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Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

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bassaler a créé le sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

La vie réserve parfois de (très) belles surprises. Lors du dernier « Davos du vin » organisé à la Villa d’Este, l’ami Oliv rencontre Philippe Chambriard, coutelier à Thiers. Connaissant ma passion (immodérée) pour les couteaux, la conversation s’engage, des liens se tissent et un RDV informel est pris. Malgré les aléas de la vie et les mois qui passent, un point d’entente est trouvé pour une visite sur Thiers en ce samedi bien pluvieux de juin.
Un peu de tourisme pour commencer, avec une balade dans les ruelles médiévales de la ville ponctuée par la visite - que je recommande très fortement - du Musée de la coutellerie et ses espaces dédiés notamment à des démonstrations de montage de couteaux : très enrichissant pour le béotien que je suis.

Puis retour au magasin / atelier de la famille, au grand complet pour nous accueillir, et le terme n’est pas usurpé. J’ai ainsi appris à reconnaître les signes d’un couteau artisanal, à différencier un Damas industriel d’un artisanal, à comprendre les subtilités du montage, du polissage et de l’affutage des lames (et quelques secrets des hommes qui pilotent les machines), … Une véritable éducation à la mécanique appliquée, laissant transpirer tout l’amour du travail bien fait : « derrière le mot artisan, il y a le mot art » (© : moi-même 2017).
Quelques beaux bijoux / couteaux plus tard, dont un qui vient enrichir ma collection, nous voilà donc dans la maison de Philippe et Nicole pour un repas ... qui se révèlera être anthologique.

Un immense merci à toute la famille Chambriard qui nous a reçu en toute amitié, comme si nous nous connaissions depuis toujours. C’est sans doute cela la substantifique moelle de l’esprit et de notre mode de vie, que nous chérissons plus que tout.
Passons maintenant aux choses sérieuses (tous les vins ont été servis à l’aveugle complète).

En apéritif


Champagne, Brut Grand Cru 2006, Egly-Ouriet : un champagne plutôt riche, gras, sur un équilibre semi-oxydatif très élégant, avec une minéralité traçante. J’ai beaucoup aimé. Très Bien + (+)


Notez sous la bouteille, un monument de magnificence avec ce couteau de Henri Viallon , (qui a notamment mis au point, pour les besoins de la télévision, le Sauveterre à partir d’un modèle de couteau aveyronnais du XIX° siècle) : manche en ivoire de mammouth, lame damas à motifs (dont une grappe de raisins). La photo n’est pas nette certes, mais quel beau travail !


Champagne, La Grande Année 2002, Bollinger : un nez étonnant, sur les fruits rouges pour moi. Belle acidité et petite amertume fine sur la finale. Très Bien +


Chassagne-Montrachet, premier cru Grandes Ruchottes 2002, Bernard Moreau : c’est gras, grillé, très opulent. Pataud et manque de longueur. Problème de bouteille ?

Avec une tartine de pieds de cochon grillés


Pessac-Léognan Grand Cru Classé de Graves, domaine de Chevalier 1989 : nez malté du plus bel effet. Belle acidité en bouche, complexe, gras et gourmand tout en restant élégant. Finale fine, mentholée et fraîche, peut-être un léger déficit de longueur. Très Bien + (+)


Bienvenues-Batard-Montrachet Grand Cru 2008, domaine Louis Carillon : servi en duo avec le Pessac, le vin montre une plus grande opulence au nez, sur des notes terpéniques légères (Riesling ?!). Bouche traçante, finement poudrée, ultra-longue. Pointe vanillée sur la finale bâtie sur l’élégance. Excellent


Côtes de Jura, Les Chalasses Vieilles Vignes 2013, Jean-François Ganevat : assez perlant au nez, sur des notes de pomme verte. Grande acidité en bouche, une sensation un peu « décharnée ». Pointe jurassienne très discrète. Clairement très jeune aujourd’hui, avec un potentielle de vieillissement important. Non noté en l’état.


Avec une viande de bœuf d’anthologie, ses petits légumes et sa sauce aux champignons (de St Bonnet le Froid)


Châteauneuf du Pape, château Rayas 1998 : nez explosif de fruits bien murs et très aromatiques (fraises écrasées / roses), avec une composante méridionale et une touche d’épices douces. Superlatif en bouche, un véritable bonbon aromatique ! Excellent (+)


Gevrey-Chambertin, premier cru 2001, domaine Denis Mortet : un vrai pinot, plutôt viril mais bien équilibré. Fruits noirs, grillé élégant, épices douces et réglisse. Se goute vraiment bien (et est plus près que son grand frère bu récemment ICI ). Excellent


Volnay, premier cru les Caillerets 2001, domaine d’Angerville : le grain tannique des Caillerets, la douceur et la subtilité du pinot, le fruité sur les fruits rouges, de la véritable soie en bouche. Excellent +


Pessac-Léognan Grand Cru Classé, château Haut-Bailly 1978 : un nez fumé / smocké digne des grands malt, sur une base encore clairement fruitée. En bouche, suavité extrême, une pointe de kirsch, totalement fondu sans aucune mollesse. Le (premier) vin de la soirée. Exceptionnel (merci Oliv).


Avec les fromages locaux



St Estèphe, Grand Cru Classé, château Cos d’Estournel 1995 vs Pauillac Grand Cru Classé, château Lafite-Rothschild 1995 : les deux « voisins » juste séparés par la Jalle du Breuil ont été servis en battle.
Le premier présente un équilibre typiquement cabernet « vieux », réglissé, épice élégante, notes tertiaires associées à une belle structure acide encore vaillante. Peut-être (pour les chichiteux) une très légère sous-concentration, mais je chipote ! Excellent
Le second est plus « rond », avec une acidité magnifique, apportant fraîcheur et longueur sur un substrat secondaire. Des notes de menthe poivrée apportent une classe supplémentaire. Finalement, c’est plus fin, plus profond et plus complexe. Avec un peau d’aération (en fait, un deuxième verre), la complexité est décuplée, sur les terpènes, le bois de cèdre et la menthe fraîche (j’allais dire mouillée). Le (second) vin de la soirée. Exceptionnel (Merci Philippe).


St Joseph, la Gloriette 2013, Lionel Faury : pour le fun parce que passer après quelques monstres, c’est toujours difficile. Une syrah jeune, franche et fraîche. Epices, violette et quelques notes d’élevage. Très bien


Condrieu, Coteau de Vernon 2010, domaine Georges Vernay : nez complexe, notes grasses alliées à une tension acide bien présente, aromaticité plus complexe que variétale, sur l’abricot évidemment, mais pas que (!), une pointe vanillée. J’adore. Excellent

Avec le dessert : tarte à la rhubarbe et fraises du jardin


Quart de Chaumes, château du Breuil 1990 : antinomie avec la description de ce nez que je qualifie de « chimique magnifique », liqueur fraîche en bouche, douce, sur la pâte de coings. Puissance et douceur, sucrosité mesurée. Excellent


Porto, vintage 2000, maison Fonseca : cerise sur le gâteau, nous revoilà dans l’une de mes régions de prédilection avec un nez possédant un grain tellurique magique, combinant puissance et élégance, fruité et sensation d’alcool juste. Bouche traçante, sur une même élégance. Ultra-jeune certes, mais quelle promesse. Viril, de la granulosité, une sucrosité tip-top, du fruit, tout y est. Exceptionnel en puissance

Voilà, en conclusion, une soirée exceptionnelle à plus d’un titre : des hôtes charmants, une cuisine au top (la cuisson du bœuf était une pure merveille), des fromages régionaux à faire pâlir un cholestéroleux et une cave d’anthologie (j’en oublie sans doute).

Merci à toute la famille Chambriard pour leur accueil et leur sens de l’hospitalité (et les couteaux !). A très vite sans nul doute.
#1
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: oliv, PBAES, dt, Jean-Bernard, Eric B, Vougeot, totolouga, mgtusi, Galinsky, Jean-Loup Guerrin, LADIDE78, Frisette, GAET, starbuck, leteckel, jclqu, Damien72

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bassaler a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Des photos du couteau quand même !





#2
Pièces jointes :

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Eric B a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Waouh, quel repas et quels vins ! Le rêve de tout amateur (tu)

Eric
Mon blog
#3

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jclqu a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Sacrée dégustation !
Par contre le rendu des couteaux n'est pas terrible. On voit le détail précieux mais pas de vue du couteau avec sa lame ça manque je trouve.

JC
LPV Lutèce
#4

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Frisette a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

DeDieu!!! Sacré repas!!!:woohoo: :woohoo: :woohoo:
Magique comme LPV peut créer des liens, y compris par personnes interposées!!!

Flo (Florian) LPV Forez
#5

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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Balade de Pentecôte pour palais affûtés


Lors de la dernière édition du Villa d'Este Wine Symposium, j'avais eu le plaisir de faire la connaissance de la famille Chambriard avec qui j'avais partagé plusieurs grands moments dont le repas de Paulée.

Comme les affinités sont entre passionnés très rapidement électives et au vue du pedigree professionnel plus qu'aiguisé de Philippe et des siens , nous nous étions promis de nous revoir afin que je leur présente celui qui, dans mon entourage, pouvait prétendre lors d'un moment pareil à un double moment de bonheur, le Bobosse revendiquant une passion aussi déraisonnable pour l'art de la coutellerie que celle qu'on connait ici pour le jus de raisin fermenté.

Les mauvaises langues du Gunthard Club m'ayant conseillé d'en profiter pour essayer de lui réaffuter le palais en évitant de transformer en peigne son humour légendaire, je décidais de faire confiance aux hommes de l'Art pour tenter l'exercice.
Et c'est peu de dire que ces deux journées auvergnates furent propices aux moments mémorables !
On n'insistera jamais assez sur la capacité des instants de gastronomie savamment arrosées à tisser des liens forts et des amitiés sincères, transcendant les distances géographiques comme les échelles sociales par trop souvent sédimentées.

Des moments de vins grandioses, j'en ai croisés un nombre respectable, déjà bien plus que jamais je n'eus pensé en vivre au début de mon parcours d'amateur...
Mais ce week-end là, je suis pas prêt de l'oublier.
Car en Auvergne aussi, les amis, c'est la vie !

Moments de vins, moment de vie, de ces parenthèses sacrées qui rassurent sur la nature humaine dans un monde aux consciences troublées.

On passe à table ?!






Gnamas-Gnamas



Champagne Egly-Ouriet, Brut Grand Cru, 2006
Dégorgé en octobre 2016



Robe sur un doré assez net.
Nez marqué par des notes oxydatives et épicées très présentes, sur une impression de richesse et d'évolution certaine.
Bouche très vineuse, sur une ampleur large et tapissante qui alliée à une bulle très légère manque un peu d'allant et de fraîcheur à mon goût malgré une acidité pourtant présente. Mais sa matière est d'un volume tel qu'elle prend le dessus.
Finale puissante avec un côté un peu saturant et roboratif.
Un vin qui a divisé la tablée.


Champagne Bollinger, La Grande Année, 2002



Robe jaune dorée sans aucune évolution.
Nez délicat, franc et jeune, sur les fleurs blanches et des notes minérales (craie humide).
Bouche racée, nerveuse, d'une magnifique trame acide mûre qui propulse une matière dense d'une concentration sans excès remarquable.
La bulle fine ajoute de la présence et de la délicatesse en vivifiant et étirant l'ensemble.
La finale est impactante et dotée d'une réserve de potentiel impressionnant et qui signe le grand millésime.
Très bien et sans aucun doute grandiose un jour !



Tartines de pied de cochon



Domaine Bernard Moreau & Fils, Chassagne-Montrachet 1er cru Les Grandes Ruchottes, 2002



Robe vieil or.
Nez marqué par des notes monolithiques de beurre frais.
Bouche lourde et chaude, sans tenue ni cohérence.
Finale flasque et visqueuse.
ED


Domaine de Chevalier, Pessac-Léognan blanc, 1989



Robe jaune paille.
Nez assez illisible où je n'ai perçu au milieu de vapeurs éthérées que du bois, du bois et encore du bois. Impossible d'imaginer une seconde l'âge du vin, ses cépages ou sa région d'origine.
La bouche est là aussi tout autant difficile à situer, absolument pas fatiguée, sur un équilibre matière ample et acidité tranchante réussi mais malheureusement aromatiquement totalement monolithique et épuisée de bois.
Finale avec de la présence et de la buvabilité mais sans réel plaisir pour moi car sans complexité.
Bien.


Domaine Louis Carillon & Fils, Bienvenues-Bâtard-Montrachet, 2008



Robe clair, sur jaune légèrement gris vert.
Nez somptueux de générosité, sur de puissantes notes florales, un côté finement exotique et muscaté qui orienterait presque en Alsace et un enrobage boisé réussi qui s'exprime au réchauffement et qui ne semble pas encore totalement intégré.
La bouche est somptueuse d'équilibre, conciliant une maturité parfaite qui offre un immédiat confort à une trame élégante et élancée d'une classe évidente construit autour d'une acidité parfaite qui étire ce bel ensemble.
La complexité aromatique est énorme, quand le floral côtoie les agrumes et le beurre frais et s'exprime jusque dans une finale somptueuse de présence et d'élégance.
Grand vin, d'un potentiel énorme ! (tu) (tu)


Domaine Jean-François Ganevat, Côtes du Jura, Les Chalasses Vieilles Vignes, 2013



Robe jaune dorée d'une turbidité assez forte et qui semble buller quand on la remue.
Nez qui m'évoque furieusement un champagne blanc de blancs, avec un début de chatouillis carbonique dans le pif et qui perturbe de jolies senteurs florales et de peaux d'agrumes.
Confirmation de l'effervescence qui dépasse le niveau du perlant et qui nécessite vraiment une préparation pour s'évacuer. Une fois le vin un peu dégazé, il propose un équilibre très agréable, sur une acidité tranchante qui claque sur le palais et de jolis goûts francs et baroques, assez "libres" et qui oscillent entre les fruits blancs et les agrumes.
Finale agréable, d'une vraie gourmandise et fraîcheur.
Très bien. Mais à préparer impérativement pour éviter le gadin !



Filet de boeuf, légumes croquants, sauce aux champignons



Château Rayas, Châteauneuf du Pape, 1998



Robe assez claire, sur un pourpre brique assez intense.
Nez facile, causant, très complexe, où le coulis de fruits rouges répond à de belles notes de poivre et d'épices pour former un ballet d'une immédiate générosité.
Bouche à l'attaque d'une évidente gourmandise conciliant suavité et acidité dans un ensemble très accessible et sans aspérité tannique. La franchise de goûts très épicés participent à cette sensation de plaisir immédiat qui alliée aux marqueurs aromatiques classique de la maison nous oriente assez vite avec David sur un vin d'E. Reynaud.
Seule réserve pour en faire un grand vin toutefois, la finale assez courte qui s'évanouit alors qu'on la souhaiterait voir s'envoler.
Très bien ! Mais à boire, je pense.


Domaine Denis Mortet, Gevrey-Chambertin 1er cru, 2001



Superbe robe profonde et jeune, sans noirceurs excessives.
Nez magnifique de construction, classe et jeune, avec un élevage fumé qui porte des splendides senteurs de fruits noirs frais dans un ensemble brillant de maîtrise et de jeunesse.
Bouche magnifique de maturité et de concentration maîtrisée, où une matière pulpeuse et suave pleine de fond répond à une acidité parfaitement intégrée.
Les goûts sont d’une totale jeunesse, sans aucun marqueur d’évolution, tout en équilibre.
La finale est magistrale de classe et de persistance, incroyable de jeunesse pour un vin de plus de 15 ans.
La réserve de potentiel pour ce vin déjà magistral laisse rêveur.
Coup de cœur ! oo, (tu)


Domaine Marquis d'Angerville, Volnay 1er cru Caillerets, 2001



Robe grenat clair aux reflets briques.
Très beau nez fin, moins généreux que le Mortet mais d’une classe toute aussi évidente, dans un style plus fin, sur la fraise des bois, la pivoine, des notes mentholées et une évolution épicée très agréable.
La bouche est moins facile, sur une acidité froide et effilée qui tranche dans une matière plus ferme que le Gevrey, notamment par ses tanins encore présents.
Le vin possède une indéniable complexité aromatique mais reste un peu austère à mon goût, notamment sur une finale serrée très salivante mais qui manque un peu de confort.
Très bien.


Château Haut-Bailly, Pessac-Léognan, 1978



Robe sur un tuilé net mais d’une belle profondeur.
Très beau nez d’un bouquet noble d’un grand classicisme, précis et ample, sur les fruits rouges compotés, la fumée, des notes d’évolution épicée, le tabac blond, la terre fraîche.
Magnifique attaque de bouche d’une grande maturité, sur une matière ronde à la petite sucrosité portée par une acidité parfaite qui apporte trame et fraîcheur à un ensemble confortable.
Finale délicieuse de buvabilité, aux tanins fondus et sur des goûts complexes de thé aux fruits rouges et de tabac brun.
Excellent ! (tu) (tu)



Fromages d'Auvergne



Château Cos d'Estournel, Saint-Estèphe, 1995



Robe sur un bordeaux sombre un peu éclaircie sur le disque.
Beau nez droit et classe, sur les fruits noirs épicés, des notes de tabac, de léger goudron.
Bouche en deux temps, très agréable en attaque, à la fois nerveuse et franche, sur une belle matière au volume plein et une acidité bien intégrée.
A compter du milieu de bouche, le vin semble un peu manquer de puissance de corps pour se relancer et déroule un ensemble agréable, plutôt frais et d’une belle pureté de goût, très classique et propre sur lui.
La finale est franche mais néanmoins pas interminable.
Très bien.


Château Lafite Rothschild, Pauillac, 1995



Robe plus sombre que le Cos, sans excès pour autant.
Nez très fermé, quasiment muet malgré une aération généreuse dans le verre et qui refusera catégoriquement de se livrer.
La bouche attaque lentement, toujours fermée aromatiquement puis livre petit à petit une matière d’une classe évidente, au volume plein et velouté et des tanins de grande qualité, avec une réserve de chair plus importante que sur le Cos d'Estournel.
L’ensemble est parfaitement construit mais reste trop fermé aromatiquement pour déclencher une véritable émotion.
Finale de très grande qualité tactile et d’un équilibre réussi.
A attendre même si je n’ai aucune idée si la garde peut libérer un peu ce vin pour lui ouvrir des horizons de plus grande complexité
Très bien.


Domaine Lionel Faury, Saint-Joseph, La Gloriette, 2013



Robe sombre, sur un bleuté brillant.
Très joli nez de syrah réussie, sur les fruits noirs frais, d’évidentes flaveurs poivrées avec un côté croquant très agréable.
Bouche franche et qui joue plus sur ses qualités aromatiques que sur sa puissance de fond, manquant un peu de chair peut-être et laissant un peu trop de place à une acidité saillante qui frôle la morsure et à des tanins assez présents.
Finale agréable, fraîche et nette de goûts sans être interminable.
Bien, très bien même car aucun doute que sa place après ces prédécesseurs ne lui a pas forcément rendu justice.


Domaine Georges Vernay, Condrieu, Coteau de Vernon, 2010



Robe jaune paille.
Nez piqué, sur la pomme et rien que la pomme.
Bouche stridente et décharnée, n’offrant qu’une acidité cisaillante.
Finale rébarbative.
Pour moi, c’est ED !



Tarte à la rhubarbe



Château du Breuil, Coteaux du Layon Beaulieu, Vieilles Vignes, 1990



Robe ambrée.
Superbe nez complexe et puissant, sur la pâte de coing, l’abricot, le praliné, des notes minérales.
Belle bouche qui déroule un équilibre réussi d’une grande buvabilité entre une jolie liqueur et une très belle acidité, dans un ensemble fondu très agréable, sur des goûts d’orangette, de gelée de coing.
Finale fraîche et gourmande étirée par de jolis amers.
Très joli vin, très facile à boire ! (tu)


Porto Fonseca, Vintage, 2000



Robe sombre, sur un violet bleuté.
Beau nez ample et masculin, sur la confiture de mûre, le chocolat au lait, la figue, les épices et de nettes vapeurs d'alcool.
Bouche très agréable, d'un volume plein et juteux, sur une sucrosité mobilisée par une bonne acidité mais surtout par des tanins qui allongent et étirent l'ensemble en faisant saliver.
Finale très longue, encore puissante.
Excellent ! (tu)





Nom di djiou, quel repas !! :woohoo: oo,
De ceux dont on rêve toute sa vie ne serait-ce que d'en vivre un !
Aucun moment de gêne ni de chichi dans la perfection de cet accueil familial, de ceux qui vous font vous sentir immédiatement à l'aise, depuis les anciens qui, au magasin, nous avait souhaités d'être sages, le frangin Dominique, artiste de la lame à la jovialité chevillée au sourire, la relève assurée par le fiston au palais affuté et le cousin David toujours aussi pointu !

Et je ne parle pas des dames, qui ont dans le regard cette tolérance tendre et maternelle que toutes les femmes de passionnés ont un jour face aux excès de leurs moitiés quand elles les sentent "dans leur monde à eux"...

Je savais Philippe Chambriard "amateur de vin" mais je l'ai découvert Passionné à un niveau de dinguerie digne des plus ravagés des LPViens qui hantent cet espace !! :woohoo:
Ne jamais sous-estimer les capacités de générosité d'un amateur qui vous reçoit au dessus de sa cave sous peine de lendemains difficiles...
D'ailleurs, j'en connais un qui le lendemain matin affichait les yeux en trous d'zizi des soirées réussies... :whistle:
C'est pas que le pic-vert cognait sec en dedans mais on n'en était pas loin !

Je vous aurais bien parlé de tout ce qu'on a appris sur l'Art de la Coutellerie mais pour éviter de me faire encore une fois qualifier de Pierre Bonte de LPV, je ne saurais trop vous conseiller de passer visiter la famille Chambriard ainsi que les autres couteliers de Thiers.
La ville est investie et transcendée par ce métier dont l'histoire irrigue ses veines et la défense de ce patrimoine mérite vraiment la descente en Auvergne.

Philippe et tous les tiens, un énorme merci pour ce fabuleux moment de table et d'amitié, de ceux que je ne suis pas près d'oublier !
Portez-vous fort et vivement de nous revoir très vite.

Oliv
#6
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starbuck a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Pour le condrieu, vous aviez la même bouteille ? :D

Sinon j'en connais un qui va être rassuré en lisant vos CR sur le Bienvenues de chez Carillon ;)

Sylvain
#7

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jean-luc javaux a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Superbes bouteilles, beaux couteaux et jolies photos! (tu)
ps: l'avatar ne fait pas le photographe... ;)

jlj
#8

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GAET a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Nom di djiou, quel repas !!

image: www.lapassionduvin.c...
:woohoo:

image: www.lapassionduvin.c...
oo,
De ceux dont on rêve toute sa vie ne serait-ce que d'en vivre un !
En savoir plus sur www.lapassionduvin.c...

Oliv, je plussoie !
Messieurs, un grand merci pour le partage de ce moment magique.
Cordialement
Gaëtan
#9

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bassaler a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Pour le Condrieu c'est clair, on n'a pas bu le meme vin
Oliv : toute une éducation (condriesque) a refaire
#10

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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

#11

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Marc C a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Oliv, coup de coeur sur un pinot de Mortet :o !



Marc
#12

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lugdunum a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Mortet c'est magnifique (j'ai bu Lavaux St Jacques 2002 l'an dernier, très proche en sensation du commentaire d'Oliv) mais il faut attendre que l'élevage se fonde !
#13

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bassaler a répondu au sujet : Retour à Dauge, près de Thiers

Retour à Dauge, près de Thiers


Vu sur les volcans d'Auvergne


Un premier voyage dans la région de Thiers nous avait laissé un souvenir impérissable, tant la conjonction des planètes avait été au rendez-vous ce soir-là, avec semble-t-il quelques exagérations en fin de soirée / de nuit. Mais n’écoutons pas les mauvaises langues et concentrons nous sur l’essentiel.
A l’instar du triangle du feu (combustible, comburant et énergie d’activation), nous voulions nous assurer que le triangle du bonheur était toujours d’actualité. Après un vendredi plutôt « vieilles pierres » avec la visite de l’ abbaye de Noirlac puis quelques découvertes comme l’ église clunisienne de Menat ou le château Rocher , nous arrivons donc en un samedi matin nuageux dans cette ville de Thiers qui fait rêver de nombreux amateurs de couteaux !
Rapidement, presque naturellement tant la connexion est évidente, nous échangeons sur les matériaux et les techniques de la coutellerie, l’un des buts de ce week-end étant de passer commande pour la réalisation d’un couteau d’exception pour mes 60 ans à venir. Philippe et Dominique Chambriard , les deux frères, prennent le relai pour préciser la nature du manche, le type de lame (et surtout quel damas choisir …) et le guillochage du ressort. Entre gens de bonne volonté, la négociation est toujours simple. Vite fait bien fait pour une surprise à venir …

Balade dans Thiers et les environs, réhydratation à la Chateldon et repos salvateur avant le repas. 1 kilomètre de marche à pied, armés de lampes de poche et frontales pour un retour plus sécurisé dans la nuit, nous voilà donc de nouveau dans la maison de Philippe et Nicole pour un nouveau repas, en compagnie de David, le cousin, et sa compagne Bénédicte. Un peu plus tard, c’est le papa qui nous fera le plaisir de sa présence, de son regard bienveillant et de son hédonisme (et c’est un grand amateur de Bourgogne).

Une nouvelle fois, un immense merci à toute la famille qui nous a reçu en toute amitié, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Le triangle couteau / vin / amitié était bien là pour toujours du doigt d’indicible étoile du bonheur.

A table maintenant (tous les vins ont été servis à l’aveugle complète).





En apéritif


Champagne de Sousa Grand Cru Réserve (Brut Blanc de blancs)

Bobosse
Un champagne frais, sur une fine aromatique au nez, une tendresse en bouche, avec une finale vive et légèrement saline. Bien

Oliv
Robe jaune paille très claire.
Nez bien positionné, évident, sur de fines notes de fleurs blanches, sans grande puissance mais précis.
Bouche facile, sur un volume assez enrobé, avec une perception de dosage assez présence qui pose une lecture gourmande mais simple par un petit manque de tension et d'accélération sur le palais. La bulle est en revanche idéalement positionnée, présente et crémeuse.
Finale un peu replète mais aux jolis goûts de fruits blancs.
Un peu passe-partout peut-être.
Bien.



Champagne de Sousa Grand Cru Mycorhize (Extra brut)

Bobosse
Bel équilibre général entre l’acidité et la vinosité. Notes fraîches mentholées sur une belle maîtrise de la corpulence. Bien ++

Oliv
Robe similaire, à peine plus teintée.
Nez plus serré, sur une perception de droiture, avec moins de fruit mais plus de senteurs minérales, sur la craie.
Bouche immédiatement plus nerveuse, sur une propulsion acide qui lance et tient une jolie matière élancée.
Le vin gagne en concentration et en tonus, s'étirant dans une belle finale franche par des amers salivants et une vivacité de bulle qui titille le palais.
Très bien, dans un registre plein et légèrement austère.



Meursault, Meix Chavaux 2009, domaine Roulot

Bobosse
Un nez très fin, sur une belle minéralité élégante malgré une fermeture un peu prononcée. Une bouche opulente, riche, grasse et grillée, mais qui reste sur un équilibre plutôt frais et élégant. Finale sur une fine amertume saline, semi-perlante, et laissant une empreinte salivante. Excellent

Oliv
Robe jaune paille peu teintée.
Nez discret et comprimé, très fermé, sur de minces notes florales et beurrées au réchauffement.
Bouche ample, avec de la viscosité en attaque, sans aucune lourdeur par la présence d'une belle acidité et qui évoque un millésime chaud sans verser pour autant dans le pataud.
Finale propre et sans défauts mais d'un mutisme qui confine à l'impénétrable.
Mais l'ensemble est trop fermé aromatiquement, comme refusant de se livrer, pour dépasser son côté intellectuel en l'état.
A attendre.



Avec un magnifique flanc d'aubergines, tomates et poivrons confits




Pouilly Fumé, Silex 2010, domaine Didier Dagueneau

Bobosse
Nez plutôt fermé, un peu typé sauvignon. Bouche totalement dissociée et déséquilibrée, avec une attaque presque « sucrée » et une acidité qui traîne en fin de bouche, presque stridente. Bof

Oliv
Robe cristalline aussi claire que de l'eau.
Nez peu complexe et primaire mais net et mûr, sur des senteurs de pamplemousse rose et de diabolo cassis.
Bouche effilée, trop d'ailleurs à mon goût, avec un équilibre brouillon et dissocié entre une acidité ultra pointue et une forme de maturité.
Les goûts sont en l'état ceux d'un sauvignon bien né, sans aucune note de sous-maturité mais manquent totalement de complexité.
Finale mordante, l'acidité étant accentuée par des amers prégnants de ziste de pamplemousse.
Un vin qui a divisé l'assemblée.
A revoir à la longue garde. Car cette bouteille semblait encore totalement dans ses langes.



Chevalier-Montrachet Grand Cru 2004, domaine Leflaive

Bobosse
Un nez sur la puissance et l’élégance superlative. Le grillé du Meursault se retrouve, mais avec une dimension supplémentaire. Bouche complètement à l’avenant. Acidité redoutablement maîtrisée, tout en élégance. Complexité, avec une intégration et un équilibre entre la richesse / la puissance du Chevalier et la noblesse du Montrachet. Une grande claque (Merci Oliv). Exceptionnel

Oliv
Bouchon imbibé aux 2/3 mais bien adhérent.
Robe bouton d'or.
Beau nez plein et bien élevé, d'un grand classicisme, quand de belles notes chaudes, sur la tartine beurrée de pain de campagne grillé s'enroulent dans un ensemble floral et minéral assez difficile à décrire.
L'attaque signe immédiatement une puissance à cœur, avec une matière impactante parfaitement portée par une acidité motrice d'une grande cohérence d'expression.
Les goûts sont précis, toujours sur ce beau grillé très agréable.
Le vin déroule une puissance de corps fuselé mais je trouve que la finale s'abîme un peu dans des amers qui pouvaient gagner en élégance (mais je trouve peut-être ce que je cherche, ie les limites et défauts du millésime).
Très bien et parfaitement prêt à boire.


Avec un « agneau de la belle sœur » et ses petits légumes croquants



Pessac-Léognan, Grand Cru Classé de Graves, château Pape Clément 1990

Bobosse
Un nez de (grand) bordeaux mûr, un fruité intense (fruits noirs) associé à des notes de poivron mur et des fragrance fumées complémentaires. Grande maturité également en bouche, avec des amers typés « vendange entière » et un retour presque smocké. Finale fraîche, jusque dans sa persistance rétro-olfactive. Très Bien ++

Oliv
Robe bordeaux pourpre sans évolution tuilée.
Joli nez au bouquet précis et franc, beau compromis de fruits noirs et de fines notes fumées, avec des senteurs de piment rouge et de cuir léger.
Belle bouche rythmée, sur un équilibre à la fois plein et frais, sur une matière droite et déliée, aux tanins présents mais sans aucune sécheresse et au beau déroulé classe, tout en rythme et en présence.
La finale porte de beaux goûts complexes, avec un fruit encore présent et de délicates notes fumées très agréables.
Très joli vin, au point d'équilibre à la fois droit et mûr qui m'a beaucoup plu.



Saint Julien, Grand Cru Classé, Château Léoville Las Cases 1990

Bobosse
Nez plus évolué, légèrement confituré, une sorte de rondeur transparaît. Ma première impression, un vin plus typé merlot que cabernet (quelle vision prophétique). Bouche structurée sur une grande acidité, mais surtout révélant une extrême jeunesse. Si l’aromatique est intéressante et prometteuse, les amers stridents empêchent un plaisir superlatif. C’est clairement très / trop jeune. Très Bien +

Oliv
Robe plus claire que le Pape Clément, avec de petits reflets brique.
Nez curieux, sur un côté viande séché, presque tourbé, avec également encore du fruit, sur la confiture de vieux garçon, le poivron rouge.
La bouche est dense et épaulée, sur un port droit et altier mais qui manque de gourmandise et de plaisir à mon goût.
L'ensemble est concentré et moins lisible que le Pape Clément pour moi, avec un côté carré un peu impénétrable que même le délicieux gigot d'agneau ne parvient pas à adoucir.
Finale sans rudesse mais avec une forme de sévérité qui ne me convient pas trop.
Nette préférence au Pape Clément pour moi.



Côte Rôtie 2006, Pierre Gaillard


Bobosse
Nez assez variétal, sur les épices douces et les fleurs capiteuses. Un beau fruit en complément. Bouche malheureusement un peu trop linéaire à mon goût, avec un équilibre acidité / épices manquant d’ampleur. Une sorte de Rayas du nord. Bien +

Oliv
Robe sur un sombre grenat violet avec une certaine évolution sur le disque.
Nez agréable, classique et causant, sur les fruits noirs, la violette, de jolies senteurs de pamplemousse à l'aération.
Belle bouche juteuse, sur une attaque saillante portée par une acidité bien présente mais pas mordante et qui lance une matière avec une bonne tenue.
Le vin ne présente pas forcément une grande réserve de puissance ni de complexité mais ses goûts sont francs et son équilibre agréable.
Finale un peu pointue et rustique, avec une acidité qui prend un peu trop de place peut-être.
Bien+



Crozes-Hermitage, le Clos des Grives 2010, domaine Combier

Bobosse
Un nez fruité profond, un peu atypique (après découverte de l’étiquette), sur le résiné et le bois noble, presque terpénique. Bouche corpulente avec une constitution bien née, des amers nobles, un côté variétal complété par une aromatique générale sur la cerise noire. Finale tendrement réglissée, légèrement poudrée. Acidité qui claque. Excellent

Oliv
Robe sombre, sur un violet bleuté.
Nez jeune et pur, sur l'olive noire, la violette, le coulis de mûre. Si c'est pas de la syrah, je change de métier !
Belle attaque juteuse et mobile, sur une acidité mûre pleine de fraîcheur qui lance une matière pas gigantesque de concentration, ce qui fait son juste équilibre par ce côté salivant et franc qui laisse s'exprimer un fruit délicieusement gourmand.
Finale nerveuse, sur une forme de légèreté sans faiblesse percluse de buvabilité.
Très bien et encore très jeune d'expression.



Gevrey-Chambertin, premier cru Clos Saint Jacques 2010, Sylvie Esmonin


Bobosse
S’il fallait résumer mon impression, ce serait « un pinot perdu dans les bois ». Peu expressif au nez. Elevage encore (trop) présent, bouche presque sucrée / écœurante. Un jus maquillé. A attendre ?

Oliv
Robe grenat pourpre.
Nez terriblement marqué d'un élevage prégnant dont le voile beurré pèse à l'excès sur de belles notes de fruits bleus (fruits des bois) épicés.
Et malheureusement, cette aromatique se retrouve en bouche, créant une anicroche aromatique qui écrase à l'excès le beau tactile du vin, à la fois juteux et plein d'allonge par une acidité puissante très en phase avec les qualités du millésime.
Les tanins sont de belle qualité mais rien à faire, le plaisir est malmené par ce goût de beurre frais qui écrase toute complexité.
Je n'ai absolument aucune idée si le vin pourra se déchêner de ces grosses scories d'élevage avec la garde.
A revoir car pas beaucoup de plaisir en l'état.



Gevrey-Chambertin, premier cru les Champeaux 2010, Denis Mortet

Bobosse
Un nez fruité et fumé que j’ai du mal à placer géographiquement. A l’aération, des notes mentholées sublimes apparaissent, qui accentuent mon désarroi. Bouche sérieuse, mais il manque une sorte de colonne vertébrale. C’est acidulé. Finale intéressante. Très Bien

Oliv
Robe grenat bleuté plus sombre que le Clos Saint Jacques.
Ouvert à l'arrache, le nez est pourtant superbe mais m'aura fait voyager plusieurs minutes, conciliant les qualités de plusieurs régions, notamment par un impressionnant et délicieux côté mentholé, presque eucalyptus, jamais perçu sur un pinot qui s'enroule dans de belles senteurs de fruits noirs (myrtille) bien mûrs et des notes résinées.
Bouche jeune mais très bien née, sur une expression de très belle maturité avec une chair juteuse mais une trame acide là aussi puissante et qui pose un vin d'une grande profondeur.
Les goûts de fruits noirs mentholés sont tout aussi présents en bouche, apportant comme une fraîcheur gourmande à une forme de richesse qui doit encore gagner en complexité.
Finale avec de l'impact et de l'allonge, aux tanins crémeux de toute grande classe.
Très bien. Et avec l'avenir grand ouvert !



Pessac-Léognan, Grand Cru Classé de Graves, château Haut-Bailly 2001

Bobosse
Un nez très bordelais, sur les fruits noirs en complément. Bouche assez généreuse, avec une acidité intégrée, certes très jeune mais prometteuse. J’ai beaucoup aimé. Très Bien ++

Oliv
Robe grenat sombre sans évolution.
Beau nez puissant et complexe, sur les fruits noirs frais, de complexes notes épicées, sur le bois précieux, la frangipane.
Bouche trop jeune, dense et juteuse à coeur mais d'une puissance tannique absolument pas fondue et qui prend le pas en l'état sur l'équilibre.
Finale avec de l'allonge, sur des beaux goûts épicés mais marquée par une astringence certaine, même sur la viande et le Saint Nectaire.
Les plus patients seront récompensés car il a tout pour faire un grand vin.



Avec le dessert : crumble à la rhubarbe et aux fruits rouges du jardin




Sauternes Grand Cru Classé, château de Fargues 1988

Bobosse
Un très joli nez sur une sorte d’infusion de fruits exotiques, un rôti noble et un côté armagnac élégant et salivant. Bouche malheureusement un peu en décalage, marquée par une acidité un peu mordante, un côté décharné et un manque général de caractère et de vivacité. Je pense que le vin présentait une pointe d’oxydation. Bien +

Oliv
Robe dorée cuivrée tirant sur l'acajou.
Nez sur le caramel au lait, la confiture d'abricot mais aussi des notes plus lourde de confiture d'orange amère, de fruits secs et une pointe poussiéreuse.
Bouche un peu massive, sur une liqueur riche un peu pesante à mon goût, avec un côté linéaire sur le palais qui manque de capacité de relance et de complexité.
Finale sur l'orange amère, le safran mais sans relance, avec un petit côté usé.
Bien.


Bas Armagnac 1978, Sélection Peuchet à Clermont



Oliv
Robe acajou.
Beau nez franc, sur l'écorce d'orange, des notes chaudes, entre le chocolat au lait et la noix de cajou, beaucoup d'épices.
Bouche suave et capiteuse, agréable par sa rondeur et très intéressante par sa persistance épicée d'une très grande ampleur sur la finale.
Très bon.

Mais moins que la superbe Eau de vie de poire artisanale, brillante d'équilibre et de fraîcheur aromatique, sur de délicieux goûts de poire william.
Du boulot d'artisan de toute grande qualité.
Au niveau de la cave de Philippe et du travail des Chambriard, quoi ! oo,




Plus fort qu'au lac de Côme, la villa Chambriard offre un feu d'artifice à ses invités !


Applaudissements nourris pour Nicole qui nous a concocté un repas régional de très haut niveau. Un immense plaisir gustatif pour une empreinte carbone minimale.
Nous avons eu la chance d’être entourés de compagnon(e)s d’un soir exceptionnel(le)s, dans le partage, l’écoute et l’amitié. Modestie, bonhomie et affabilité, sous l’œil bienveillant de Georges le papa, qui veille toujours sur sa famille. Un sage au milieu de cet océan de passionnés, parfois / souvent déraisonnables.

Rendez-vous l’année prochaine pour la commande …
Une nouvelle soirée exceptionnelle avec des gens exceptionnels (même s’il a fallu que je résiste plusieurs fois aux viles tentatives de me corrompre après le repas (Génépi ou Poire maison, Bas-Armagnac, …). J’ai tenu bon. Le Porto n’a pas subi d’outrages et j’étais frais comme un gardon le lendemain matin (même si 5 heures de sommeil, c’est peu !).
A très vite.

Bruno

PS : j’ai conscience d’être peut-être un peu sévère sur les vins et surtout d’accuser un décalage très important avec mes condisciples d’un soir, mais je goutais sans doute assez mal samedi soir (largement compensé par le plaisir de la table et des discussions).
#14
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Galinsky a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Rendez-vous l’année prochaine pour la commande …
Une nouvelle soirée exceptionnelle avec des gens exceptionnels (même s’il a fallu que je résiste plusieurs fois aux viles tentatives de me corrompre après le repas (Génépi ou Poire maison, Bas-Armagnac, …). J’ai tenu bon. Le Porto n’a pas subi d’outrages et j’étais frais comme un gardon le lendemain matin (même si 5 heures de sommeil, c’est peu !).
A très vite.


Je suis mort de rire.... Le regard du gardon, certainement....
::out::


Eric
#15
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bassaler a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Le train les rails, et tout et tout ... Môsieur Père Noël
#16

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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Je me joins à Bruno, (notes adjointes à son texte), pour remercier la famille Chambriard dans tous ces composants de génération pour la gentillesse de son accueil magnifique de générosité et de simplicité.
Vive les rencontres, les ailleurs, les retrouvailles et le partage, ces moments qui font les caves ouvertes et les convives heureux.
Ici aussi, les amis, c'est la vie !

Bises à tous,
A très vite, par chez vous comme par chez nous,
Oliv
#17
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bibi64 a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Quel repas, et quel compte-rendu!
J'en suis presque jaloux ;) .
#18

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sebus a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Merci messieurs pour les CRs alléchants, qui apportent un élément de réponse à la question que nous nous posions avec les caramades du LPV Bzh sur Pape Clément 90, qui s'est moins bien goûté lors de notre dernière session. A priori, oui, il est capable de l'intégrer cet élevage ! ;)

Sébastien
#19

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leteckel a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Superbe ! Ca fait furieusement envie :woohoo:

Mais l'ensemble est trop fermé aromatiquement, comme refusant de se livrer, pour dépasser son côté intellectuel en l'état.
Cette phrase sur le Roulot résume à elle seule mes rares (4 ou 5) expériences sur ce domaine !

Une fois de plus, les bourgognes rouges 2009 ne sont pas à la fête. C'est dingue le nombre de vins pas terribles (pas prêts peut-être…) qu'on trouve dans ce (soit disant) superbe millésime.

Et sinon, il est où le fromage, il est où !??? MiaM!

Arnould.
#20

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didierv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Une fois de plus, les bourgognes rouges 2009 ne sont pas à la fête. C'est dingue le nombre de vins pas terribles (pas prêts peut-être…) qu'on trouve dans ce (soit disant) superbe millésime.

C'est une mauvaise phase pour eux .Ils se présenteront au top de leur forme au cours de la 2ème quinzaine de novembre à Bourges. Tout est sous contrôle.:jump: :jump: :jump: :jump: :jump:

Didier
#21

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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Une fois de plus, les bourgognes rouges 2009 ne sont pas à la fête. C'est dingue le nombre de vins pas terribles (pas prêts peut-être…) qu'on trouve dans ce (soit disant) superbe millésime.


Sauf que le Clos Saint Jacques était aussi un 2010... ::oups::
J'ai rectifié le CR de Bobosse.
#22

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Frisette a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

didierv écrit: C'est une mauvaise phase pour eux .Ils se présenteront au top de leur forme au cours de la 2ème quinzaine de novembre à Bourges. Tout est sous contrôle.:jump: :jump: :jump: :jump: :jump:


Faux mon ami! En novembre, c'est l'éclectisme! Il faudra attendre 6 mois de plus, et d'ici là, ces 2009 auront retrouvé une forme olympique!!!
:jump: :jump: :jump:

Flo (Florian) LPV Forez
#23

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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Et sinon, il est où le fromage, il est où !??? MiaM!


Je vous rassure, un superbe plateau de fromages d'Auvergne honorait bien l'assemblée de toute sa classe.

Mais faut croire qu'avec l'âge, on est de plus en plus papis rassis et de moins en moins paparazzi ! ::oups::
#24

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Damien72 a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Merci pour ce CR , je me sens moins seul avec cette double passion pour les vins et la coutellerie...je viens de m’apercevoir que le rapport avec la bonne chair ( chère B) est en fait évident .
Quel plaisir de pouvoir associer ses deux passions !
Merci à vous

Avec vous ,
Damien
#25

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Eric B a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Il y avait aussi le "disparu" RZac 23 (LPV Haute Normandie) qui était un grand fana de couteaux.

Eric
Mon blog
#26

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Jean-Paul B. a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Sans aller jusqu'à la passion, de beaux couteaux rajoutent vraiment au plaisir de la table.
Je propose l'ouverture d'un fil "Bien choisir ses couteaux de dégustation". :D :D

Jean-Paul
#27
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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Puisqu'on en parle, savez-vous d'où vient l'appellation 9.47 du couteau de table Perceval que l'on retrouve dans de nombreux restaurants comme le Fil du Zinc à Chablis ?

#28
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Kiravi a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Connaissez-vous l’origine du nom « 9,47 » ?

Le 9.47 est une histoire de table, mais aussi une histoire de vin. Ce couteau de table atypique a été imaginé par le restaurateur Yves Charles.

Fin 2004, au cours d’un repas entre amis préparé par Yves Charles dans son restaurant, les convives s’apprêtaient à déguster un excellent magret de canard. Certains avaient sorti leur propre couteau, des « Français » de chez Perceval, les autres utilisaient ceux disposés sur la table. On s’aperçut alors que la viande était parfaitement coupée par les couteaux de poche, tandis qu’elle roulait laborieusement sous le fil des couverts du restaurant.

Yves s’écria : « Comment se fait-il qu’on ne puisse trouver sur le marché un couteau de table qui coupe aussi bien que ces Français ? »

L’idée était née, revenir à la source de la fonction d’un couteau : son pouvoir tranchant. Un couteau de table devrait être conçu avec autant de soin qu’un couteau de poche. Après quelques discussions autour de ce projet durant cette soirée, on conclut que ce couteau allait partager la même silhouette que le modèle qui l’avait inspiré et l’on admit qu’une bonne partie de cette énergie créatrice avait été malicieusement inspirée par le vin que les amis avaient partagé pendant le repas. Un primeur titrant à 9,47° d’alcool, fait par un des convives : Stéphane Majeune du domaine de Peyra. Un vin qui allait donner son nom au couteau : le 9.47.


Désolé, pas réussi à créer le lien. Donc copié/collé. :unsure:

Marc, assez vieux débutant
#29
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oliv a répondu au sujet : Repas d'anthologie sur les bords de la Durolle

Ce google est décidément imparable ! ::oups::
#30

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Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck