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le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

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Comme je l'évoquais avec Francois, j'imagine bien que cela puisse etre un Tokaj mais pas de ceux qu'on croise le plus souvent -les aszus- mais plutot un szamorodni.

Ces Tokaj recoltés en un passage et en plein donnent selon la maturité des vins secs (szaraz) ou plus doux (edes). Ceux que j'ai croisé, tous de l'epoque Borkombinat, avaient des nez assez envoutants aux notes confites mélées à une fine oxydation... L'évocation de Francois de Xéres m'a fait penser à cette piste...

Jull
16 Mai 2010 23:51 #31

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Si ce vin n'est pas de la Hongrie. Un autre possibilité?

Il y'a quelques mots ici qui indique qu'il y avait un vin qui s'appellait 'Tokay,' produit des vignobles pres de Nismes, avec des vignes apportait de la Hongrie.  L'autheur écrit sur la vie du Empereur Wilhelm I.

de The Marquise de Fontenoy's Revelation of High Life Within Royal Palaces, écrit par Marquise de Fontenoy, Marguerite Cunliffe-Owen, publié; en 1892:

"So fond is the Emperor of a glass of genuinely good and mellow wine that the Imperial cellars, which by the by are in the charge of an American, of the name of Tim Wiegand, are perhaps the best kept in Europe. They are built under the Imperial Palace at Berlin, Unter den Linden, and are in the form of the letter L, the short arm being directly under that part of the Palace fronting on the new Vegas fountain, and where the Imperial family lives during the winter months.p They cover a space of three hundred and fifty feet and have low ceilings, but are well ventilated, although without windows or other openings in the long stretch of walls. Light is provided by gas jets hanging from the inner roof at intervals of ten feet.

"They contain an alarming quantity of casks and bottles, with wines from all countries and hemispheres, some of them of incalculable value, and well worthy of being placed on the tables of the richest gourmet of the age. There are mountains of bottled " Steinberger Cabinet," the original price of which was forty marks a bottle, and which could not be duplicated nowadays if the cellars of all the connoisseurs in Europe were ransacked.

"In a choice corner is a kind of cage, or rack, in which rest several rows of dusty flagons labelled thus : " Presented by H. M. Emperor Francis Joseph of Austria to H. M. King William I. of Prussia." This may perhaps be regarded as the greatest treasure in the Imperial cellars, for genuine Tokay is almost priceless and cannot be obtained in the market.

"Tokay is situated at the junction of the Bodrog and the Theiss, or Tisza, the mighty river which, 200 miles farther down, throws itself into the Danube, a little above Belgrade. A spur of the Carpathians, the Hegyalla mountains, rise to the'north of the stream, and it is on this volcanic group that there are still here and there a few vineyards, which yield the nectar known to all gourmets as Tokay. Every wine merchant's list contains the name, but, sad to relate, no wine merchants can possibly supply their most cherished customers with genuine Tokay. The produce of these vineyards has always been very restricted, and, moreover, it may be said as a conclusive reason for the non-existence of the vintage in the market that the only Tokay vineyards now existing are owned by the Emperor of Austria and by Prince Windishgraetz, who do not sell the produce thereof. The wine sold under the name of Tokay is grown in the region of Nismes, France, whither large numbers of Hungarian vines were long ago transplanted. In Vienna it is sometimes possible for the public to obtain a bottle of the finest Imperial Tokay; and this is owing to a lordly custom of the Austrian Court, according to which nothing that is served at their Majesties' table for a State dinner is ever permitted to appear a second time. Uncorked bottles of Tokay thus become the perquisites of Court servants, who sell them almost for their weight in gold to amateurs aware of this custom.

"The Tokay which Emperor Francis Joseph sent to Queen Victoria as a Jubilee present was of the rare variety known as " Mezesmale " or " Honey Beans." This is produced only in Tarczal, near Tokay. To manufacture this particular brand the grapes are never gathered until fully ripe, and are put into a cask without any artificial pressure being applied; the juice extracted from sun-dried grapes is then added, and the mixture becomes really essence of Tokay. "Mezesmale" is owned altogether by the Emperor, and even Prince Windishgraetz's vineyards can offer nothing to compare with this wondrous nectar, which is served at the Court of Vienna in tiny glasses hardly bigger than a thimble, and whose bouquet of perfume is so powerful that a single one of these diminutive glasses is sufficient to fill a room with a penetrating odor of extreme sweetness."

Très cordialement,
Tom
17 Mai 2010 00:25 #32

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

L'idée d'un plan de vignes dans le sud de la France pour produire une variante du Tokay me parait très plausible en fonction de ce que j'ai bu.

Il y a d'ailleurs une similitude d'approche entre le texte que cite Philippe et le texte que cite Tom.

C'est d'ailleurs une idée que nous avions évoquée hier, d'un essai de vin qu'on appellerait Tokay, un peu comme quand Chapoutier fait des vendanges tardives.


Cordialement,
François Audouze
17 Mai 2010 00:41 #33

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Pour mon premier message sur ce forum, je souhaitais le poster ici.

Toutes mes félicitations pour cette dégustation, et surtout pour le récit. Merci de partager de tels moments rares et forts. Il fallait un sacré cran pour ouvrir cette bouteille!
17 Mai 2010 19:52 #34

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Vancou
Merci, c'est très gentil.

Je viens de finir la bouteille ce soir. Le parfum est incroyable de densité et d'invasion des narines.
En bouche, j'ai enfin trouvé le lien gustatif que je cherchais. J'ai bu des Maury des années 1870 / 1880. Et on retrouve les mêmes sensations car le vin est devenu plus doux, ayant perdu l'impression de vin plus sec des jours précédents.
C'est donc un vin doux comme les Maury, sans doute fait dans une région comme celle mentionnée dans le texte de "l'Almanach des gourmands".

Ce que j'ai ressenti, c'est l'extraordinaire complexité de ce vin et un sentiment d'éternité. Ce vin est plus complexe que les Maury du 19ème siècle que j'ai bus.
Il a une persistance aromatique énorme.

C'est clair que le probabilité que je retrouve des vins de cette année ou plus vieux est proche de zéro, car un vin de ce calibre donnerait lieu à des enchères que je ne pourrais sans doute pas suivre aujourd'hui.
Mais ce vin a été bu, avec des connaisseurs. Alors, il a eu 191 ans après sa naissance la justification de son existence et il a été bu.
Le fait que ce vin soit quasiment éternel ne doit pas donner de regret, même si je peux rêver que dans deux siècles un de mes arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière petits enfants le boive.
Maintenant c'est fait. L'aventure doit continuer...


Cordialement,
François Audouze
17 Mai 2010 21:40 #35

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Merci d'avoir partager avec nous ce beau moment ! :)

“Ce matin, après avoir entendu un astronome parler de milliards de soleils, j'ai renoncé à faire ma toilette : à quoi bon se laver encore ?” - Cioran // Serge
17 Mai 2010 22:24 #36

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Dans le train qui me transporte à Paris, je médite. Cet état d'esprit fait naître en moi un sentiment : L'admiration. On a tous dans notre cave, un vin que l'on chérit. Ce peut être le vin le plus ancien de notre collection, ou le vin le plus rare, ou le vin acquis dans des circonstances particulières, ou bien encore le vin le plus cher... Bref chacun reconnaîtra la situation qui lui convient le mieux.
Or ce soir, je pense que François ouvre le plus vieux vin buvable de sa cave. Et cette étape n'est pas facile à franchir. Il en faut du courage pour accepter le fait que dans quelques heures le moment tant rêvé sera passé, et fera définitivement parti de la mémoire. Il en faut aussi de l'abnégation pour ouvrir le vin, sans plus se poser de questions. En effet chaque invité amène un ou deux flacons très rares et prestigieux, mais nous savons tous qu'aucun de nous n'est tout à fait à la hauteur de l'enjeu. Mais en même temps, qui d'autre au monde possède encore ce genre de vin ?? Qui d'autre que François est aussi généreux ?
Notre flacon de rêve, on espère tous l'ouvrir dans des conditions idéales. On veut être entouré de telle ou telle personne, on souhaite fêter un évènement précis... Bref il faut que tout soit parfait. Alors nous repoussons à chaque fois le moment, car l'instant parfait n'existe pas. En fait seule notre disposition d'esprit peut être parfaite.
François, lui, a franchi ce pas de géant et il a décidé que ce serait pour ce soir. Je ne sais pas si l'instant est parfait, mais je suis certain, qu'il ne fera pas machine arrière ; Il me rappelle certains initiés qui ont travaillé toute leur vie pour l'accomplissement. Un jour ils sont prêts et rien de ne peut les détourner de leur destinée. En arrivant au restaurant, je vois que François est prêt. Bravo l'artiste et merci !


SALON 1982
J'ai déjà eu la chance de boire cette légende du top 100 Bettane, il y a une dizaine d'années. C'est donc avec excitation que je plonge mon nez dans le verre. Quelle merveille ! Un vrai kaléidoscope de parfums. On reconnait le pralin, le sous-bois, les fruits d'été, les agrumes et même un doux parfum d'edelweiss. En bouche le fruité est colossal, presque sucré, évoquant la pêche et l'abricot. La finale fait un beau retour sur la terre d'origine. Quelle ouverture mes enfants ! 97/100

BOLLINGER 1966
Lorsque François m'a confié qu'il souhaitait ouvrir un Bollinger 1945, je lui ai dit que Juhlin, le célèbre critique, estimait que les deux plus grandes années pour Bollinger étaient 1945 et 1966. Il me semblait donc intéressant d'apporter ce dernier en plus du Cos 1921. Le nez est la perfection de ce bas monde. On pense aux pastels de Degas. Les nuances effleurent le nez, virevoltent comme un tutu ; C'est la première fois que je sens la rose sur un Champagne. La pureté du fruit est inouïe. Les agrumes se mêlent à l'ananas, puis aux fruits de la passion. En bouche, le gaz est d'une jeunesse stupéfiante, comme j'aime. L'orange sanguine, le gingembre, le citron confit et l'écorce passent sur les papilles comme un foulard de soie. Mon dieu, quelle délicatesse. Le Bollinger 59 était le plus minéral de mon palmarès, voici le plus délicat ! 98/100

CHÂTEAU HAUT BRION Blanc 1945
Je vous laisse imaginer la rareté de cette bouteille. La couleur ambrée me fait envisager deux solutions : Soit le vin est mort, soit il est liquoreux. Bingo...
Le nez de miel, de malt, d'amande, de pruneau et de sucre roux, évoque un beau Sauternes. La bouche offre une sucrosité délicate, avec des arômes masculins de tourbe, de cognac, et de liqueur. Il ne fait pas dans la dentelle et impressionne. Je rejoins François et pense comme lui , que l'on ne retrouve pas le caractère " Haut Brion" habituel. Il ne ressemble en rien à ce que j'avais déjà goûté de ce vin, jusqu'aux années 50. Un grand privilège et un beau vin en tous cas. 94/100

CHÂTEAU COS D'ESTOURNEL 1921
La bouteille est superbe, avec un niveau LB. Le nez somptueux est parfaitement préservé. On note du tabac, du jus de civet, du cuir noble, du menthol, de la mûre et de la truffe en nuance. La bouche est une douce liqueur de cerise, de groseille, et de framboise. Quel touché de bouche ! Du velours je vous dis, et un gras d'une suavité qui me fait perde la tête quelques instants. Du fruit, rien que du fruit, et surtout un accord qui touche au divin, comme seul François sait les imaginer. Je n'ai jamais été très sensible aux accords, mais là je dois dire, que je m'incline complètement. La sauce devient vin, le vin devient sauce presque une minute. Je sais que certains me trouveront trop généreux, mais le vin, c'est aussi l'instant, la magie d'un accord... Le temps s'arrête ! 99/100

CHÂTEAU GRUAUD LAROSE 1921
Ce vin n'est pas au programme. C'est la folie d'un convive qui sait que le restaurant possède encore ce flacon et qui veut faire un comparatif. Comment peut on refuser un cadeau pareil ? Le sommelier nous explique que les vins anciens du restaurant n'ont jamais bougé. Lorsque je vois arriver la bouteille, je manque de tomber par terre. L'humidité a fait sont travail sur l'étiquette, mais le niveau est dans le goulot, avec bouchon d'origine !! J'entends encore certains marchands me jurer au grand dieu, qu'un niveau mi-épaule est normal pour un vin de plus de 60 ans. J'ai toujours affirmé le contraire. En voici une magistrale illustration.
La couleur irréelle ressemble à celle d'un Pinot des années 90. Un rubis lumineux capte la lumière et la renvoie en mille feux.
Le nez possède toute la race de sa terre. Droit dans ces bottes, il distille généreusement de doux parfums de groseilles, de framboises épicées, de cèdre et de cuir. La bouche offre une fraîcheur suprenante et plus affirmée que celle du Cos. Mais elle n'a pas la même ampleur, la même folie. La fraise, la fourrure, les petits fruits rouges et le collant du gibier écorché dansent une valse sans fin. J'ai beaucoup moins d'expérience avec ce trop rare millésime, mais j'ose affirmer qu'il botte le postérieur de 1928, et possède encore plus de cachet que 1929. 98/100

VOUGEOT Les Cras 1923 Liger Belair
Dès l'ouverture, on pouvait deviner que ce vin ne saurait être grand. Certes l'aération l'améliore, mais il ne peut donner ce qu'il n'a plus. Le nez des très vieux Pinot peut délivrer des odeurs subtiles de torréfaction, ou un relent plus grossier de vieux café. Ici, c'est malheureusement le deuxième cas. Mais au-delà de ce premier jet, on devine le caramel brun, la fumée, et les fruits rouges très compotés. La bouche n'a plus le velouté unique de mon millésime préféré en Pinot, mais elle raconte encore une jolie histoire de fourrure, de sucre roux et de cassis. Il doit être fabuleux avec un niveau parfait. 86/100

LA ROMANEE 1949 Liger Belair
L'un des Pinot les plus encensés du siècle par Allen Meadows, l'homme qui a bu tous les grands Bourgognes depuis la première moitié du 19ème !! C'est donc une immense dame qui s'annonce...
Le nez, d'une pureté d'école, évoque la crème fouettée à la mûre et aux framboises, le gâteau fourré de myrtilles, puis l'anis et le graphite. On reconnaît les yeux fermés ce terroir très aristocratique, qui ne se livre complètement que si l'on accepte de lui prêter toute son attention.
En bouche, la densité est phénoménale, avec un équilibre qui relève du miracle. La violette, la rose, puis la réglisse et enfin les petits fruits rouges épicés se dévoilent en éventail. Un pinot tellement pur, mais tellement jeune aussi ! J'aimerais pouvoir le boire encore une fois dans 20 ans ... 98+/100

TOKAY 1819
Je suis silencieux. On imagine pas l'émotion qui vous saisit à ce moment là. Je ne sais pas comment François arrive à gérer une telle explosion de sentiments. Ca doit être assez phénoménal dans sa tête à cet instant !!!
Comment est-ce possible ? J'avais bu une fois un 1810, mais il ressemblait plus à une relique qu'à un vin. Ici, non seulement il se boit, mais il est même monstrueux ! Aucun vin jeune ne peut donner une gamme aromatique aussi biblique ! Et cette couleur acajou, que c'est beau !
La pomme d'amour, la tatin très caramélisée, le thé à la menthe fraîche, le rhum vanille, mais aussi le safran et la douce noix d'un vin de paille jaillissent du verre comme un feu d'artifice du 14 Juillet. Wowww!!!!
La bouche est encore plus puissante que le Chypre 1845. La charge d'alcool frappe la langue comme le boulet d'un canon. La sucrosité délicate associée au havane, à l'orange sanguine et au curcuma donne un vin totalement unique, point par point à la hauteur de l'enjeu. Il est absolument parfait pour lui même, alors quand s'ajoute à cela, la dimension historique, on ne sait plus si la note se justifie encore. Y a t'il une touche divine dans cette boisson qui ne semble pas vouloir mourir, ni même décliner d'un poil après des heures ?
Si ce vin est Français, et s'il vient de Provence, en particulier de La Ciotat, je suis encore plus ému, car cette ville m'accompagne de près depuis mon plus jeune âge. Merci à tout jamais. 100/100

BOLLINGER 1945
La couleur est saisissante, on dirait un Champagne des années 70. Le nez puissant est d'une virilité qui me désarçonne... Le cuir, le bouillon de poule, la fève de cacao, le tabac, la cacahuète et même la fourrure envahissent les narines comme une épaisse fumée. La bouche est pesante comme du plomb fondu. Le gaz discret, mais bien là, permet le miracle de l'équilibre. C'est aussi une incroyable extraction de craie, de magnésie qui s'étale sur la langue et qui donne une jeunesse irréelle au vin. Puis à nouveau une touche virile de cognac, de peau de gibier, et enfin le citron confit et le gingembre qui clôture ce "bal de fin d'année". Un Champagne devenu introuvable, avec un cachet inoubliable de mâle qui sait aussi être tendre et candide ! 99/100

Je ne sais pas ce qu'on peut encore ajouter à ce festival unique... Les vins parlent d'eux-mêmes, alors je propose d'arrêter là et de me taire. Laissons ce moment raisonner à tout jamais dans l'éternité...

Florent.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Gibus
18 Mai 2010 10:01 #37

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Je sais que certains me trouveront trop généreux, mais le vin, c'est aussi l'instant, la magie d'un accord

Je comprends parfaitement cette assertion... bravo et merci pour ce récit passionnant et passionné !

Benji

Benji
18 Mai 2010 10:52 #38

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Passionnant, captivant, envoûtant...... émouvant !!!......... Qu'il s'agisse du récit de François, comme de celui de Florent !
Merci Florent pour cette précision dans la description de ces vins d'exception, et pour ces notes, qui permettent de mesurer le degré de préférence.
Ces récits nous donne l'impression d'avoir partagé ce moment avec vous !

---
Julien
18 Mai 2010 11:17 #39

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Je suis très sensible au compte-rendu de Florent, qui montre l'émotion que nous avons ressentie.
C'est vrai que des moments comme celui-là sont uniques dans une vie de collectionneur, même si j'ai la chance d'en connaître et d'en provoquer beaucoup. Par chance, je n'ai aucune lassitude et j'ai toujours le même amour pour ce qui me surprend.

Nous avons eu la chance dans ce dîner d'avoir plusieurs choses :

- un vin éternel, car ce Tokay 1819 pourrait être le même dans 200 ans si le bouchon tenait. Or j'ai vu qu'il tiendrait, puisque l'imprégnation du bouchon était infime, par un de ces miracles qu'on n'explique pas, puisque la bouteille était couchée depuis plus de 25 ans dans ma cave.

- un accord parfait, et je suis content que Florent ait pu enfin voir ce que c'est qu'un accord totalement fusionnel. J'aime essayer d'en provoquer. On ne sait jamais si ça se produira, mais quand ça se produit, c'est l'extase totale, qui a justifié le 99/100 que Florent a donné à un vin qui ne vaut pas 99/100 dans l'absolu

- un vin parfait, le Bollinger 1945, et j'aurais aimé que Florent lui donne 100/100. Mais c'est son goût.

Merci Florent d'avoir retracé de façon si vivante l'émotion gigantesque que nous avons vécue.

A propos, j'ai senti à nouveau le verre vide du Tokay 1819 ce matin. Et ce qui assaille les narines, c'est la réglisse et le café. Encore une énigme de plus. Mais c'est si beau de se dire que c'est comme le soldat inconnu, une énigme à jamais.


Cordialement,
François Audouze
18 Mai 2010 11:42 #40

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Je ne cacherai pas que tout ceci me met de bonne humeur, et je ne résiste pas au plaisir de dire ce qui enchante ma journée (du moins à la minute présente) :

1 - le compte-rendu de Florent, car il y a l'émotion que je suis heureux d'avoir contribué à provoquer, entouré d'amis généreux

2 - je viens ce matin d'acheter et recevoir en mains une Romanée Conti 1980 qui est sans doute l'une des plus grandes Romanée Conti que j'aie jamais bues

3 - le copain qui range ma cave - je lui donne ainsi un petit coup de pouce car il est fauché - vient de trouver une bouteille qui va enchanter une occasion que je vais créer. L'étiquette dit, à la main, "Grand Corbin blanc 1924". Or la bouteille est bourguignonne, qui plus est du 19ème siècle. Qu'y a-t-il dedans ? Enigme. Et ça, ça m'excite autant qu'une Romanée Conti

4 - dans deux jours, pour des raisons très particulières que je raconterai après l'événement, je vais ouvrir et boire avec un ami deux Romanée Conti au même moment. Ce sera la première fois que je goûterai ensemble deux millésimes matures de Romanée Conti.

5 - ce soir je vais aller voir Michel Chasseuil qui signe son livre. Confronter deux visions du vin, ça peut être électrique !!! ... mais intéressant.

Conclusion : tout baigne ce matin !
Et comme disait la mère de Napoléon qui vivait, lui, du temps du Tokay 1819 : "pourvu que ça dure" !


Cordialement,
François Audouze
18 Mai 2010 12:03 #41

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Et si tu mettais une tenue de Ninja pour te confronter à ce nouveau challenge ?

Il n'y a que moi pour trouver cette dévotion et cette emphase lé-gè-re-ment exagéré, pour un tokay moitié de la Ciotat et moitié de Maury, dont on sait pas si il y avait du sucre résiduel ou pas ?

C'est super, c'est poétique, cette débauche de sentiments, d'emphase et d'adjectifs, on est content pour toi et j'aime bien que vous soyez tous amis, mais on se croirait devant un transport de l'os du pied d'un saint mineur dans la crypte d'une cathédrale... Cette idolâtrie presque païenne me gêne de plus en plus. Qu'est ce que ça va être pour les deux Conti...

Et ! Ce n'est que du vin, vieux...
19 Mai 2010 08:47 #42

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:D:D énorme.
t'es pas seul Hervé....:) mais ce sont de vilains sentiments...que de la jalousie...8-)
19 Mai 2010 09:21 #43

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Je ne réponds pas à Hervé. Inutile.

Ecris tes textes sur ton blog, que je trouve d'ailleurs fort beaux. Et tellement sincères.

Je te souhaite une bonne journée.


Cordialement,
François Audouze
19 Mai 2010 09:24 #44

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Je ne réponds pas à enzo.

A chacun ses plaisirs .....


Cordialement,
François Audouze
19 Mai 2010 09:27 #45

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Rien de mieux que de tester et d'éprouver soi même les choses pour les comprendre. Je vous souhaite de tout coeur d'avoir des émotions aussi intenses dans le vin ou dans d'autres domaines d'ailleurs.
Bonne continuation.
Florent.
19 Mai 2010 10:08 #46

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Je dois avouer que comme Laurent (enzo), j'ai beaucoup ri au message d'Hervé, à ma grande honte, désolé François, je ne le ferai plus... Et surtout ne répond pas non plus...

Luc
19 Mai 2010 10:35 #47

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Le style de FA peut parfois etre criticable de meme que ses liste à rallonge mais je dois reconnaitre que les textes laissant transparaitre l'emotion me plaisent bien, meme si ce n'est que du vin.
Chacun va avoir de l'emotion suivant son ressentit alors qu'une autre personne n'ayant pas vecu ce moment passera completement à coté ou trouvera cela parfois navrant.
Quand j'ai terminé mon 1er marseille-cassis (dans un temps plus proche des derniers que des 1ers), j'en avais les larmes aux yeux à l'arrivée, de meme que je jour ou j'ai attrapé ma 1ere couleuvre d'esculape (assez rare dans la region) ou que j'ai cassé ma 1ere pile de briques avec la main. Toutes ces emotions m'appartenaient, et lorsque j'en parlais je sentais le decalage entre mon ressentit et mon interlocuteur.
On a tous ces moments d'emotions ou de joie interieure (du moins j'espere, c'est tellement bon) sur des sujets divers, alors meme si ce n'est que du vin, tant mieux pour lui d'avoir vecu ce moment la...
19 Mai 2010 14:13 #48

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Réponse de Jean-Christophe sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Oui. Finalement c'est un peu comme François Pignon avec ses allumettes: aux yeux des autres il passe parfois pour un "bizarre", mais lui vit cela comme une grande passion source de vives émotions! ;)
JC

Jean-Christophe
Liège, Belgique
19 Mai 2010 14:23 #49

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Pour ma part, j'ai trouvé que le message d'Hervé Bizeul était beaucoup plus méchant que drôle.

Non pas que je m'inquiète pour les dégâts que ça va occasionner chez François mais je n'ai jamais compris la méchanceté gratuite.

Michel
19 Mai 2010 14:26 #50

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Quand on donne son avis sans ambage, plutôt que de câliner comme trop souvent dans le sens du poil ce qui ne le mérite pas forcément (du moins chacun est libre de son avis), je ne suis pas étonné que tu trouves cela "méchant", un peu comme ceux qui trouvaient Coluche "vulgaire".
19 Mai 2010 14:52 #51

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Lorsque l'avis est manifestement blessant, pourquoi ne pas le garder pour soi ?
Ceux qui trouvaient Coluche vulgaire ne connaissaient simplement pas la définition du mot, c'est quelque peu différent.

Michel
19 Mai 2010 15:03 #52

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Bonjour

pour ce qui me concerne je n'ai jamais bu de vin du 19e siècle, je ne m'extasie pas particulièrement sur eux, toutefois j'imagine que la grande majorité des amateurs retient son souffle quand l'occasion lui est donnée de goûter à de tels breuvages. Certains donnent leur avis avec une emphase qui peut paraitre ridicule, je ne me moque nullement d'eux et n'éprouve en rien le besoin d'être ironique ou méchant à fortiori quand je ne connais pas les personnes concernées.
Je suis plutôt d'accord avec Michel même si je n'ai pas pu m'empêcher de sourire au message plus ironique que drôle de monsieur Bizeul.
19 Mai 2010 15:54 #53

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Il est certain que tout ce clapotis ne mérite pas de commentaire.
On ne pourra pas empêcher les méchants d'être méchants.
Ma joie n'est pas entamée.


Cordialement,
François Audouze
19 Mai 2010 17:09 #54

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Méchants, vous êtes tous méchants ! Et puis c'est trop injuste !

Luc

PS : Michel, je t'ai connu un peu plus réceptif à l'humour...
19 Mai 2010 19:09 #55

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Réponse de François Audouze sur le sujet Re: le plus vieux vin buvable de ma cave (et récit du dîner)

Luc,
Je t'ai connu plus réceptif à la perception des intentions de ceux qui viennent taguer une discussion ! ;)

Je n'ai aucun sentiment d'injustice et je suis même plutôt heureux de constater que les méchants ne peuvent s'empêcher de l'être et se trouvent percés à jour par des gens qui osent exprimer leur avis.
Il n'y a donc pas que la pensée unique sur ce forum, ce qui est un bien.


Cordialement,
François Audouze
19 Mai 2010 19:43 #56

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Chacun perçoit les choses en fonction de sa propre sensibilité mon cher François. Quand on est persuadé que tous ceux qui ne tombent pas en pâmoison devant nos récits nous en veulent personnellement, il est évident qu'on trouve de la méchanceté là où il n'y a souvent qu'un peu d'amusement devant la débauche de sentimentalisme qui transparait ici ou là. Car effectivement, comme tu le dis toi-même, pas de pensée unique sur LPV, chacun s'exprime ici librement, toi, tes aficionados, mais également ceux qui le sont moins...

Luc
19 Mai 2010 20:25 #57

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Ecrire que je suis en pâmoison devant les récits de François est burlesque.
Ecrire que je câline dans le sens du poil est ridicule.

Je vous pose la question : sur LPV, quelle position est la plus "courageuse" (entre guillemets car le courage ce n'est évidemment pas cela) : se pâmer devant les pamphlets mouillés à l'acide de sieur Bizeul ou bien écrire que le même sieur Bizeul "charrie" un peu ?

Michel
19 Mai 2010 20:46 #58

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Ecrire que je suis en pâmoison devant les récits de François est burlesque.

Mince, si quelqu'un a écrit ça, qu'il soit pendu haut et court !

car le courage ce n'est évidemment pas cela

Je ne te le fais pas dire, ce n'est pas une question de courage, mais de sensibilité, une fois de plus...

Luc
19 Mai 2010 20:54 #59

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Mince, si quelqu'un a écrit ça, qu'il soit pendu haut et court !

Je préfèrerais haut car court abrège les souffrances ;)

Michel
19 Mai 2010 20:58 #60

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