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Prélude à la dégustation rhodanienne de Catherine et les garçons.

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daniel popp a créé le sujet : Prélude à la dégustation rhodanienne de Catherine et les garçons.

Prélude à la dégustation rhodanienne de Catherine et les garçons.

Ah comme j'aurais aimé servir cet Hermitage Vin de Paille 1996 de Chapoutier, que j'ai en cave, à mes camarades de Catherine et les garçons, à l'occasion de notre session de ce soir, consacrée au Rhône septentrional. Hélas, ou tant mieux, vu les 37,5 cl concernés, je n'en suis propriétaire que d'un tiers, et les deux amis concernés n'étaient pas prévus ou libres. Mais comme ils l'étaient Mardi dernier, allez hop pour un prélude rhodanien + vins invités, en petit comité ; Jean Jacques se proposant d'apporter un Laurent Perrier millésimé 1997.

CR: Champagne Jacquesson. cuvée n° 736.

Au nez, une belle matière vive et concentrée, donnant une impression de plénitude et de dynamisme : un grain vineux où les aromes de viennoiserie (brioche), de champignon, de fruits secs (noisette), mêlés à la pomme, au pamplemousse et à une note grillée délicate, ont un caractère singulier attachant, assez irrésistible en compagnie des feuilletés au fromage (gouda) maison.
La bouche expressive, à l'effervescence généreuse, mais à la bulle ultra fine, déploie un superbe jeu de saveurs que le même grain vineux, puissant et tendu, décline à foison. Son très léger dosage (1,5gr) lui donne un coté droit sans tomber dans l'austérité ; à l'inverse, sa générosité, si bien canalisée par son profil "sec"presque ciselé et pur, s'exprime superbement dans ce gout vineux singulier qui a un sacré caractère.

CR: Champagne Laurent Perrier. brut millésimé 1997.


Au nez, sur fond d'assise aromatique assez large, on sent le champagne évolué, complexe, assez classieux ; son caractère vineux prononcé, à vocation plus gastronomique qu'apéritive, a un profil un peu indolent, ce qui n'exclue pas une vraie finesse d'aromes.
La bouche, malgré sa fine effervescence élégante, confirme un dosage relativement important, me semble t'il. Depuis la venue des Gimmonet, Drappier, Lenoble, Agrapart et tant d'autres, cette impression un peu sucrée, rappelant la nonchalance relative du nez, me donne l'impression du gout du Champagne d'avant qui n'est plus trop à mon gout, aujourd'hui. Mais j'ai peu d'expérience en la matière, l'intérêt véritable, relativement récent, que je porte au Champagne, date de la découverte des domaines cités.

CR: Domaine Jean-Louis Chave. Saint Joseph 2009.


Ce vin me déconcerte. Pourtant son nez est vraiment prometteur par son mélange de fleurs (violette assez craquante) et de fruits (framboise, cerise), son grain épicé nettement poivré, le caractère ouvert, tendu et profond de ce dernier.
Mais l'équilibre acide prononcé de la bouche, donne au jeu de saveurs un profil légèrement dissocié, comme si les tannins et les amers ne savaient plus à quel saint se vouer face à une acidité si prégnante, comme si ce qui pouvait paraitre velouté, gouteux, paraissait l'instant d'après légèrement asséchant. Difficile à décrire, d'autant que ce qui reste de joli en bouche laisserait douter des réserves évoquées.:? Le premier 2009 gouté m'avait laissé une impression similaire. Bouteilles à défaut, effet millésime, bu trop tôt ? Le raisin parait mûr, je ne sais plus quoi en penser...

CR: Auguste Clape. Cornas Renaissance 2003.

Le nez ouvert, généreux et tendu, semble dérouler un tapis de fruits noirs au grain concentré. Plus il se dévoile, plus il ouvre un éventail superbe d'épices (poivre), de notes de cuir noble, de caramel, de santal ; un ensemble comme tricoté par le fil acide et fin qui en souligne chaque relief. Si c'était nécessaire, ce nez confirme vraiment que le Cornas est une élégie au poivre !
La bouche prolonge, précise ce coté épicé ; la chair concentrée, au velouté savoureux, veillée par des tannins racés, occupe tout le volume de la bouche et parvient même à la dépasser tant sa longueur aromatique s'allonge sans que l'on puisse en voir la fin.
J'adore ce vin ; 2003 millésime solaire ? Des équilibres comme celui là, laissant supposer la qualité de la cuvée VV, j'en veux bien tous les jours !
3 Cornas, ce soir, au programme. :miam:

CR: Château Montrose 1989. Saint Esthèphe.


Ah, Luc, comme je partage ton avis, c'est au bout de 20 ans (voire presque 30 pour ce Montrose), que les grands Bordeaux de cette époque, se révèlent vraiment, totalement épanouis.
Au nez, à l'aveugle (pas pour moi), comment deviner l'âge de ce vin à l'allure de jeune homme ? (au point de le prendre pour un Fitou Jean Sirven...). Un nez complexe, merveilleux, d'une richesse aromatique assez stupéfiante : du cassis, nombre d'épices, un coté balsamique prononcé sur le santal, un coté frais donné par une touche mentholé, une note de musc, me semble t'il.
En bouche un velouté de dentellière, les tannins - pourtant rudes sur Montrose jeune, à cette époque - devenus hautement civilisés, une belle ampleur qui se prolonge sur la finale ; la vigueur et la carrure de jeunesse s'effacent sans totalement disparaitre, comme transmutées en sève fine, délicatement structurée. Vraiment magnifique (tu) mais c'était mon dernier Montrose de la décennie 80.::oups::

CR: Michel Chapoutier. Hermitage Vin de Paille 1996.

Le nez profond, complexe, intense, vous attire, comme s'il vous ouvrait son intimité. Un arc-en-ciel d'aromes d'abricots secs, de zestes d'agrumes, de raisins de Corinthe, de multiples épices (cannelle) ; mais ce qui ressort le plus, c'est la truffe mêlée au parfum craquant du raisin, posé comme un gond autour duquel les parfums tournent, tournent, s'exprimant sur un profil délicatement tendu.
En bouche, un grain au gras superbe, étonnant de vivacité, vous entraine à nouveau vers d'indicibles profondeurs ; un vrai mouvement de balancier : plus vous descendez au cœur du gout somptueux du fruit, plus la tension se rappelle à vous dans une quête d'équilibre dynamique absolu dont la persistance témoigne longtemps, longtemps...Première fois que je goute à ce liquoreux magnifique, à haut caractère également.

Allez, je file à la cave et à la cuisine, ils débarquent dans trois heures, les bras chargés de bouteilles et de provisions !!!::run::

Ce soir : Let's Côtes Rôties, Hermitage, Cornas, Condrieu, St Jo et Cie.

à suivre....

Daniel
#1
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