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Un apéritif dînatoire chez Claude et Solange…

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Jean-Loup Guerrin a créé le sujet : Un apéritif dînatoire chez Claude et Solange…

Quand l’ami Claude nous annonce « Venez vers 18h, pour un petit apéritif dinatoire… », nous comprenons que c’est un piège. Mais un piège de cette taille-là on ne s’y attendait pas ! :woohoo:
Les plats de résistance étaient concoctés par Solange et Michel (un ami convié lui aussi avec Dany) et nous n’avons pas su y résister tellement c’était du grand art : premier piège car on était plus proche du restaurant étoilé que de l’apéro sympa !
Certes la véritable bouteille apéritive est servie étiquette découverte ainsi que la bouteille accompagnant le dessert.
Mais les trois belles bouteilles au cœur de la soirée ont été autant de pièges, par le niveau auquel on ne s’attendait pas (quoiqu’avec Claude, on pouvait s’en douter), et par les étiquettes difficiles à identifier. Les trois domaines dont elles sont issues sont tout simplement dans mon « top ten » des domaines français…:D

Allez c’est parti avec :

CR: Champagne – Domaine Robert-Allait – Blanc de blancs – Cuvée Stéphanie – 2008

La robe or clair est dotée d’un train de bulles bien fourni.
Le nez est engageant, sur des senteurs de fruits jaunes comme la mirabelle et des notes tour à tour briochées et vanillées.
La bouche est toute en rondeur et en finesse, d’un volume confortable. La finale sapide se fait plus traçante.
Une cuvée que je connais bien, pas encore sur ce millésime, mais je n’aurais pas reconnue à l’aveugle car je serais partie sur un assemblage avec du pinot meunier (beaucoup de fruit) et sur un millésime moins tendu (on peut d’ailleurs espérer un peu plus peps en 2008).
Le vin a fait un bout de chemin avec une verrine au crabe et à l’avocat.
Bien ++


CR: Sancerre – Domaine François Cotat – Les Culs de Beaujeu – 2005

La robe hésite entre paille et or.
Le nez puissant attire immédiatement par ses arômes minéraux de pétrole noble et un côté « gréseux » qui se rapproche du fumé, sur un fond de fruits exotiques très mûrs. Bien que le vin ait été carafé pendant deux heures, le nez ne cessera d’évoluer à l’aération dans le verre, les hydrocarbures se fondant parfaitement avec les arômes exotiques aboutissant à une remarquable complexité olfactive.
La bouche est ronde, très ample, enrobée d’un léger gras qui provient indéniablement d’un peu de sucres résiduels. Le match entre la minéralité et les fruits exotiques se poursuit avec, à l’inverse du nez, ceux-ci qui apparaissent en premier et celle-là qui s’affirme en finale. La persistance superlative est plus sur la fraîcheur.
L’accord avec le très fin gravlax de saumon « Anne-Sophie Picq » fait maison est réussi mais sur un carpaccio de coquilles Saint-Jacques à la « poudre des Alizés » (très belles épices) que le vin prend encore plus de volume (si c’est possible ? Si, c’est possible) tout en conservant son élégance intrinsèque.
Excellent et Excellent (+) avec le carpaccio.

A l’aveugle j’étais bien entendu parti sur un grand Riesling, et pourtant je commence à connaître un peu les vins de François Cotat … grâce à Claude.


CR: Alsace Grand Cru – Domaine Jean-Michel Deiss – Mambourg – 2012

Je connais assez bien les autres grandes cuvées complantées de Jean-Michel Deiss, Schoenenbourg et surtout Altenberg, mais ce doit être la première fois que je déguste cette cuvée issue d’une complantation de tous les pinots.

La robe est très dorée.
Le nez est assez intense, mais certainement moins que ce que je connais des deux cuvées sœurs. Mais l’expression aromatique est d’une grande finesse, sur des fruits blancs très mûrs, la poire notamment, avec de belles notes fumées, d’autres florales, et mêmes des touches fugaces miellées et de pomme au four. Très beau !
L’équilibre en bouche est remarquable. Le sucre est très fondu et là encore je perçois une différence car moins présent que dans les deux autres cuvées (à moins que cela soit un effet du millésime ?).
D’une grande envergure, la bouche est accompagnée par des arômes floraux délicats et une tension ciselée de bout en bout, jusqu’à une finale qui fait la part belle à de nobles amers.
Le mariage est superbe avec des brochettes de gambas et d’ananas flambées au curry très goûteuses.
Très Bien ++ / Excellent

Cette fois-ci j’étais parti sur un grand Pinot Gris d’Alsace, mais le facétieux Claude m’annonce que ce n’est pas un monocépage … et j’ai donc alors fait une bonne partie du Tour de France ! Et pourtant son indice me confirmait non seulement la région et le vigneron, mais aussi la cuvée grâce à l’un des cépages prépondérants…


CR: Saumur-Champigny – Clos Rougeard – Le Clos – 2005

La robe est d’un grenat sombre marquant un début d’évolution.
Le nez très intense et classieux présente du fumé, un beau végétal assez dominant et des fruits noirs, quelques notes florales soulignant un début de tertiaire.
L’austérité de la bouche frappe d’entrée, par sa structure imposante mais stricte et des tanins encore sensibles. C’est un vin à la fois terrien (trop à mon goût) et aérien par sa finesse vive et énergique mais on ne peut encore parler d’élégance.
L’ensemble se fond sur une omelette aux truffes mais encore mieux sur un Coulommiers truffé maison.
Très Bien (+) seul, Très Bien + sur le Coulommiers et sans doute sur une viande en sauce, et j’espère plus dans cinq à dix ans pour ce vin encore jeune.

Cette fois-ci le cabernet franc à 100 % s’est imposé d’entrée dans la recherche du cépage principal. J’étais plutôt parti sur un Chinon du domaine Alliet – Coteau de Noiré ou sur un Saumur-Champigny de Thierry Germain – La Marginale, 2005 dans les deux cas pour les caractéristiques de puissance et d’austérité. Mais j’aurais attendu plus de civilité sur un Clos Rougeard. La lecture de LPV montre que d’autres ont eu la même expérience. C’était le (petit) dernier piège.


CR: Vouvray pétillant – Domaine Pinon – Brut non dosé

La robe est d’un or profond, avec peu de bulles.
Le nez est bien ouvert, sur des fruits secs, principalement les amandes, agrémentés de notes briochées et de fruits blancs.
La bouche est très droite et sèche, dominée par des arômes grillés (sésame) bien prégnants et des amers sensibles.
Elle s’adoucit et s’arrondit un peu sur une galette à la frangipane.
Bien (+)

Finalement j’aurais dû intituler mon titre : « Un dîner jubilatoire chez Claude et Solange » ! Nous sommes repartis après 23 h ... Qu’est-ce que c’est bien de se faire piéger comme cela !
Une dernière remarque : cinq bouteilles à six, c’est très bien. Ce n’est pas le format de treize bouteilles à la douzaine ;) , auquel je suis plus habitué, mais cela permet de revenir sur chaque bouteille, de voir évoluer le vin plus longtemps dans le verre, et de faire des allers-retours entre discourir sur le vin et refaire le monde (ce qui est finalement un peu la même chose !).

Merci Solange et Michel pour ces merveilleux petits plats, Claude pour ces bouteilles superbes et Dany pour les échanges sympathiques !

Jean-Loup
#1
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