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Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

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Les LONGEROIES à Marsannay : Futur promu ?
Partie 1


Introduction
1. Le vignoble bourguignon
1.1. La Bourgogne viticole
1.2. La Côte de Nuits
1.3. Marsannay la Côte
2. Hiérarchisation du Vignoble
2.1. La Stratification bourguignonne
2.2. Les « Climats » : une particularité
3. AOC Marsannay
3.1. Histoire
3.2. Superficie et aire de production
3.3. Caractéristiques climatiques et géologiques
3.4. Les Longeroies
3.5. Cadre législatif
3.6. Demande en 1er Cru
4. La dégustation
4.1. Le contexte et les conditions
4.2. Les chiffres
4.3. Les comptes rendus
5. Analyse
5.1. Les biais
5.2. Une vision globale un peu décevante
5.3. Simple « Village » ou faible 1er Cru ?
5.4. Une certaine accessibilité
5.5. Une fraîcheur caractérisée, conjonction du lieu, du millésime et du cépage
Conclusion




Introduction
En tant qu’amateur, une dégustation de vins de Bourgogne est toujours un moment que l’on attend avec impatience. En effet, outre la boisson que l’on espère figurer au panthéon des vins, une composante historique ou culturelle y est souvent rattachée. Cependant, le morcellement des parcelles, les différents niveaux de crus ou les différences entre domaines familiaux et négoces bourguignons rendent cette approche délicate, pour ne pas dire difficile pour les néophytes.
L’objet de ce travail, outre un aspect ludique et didactique, est de pouvoir s’intéresser de près à ce vignoble, de pouvoir apprécier les vins produits sur un terroir spécifique qu’est le climat Les Longeroies à Marsannay, et de pouvoir approcher des vins de la Côte de Nuits encore accessible financièrement. Par ailleurs, une tentative d’évolution du statut de certaines parcelles, parmi lesquelles figurent celles du climat Les Longeroies, est à l’étude. Ce travail permettra ainsi d’avoir, en quelque sorte, l’avis du consommateur, régulièrement oublié ou mis de côté dans ces cas-là.
Tout d’abord, une présentation du vignoble bourguignon sera faite, tant d’un point de vue géographique que dans son organisation hiérarchique. Une attention particulière sera bien évidemment portée sur l’appellation Marsannay, avec la mesure des différentes spécificités la caractérisant.
Ensuite, une lecture attentive des multiples comptes rendus fournis par les nombreux dégustateurs du forum LPV nous permettra de confronter leurs ressentis vis-à-vis des bases théoriques apportées en première partie de ce document. Enfin, ceci mettra en lumière quelques points spécifiques concernant l’échantillonnage testé de vins de Marsannay Les Longeroies et, à la suite de cela, occasionnera certainement quelques discussions.

1. Le vignoble bourguignon
La région Bourgogne abrite un des vignobles les plus réputés du monde, ces vignes permettant de produire parmi les bouteilles les plus rares et les plus recherchées par l’amateur éclairé. Composé de plusieurs sous régions, avec de nombreuses appellations, il parait important de bien savoir se situer, afin de bien prendre en compte les particularités locales, historiques, inhérentes à chaque aire de production.

1.1. La Bourgogne viticole


Bandeau haut : plan topographique de la Côte d’Or, édité en 1855 par Jules Lavalle, avec le classement parcellaire qu’il avait pu expérimenter. En bas à gauche, le logo du Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne. A droite, position géographique des vignobles constituant la Bourgogne, hors Beaujolais.


D’un point de vue géographique, la bourgogne viticole s’étend sur 3 départements [1], de la récente région Bourgogne Franche-Comté, auxquels s’ajoute le département du Rhône, dans lequel sont produits les vins du Beaujolais et rattachés administrativement à la Bourgogne. Il s’agit d’un vignoble extrêmement morcelé (près de 90 appellations, 562 1er Crus et 34 Grands Crus…) [2], s’étendant sur 250 km du nord au sud avec une superficie plantée d’environ 30000ha (moins de 3% de la superficie du vignoble planté en France), et totalisant un peu moins de 3800 exploitations, pour une surface moyenne d’environ 8ha, en 2010 [3]. Cette région comprend schématiquement 5 grandes entités distinctes : le chablisien (Yonne), la Côte de Nuits et la Côte de Beaune (Côte d’Or), la Côte Chalonnaise et le Mâconnais (Saône et Loire).
Il s’agit d’un vignoble complexe, marqué par une histoire extrêmement riche, débutant dès l’invasion romaine. Ceux-ci fondent ainsi la ville d’Autun et importent de la vigne [4]. C’est toutefois à partir du moyen âge, dans le sillage du christianisme, que le vignoble bourguignon se développe, avec au passage quelques légendes (L’empereur Charlemagne remarqua que la face ouest de la colline de Corton était plus fraiche, fit planter du chardonnay plutôt que du pinot noir, pour boire des vins issus d’un terroir qu’il aimait sans avoir à salir sa barbe…). Ainsi, le Clos de Bèze fut créé entre 630 et 640, « tardivement » rejoint par les Clos de Vougeot (1115) et Clos de Tart (1141). Entre, les abbayes de Cluny (909) ou Citeaux (1098) apparaissent. Un véritable essor interviendra avec les Ducs de Bourgogne, au début du XVème Siècle, qui feront en sorte d’édicter des règles d’amélioration de la qualité, et d’éviction du gamay (banni par Philippe le Hardi dès 1395 : « un très mauvais et très déloyal plant nommé gaamez » [5]), au profit du pinot noir, par exemple. Les vins gagneront effectivement en qualité et complexité, leur permettant même de rejoindre les tables du Roi de France et du Pape, en Avignon. Au XVIIIème siècle apparaissent les maisons de négoce, permettant une dynamisation et une ouverture vers l’international des vins de Bourgogne, permettant un accroissement de son rayonnement, y compris jusqu’au président des Etats Unis d’Amérique, Thomas Jefferson ! La Révolution Française et la chute de l’ancien empire qui en découla, provoqua la confiscation et la scission de nombreux domaines, qui seront morcelés et revendus à la bourgeoisie : ce découpage et cette rareté provoquée, conjugué à la qualité des vins, contribue à la notoriété du vignoble. En effet, Napoléon Bonaparte ne faisait servir que du Chambertin. De même, Jules Verne, dans un de ces romans [6], fit déboucher une bouteille de Nuits par un de ces héros lorsqu’ils arrivèrent sur la Lune…et dont une étiquette de Nuits Saint Georges fût réellement posée sur le sol lunaire par Neil Armstrong lors de la mission Apollo 11, en 1969…Ou quand la réalité rejoint la fiction… Toutefois, ceci aurait pu être réduit à néant par le phylloxéra, qui faillit annihiler les efforts et progrès effectués au cours des siècles passés, son apparition dans les années 1875 ayant des effets ravageurs sur le vignoble. Le salut passa par un arrachage de la quasi-totalité des vieilles vignes françaises, et par le greffage de clones américains (de façon officielle à partir de 1887).


Quelques éléments clés caractérisant le vignoble de Bourgogne. En haut de gauche à droite : une cabotte en pierre sèche, les roches de Solutré (premier plan, altitude 493 mètres) et Vergisson (second plan, altitude 485 mètres) symboles du mâconnais, logo stipulant que les climats de Bourgogne sont désormais inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Au centre de gauche à droite : la colline de Corton symbolisant la Côte de Beaune, logo de la mythique route des Grands Crus, Château du Clos de Vougeot symbolisant le vignoble de la Côte de Nuits. En bas, borne en pierre délimitant un Grand Cru de Chablis (Vaudésir), différents formats de bouteille de type « Bourgogne », et la croix de la Romanée Conti par temps de neige.


Le témoignage de cette riche histoire est encore bien visible dans la région, avec la présence de nombreux vestiges architecturaux ou religieux que les amoureux de la Bourgogne cherchent à visiter ou photographier (de façon plus ou moins intelligentes d’ailleurs [7]…): les différentes abbayes, le Château du Clos de Vougeot (qui accueille la confrérie des chevaliers du Tastevin [8], créée en 1934 [5] et dont l’objectif est d’être un défenseur et promoteur des grands vins de Bourgogne [9]), les Hospices de Beaune…


Iconographie rendant hommage à la Confrérie des Chevaliers du tastevin, basée au Château du Clos de Vougeot, et ayant vocation à promouvoir les grands vins de Bourgogne. On aperçoit le blason de la confrérie, une étiquette d’un vin tasteviné, un tastevin, ainsi que quelques membres lors d’une réunion.


Concernant l’ampélographie, celle-ci est régulièrement restreinte au chardonnay pour les vins blancs (60% de la production globale), et le pinot noir pour les vins rouges (32% de la production). Le solde est représenté par les effervescents (crémants) et rosés. On trouvera toutefois d’autres cépages : l’aligoté, (dont la présence exclusive signe la production de l’appellation Bouzeron [10]), le pinot blanc ou le gamay, par exemple…
D’un point de vue très schématique, la géologie du vignoble bourguignon (hors chablisien, qui est une entité à part) est situé sur une faille, qui se caractérise par l’effondrement du plateau bressan, à partir du nord du massif central, et formant une ligne quasi droite jusqu’à Dijon. La composition en sédiments, granite, argiles et calcaires variant au gré de la remontée au nord, tout comme une diminution progressive de l’altitude, explique les différences que l’on rencontre du Sud au Nord (granite dans le Beaujolais, sols plus ou moins argilo-calcaires en Côte d’Or…), avec toutefois de façon assez constante des plateaux calcaires à l’ouest, fracturé de façon perpendiculaire par de nombreuses combes, et une plaine sédimentaire.
La climatologie, quant à elle, se caractérise par un ensemble semi-continental (été chaud et sec, hiver froid). S’agissant d’un vignoble plutôt septentrional, il est particulièrement vulnérable aux aléas climatiques, et notamment aux épisodes de gel tardif [11], comme l’an passé, qui a anéanti la récolte à Chablis et diminué grandement les volumes en Côte d’Or, ou des épisodes de grêle, particulièrement violents et fréquents ces dernières années sur Volnay et Pommard, par exemple, imposant aux vignerons une certaine adaptation [12]. La pluviométrie est répartie de façon assez équitable, avec un pic en automne, l’ensoleillement se situe aux alentours de 2000 heures par an. Les vignes les plus qualitatives sont généralement plantées en coteaux, ce qui permet un ruissellement du haut, marqué par le calcaire, vers les sols de plaine plus argileux. L’exposition privilégie une orientation Sud-Sud Est, ainsi protégés du vent et permettant un ensoleillement optimal tout au long de la journée.
Enfin, la Bourgogne est une terre de haute gastronomie, avec quelques produits et plats « phares » [13] : le jambon persillé, les fameux escargots, l’andouillette AAAAA, l’œuf meurette (magnifié par feu Bernard Loiseau [14]), et le mythique Bœuf bourguignon mais aussi de quoi faire un joli plateau de fromage (et ce n’est pas Oliv qui me contredira !!!) l’époisse, l’ami du chambertin, le chaource, le citeaux …La présence également de quelques tables parmi les plus réputées de France [15]: Lameloise (3 étoiles à Chagny), le relais Bernard Loiseau, ou l’Hostellerie du Chapeau Rouge (2 étoiles)… , participe de cette réputation, tout comme les traditionnels événements annuels que sont la Saint Vincent Tournante [8], ou « les trois glorieuses » [16] (le banquet annuel des chevaliers du Tastevin au Clos de Vougeot, la vente des hospices de Beaune [17] et la paulée de Meursault [18]). Pour finir, en tant que terre de vin, la Bourgogne est également le siège de 2 concours : celui de Mâcon [19], général, et celui des Burgondia [20], réservé aux vins issus de cette région.


On aperçoit la pièce des Présidents (ici un Corton Bressandes), une des pièces vendues lors de la vente des Hospices de Beaune fin novembre, au centre une étiquette d’un vin ayant été vendu puis élevé par les Hospices de Beaune, à droite, la confrérie des Chevaliers du Tastevin portant Saint Vincent. En bas aux extrémités : les médailles attribuées lors des concours Burgundia et de Mâcon, et au centre l’affiche de la célèbre fête de la Saint Vincent tournante, qui a eu lieu à Mercurey, fin janvier 2017.


1.2. La Côte de Nuits
Souvent qualifiée de « Champs Elysées » ou de « place Vendôme » des vins, la Côte de Nuits à l’image de vins parmi les plus réputés, les plus qualitatifs, les plus rares et, malheureusement, les plus chers [21]…mais également parmi les plus recherchés par les amateurs. Ainsi, tel un chapelet, s’égrène les noms tous plus prestigieux les uns que les autres : Gevrey Chambertin, Chambolle Musigny, Nuits Saint Georges, Vosne Romanée…et leur floppée de Grands Crus, au nombre de 24 [22] : Musigny, Bonnes Mares, les différents Clos (Saint Denis, Tart, des Labrays, Vougeot…), la multitude de Grands Crus Gibriaçois et Vosniens, avec entres autres mythes, le Chambertin et la Romanée Conti.



La Côte de Nuits se décompose en une fine bande de vignes, d’un peu plus de 20 kilomètres de long, sur quelques centaines de mètres de largeur, du Nord de Beaune aux portes Sud de Dijon [1], plus précisément de Corgoloin à Chenôve. La RN74 et la voie ferrée marquent la limite du vignoble avec la plaine, et sépare les appellations communales des régionales [22]. Il s’agit du premier massif à l’ouest au sortir de la plaine de la Saône. Son aire est de 3806ha, plutôt linéaire, marquée par de nombreuses combes, lui donnant un aspect d’entailles d’Ouest en Est, et facilitant la circulation d’air dans le vignoble, lui permettant d’assainir le vignoble.
L’érosion quaternaire est à l’origine de cet ensemble, dont l’affaissement du plateau bressan a permis l’apparition de ce piémont de forme plutôt concave, et plutôt abrupt à sa cime [23]. Ainsi, la composition du sous-sol, provenant du jurassique, est stratifiée de façon anticlinale (plissé vers le haut avec une occupation centrale par les couches sédimentaires les plus anciennes du Jurassique) et variée : calcaires plutôt durs en position sommitale (formant entre autre la pierre de comblanchien), éboulis calcaires se dégradant en argiles au fur et à mesure de la décroissance altimétrique, et limons sur les coteaux et les plaines. Les sols bruns, du jurassique moyen, sont donc des composés essentiellement argilo-calcaires, très pierreux et permettant une expression optimale du pinot noir, cépage fragile, mais dont l’expression est magnifiée par ce type de sol, d’autant qu’il se trouve là en limite de maturité.


En haut, schéma représentant les combes et plis géologiques de la Côte d’Or. Au centre, de gauche à droite : calcaire blanc de Comblanchien, calcaire à Gryphées, calcaires à Chailles. En bas de gauche à droite : calcaire à Entroques, calcaires et marnes.


Par ailleurs, ce relief est émaillé de nombreuses combes, créant d’importants cônes de déjection dans la plaine. L’exposition globale est plutôt portée à l’est. Les versants sud issus des combes portent le nom de « Larreys chaud », dans lesquels se trouvent certains premiers crus (Les Cras à Chambolle Musigny, Le Lavaut Saint Jacques à Gevrey Chambertin…), quand ceux regardant vers le nord sont appelés « Larreys froids », et permettent localement des expositions Est-Sud-Est ou Est-Nord-Est. L’altitude varie entre 200 et 380 mètres, et la différence entre plaine et sommet est la plus importante dans le centre de la côte, au niveau de l’ensemble Vosne Romanée / Chambolle-Musigny / Morey Saint Denis et Gevrey Chambertin.

1.3. Marsannay la Côte
Marsannay la Côte est une commune du département de la Côte d’Or et d’une superficie de 12,85 km2, de forme rectangulaire avec un appendice en queue de casserole à l’est. Les marcenaciens étaient au nombre de 5208 selon le dernier recensement [1]. Elle est située au Sud de Dijon (6km), entre Chenôve et Couchey, dont elles partagent la même appellation. Elle est située à l’extrémité nord de la route des Grands Crus, et comprend en son sein un peu plus de 180ha de vignes.
D’un point de vue historique, la présence gallo-romaine est attestée, tout comme la culture de la vigne dès cette époque. Longtemps appellée Marcenay en Montagne, elle prend son nom actuel en 1783. L’évolution du suffixe « -IACU » en « -AY » serait une conséquence de cette époque romaine [24]. Par ailleurs, le tournoi du « Pas d’Armes », qui s’est déroulé en 1443, a donné les armoiries de la ville (blason représentant l’affrontement en duel de cavaliers munis d’armures et de lances).


Marsannay la Côte, avec le rocher de Pévenel en haut à gauche. Dessous, une ancienne carte postale représentant la place de la mairie et l’église. A droite, le colombier Saint Urbain. Au centre, le blason de la commune.


On retiendra en bâtiment notable, la présence du colombier Saint Urbain [25](XIIème Siècle), sis rue du château, dont l’histoire remonte à la fin du IXème Siècle, avec la création d’un monastère chargé d’accueillir les reliques de ce Saint. Ce colombier est représenté sur les étiquettes du domaine Jean Fournier et a donné la cuvée Saint Urbain de ce domaine. La commune aurait la particularité de posséder sur son territoire le troisième plus vieux café de France.
Qu’elle se soit appelée « en Montagne » ou désormais « la Côte », on se rend compte de l’importance pour la commune du relief présent (de 238 à 477 mètres), et qui colle parfaitement aux altitudes énoncées ci-avant concernant la Côte de Nuits.

2. Hiérarchisation du vignoble
L’histoire du vignoble bourguignon est pluriséculaire. Au fil du temps, les religieux qui s’occupaient des vignes, remarquèrent que la qualité des vins variait selon leur implantation, tant en terme d’altitude que d’orientation, mais également selon le sol sur lequel plantait la vigne. De ces observations naquit une hiérarchie et un classement des lieux dits et autres parcelles cadastrées.

2.1. La stratification bourguignonne
La Bourgogne est sans doute un des précurseurs de l’approche parcellaire dans le monde du vin. Ainsi, la présence encore actuelle de nombreuses parcelles ceintes de murs et appellées « Clos » en est un témoignage bien vivant. Ainsi, le Clos de Vougeot, pour ne citer que l’un des plus célèbres, est exploité depuis 1111 et délimité depuis le début du XIVème siècle [1]. A partir du début du XIXème siècle, plusieurs essais de classement des vignes et des lieux dits virent le jour, notamment ceux de Cavoleau en 1827, pour l’ensemble des vignobles français, puis par Denis Morelot qui concernait la Côte d’Or vitivinicole [26]. Le Dr Jules Lavalle, en 1855, en complétait ce traité par une analyse commune par commune et proposait à l’intérieur de chacune une évaluation de chaque terroir ou cru, puis en classement en 5 catégories : Hors ligne, Tête de cuvée, 1ère, 2ème et 3ème cuvées. Quelques-uns des Grands Crus actuels avaient déjà été identifiés comme « Hors ligne », parmi lesquels le Clos de Vougeot, la Romanée Conti ou le Chambertin en rouge ou le Montrachet en blanc. Pour l’anecdote, Corton n’était pas totalement classé en tête de cuvée, rang dans lequel figuraient les Saint Georges (1er Cru à Nuits Saint Georges) pourtant au même niveau que la Tâche, les Richebourgs ou une partie des Bonnes Mares et du Clos de Tart, les Perrières à Meursault cotoyant le Bâtard Montrachet, pour ce qui concerne les blancs.


Coupes de la Côte de Nuits, avec représentation d’une combe et d’un cône de déjection en haut. En dessous, coupe transversale schématisant les différentes strates géologiques. En bas à droite, une représentation conceptualisant l’emplacement approximatif des différents niveaux de crus sur le coteau. Au dessus, la répartition pyramidale des différents niveaux de crus en Bourgogne.


Une petite centaine d’année passa et vint la naissance des Appellations d’Origine Contrôlées, en 1935 [27], avec les premières créations en 1936, dont faisait partie celle de Morey Saint Denis [1]. Les décrets d’applications finiront au total par créer une stratification en quatre couches, dont le lien avec le sol et la géologie est évident, classifiant ainsi de façon pyramidale les presque cent appellations de Bourgogne [1] :
- Les 23 appellations régionales [16], réputées comme devant être les plus faibles qualitativement, volontiers plantées en plaines sur les alluvions, et représentant la majorité à l’heure actuelle de la production. On retrouve l’appellation Bourgogne générique, Bourgogne aligoté ou les vins des Hautes Côtes, que ce soit de Beaune ou de Nuits [22].
- Les appellations communales, ou « Village », dont les vignes sont généralement plantées en bas de coteau ou en fin de plaine, à proximité de l’épicentre du village en question. Elles sont au nombre de 44 et produisent environ 35% du volume. Les vins de Chablis, Chassagne Montrachet, Chambolle Musigny en sont des exemples. Il est à noter que certaines vignes d’appellation communales sont plantées sur des communes limitrophes : on retiendra les cas de Gevrey Chambertin ou de Marsannay, notamment. En côte de Nuits, il y a 8 appellations communales.
- Les appellations 1er Cru, suivent le nom d’un village. Ils sont au nombre de 562 et correspondent à environ 10% de la production. Généralement, la qualité est censée progresser, les vignes sont mieux exposées, les sols sont de meilleure qualité. On les retrouve en coteaux. Un grand nombre de villages possèdent des vignes classées en 1er Cru : Volnay, Pommard, Ladoix, Morey Saint Denis… Si les vins sont produits sur un seul climat, et non assemblé avec d’autres, il est possible de le revendiquer : Nuits Saint Georges 1er Cru Les Saint Georges, Vosne Romanée 1er Cru Les Suchots ou Meursault 1er Cru Charmes par exemple…Sur les 8 appellations communales de la Côte de Nuits, seule Marsannay ne possède pas, à ce jour, de 1er Cru…
- Les appellations Grand Cru, au nombre de 34, situés exclusivement sur la Côte d’Or et à Chablis. Ils correspondent au stade ultime de cette classification et représentent moins de 2 % de la production. Leur renommée est telle que le nom de la commune où est située le Grand Cru n’est pas expressément nommée (sauf à Chablis) : La Tâche, Les Bonnes Mares, le Clos de la Roche, les Criots Bâtard Montrachet…

2.2. Les « Climats » : une particularité
Ce découpage parcellaire et cette importance de la notion de cru et de terroir a donné naissance depuis plusieurs siècles à un concept : le « Climat ». Ce terme, qui n’a pas de rapport direct avec le « climat météorologique » en tant que tel, est utilisé pour qualifier et délimiter une surface plantée, généralement de faible superficie (quelques ha au plus, parfois bien moins), et qui possède une certaine homogénéité de sol, de pente et de microclimat, conférant ainsi aux vins produits, normalement une certaine typicité [9]. Un lien topographique ou historique doit donc être avéré.
Par ailleurs, un climat est généralement partagé entre plusieurs producteurs, exception faite des monopoles (La Romanée Conti ou le Clos de Tart, par exemple), et peuvent concerner n’importe quelle surface, quelle que soit le niveau hiérarchique. Ces climats ont parfois des noms assez explicites ou ont un lien direct avec le lieu : les Caillerets, Côte Rôtie…Il est à noter qu’un climat ne correspond pas forcément en totalité au lieu-dit cadastral [23].
Encore plus densifié, les Clos sont un « concentré supplémentaire de climat ». En effet, au sein d’un climat, il s’agit d’une surface originellement ceinte de murs en pierre sèche pour protéger les vignes des animaux entre autre, et incarnent on ne peut mieux le caractère exclusif et singulier des vins de Bourgogne [4]. Ils sont très nombreux, et volontiers revendiqués par leurs propriétaires : Clos des Caillerets, Clos des 60 Ouvrées, Clos des Perrières Monopole, Clos des Lambrays, Clos de Bèze et tant d’autres.


Différents logos concernant le classement des climats du vignoble de Bourgogne à l’Unesco. En haut, une photo d’un vignoble bourguignon aux couleurs automnales symbolisant les différents climats. En dessous, plaque commémorative posé sur les Hospices de Beaune rappelant l’inscription des climats au patrimoine mondial de l’Unesco.


Carte présentant les différentes communes concernées par le classement des climats du vignoble de Bourgogne à L’Unesco, ainsi que les aires de protection.


L’usage du terme « climat » a été officialisé à partir de 1935 par l’Institut National des Appellations d'Origine, et la reconnaissance suprême a été obtenue le 04 juillet 2015 par l’inscription de cette mosaïque, regroupant 1247 climats, au patrimoine mondial de l’Unesco [4]. Pour atteindre cet objectif, une candidature avait été formulée dès 2006, et le travail associatif piloté par Aubert de Villaine, conjugué à des actes de communication, un comité de soutien (présidé par Bernard Pivot), un travail scientifique de haut niveau et des actes de mécénat ont permis de relever ce formidable défi. Ainsi, tout au long du vignoble de la Côte d’Or, de Maranges à l’extrême sud à Dijon au nord en passant par Beaune, se sont plus de 140 communes qui sont concernées par cette réussite, et par conséquent l’intégralité de ce prestigieux vignoble, avec un périmètre élargi permettant une conservation sereine et pérenne de ce patrimoine à la valeur universelle exceptionnelle. Désormais, les climats du vignoble de Bourgogne sont classés au même rang que la Cathédrale de Reims, l’œuvre de Le Corbusier ou le Mont Saint Michel par exemple, pour ne rester qu’en France [28].

3. AOC Marsannay
3.1. Histoire
A quelques encablures de Dijon, Marsannay marque l’entrée (ou la fin, selon le sens) de la Côte de Nuits. Il s’agit d’une jeune appellation bourguignonne puisque le décret d’application concernant sa création date du 19 mai 1987 [29]. Historiquement, les vignes de Marsannay jouissaient d’une très bonne réputation puisque plusieurs communautés possédaient des terres sur ce finage : de l’évéché d’Autun à l’abbaye de Bèze en passant par les Ducs de Bourgogne. D’ailleurs, les vins en étant issus étaient servis sur la table de Louis XIV et Louis XVI.
Toutefois, une production intensive de vin ordinaire au XIXème siècle à base de gamay (supprimé depuis) avait plongé Marsannay dans un inintérêt relatif [30], se contentant de produire pour les dijonnais un vin facile d’accès et au rendement élevé. Le phylloxéra puis la pression immobilière du début du XXème siècle faillirent mettre fin au vignoble. C’est ainsi que Joseph Clair Daü (dont les vignes ont finalement été partagées entre les domaines Bruno Clair et Bart), dans les années 20, initia la culture du rosé, ce qui permis de maintenir une activité viticole [31]. Puis, à force de travail, la production de vins rouges de qualité s’améliora au fil du temps et l’idée de créer une appellation communale fût lancée durant les années 60 pour finalement aboutir plus de vingt ans plus tard.

3.2. Superficie et aire de production
Cette appellation est la plus septentrionale des appellations communales de la Côte d’Or, elle est pour ainsi dire la « Porte d’Or » de la Côte de Nuits. Elle est également la seule de la Côte de Nuits dépourvue de 1er et de Grands Crus. L’aire de production des vins de Marsannay (blancs et rouges) est de 302ha 31a 48ca [32], et comprend 78 climats répartis sur 3 communes :
- Chenôve (24ha 34a 66ca), la commune la plus au Nord et portant le fameux climat le Clos du Roy
- Marsannay la Côte (161ha 88a 97ca), dont les Longeroies sont le climat le plus au Nord, et précèdent le Clos du Roy
- Couchey (116ha 07a 85ca), au sud.


Cartographie complète et délimitation des climats de l’appellation Marsannay. En dessous, les relevés mensuels moyens de précipitations, de températures et d’ensoleillements de la station météorologique de Dijon.


A cette superficie, il faut adjoindre à ces 3 communes 188ha 30a 18ca en bas du piedmont, sur les argiles limoneuses, dont la production concerne un excellent rosé, spécificité locale et ayant une appellation à part : Marsannay rosé. Ainsi, ceci lui confère le droit d’être la seule appellation village pouvant revendiquer les 3 couleurs [4]. Toutefois, l’intégralité de ces surfaces n’est pas cultivée. Environ 230 ha le sont actuellement, pour une production moyenne d’environ 17000 hl, dont 85% de vins rouges, le solde se partageant entre blancs et rosés [29].
Il est également important de préciser que la quasi-exclusivité des climats de Marsannay (hormis 4 climats sur Couchey) se situe du « bon » côté de la route des Grands Crus, c’est-à-dire à droite dans l’axe Dijon-Beaune. Ceci montre la qualité de l’emplacement de ces climats, qui sont placés dans le même prolongement que la plupart des 1ers et Grands Crus nuitons, puisque cette route borde le bas du coteau. Elle signe en quelque sorte la démarcation des sols et de leur déclivité. La zone située entre cette route et la RN74 est occupée par les vignes servant à produire le rosé de Marsannay, sur un sol argilo-limoneux et/ou correspondant aux cônes de déjection et au plateau Bressan [32].

3.3. Caractéristiques climatiques et géologiques
D’un point de vue climatique, le vignoble est soumis à plusieurs influences en même temps : continental, océanique et méditerranéen [23]. Plus qu’un climat particulier ici, même si la dominante est océanique et frais, il faut bien prendre en compte l’importance des combes et des expositions dans la conduite du vignoble, ainsi que de sa relative protection par le massif du Morvan et des différents plateaux bourguignons [30]. On peut toutefois dire que les précipitations moyennes annuelles relevées à Dijon sont de l’ordre de 760mm/an, que l’ensoleillement est d’environ 1850 heures/an, avec des moyennes de températures assez fraîches [33]. Ici peut être encore plus qu’ailleurs, la notion de millésime est primordiale.


Cartographie de la géologie des sols de l’appellation Marsannay, établie par Françoise Vannier-Petit, géologue.


Par ailleurs, les vignes sont plantées entre 250 et 390 mètres, sur des expositions allant de l’Est au Sud [4]. Le sol et le sous-sol sont fracturés et se composent de différentes couches horizontales de calcaires, de marnes, d’argiles et de sédiments formant une véritable marqueterie en surface. Par ailleurs, la présence de nombreuses combes, (comme ces illustres voisins Gevrey-Chambertin ou Chambolle-Musigny…), de déclivités et d’expositions différentes permettent à ce finage de proposer différents types de personnalités et d’identifier 4 grandes zones [23]:
- Le coteau Nord. Commençant à Chenôve, et son Clos du Roy, il descend jusqu’à la Combe de Grandvau. Les versants sont réguliers, avec une pente de plus en plus accentuée au fur et à mesure de la remontée vers le bois. Le sol est mince, dur, à base de calcaire brun. La dénivellation entre le bois et la plaine est relativement faible. Il est composé des climats Clos du Roy et de son prolongement, les Longeroies, En Montchenevoy et La Montagne. Les vins produits sont structurés, équilibrés avec un fruité délicat.
- La combe de Marsannay. La grande combe de Grandvau, complétée par celle du Pré, permet d’apporter un air plus frais, bienfaiteur et protecteur d’un point de vue sanitaire. Ces combes se prolongent par un cône de déjection se composant de marnes et de limons, rendant ce sol plus riche et profond. Les vins produits sur les climats Echézeaux, Finottes et Ouzeloy sont un peu plus souples, fins, fruités et acidulés que ceux du coteau Nord.
- Le coteau Sud de Marsannay. Formé par le début de la combe, il se prolonge au sud, avec une exposition au levant. Les sols sont peu profonds, peu argileux et assez riches en calcaires, et bien draînants. Ils sont volontiers fruités et floraux, plutôt souples et délicats. De nombreux climats sont présents sur cette partie, parmi lesquels les Vaudenelles, les Grasses Têtes ou les Saint Jacques.
- Couchey. Il s’agit du prolongement du coteau Sud de Marsannay, avec la même exposition, entrecoupé par la combe de Vaulon, qui assure la même aération que pour la combe de Grandvau. Toutefois, les failles géologiques sont beaucoup plus importantes que sur le restant de l’appellation. Le sol est cependant assez similaire (avec de nombreux cailloutis), quoique le vignoble atteigne ici sont altitude la plus haute, affleurant le bois des Francs à près de 350 mètres. Les vins sont fruités et empreints d’une finesse certaine. On retrouve les Champs Salomon au Nord et les Champs Perdrix à l’autre extrémité.

3.4. Les Longeroies
Le climat des Longeroies fait justement partie des climats classés par l’Unesco, il est l’un des plus prisés et les plus réputés de l’appellation Marsannay, tout en étant également le plus grand. Ethymologiquement, d’après l’ouvrage de Sylvain Pitiot (ex régisseur du Clos de Tart) et Marie Hélène Landrieu Lussigny [32], Longeroies serait formé du préfixe « Longe », féminin de « long » en vieux français, et de « Roies », qui signifierait des longs sillons (raies, dérivé du latin riga) tracées à la charrue et qui, par extension, traduirait un long terrain ou champ cultivé.


Cartographie du climat des Longeroies (Bas et Dessus), et vues Google Maps.

Il est situé sur la commune de Marsannay la Côte, sur sa partie Nord, dominé par un grand bois, compris entre 268 et 312 mètres [31]. Il s’agit d’une surface en forme de virgule allongée d’environ 35ha, avec la partie la plus septentrionale exposée plein Est puis, au fur et à mesure que l’on se rapproche du centre de la commune, tourne progressivement pour finir plein Sud [34] dans sa partie la plus méridionale. Il est constitué de deux parties (Bas et Dessus des Longeroies) séparées de façon longitudinale par le chemin du bas du Clos du Roy. Le bas des Longeroies (21ha 41a 03ca) est en sortie de déjection sur un sol meuble composé de cailloutis roulés et de limons et de faible pente (3%). Sur cette partie sont produits des rosés ou des vins plutôt souples et fruités. Le Dessus des Longeroies (15ha 60a 25ca) est nettement plus incliné (pente jusqu’à 13%) et possède un sol plus caillouteux, sur du calcaire de Prémeaux très mince, dur et pierreux en haut de coteau alors que sur sa partie médiane, le sol devient marneux, un peu plus lourd [30]. Jules Lavalle disait d’ailleurs de cette fraction qu’elle faisait sans doute partie des meilleures vignes de Marsannay [31], celle-ci faisant naître des vins plus puissants, structurés, un peu chaleureux et sauvages, parfois sanguins, sur des notes de fruits noirs mûrs [34].


Géologie du climat des Longeroies, et exposition. On aperçoit la différence nette de nature des sols entre le Dessus et le Bas, qui sont assez homogènes pris indépendamment l’un de l’autre.


3.5. Cadre Législatif
Le cahier des charges en vigueur est celui homologué par le décret du 24 octobre 2011[29] et reprenant les dispositions du décret du 19 mai 1987. Ainsi, l’aire géographique comprend les 3 communes de Chenôve, Marsannay la Cote et Couchey. Les aires parcellaires comprenant la production de vins blanc et rouges est bien distincte de celle produisant les vins rosés.
Concernant l’encépagement, les vins blancs ont pour cépages principaux le chardonnay et le pinot blanc, pour cépage accessoire, le pinot gris, avec une proportion inférieure ou égale à 10% de l’encépagement pour ce dernier. La proportion de pinot gris dans l’assemblage des vins doit être inférieur ou égal à 30%
Les vins rouges ont pour cépage principal le pinot noir, et cépages accessoires (moins de 15% de l’encépagement et de l’assemblage des vins), le chardonnay, le pinot blanc et le pinot gris.
Pour ce qui est des vins rosés, les cépages principaux sont le pinot noir et le pinot gris, et le chardonnay et le pinot blanc sont considérés comme cépage accessoire, en étant inférieur à 15% de l’encépagement et à l’assemblage des vins.
La densité de plantation est au moins égale à 9000 pieds/ha, avec un écartement entre les rangs inférieur ou égal à 1,25 mètre et un écartement entre les pieds dans un même rang supérieur à 0,50 mètre, avec un pourcentage de pied manquant maximal à 20%. La charge maximale à l’ha est fixée à 10500 kg pour les blancs et 9000 kg pour les rouges. Les rendements sont de 60 hl/ha (butoir 65) pour le rosé, 57 hl/ha (butoir 64) pour les blancs, et 50 hl/ha (butoir 58) pour les rouges.
Les tailles sont en taille courte, taille longue en guyot simple, ou en taille chablis pour les blancs uniquement. La hauteur de feuillage palissé est au moins égale à 0,6 fois l’écartement entre les rangs.
L’irrigation est interdite.
Les raisins sont récoltés à bonne maturité, avec une protection vis-à-vis de la pluie lors de la vendange et de sa réception.
La titration alcoolique des vins blancs est au minimum de 11% (avec un seuil minimal de 178g de sucre par litre de moût), alors que pour les rouges, la titration alcoolique est au moins égale à 10,5% (avec un seuil minimal à 180g/L).
Les jeunes vignes ne peuvent entrer en production qu’à partir de la seconde année si la plantation a eu lieu avant le 31 juillet, et au bout d’une année s’il s’agit d’un greffage sur place.
Les vins sont vinifiés conformément aux usages loyaux et constants. La teneur maximale en sucres fermentescibles doit être inférieure à 3g/L pour les blancs et rosés, et 2g/L pour les rouges.
Après enrichissement, la titration alcoolique ne doit pas dépasser 13,5% pour les blancs et les rouges et 13% pour les rosés.
L’élevage des blancs et des rouges doit être réalisé au moins jusqu’au 15 juin suivant la vendange, pour une mise sur le marché au plus tôt au 30 juin.
Le nom de l’appellation Marsannay peut être suivi par le nom d’un des presque 80 climats environ la composant, en caractères ne dépassant pas la moitié tant en hauteur qu’en largeur ceux utilisés pour l’AOC communale.
Des contrôles, tant documentaires que sur site, ainsi que des examens analytiques et organoleptiques sont effectués par les organismes compétents, pour garantir la qualité des produits et protéger les consommateurs.

3.6. Demande en 1er Cru
Marsannay est la seule appellation communale de la Côte de Nuits à ne pas posséder de 1er Cru. En effet, bien qu’ayant démontré au cours de l’histoire que la qualité des vins produits ici était réelle, le XIXème siècle fût un tournant à ce propos. En effet, la supplantation du pinot noir par le gamay (Jules Lavalle l’écrivait en ces termes : « un territoire dont les climats de pinot ont diminué de jour en jour pour disparaître presque tout à fait »), bien qu’attractif d’un point de vue économique, empêcha la mise en avant de lieux-dits qualitatifs [31]. Ainsi le classement de 1860 effectué par le Comité d’Agriculture et de Viticulture de l’arrondissement de Beaune, à l’époque, n’en retint point. Par ailleurs, l’épisode postphylloxérique conjugué à une certaine forme d’abandon du vignoble fit rater le coche des appellations communales et supérieures, par l’INAO jusque tardivement (1987). Toutefois, et ceci est encourageant, le nouvel essor du vignoble et la qualité en constante progression des vins de Marsannay permet d’envisager une évolution, à tel point qu’un dossier est en cours pour promouvoir certains climats en 1er Cru. Pour ceux-ci, il s’appuie sur plusieurs points :
- Marsannay possède certaines caractéristiques pédo-géologiques similaires à l’ensemble des crus nuitons, de Fixin à Nuits-Saint-Georges. Ainsi, d’un point de vue géologique, le substratum (sol et sous-sol) est dans la continuité de ceux des autres communes de la Côte de Nuits. Par ailleurs, des travaux conséquents ont été effectués ces dernières années pour analyser et comprendre le sol et le sous-sol de l’appellation. Dans sa thèse de Doctorat, Emmanuel Chevigny a exploré et démontré la diversité des sols (par imagerie à haute résolution spatiale) et l’impact de l’Homme sur ceux-ci, sur la commune de Couchey [35] notamment. Par ailleurs, une cartographie d’une précision hors norme a été réalisée par la géologue Françoise Vannier, permettant un zoom d’une précision remarquable sur cette appellation et montrant de façon très précise ce puzzle bourguignon.
- D’un point de vue topographique, la pente des climats éventuellement promus (au moins supérieur à 3%, favorisant drainage et exposition), leur altitude moyenne comprise entre 280 et 330 mètres et leur exposition majoritairement à l’Est et au Sud sont semblables aux paramètres des crus classés de la Côte de Nuits. Le profil reprend l’ensemble typique avec un sommet de côte à forte déclivité puis une pente concave déclive s’atténuant de façon progressive jusqu’au bas de coteau, ou plaine.
- Les usages « loyaux et constants » font partie des mœurs des vignerons de l’appellation, permettant une conduite saine et régulière du vignoble. De même, certains paramètres sont clairement en faveur de ce classement et de cette promotion des crus : la revendication des climats, en complément de l’appellation communale est devenue ultra majoritaire, et les prix pratiqués ne sont pas inférieurs, pour certains, à d’autres Premiers Crus de la Côte.
- Enfin, d’un point de vue historique, si l’on omet la période sombre du XIXème et de la première moitié du XXème siècle, on s’aperçoit que la renommée des vins issus du finage de Marsannay était bien réelle il y a plusieurs centaines d’années, ce qui participe du fait que le potentiel qualitatif est bel et bien présent.
Vu l’ensemble de ces points, il en ressort que certains climats ont toutes les caractéristiques requises pour postuler au rang de 1er Cru. Ainsi, un projet de demande a été monté au sujet de 28 lieux-dits, qui devraient ou pourraient fusionner en 14 « néo »climats [31], selon les préconisations de l’Organisme de Défense et de Gestion de Marsannay. Seraient exclus les lieux-dits situés en sortie de combe ou sur des cônes de déjection. Les postulants sont :
Sur le Coteau Nord :
- Le Clos du Roy
- Les Longeroies (Dessus, le Bas et le climat En Montchenevoy, enclavé entre les Dessus des Longeroies et le Clos du Roy)
- En la Montagne
Sur la Combe de Marsannay :
- Les Es Chézots, nouvelle dénomination des Echézeaux
Sur le Coteau Sud :
- La Charme aux Prêtres, qui correspond à l’actuel climat Les Roseys
- Les Boivin
- Les Grasses Têtes
- Clos du Jeu
- Les Favières
- Les Saint Jacques
Couchey :
- Au Champs Salomon, avec une éventuelle intégration du climat En Clémongeot
- Aux Genelières, qui pourrait correspondre à un conglomérat de 8 lieux-dits actuels
- Le Clos
- Champs Perdrix, qui pourrait englober 5 lieux-dits.


Cartographie et projection des hypothétiques futurs Premiers Crus de Marsannay, avec en violet, ceux du coteau Nord, en rouge ceux du coteau Sud, et en bleu ceux situés sur Couchey.

Notes et Références :
[1] : www.wikipedia.fr
- vignoble de Bourgogne
- clos vougeot
- morey saint denis (AOC)

[2] : Les Meilleurs Vins de France 2016, O.Poels et al., SIC, 2015, 703p., p212-213
[3] : www.agreste.agriculture.gouv.fr
[4] : www.vins-bourgogne.fr
[5] : Robert Joseph, Vins de France, Edition Gründ, Paris, 2005, 287p, p116-117
[6] : Verne Jules, Autour de la Lune, Le livre de Poche, Paris, 1974 (edition originale 1870), 352 pages.
[7] : www.bienpublic.com
[8] : www.tastevin-bourgogne.com
[9] : Guide Hachette des Vins 2016, Collectif, Hachette, Paris, 2015, 1395p., p373
[10] : www.cavb.fr
[11] : www.avis-vin.lefigaro.fr
[12] : www.vitisphere.com
[13] : www.routard.com
[14] : www.blog.bernard-loiseau.com
[15] : www.restaurant.michelin.fr
[16] : www.dico-du-vin.com
[17] : www.hospices-de-beaune.com
[18] : www.lesechos.fr
[19] : www.concours-salons-vins-macon.com
[20] : www.burgondia.com
[21] : www.wine-searcher.com
[22] : www.vinsvignesvignerons.com
[23] : France Benoît, Grand Atlas des Vignobles de France, Editions Solar, 2008, 322p., p.184
[24] : Dumas Françoise, Les potentialités viticoles à la lumière des dénominations toponymiques par Françoise Dumas, in Cahiers d'histoire de la vigne et du vin(n°7, 2007), p9-27.
[25] : www.ville-marsannay-la-cote.fr
[26] : Bazin Jean François, Histoire du Vin de Bourgogne, Editions Jean Paul Gisserot, Paris, 124 pages, p.47
[27] : www.inao.gouv.fr
[28] : www.unesco.org
[29] : www.legifrance.gouv.fr
- Décret du 19 mai 1987 définissant les conditions de production de l’appellation d’origine contrôlée « Marsannay »
- Décret n° 2011-1348 du 24 octobre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Marsannay »

[30] : www.larvf.com
[31] : www.monocepage.com
[32] : Landrieu Lussigny Marie Hélène, Pitiot Sylvain, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne, Editions Monza, Paris, et du Meurger, Vignoles, 418 pages
[33] : www.meteofrance.com
[34] : www.youtube.com
- Rencontre avec Laurent Fournier : Marsannay
- Le Rouge et le Blanc rencontre Laurent Fournier

[35] : Chevigny Emmanuel, Cartographie de la diversité des sols viticoles de versant par imagerie à haute résolution : contribution à la connaissance des terroirs, Thèse de Doctorat en Sciences de la Terre, soutenue publiquement le 11 septembre 2014, 404 pages

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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

CR: Les Longeroies à Marsannay: futur promu? Partie 2

4. La dégustation
Nous venons de le voir, Les Longeroies font partie des climats postulants au titre de 1er Cru, dans un horizon à court ou moyen terme. C’est à partir de ce postulat que l’idée de tester ce cru est venue. Pour ce faire, il me fallait réunir un maximum de comptes rendus de dégustations afin de pouvoir être le plus précis et exhaustif possible.

4.1. Le contexte et les conditions
L’objectif initial était de voir le niveau moyen que pouvait atteindre ce climat. Les objectifs secondaires étaient de vérifier si le niveau de 1er Cru, estimé par les dégustateurs, pouvait être raisonnablement et régulièrement atteint, mais également de découvrir les caractéristiques propres à ce climat pour les confronter à celles théoriques, exposées ci-avant.
Il s’agit d’un climat suffisamment grand en superficie et cultivé par plusieurs vignerons, ce qui rendait la quête d’une bouteille de Marsannay Les Longeroies relativement accessible aux lpviens souhaitant participer. Par commodité et pour plus de simplicité, il n’a pas été demandé de goûter le climat « En Montchenevoy », qui pourtant devrait être englobé dans le potentiel futur premier cru Les Longeroies, et qui aurait sans doute eu toute sa place dans cette étude.
Par ailleurs, la plupart des cuvées coûtent moins de 30 euros, et un peu moins de 40 euros pour les plus onéreuses. Ceci restait donc une somme relativement modérée, ce qui permettait ainsi au plus grand nombre de participer.
Un appel à dégustation a donc été officiellement lancé la 04 mars 2017, pour une période de 3 mois. J’ai reçu les derniers comptes-rendus le 02 juin.
Afin de faciliter et d’homogénéiser les ressentis des participants, une grille de notation était imposée, dont voici les caractéristiques :
- Médiocre (<10)
- Moyen (10)
- Passable (11)
- Assez Correct (12)
- Correct (13)
- Assez Bien (14)
- Bien (15)
- Très Bien (16)
- Excellent (17)
- Exceptionnel (18)
- Grand (19)
- Mythique (20)


Il était également demandé à chaque participant de bien vouloir essayer d’évaluer le vin dégusté, selon son propre référentiel personnel, et de voir à quel niveau hiérarchique il devrait/pourrait se situer :
- Régional (exemple : Bourgogne, Hautes Côtes…)
- Communal (le statut que Marsannay Les Longeroies possède actuellement)
- 1er Cru (classement auquel certains climats postulent)
- Grand Cru (qui est le sommet de la hiérarchie bourguignonne)
A défaut de positionnement à ce sujet, les vins étaient de facto placés dans leur catégorie actuelle, le niveau Communal.

4.2. Les Chiffres
Ce second terroir commun, après le Grand Cru Schlossberg l’an dernier, est de nouveau une réussite en termes de participation. Nous sommes d’ailleurs à peu de choses près sur les mêmes bases, puisque les données de cette année sont de :
- 31 comptes-rendus de dégustations (34 l’an passé)
- 21 bouteilles différentes auront été dégustées (19 pour le Schlossberg)
- 7 millésimes auront été testés (6 l’an passé) : les 6 derniers plus 2004
- 7 Domaines auront vu au moins une bouteille de leur production goûtée (6 l’an passé)
- 20 dégustateurs se seront prêtés au jeu (22 l’an passé)



4.3. Les comptes rendus
Pour une lecture facilitée, ils sont classés du plus récent au plus ancien, par ordre alphabétique des domaines et des dégustateurs. Lorsqu’un nom de domaine est absent, c’est que la bouteille a été goûtée avec la personne précédente.


2015

Didierv : Domaine Bart, 2015
Robe claire, grenadine. Reflets roses très jeunes. Très beau nez expressif et assez exposif sur les fruits rouges très frais, framboise, groseille, grenadine. La bouche est exactement dans la continuité sur les fruits rouges, jolie structure sur la finesse et un fruité/acidulé très agréable. Ce n’est pas très long ni très complexe, mais c’est très bien fait très gouleyant. Le millésime a fourni une matière bien mure sans excès de chaleur, ni sur maturité. Les Longeroies c’est hyper torchable et presque trop bon tout de suite
Nous avons parlé des classements possibles en premier cru sur la commune. Pierre me disait que la parcelle du Domaine étant située en grande majorité sur les Longeroies du bas, il y avait peu de chance de voir ce vin du Domaine classé en premier cru.
La dégustation des 2 vins suivants : La Montagne parcelle située juste au dessus des Longeroies et encore plus au Champ Salomon a montré des vins d’un niveau supérieur sur tous les plans sauf le plaisir immédiat de dégustation.
Note de dégustation :16/20 pour le plaisir
Classement : Village oui mais pas 1er cru

2014

Frisette : Domaine Bart, 2014
La robe est grenat franchement rubis. Le nez est fruité (baies rouges, groseille), un peu sanguin, réduit et avec un peu de cendres. On retrouve une bouche fluide et gouleyante avec une matière relativement ronde. Les tanins sont extrêmement fins, et se retrouvent plutôt en seconde partie de bouche, ce qui resserre la finale et donne un ensemble un peu strict. Ceci est renforcé par un retour de fraîcheur, avec une sensation d’utilisation de matériel végétal (rafle ?). L’aromatique est plutôt sur la cerise et son noyau, très légèrement épicée (clou de girofle) et avec un peu de réglisse. La matière est moyennement dense. La finale est de longueur correcte. C’est un Très Bon (16/20) Village, mais un peu limite pour un premier cru.

Frisette : Domaine Bruno Clair, 2014 Non à l’aveugle, carafage 2h30
La robe est rubis. Le nez fait un peu sanguin, on a des fruits rouges. La bouche est dense et droite, on ressent une matière classieuse, portée par un végétal noble (queue de cerise) qui lui donne de la classe. L’aromatique présente de fines notes de cerise (un peu en retrait toutefois), des fruits rouges et des agrumes (orange). Les tanins sont poudrés, resserrent toutefois un peu en finale. La longueur est belle, avec une finale aristocratique sur la rafle. Un vin qui a du caractère et qui est à garder en confiance. Accord correct avec les tranches de fin gras du Mézenc. Très Bien (16/20), 1er Cru

Cédric42120 :
Nez timide qui s'ouvre sur de beaux fruits frais et murs à la fois (cerise, mûre...)... léger vanillé...
Bouche soyeuse, longiligne, structurée... C'est juteux, charnu à dominance de cerise avec des notes de framboise appuyées d'une touche balsamique.
Acidité présente, belle fraicheur. C'est sanguin limite ferreux...Belle bouteille !
Bien/Très Bien (15,5/20), Village

Jean-Bernard :
Nez qui évoque le pinot, fruits rouge, terre, des notes d'élevage.
Attaque soyeuse, pleine. Bouche qui me semble manquer d'éclat, un peu "mate".
Finale un peu comprimée , avec des amers qui demandent à se fondre, bonne persistance.
Ensemble agréable toutefois.
Ça me parait être le moins accessible pour le moment des trois longeroies 2014 (Clair, Fournier, Mortet) dégustés ces jours ci,
c'est pourquoi je lui donne la note plaisir la moins élevée: 14,5/20, Village

Frisette : Domaine Jean Fournier, 2014
Robe rubis. Le nez est précis et élégant sur la cerise et la griotte, un peu sanguin, finement fumé sur la mèche de pétard. La bouche est longiligne fluide et facile, porté par une belle acidité. L'arômatique est précise et d'une belle définition sur la cerise et la griotte, avec de fines effluves de framboise et de gravier humide, un peu fumé et sanguin. Les tanins sont d'une grande finesse. La finale est de moyenne longueur, s’étirant sur des amers très noble et un fin trait de vert rafraichissant et élégant. L'ensemble paraît très pur et équilibré, d’une grande buvabilité dans un style fin, droit et classieux. Sans doute l'un des plus beaux représentants des Longeroies goûté, Très Bien à Excellent (16,5/20), toutefois un manque de densité à coeur l'empêche de viser plus haut que le niveau Village.

Jean-Bernard : Domaine Jean Fournier, 2014
Nez pur, sur la cerise, le noyau. Bouche de constitution plutôt souple, matière soyeuse. Ensemble joyeux, d'une certaine vivacité. Finale fraîche, fruitée. Peut-être que c'est en finale que l'élevage se fait sentir avec une matière encore un peu tenue aux tannins qui "collent" un tout petit peu. Bon plaisir sur ce vin franc dans l'ensemble, et bien fait, qui respecte le pinot. Ensemble un peu léger toutefois pour faire penser à autre chose qu'un bon petit village nuiton. 15/20. Niveau Village

Frisette : Domaine Denis Mortet, 2014
Robe rubis, claire. Le nez est franchement élégant, sur la cerise, la framboise, la confiture et la crème patissière. En bouche, on a une matière d’un velouté et d’un crémeux hors norme, avec une gourmandise fruitée superbe de pureté. La framboise, la cerise et la groseille se mêlent aux superbes notes vanillées, témoin d’un élevage appuyé mais dont l’onctuosité rend l’ensemble d’une digestibilité et d’une buvabilité redoutable. Le toucher de bouche est superbe de délicatesse, et clairement identifiable pour un connaisseur du domaine. La matière est légère, plutôt aérienne, avec des tanins d’une grande finesse. La finale est malheureusement relativement brève et manque d’intensité. C’est Excellent (17/20), mais le manque de densité et de profondeur conjugué à cette finale un peu courte m’empêche de le voir à un plus haut niveau que celui d’un (très bon) Village.

Jean-Bernard : Domaine Denis Mortet, 2014
Un nez à l'élevage présent, mais qui n'a pas gêné mon plaisir: vanille, crayon, et griotte, menthe? Attaque soyeuse, enrobée qui se poursuit sur la même tonalité, élégante, très dessinée avec une certaine consistance. Finale juteuse qui ajoute de la gourmandise à la facture d'ensemble. Longueur moyenne, sur les arômes du nez. Un vin qui a été très apprécié en famille, par son élégance et sa cohérence d'ensemble. Personnellement j'ai beaucoup aimé, mais puisqu'il il faut se risquer à livrer en avis sur le thème du terroir, je dirai que c'est plus un vin de "faiseur", un vin à l'élevage particulièrement maîtrisé, qui ne se fait pas remarquer par sa longueur, sa structure, sa profondeur. 16/20 tout de même, pour le plaisir apporté. Niveau Village

2013

Frisette : Domaine Bart, 2013
La robe est rouge rubis. Le nez est au départ un peu réduit, et rapidement devient cendré et sanguin. Puis à l’aération on sent des odeurs de vieux foudre en cave. Après quelques heures, on retrouve les petites baies rouges, la cerise et la framboise. En bouche, on retrouve une matière gouleyante, fruitée (baies rouges, framboise) mais également de fines notes d’agrumes (orange). La bouche est ronde, avec une matière veloutée et des tanins assez fondus et souples. La finale présente une légère sensation boisée qui la sèche un peu. Elle est de moyenne longueur et s’achève sur une sensation un petit peu réglissée. Très Bien (16/20), niveau Village

Frisette : Domaine Bruno Clair, 2013
Bue sur 3 repas.
La robe est rubis à reflets grenat. Le nez est un petit peu sanguin et épicé, sur le clou de girofle, et finement réglissée. On a une bouche franche, fraîche et droite, avec un grain de tanin extrêmement fin. L’aromatique est plutôt épicée, avec toujours ce clou de girofle. On retrouve également la réglisse et les petites baies rouges. En seconde partie de bouche on retrouve une amertume, liée en partie au végétal et peut être également au millésime, qui rend peut être un peu stricte cette bouche. La finale est de grande longueur, surtout pour ce niveau d’appellation. Il manque actuellement de gourmandise, et se présente plutôt sur un versant austère, ce qui est assez conforme à ce que fait le domaine habituellement. La tenue à l’air sur plusieurs jours montre une certaine robustesse, et par extension une capacité certaine à supporter la garde et le vieillissement. Bien à Très Bien (15,5/20), niveau 1er Cru.

Frisette : Domaine Denis Mortet, 2013
Ouverture 3 Heures.
La robe est rouge grenat foncée, à reflets rubis. On est en présence d’un nez délicatement vanillé, puis on retrouve des notes élégantes de cerises bien mûres et de petites baies rouges et enfin de poudre à canon. En bouche, on a un vin rond, avec une matière relativement dense et veloutée, sur le graphite, avec une grande finesse de tanins. L’aromatique est sur les baies rouges, la cerise avec une légère pointe de végétal noble en final, qui raffraichit et qui étire un peu ce vin. La trame tannique est très fine et fondue. Très Bien à Excellent (16,5/20), niveau 1er Cru.

Sylv1 : Domaine Denis Mortet, 2013
La robe est claire, elle ne trompe pas sur son origine.
Le nez pinote gentiment, avec des arômes agréables de griotte et de kirsch. C’est très avenant.
L’attaque en bouche est vive et glycérinée. Il y a un bel élevage, respectueux du fruit (griotte).
La suite est plus décevante, le vin manque de matière et de densité, surtout pour équilibrer une acidité assez prégnante, probablement trop pour beaucoup de palais sudiste.
Un vin agréable, fluide pour être positif, maigre pour caractériser une matière que j’aurais souhaité plus généreuse.
Bien sans plus, c’est la première fois que je ne suis pas conquis par cette cuvée. Note :13/20, niveau Village

Frisette : Domaine Sylvain Pataille, 2013
Aération 2 heures.
La robe est rubis. Le nez est sur la cerise et la rafle. La bouche est acide, avec une matière assez légère et croquante. L’ensemble est fluide mais d’une (trop ?) grande vivacité et manque tout de même d’un peu de structure et de gourmandise. La finale, un peu verte, présente des notes métalliques, ce qui durcit une finale de moyenne longueur. J’ai l’impression qu’on est face à un vin en sous maturité. C’est seulement Passable (11/20), et assez décevant tout de même. Niveau Village.

Oliv :
Robe grenat clair.
Nez discret, un peu fluet et où des notes de cerise offrent un peu de plaisir dans un ensemble léger et strict.
Bouche très serrée à la matière faible, quand l'acidité et des notes de groseille n'offrent pas assez de gourmandise pour éviter un effet de morsure.
Finale un peu creuse à la longueur inexistante.
Pas de plaisir possible
Note 12/20, niveau Village

Tuukka :
Nez s'ouvrant peu à peu sur les fruits rouges acidulés (groseille, cerise,...), et une pointe végétale ("ronce"). En bouche, sensation de grain avec de l'acidité et de l'amertume qui m'a fait penser aux airelles rouges fraiches que l'on mâcherait, un côté presque pulpeux. Mais bizarrement, on a tout de même l'impression d'un vin assez léger. Serre un peu en fin de bouche. Du fruit et de la fraîcheur certes mais une petite sensation de manque de maturité traverse l'esprit (acidité, petite amertume, trait vert,...), sensation qu'on peut retrouver parfois dans certains bourgognes en vendange entière, en jeunesse. J'avais plus apprécié les 2011 et 2012 goûtés jusque-là qui m'avaient donné une impression de plus grand équilibre et maturité. A revoir sur d'autres cuvées/millésimes car c'est ma première "semi-déception" sur ce producteur. Note : 13/20, niveau Village

2012

Matthieu : Domaine Bruno Clair, 2012
Nez sur la confiture de cerise, griotte, très agréable, en bouche, c'est trop alcooleux, pas ouvert. Note 13/20, niveau Village

JD :
Le nez est peu expressif, sur des émanations d’alcool. La bouche est raide, acide, difficile à appréhender, La bouche taille des tanins secs et pointus aucun plaisir. Note : 11/20, niveau Village

JC :
Robe rubis, claire, le nez sur les fruits rouges, léger kirsch, un coté alcooleux un peu trop envahissant domine. En bouche, une acidité trop présente me dérange. Le coté fruits est bien trop discret et dominé par une amertume que je dirai plutôt végétale et pas très agréable. Je trouve que l'ensemble manque d'équilibre et reste austère. J’ai une sensation de vin fermé à double-tour. Peu de plaisir. Note : 12,5/20, niveau Village

Yann :
Nez que je trouve pas super net (humidité). Dur en bouche… Pas convaincu. Note : 11/20, niveau Village

Sylv1 : Domaine Bruno Clair, 2012
Robe claire.
Au nez quelques notes de fruits et de cendre qui s’intensifient avec la température.
Le vin est vif, peut être trop : cette acidité aiguise un peu plus des tannins « langue de chat » qui doivent encore s’assouplir.
Finale végétale (amertume) et austère qui donne peu de plaisir en l’état. Note : 11/20, niveau Village

No Sport : Domaine Pierre Damoy, 2012
Bu lors d'une dégustation de Marsannay qui incluait "vedettes" (Damoy, Trapet, Geantet-Pansiot) et "outsiders" (Coillot, domaine du vieux collège, Colotte, etc.).
Robe grenat profonde avec un nez marqué par les fruits noirs et le café. Bouche à l'avenant sur la cerise noire, la mûre et une touche poivrée/réglissée. Les tanins accrochent encore un peu, ce qui augure d'un potentiel de vieillissement encore. Beau vin qui fut élu roi de la soirée par 6 convives sur 8 et qui contribue sans nul doute à mettre en valeur le climat de la parcelle en tant que futur 1er cru.
Pour autant, pour ce qui concerne mon seul avis, je ne fus pas complètement emballé, estimant les fruits un peu en retrait et une finale correcte mais un brin courte. Bien +. Note : 15,5/20, niveau 1er Cru

Lucas_Mir : Domaine Denis Mortet, 2012
Nez plutôt agréable, cerise, un peu de floral et de végétal. Un boisé certain se fait sentir.La bouche est l'avenant, avec une texture délicate, mais toujours engoncé dans son bois. Rien de transcendant pour moi, le côté "strict" du vin ne me transporte pas, je rejoins Antoine sur son ressenti.N'ayant que peu de repères en bourgogne rouge, je me demande si cela peut s'expliquer par le jeune âge de la bouteille...En tout cas, Jérôme note de la gourmandise, notamment le lendemain: peut-être qu'un peu de patience ou une plus longue aération l'aurait amélioré.En l'état, plaisir assez limité pour moi (le Clos des mouches qui a suivi m'a plus séduit!).Note : 13/20, niveau Village

Tonioaja :
Nez expressif, griotte, ronce avec des touches de fleurs sèchées, mais l’arrière plan est très porté sur l'élevage, le côté vanillé est vraiment trop présent pour moi. En bouche, c'est fin, les tannins sont enrobés et l'équilibre d'ensemble est très satisfaisant. Mais tout cela est gaché par une finale vanillée qui enlève son charme au toucher de bouche suave. Pour être honnête, c'est un vin très bien fait, quoi que relativement appuyé au niveau de l'élevage mais je n'ai pour ma part aucune émotion en dégustant ce vin. C'est froid, presque austère. Note 14,5/20, niveau Village

THE_EJ:
Robe rubis intense, presque violacé.Nez qui pinote, avec une touche d'élevage : ça sent bon le fruit finement vanillé.Bouche agréablement souple et fruitée, avec de la finesse mais aussi de la chair, et ce qu'il faut de fraîcheur. A la fois gourmand et élégant.La touche vanillée revient en finale, de longueur moyenne.Je ne sais pas si c'est le climat, le millésime ou le domaine, toujours est-il que la Bourgogne comme ça, j'aime bien !Regoûté le lendemain sur un confit de canard avec des pommes de terres confites dans la graisse, il s'en est super bien sorti, le soyeux du vin répondant à la texture fondante du plat, et le fruité donnant l'impression d'un sirop qui faisait presque un aigre-doux. PS : la dernière goutte gardée pour ce soir était encore bien en forme ! Pour la note, pas facile, vu que d'habitude je n'en mets pas, je n'ai pas trop d'échelle de valeurs ! Mais j'ai été plutôt emballé, ça devrait valoir un 16/20. Niveau Village

Pins:
Nez expressif sur les fruits rouges, la cerise fraiche. La bouche est pure, vive sur la ronce. Très beau pinot frais soyeux et fruité avec une pointe d’élevage encore perceptible mais déjà bien intégré. J’aime la tension donnant une belle structure au vin. La finale moyenne se termine sur une pointe acidulé. Un vin ouvert un peu tôt qui demande encore quelques années en cave pour tout donner. Une belle bouteille. Note : 15/20, niveau Village

2011

Tomy63 : Jean Fournier, 2011
Couleur assez sombre, nez toasté et vanillé, derrière on trouve un beau fruité avec de la mûre surtout, un peu de cerise et de fraise. La bouche aussi est un peu trop boisée, derrière on retrouve la mûre, les fruits des bois, bonne matière et tannins soyeux. Finale courte, qui manque de tension par rapport au Marsannay Longeroies 2011 de Sylvain Pataille, bien plus fruité, tendu, moins boisé et surtout bien meilleur. Note : 13/20 Niveau régional.

DaGau : Domaine Denis Mortet, 2011
Ouvert à l'impromptu, bouchon légèrement teinté sur un petit centimètre déjà.
Le vin est rouge framboise et moyennement concentré à l'oeil, le nez engageant mais surtout marqué par l'alcool type notes de kirsch.
A peine aéré le temps de cuisiner un filet mignon de porc avec pruneaux et semoule.
En bouche c'est bon. Le fruit est d'une belle finesse. Le corps s'affirme en retenue, le boisé est bien sensible sans être appuyé. Je prolonge le plaisir du repas avec du vacherin, le vin gagnant encore en amplitude et en harmonize tant au nez qu'au bouquet. Attendre encore quelques années pour apprécier toute la structure de ce vin déjà en place se justifie sans doutes.
Je reviendrai assurément à ce cru du domaine Mortet. Je voudrais volontiers découvrir des vins de Marsannay et Fixin de pareille qualité, si tant est qu'il s'en trouve!
Note : 16/20 Niveau 1er Cru

Tomy63 : Sylvain Pataille Marsannay, 2011
Couleur rubis foncé, nez très fruité, qui ne pinote pas vraiment, marqué fruits des bois, mûre surtout, un peu de fraise des bois, très élégant. Bouche fine, très fraîche, toujours marquée par ce côté fruit des bois, très gourmande, à peine confiturée, soutenue par une superbe acidité. Le style me rappelle un peu Thibault Liger-Belair. Bonne longueur, finale juteuse, encore pleine de fruits, pointe de ronce. Pour chipoter seule la texture manque un peu de soyeux. Sinon c'est un excellent vin avec fruit, fraîcheur et gourmandise avec un rapport q/p très intéressant pour la Côte de Nuits.
Note : 17/20 Niveau 1er Cru.

2010

Hopla67 : Domaine Bruno Clair, 2010
Robe encore relativement foncée, le nez est très fin, élégant mais encore assez primaire sur les petits fruits rouges, de la griotte et un petit côté herbacé (vendange entière? Je n'en sais rien...) que l'on retrouve en bouche. Pas mal de mâche pour un Bourgogne et des tannins et un boisé encore présents sans être dérangeants. Belle longueur et surtout une acidité également bien présente qui donne de la fraîcheur au vin, qui se boit déjà très facilement mais qui gagnera sans aucun doute a être encore attendu au moins 2-3 ans. Les Grasses Têtes du meme millésime sont en comparaison plus accessibles mais ont moins de fond. A signaler qu'une première bouteille de Longeroies 10, ouverte il y a 3-4 ans, était quasiment mutique.
Très bien aujourd'hui (16/20), il sera sans doute excellent dans quelques années et ferait un très beau Premier Cru.

2004

Hyllos: Charles Audoin, 2004
Non carafé
Verre Zalto Universal

Couleur très claire, translucide. Rouge rubis reflets brique.
Premier nez fumé, terreux, notes d'évolution. Noyau. Agitation, un peu de cerise griotte, notes animales légères. Vin à boire ? Fleurs séchées. Intensité moyenne, complexité bonne.
Remonté à 16,8, déjà.
Bouche attaque nette. Tannins bien présents. Allonge sur l'acidité.
Fruits, groseille et cerise pas mûre. Pointe de réglisse. Relativement simple. Assez agressif surtout en finale. A mon avis, trop frais et besoin d'une petite ouverture pour patiner les tannins.
En l'état, le nez est plaisant, la bouche est simpliste et peu expressive. Je noterais 13

Aération, remontée en température. Monté à 17,6°C
Devient beaucoup plus expressif au nez, plus intégré. Bouche beaucoup plus nette perte tannins et astringence (maintenant se déplace vers la finale), ensemble plaisant, très droit. La cerise et le noyau se mettent en place. Pinote peu. Plaisir simple tout de même.

Conclusion. Un vin de petite stature, possédant une matière limitée. Plaisant mais sans réel entrain. Il est au mieux vers 17-18°C, quelques minutes après l'ouverture. Il est à l'aise dans de relativement petits verres puisque le résultat est même plus intense est dans le Schott Zwiesel Fortissimo, bien que je lui préfère le rendu du Universal, un brin plus souple et plus complexe au plan aromatique (et moins dur en bouche). Au niveau plaisir pur, il est difficile d'en venir à bout. Je dirais donc Assez Correct à Correct 12,5/20, il va sans dire que le millésime n'aide sûrement pas. Apogée probablement en cours.

Quant au niveau, je dirais que c'est niveau village car il y a quand même une spécificité et le vin n'est pas mort après 13 ans. Certainement pas 1er cru... à la réserver que pour me prononcer fermement, il faudrait que je puisse goûter un 2004 village et régional. Par comparaison, je préfère largement un simple pinot noir générique de Markus Molitor (Mosel), qui est un exemple de pinot noir générique, il est vrai ;).


5. Analyse
A la lecture de ces différents comptes rendus, plusieurs points pourront être dégagés. Pour ce faire, dans ce document, il aura été utilisé pour établir certaines comparaisons, des tests statistiques. Après vérification de la normalité des lois pour les cohortes étudiées, des tests du T de Student auront été réalisé. Les seuils de significativité ont été fixé à 5% (p=0,05).

5.1. Les Biais
Tout d’abord, à étude au panel semblable ( Grand Cru Schlossberg ), les biais seront similaires. Ainsi, le premier concerne le temps : 3 mois est une période relativement courte. Un thème comme celui-ci mériterait une exploration plus longue, afin d’élargir le public touché et augmenter le panel de domaines et millésimes explorés. A contrario cependant, on sait qu’il y a une décroissance de participation au fur et à mesure que le temps passe.
En second lieu, la jeunesse des vins est une nouvelle fois une limite à ce travail. En effet, un objectif était de voir la tenue dans le temps des vins pour voir si le climat des Longeroies est apte à la garde. Or, il se trouve que 80% des comptes rendus concernent des vins ayant au plus 5 ans de bouteille.



Par ailleurs, la faiblesse globale du panel empêchera de tirer des conclusions hâtives. Ainsi, vu le peu de poids de certaines cohortes, il m’était impossible de faire des tests statistiques fiables sur certains groupes. En effet, seuls 7 domaines ont été sondés, et seuls 4 d’entre eux ont eu au moins 3 bouteilles distinctes dégustées (Bart, Clair, Fournier, Mortet). De même, les deux locomotives du secteur des Longeroies (Clair et Mortet) totalisent à eux deux plus de 61% des suffrages, laissant un moindre poids aux autres vignerons.
Enfin, il n’y aura eu aucun blanc dégusté, alors que l’on a vu que la production dans cette couleur était autorisée. Nous avons donc 100% de vins issus de pinot noir. Par conséquent, l’adéquation du chardonnay sur ce climat ne pourra pas être étudiée.
Toutefois, malgré ces quelques biais, une somme de subjectivité commence malgré tout à faire un début d’objectivité…

5.2. Une vision globale un peu décevante
Ces différents comptes rendus mettent en exergue, en premier lieu, de grandes disparités, dans bien des domaines. En effet, d’un point de vue global, il n’y a pas de réel chef de file qui se dégage de cette dégustation. Tout d’abord, 2 domaines n’auront eu qu’une bouteille d’ouverte, événement qui ne nous permettra pas de tirer un quelconque enseignement. Pour les autres, on s’aperçoit que les amplitudes de notations sont d’au moins 3,5 points (Fournier) et peuvent atteindre 6 points (Pataille)!



Ceci aura d’emblée comme conséquence d’engendrer des moyennes, qu’elles soient globales ou pour chaque domaine, relativement basses, en tout cas un peu décevantes. En effet, la moyenne générale est de 14,40 seulement, les domaines Fournier et Mortet étant un peu au-dessus. Les cas du domaine Bart et Damoy (une seule bouteille) sont à part. Cette moyenne est encore plus décevante lorsque l’on ne prend que les notes des cuvées ayant été évaluées au niveau « Village », et qui s’établit à 13,95, mais qui n’est pas statistiquement différente de la moyenne générale (p=0,417).



Concernant les différents domaines, on peut difficilement les départager, car les échantillons étaient globalement faibles, et en extraire des groupes distincts parait être un exercice un peu périlleux. Toutefois, on s’aperçoit de façon générale que, hormis le domaine Bart, tous les domaines auront eu des notes de part et d’autres de la note médiane, qui s’élève à 15,50.
On remarquera également au passage que le rang hiérarchique choisi est grandement dépendant de la note attribuée car 100% des vins du groupe « 1er Cru » sont supérieurs à la médiane, alors que cela ne concerne que 33% des vins du groupe « Village ».



De même, les moyennes des domaines ayant eu au moins 3 bouteilles goûtées et évaluées par au moins 3 dégustateurs différents sont assez proches et se tiennent en 1,6 point (13,6 pour le domaine Clair, 14,83 pour le domaine Fournier et 15,22 pour le domaine Mortet), les écart-types se resserrant au fur et à mesure de l’augmentation des moyennes (2,14 pour Clair, 1,76 pour Fournier et 1,46 pour Mortet).
A mon sens, on peut néanmoins voir que les vins des domaines Bart et Mortet, qui possède la meilleure note ex aequo (17, avec le domaine Pataille), se sont mieux goûtés que les autres (hormis échantillon unique du domaine Damoy), sans toutefois pouvoir l’affirmer de façon statistique. Ainsi, la différence de notation entre les deux domaines phares des Longeroies, Clair et Mortet, n’est pas significative (p=0,0739). Toutefois, une tendance à la supériorité des vins du second domaine se dégage, confirmé par le fait qu’il possède la note la plus élevée de cette étude (17/20) alors que le domaine Clair a plusieurs fois la moins élevée.
Il faut également saluer la bonne tenue des vins du domaine Bart, dont les 3 échantillons goûtés, sur 3 millésimes différents, ont reçu la même note de 16/20 (mais seulement dégusté par 2 personnes). Sans tirer de généralités, on pourra néanmoins se satisfaire d’une certaine forme de régularité et de qualité minimale atteinte, d’autant que les comptes rendus sont assez proches. Pour les autres domaines, on conclura simplement que les domaines Mortet et Fournier sont dans le peloton de tête mais peuvent sans doute mieux faire, et que les domaines Clair et Pataille, sur cet exercice, sont mis en difficulté, avec des bouteilles plus hétérogènes, ce qui constitue, il faut bien le reconnaitre, de vraies déceptions.

5.3. Simple « Village » ou faible 1er Cru ?
Il était demandé d’évaluer le niveau hiérarchique potentiel de chaque bouteille dégustée. A cette question, seulement 22% des bouteilles ont été digne de représenter un 1er Cru, 0 un Grand Cru. Ainsi, près de 75% des vins goûtés se sont vus laisser à leur niveau actuel d’appellation communale.
Toutefois, et cela peut être interprété comme un signe encourageant, la moyenne des bouteilles jugées « 1er Cru » est bien meilleure, et statistiquement significative, que la moyenne des vins simplement évalués à un niveau communal (p=0,011). Par ailleurs, l’écart-type des notes du groupe « 1er Cru » est 4 fois plus faible que celui du groupe « Village » (0,53 versus 2,01), ce qui traduit une bien moindre variabilité des notes pour le groupe « 1er Cru ».
Par ailleurs, on s’aperçoit également que tous les producteurs n’ont pas eu de bouteilles pouvant être élevées à ce niveau. En effet, ils ne sont que 4 (Clair, Damoy, Mortet, Pataille) à avoir pu en placer au moins une dans ce groupe, tout en ayant une proportion de « 1er Cru » ne dépassant pas 30%. Les vins du domaine Bart, bien qu’ayant la meilleure moyenne, n’ont jamais été promu à ce rang, la faute à une grande accessibilité et un manque de complexité (le terme « gouleyant » se retrouvant dans les 3 comptes rendus, complété par des finales de longueur moyenne).



Par conséquent, ce climat a donné près de ¾ de bouteilles que l’on pourrait qualifier de standard, mais on remarque qu’il est également capable, bien que cela soit malheureusement trop peu (22%), de donner des bouteilles d’un niveau nettement supérieur et pouvant potentiellement correspondre à un 1er Cru.
Par ailleurs, on ne peut mettre ce déséquilibre sur le compte de quelques millésimes difficiles puisque tous les millésimes entre 2010 et 2014 ont eu au moins une bouteille apte à challenger une division au-dessus.



5.4. Une certaine accessibilité
Les disparités précédentes s’expliquent en partie par des vins portés par une acidité parfois un peu trop haute. En effet, lorsque l’on reprend les ressentis des différents participants, on voit que l’une des premières caractéristiques qui se dégagent est une tendance à une certaine finesse. Ainsi, elle est évoquée dans la quasi-totalité des cas (environ 90% des cas), que ce soit en termes positifs (finesse, gouleyance, rondeur, velouté de texture, côté acidulé) ou négatif (matière sèche ou stricte, verte, acidité haute, austérité), dans un ratio d’environ 2 pour 1.
La densité ou la profondeur ne sont pratiquement pas évoqués, ce qui confère déjà au fait que l’on s’oriente vers des vins plutôt délicats. Confronté à la lecture de la géologie de ce sol, ce n’est pas si surprenant dans la mesure où les vignerons ont souvent des parcelles dans les deux parties des Longeroies, qu’ils sont parfois amenés à assembler ensemble. On n’aura cependant pas noté clairement de signe distinctif directement lié au sol, seuls 2 comptes rendus évoquant le graphite et le gravier humide.
Ensuite, l’expression des tanins vient confirmer ce sentiment de finesse, soit par leur volume, soit par une sensation d’assimilation. Ainsi, bien que les vins soient globalement jeunes (l’essentiel des vins ont moins de 5 ans), ils ont une connotation positive (fins, soyeux, poudrés ou fondus) dans presque la moitié des cas (13/31) mais peuvent cependant être aussi bien moins appréciés (inexistants, secs ou pointus…) et ce, dans un ratio également de 2 pour 1.
Par ailleurs, bien que la notion d’élevage soit présente dans au moins la moitié des comptes rendus, tant au nez qu’en bouche et bien que certains jus soient qualifiés de « vin de faiseur », on observe que globalement il est plutôt bien apprécié malgré parfois la faiblesse de certaines matières. Les aromatiques relevées à ce sujet sont essentiellement la vanille ou la crème pâtissière, et en second lieu des saveurs empyreumatiques à type de fumé, mèche de pétard, voire de crayon (mine) ou réglisse.
Nous tempèrerons toutefois ceci par la notion de gourmandise ou de plaisir, seulement présente une fois sur deux, et à répartition égale entre avis positif et négatif. Cependant, cette notion de manque de gourmandise n’est quasiment pas présente dans le groupe « 1er Cru » (seulement une fois), alors qu’elle occupe la majorité des commentaires issus des millésimes 2012 et 2013, soit les plus faiblement notés.



Cette matière peu dense, plutôt fine, conjugué à des tanins du même type et un élevage plutôt maitrisé, participe du fait d’une accessibilité et d’une buvabilité certaine en jeunesse des vins issus du climat des Longeroies. Ceci est également complété par des finales de courte ou de moyenne longueur, sans grande complexité ni intensité. On peut donc comprendre que notre panel regroupe peu de vins de plus de 5 ans, puisque leur accessibilité rapide en fait un argument de poids pour une consommation précoce. Ainsi, les meilleurs représentants en termes de qualités de bouche, sont les vins issus des domaines Bart, Fournier et Mortet, soit les meilleurs représentants de cette étude, ce qui n’est finalement pas une surprise.

5.5. Une fraîcheur caractérisée, conjonction du lieu, du millésime et du cépage
Situé, nous l’avons vu, à la partie la plus septentrionale de la côte de Nuits, en limite de maturité du pinot, et bien que le climat des Longeroies soit plutôt bien exposé, il n’en reste pas moins que Marsannay, en général, a plutôt tendance à produire des vins frais. Cet exercice le montre clairement. Ainsi, la plupart des notes (plus de 70%) présente une connotation de fraîcheur, tant en terme de saveur (acidité, acidulé), qu’en terme de ressenti (fraîcheur, côté métallique, côté sanguin) ou de matériel végétal et de fruité (agrumes, griotte, groseille, végétal noble, rafle ou vendange entière).
Ceci est amplifié par des sensations de manque de maturité, essentiellement présents sur les millésimes 2012 et 2013, et que l’on ne retrouve logiquement pas dans le groupe « 1er Cru ». Ainsi, il est évident que le marqueur millésime possède une influence majeure sur l’expression des vins. En effet, on s’aperçoit que le millésime 2014 est statistiquement nettement supérieur aux 2 millésimes précédents (2014 versus 2013 : p= 0,0312 et 2014 versus 2012 : p=0,0028).
On peut toutefois prendre en compte une autre donnée dans l’interprétation des millésimes. En effet, il n’est pas improbable que le millésime 2012 soit en pleine période de fermeture, ce qui pourrait expliquer en partie les faibles résultats enregistrés sur cette année. Le millésime 2011, normalement intrinsèquement plus faible, s’est bien mieux comporté (sans significativité pour autant vis-à-vis de 2012 et 2013) pourrait faire penser que cette période de fermeture est derrière lui et que, à l’instar de 2007, il faudrait en profiter dès maintenant.
Par ailleurs, les caractéristiques intrinsèques du cépage qu’est le pinot noir, que ce soit en termes de pH qu’en termes d’aromatique, participe de cette sensation de fraîcheur. Ainsi, l’acidité naturelle de celui-ci ainsi que ces composantes organoleptiques, ici clairement exprimées dans environ 95% des cas (nez et/ou bouche) contribuent à conforter cette perception.
Enfin, on ne notera pas de signes distinctifs particuliers concernant les robes du vin, alors que les aromatiques au nez et en bouche sont plutôt très bien jugées et décrites. On retrouve ceci de façon très précise et primaire (puisque rappelons-le, la grande majorité des vins est jeune), avec des marqueurs de finesse et d’élégance, en particulier dans le groupe « 1er Cru » et dans les millésimes les mieux notés (2011 et 2014).

Conclusion
En conclusion, de cette étude ressort un sentiment un peu mitigé. En effet, la participation et l’enthousiasme des contributeurs permettent heureusement de contrebalancer les résultats obtenus, quelque peu décevants, nous devons bien l’admettre.
En effet, avec une moyenne de 14,40 sur 20, et bien que la médiane soit d’un point supérieure, on ne peut pas dire que les vins dégustés aient marqués les esprits. Caractérisés par une finesse et une fraîcheur assez prononcée, les vins ont parfois eu tendance à basculer du côté de la maigreur ou de l’acidité, que ce soit pour des raisons de fermeture ou de millésime. Toutefois, on aura noté une certaine facilité à les boire sur la jeunesse du fruit, à défaut de pouvoir étudier leur capacité de grande garde. De tous les prétendants, les vins du domaine Bart, et dans une moindre mesure, ceux des domaines Mortet et Fournier, ont fourni une prestation globalement satisfaisante.
Par ailleurs, réduire cette dégustation au simple fait qu’environ ¾ des vins dégustés devrait se contenter du niveau qui est déjà le leur, serait aller un peu vite en besogne. En effet, on a vu qu’un peu plus de 20% des bouteilles avaient les qualités nécessaires pour prétendre à un standing supérieur, celui de Premier Cru. Même si cela est trop peu et qu’il reste du chemin à parcourir, nous ne pouvons que nous féliciter qu’une démarche de ce type soit enclenchée, qui à court ou moyen terme, finira par tirer l’ensemble de la production vers le haut.
Toutefois, et ce travail en sera un marqueur fort, les clients ne seront pas dupes si ce dossier mené auprès de l’INAO devait aboutir. En effet, une exigence et une vigilance particulière quant à la qualité dans la bouteille seront effectuées, afin de ne pas cautionner une augmentation tarifaire probable qui serait une conséquence directe d’une promotion, et qui ne se justifierait en aucun cas aujourd’hui.
Enfin, tout comme pour le travail effectué l’an passé sur le Grand Cru Schlossberg, je tiens à remercier chaleureusement l’ensemble des contributeurs, sans qui ce document n’aurait pu être réalisé. Malgré des résultats probablement en deçà des attentes que chacun avait pu placer dans ce travail, j’espère que nous aurons encore l’occasion de continuer à explorer ensemble d’autres terroirs, dans le but, in fine, non pas de juger en tant que tel, mais de découvrir, se faire plaisir, et continuer à enrichir encore et toujours ce qui constitue notre passion.

Merci aux courageux lecteurs ayant lu l’intégralité de ce document.

Flo (Florian) LPV Forez
#32
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Vaudésir a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Pas eu le temps de le lire mais chapeau Florian (tu)
#33
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LADIDE78 a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

:woohoo: :woohoo: :woohoo: (tu)
Merci Florian, quel boulot pour la communauté , quel partage , je vais lire avec attention tout ceci , tu as prévu quoi pour la prochaine bouteille commune :D :D (tu)

didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
#34
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jclqu a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Chapeau, quel boulot !!! (tu)

JC
LPV Lutèce
#35
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Gildas a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Fantastique et bravo pour ce super boulot (tu)

Gildas
LPV Normandie
#36
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No Sport a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Un grand bravo pour ce travail remarquable !

Cela fait ressortir qu'il y a 1er cru et 1er cru comme le bon chasseur et... :)

Je pense que l'appellation 1er cru ne serait pas usurpée au regard d'une bonne qualité d'ensemble et des nombreux autres 1er crus qu'on trouve dans d'autres appellations. Après, on ne trouve un 1er cru du niveau des Amoureuses dans tous les terroirs.
#37
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Vougeot a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Travail absolument remarquable qui démontre, de façon éclatante, imparable, indiscutable et définitive que OUI ! LPV doit vivre.
Je connais au moins trois ou quatre administrateurs qui doivent se dire, ce soir, que ça valait vraiment le coup de remonter le forum.
Bravo ! Bravo ! Bravissimo !oo, oo, oo,

maintenant, je vais reprendre tout depuis le début, parce qu'il y a quand même des trucs à lire, hein ? :)

Vincent, amateur de melon et de curé nantais
#38
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mgtusi a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Courage, plus que 1246 climats à analyser !

Blague à part, sacré travail accompli !
Rappelons au passage que la loi de Student a été énoncée par William Gosset (rien à voir avec le champagne) lorsqu'il travaillait pour la brasserie Guiness !

Michel
#39
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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Alors là, Florian, chapeau bas !
Tu as dû y passer des dizaines d'heures, y compris à goûter quelques échantillons pour reprendre des forces...;)
Cela me fait d'autant plus regretter de ne pas y avoir participer ... et de ne pas avoir acquis quelques bouteilles de Bart récemment alors que j'en avais l'occasion.
Mais revenons à ce CR d'anthologie : respect !

Jean-Loup
#40
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starbuck a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

J'ai déjà dû le dire la dernière fois mais vu la charge de travail que Florian est prêt à assumer avec passion, je verrais bien une petite étude sur le Clos Vougeot.

Tout le monde ou presque possède au moins une bouteille et en laissant une période de plusieurs mois, il y aurait sans doute matière pour avoir plus d'échantillons.
C'est un peu frustrant de voir tant d'énergie dépensée par Florian pour finalement si peu de bouteilles ouvertes.
Je ne peux que m'associer à Jean-Loup pour regretter moi aussi de ne pas avoir apporté une contribution aussi modeste soit elle

Sylvain
#41
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: TIMO, Frisette

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Vaudésir a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Oui Sylvain Clos Vougeot ça peut-être sympa comme choix .
Stéphane
#42

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mgtusi a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Clos Vougeot, j'en suis !

Michel
#43

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LADIDE78 a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Dommage , pas mal de bourgogne en cave sauf Clos Vougeot , je botte en touche , après le Clos Vougeot , Stéphane sur le Chablisien , il y a bien quelques choses à faire ( avec beaucoup plus de passionnés je pense ) mais avant appréçions le travail de Florian qui a mis la barre trés haute , avec je suppose un temps considérable passé dessus , pour quelques minutes de lecture (tu)

didier

Mal- voyant depuis 29 ans et passionné de vins comme vous tous
#44

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hyllos a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Tant qu'à faire on pourrait aussi sortir de la Bourgogne...
#45
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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Tout d'abord, merci à tous. Comme vous vous en doutez, j'y ai passé un petit moment dessus, mais ce n'est pas l'essentiel. On appelle celà la Passion.
Pour répondre à tout le monde de façon un peu globale:
- je pense qu'il faut d'abord discuter de ce travail, voir ce qui vous a surpris, en bien ou moins bien, les points positifs, les points négatifs....Bref, faire un bilan, et voir ce que vous en attendiez.
- Ensuite, je pense qu'il faut relancer des bouteilles communes "standard" (j'ai d'ailleurs des propositions si besoin). Je ne suis pas là pour monopoliser ce genre d'exercice non plus. Le forum est grand, il y a de la place pour tout le monde.
- Par ailleurs, concernant les travaux sur les terroirs. Celui ci est le second du type, après le Schlossberg l'an passé. Il me semble intéressant, et je veux bien le faire une fois par an à la période du printemps (comme pour ces deux travaux) de varier les régions et cépages (ce en quoi je rejoins Matthieu) et d'alterner d'une année sur l'autre la couleur. Des terroirs comme la Roche aux Moines à Savennières, la Montée de Tonnerre à Chablis, ou les Monts Damnés à Sancerre, me tenteraient bien, liste bien entendu non exhaustive et ouverte à commentaires.
- Par ailleurs, je veux bien lancer également, dans quelques temps, un travail sur des terroirs "d'exception" tels le Clos de Vougeot ou la Landonne par exemple, mais pas cette année 2017. Peut être sur une plus longue période l'an prochain (6 mois? couvrant les fêtes 2018?).
- Enfin, pour ceux n'ayant pas participé et qui expriment quelques regrets, je compte sur eux lorsque je sonnerai de nouveau le clairon pour un appel à participation! ;)

Flo (Florian) LPV Forez
#46
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tomy63 a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

En effet il est peut-être un peu tôt pour parler de la prochaine étude...

Un grand bravo pour ce travail colossal de recherche et d'analyse statistique. Bravo aussi pour la démarche expérimentale parfaitement menée. Je suis un peu déçu de ne voir qu'une trentaine de CR, et qu'une vingtaine de participants, surtout que Flo et les foréziens ont pas mal contribué. On voit que c'est un peu juste pour en tirer des conclusions définitives, alors que le travail de préparation est immense. On doit pouvoir faire mieux vu le nombre de lecteurs présents sur LPV.

Quelques remarques qui me viennent pour ouvrir le débat :
- Je ne suis pas trop surpris pour le style frais assez fin et globalement fruité. J'avais aussi goûté sur salon un B. Clair 2013 fin et fruité, un Régis Bouvier VV 2012 fin et fruité, un Camille Giroud 2010 frais mais un peu trop boisé, un Vieux Collège 2012 bien trop boisé.
- Je ne suis pas trop surpris que ce qui ressorte c'est que Longeroies est d'un niveau village. A part un Pataille 2011, tous ceux que j'ai bus ne sont pas du niveau d'un premier cru. Ce qui n'empêche pas que le style me plaît, et qu'en-dessous de 30€ c'est pour moi un bon rapport q/p en Côte de Nuits.
- Je trouve que sur Longeroies trop de producteurs appuient sur le bois et/ou sur l'extraction (Mortet, Fournier, Bart... ou encore Giroud, Vieux Collège) alors que je ne suis pas sûr que ce soit utile pour ce climat qui ne brille pas par sa concentration mais plutôt par sa finesse et sa fraîcheur. Cependant, l'étude montre que les domaines qui boisent pas mal s'en sont bien sortis (surtout Mortet).
#47

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Olivier Mottard a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

... - Je trouve que sur Longeroies trop de producteurs appuient sur le bois et/ou sur l'extraction (Mortet, Fournier, Bart... ou encore Giroud, Vieux Collège) ...

Tomy,
Je n'ai pas suffisamment dégusté Mortet, Fournier, Giroud ... etc.
Par contre, affirmer le domaine Bart appuie sur l'extraction et/ou le bois, je ne peux pas être d'accord.
Et cela est aussi conforté par les CR ci-dessus dans lesquels je ne relève pas de description de robe hyper concentrée, de vins hyper boisés ou encore de tanins saillants.
Je lis au contraire : des vins frais, sur la finesse, la souplesse et des tanins mûrs ...

Olivier
#48

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tomy63 a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Je ne connais pas assez bien le domaine Bart pour l'affirmer, il faut donc peut-être l'enlever de la liste. C'est une image que j'ai du domaine d'après un Bourgogne 2012 trop boisé et un Longeroies 2015 goûté sur salon en novembre 2016 (prélevé sur fût ?) qui n'était pas spécialement boisé mais dont les tannins m'avaient parus un peu stricts en finale. On retrouve cette mention de "finale stricte" dans les CR de Frisette sur le 2014 puis de "légère sensation boisée qui sèche un peu en finale" sur le 2013. Ca m'a rappelé le 2015.
#49

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Raisin breton a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Tout d'abord, un grand merci pour l'ensemble du travail. Recherche exhaustive, souci du détail sans charabia inintelligible, écriture d'une qualité remarquable ; et au final un article exhaustif qui tente d'apporter une réponse claire, sans s'affirmer définitive, à la question posée.
Je ne m'attendais pas à un travail si profond et détaillé, alors bravo ! Quand on s'intéresse au vin, il faut en boire, mais une bonne lecture est parfois aussi rafraîchissante pour la passion qu'un ballon de pinot.

Comme il est plus facile de critiquer que de complimenter, je me permettrai une remarque. Avec un petit nombre de bouteille, et des sous-groupes (dégustateurs su plusieurs bouteilles, domaines représentés, etc) fatalement de très petite taille, toute analyse statistique quantitative me paraît pour le moins périlleuse. Les graphiques présentés sont clairs et permettent d'illustrer le propos, mais je crois que pour la partie « Évaluation par les dégustateurs », l'essentiel est à trouver dans les notes de dégustations elles-mêmes. Cela donne déjà une analyse qualitative de grand intérêt.

Une suggestion : pour augmenter la taille de l'échantillon pour un futur terroir commun, pourquoi ne pas l'annoncer quelques mois à l'avance ? Cela permettrait à certains, comme moi, d'être moins tributaires des disponibilités immédiates et d'avoir le temps de se procurer une ou plusieurs bouteilles.

Et une fois de plus, merci et bravo !

JB
"Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ? - Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !" Raymond Devos
#50
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No Sport a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Raisin breton écrit: Une suggestion : pour augmenter la taille de l'échantillon pour un futur terroir commun, pourquoi ne pas l'annoncer quelques mois à l'avance ? Cela permettrait à certains, comme moi, d'être moins tributaires des disponibilités immédiates et d'avoir le temps de se procurer une ou plusieurs bouteilles.


Heu :roll: , Frisette a lancé l'exercice, il y a 3 mois (5 mars) et a du relancer plusieurs fois pour éviter qu'on oublie. Difficile de faire mieux :whistle:
#51
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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Merci JB pour tes remarques. Concernant l'analyse statistique, effectivement les cohortes sont globalement de faible taille, raison pour laquelle je ne pouvais pas tout comparer. Cependant, à partir de quelques unités, le test T de Student peut être informatif, avec une marge d'erreur limitée, sans prendre trop de risque. Par exemple, je pensais que les notes du domaine Mortet étaient clairement significativement plus élevées que celles du domaine Bruno Clair. Or celà n'est pas le cas (même si le p n'est pas hyper éloigné de 0,05) Celà concernait les deux domaines les plus importants en volume de comptes rendus.
Cependant, la ou tu as raison, c'est que l'essentiel se situe bien entendu dans les commentaires de dégustation. J'ai essayé de fournir une analyse la plus objective possible, cependant, je conçois que d'autres aient des vues différentes. Je conçois également que ce travail, collectif, n'est pas LA vérité absolue. Je le vois plus comme un coup d'éclairage d'amateurs pointus à un moment t, sur un certain nombre de bouteilles données.
Par ailleurs, concernant le délai, je l'ai déjà allongé de presque un mois par rapport au Schlossberg, me permettant même de faire quelques rappels de temps à autre. Je ne pense pas qu'un allongement supérieur soit ni nécessaire, ni profitable (cas mis à part peut être des éventuelles études sur terroirs "prestigieux" type Clos Vougeot ou Landonne). Par conséquent, il faut se tenir informé! ;) (Devancé par No Sport!)

Flo (Florian) LPV Forez
#52

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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Pour répondre à Tomy et Olivier Mottard: on voit qu'effectivement, les vins présentent pour plus de la moitié des signes d'élevage. Ceci n'est pas totalement anormal dans la mesure ou 80% des vins sont jeunes. Pour autant, effectivement, celui-ci n'engendrait que rarement des remarques négatives.Toutefois, et je suis d'accord avec Olivier, il ne me semble pas que les vins du domaine Bart aient du subir d'élevages particulièrement appuyés. La chose est un peu différente pour les vins des domaines Fournier et Mortet, mais dont on aura souligné une certaine gourmandise, dont l'élevage participait de façon évidente.
Personnellement, j'ai été très agréablement surpris par les vins de Bart, fins mais élégants, et dont j'essaierai de rentrer d'autres millésimes en cave de ce Longeroies. J'essaierai même de prendre des "La Montagne" ou des "Champs Salomon". J'essaierai également de regouter un ou deux Fournier, certes un peu plus cher, mais dont j'ai bien aimé l'unique exemplaire bu. Pour ce qui est de Mortet, je connaissais déjà, et j'aime également ce type de vin flatteur, enrobé et gourmand.
J'ai été très surpris par contre de la supériorité du millésime 2011 sur le millésime 2012, qui, celui-ci, m'a extrêmement déçu, et vous aussi visiblement. Je n'aurais pas pensé également que 2014 se présente également si bien que celà.
Enfin, je voyais les Longeroies plus massif et tannique que ce qui en est ressorti.

Flo (Florian) LPV Forez
#53

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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

le test T de Student ...
même si le p n'est pas hyper éloigné de 0,05 ...

On reconnait là le statisticien pro... ;)
Ce qui pour moi ne fait que donner un plus à l'intérêt du CR.

Jean-Loup
#54
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hyllos a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

La synthèse est fantastique, merci Frisette :)

Je pense l'avoir déjà dit, pour moi, la raison majeure de classer les Longeroies en 1er cru, c'est d'éviter son bétonnage dans les années à venir.
#55
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Raisin breton a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

No Sport écrit:

Raisin breton écrit: Une suggestion : pour augmenter la taille de l'échantillon pour un futur terroir commun, pourquoi ne pas l'annoncer quelques mois à l'avance ? Cela permettrait à certains, comme moi, d'être moins tributaires des disponibilités immédiates et d'avoir le temps de se procurer une ou plusieurs bouteilles.


Heu :roll: , Frisette a lancé l'exercice, il y a 3 mois (5 mars) et a du relancer plusieurs fois pour éviter qu'on oublie. Difficile de faire mieux :whistle:

Tu as raison, mais pour ceux d'entre-nous qui n'ont pas de Longeroies en cave et qui vivent à l'étranger, je t'assure que ce n'était pas forcément facile de trouver une bouteille intéressante.

JB
"Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ? - Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !" Raymond Devos
#56

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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

@JB: ça va, tu es excusé ! ;)
@Matthieu : le classement UNESCO devrait à mon sens protéger le village de l'urbanisation proche. Je l'espère en tout cas.

Flo (Florian) LPV Forez
#57

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didierv a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

La déchèterie de Marsannay située juste au dessus du climat a t'elle une influence sur l'aromatique ?

Didier
#58

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tomy63 a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

Frisette écrit: on voit qu'effectivement, les vins présentent pour plus de la moitié des signes d'élevage. Ceci n'est pas totalement anormal dans la mesure ou 80% des vins sont jeunes. Pour autant, effectivement, celui-ci n'engendrait que rarement des remarques négatives.Toutefois, et je suis d'accord avec Olivier, il ne me semble pas que les vins du domaine Bart aient du subir d'élevages particulièrement appuyés.


Je vais essayer de regoûter des vins de chez Bart, il y en a pas loin de chez moi.
C'est dommage que l'on ait pas eu de vins plus âgés pour voir ce que ça donne. Ceci dit quand on lit dans la conclusion : fraîcheur, finesse, fruit, niveau village avec parfois manque de profondeur, j'ai plutôt tendance à me dire qu'on est sur des vins à consommer dans leur jeunesse.
#59
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Frisette a répondu au sujet : Les Longeroies à Marsannay: futur promu?

didierv écrit: La déchèterie de Marsannay située juste au dessus du climat a t'elle une influence sur l'aromatique ?


Didier, on a vu que les aromatiques étaient typiques du pinot, avec des marqueurs d'élevage tout a fait classiques. Par conséquent, je ne pense pas qu'il y ait d'influence exogène quant à leur expression.

Flo (Florian) LPV Forez
#60

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