarin : Critique français du vin ayant étudié l’oenologie, il est basé dans le médoc, et est spécialiste des vins de Bordeaux. Notation sur 100.
Jancis Robinson : Critique et journaliste britannique, elle fut la première Master of Wine non impliquée dans le commerce du vin. Elle est auteur ou coauteur d’ouvrages majeurs, tels l’Atlas Mondial du Vin (avec Hugh Johnson) et une des spécialistes de l’ampélographie. Elle est conseillère de la cave de la Reine Elizabeth II, après avoir conseillé la compagnie aérienne British Airways. Elle publie également dans le Financial Times en plus de son site internet. Elle est admise à l’Ordre de l’Empire Britannique. Une Grande Dame du vin. Notation sur 20.
Vinum Magazine : Magazine européen basé en Suisse, avec une équipe de rédacteurs indépendants de plusieurs nationalités. Il est publié à plus de 40000 exemplaires et tiré 10 fois par an. Notation sur 20.
Jeannie Cho Lee : Critique et écrivain sud-coréenne, elle est devenue la première Master of Wine asiatique. Elle a collaboré pour plusieurs revues viniques. Elle est actuellement Professeur à l’Université Polytechnique de Hong Kong. Notation sur 100.
James Suckling : Critique américain de vin et de cigares. Il a été un ancien rédacteur en chef du Wine Spectator. Il est un fin connaisseur des vins de Bordeaux, mais également des vins italiens. Notation sur 100.
Antonio Galloni, Vinous : Antonio Galloni est un dégustateur né à Caracas, au Vénézuela. Il a notamment collaboré au WineAdvocate, sous les ordres de Robert Parker, couvrant notamment le Piémont, la Californie, la Bourgogne et la Champagne. Il part du WineAdvocate en 2013, et créé Vinous, un site web, qui compte des abonnés dans 75 pays. Stephen Tanzer et son International WineCellar intègrent Vinous en 2014. Notation sur 100.
Stephen Tanzer, International Wine Cellar : Il s’agit d’un critique américain et auteur de plusieurs livres, il est spécialisé dans les vignobles bordelais et bourguignons, ainsi que ceux de Californie, du Piémont et d’Afrique du Sud. Son bimestriel a été publié pour la première fois en 1985. Il a fusionné avec Antonio Galloni (Vinous) en 2014. Sa critique respectable est plutôt qualifiée de prudente. Notation sur 100.
Robert Parker, Wine Advocate : Il s’agit d’une publication bi-mensuelle, créée par Robert Parker, avocat de formation, en 1978. Lui et son journal sont rapidement devenus une des références incontournables de la notation des vins, avec un impact colossal sur le vignoble bordelais. Parker s’est retiré désormais depuis quelques années, conservant seulement une activité mineure. D’autres dégustateurs tels Neal Martin ou Jeb Dunnuck ont pris le relai. Notation sur 100.
Wine Enthusiast : Il s’agit d’un magazine américain créé en 1988. Il est édité 14 fois par an. Il dispose d’un site internet d’accompagnement : winemag.com. Il s’agit d’une branche de Wineenthusiast compagnies qui s’occupe également d’alimentation, de spiritueux et de voyages. Notation sur 100.
Wine Spectator : Il s’agit d’un magazine de vin américain, créé en 1976, proposant 15 numéros par an. James Suckling a été directeur en chef du bureau européen de 1981 à 2010. Notation sur 100.

Figure 4: Références utilisées comme base de travail


2.4. Les prix relevés

Différents prix apparaitront dans ce travail, et sont exprimés en Euros. Par facilité, ils sont tous corrigés au taux de TVA de 20% et ce, quel que soit le millésime étudié.
Les prix d’achat primeur ont été relevés sur Idealwine et/ou Châteauprimeur.
La correction de l’inflation s’est effectuée grâce au calculateur France-inflation, en prenant en compte le tarif au 01 janvier de l’année étudié, corrigé au mois de Juillet 2017. Elle s’établit à 31,10% de 1997 à 2017.
Les cotes ont été consultées sur le site Idealwine.


2.5. Les tests statistiques

Pour réaliser ce travail, il nous aura fallu calculer différentes moyennes. A la suite de cela, nous aurons calculé les écart-types et les intervalles de confiance à 95% (IC95) inhérents à ces moyennes.
La normalité des lois pour les différentes séries aura été vérifiée par un test de Shapiro-Wilk.
Les tests de significativité auront été effectué avec le test T de Student, avec un seuil fixé à 5% (p<0,05)

Au total, ce travail aura donc été fait avec une méthodologie inversée par rapport au classement originel. En effet, dans celui de 1855, le principal critère de classement était le prix de vente, qui était censé être un reflet de la qualité du vin. Ici, nous nous serons basés sur des notes émises par des dégustateurs, et pondérées afin d’obtenir un indice sur 100. Les prix sont une variable secondaire dans ce travail.


3. Les résultats

3.1. Les Millésimes

Figure 5: Notes moyennes et tarifs primeurs sur 20 ans, de 1997 à 2016


En premier lieu, on voit que les tarifs moyens suivent globalement la même courbe que les notes moyennes (traits rouges). Les écarts-types de notation ont tendance à être plus serrés depuis 2010.
Le profil tarifaire global sur ces 20 ans montre plusieurs phénomènes. Tout d'abord, une partie relativement stable entre 1999 et 2008, entrecoupée de deux pics: un assez modéré pour le millésime 2000, puis un second plus marqué sur le millésime 2005, suivi d'une baisse des prix continue jusqu'en 2008, pour revenir au niveau des millésimes antérieurs à 2005. La seconde partie concerne le couple 2009-2010, marqué par une qualité moyenne très élevée sur ces 2 millésimes, ce qui aura provoqué une explosion tarifaire, amplifiée par une demande internationale extrêmement forte. Enfin, on voit en troisième lieu, depuis 2010 à nos jours, un profil que l'on peut qualifier "en cuvette", marqué d'abord par une baisse tarifaire liéé aux qualités intrinsèques des millésimes. Ensuite, il se stabilise à un niveau plancher relativement haut, supérieur à celui de 2008, avant de réamorcer une hausse constante et régulière (mais moins brutale que pour le millésime 2009), accompagnant l'ascension qualitative des 3 derniers millésimes, pour atteindre désormais un niveau tarifaire se situant entre 2005 et 2009.
On s’aperçoit également que l’oscillation tarifaire devient de plus en plus importante à partir du millésime 2005. De même, on remarque l’importance du poids des prix des 1ers Grands Crus Classés sur la moyenne (delta de 48 à + de 110%), en particulier sur les grands millésimes (2005, 2009, 2010, 2015, 2016). Ce delta est de 50 à 70% sur des millésimes de moyenne renommée (2013, 2011, 2008, 2007,2006), ce qui montre que les premiers ont probablement été proposés à un tarif trop élevé par rapport à la qualité des millésimes en question.
On remarque également que 2016 semble être le meilleur millésime étudié sur cette période de 20 ans (91,32 de moyenne), avec un écart-type très serré (3,08 ; le deuxième plus faible sur 20 ans), ce qui met en évidence une certaine homogénéité des notations. Il est proposé à un prix à peu près équivalent à celui de 2009 (hors 1ers GCC).
Par ailleurs, des 3 autres millésimes dépassant 89 de moyenne (89,08 pour 2009 ; 89,30 pour 2010 et 89,45 pour 2015), on s’aperçoit que le plus récent est proposé 15 à 35% moins cher en moyenne que ces ainés.
On voit également que 2014 propose une qualité sensiblement égale à celle notée en 2005, avec cependant des tarifs inférieurs de 20% environ, différence identique en faveur de 2012 versus 2011 pour des notes moyennes similaires (86,17 pour 2011 ; 86,27 pour 2012).
Inversement, on voit également que 2013 a été proposé 30% plus cher que 2004, à notation équivalente, tout comme 2012 versus 2008, ou encore 2011 proposé 60% plus cher que 2008, en moyenne.
En conclusion, on voit que le niveau moyen des notations a globalement eu tendance à monter plus fortement sur la deuxième décennie par rapport à la première. On voit également qu’il y a eu deux pics tarifaires majeurs correspondant aux millésimes 2005 et au couple 2009-2010. On perçoit également que la tendance actuelle est de proposer des prix de sortie pour les grands millésimes s’approchant de 2009 et s’écrêtant pour l’instant à ce niveau. Par contre, on voit que les millésimes moins renommés sont maintenant vendus nettement plus chers que les millésimes antérieurs à 2005, avec une décroissance trop faible entre les grands ou très bons millésimes, créant un effet d’épuisement chez l’acheteur. On en concluera que les millésimes 2006 et 2007, ainsi que les millésimes 2011-2012 et 2013 ont probablement été vendus trop chers, avec des inadéquations entre les tarifs de sortie proposé et les notations obtenues. Ainsi, les dernières « bonnes affaires » remontent aux millésimes 2008 et 2001. En effet, nous verrons un peu plus loin avec l'analyse des données château par château, que les cotes sont régulièrement plus élevées que les prix de sortie primeur, y compris corrigés de l'inflation, jusqu'en 2008, phénomène possible grâce aux tarifs de sortie relativement abordables d'une part. D'autre part, les millésimes de plus de 10 ans commencent à entrer pour certains d'entre eux dans une phase de maturité, ce qui explique un engouement plus important pour eux. Ainsi, depuis l'inflation subie à partir de 2009, toute cotation supérieure au prix de sortie n'est pratiquement plus possible, de par la jeunesse des vins qui les rendent pour l'instant moins intéressants à l'achat en seconde main, et par les prix de sortie parfois prohibitifs.
L’ensemble de ces données explique sans doute pour partie le « bordeaux bashing » et le détournement des amateurs des Crus Classés du Médoc, payant cher les grands millésimes, et n’ayant plus de période creuse pour acheter à bon prix.

Figure 6: Notation des millésimes


L’étude de ces 20 dernières années aura permis de les classifier en 5 catégories différentes. Ainsi, on retrouve :
• 4 millésimes que l’on qualifiera comme « Faible » (1997, 1999, 2002 et 2007), avec une moyenne de 83,3.
• 6 millésimes « Moyen » (1998, 2001, 2003, 2004, 2006, 2013), avec une moyenne de 85,1.
• 3 millésimes « Bons » (2008, 2011 et 2012), avec une moyenne de 86,2.
• 3 « Très Bons » millésimes (2000, 2005 et 2014), avec une moyenne de 87,7.
• 4 « Excellents » millésimes (2009, 2010, 2015 et 2016), avec une moyenne de 89,8.
Par ailleurs, on s’aperçoit que les écart-types sont relativement proches et la plupart compris entre 3 et 4 pour la deuxième décennie (avec un minimum à 2,82 pour le millésime 2013) et entre 4 et 4,7 pour la première décennie. Ainsi, chaque groupe est significativement différent des autres, ce qui montre une certaine cohérence d’ensemble. Bien entendu, il s’agit d’une approche statistique et dépassionnée, s’appuyant sur les moyennes de tous les châteaux, gommant ainsi les particularités individuelles. On pourrait effectivement penser que 2011 et 2000 ont peut-être été surclassé, à l’inverse de 2005, par exemple.

Figure 7: Répartition tarifaire selon la notation des millésimes


L’approche tarifaire par groupe de millésimes permet de mettre en lumière le fait que les « Très Bons » et « Excellents » millésimes sont vendus cher, avec respectivement un prix moyen supérieur à 50 et 70 euros, mais avec un écart suffisamment important entre eux permettant de faire le distingo (p=0,0331). Dans ce premier groupe, on s’aperçoit que malgré le haut niveau de prix affiché, l’ensemble parait relativement homogène, avec un plafond atteint par le millésime 2010, jamais ré atteint depuis.
On remarque ensuite, dans le second groupe, que le millésime 2005 a été présenté à un niveau tarifaire supérieur au millésime 2014, ce qui pourrait lui permettre de se positionner dans le premier groupe.
La différence entre les « Très Bons » et les « Bons » millésimes est, par contre, assez peu marquée (51 euros versus 45, p=0,4394). Ceci sous-entend que les vins ayant été produit lors des Bons millésimes ont été proposé trop cher, avec en particulier 2011, qui dépasse largement la moyenne de son groupe, et dont le prix moyen est même supérieur à ceux de 2000 et 2014, qui figurent pourtant dans le groupe immédiatement supérieur.
On voit également, ensuite, que les groupes « Bon », « Moyen » et « Faible » sont vendus à des tarifs relativement proches, les différences intergroupes n’étant pas significatives (p> 0,05), ce qui montre aussi que les tarifs des vins issus des deux derniers sous-groupes ont été probablement surévalués à leur sortie. Ceci est particulièrement visible pour les millésimes 2011, 2006 et 2013, ainsi que 2007, qui dépassent allègrement les moyennes respectives de leurs groupes. A l’opposé, on voit clairement que les bonnes affaires résident dans les millésimes 1998, 2001, 2008 et dans une moindre mesure, puisque l’on n’est pas sur la même gamme tarifaire, 2014.
Ainsi, on voit que l’exercice de fixation du prix de sortie est un élément déterminant et représente un enjeu majeur pour chaque propriété. A la lecture de ce graphique, on voit clairement que les groupes de millésimes les moins bons sont probablement proposés à des tarifs trop élevés. Ainsi, un meilleur ajustement tarifaire vis-à-vis des caractéristiques de chaque millésime permettrait probablement de réorienter l’amateur désireux d’encaver des Grands Crus Classés sur les châteaux médocains. C’est à l’heure actuelle un enjeu stratégique et économique pour les propriétés bordelaises, que de posséder le bon positionnement tarifaire dès la sortie des primeurs.


3.2. Les Appellations

Figure 8: Notation des appellations, sur 20 ans, de 1997 à 2016


Sur les 20 derniers millésimes, globalement, les appellations communales longeant la Gironde s’en tirent mieux que les appellations plus continentales (Haut Médoc, Moulis/Listrac). On voit d’ailleurs une certaine homogénéité entre Saint Julien, Pauillac et Saint Estèphe, avec une légère domination de la première citée (sans significativité toutefois). On note que Pauillac et Saint Estèphe sont au coude à coude, avec une moyenne quasiment identique (86,92 versus 86,77 ; p=0,8444), la première étant en grande partie tirée vers le haut par l’hébergement de 3 Premiers Grands Crus Classés (écart-type à 5,20, le plus important de la série), contrairement à la seconde qui n’en contient aucun. Ensuite, Margaux est légèrement décrochée, vis-à-vis de Saint Julien (p=0,0028), mais est restée au contact des deux autres, sans dominer non plus outrageusement les châteaux présents en appellation Haut Médoc (p=0,0646). Bien qu’elle représente plus du tiers des châteaux classés en 1855, c’est ainsi une semi-déception de ne pas voir la prestigieuse Margaux se démarquer davantage, d’autant que plus de 75% des représentants issus de cette appellation sont classés dans les 3 premiers rangs.
Enfin, on voit que l’ensemble Moulis/Listrac peine à exister dans ce classement, nettement dominé par toutes les autres, sur ces 20 dernières années. Ainsi, à la lecture rapide de ces résultats, et au risque d’être un peu simpliste, il semblerait que l’adage selon lequel il faudrait que les vignes voit la Gironde pour donner un grand vin dans le médoc, soit en partie justifié.


3.3. Des modifications apportées au classement de 1855

Figure 9: Classement de 1855, revu en 2017, sur la période 1997-2016


Ce graphique, à l’allure croissante de façon exponentielle, représente la position moyenne de chacun des châteaux étudiés, avec leur note moyenne en abscisse et leur prix moyen en ordonnée, couvrant la période de 1997 à 2016, soit 20 millésimes.
Nous avons ainsi, grâce à cela, pu établir un nouveau classement à 5 strates (6 avec les recalés), assez homogène, en particulier concernant les notations. Ce classement s’est fait évidemment sans parti pris, étant simplement basé sur de l’analyse statistique.
On s’aperçoit que le premier groupe (en vert), composé de 5 châteaux (comme pour le classement de 1855), possède des moyennes nettement supérieures à 92. Par ailleurs, on voit que le positionnement tarifaire est assez proche, exception faite de LLC, qui intègre ce rang et qui fait figure de bonne affaire.
Le second groupe, en bleu, est assez resserré, autour de 90,5 de moyenne et comprend 9 châteaux (14 dans l’ancienne hiérarchie). L’éventail tarifaire est, par contre, le plus important de tous les groupes, avec un rapport de 1 à 3,7. LB fait également figure d’excellente affaire, à contrario de Pa dont le positionnement tarifaire cherche clairement à atteindre le premier groupe.
Le troisième groupe, en gris, est le plus mince : seulement 4 représentants (10 de moins que précédemment), groupés en 1 point (de 88,5 à 89,5) avec des tarifs sensiblement identiques sur 20 ans. On peut voir ce groupe comme une articulation entre les deux premiers et les deux suivants. Il est cependant probable que ces 4 châteaux eurent été intégrés au second groupe si nous avions décidé de ne pas suivre le plan du classement originel en 5 strates. On peut donc raisonnablement les considérer comme étant des seconds en puissance plutôt que des figurants d’un troisième groupe, leur niveau moyen étant élevé.
Le quatrième groupe, en jaune, a plus que doublé, passant de 10 représentants en 1855 à 22 désormais. Il est certainement le moins homogène, avec un écart maximal de 2,5 point entre les deux bornes de cette catégorie. Le positionnement tarifaire semble lui, par contre, relativement cohérent, compris peu ou prou, entre 30 et 50 euros.
Le cinquième groupe est assez homogène en termes de note, il reste à 18 représentants. Il présente probablement de bonnes affaires d’un point de vue tarifaire, avec des vins coutant entre vingt et trente euros maximum (hors LLg, Ba et Lc).
Enfin, les non-classés possèdent une note moyenne sur 20 ans inférieure à 84 avec une incohérence tarifaire entre eux, les faisant représenter sur ce graphique en aspect de tir de chevrotine.

Figure 10: Comparaison de l'homogénéité du classement de 1855 dans sa version originale (à gauche) et revisitée en 2017 (à droite)

On s’aperçoit sur le diagramme de gauche que les 3 premières strates paraissent cohérentes, avec une différence significative entre chaque niveau hiérarchique, et une vraie supériorité du groupe des Premiers Grands Crus Classés. Cependant, à partir du 3ème rang, on se rend bien compte, qu’il n’y a plus de différence suffisamment marquante entre chaque groupe (p> 0,05), avec une impression de tassement (moyennes se tenant en 1,5 point pour les 3ème, 4ème et 5ème Crus Classés), ce qui fait perdre une grande partie de l’intérêt de ce classement comme il est proposé à l’heure actuelle. On voit par ailleurs que les écarts-types (hormis dans le groupe des 1ers Grands Crus Classés) sont importants (environ 2,5 point pour chaque groupe), ce qui confirme cette notion d’hétérogénéité et de porosité du classement. Or, l’objectif initial était de voir si la hiérarchie établie en 1855 reflétait toujours la situation actuelle. A la vue de ceci, on peut raisonnablement penser que ce n’est pas le cas, au moins en ce qui concerne la deuxième partie du classement.
Sur le graphe de droite, la donne a clairement changé, avec la présence cette fois d’un diagramme en marche d’escalier. Chaque groupe est très significativement différent des autres (aussi bien inférieur que supérieur), avec des différentiels de moyenne d’environ 2 point à chaque fois, et des écarts-types divisés par 4 environ (excepté pour le groupe des non-classé) par rapport au classement de 1855. Ainsi, la mission de proposer un nouveau classement, fiable et représentatif de ce que peut être la production de l’élite médocaine semble être parfaitement atteinte.


3.4. Une nouvelle hiérarchie : Promotions et rétrogradations

Figure 11: Représentation du classement des Crus Classés du médoc, en fonction du rang hiérarchique, revisité en 2017


A la lumière de cet exercice, une nouvelle hiérarchie apparait. Nous avons pu conserver une stratification en 5 rangs, et nous nous retrouvons avec 57 châteaux classés, contre 61 initialement, ce qui respecte globalement l’architecture du classement de 1855. L’hégémonie margalaise est moins marquée, puisque cette appellation perd 5 châteaux, Pauillac en perd 4, et le Haut Médoc 2. Saint Julien en fait rentrer 1 seul, alors que Saint Estèphe est la grande gagnante, puisqu’elle réussit l’exploit de faire rentrer les 4 domaines qui n’étaient jusqu’alors pas classés. D'ailleurs, ces deux dernières appellations voient l'intégralité de leurs propriétés étudiées intégréées dans ce classement. On voit enfin l’apparition de 2 châteaux du groupement Moulis/Listrac (qui se révèlent être 2 Moulis) au 5ème rang.
On remarque ensuite que trois appellations (Margaux, Saint Julien et Pauillac) inscrivent des châteaux dans chacun des rangs (contre seulement Margaux, en 1855), Saint Estèphe en plaçant dans 4, comme auparavant, mais n’arrivant toujours pas à en inscrire un au premier rang. Par ailleurs, le Haut Médoc est cette fois regroupé sur les 2 rangs inférieurs.
Au total, dans ce classement revisité, nous avons :
57 Châteaux, répartis en 5 rangs
16 en appellation Margaux
14 en appellation Pauillac
12 en appellation Saint Julien
9 en appellation Saint Estèphe
4 en appellation Haut Médoc
2 en appellation Moulis en Médoc

Cette recomposition aura provoqué :
• 11 sorties (auquelles il faut adjoindre HB)
• 8 entrées de nouveaux châteaux
• 17 mouvements à la baisse
• 6 mouvements à la hausse
• 25 châteaux n’ont pas changé de rang.

Il s’établirait désormais de la façon suivante :
Premiers Crus Classés, 5 châteaux :
Margaux : Château Margaux (Mx)
Pauillac : Château Latour(La), Château Lafite Rothschild (LR), Château Mouton Rothschild (MR)
Saint Julien : Château Léoville Las Cases (LLC, +1 rang)

Seconds Crus Classés, 8 châteaux (-6) :
Margaux : Château Palmer (Pa ; +1 rang)
Saint Julien : Château Ducru Beaucaillou (DB), Château Léoville Barton (LB)
Pauillac : Château Pichon Longueville Baron (PLB), Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande (PLC), Château Pontet Canet (PC ; +3 rangs)
Saint Estèphe : Château Cos d’Estournel (CE), Château Montrose (Mo)

Troisièmes Crus Classés, 4 châteaux (-10) :
Margaux : Château Rauzan Ségla (RS ; -1 rang)
Saint Julien : Château Léoville Poyferré (LP ; -1 rang)
Pauillac : Château Lynch Bages (LyB ; +2 rangs)
Saint Estèphe : Château Calon Ségur (CS)

Quatrièmes Crus Classés, 22 châteaux (+12)
Margaux : Château Brane Cantenac (BC ; -2 rangs), Château Cantenac Brown (CB ; -1 rang), Château Giscours (Gi ; -1 rang), Château d’Issan (Is ; -1 rang), Château Kirwan (Ki ; -1 rang), Château Malescot Saint Exupéry (MSE ; -1 rang), Château Prieuré Lichine (PrL)
Saint Julien : Château Branaire Ducru (BD), Château Beychevelle (By), Château Gruaud Larose (GrD ; -2 rangs), Château Lagrange (Lg ; -1 rang), Château Langoa Barton (LgB ; -1 rang), Château Saint Pierre (SP), Château Talbot (Ta)
Pauillac : Château d’Armailhac (Ar ; +1 rang), Château Clerc Milon (CM ; +1 rang), Château Duhart Milon (DM), Château Grand Puy Lacoste (GPL ; +1 rang)
Saint Estèphe : Château Haut Marbuzet (HM ; nouvel entrant), Château Lafon Rochet (LfR), Château Phélan Ségur (PS ; nouvel entrant)
Haut Médoc : Château Sociando Mallet (SM ; nouvel entrant)

Cinquièmes Crus Classés, 18 châteaux :
Margaux : Château Boyd Cantenac (ByD ; -2 rangs), Château Dauzac (Da), Château Durfort Vivens (DV ; -3 rangs), Château Ferrière (-2 rangs), Château Lascombes (Lc ; -3 rangs), Château du Tertre (Te)
Saint Julien : Château Gloria (Gl ; nouvel entrant)
Pauillac : Château Batailley (Ba), Château Haut Batailley (HBy), Château Haut Bages Libéral (HBL)
Saint Estèphe : Château Cos Labory (CL), Château Meyney (My ; nouvel entrant), Château les Ormes de Pez (OPz ; nouvel entrant)
Haut Médoc : Château Cantemerle (Ct), Château La Lagune (LLg ; -2 rangs), Château La Tour Carnet (LTC ; -1 rang)
Moulis en Médoc : Château Chasse Spleen (CSp ; nouvel entrant), Château Poujeaux (Pj ; nouvel entrant)


3.5. Un rapprochement vers le nord et la Gironde

Figure 12: Répartition territoriale des crus avec leur rang hiérarchique, en 1855 (à gauche) et leur rang potentiel en 2017 (à droite)


On remarque que la position des propriétés vis-à-vis de la Gironde joue un rôle certain. En effet, les trois premiers rangs du classement sont occupés exclusivement par des châteaux se situant sur des appellations communales longeant l'estuaire de là Gironde. Par ailleurs, l’épicentre a tendance à être remonté de quelques kilomètres au nord par rapport à 1855, avec des seconds et des troisièmes Crus beaucoup plus centrés sur le secteur Saint Julien/Pauillac. On remarque également que les quatrièmes et cinquièmes crus sont répartis de façon beaucoup plus étagée sur toute la hauteur du médoc, réalisant un maillage global très homogène du territoire. Enfin, les non-classés se retrouvent préférentiellement sur la partie méridionale et continentale du médoc. Ceci s’explique en partie d’un point de vue géologique, le rôle des différentes terrasses composant le sol et le sous-sol du médoc étant clairement démontré et explicité [11]. Nous nous interrogerons toutefois si une influence climatique depuis 1855 aura pu également permettre cette modification de répartition, en recentrant les meilleurs crus de façon un peu plus septentrionale.


4. Conclusion

Cet exercice révèle bien que le classement historique de 1855 ne reflète plus intégralement la réalité actuelle. En effet, cette approche statistique montre bien que de nombreux domaines pourraient voir leur classement évoluer, à la baisse comme à la hausse, puisque moins de 45% des domaines n’a pas eu son classement de 1855 modifié.
En s’appuyant sur des données chiffrées, basé sur des notes de dégustateurs experts et reconnus mondialement et ainsi départi de tout à priori, c’est de la façon la plus neutre possible que ce néoclassement a pu être construit. Un recentrage des meilleurs Grands Crus Classés près des berges de l'estuaire, un peu plus au nord (mettant un peu plus en lumière le triptyque Saint Julien, Pauillac et Saint Estèphe) conjugué à la moindre hégémonie de l’appellation Margaux (vis-à-vis de 1855), permettent d’obtenir un classement bien plus homogène, avec des niveaux hiérarchiques clairement définis et véritablement indépendants les uns des autres. Ceci permet de rendre une lecture beaucoup plus objective et précise des réels niveaux qualitatifs des différents châteaux.
Toutefois, on comprend bien que des enjeux financiers majeurs pour les différents châteaux classés empêcherait probablement toute remise en cause de ce classement historique, malheureusement au détriment de certains qui mériteraient pourtant grandement de l’intégrer.
En conclusion, cette approche un peu plus rationnelle permet de prendre un peu de recul face aux étiquettes et aux classements actuels, ceux-ci n’étant plus forcément des reflets fiables. Ainsi, ils peuvent parfois induire en erreur, de façon plus ou moins volontaire, certains consommateurs. Par conséquent, une attitude prudente quant à la valeur du classement de 1855 et une bonne connaissance des différents crus et millésimes semble être une bonne posture en vue d’achats, en particulier lors des campagnes primeurs et des périodes de foires aux vins.


Notes et références
[1] : www.wikipedia.fr
- Egouts de Paris
- Electricité
- Téléphone
- Poubelle
- Obélisque de Louxor
- Arc de Triomphe de l’Etoile
- Tour Eiffel
- littérature française du XIXème siècle
- Napoléon III
- Constitution Française de 1852
- Guerre de Crimée
- Exposition Universelle de 1855
- l’intégralité des châteaux cités dans ce document
- l’intégralité des appellations énoncées dans ce document
- Gironde et Garonne

[2] : www.sncf.com
[3] : www.grandspeintres.com
[4] : www.bordeaux-traditi...
[5] : www.journalepicurien...
[6] : www.dico-du-vin.com
[7] : RVF, n°557, Décembre 2011 “Que vaut aujourd’hui le classement de 1855?”
[8] : www.larvf.com
[9] : www.terre-net.fr
[10] : www.wine-searcher.com
[11] : Pierre Le Hong, Eric Bernardin, Crus Classés du Médoc, Editions Sud Ouest, 205 pages
[12] : www.musee-boissons.com

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22 Sep 2017 00:32 #1

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Nous allons passer en revue, appellation par appellation [12], château par château [1], les 20 derniers millésimes. La présentation s’effectue de l’appellation la moins représentée à la plus représentée, avec une apparition des propriétés par ordre alphabétique. Pour chaque domaine figurent 3 graphiques : un histogramme en haut à gauche, représentant le pourcentage de notes des critiques récupéré sur ces 20 ans. Plus il est élevé, plus l’analyse statistique parait fiable et pertinente. Au centre, on retrouve les moyennes (trait rouge) de chaque millésime, et les intervalles de confiance à 95% correspondant (barres noires). En dessous, on retrouve un autre histogramme, reprenant le prix primeur (en euros TTC, en violet), le prix primeur corrigé de l’inflation (en bleu) et la cote (lorsqu’elle existe) en gris.

MOULIS / LISTRAC


Création : 1938, modifié en 1939 et 1960 pour Moulis. 1957 pour Listrac.
Surface :
- 630 hectares pour l’appellation Moulis, sur les communes de Moulis, d’Arcins, de Cussac Fort Médoc, Lamarque et Listrac-Médoc, sur une bande de 12 km, perpendiculaire à la Gironde, mais ne touchant pas le fleuve.
- 635 hectares pour l’appellation Listrac, sur la seule commune de Listrac-Médoc.
Orientation, géologie :
- Sol de croupes graveleuses, issus de dépôts sédimentaires du quaternaire, sur une roche mère de sables et limons, d’origine landaise et pyrénéenne. Le paysage est assez peu valloné (entre 20 et 30 mètres. Il s’agit d’un véritable concentré de médoc viticole (Moulis).
- Le sol est composé de 3 croupes de graves pyrénéennes à l’ouest, une croupe de graves garonnaises à l’est, et un plateau calcaire central, culminant à 43 mètres d’altitude (Listrac).
Nombre de châteaux classés en 1855 : Zéro
Classement revisité en 2017 : Deux



Château Chasse Spleen
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 5ème
Chasse Spleen, sur ces 20 ans, est marqué par une certaine régularité. Jamais exceptionnel (87,61 en borne haute), mais toujours correctement placé (50% du temps à plus de 84 de moyenne). Avec sa moyenne sur cette période de 83,87, cela lui permet d’être le dernier château classé dans cet exercice, et ainsi d’intégrer au 5ème rang cette nouvelle hiérarchie.
On s’aperçoit que sur les millésimes les plus réputés, les écart-types paraissent nettement plus faibles que sur les autres (hormis 2016), faisant penser que les critiques s’accordent plus facilement sur son niveau lors des grands millésimes. On remarque également que 2010 et 2015 font figure de réussite du cru.
Les tarifs paraissent particulièrement doux, aux alentours de 20 euros jusqu’à 2008, même si une augmentation des prix est visible depuis 2009, tout en restant relativement contenue. On remarque également que sa cote est systématiquement plus élevée que le prix de sortie, ce qui dénote d’un certain attrait pour les amateurs. Il s’agit, non seulement d’une valeur sûre vraisemblablement un peu mésestimée, mais probablement d’un achat sécuritaire, au moins sur les grands millésimes, à moindre coût. De quoi chasser le spleen, si cher à Beaudelaire !



Château Clarke
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : Non classé
Ce domaine appartenant à une branche de la famille Rothschild, malgré une solide réputation sur l’appellation Listrac, n’a pas pu rivaliser avec les autres châteaux. Avec 81,36 de moyenne sur 20 ans, il est assez loin de pouvoir intégrer un classement, mais est-ce l’ambition du domaine ?
On soulignera quand même les millésimes 2005 et 2009, qui semblent être les plus réussis du cru. Toutefois, des écart-types relativement importants font penser que les avis peuvent être parfois assez discordants sur les vins de ce domaine, en gardant à l’esprit que seulement un peu plus d’une note sur deux a été émise (taux de récupération à 54,2%).
Nous n’avons pas retrouvé de traces de prix de vente en primeur, sur les sites étudiés. La cotation montre un profil en dent de scie (avec des pics sur 2005, 2006, 2010 et 2001), pas forcément très corrélée avec les notes moyennes, 2009 étant probablement le meilleur rapport qualité/prix du cru sur cette période.




Château Fourcas Dupré
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : Non classé
Sur ce domaine de Listrac, on voit que la qualité moyenne est marquée par une certaine régularité depuis le millésime 2004, faisant suite à une période nettement plus faible, ou seul le millésime 2000 semblait surnager à l'époque. Ainsi, la tendance actuelle est à l'augmentation continue de la qualité, avec en point d'orgue un 2016 qui a l'air de se montrer particulièrement réussi selon les critiques (91,5 de moyenne). On nuancera cela par un taux de récupération de note relativement faible (54,6%) et des écarts-types qui restent assez importants. 2011 et 2003 font partie des meilleures productions du cru, après la trilogie 2014-2015-2016.
La politique tarifaire rend ce domaine particulièrement accessible, avec des tarifs inférieurs à 15 euros, et des cotes jamais inférieures au prix de sortie. Un domaine certainement intéressant pour aborder le médoc à moindre coût.




Château Fourcas Hosten
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : Non classé
Ce domaine semble sensible à l'influence du millésime, bien que cela tende à s'atténuer depuis 2008, avec un niveau moyen un peu plus régulier. 2010 et 2015 semblent avoir été les meilleures réussites sur ce domaine.
Les prix sont stables aux alentours de 10 euros, avec seulement un pic tarifaire sur le millésime 2010, sans que le marché secondaire approuve celui-ci.



Château Poujeaux
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 5ème
Le château Poujeaux se montre suffisamment régulier et qualitatif pour pouvoir intégrer ce nouveau classement, au 5ème rang. En effet, 2/3 des notes moyennes se situent entre 84 et 88. On sent toutefois que l'impact du millésime est fort, et se ressent sur la variabilité des notes, qui sont globalement assez homogènes, les écarts-types étant relativement constants. 2016, 2010 et 2009, ainsi que 1998 font partie des meilleurs millésimes à priori.
Les prix ont longtemps été stables autour de la vingtaine d'euros, il semblerait qu'une légère hausse soit amorcée depuis le début de cette décennie. Il n'en reste pas moins que le château Poujeaux fait probablement partie des bonnes affaires du médoc, en particulier en période de foire aux vins ou cours desquelles il est largement référencé.

Flo (Florian) LPV Forez
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22 Sep 2017 00:34 #2
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HAUT MEDOC


Création : Aire de production définie en 1936, et reconnue en 1938, puis régulièrement modifié : 1955 1960, 1970, 1990, 1994, 1997, 2004 et 2007.
Surface : 4600 hectares, regroupés sur 29 communes dans le département de la Gironde : Arcins, Arsac, Avensan, Blanquefort, Cantenac, Castelnau de Médoc, Cissac Médoc, Cussac Fort Médoc, Labarde, Lamarque, Listrac Médoc, Ludon Médoc, Macau, Margaux, Moulis en Médoc, Parempuyre, Pauillac, (Le) Pian-Médoc, Saint Aubin de Médoc, Saint Estèphe, Saint Julien Beychevelle, Saint Laurent Médoc, Saint Médard en Jalles, Saint Sauveur, Saint Seurin de Cadourne, Sainte Hélène, Soussans, (Le) Taillan Médoc, Vertheuil.
Orientation, géologie : Le sol présente une succession de couches argilo-calcaires, d’argiles et de graves. A l’époque du quaternaire, les fleuves charrient des graviers, des moraines, des sables et limons. Au fil du temps, des buttes de graves garonnaises érodent et font apparaitre diverses terrasses étagées, ainsi que des croupes garonnaises. Ainsi, on retrouve des nappes éparses de graves sableuses et argileuses, sous des sols argilo-calcaires. Le relief est peu marqué, débutant à 3 mètres près de la Gironde, pour culminer à 50 mètres. L’appellation est bordée par la forêt à l’ouest, la Gironde au levant, l’agglomération bordelaise au sud, la pointe médocaine et l’estuaire de la Gironde au nord.
Nombre de châteaux classés en 1855 : 5
Classement revisité en 2017 : 4



Château Belgrave
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : Non Classé
Bien que depuis le millésime 2008 les notes moyennes oscillent entre 84 et 88, et que la tendance est à la hausse (en particulier depuis 2013) cela n'est pas suffisant pour que ce cru intègre le nouveau classement (83,48 de moyenne sur 20 millésimes). En effet, la première période (1997-2008) est marquée par une variabilité plus importante et une qualité nettement moindre (moyennes entre 78 et 84) que sur la seconde partie. En outre, on remarque que les IC95 se stabilisent entre 3 et 4 points, depuis 2004, reflétant une appréciation globale plus homogène.
Nous n'avons pratiquement pas de données concernant les tarifs de sortie, les cotes (aux alentours de 20 euros) suivent plutôt la tendance intrinsèque des millésimes que les notes moyennes propres au château.



Château Camensac
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : Non Classé
Le château Camensac a vu sa moyenne constamment progresser depuis le millésime 2011, sans jamais dépasser 88 cependant. Toutefois, sur les 20 derniers millésimes, environ 75 % des moyennes sont inférieures à 84 l'empêchant, bien évidemment, d'être classé dans le nouveau classement (moyenne sur la période: 81,79).
Les prix, restés très stables jusqu'au millésime 2008, ont tendance à augmenter depuis 2009, la baisse entrevue sur les millésimes 2012 et 2013 étant trop faible. Les cotes, hormis quelques millésimes de façon sporadique (2010, 2002, 2000) sont globalement similaires aux prix de sortie.




Château Cantemerle
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
On remarque une évolution en dent de scie sur 20 ans (pics en 2000, 2005, 2010 et 2016), mais en augmentation constante, avec des moyennes dont les IC95 oscillent entre 3,5 et 4,5, et particulièrement sensible à l'effet millésime. Ceci est suffisant pour lui permettre de maintenir son classement, quoiqu'il frôle la borne inférieure de son rang, avec 84 de moyenne sur 20 ans.
Les prix de sortie connaissent 2 plateaux. Le premier de 1997 à 2008, avec un tarif inférieur à 20 euros. Le second débute en 2009, avec un plateau se situant entre 28 et 30 euros (malgré une décroissance de 2011 à 2013). Hormis 2011 et 2012, les cotes sont régulièrement plus élevées que les tarifs de sortie corrigés de l'inflation. Un achat pouvant s'avérer intéressant, compte tenu du faible prix relatif, en particulier, sur les meilleurs millésimes.




Château La Lagune
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 5ème
Ce cru a connu une première période délicate, quoique régulière et stable, jusqu'en 2002. A la suite de cela, on observe 3 pics (2005, 2010 et 2016), tous légèrement supérieurs à 88, mais avec des fluctuations importantes entre ceux-ci, entre 84 et 88. Les IC95 autour de la moyenne sont relativement constants à ± 3,5, exception faite de 2011, 2012 et 2013. Ce dernier est d'ailleurs particulièrement compliqué, avec une moyenne à 81,5, jamais revue depuis le début des années 2000, et avec un IC95 particulièrement élevé, à 7,9 [73,6; 89,4]. L'ensemble fait que le cru ne parvient pas à se maintenir à son niveau de 1855, régressant de 2 rangs (moyenne sur la période étudiée à 84,79).
Les prix sur 20 ans ont été multipliés par 2,5 en passant de 22 à 50 euros, en euros constant, avec un pic atteint en 2010 à près de 60 euros, après déjà avoir franchi un palier en 2005. Ils ne baissent pas de façon très significative sur les millésimes plus faibles. Les cotes sont nettement supérieures au prix de sorties jusqu'au millésime 2005, ce dernier étant particulièrement attractif car il présente la meilleure notation du panel étudié avec une moyenne à 88,98 et un IC95 serré [85,49; 92,47]. Depuis, les cotes sont régulièrement inférieures aux pris primeurs, (hormis 2009 et dans une moindre mesure 2008), renforçant l'idée que les tarifs primeurs récents sont probablement trop élevés par rapport aux notations obtenues.




Château Sociando Mallet
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 4ème
Son évolution a été marquée par deux premières phases d’ascension continue (1997 à 2001, puis 2002 à 2005), avant d’être marqué par des irrégularités assez franches. En effet, malgré un millésime 2016 qui semble réussi, dépassant 90 (90,03 de moyenne), ces 10 dernières années présentent un profil plutôt variable, avec des curiosités telles que 2014 supérieur à 2015, ou 2010 inférieur à 2008. Les 2005 et 2001 font partie des meilleurs millésimes notés, devant 2009 qui, lui, présente le plus faible IC95 [85,83 ; 89,93]. Le niveau moyen est cependant tout à fait correct puisque 2/3 des moyennes se situent entre 86 et 89, pour un résultat global à 86,81, mais dont on peut voir qu’il souffre sur les millésimes réputés faibles (1997, 2002, 2007, 2011, 2013). Toutefois, ceci permet à Sociando Mallet d’intégrer le classement directement au 4ème rang, ce qui est une belle performance.
Les prix ont été stable jusqu’au millésime 2003, avant de croitre pour atteindre un pic en 2005 à 36 euros (42 corrigé), qui se maintiendra jusqu’en 2009. Une baisse des tarifs s’en suivra jusqu’en 2013 pour réamorcer une remontée depuis 2014. Toutefois, les cotes sont fréquemment plus basses que les tarifs de sortie rendant l’achat en primeur peu pertinent (hormis 2010, 2005 et les millésimes antérieurs à 2001). Un domaine qui peut présenter des qualités, à un tarif relativement abordable, mais à privilégier essentiellement sur les millésimes solaires.




Château La Tour Carnet
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 5ème
Ce cru se montre d’une grande régularité sur ces 20 millésimes, en particulier depuis le millésime 2000, avec 50% des moyennes comprises entre 83,5 et 85, pour un résultat global à 84,11, avec une sensibilité relativement faibles aux caractéristiques des millésimes. Ceci lui permet de rester classé, mais en perdant un rang. Par ailleurs, hormis les 3 plus anciens millésimes, il n’y a pas d’échec majeur, 2007 étant la borne basse à 82,9. A contrario, le millésime 2016 semble le plus réussi de la période, suivi de façon quasiment égale par 2015, 2010, 2009 et 2005 (de 86,16 à 86,88).
Les tarifs sont restés en plateau à moins de 20 euros jusqu’au millésime 2004. Depuis, on retrouve ce cru dans une tranche de 25 à 30 euros, avec des baisses ou hausses de faibles importances, dépendant des qualités des millésimes. Les millésimes antérieurs à 2006 ont une cote relativement plus importante que les prix de sortie primeur. Le cas se présente également pour les millésimes 2009 et, étonnement, 2012. Les bonnes affaires sont probablement représentées par les 2005 et 2009. Sa régularité est une qualité qui peut rendre ce cru intéressant à encaver.

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22 Sep 2017 00:35 #3

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SAINT ESTEPHE


Création : 1936
Surface : 1230 hectares
Orientation, géologie : On est en présence d’un sol complexe de graves, avec une proportion relativement élevée de d’argiles, de galets de quartz, de calcaires et de marnes
Nombre de châteaux classés en 1855 : Cinq
Classement revisité en 2017 : Neuf



Château Calon Ségur
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 3ème
Calon montre une belle progression en terme de notation sur ces 20 millésimes, et un très bon niveau moyen (80% des notes supérieures à 86, et 30% supérieur à 90). On remarque toutefois une certaine volatilité sur la première partie (1997 à 2008), bien moins marquée depuis le très beau millésime 2009, (avec des IC95 qui se resserrent aux alentours de 1,5 à 2,5 depuis le millésime 2004), mais avec une corrélation vis à vis des caractéristiques propres à chaque millésimes. 2016 à l'air d'être une grande réussite, avec 94,88 de moyenne, tout comme le 2009 d'une grande homogénéité de note: moyenne à 93,13 et IC95 à 1,44 [91,69;94,57].
D'un point de vue tarifaire, l'augmentation est malheureusement forte (fois 3,5 en 20 ans, en euros constant). Celle-ci s'est déroulée de façon saccadée. Une première partie assez modérée jusqu'au millésime 2004, avant de connaitre un pic brutal en 2005. Une décroissance forte s'est opéré sur les 3 millésimes suivants pour revenir peu ou prou au niveau du millésime 2004. Puis un nouveau pic intervient sur les millésimes 2009-2010, dépassant nettement le niveau de 2005. De nouveau, on observe une baisse forte en 2011, en lien avec la qualité du millésime, et un plateau sur les deux millésimes suivants, mais à un niveau soutenu (supérieur à 50 euros). Enfin, depuis 2014, une nouvelle franche augmentation intervient, pour finalement installer les prix de Calon à un niveau historiquement haut. Ainsi, l'idée de réaliser une plus-value avec Calon à l'air d'être enterinée depuis le millésime 2009. Pour finir, 2005 et 2014 feraient presque figure de bonne affaire. Bien que la qualité paraît être en constante augmentation en atteignant un niveau remarquable, il s'agit d'un achat à envisager avec un minimum de recul. Son objectif tarifaire actuel semble être de rattraper et de se mettre au niveau d'actuels seconds de 1855 (Léoville Poyferré, Léoville Barton, Rauzan Ségla).




Château Cos d’Estournel
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 2ème
Cos d'Estournel est la figure de proue de l'appellation Saint Estèphe, avec une notation moyenne proche de 91 sur 20 ans (90,86), et dont 2/3 des notes dépassent les 90, avec une homogénéité marquée (IC95 compris entre 1,5 et 2,5). Nous observons également une tendance à la hausse au cours de cette période, marquée par 3 sommets: 2005, le duo 2009-2010 et 2016, qui flirtent avec les 95 de moyenne. Les millésimes supposés faibles se font sentir, avec une décroissance des notes, mais sans passer sous la barre des 88,5 depuis le millésime 2000.
Les prix de sortie sont soutenus, avec des premiers pics sur les millésimes 2003 et 2005, le faisant dépasser allègrement 100 euros (respectivement 153 et 192 euros en euros constant). Puis une hausse vertigineuse est intervene sur le couple 2009-2010, portant la bouteille à plus de 300 euros (en euros constant), pour des notes similaires à 2005, soit 50% d'augmentation supplémentaire! La décroissance a été forte sur les millésimes suivants tout en restant à un plancher élevé, supérieur à 110 euros. Depuis 2014, une nouvelle tendance haussière s'est enclenchée, se stabilisant pour l'instant aux alentours de 170 euros, ce qui en fait l'un des domaines les plus onéreux de ce second palier. On remarquera enfin que les cotes sont systématiquement inférieures aux prix de sortie corrigés, depuis le début des années 2000 rendant l'achat en primeur non recommandable. Les meilleurs rapports qualité/prix sont probablement représentés par les millésimes 2008 et 2001 actuellement.



Château Cos Labory
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
Le second "Cos" (colline de cailloux, en gascon) de Saint Estèphe, a vu son niveau s'équilibrer à partir du millésime 2003, solaire et chaud. Celui-ci succède à une période un peu délicate (1997-2002), avant de se stabiliser dans une tranche située entre 84 et 88. Comme les autres domaines de l'appellation, il semble un peu plus en difficulté sur les millésimes délicats (1997, 2002, 2007, 2013) aucours desquels il marque le coup (moyenne inférieure à 84). A contrario, les millésimes réputés très bons ou grands permettent d'obtenir des vins aux notes satisfaisantes, supérieures à 86 (la trilogie 2016-2015-2014, le duo 2009-2010, ou 2005). On notera cependant des IC95 assez variables sur l'ensemble de cette double décennie, laissant transparaitre des notations parfois un peu divergente, ce qui reflète probablement un style apprécié par certains et moins par d'autres. Toutefois, le 2010 parait assez consensuel, avec une des meilleures moyennes du cru (87,54) et un IC95 à 1,57 [85,97; 89,11].
Les prix, bien qu'en augmentation sur la période étudiée (+50% en euros constants entre 1997 et 2016), restent assez abordables. Ils ont été assez stable autour de 20 euros jusqu'en 2008, avec simplement un léger pic pour le millésime 2005. Un coup d'accélérateur a eu lieu en 2009-2010, avec un 2011 vendu bien trop cher à sa sortie. Le 2016 est le plus onéreux de l'histoire du cru, à 37 euros. On notera enfin que les cotes sont systématiquement inférieures au prix de sortie depuis le millésime 2010, alors que 2009, 2008, 2005 et 2000 s'apprécient bien en seconde main. Les millésimes 2003, 2005 et 2010 font figure de bons rapports qualité/prix, permettant de toucher un cru classé correct à un coût encore supportable. Son niveau moyen sur 20 ans, légèrement supérieur à 84 (84,07), lui permet de se maintenir à la même place qu'en 1855, ce qui en fait plutôt une valeur sûre. Un achat à privilégier sur les meilleurs millésimes.




Château Haut Marbuzet
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 4ème
Ce château fait montre d'une grande régularité sur 20 ans, sans coup d'éclat, avec 80% des notes moyennes comprises entre 84 et 88, et des IC95 compris entre 3 et 4. 1998, 2003 et 2016 sont supérieur à 88 et sont donc les plus grandes réussites du cru. On remarque également une bonne adaptabilité sur les millésimes plus modestes, seul 2012 étant inférieur à 84.
Les tarifs sont stables entre 25 et 30 euros. Les pics à plus de 30 euros sont seulement présents sur les meilleurs millésimes. Les cotes correspondent globalement aux tarifs de sortie, corrigés de l'inflation. Ainsi, on est face à un domaine d'une grande régularité (86,07 de moyenne sur 20 ans), non spéculatif, qui intègrerait le classement directement au 4ème rang (ce qui est une belle performance), et cerise sur le gâteau, qui reste pour l'instant très abordable. Un achat hautement recommandable, et à ne pas négliger y compris sur les millésimes moins cotés.




Château Lafon Rochet
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
Le profil sur ces 20 ans est assez ondulé pour ce domaine, avec de fortes variations entre bons et moins bons millésimes, quoique celà s'amenuise depuis le millésime 2009. En effet, les moyennes les plus basses de la période 2009-2016 sont à peu près au niveau des moyennes les plus hautes de la période 1997-2008. On voit également que le duo 2009-2010 se démarque en termes d'homogénéité, avec des notes moyennes aux alentours de 89, avec des IC95 à 2. Avec un résultat global sur ces 20 ans de 86, le château Lafon Rochet reste dans son rang, le quatrième, quoiqu'au fond du groupe.
Les prix de sortie ont connu une première phase d'ascension, lente, jusqu'en 2008, seulement marquée par un bref pic en 2005 (à un peu plus de 30 euros). Les millésimes 2009 et 2010 ont franchi un palier, se négociant à leur sortie, aux alentours de 40 euros, pour atteindre désormais 48 euros en 2016. Comme pour pratiquement tous les domaines, on retrouve cette forme de cuvette entre 2010 et 2015, avec une ligne de base à environ 30 euros, soit approximativement le niveau de la période 2006-2008, en euros constant. Les millésimes les mieux cotés sont ceux antérieurs à 2005, l'achat primeur perd donc tout son intérêt depuis. Les millésimes 1998, 2000, 2004 et 2008 peuvent être des opportunités correctes.




Château Meyney
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 5ème
Meyney passe réellement un cap avec le très chaud millésime 2003, qui le fait dépasser 86 (86,79), après plusieurs années délicates entre 80 et 83 et surtout un 2001 difficile (78,67 de moyenne). Il subira de nouveau une période assez compliquée entre 2004 et 2008, le 2005 étant un peu à part (85,38 de moyenne). Puis les notes franchiront enfin un palier à partir de 2009, s’échelonnant de 85,4 à environ 88 (le millésime 2016 se fixant lui à 90, et un IC95 à 4,13), avec des IC95 qui se resserrent, compris entre 1,8 et 3,5. Cette progression nette depuis 2009, lui permet de pouvoir pénétrer le nouveau classement au 5ème rang, en plein cœur de ce groupe. Nous soulignerons l’homogénéité des millésimes 2009-2010 et 2014-2015, avec des moyennes se tenant en un gros demi-point (de 87,22 à 87,85).
Nous n’avons pas trouvé de données concernant les tarifs primeurs concernant les millésimes antérieurs à 2009. Depuis, ils se situent dans une tranche comprise entre 25 et 30 euros, rendant ce cru abordable, quoique visiblement sous coté. En effet, seul le millésime 2005 lui permet de dépasser les 30 euros en seconde main. Nous privilégierons à l’achat, sur ce château, les millésimes postérieurs à 2009 (en particulier 2010), ainsi que les millésimes 2003 et 2005.




Château Montrose
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 2ème
Montrose possède un profil en dent de scie sur ces 20 derniers millésimes, avec une amplitude de plus de 10 points entre le meilleur et le moins bon millésime. Sa variabilité est même assez étonnante, en particulier sur la triplette 2014-2015-2016,avec un 2015 que l’on pourrait qualifier de décevant au vu de la réputation et du prestige de ce domaine. Ce château est toutefois capable de choses exceptionnelles, avec un grand 2016 (95,56 de moyenne), ou des 2003, 2009 et 2010 de très haut niveau, supérieurs à 94. Par contre, il est vrai que sur certains millésimes délicats, les notes descendent un peu bas pour ce niveau de cru (2006 ou 2007, par exemple). L’ensemble parait donc assez variable, bien que le niveau moyen soit supérieur à 90 (90,11) et pas si éloigné que cela de Cos d’Estournel par exemple (90,86), ce qui lui permet malgré tout de se maintenir au second rang dans ce nouveau classement.
Son adaptation tarifaire en fonction de la qualité des millésimes paraissait à peu près cohérente jusqu’en 2008, malgré un premier pic en 2005 (107 euros en euros constant). Une explosion tarifaire est malheureusement survenue sur les millésimes 2009 et 2010, certes réussis, mais proposant des hausses de 120 à 150% par rapport au millésime 2003, similaire en terme de notation. La baisse est forte sur les millésimes 2011 à 2013, pour revenir à un plateau d’environ 80 euros, néanmoins 60 à 100% plus cher que des millésimes qualitativement équivalents (2001, 2002, 2004). Enfin, les trois derniers millésimes se situent, chers, entre les tarifs de 2005 et ceux de 2010, pour des notes comparables. Il est toutefois intéressant de souligner que la demande en seconde mains parait soutenue sur les millésimes les plus onéreux, puisque les cotes sont nettement supérieures aux tarifs de sortie. Les 2000 et 2003 font probablement partie des bonnes opportunités sur ce domaine.




Château Les Ormes de Pez
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 5ème
Ce domaine présente sur 20 ans un profil légèrement ondulé, mais avec des variations intermillésimes relativement faibles, se bornant à rester entre 84 et 88 pour 60% du temps, ce qui lui permet d’intégrer le classement au cinquième rang. Le seul millésime dépassant 88 est le 2016 (89,55), par contre, on se rend compte que les millésimes difficiles proposent des notes relativement faibles, inférieures à 84.
Les tarifs de sortie paraissent contenus, aux alentours d’une vingtaine d’euros, avec une hausse modérée (inférieure à 10 euros) sur les millésimes réputés les plus qualitatifs (2005, 2009, 2010, 2015, 2016). L’intérêt en seconde main reste tout relatif, exception faite de 2005 et 2009. Il s’agit probablement d’une bonne entrée en matière, pour qui veut découvrir l’appellation Saint Estèphe, mais dont il faudra éviter les millésimes réputés les plus compliqués.




Château Phélan Ségur
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 4ème
Phélan Ségur présente un profil plutôt homogène, centré autour de 86 de moyenne (86,14 sur 20 ans), avec près d’une moyenne sur deux comprise entre 85 et 87, et des pics sur les meilleurs millésimes. On remarquera la bonne prestation du millésime 2010 (89,81 de moyenne) avec un IC95 à 1,43 [88,38; 91,24], tout comme le très beau 2016 qui se profile, avec une moyenne supérieure à 91 (91,08).
En euros constants, les tarifs ont doublé en 20 ans. Après un premier pic en 2005, un second est intervenu sur le doublé 2009-2010, avec une décroissance modérée entre les deux. Une hausse un peu plus soutenue semble avoir été amorcée depuis le millésime 2014, avec un prix de vente dépassant largement les 40 euros à l’heure actuelle. On notera les cotes soutenues des millésimes 2004, 2001 et 2000, dans une moindre mesure 2005. Malgré ces augmentations tarifaires visant à rattraper les domaines de son rang, Phélan Ségur reste malgré tout un domaine recommandable au vu de la qualité moyenne présentée.

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22 Sep 2017 00:38 #4

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SAINT JULIEN


Création : 1936
Surface : 920 hectares, essentiellement situé sur la commune de Saint Julien Beychevelle, et Cussac Fort Médoc, et Saint Laurent Médoc.
Orientation, géologie : On retrouve un sous-sol peu complexe, constitué par une roche sédimentaire, avec une mer de galets en surface, homogène.
Nombre de châteaux classés en 1855 : Onze
Classement revisité en 2017 : Douze



Château Beychevelle
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
Le château Beychevelle fait preuve d'une certaine régularité, avec 75% des notes entre 84 et 90, mais sensible aux millésimes. Avec 86,3 de moyenne sur 20 ans, il se maintient dans le ventre mou du 4ème groupe. Ainsi, on s'aperçoit que les difficultés des millésimes faibles sont assez bien appréhendées, alors les grands millésimes sont assez difficilement mis en valeur (seuls 2015 et 2016 dépassent 90). Les notations paraissent relativement homogène, en particulier depuis 2005.
Les tarifs sont restés relativement homogènes jusqu'en 2008, avec un pic sur 2005 assez modéré. La forte demande asiatique sur les excellents millésimes 2009 et 2010, auront fait multiplier les tarifs par au moins 2. Cette forte demande a été probablement plus liéée à la symbolique du château (drakkar rappellant le bâteau dragon Long Zhou) qu'aux notations réelles du vin, celles-ci ne dépassant pas 89 de moyenne sur ces deux millésimes. On retrouve ensuite le profil en cuvette, sans baisse importante, ce qui provoque un plancher très haut à près de 60 euros, pas si différent du tarif de 2009. Enfin, on retrouve une croissance régulière qui permet à Beychevelle d'atteindre 80 euros. Les cotes ont été très soutenues jusqu'en 2008, avant de se lisser sur le binôme 2009-2010, à cause des tarifs de sortie élevés. Beychevelle fait partie des châteaux les plus chers de son rang, rendant son rapport qualité/prix très discutable.




Château Branaire Ducru
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
Avec 87,88 de moyenne sur 20 ans, Branaire Ducru maintient son rang de façon très honorable, il n'est d'ailleurs pas si loin que celà de pouvoir gravir un échelon. Son niveau moyen très homogène (70% des notes comprises entre 86 et 90), conhjugué à de belles réussites sur les grands millésimes (en particulier 2009-2010 avec des IC95 resserrés autour de 2, et 2016) expliquent ces bonnes performances. L'effet millésime est marqué, mais assez bien tamponné sur les millésimes faibles.
Les tarifs sont stables jusqu'en 2008, malgré un pic en 2005. Le duo 2009-2010 propose une hausse conséquente (multiplié par 2 vis à vis de 2008), avant de revenir progressivement au niveau de 2008. La hausse qui s'est enclenchée depuis 2014 est relativement modérée, avec un sommet atteint à 56 euros, soit 20% inférieur au niveau de 2010, et égal à 2005, en euros constant. Le château Branaire Ducru fait probablement partie des bonnes affaires avec un rapport qualité/prix relativement favorable pour ce groupe. On privilégiera les réussites telles que 2016, 2005 ou 2000.




Château Ducru Beaucaillou
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 2ème
Qualifié de « super-second », Ducru Beaucaillou ne faillit pas sur cet exercice, et se maintient assez facilement à ce rang (90,76 de moyenne sur 20 ans). Malgré une tendance à la hausse sur cette période, on retrouve pourtant un profil en dent de scie avec en particuliers, sur les millésimes réputés faibles, des notes probablement en deçà de ce que le château est capable de produire (aux alentours de 90 et moins), et des IC95 conséquents pour ce niveau (supérieur à 3,40 pour les millésimes 1998, 1999, 2001, 2002 et 2013). On retrouve des notes proches de 94 (et un peu plus), pour les meilleurs millésimes.
La composante tarifaire est comprise entre 60 et 80 euros sur la période 1997-2004, avec deux pics en 2000 et 2003. Le millésime 2005 se retrouve 3 fois plus cher que le précédent, suivi d’une baisse de prix importante sur les suivants. Le millésime 2009 se voit de nouveau marqué par une explosion tarifaire (un peu plus de 2 fois le prix de 2005, pour une moyenne supérieure de 0,6 point). 2010, pourtant légèrement mieux noté, présente une légère baisse de tarif. On retrouve jusqu’en 2016, le classique profil en cuvette, avec un seuil légèrement inférieur à 100 euros, puis une remontée linéaire et moins brutale des tarifs, pour flirter désormais avec les 200 euros. On notera que les cotes sont rarement supérieures aux tarifs de sorties, et jamais de façon importante. La relative bonne affaire sur ce diagramme est pour le millésime 2014 qui, à moyenne équivalente à 2005, est proposé 35% moins cher, en euros constant. Ducru Beaucaillou est réellement une valeur sûre du médoc, avec un classement mérité au second rang. On lui reprochera un positionnement tarifaire très (trop ?) ambitieux.




Château Gloria
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : 5ème
Après avoir eu quelques difficultés sur les 5 premiers millésimes, le château Gloria montre un profil relativement stable, entre 83 et 87 jusqu’en 2013, avant de réaliser 3 derniers millésimes un peu plus intéressants. Sa moyenne est correcte, légèrement supérieure à 85 sur 20 ans (85,07), ce qui lui permet d’intégrer modestement et sans craintes ce nouveau classement. Les IC95 sont toutefois encore un peu marqués, mais tendent également à se stabiliser entre 2,7 et 4 autour de la moyenne, depuis le millésime 2005 (exception faite de 2012). Les millésimes faibles sont plutôt bien négociés, avec des notes ne descendant pas en dessous de 83,3. On regrettera un peu que lors des meilleurs millésimes, les moyennes ne soient pas un peu plus hautes.
Les tarifs sont très stables jusqu’en 2008, avant de subir une forte hausse sur le millésime 2010. A la suite de celui-ci, on retrouve le profil en cuvette, avec un plancher qui tendait à se rapprocher du niveau du milieu des années 2000 à un peu moins de 30 euros, avant d’augmenter de nouveau plus progressivement depuis 2014, pour s’établir à environ une quarantaine d’euros. Les cotes sont particulièrement soutenues sur les millésimes 2000, 2003 et 2005, alors qu’elles tendent visiblement à être inférieures aux prix de sortie depuis 2010. Les millésimes 2005 et 2000 constituent probablement de bonnes entrées en matière pour qui veux découvrir un Saint Julien abordable et de niveau honorable. Une meilleure gestion des grands millésimes feront sans doute franchir un cap au château Gloria.




Château Gruaud Larose
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 4ème
Avec 88,07, Gruaud Larose est le château ayant la meilleure moyenne sur vingt ans de ce quatrième groupe. Toutefois, elle est insuffisante pour lui permettre de garder le même rang qu'en 1855. Les notations sont très homogènes, les IC95 étant comprises à 70% entre 1,5 et 3 autour de la moyenne. Seule une grosse moitié des notations est comprise entre 86 et 90, cependant les meilleurs millésimes dépassent 90 (25% du temps). L'effet millésime est bien marqué, avec des difficultés apparentes sur les millésimes faibles.
Les tarifs étaient initialement à un niveau relativement élevé. Une tendance à la baisse était visible jusqu'en 2008, avec des pics modérés sur 2000 et 2005, sans dépasser le niveau de 1997. Le pic de 2009 et 2010, marqué, est relativement contenu. Toutefois, la décroissance est assez faible, conduisant à un plateau à 45 euros, similaire aux tarifs de 2006. Depuis 2014, la tendance à la hausse semble relativement forte, avec des tarifs 2015 et 2016 s'élevant à un niveau supérieur à 2010. Les cotes sont soutenues sur les millésimes 2009, 2005 et 2000, dans une moindre mesure 2008 et 2004. Le rapport notation/prix est assez mitigé, en particulier depuis 2009.




Château Lagrange
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Le château Lagrange, avec une moyenne sur 20 ans de 87,13, glisse d'un rang, pour finalement se retrouver au quatrième. Il est globalement assez constant, 2/3 des notes se situant entre 86 et 89,5 mais sans véritable grosse réussite sur les meilleurs millésimes pour compenser les notes relativement ternes des millésimes les plus faibles et dont les IC95 sont constamment supérieurs à 3 (sauf pour le millésime 2011).
Les tarifs sont stables et abordables jusqu'en 2008, à un peu moins de trente euros, exception faite du pic de 2005. Les millésimes 2009 et 2010 s'inflatent de plus de 80% en deux ans, mais reviennent à un niveau acceptable, correspondant à 2007-2008. Une nouvelle hausse s'effectue de façon constante et relativement soutenue, faisant de nouveau croitre le prix d'environ 50% en 3 ans. La régularité de Lagrange est un atout. Toutefois, les derniers tarifs de sortie semblent un peu élevés et méritent réflexion avant achat.




Château Langoa Barton
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Le château Langoa Barton fait partie des nombreux domaines perdant un rang au cours de cet exercice. Sa moyenne globale sur 20 ans est assez moyenne, avec 86,58. En effet, 60% de ces moyennes sont comprises entre 86 et 89,5 et ne sont pas marquées par de gros coups d'éclats sur les grands millésimes, seul 2016 dépassant 90 (90,63), mais avec des IC95 relativement élevés (70% sont supérieurs à 3). Les millésimes les plus faibles sont en revanche assez délicats, puisque cinq d'entre eux se situent à moins de 85.
Nous n'avons pas de données tarifaires concernant les prix de sortie antérieurs à 2009. Depuis cette date, ils se classent dans une fourchette élevée, de 40 à 60 euros en fonction des millésimes, les rendant assez peu attractifs au vu des notations obtenues. Ceci est confirmé par un marché secondaire se situant globalement dans une fourchette de 30 à 45 euros selon le millésime étudié, et systématiquement inférieur au prix de sortie depuis 2009.




Château Léoville Barton
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 2ème
Le château Léoville Barton a un peu souffert sur les trois derniers millésimes de la décennie 90 mais son niveau moyen a bien augmenté depuis. Il se fixe d’ailleurs à 90,75 sur 20 ans, ce qui lui permet de conserver son rang, avec 50% du temps passé au-dessus de 91. On s’aperçoit qu’il est un peu sensible aux aléas des millésimes, quoiqu’en étant très robuste face aux millésimes faibles, seul 2013 descendant en dessous de 88. On voit également que les meilleurs millésimes approchent 94, sans trop de difficultés. Les IC95 sont très stables et généralement compris entre 2 et 3 autour de la moyenne.
Les tarifs, bien qu’ayant tendance dernièrement à augmenter, sont restés relativement stables jusqu’au millésime 2008, autour d’une quarantaine d’euros, exception faite du pic de 2005. Les millésimes 2009 et 2010 marquent malheureusement une envolée brutale des tarifs de sortie, multipiés par 2,5 par rapport à 2008, et 55% plus cher que le millésime 2000, à notation à peu près équivalente. On retrouve depuis une décroissance jusqu’en 2013, mais relativement modérée (avec un plancher haut à 60 euros) puis de nouveau une augmentation, mais un peu plus modérée, pour arriver environ au niveau de 2009. Les cotes systématiquement supérieures au prix de sortie jusqu’en 2008, avec de belles performances sur les millésimes 2000 et 2003, deviennent inférieures depuis 2009. Les millésimes 2000, 2003 et 2005 figurent parmi les meilleurs rapports qualités/prix du domaine. On signalera enfin, qu’à ce niveau de notation, il s’agit d’un des domaines les plus « abordables » du médoc, faisant de Léoville Barton, non seulement une valeur sûre, mais un achat prioritaire, à fortiori sur les meilleurs millésimes.




Château Léoville Las Cases
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 1er
Avec 75% des moyennes comprises entre 91 et 95, Léoville Las Cases se montre d’une grande régularité et d’un niveau très élevé (moyenne de 92,54 sur 20 ans), lui permettrait de créer l’exploit et d’être promu au 1er rang, comme ce fut réellement le cas pour l’illustre Mouton Rothschild, en 1973. Les millésimes faibles sont bien tamponnés, et ne descendent plus en dessous de 90 depuis le millésime 1999, et les réussites dépassent les 94 (2000, 2005, 2009, 2010, 2015, 2016). Bien que serrés, les IC95 sont toutefois légèrement plus importants que ceux de ces nouveaux camarades de rang.
Les tarifs proposés étaient relativement sages, et même parfois inférieurs à 100 euros pour certains millésimes antérieurs à 2005, bien que deux pics en 2000 et 2003 laissaient déjà présager une volonté d’alignement avec les autres premiers. Le millésime 2005 met en évidence un pic, multipliant par 3,5 le tarif du précédent millésime. Une baisse s’effectue sur les millésimes suivants tout en restant systématiquement au-dessus de 100 euros. Un nouveau pic arrive avec le millésime 2009, dépassant les 300 euros en euros constant. Depuis, on retrouve le profil sur la période 2010-2016 en cuvette, avec une chute jusqu’à un plancher d’environ 110 euros (correspondant peu ou prou à la valeur du 1998 corrigé de l’inflation), pour ensuite réamorcer une nouvelle augmentation linéaire à 245 euros en 2016. Bien que cette remontée soit sensible, on s’aperçoit cependant que les 2 derniers millésimes, sensiblement mieux notés que 2005, sont pourtant vendus moins chers, si l’on corrige les prix de l’inflation, le 2015 étant au même niveau tarifaire que 2006 ou 2003, par exemple. Enfin, on s’aperçoit également que les cotes sont inférieures aux prix de sortie depuis 2005, sans exception. On remarque que les 2000 et 2001 sont plutôt prisés sur le marché secondaire (millésimes à maturité et prix de sortie à l’époque, relativement bas). Les millésimes 2008, voire 2014 et 2015 permettent d’approcher à un coût relativement modéré un vin ayant le niveau des premiers. Léoville Las Cases, le moins déraisonnable de tous les premiers.




Château Léoville Poyferré
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 3ème
Le château Léoville Poyferré, après 3 millésimes en demi-teinte (1997, 1998, 1999) est de nouveau revenu à un niveau très acceptable, avec une tendance à la hausse sur ces 20 années. Comme son voisin Léoville Barton, il est assez sensible aux aléas des millésimes, quoiqu’en étant un peu moins performant (55% du temps en dessous de 90). Les millésimes faibles sont assez bien tamponnés (supérieurs à 87, sauf pour le trio des années 90), par contre, les réussites, bien que se situant à un niveau très honorable certes (entre 90 et 94 essentiellement) sont insuffisantes pour lui permettre d’avoir une moyenne sur l’exercice supérieure à 90 (89,46 au global). Ceci a comme conséquence de le classer dans le 3ème groupe sur cet exercice mais est toutefois à relativiser car il subit le choix affirmé de maintenir 5 strates à ce classement. Dans d’autres configurations de classements, il est probable que Léoville Poyferré aurait pu rester au rang de second.
L’inflation tarifaire se produit sur le millésime 2009, après avoir connu un pic sur 2005. Un profil en cuvette est parfaitement visible après 2010, avec une nouvelle hausse à partir de 2014, mais de façon bien moins soutenue, pour atteindre un peu plus de 90 euros, soit près de 30% de moins que le couple 2009-2010 en euros constant. On notera que les cotes sont plutôt soutenues concernant ce château, y compris sur les millésimes dit spéculatifs que sont 2005, 2009 et 2010. Les millésimes 2014 et 2003 peuvent figurer parmi les meilleures opportunités sur ce château. Un domaine à peut-être privilégier sur les millésimes intermédiaires pour profiter d’un niveau élevé tout en bénéficiant de tarifs relativement supportables.




Château Saint Pierre
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
Le château Saint Pierre est marqué par une tendance à la hausse, avec de belles réussites sur les meilleurs millésimes, dépassant 90 par 4 fois. Sa moyenne est cependant grèvée par des millésimes faibles, inférieurs à 86 dans 7 cas. Ainsi, on se rend compte de la sensibilité et de l'impact du millésime sur la notation recueillie pour ce domaine. Les IC95 initialement assez importants, ont tendance à se réduire et se maintenir entre 2 et 3 autour de la moyenne, depuis 2007. Au total, avec 87,27 de moyenne sur cet exercice, il se maintient confortablement dans son rang.
Les tarifs, se situant volontiers entre 30 et 40 euros jusqu'en 2008, malgré le pic de 2005, ont doublé sur le duo 2009-2010. On retrouve ensuite une courbe en cuvette, avec un plancher à 38 euros, similaire à 2008, pour une notation moindre (84,71 versus 87,88, p=0,11). On retrouve de nouveau une période d'inflation à partir de 2014, avec un sommet atteint à 64 euros pour le millésime 2016, inférieur d'environ 10% en euros constants à 2010. Les cotes suivent globalement les prix de sortie, avec une belle appréciation du millésime 2005. Il s'agit donc d'une valeur sûre, confortant son classement. On privilégiera toutefois les meilleurs millésimes tout en surveillant attentivement l'évolution tarifaire dans le futur.




Château Talbot
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
On retrouve avec le château Talbot, une propriété à la notation assez irrégulière, proposant un profil en vague sur cet exercice, avec une certaine inhomogénéité des notes (IC95 très fluctuants). En effet, il paraît assez sensible aux caractéristiques des millésimes, en particuliers sur les plus faibles, qui sont systématiquement inférieurs à 86, et même 84 pour 4 d'entre eux (1999, 2002, 2006 et 2007), ce qui est assez décevant. Heureusement, les meilleurs millésimes compensent un peu, avec des notes se situant entre 87 et 89,5 et un pic à 91,18 pour le millésime 2016. Cet ensemble permet d'obtenir péniblement un petit 86 de moyenne (85,98), ce qui est cependant assez pour qu'il se maintienne au même rang qu'en 1855.
Les tarifs étaient régulièrment inférieurs à 30 euros, jusqu'en 2008, avec deux pics assez modéré sur 2000 et 2005. Les millésimes 2009 et 2010 font pratiquement doubler les tarifs de sortie. La baisse sur les millésimes suivant est modérée, et s'arrête à environ 40 euros, soit le niveau corrigé de 2007. Depuis, une nouvelle hausse s'est installée, et s'est hissée au niveau de 2010. La bonne affaire concernerait le millésimes 2014, sensiblement noté de façon similaire à 2010, pour un tarif de sortie inférieur de 30%. On notera enfin que ce domaine continue à préserver une certaine cote d'amour envers les amateurs, puisque le marché en seconde main est généralement bien plus élevé que les tarifs primeurs, avec une mention pour les millésimes 1999, 2000, 2001, 2003 et 2005.

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22 Sep 2017 00:39 #5

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PAUILLAC


Création : 1936
Surface : 1215 hectares, et concerne les communes de Pauillac, Cissac Médoc, Saint Estèphe, Saint Julien Beychevelle et Saint Sauveur
Orientation, géologie : On est situé sur une croupe de graves, aux vastes collines vallonées et aux sommets arrondis, séparés par de petits ruisseaux. Le sous-sol est argilo-calcaire avec un peu de marnes, le sol est riche en fer, plus ou moins sableux. On retrouve deux plateaux au sein de l’appellation, séparés par le chenal du Gaët: celui de Pouyalet, qui culmine à 30 mètres, au nord, alors que celui de Saint Lambert, au sud, est plus plat.
Nombre de châteaux classés en 1855 : Dix huit
Classement revisité en 2017 : Quatorze




Château d’Armailhac
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 4ème
Le château d’Armailhac présente une croissance continue sur cette double décennie, avec des progrès constants concernant aussi bien les millésimes faibles que les millésimes forts. On notera toutefois des IC95 encore un peu inégaux d’un millésime à l’autre, quoique tendant à se réduire. Par ailleurs, bien qu’en progression, les meilleurs millésimes peinent à atteindre 90, seul le millésime 2016 y parvenant (90,95), les millésimes les plus faibles arrivant quant à eux, à s’inscrire au-dessus de 85. Ce château obtient néanmoins une moyenne de 85,67 sur 20 ans, faisant de lui un promu au 4ème rang.
Les prix de sortie étaient très abordables, en plateau à moins de 30 euros jusqu’en 2008, avec un pic en 2005, plus impressionnant en pourcentage (+ 73%) qu’en valeur absolue (+ 14 euros). Les millésimes 2009 et 2010 marquent une augmentation continue mais finalement moins impressionnante que sur la plupart des autres propriétés. La décroissance qui suit est cependant faible et se fixe à un plancher correspondant au tarif de sortie du millésime 2005. Enfin, la hausse entrevue depuis 2014 est elle aussi enregistrée de façon mesurée. Les cotes suivent les tarifs de sortie, avec des millésimes antérieurs à 2005 qui s’apprécient bien, en lien avec un prix primeur relativement bas à l’époque.
Au total, le château d’Armailhac figure parmi les bonnes surprises. Bien qu’étant en fonde groupe, il a pu obtenir une promotion, en partie grâce à des millésimes faibles relativement bien maitrisés. Des efforts restent à faire sur les meilleurs millésimes. Même si l’orientation tarifaire suit les grandes tendances générales, on remarque que les prix restent relativement sages et les variations à la hausse sont beaucoup plus pondérés, faisant de lui une valeur à suivre.




Château Batailley
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
Le château Batailley a présenté une progression quasi continue jusqu’en 2005, pour culminer à ce moment-là à 87,46. En effet, les notations moyennes étaient extrêmement basses à la fin des années 90, ne dépassant 80 pour la première fois que pour le millésime 2000. Il rentre ensuite dans une période globalement comprise entre 84 et 89, se permettant même de dépasser cette borne haute sur les deux derniers millésimes (89,30 et 91). Les IC95 se sont à peu près stabilisé à 3,5 ± 0,5 depuis 2006, le millésime charnière qu’est 2005, étant le plus homogène [85,37 ; 89,55]. L’influence des millésimes est présente, en particulier depuis la seconde période concernant ce cru, tout en étant assez modéré, au vu de la fourchette dans laquelle se situe essentiellement le château Batailley.
Nous manquons clairement de données tarifaires sur cet exercice, bien que l’on puisse deviner une certaine forme de stabilité jusqu’en 2014. Les cotations tournent autour de 30 euros. Au total, la période enclenchée depuis 2005 (moyenne de 86,9 sur 2005-2016) permet de maintenir ce cru à son rang initial et compense une première partie d’exercice laborieuse, avec au final un résultat global à 84,85.




Château Clerc Milon
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 4ème
Le château Clerc Milon, avec une moyenne globale de 87,09, progresse d’un rang par rapport au classement de 1855 et se permet de figurer ainsi en plein cœur du 4ème groupe. Après une première partie relativement stable entre 84,7 et 87, le millésime 2005 est un tournant, les millésimes suivants s’articulant autour d’une moyenne de 88 ± 2. Le château Clerc Milon a plutôt bien réussi les grands millésimes, dépassant régulièrement 90 dans ces cas-là, les millésimes les plus faibles étant relativement bien maitrisés. Les IC95 deviennent inférieurs à 3 depuis 2008, excepté sur les millésimes les plus faibles, avec par exemple un 2009 assez consensuel [88,7 ; 92,46].
Les tarifs sont restés maîtrisés jusqu’en 2008, aux alentours de 30 euros, le pic de 2005 étant assez modéré. Les millésimes 2009 et 2010 montrent deux fortes augmentations coup sur coup (+ 71% suivi de + 32%). On retrouve un profil en cuvette avec une décroissance forte, revenant à un plancher aux alentours de 45 euros, correspondant aux tarifs primeurs corrigés des millésimes 2005 ou 2000. L’augmentation est de nouveau importante depuis 2014, +65%, pour culminer à un tarif similaire à celui de 2010, pour une notation équivalente (p=0,525). Les cotes suivent les tarifs de sortie primeur depuis 2006. Les millésimes antérieurs semblent particulièrement bien s’apprécier en seconde main.
Le château Clerc Milon fait partie des bonnes surprises de ce nouveau classement, et suit une trajectoire ascendante laissant augurer d’autres progrès, à fortiori si les millésimes les plus faibles grimpent encore d’un cran. On surveillera toutefois les tarifs qui sont un symbole d’ambition affiché.




Château Croizet Bages
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : Non classé
Ce château n’a pas été retenu dans cette nouvelle hiérarchie. En effet, le niveau moyen, inférieur à 80 (79.54 sur 20 ans) est bien trop faible pour pouvoir y prétendre. Ainsi, on voit que les moyennes ne repassent au-dessus de 80 que depuis le millésime 2009, et dépassent péniblement 85 sur 2010 et 2016. Par ailleurs, les écarts-types sont assez conséquents, témoignant d’une grande variabilité dans la notation, seul le 2010 arrivant à peu près à faire consensus, avec un IC95 à 2,81 [82,92 ; 88,54].
Les cotes sont assez stables et relativement abordables, avec une légère fluctuation dépendante des millésimes. Nous manquons de données pour pouvoir interpréter les tarifs de sortie.




Château Duhart Milon
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
Le château Duhart Milon, avec un résultat global de 86,71 fait partie de la petite moitié des propriétés ne changeant pas de rang au cours de cette étude, restant ainsi en plein cœur du quatrième rang. D’une certaine forme de stabilité apparente, essentiellement contenu entre 84 et 90 (80% des millésimes), le château Duhart Milon présente 2 phases. La première, assez linéaire, de 1997 à 2008, aux alentours de 86 ± 2. La seconde, de 2009 à 2016, présente un profil en « V », avec comme pointe basse, le millésime 2013, à 83,83 (très hétérogène) entouré par des bornes hautes culminants à 90. A titre anecdotique, nous observons curieusement que certains millésimes tels que 2015 ou 2010 paraissent inférieurs à leurs prédécesseurs 2014 ou 2009, ce qui ne va pas dans le sens classiquement observé sur les autres propriétés. On remarquera également des IC95 assez variables, pouvant allègrement passer de 2 à 5 autour de la moyenne, confortant cette sensation de variabilité secondaire.
Les tarifs, très modérés jusque 2008, n’excédaient pas la trentaine d’euros, hormis le millésime 2005, qui approchait 40 euros. On observe un brusque pic en 2009, multipliant le prix de sortie par 2,5. La décroissance jusqu’en 2014 est assez modérée et probablement insuffisante, puisque on se retrouve à un niveau presque encore 2 fois supérieur au niveau de 2008. Enfin, on retrouve une phase d’augmentation, moins brutale, mais qui culmine tout de même au niveau de 2012, quoiqu’ avec une notation nettement meilleure (90,85 versus 86,71, p=0,057). Le marché en seconde main à l’air dynamique et très demandeur des millésimes antérieurs à 2009, avec des cotes soutenues et clairement supérieures aux prix de sorties. Depuis 2009, les cotes, quoiqu’ importantes, sont probablement liées aux tarifs de sortie élevés, mais deviennent inférieures aux prix primeurs. Le château Duhart Milon est à sa place, sans coup d’éclat, assez régulier, mais connaissant également quelques millésimes très difficiles. Des tarifs moins ambitieux rendraient probablement son approche plus cohérente et en lien avec les notations obtenues.




Château Grand Puy Ducasse
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : Non classé
Le château Grand Puy Ducasse, avec une moyenne globale de 83,7 sur 20 ans, échoue aux portes du classement, et quitte le 5ème rang qui lui avait été dévolu en 1855. En effet, bien qu’assez régulier, le niveau d’ensemble est insuffisant. On distinguera deux périodes sur cette double décennie. La première s’étend jusqu’en 2008, avec des notes d’une grande faiblesse, culminant seulement à 84,68 sur le millésime 2005, avec des variabilités énormes, amenant à avoir des IC95 supérieurs à 5 (sauf pour 2005 à 3,46 et 2004 à 4,65). La seconde période, débutant en 2009 est marquée par un niveau moyen sensiblement et significativement plus élevé (moyenne 1997-2008 à 82,13 versus 86,05 pour 2009-2016, p<0,0001), avec des moyennes constamment supérieures à 84 (sauf 2013, à 82,91), un millésime 2016 qui tutoie le 89,5 et des IC95 à 3,9 ± 0,7. Cependant, cette seconde partie ne suffit à laisser le château Grand Puy Ducasse dans le classement.
Les tarifs jusqu’en 2008 sont bas, et ne dépassent pas 25 euros. Les augmentations de 2009 et 2010 sont relativement acceptables, dans la mesure ou les notations ont grimpé également, et ou les tarifs ne dépassent pas approximativement 40 euros. Vu les faibles prix de départ, les cotes sont régulièrement supérieures aux tarifs primeurs. A la déception de ne pas rester classé sur cet exercice, suite à une première partie complètement ratée, doit se substituer pour le château l’idée d’une marge de progression réelle, entrevue depuis le millésime 2009, qui doit se poursuivre dans les années à venir. Par ailleurs, il est absolument nécessaire de mieux réussir les millésimes faibles, dont les notes sur ceux-là, sont globalement très mauvaises.




Château Grand Puy Lacoste
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 4ème
Grâce à quelques millésimes très réussis (2016 et 2015 supérieurs à 92, et trois autres supérieurs à 90), le château Grand Puy Lacoste obtient le privilège de pouvoir grimper d’un rang, dans ce nouveau classement. On remarquera toutefois que ce château est assez sensible aux millésimes, avec une variabilité de notation importante (80% des IC95 sont supérieurs à 3) et un profil très ondulé au cours de ces 20 ans, tout en ayant une tendance moyenne à la hausse. En effet, seuls 40% des moyennes sont supérieures à 88, et les millésimes faibles tirent réellement la moyenne globale (87,71) vers le bas. Cela semble toutefois se pondérer un petit peu depuis 2007, puisqu’aucun millésime ne descend en dessous de 86, sans toutefois avoir de réelle incidence sur la variabilité des notes. On notera également que le millésime 2009 semble être le plus consensuel de tous, avec une moyenne de 91,23 égal au 2005, mais supérieur à 2010 (p=0,46) pour un IC95 à 1,95 [89,28 ; 93,18].
Sans être forcément très haut, les tarifs ont toujours été supérieurs à la barre des 30 euros corrigés. Jusqu’en 2004, ils sont assez stables, malgré un léger pic pour le millésime 2000. Une première grosse inflation a lieu avec le millésime 2005, qui vont le prix de sortie primeur être multiplié par 2,5. La décroissance qui suit permet au millésime 2008 de se négocier au même tarif que pour le 2001. Les millésimes 2009 et 2010 connaissent de nouveau une forte élévation, avec paradoxalement un 2010 vendu plus cher que 2009 et 2005 (de plus de 20%), pour une notation moyenne inférieure d’un point. Le profil en cuvette marque une décroissance très forte et rapide, pour se fixer à un plancher de 44 euros, soit approximativement le tarif de 1997, en euros constant. On retrouve de nouveau une croissance brusque et régulière sur les trois derniers millésimes, pour revenir au niveau de 2010, avec cependant une notation moyenne nettement meilleure (93,31 versus 90, p=0,17). Hormis pour les millésimes 2005 et 2000, les cotes sont sensiblement identiques aux tarifs de sortie primeur. Un château qui, s’il gagne en régularité notamment sur les millésimes les plus faibles, pourra envisager l’avenir avec sérénité en visant plus haut.





Château Haut Bages Libéral
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
Le château Haut Bages Libéral présente un profil assez ondulé, irrégulier et marqué assez fortement par les millésimes, en particulier jusqu’en 2007. Ainsi, on remarque une élévation du niveau moyen sur la seconde partie de cet exercice. En effet, la première période (1997-2007) est bornée entre 80 et 86,5 (pour une moyenne à 82,39), alors que la seconde (2008-2016) présente un niveau moyen significativement plus élevé (moyenne à 86,7, p=0,006), grâce à des bornes basses qui deviennent supérieures à 84. On remarque également une certaine variabilité de notations avec des IC95 assez irréguliers et dont la qualité des millésimes n’est pas un facteur déterminant. Avec 84,33, le château Haut Bages Libéral se maintient néanmoins à son rang en plein cœur de son groupe, et termine cet exercice sur un 2016 visiblement réussi (90,95).
Les tarifs sont restés stables dans une fourchette de 20 à 30 euros jusqu’en 2008. Les hausses intervenues sur les millésimes 2009 et 2010, franches (multiplication par 2 vis-à-vis de 2008), restent mesurées en valeur absolue, atteignant péniblement 40 euros. La décroissance est ensuite assez faible, et se stabilise à une trentaine d’euros, avant de repartir à la hausse, de façon plus franche. Les cotes sont assez similaires aux tarifs de sortie depuis 2009. On remarque quelques millésimes qui s’apprécient bien, sur les millésimes de plus de 10 ans.
Avec une régularité un peu meilleure sur cette dernière décennie, le château Haut Bages Libéral est à sa place, bien campé au 5ème rang.



Château Haut Batailley
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
Le château Haut Batailley présente un profil très ondulé, en particulier sur la première période s’étendant de 1997 à 2005. Ainsi, on voit que l’influence des millésimes est forte sur la notation. Sur cette première période, on observe une variabilité allant de 80 à 87 (pour une moyenne à 83,33) alors que la fourchette de notation se rehausse et se resserre légèrement à partir de 2006 jusqu’en 2015, entre 83 et 89 (pour une moyenne de 85,26) sans pour autant être significative (p=0,0732). Par ailleurs, les écarts de notation sont importants, avec des IC95 à 4 ± 1, et parfois encore supérieurs sur les millésimes les plus difficiles. Ceux-ci ont des moyennes faibles, inférieures à 84, simplement compensés par des millésimes forts atteignant difficilement 87. Avec une moyenne globale à 84,35 malgré tout, le château Haut Batailley parvient à se maintenir, sans grand éclat, au rang qui était le sien en 1855.
Les tarifs sont restés compris dans une fourchette entre 20 et 30 euros jusqu’en 2013, en ayant des variations à la marge en fonction des millésimes, bien que suivant les tendances générales mises en relief sur les autres propriétés. On remarque toutefois une augmentation sur les derniers millésimes permettant au domaine de dépasser les 40 euros, qui suit l’orientation générale affichée par la place de Bordeaux. Les cotes suivent les tarifs de sortie, avec quelques poussées sur d’anciens millésimes à bonne réputation tels que 2005, 2001 ou 2000.
Le château Haut Batailley semble être à sa place, et au vu de cet exercice, ne peut espérer mieux dans l’immédiat.




Château Lafite Rothschild
Classement 1855 : 1er
Classement revisité : 1er
D’un point de vue notation, mis à part 1997 et 2013, tous les millésimes ont des moyennes supérieures à 90, avec en figure de proue 2000, 2010, 2005, 2016 et à un degré moindre 2009, qui possède l’écart-type le plus important (5,40), chose surprenante sur ce millésime.
Toutefois, ce qui est réellement frappant, c’est le pic tarifaire des millésimes 2009 et 2010, provoqué par une demande chinoise extraordinaire. Une première secousse avait eu lieu avec le millésime 2005, même si elle avait été suivi par une décroissance jusqu’au millésime 2008, revenant aux valeurs de 2003 et 2000. Cette envolée des prix a probablement eu un effet stimulant sur les anciens millésimes puisque les flacons de 1997 à 2008 cotent entre 3 et 6 fois le prix de sortie, exception faite de 2005 et 2006 pour lesquelles l’éventuelle plus-value est bien mince. Les millésimes 2009 et 2010 (malgré des notes moyennes très élevées aux alentours de 96) et dans une moindre mesure 2007 et 2011, ont été probablement vendus bien trop cher initialement, puisque leurs cotes sont nettement inférieures à leurs prix de sortie. Ainsi, il faut vraisemblablement chercher les bonnes affaires dans des millésimes ayant déjà quelques années de bouteilles, tels que 2008, 2004 ou 2001, millésime ayant le plus faible IC95 [92,94 ; 94,96], voire 2007, dont la cote actuelle est la plus baisse de tous les millésimes. On notera également pour finir, que les 3 derniers millésimes semblent effectivement très réussis.
Enfin, la remontée des prix depuis 2013 se fait de façon moins exagérée, mais on reste cependant à des niveaux relativement substantiels, bien loin de l’inflation constatée sur la période. Par conséquent, ceci inscrit durablement Lafite Rothschild dans la voie du produit de luxe, ce château méritant tout autant son rang de premier d’un point de vue qualitatif, assez extraordinaire il faut bien le reconnaitre, que d’un point de vue tarifaire.




Château Latour
Classement 1855 : 1er
Classement revisité : 1er
Latour fait partie de l’élite du médoc, sans contestation possible. Sur ces 20 dernières années, les moyennes des notes sont supérieures à 92 dans 80% des cas, avec des IC95 régulièrement inférieurs à 2 (93,62 de moyenne sur 20 ans). On voit de remarquables réussites sur les millésimes 2000, 2003, 2005 et sur le duo 2009-2010 (tous supérieurs à 96).
Les tarifs ont toujours été très soutenus, y compris sur le faible millésime 1997 (149 euros, en euros constant). On voit un premier pic sur le millésime 1999 (400 euros corrigé), puis sur 2005 (681 euros corrigé), avec des variations plus ou moins importantes en fonction de la qualité des millésimes, mais avec un seuil toutefois extrêmement haut. Enfin, l’explosion de 2009 est phénoménale, avec un tarif de sortie multiplié par un peu plus de 6 vis-à-vis du millésime précédent. Nous n’avons pas de donnée pour les millésimes postérieurs à 2010, le Château Latour se retirant du marché des primeurs organisé par la place de Bordeaux.
Les cotes restent elles aussi élevées, avec des appréciations très fortes, notamment sur les millésimes 2000 et 2003. Les millésimes 2004 et 2001 pourraient être ceux présentant le meilleur compromis entre tarif et notation. Un domaine d’exception dans tous les sens du terme, dont le positionnement au sommet de la hiérarchie est pleinement justifié.




Château Lynch Bages
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 3ème
Lynch Bages, malgré un profil ondulé, sensible aux millésimes, présente une tendance générale à la hausse. Avec une moyenne générale à 88,47, il se permet même le luxe de gravir 2 échelons, se retrouvant dorénavant au 3ème rang, avec les illustres propriétés que sont Calon Ségur, Rauzan Ségla et Léoville Poyferré. Sur ce profil, on voit des millésimes faibles maitrisés, rarement inférieurs à 86, mais surtout de franches réussites en millésimes forts, supérieurs à 90, conclu par un 2016 qui s’annonce magnifique (95,02). Il s’agit vraisemblablement de l’une des plus grandes réussites du médoc sur ce millésime. Les notations paraissent cohérentes entre elles, avec des IC95 tournant à 3 ± 0,6 dans 75% des cas.
Les tarifs ont également suivi une tendance forte à la hausse sur ces 20 ans (multiplié par 2,8). Une première partie, jusqu’en 2008, montre déjà des signes de variations significatives à la hausse sur les meilleurs millésimes. Ainsi 2000 était proposé déjà 2 fois plus cher que 1999. Le millésime 2005 présente exactement la même caractéristique envers 2004. Cependant, ils ne dépassaient pas 70 euros, et la décroissance suivant le millésime 2005 n’était probablement pas suffisamment forte. Les augmentations successives de 2009 (+135%) et 2010 (+32% supplémentaires) ont clairement fait changer de dimension ce cru. Le profil en cuvette est bien perceptible ensuite, mais avec un plancher ne descendant pas en dessous de celui de 2005, pour des notes pourtant significativement plus basses (p=0,0336). Enfin, sur les 3 derniers millésimes, on retrouve encore une fois un doublement des prix de sortie (+91%), positionnant le château Lynch Bages à un niveau proche de certains seconds crus classés.
Au total, le château Lynch Bages mérite sa promotion, au vu des performances réalisées, en particulier sur les meilleurs millésimes. Toutefois, son positionnement tarifaire interpelle, cherchant à se positionner à un niveau nettement supérieur au rang auquel il appartient.




Château Lynch Moussas
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : Non classé
On observe une tendance progressive à la hausse sur ces 20 ans, avec toutefois un profil ondulé et variable en fonction des millésimes. Sa moyenne globale (82,30) est toutefois trop faible pour continuer à rester classé. Lynch Moussas pêche par des notes bien trop faibles sur les petits millésimes (inférieurs à 82 pour la plupart), et des notes trop moyennes sur les meilleurs, arrivant à dépasser 85 que depuis 2009. Les trois derniers millésimes laissent entrevoir s’amorcer le début d’une période plus qualitative, avec un 2016 à priori particulièrement réussi (90,19).
Les tarifs sont restés aux alentours de 20 euros jusqu’en 2008, seul le 2005 étant un peu plus cher, profitant de la notoriété du millésime. Depuis, on voit que le 2010 a été vendu très cher (48 euros, en euros constants), et que depuis 2013, une hausse linéaire s’est enclenchée, lui permettant désormais d’arriver à pratiquement 40 euros. Une période probatoire doit se passer pour porter un avis un peu plus précis sur ce domaine et sa production, en particulier sur les millésimes récents et voir si les nouveaux tarifs pratiqués sont justifiés.




Château Mouton Rothschild
Classement 1855 : 1er
Classement revisité : 1er
Avec une moyenne globale de 93,14, Mouton Rothschild reste évidemment au rang auquel il avait pu finalement accéder en 1973 : le premier. La moitié des moyennes est supérieure à 93%, on voit un impact à la baisse modéré lors des millésimes faibles, avec des moyennes toujours supérieures à 90 (hormis 1997). Les notes sont particulièrement homogènes, avec des IC95 très serrés, dépassant 2 seulement sur les millésimes faibles.
Les tarifs ont été assez instables jusqu’en 2005, avec une forte hausse pour le millésime 2000, suivi d’une décroissance rapide rendant presque abordable le 2002 (115 euros en euros constant). Une nouvelle forte augmentation sur le millésime 2003, peu en adéquation avec la notation et une nouvelle baisse importante l’année suivante conclue ce cycle. 2005 multiplie le tarif du millésime 2004 par 3,5 avant de décroitre fortement les millésimes suivants. La bulle du duo 2009-2010 frappe également Mouton, avec des prix frôlant les 1000 euros. On retrouve enfin le profil en cuvette depuis, avec des tarifs calqués sur ceux de Margaux. On voit donc qu’à qualité égale, le 2015 est vendu légèrement moins cher que le 2005, en euros constants, et le 2016 est presque 2 fois moins onéreux que le 2010. Les millésimes 2014, 2008 et 2000 paraissent être les meilleures opportunités au vue des tarifs pratiqués. Le marché secondaire ne semble pas approuver les tarifs pratiqués depuis 2005, puisque les cotes sont toujours inférieures aux prix de sortie (hormis 2008). On s’interrogera sur la signification de la cote du millésime 2000, qui dépareille complètement vis-à-vis des autres millésimes. La décision de promotion en 1973 parait avoir été une bonne décision, et est consolidée à la vue de ce travail.




Château Pédesclaux
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : Non classé
Malgré un taux de récupération de note inférieur à 50%, les données manquantes concernant essentiellement la période 1997-2004, la lecture du profil concernant ce château montre bien 2 périodes bien disctinctes : il y a un avant et un après 2009. Avant, on se rend compte que le domaine est assez peu dégusté et noté, avec des moyennes très basses (inférieures à 80) et des écarts-types énormes (de 4,5 à 10, quand on pouvait les mesurer). Depuis, les moyennes ont nettement augmenté, passant de 75,5 sur la première période, à 85,4 depuis 2009 avec des IC95 bien plus serrés, compris entre 3 et 5 autour de la moyenne. Ce domaine est en nets progrès, même si les millésimes 2011-2012-2013, et un peu plus surprenant 2010, paraissent peu réussi. On le voit avec le 2009 qui a marqué le renouveau du château et les trois derniers millésimes, tous à priori d’un niveau honorable, avec en particulier un 2016 éclatant, supérieur à 90.
On manque de données tarifaires, en particulier sur la période 1997-2008. Depuis, on voit une certaine stabilité sur la période 2009-2013, puis un coup d’accélérateur franc, en corrélation avec les nouvelles réussites proposées par ce château, avec des tarifs, ambitieux vu le manque encore de recul sur cette propriété, qui ont pratiquement doublé en 3 ans. Ainsi, on privilégiera les millésimes 2009 et 2014 en vue d’un achat encore raisonnable, et nous serons vigilant à cette inflation tarifaire forte pour ce domaine qui, en quelque sorte, reviens de loin.
Au total, Pédesclaux montre qu’il faut de nouveau compter sur lui pour les millésimes à venir. Il fait partie des exclus de cette nouvelle hiérarchie, en particulier à cause de la méthodologie adoptée sur cet exercice (lecture sur les 20 derniers millésimes). Gageons que si ce travail était refait dans quelques années, il réintègrerait probablement ce classement. Il semble lancé sur de bons rails, bien qu’une modération tarifaire puisse être une option judicieuse sur les prochains millésimes.




Château Pichon Longueville Baron
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 2ème
On s'aperçoit, sur ce château, une tendance à la progression sur cet exercice, avec des pics particulièrement réussis sur les meilleurs millésimes tels que 2000, 2009, 2010, 2015 et 2016, avec des moyennes excellentes, supérieures à 93. En parallèle, les millésimes réputés faibles sont bien tamponnés, avec des moyennes pour la plupart comprises entre 88 et 90. Dans tous les cas, les notations sont assez homogènes, avec des IC95 compris essentiellement entre 1,6 et 3. Avec une moyenne globale de 90,55, le château Pichon Longueville Baron maintient son rang de façon très honorable.
Les tarifs étaient relativement modérés jusqu'en 2002, quoiqu'un pic en 2001 laissait envisager une nouvelle approche tarifaire. Le millésime 2003, puis surtout le millésime 2005 font exploser le tarif de sortie, multipliant par un peu plus de 2 celui de 2004. La baisse qui suit, bien qu'importante, laisse le château Pichon longueville Baron à un niveau relativement haut (65 euros corrigés en 2008). Le millésime2009, puis encore plus 2010 ont fait atteindre à ce château des prix vertigineux, approchant les 200 euros, pour une notation moyenne identique à 2000, près de 2 fois et demi moins cher. On retrouve un profil en cuvette très marqué, avec toutefois un plancher très haut (73 euros), correspondant au niveau de 2007, pour une notation équivalente (89,20 versus 89,17). La réussite des trois derniers millésimes s'accompagne de nouveau d'une hausse franche et rapide, quoiqu'un peu moins impressionnante que lors de la bulle 2009-2010, pour s'établir désormais à 160 euros sur le millésime 2016, soit 20% de moins que 2010, pour une notation moyenne supérieure (95,66 versus 93,95, p=0,19). Les cotes, bien que restant élevées (ce qui est assez normal vu le prix d'achat initial), ne suivent pas les tarifs de sortie, reflétant un marché secondaire ne cautionnant pas l'inflation tarifaire infligée par le domaine. Il s'agit au total d'un excellent château, y compris dans les millésimes les plus faibles, mais dont l'achat en primeur ne parait pas pertinent. La meilleure affaire correspond probablement au millésime 2008.




Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 2ème
On retrouve en Pichon Comtesse, une propriété assez régulière, au niveau qualitatif élevé (89,96 de moyenne sur vingt ans), ce qui lui permet de se maintenir au second rang, mais avec des coups d'éclats un peu moins spectaculaires que son illustre voisin, Pichon Baron. En effet, bien que 40% des millésimes aient des notes supérieures à 90, on pourra lui reprocher des millésimes faibles inférieurs à 89, tels que 2013, 2012, 2011, 2007 complété par les trois premiers de cet exercice. Ainsi, c'est ceux-ci qui empêchent Pichon Comtesse de pouvoir viser un peu plus haut. Par ailleurs, on remarque une variabilité dans la notation un peu plus importante, avec des IC95 qui peuvent passer allègrement du simple au double (2004 versus 2005, 2009 versus 2010), d'un millésime à l'autre, rendant le tout relativement peu homogène.
Les tarifs ont toujours eu un seuil relativement élevé, avec un plancher aux alentours de la cinquantaine d'euros, jusqu'en 2004, avec des pics déjà décelables sur le smillésimes 2000 et 2003. Le millésime 2005 franchi un cap, avec un tarif primeur plus que doublé vis à vis de 2004. La décroissance s'effectuera atteindre le niveau de 2004 en 2008. On retrouve ensuite cette bulle spéculative sur les millésimes 2009 et 2010, triplant le prix de 2008, puis le profil en cuvette, avec une décroissance brusque pour redescendre à un plancher un peu supérieur à 80 euros, correspondant au niveau de 2007 (en euros constants), pour une notation équivalente. Enfin, une augmentation soutenue est de nouveau visible depuis 2014, quoiqu'un peu moins brusque qu'auparavant, pour se fixer en 2016 à 170 euros, soit 15% inférieur à 2010 pour une notation pourtant supérieure (94,77 versus 92,81, p=0,16). On remarquera enfin, qu'hormis les millésimes 1998 et 2000, le marché secondaire n'approuve pas ces tarifs importants, les cotes restants dans un registre beaucoup plus raisonnable.




Château Pontet Canet
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 2ème
Le château Pontet Canet fait partie sans contestation possible des grands vainqueurs de cet exercice. En effet, avec une moyenne dépassant 90 (90,31), il parvient à se hisser au second rang, soit un gain de 3 marche, ce qui constitue la plus forte hausse dans ce classement. Le millésime 2005 marque un tournant au cours de cette double décennie. En effet, la période 1997-2004, bien que de niveau fort honorable (87,45), semble se concentrer dans une tranche de 86 à 90. Or, depuis ce fameux 2005 qui flirte avec les 93, seuls deux millésimes n'atteindront pas 90 (millésimes 2007 et 2013). Cette période 2005-2016 est ponctuée par quelques réussites exceptionnelles (92,2 de moyenne), telles que 2009 ou 2016, supérieurs à 95 et 2010, qui surpasse tout, avec 96,54 de moyenne. Parallèlement à celà, les IC95 sont très serrés et constants entre 2 et 3, depuis 2003. Ainsi, avec de telles données, si nous n'avions considéré que la dernière décennie, il est probable que le château Pontet Canet ait pu intégrer la plus haute marche du classement. Sa réussite s'explique donc par des millésimes forts brillament réussis, et des millésimes faibles particulièrement bien maitrisés, avec des niveaux moyens au niveau très élevé.
Concomitamment à sa réussite en termes de notation, on voit les tarifs du château Pontet Canet exploser, multipliés par 4,5 en 20 ans. On remarquera toutefois plusieurs périodes. La première, relativement contenue, s'étend de 1997 à 2004, avec des prix de sortie corrigés s'étalant de 30 à 40 euros environ. Un premier pic s'effectue en 2005, avec une augmentation de 85%. La décroissance sur les millésimes suivants est assez faible et ne retrouve jamais les niveaux antérieurs. Le duo 2009-2010, conjugué à des réussites extraordinaires et des mises en avant des critiques, fait de nouveau exploser les tarifs de sortie (117% en 2009, suivi d'encore 10% supplémentaire en 2010), portant Pontet Canet à des tarifs avoisinnant les 150 euros. La décroissance sur les millésimes suivants est plutôt faible, permettant aux prix de sortie de s'établir juste en dessous de 100 euros (avec un plancher à 84 euros pour 2012 et 2013, en euros constants). Enfin, une nouvelle hausse vertigineuse s'est enclenchée, en particulier sur le dernier millésime (+50%). On voit bien que le positionnement tarifaire, au vu de la qualité réelle et des notations qui en découlent, avait pour objectif de rattraper et de se mettre au niveau des châteaux ayant le même niveau qualitatif (les deux Pichon, Cos d'Estournel, Montrose...), faisant fi du classement historique de 1855. C'est désormais chose faite. On note également qu'hormis les millésimes les plus récents, postérieurs à 2010, le château Pontet Canet bénéficie d’une cote plus élevée que les tarifs de sortie, avec de belles demandes sur les meilleurs millésimes du cru.
Pontet Canet fait partie, non seulement des valeurs sûres du médoc, mais désormais également de l’élite, tant d’un point de vue notation que tarifaire. Sa progression est amplement méritée, il est simplement dommageable qu’avec de tels prix de sorties, le risque de voir Pontet Canet inaccessible pour un grand nombre d’amateurs apparaisse.

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22 Sep 2017 00:43 #6

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MARGAUX


Création : L’aire de production est définie en 1923, mais officiellement reconnue en 1954, avec une modification en 2007.
Surface : 1490 hectares, répartis sur 5 communes : Margaux, Cantenac, Soussans, Arsac et Laborde.
Orientation, géologie : On retrouve de vastes collines aux sommets arrondis, abritant 2 terrasses graveleuses avec dépôts fluviatiles, s’élevant de 6 à 33 mètres, séparés par des jalles (ruisseaux). La première est au sud, sur des argiles sableux, des graviers et des petits galets. La seconde est d’origine alluviale, avec des dépôts plus grossiers. Bordé à l’ouest, on retrouve un plateau sableux, légèrement plus élevé (30 à 40 mètres). Le long de l’estuaire de la gironde à l’est, on observe une plaine alluviale de 1 à 2 km de large à très faible altitude (moins de 5 mètres) argilo-limoneuse.
Nombre de châteaux classés en 1855 : 21
Classement revisité en 2017 : 16




Château Boyd Cantenac
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 5ème
Cette propriété du médoc a vu son classement chuter de 2 rangs au cours de cet exercice. Le château Boyd Cantenac a ainsi vu plusieurs périodes se succéder au cours de ces 20 ans. Les 2 premières, de 1997 à 2000 puis 2001 à 2007, ont vu des tendances moyennes monter de façon régulière, mais avec des IC95 conséquents, nettement supérieurs à 4 de part et d’autre des moyennes. Par ailleurs, les points de départs étaient très bas (inférieur à 80 pour les millésimes 1997 et 2001) et les sommets n’atteignaient pas 86. La période suivante, de 2008 à 2011, est assez régulière, non marquée par les millésimes, à 87 de moyenne ± 0,8. Enfin, depuis 2012, on voit une hausse importante, (quoiqu’avec un point de départ encore une fois très bas, inférieur à 84), en particulier sur les 2 derniers millésimes, qui culminent à plus de 89,5, et qui rattrapent un peu les performances de cette double décennie. Ainsi, on est face à un château à l’hétérogénéité certaine, aux variabilités de notes très importantes, et dont les millésimes faibles sont particulièrement difficiles pour cette propriété. Malgré tout, avec une moyenne globale de 84,24, il reste classé au 5ème rang, dans la seconde partie de ce groupe, ce qui constitue au final, une petite performance.
Les tarifs ont été d’une grande stabilité jusqu’en 2004 et très bas (inférieurs à 20 euros), avant de croitre progressivement jusqu’en 2010 pour dépasser 50 euros. On remarquera un simple plateau de 2006 à 2008, légèrement inférieur au pic de 2005. Nous manquons de données sur les millésimes 2011 et 2013, mais on s’aperçoit malgré cela, que les tarifs sont fixés dans une fourchette haute pour la notation, entre 40 et 50 euros. Vu les prix initiaux relativement bas, certains millésimes jouissent d’une cote relativement élevée par rapport au prix de départ : 1997, 1998, 2000, 2001, 2004, 2005. Il est possible que cela ne soit prochainement plus le cas au vu de l’augmentation des tarifs qui a ponctué cette deuxième partie d’exercice. Si Boyd Cantenac ne veut pas se faire distancer, il lui faudra franchir un net palier sur les millésimes faibles, et s’améliorer encore sur les grands millésimes, tout en essayant d’obtenir des notes bien plus homogènes que maintenant.




Château Brane Cantenac
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 4ème
Bien qu’une tendance à la hausse semble se dessiner depuis 2007, le château Brane Cantenac parait trop irrégulier sur cet exercice. En effet, avec une moyenne globale de 87,64, il est rétrogradé de 2 divisions et se retrouve au quatrième rang. Alors que ces moyennes sont comprises pour 60% du temps entre 86 et 90, il ne parvient pas suffisamment à excellent, ne dépassant cette borne haute que 4 fois. Par ailleurs, les moyennes des millésimes faibles sont un handicap pour le château, avec des notes dans ces cas-là peinant à arriver à 85. On voit ainsi une importante variabilité et une empreinte forte des caractéristiques des millésimes sur les notations moyennes du château Brane Cantenac.
Les tarifs étaient très abordables jusqu’à 2008, généralement compris entre 30 et 40 euros, avec des pics assez modérés sur les millésimes 2000 et 2005. L’explosion tarifaire de 2009-2010 va multiplier pratiquement par 3 les prix par rapport au millésime 2008, et de 20 à 50% vis-à-vis du millésime 2005, à notation comparable. La chute intervient sur le millésime 2011, qui permet de faire un plateau durant 3 millésimes à 40 euros environ, soit le niveau de 2006 en euros constant mais avec une notation supérieure, en faveur du millésime 2011 (88,52 versus 86,69, p=0,33). Depuis 2014, une nouvelle hausse, assez forte, s’est produite, avec des tarifs sensiblement égaux pour le binôme 2015-2016 à 2009-2010, pour des notations légèrement supérieures également. Le château Brane Cantenac semble bénéficier d’une cote satisfaisante en seconde main puisque celui-ci s’apprécie presque toujours au-dessus du prix de sortie, y compris sur les millésimes les plus onéreux. S’il continue sa progression, il pourrait s’agir d’un château à surveiller de près, à la condition qu’une modération tarifaire intervienne afin de le rendre un peu plus abordable.




Château Cantenac Brown
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Ce magnifique château margalais de style renaissance, ne parvient pas à garder la même splendeur concernant son évaluation sur ces 20 dernières années. En effet, avec un petit 86 de moyenne (85,98), il perd un rang, pour figurer à la 4ème strate du nouveau classement, plutôt dans la seconde moitié de son groupe. On observe une tendance à la hausse, mais relativement modeste, surtout marquée à partir de 2007. Ainsi, la première décennie, jusqu’en 2007, montre des notations tournant aux alentours de 84, avec un pic à 87 pour le millésime 2005, pour une moyenne sur la période de 84,27 mais avec peu de différenciation entre les meilleurs millésimes et les moins bons. La seconde décennie, elle, montre une franche élévation du niveau moyen par rapport à la première (88,06, p<0,0001). On voit ainsi que les meilleurs millésimes atteignent 90 (2010, 2015) ou s’en approchent (2016, avec 89,58), alors que les millésimes faibles voient leur niveau augmenter et ne plus être inférieur à 85. En contrepartie, ces derniers se différencient plus depuis 2007. Les IC95 restent assez élevés dans tous les cas, seul 2005 étant inférieur à 2 [85,06 ; 89,04].
Les tarifs sont restés contenus en dessous de 30 euros jusqu’en 2005, le pic ayant lieu un an plus tard que la plupart des autres châteaux, avec une augmentation de « seulement » 90% en 2006. La décroissance est d’autant plus rapide que le millésime 2008 se négocie à un tarif inférieur à celui de 2005. On retrouve une augmentation sur le binôme 2009-2010, mais qui sera moins brutale qu’en 2006, avec cette fois une hausse de 75%, s’écrêtant au même niveau qu’en 2007, ce qui est assez surprenant au vu de la différence significative de notation (p=0,012). La décroissance qui suit est toutefois moins marquée, le plancher se situe au niveau de 2005, avant de réamorcer une hausse constante et régulière, qui replace Cantenac Brown au niveau de 2010. Bien que restant relativement abordable, les cotes sont presque systématiquement inférieures au prix de sortie depuis le millésime 2006. Seuls les millésimes les plus anciens bénéficient d’une cote relativement haute. Il était nécessaire pour le château Cantenac Brown de voir une progression s’effectuer sur la seconde partie de l’exercice, sous peine de se faire exclure de ce classement. A la lumière des résultats sur les dix dernières années, il est licite de le maintenir. Une confirmation des efforts entrepris doit avoir lieu, tout comme une certaine régulation des tarifs, bien que ceux-ci restent encore relativement acceptable, avec un plafond à 60 euros qui n’a pas encore été franchi.




Château Dauzac
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
Le château Dauzac parvient à se maintenir dans ce classement, au même rang qu’auparavant, avec une moyenne globale de 84,08. On voit qu’hormis 2 millésimes vraiment faibles (1997 et 2002), il parvient à se situer toujours au-dessus de 82, avec quelques performances supérieures à 86 (le duo 2009-2010 et la triplette 2014-2015-2016), et dont les écart-types se resserrent sur les meilleurs millésimes, pour être inférieurs à 5. Les millésimes faibles sont pour leur part, il est vrai, un peu justes pour ce niveau de classement, avec des moyennes régulièrement inférieures à 84.
On observe un manque important de données tarifaires concernant les prix de sortie. On peut cependant dire que les prix, sur ce que l’on peut voir, sont assez contenus, compris entre 20 et 30 euros. La cote du 2011 est curieusement haute, presque égale à celle du millésime 2005. Les millésimes 2015, 2014, 2010 et 2009 font figure de réussite sur ce domaine, on attendra un peu pour se prononcer sur le 2016 au vu de son IC95 important. Un château régulier, sans coup d’éclat, mais encore abordable, probablement à cibler sur les meilleurs millésimes.




Château Desmirail
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : Non classé
Le château Desmirail commence à n’être réellement dégusté et noté qu’avec le millésime 2000. Le faible taux de récupération de note conduit à avoir des écarts-types relativement importants, en particulier jusqu’au millésime 2009. Depuis, on voit que les IC95 sont beaucoup plus resserrés autour des moyennes, compris entre 2,6 et 4,6. La tendance est globalement à une amélioration, avec toutefois une empreinte forte de l’effet millésime sur la production du domaine, et un plateau qui semble pour l’instant atteint, inférieur à 88. Le millésime 2005 marque un premier saut qualitatif, de nouveau aperçu sur le duo 2009-2010 et depuis les 3 derniers millésimes. Ainsi, le millésime 2009 fait probablement partie des meilleures affaires concernant ce château. Cependant, les millésimes de moins bonne notoriété (inférieurs à 83), ont raison de la moyenne globale (81,3 seulement sur 20 ans), ce qui fait sortir Desmirail du classement.
Les prix sont d’une grande stabilité, autour de la vingtaine d’euros, avec des cotes légèrement supérieures sur les meilleurs millésimes.




Château Durfort Vivens
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 5ème
Le château Durfort Vivens présente un profil ondulé essentiellement jusqu’en 2007. Depuis, on a l’impression qu’une progression plus linéaire est entreprise, avec une sensibilité aux millésimes faibles bien moins marquée, avec d’ailleurs des écarts-types qui se resserrent à partir de ce moment-là. En effet, on voit d’ailleurs qu’une marche d’escalier à lieu en 2014, avec un premier plateau aux alentours de 86, de 2008 à 2013, et un second plus élevé de 4 points, à 90, depuis le millésime 2014. Le château Durfort Vivens reste classé, mais perd 3 rangs, pour se retrouver dans le cinquième groupe, avec une moyenne sur 20 ans de 84,73. Il paie cette première période trop irrégulière, ce qui est dommageable dans la mesure où sur les dix derniers millésimes, il pourrait probablement prétendre à un rang de nouveau un peu plus élevé que celui-ci.
Nous manquons de données concernant les prix de sortie des millésimes récents, alors que ceux antérieurs à 2010 étaient d’une grande stabilité et accessibilité, avec des cotes régulièrement supérieures aux tarifs de sortie. Durfot Vivens est probablement un des châteaux à suivre sur les prochains millésimes, au vu des efforts et des progrès importants fournis depuis 2008. L’absence de données tarifaires sur les derniers millésimes est un bémol qu’il faudra considérer pour pouvoir mieux se déterminer sur la notion de rapport qualité/prix.




Château Ferrière
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 5ème
On retrouve avec ce château une propriété un peu à la peine sur cet exercice, que sa relative stabilité a du mal à masquer. Avec 84,10 de moyenne globale, il fait partie du ventre mou du 5ème groupe, perdant 2 rangs par rapport au classement de 1855. En effet, 70% des millésimes ont des notes entre 82 et 87, sans grosses variations vis-à-vis des caractéristiques des millésimes, mais avec des IC95 relativement importants, aux alentours de 4 depuis 2004. On ne retrouve pas de franche réussite, mis à part peut-être 2016, légèrement supérieur à 89, par contre, les millésimes faibles sont systématiquement inférieurs à 84.
Les tarifs ont toujours été très abordable, se maintenant dans une fourchette de 20 à 30 euros, jusqu’en 2014. On voit une augmentation sensible depuis 2 millésimes (50%). Les cotes sont similaires aux tarifs primeurs. Le château Ferrière peut et doit faire mieux, sous peine de se faire rapidement déborder par d’autres châteaux médocains.



Château Giscours
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Giscours a un profil d’une grande irrégularité, tant en terme de notations, que de variabilités entre dégustateurs. En effet, il présente un profil très ondulé, particulièrement sensible aux caractéristiques des millésimes. Les millésimes faibles sont malgré tout bien tamponnés, avec des notes globalement comprises entre 85 et 87, et des millésimes forts approchant ou dépassant les 90. Par ailleurs, les IC95 peuvent être très variables d’un millésime à l’autre, accentuant encore cette sensation d’irrégularité, avec toutefois une forme de consensus concernant le millésime 2010, avec un IC95 à 1,05 [89,33 ; 91,43]. Toutefois, avec une moyenne globale de 87,61, le château Giscours ne parvient pas à se maintenir dans le 3ème groupe, mais fait partie des têtes de listes de suivant.
Les tarifs étaient assez proches de la trentaine d’euros jusqu’en 2008, avec toutefois un pic en 2005, de près de 70%. L’augmentation se fait en deux fois sur les millésimes 2009 (+65%) et 2010 (+20%). La décrue des années suivantes permet de revenir à un plancher de 40 euros, sensiblement identique aux millésimes 2006-2007 en euros constants, pour des notations équivalentes. Les 3 derniers millésimes sont marqués de nouveau par une hausse sensible (+65% en 3 ans). Le château Giscours jouit d’une cote relativement importante sur le marché secondaire, au moins jusqu’au millésime 2009, avec des valeurs nettement supérieures aux prix d’achats primeurs. Ce n’est plus vrai depuis 2010.
Un peu plus de régularité, et les grands millésimes encore un peu meilleurs : voilà ce qu’il faut au château Giscours pour viser encore plus haut.




Château d’Issan
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Le château d’Issan, bien que relativement régulier (2/3 des millésimes compris entre 85 et 90), perd un rang, avec une moyenne globale seulement de 86,89 sur 20 ans et se situe en plein cœur du 4ème groupe. On s’aperçoit qu’il s’agit essentiellement de la période 1997-2004 qui prive le château d’Issan de viser plus haut, avec seulement le millésime 2000 qui dépasse 86, pour culminer à 88,5, pour une moyenne sur la période de 84,7. Depuis 2005, on voit que globalement les millésimes se succèdent en restant dans une fourchette étroite se situant entre 88 et 90, avec une moyenne sur la période de 88,33, nettement plus haute que lors de la première période (p= 0,0028). Ainsi, les meilleurs millésimes progressent et dépassent même 91 (2015 et 2016), et les millésimes les plus faibles ont vu leur niveau également augmenter, pour ne plus être inférieur à 85 (excepté 2007, avec 84,36). De la même manière, les IC95 commencent à se contenir depuis 2005, et se situent entre 2 et 3,7, alors qu’ils étaient systématiquement supérieurs) 3,5 avant 2004.
Les tarifs étaient bien contenus jusqu’en 2008, en dessous de 30 euros, avec toutefois un pic élevé en 2005, qui avait fait doubler momentanément le prix de sortie. La bulle spéculative de 2009-2010 contamine également le château d’Issan, avec d’abord 80 puis 20% d’augmentation supplémentaire sur ces deux millésimes, rendant 2010 près de 40% plus cher que 2005. La décroissance est forte mais maintient un plancher élevé aux alentours de 40 euros, revenant ainsi aux valeurs de 2006 pour des notes cette fois inférieures. Une augmentation forte et régulière clôture cet exercice pour atteindre des valeurs approximativement similaires au binôme 2009-2010. Château d’Issan était une propriété qui avait l’air de s’apprécier sur le marché secondaire, avec des cotes supérieures aux prix de sorties, en particulier jusqu’à 2005. Ceci n’est plus vrai depuis 2010, le système ne cautionnant probablement pas les derniers prix de sortie. Un peu plus de régularité et des tarifs un peu moins élevés feront probablement d’Issan une valeur à surveiller de plus près dans les années à venir.




Château Kirwan
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Le château Kirwan présente un profil en dent de scie, marqueur d’une grande irrégularité d’un millésime à l’autre, très sensible aux caractéristiques des millésimes, et avec des variabilités entre dégustateurs importantes (50% des IC95 supérieurs à 4). Pourtant, sur ces 20 ans, on remarque que 2/3 des moyennes sont comprises dans une fourchette s’étalant de 84 à 88, ce qui aboutit finalement à une moyenne de 85,84, mais qui est insuffisante pour se maintenir au 3ème rang. Ainsi, il se retrouve en fin de 4ème groupe, sans avoir réellement pu réaliser de coup d’éclats sur cette période, les meilleurs millésimes n’arrivant pas tout à fait à 90 (2016, 2015), alors que les moins bons sont inférieurs à 84.
Les tarifs, initialement aux alentours de 20 à 25 euros jusqu’en 2004, ont pratiquement été multiplié par 2 lors du millésime 2005. La décroissance s’effectue ensuite pour revenir en 2008 au niveau de 2003, pour une notation pourtant bien moindre (p=0,22). L’augmentation de 2009-2010 est relativement douce (+60 puis +17%), ce qui met pourtant les millésimes 2005 et 2003 respectivement 20 et 50% moins chers…On retrouve le profil en cuvette, avec un plancher stable à 30 euros environ, soit les tarifs de 2008 ou 2003 en euros constants. La dernière augmentation parait assez raisonnable, et se fixe approximativement au niveau de 2005 pour des notes légèrement supérieures. Les bonnes affaires pourraient être les millésimes 2003 et 2001, vendus peu chers et de qualité honorable. Jusqu’au millésime 2008, les cotes sont assez élevées, en particulier 2000, 2003, 2005 et 2007.
Au total, ce cru se doit de faire mieux de façon générale, sur les petits comme sur les grands millésimes, et de devenir plus régulier, sous peine de se faire rapidement distancer par d’autres propriétés aux ambitions affirmées.




Château Lascombes
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 5ème
Le château Lascombes fait montre d’une certaine régularité, en particulier depuis le millésime 2000, mais à un niveau toutefois insuffisant pour rester au second rang. Avec une moyenne sur 20 ans égale à 85,19, il se classe désormais dans le cinquième groupe, tout en se tenant en embuscade du quatrième. On remarque qu’il limite les dégâts sur les millésimes faibles, avec des notes comprises entre 84 et 86, mais paradoxalement, il ne profite guère des effets bénéfiques des grands millésimes. Ainsi, ces meilleurs moyennes dans ce cas-là sont situées dans un intervalle serré de 88 à 89,3. Les IC95 sont d’une grande régularité, la plupart compris entre 3 et 4 autour de la moyenne.
Les tarifs, assez homogènes jusqu’en 2004, ont pris un envol sur le millésime 2005 (multiplié par 2), avant de décroitre de façon modérée et probablement insuffisante à cette époque-là, avant de subir un nouveau coup d’accélérateur encore plus fort en 2009, conforté en 2010. Ce dernier s’est ainsi retrouvé 30% plus cher que le 2005, à notation équivalente (88,65 versus 88,56). Une baisse de 50% s’est effectuée sur les millésimes suivants, jusqu’en 2013. Nous n’avons pas les données concernant les plus récents, mais il est fort probable que ceux-ci aient malheureusement suivi la tendance à la hausse, commune à la plupart des autres domaines étudiés. On remarque que le marché secondaire ne semble pas accepter ces fortes hausses et cette politique tarifaire initiale élevée, puisque les cotes sont régulièrement inférieures aux prix de sortie depuis 2005. Un domaine à surveiller et qui pourrait mériter éventuellement un intérêt, s’il arrivait à franchir un palier, en particulier sur les très bons et grands millésimes.



Château Malescot saint Exupéry
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 4ème
Ce château se montre plutôt assez régulier, entre 84 et 89, pour 60% des millésimes. Les meilleurs millésimes dépassent légèrement 90 alors que les moins bons oscillent entre 84 et 86 avec des avis assez disparates dans ces cas là (IC95 supérieurs à 4). On s'aperçoit dès lors que l'empreinte des millésimes est visible, bien que relativement modérée. Ceci permet cependant au domaine d'obtenir une moyenne globale de 87,04 et de se situer en plein coeur du 4ème groupe, perdant toutefois un rang au passage. Depuis 2008, on voit globalement une diminution des IC95, ce qui montre une meilleure cohérence de notation entre les différents dégustateurs. Par ailleurs, depuis ce millésime, on montre également une élévation significative du niveau moyen (88,8 pour la période 2008-2016 versus 85,6 pour 1997-2007, p=0,01), néanmoins facilité par une présence nettement plus importante de très bons millésimes sur la période la plus récente.
Les tarifs, malgré un sérieux pic en 2005, étaient relativement modérés jusqu'en 2008, avec un prix de sortie corrigé se situant entre 30 et 40 euros. On voit une explosion tarifaire essentiellement portée sur le millésime 2009 (+160% sur ce millésime vis à vis de 2008), le millésime 2010 se maintenant au même niveau. Les prix chutent fortement par la suite pour revenir au niveau de 2006, avant de se réinflater de façon bien plus modérée (+48% sur 3 ans). Les cotes suivent les tarifs de sortie depuis 2006, alors que l'on voit des millésimes comme 2005 et 2000 s'apprécient fortement. Les millésimes 2008, 2012 et 2014 constituent probablement de bons rapports notation/prix. Ce cru margalais est plutôt sur une phase ascendante en terme de qualité, qu'il doit néanmoins poursuivre, tant sur les millésimes faibles que forts. Une attention particulière sera portée sur les futurs tarifs de sortie.




Château Margaux
Classement 1855 : 1er
Classement revisité : 1er
Le château Margaux est celui qui bénéficie de la meilleure moyenne sur ces 20 millésimes, avec un résultat de 93,64. On voit que tous les grands millésimes ont des moyennes supérieures à 96, les millésimes inférieurs se contentant de fluctuer aux alentours de 92, à plus ou moins 1 point, avec des IC95 assez serrés, entre 1,4 et 2,8 globalement. L’effet millésime parait assez important sur ce domaine. 2009 semble être le mieux noté (97,54) devant 2015 (97,22 et supérieur de plus d’un point à 2016), puis 2010, 2005 et 2000.
Les tarifs ont connu une première phase ascendante jusqu’en 2001, puis une adaptation haute en fonction de la notoriété du millésime (avec un plancher à près de 200 euros corrigé en 2008). On retrouve cette bulle créée en 2009-2010 (désapprouvé par le marché secondaire, avec des cotes largement inférieures), puis un aspect en cuvette avec une décroissance à 300 euros et une remontée linéaire (mais moins prononcée que précédemment) depuis 2014 pour atteindre désormais presque 600 euros. Ceci rend le millésime 2015 deux fois moins cher que le 2009, à notation égale, alors que le 2016 est 2,5 fois plus onéreux que le 2003. Les millésimes 2000, 2003, et dans une moindre mesure 2014, paraissent être les meilleurs compromis prix/notation. Château Margaux, définitivement premier.




Château Marquis d’Alesme
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : Non classé
Le château Marquis d’Alesme connait deux périodes sur cet exercice. Une première de 1997 jusqu’à 2008. Il est peu dégusté et noté, les moyennes sont faibles et très fluctuantes d’un millésime à l’autre, les écarts-types importants. La seconde est beaucoup plus régulière, marquée par une tendance à la hausse, modérée mais continue, partant de 84,4 en 2009 pour dépasser 90 en 2016 (90,44), avec une homogénéisation des notes, ce qui représente une belle performance en quelques années. Ce château pâtit probablement de la méthodologie de cet exercice, car il serait probablement classé si l’on ne prenait en compte que la dernière décennie.
Nous manquons de données tarifaires concernant les prix de sortie, jusqu’en 2008. Depuis, une augmentation s’est enclenchée, en particulier depuis 2012, constante et régulière, faisant passer le cru d’une petite trentaine d’euros à un peu plus de 40 aujourd’hui, soit une hausse supérieure à 30% en 4 millésimes ! Les cotes fluctuent pour le moment de manière beaucoup plus raisonnable entre 20 et 30 euros, en fonction des millésimes. Un domaine à suivre sur les prochaines années, pour voir si les progrès entrevus portent leurs fruits. La hausse des prix doit cependant être contenue.




Château Marquis de Terme
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : Non classé
Le château Marquis de Terme a longtemps végété entre 80 et 84 (de 1997 à 2008), avant de retrouver des moyennes un peu supérieures à 84 depuis 2009. Les meilleurs millésimes peinent à arriver à 88, seul 2015 dépasse cette borne pour atteindre 90,06, signant la plus belle réussite du cru. A contrario, les millésimes les plus faibles sont vraiment difficiles, inférieurs à 82, voire même 80 pour les plus mauvais. Enfin, les IC95 sont élevés, facilement supérieurs à 3, voire 4. Ainsi, le château Marquis de terme, possède une moyenne trop faible (83,28), avec des variabilités trop marquées pour rester classé, bien que depuis 2009, celà progresse, avec 86,5 de moyenne sur cette courte période.
D'un point de vue tarifaire et exception faite du millésime 2005, le château Marquis de Terme se situe dans une fourchette très abordable, entre 20 et 25 euros, jusqu'en 2008. On voit ensuite une augmentation sur les millésimes 2009-2010 mais qui reste supportable, pour culminer à 38 euros en 2010 (en euros constants). Les millésimes suivant s'infléchissent assez peu, ne descendant pas en dessous du niveau de 2005. Nous manquons de données pour les deux derniers millésimes, qui correspondent à des hausses continues pour les autres domaines. Les cotes sont assez mesurées, proches des prix de sortie corrigés, avec de belles attractivités sur les millésimes 2010, 2001, 2000 et 1998. Cependant, les cotes des millésimes les plus récents sont bien inférieures aux prix de sortie, laissant à penser que ceux-ci étaient probablement trop élevés.
Bien que depuis 2009 une tendance à la hausse soit visible, il est nécessaire que le château Marquis de Terme s'améliore, au moins sur les millésimes les plus faibles dans un premier temps.




Château Palmer
Classement 1855 : 3ème
Classement revisité : 2ème
Le château Palmer est d’un niveau moyen remarquable (90,53) ce qui lui permet de créer l’exploit, et de gravir un échelon pour s’étalonner désormais au second rang. Il sait d’ailleurs se sublimer sur les meilleurs millésimes, étant supérieur à 92 près d’1/3 du temps. Les millésimes 2009, 2010 et 2016 tutoient les sommets avec des moyennes supérieures à 95, rivalisant ainsi avec les meilleurs crus du médoc. Parallèlement à cela, les déconvenues sont extrêmement rares, hormis 1997 et 2007 (qui présentent les deux plus grands IC95), avec des moyennes quasiment toujours supérieures à 88. Ainsi, on voit qu’il y a un impact des millésimes sur les notations, mais que celui-ci est malgré tout atténué par la grande qualité prodiguée par ce château. On s’aperçoit également de la précision de notation, avec des IC95 globalement assez réduits (65% inférieurs à 3 autour de la moyenne), en particulier sur les millésimes 1998 et 2009.
Nous manquons de données tarifaires concernant ce château. Toutefois, on voit clairement une tendance à la hausse, vertigineuse, des prix de sortie en primeur, pour atteindre désormais des tarifs qui dépassent l’entendement. Ceci fait de lui le plus mauvais rapport notation/prix du second groupe. Les cotes, bien que soutenues au vu des tarifs initiaux, sont désormais inférieures aux prix de sorties, prouvant ainsi que le marché secondaire n’acquiesce pas cette envolée tarifaire. Le château Palmer fait partie des plus grands du médoc, incontestablement. Il est toutefois dommage que les tarifs se déconnectent totalement d’une certaine réalité, se coupant ainsi d’une grande partie des amateurs en cherchant à se rapprocher du monde du luxe.




Château Pouget
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : Non classé
Avec un taux de récupération de note de seulement 35%, on voit que le château Pouget est très peu dégusté et noté, ce qui rend sa lecture assez aléatoire. Son profil apparait assez ondulé, et un peu décorélée de la qualité intrinsèque des millésimes. Les moyennes sont basses (80,61 sur 20 ans), avec des millésimes pouvant être très faibles, et sans réelle réussite non plus, avec des écart-types importants.
Nous manquons également de données concernant les tarifs de sortie initiaux, alors que les cotes peuvent paraitre paradoxalement élevées sur certains millésimes (supérieures à 45 euros pour les millésimes 2005, 2008 et 2009).




Château Prieuré Lichine
Classement 1855 : 4ème
Classement revisité : 4ème
Le château Prieuré Lichine paraît d’une régularité et d’une homogénéité de notation redoutable sur cet exercice. En effet, 75% des moyennes sont comprises entre 84 et 89, avec des IC95 compris pour 2/3 d’entre eux à 3,2 ± 0,5. On n’observe pas de coup d’éclat majeur, les meilleurs millésimes arrivant péniblement à 89. Par ailleurs, et excepté 1997 et 1998, les millésimes faibles sont plutôt bien contenus, puisqu’ils sont systématiquement supérieurs à 84. Ainsi, avec 85,65, ce château se maintient au rang qui était le sien en 1855, mais en queue de peloton de son groupe.
Les tarifs étaient bien contenus jusqu’en 2008, inférieurs à 30 euros, même si un léger pic en 2005 était visible. L’augmentation sur 2009 et 2010 aura été moins brutale que sur d’autres domaines, avec poussées successives à + 35% environ chacune. On retrouve ensuite un profil en cuvette, avec une décroissance rapide, un plancher qui se maintient à environ 30 euros, soit les niveaux corrigés de 2008 ou 2003, pour des notations sensiblement équivalentes. La hausse tarifaire visible depuis 2014 est plus douce que de nombreuses autres propriétés, se limitant a + 38% sur 3 ans. Les cotes sont assez proches des prix de sortie, hormis le millésime 2000 qui semble particulièrement s’apprécier en seconde main.
Sans vice ni vertu, cette propriété semble se limiter au minimum syndical. Une position qui pourrait le fragiliser, dans la mesure où d’autres propriétés ont fait de nets progrès sur ces derniers millésimes.





Château Rauzan Gassies
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : Non classé
Ce château présente un profil ondulé sur 20 ans, sans tendance réelle à la hausse, avec une moyenne trop modeste (82,97) et des IC95 très élevés pour qu’il se maintienne dans ce classement. Les réussites sont peu marquantes, et seuls les 2 derniers millésimes dépassent difficilement 86, alors que les millésimes les plus faibles n’arrivent pas à atteindre 84.
Bien que nous manquions de données concernant les tarifs de sortie, ils paraissent se maintenir aux alentours de 30 euros, avec des cotes qui semblent similaires, quoique plus importantes sur les millésimes les plus réputés.




Château Rauzan Ségla
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 3ème
Le château Rauzan Ségla, avec une moyenne honorable de 88,55 intègre le 3ème groupe, ce qui lui fait perdre un rang. En effet, sur ces 20 ans, on observe deux périodes. La première, qui s’étend de 1997 à 2004, est assez stable, mais relativement moyenne pour un cru de ce niveau, l’essentiel des notes se trouvant entre 85 et 88, avec des IC95 supérieurs à 3. La seconde, à partir de 2005, est plus variable avec une tendance à la hausse, marquée par quelques belles réussites, en particulier 2010, 2015 et 2016, mais aussi par des difficultés sur les millésimes faibles, inférieurs à 89 (2013, 2012, 2008, 2007, 2006), quoique mieux appréhendés sur la période 2011-2013 que sur la période 2006-2008. Les IC95 ont tendance à se resserrer à partir de 2008, pour se fixer entre 2 et 3, sans jamais être inférieur à 2.
Les tarifs connaissent une première période assez stable jusqu’en 2004, avec un seuil déjà relativement élevé, entre 40 et 50 euros, en euros constants, avec un pic en 2000. Le millésime 2005 a vu son prix doubler par rapport au millésime précédent et bien qu’une baisse suivra, le seuil ne reviendra pas au niveau de la période 1997-2004. L’augmentation brutale de 2009-2010 verra le prix de 2005 augmenter de 50% en euros constants, pour une notation similaire. On revient ensuite sur un profil en cuvette, avec un plancher à environ 50 euros, correspondant au niveau de 2007, pour une notation supérieure. L’augmentation depuis 2014 semble linéaire et moins abrupte qu’auparavant, pour se situer actuellement légèrement en dessous du prix de 2005, en euros constant (84 euros versus 86 euros). On observera qu’à notation égale, 2015 est 15% moins onéreux que 2016. Une marge d’amélioration semble exister chez Rauzan Ségla et réside dans une meilleure adaptation lors des millésimes les plus faibles.




Château Siran
Classement 1855 : Non classé
Classement revisité : Non classé
Le château Siran présente un profil ondulé sur ces 20 ans, avec peu de coup d’éclats, et des moyennes essentiellement comprises entre 80 et 86, complétées par des IC95 assez important, largement compris entre 3 et 5,5 (et parfois supérieurs à 8 pour le millésime 2005 ou les deux premiers de cette série). Sa moyenne est juste honnête, avec 83,42 sur ces vingt ans, ce qui ne le met pas si loin du cinquième groupe (qu’il aurait pu éventuellement intégrer si cette étude s’était contentée simplement des dix derniers millésimes).
Malgré un 2016 (millésime le mieux noté de la propriété) qui arrive à 28 euros, les tarifs restent extrêmement abordables, entre 20 et 25 euros, avec quelques tentatives d’ajustements vis-à-vis de la qualité des millésimes. Les cotes sont assez proches des prix de sortie. Il peut s’agir d’une alternative pour découvrir les vins de Margaux ou du médoc, pour un coût assez modeste. Il faudra privilégier les meilleurs millésimes.




Château du Tertre
Classement 1855 : 5ème
Classement revisité : 5ème
Le château du Tertre parvient à se maintenir au cinquième rang sur cet exercice, dans le peloton de tête de son groupe (85,13 de moyenne sur 20 ans). Il présente un profil assez ondulé, avec des sensibilités fortes vis-à-vis des caractéristiques des millésimes, tout en arrivant à maintenir une certaine homogénéité de notation (70% des IC95 inférieurs à 4). Les meilleurs millésimes approchent les 88 (et les dépassent pour 2015 et 2016), sans faire d’éclats cependant. On voit toutefois en parallèle, de gros ratés sur les millésimes les plus faibles que sont 2007 ou 2002, dépassant de justesse 80. On voit d’ailleurs que les millésimes 2011, 2012 et 2013 sont bien mieux appréhendés, puisqu’aucun d’entre eux ne descend en dessous de 84 désormais.
Les tarifs sont restés fidèlement positionnés dans la tranche 20 à 30 euros jusqu’en 2014. On voit une augmentation significative depuis 2 millésimes (46%), inhabituelle pour ce domaine. Hormis 1998 et 2005 qui semblent s’apprécier assez fortement, les cotes sont globalement équivalentes aux prix de sortie.
Une meilleure maitrise des millésimes faibles apparait depuis 2008. Il restera alors au château du Tertre à progresser sur les autres millésimes pour espérer élever encore plus le niveau moyen et avoir l’ambition de se rapprocher du quatrième groupe.


Conclusion:

Cet exercice statistique, reposant sur des notations émises par quelques-uns des critiques les plus influents du monde du vin, est éclairant sur plusieurs points. En effet, en premier lieu, cette nouvelle hiérarchie montre bien que la vérité de 1855 n'est plus réellement celle de 2017. Ainsi, on a pu voir que plus de la moitié du classement était remanié. Toutefois, cette refonte du classement en respectant son ossature à 5 rangs, a imposé des choix, que l’on a essayé de rendre les plus objectifs possibles.
En second lieu, nous avons pu constater une évolution globalement à la hausse sur ces 20 ans, probablement dû à une proportion de millésimes forts en fin d’exercice plus importante qu’au début. Les évolutions technologiques, un travail à la vigne peut être plus poussé, des chais de plus en plus performants sont potentiellement également des facteurs confondants. Nous avons également pu voir que d’un point de vue géographique, le nord médoc était le grand bénéficiaire de cet exercice.
Enfin, nous avons pu mesurer l’évolution tarifaire au cours de ces deux décennies, avec des pics bien spécifiques, au fort impact. Ainsi, les tendances globales ont été clairement dégagées, avec une phase de relative stabilité jusqu’en 2008, malgré un pic en 2005, puis une explosion sur le binôme 2009-2010, et enfin une nouvelle augmentation, forte, sur les 3 derniers millésimes. Ces envolées tarifaires depuis une petite décennie rendent par conséquent l’achat en primeur beaucoup plus délicat et moins avantageux qu’auparavant, nécessitant un certain recul, que cette étude avait pour ambition de donner.
En conclusion, ce travail peut s’avérer intéressant pour le consommateur, dans la mesure où sont exposés ici les plus grands crus médocains, ainsi que leur évolution sur 20 ans, en termes de notation ou d’évolution tarifaire. Il pourra être un élément efficace de comparaison, facilitant ainsi la démarche d’achat, que ce soit en primeur ou en période de foires aux vins. Evidemment, nous n’omettrons pas de souligner qu’il s’agit ici d’une approche différente, que les goûts personnels de chacun sont bien entendu primordiaux et priment sur tout autre critère de jugement, de classification ou de notation.

Flo (Florian) LPV Forez
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22 Sep 2017 00:44 #7

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:woohoo: :woohoo: :woohoo: Florian chapeau , quel boulot , ma vue va pas s arranger :D :D , je vais prendre le temps de lire , en tous cas si ça c est pas de la passion , je quitte le forum :)
j attendais avec impatience ton travail , comme les bons vins
encore bravo
didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
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22 Sep 2017 06:41 #8

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Ouvrage impressionnant !!! (tu)

Content de voir les "p'tits nouveaux" arriver et Croizet-Bages et Rauzan-Gassies disparaître.

Votre classement respecte en effet mieux l'effet terroir : en effet, la proximité de la Gironde qui permet de gagner 3-4 °C par jour par rapport à des domaines situées 5 km plus dans les terres. Et c'est aussi là que les sols sont les meilleurs (grosses graves, avec sous-sol argilo-calcaire). Alors que plus on vers l'ouest, plus le sable domine.

Par contre, il est d'usage de parler de la Gironde et non de Garonne. T'es pas à Toulouse, là :)

Eric
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22 Sep 2017 07:12 #9

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Florian
En lisant les grandes lignes , et la comparaison entre l ancien et le nouveau classement , je me retrouve entièrement en phase , avec mes choix de ces 13 dernières années , a savoir que j ai beaucoup privilégié dans mes choix les St estephes , les St juliens , les moulis , et surtout les crus bourgeois exceptionnels , en effet Margaux , a perdu beaucoup , et Pauillac un peu moins
didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
22 Sep 2017 08:02 #10

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Le résultat final a du sens, c'est clair. Et agréger les notes et les prix sont un bon moyen, en effet, de réviser correctement ce classement.
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22 Sep 2017 08:59 #11

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Réponse de Benjamin Dgnn sur le sujet Le Classement de 1855 revisité en 2017 : Le point à Margaux

Combien de nuits agités pour tous ces résultats ? ;)

Une version rive droite contiendrait son lot de surprises. Mais chaque chose en son temps :)

Benjamin
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22 Sep 2017 09:00 #12

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Bravo pour cet immense travail. Ceci dit j'en arrive à une conclusion différente : en 150 ans cette hiérarchie garde du sens car elle ne m'apparaît pas hyper bouleversée non plus.
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22 Sep 2017 09:10 #13

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Je suis admiratif du travail effectué.
On pourra desormais parler du classement LPV du médoc 2017 B)
J'apprécie également les commentaires qui permettent de nuancer la rigueur des chiffres, sur Pedesclaux par exemple

Sylvain
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22 Sep 2017 09:40 #14

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Énorme!

Félicitations

Yann
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22 Sep 2017 10:04 #15

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Bravo pour cet impressionnant travail. Le résultat est très instructif.

Château Lascombes
Classement 1855 : 2ème
Classement revisité : 5ème

Ça va faire plaisir à la MACSF d'apprendre que les 200 Millions investis au début de la décennie ne constituent peut-être pas un aussi bon placement que prévu ...

Trêve de plaisanterie; A quel point ce classement serait modifié si l'on ne considérait que les 10 ou 12 derniers millésimes?
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22 Sep 2017 10:06 #16

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Quel travail impressionnant !
Et qui aboutit sur un résultat intéressant, ce qui ne gâte rien.

Michel
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22 Sep 2017 10:28 #17

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Magnifique - Quel travail, chapeau bas!
Résultats très intéressants, que ce soit dans les changements ou le status quo!
Merci mille fois

Laurent

"Le vin c'est comme une boîte de chocolats..."
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22 Sep 2017 10:58 #18

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Bravo Florian.

Beau travail, très complet sur prix et notations des crus de la rive gauche. Effectivement, Gloria, Chasse-Spleen, Poujeaux, Sociando-Mallet et Haut-Marbuzet seraient "classables" de par leur notoriété et les échos établis par la critique depuis plusieurs décennies.
Quid de Graves/Pessac-Leognan? La Mission Haut Brion serait sans doutes bien classé et beaucoup d'autres à rangs éloignés (Carmes Haut Brion, Smith Haut Laffite, Chevalier, Fieuzal, Malartic-Lagravière, Latour-Martillac, ...).
Je m'interroge beaucoup sur la qualité dans la durée ou au hasard de la réussite particulière d'un millésime pour des crus bourgeois médocains et vins de Graves. Sans parler du relatif manque de notoriété des vins blancs secs (en matière de notation plus que de prix il est vrai). Conventionnel mais passionnant ces classements des têtes d'affiche. Gonflé de donner ta vision 2017 mais c'est parfaitement argumenté, encore bravo.
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22 Sep 2017 12:01 #19

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Mazette, quel boulot, bravo.
Stéphane
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22 Sep 2017 12:25 #20

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Bravo pour ce travail remarquable de rigueur et de rationalité statistique, et donc de pertinence.
Je vais te paraître quelque peu culotté, mais tu ne pourrais pas nous "sortir" le même ouvrage sur le classement des sauternes ?

Sergueï
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22 Sep 2017 13:01 #21

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Bravo Flo
Voilà de beaux sujets de discussion à venir
À quand un bouquin ?

Didier
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22 Sep 2017 14:24 #22

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  • milleret
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Joli travail .....qui ne va inciter les amateurs à retrouver le chemin de Bordeaux ( Médoc ). Soit , ces vins sont devenus inaccessibles ( prix ) mais surtout de mauvais achats si on se fie au rapport qualité prix pour de nombreux vins .
si on se limite sur les dix dernières années , quels sont les vins qui semblent se dégager de cette analyse ...les priorités d'achat et encore plus ceux qui peuvent disparaître de notre panier .
Personnellement , j'ai un peu de mal à envisager de futurs achats dans la région ..peut être quelques 2017 pour le petit fils ....avec une priorité pour Léoville Las Cases .
22 Sep 2017 15:10 #23

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Un travail impressionnant, complet et bien détaillé!

Le pied serait de réaliser un classement actualisé en continu basé sur ta méthodologie mais en prenant en compte cette fois-ci les notes des LPViens. D'ailleurs je dis "un" classement mais ça pourrait être "des" classements (médoc, sauternais, graves, rive droite...)

Harry

Harry, ancien Turons, ancien Orléanais, nouvellement Varois
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22 Sep 2017 15:27 #24

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Réponse de vivienladuche sur le sujet Le Classement de 1855 revisité en 2017 : Quels changements?

Le travail est titanesque et d'une présentation exemplaire. Un immense coup de chapeau Flo ++++ (tu) (tu) (tu) (tu)
Je m'interroge pour certains domaines néanmoins.
La rétrogradation de Léoville-Poyferré d'un cran ou celle de Gruaud-Larose et Brane-Cantenac de deux crans!!! Pour le coup, je suis dubitatif...
Par ailleurs certaines promotions m'interpellent, comme la remontée d'Armailhac et de Clerc-Milon, que l'on retrouve donc au même niveau que Brane ou Gruaud... Pour le coup, là je dis clairement non!!! Le gap qualitatif est significatif entre ces domaines en faveur des rétrogradés.
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22 Sep 2017 16:14 #25

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Flo comment as tu sélectionné les prétendants ? J'aurais plus vu Monbrison et surtout Potensac que les Fourcas !

Michel
22 Sep 2017 16:16 #26

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Magnifique travail ! Je le mets de côté, car ça va constituer une base de référence à laquelle je me reporterai régulièrement.

C'est énorme, d'une clarté parfaite, et avec une approche parfaitement froide et logique. Pas étonnant, dans ces conditions, que le résultat soit parfaitement cohérent.

Et on se prend à rêver d'un travail comparable sur les Graves, St Emilion, Pomerol...

"En ces temps de mensonge universel, dire la vérité est un acte révolutionnaire". George Orwell
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22 Sep 2017 16:31 #27

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Superbe travail et lecture passionnante.
Merci.
JL
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22 Sep 2017 16:55 #28

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Je n'avais pas regardé tout en détail : tu l'admets dans ton texte, mais c'est vrai que c'est regrettable de virer Pédesclaux, car dans les dernier millésimes, il pourrait sans problème être 3ème ou 4ème. Je pense qu'on est à un niveau supérieur à Sociando-Mallet, par ex (4ème, ici).

Comme Vivien, j'ai un peu de mal avec la rétrogradation de Brane Cantenac. Mais bon, j'ai bien compris que le calcul n'était pas un lié à un goût individuel mais à une réalité statistique.

Eric
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22 Sep 2017 18:23 #29

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Comme a St Emilion faudrait le refaire tout les 10 ans :)
Humm, non... ça risquerait de surcharger de travail le tribunal de bordeaux :whistle:
22 Sep 2017 18:48 #30

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