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Soirée grosses quilles à Montréal

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Raisin breton a créé le sujet : Soirée grosses quilles à Montréal

Autant le dire, nous attendions celle-là avec impatience, puisqu’elle devait avoir lieu en novembre ! Ça valait le coup d’attendre !

Menu :
- Pasta frutti di mare bisque de homard, crabe, crevette, prostituto safran et parmesan
- Burger de wagyu, vieux parmesan et réduction au porto
- Vieux Comté, banane poêlée et confite au curry.

Une fois n’est pas coutume, nous ne dégusterons pas à l’aveugle.


Apéritif

Jean-Claude Bachelet, Le Charmois, St-Aubin 1er cru 2014
Très joli nez d’intensité moyenne (+), sur un grillé pas envahissant, les fruits jaunes, la fleur de vanille. À l’aération, se précise et se tend sur le citron et la menthe. Bouche à l’attaque dynamique, au milieu assez ample et gras mais avec une grosse tension acidité/matière et des amers élégants et vibrants. Finale marquée par l’élevage, sur le caramel, mais saline et salivante, assez longue. Ça commence fort !

Maison Trimbach, Riesling, Cuvée Frédéric Émile, Alsace 2010
Nez intense, joli mais trop terpénique pour moi. En arrière, citron vert et umeboshi. Bouche vive et tendue à l’attaque qui laisse progressivement la place à une texture d’un beau velouté. Belle longueur. Pas de doute, très beau vin, mais étant assez sensible à l’expression pétrolée du cépage, plaisir limité de mon côté.

Domaine Coche-Dury, Bourgogne Aligoté 2015
Nez discret mais joli, sur le zeste, la craie, le citron meyer. Bouche sur un très bel équilibre gourmand, moins raide que ma maigre expérience sur les aligotés ne me le faisait craindre. La finale est discrète, sur le floral et une touche fruitée, mais étonnamment persistante. Joli vin.


LA bulle

Jacques Lassaigne, Clos Ste-Sophie, Champagne 2011
100% chardonnay si je ne dit pas de bêtise.
Nez d’intensité moyenne (+), et surtout superbe de délicatesse et nuances. Fumée, algues, touche oxydative légère, fruits à coque, mirabelle, réglisse. Bouche à l’équilibre magistral, attaque et bulle fines, milieu droit et dense avec un toucher légèrement crémeux, finale longue et douce sur le fruit et une touche fumée. Toujours aimé ce producteur sur les quelques bouteilles croisées.


Les rouges (part 1)

Domaine Roumier, Les Amoureuses, Chambolle-Musigny 1er cru 2003
Nez superbe, intense, sur la fraise poivrée, la réglisse, fumée, ronce, avec un début d’évolution Bouche au toucher de satin, sur un volume et une précision aromatique impressionnant. Seule des amers prégnants et des tanins un peu rêches en finale posent question, mais le tout se place à l’aération, laissant simplement le toucher et la finale de grande longueur imposer la grande classe de ce vin.

Stéphane Ogier, Belle-Hélène, Côte-Rôtie 2007
Nez intense, sur la mûre, le lard et le cendré, touche florale en arrière-plan. Toucher de bouche avec du grain, milieu concentré, amers un peu marqués qui, comme sur le Roumier, rentreront dans le rang avec l’aération. Finale explosive, sur la mûre, le poivre et la menthe, énorme longueur. Ça envoie sévèrement, même si idéalement, il faudrait sûrement attendre un peu : l’ensemble est encore bien jeune.

Pour les deux Bordeaux qui suivent, je suis passé complètement à côté, je donne donc les CRs d’un convive et j’exprime simplement mon impression en italique.

Château Malescot St-Éxupéry, Margaux 1990
Pour moi : un vin passé,tertiaire, sur des notes de marée basse peu attirantes.
Pour un autre : « Nez agréable, iodé (huître, bord de mer), tomate, champignon, un peu tertiaire sur le fruit cuit mais on est loin du pruneau et des feuilles mortes. En bouche, l'aromatique est assez similaire. Dans l'ensemble, le vin est agréable. Mais ca manque un peu de peps, la complexité n'est plus trop là. Certes le vin a bien vieilli et n'est pas trop vieux mais pas d'émotion de mon côté. »

Château Beychevelle, St-Julien 2001
Pour moi : c’est mieux que le Margaux, il y a encore du fruit, mais ensemble un peu faiblard, manquant de concentration, de matière, d’expressivité aromatique.
Pour un autre : « On a affaire à un bien joli St Julien, plutôt textbook. Très joli nez, fruit noir, viandeux, un peu de poivron. Belle fraicheur en bouche, c'est équilibré, les tanins sont souples, c'est principalement sur le fruit noir. Longueur moyenne. Le vin n'a pas une très grande complexité mais il n'en reste pas moins très bon. »


Interlude

Dehours, Genevraux, Champagne 2008
100% Pinot Meunier, non dosé.
Superbe nez au fruit pur et frais, intense, très légèrement évolué. Bouche tranchante, un peu trop en l’état, mais cela devrait se placer avec le temps. Toucher délicat, bulle fine, belle longueur.


Les rouges (part 2)

Poonawatta, Shiraz The 1880, Eden Valley 2012
Syrah australienne de vignes du XIXème siècle.
Nez intense, sur un cendré/poivré très dominant, puis la ronce, la framboise et la vanille. Bouche à l’attaque fine qui laisse la place à un milieu très ample, avant une finale qui se tend, longue et poivrée. Très beau vin même si l’équilibre est précaire. Pour amateurs de sensations fortes !

Penfolds, Grange Shiraz 1997
Nez intense sur la mûre, la ronce et le menthol. Bouche veloutée, mûre et ronde. Vin qui réussit à être à la fois dense et moelleux tactilement. Finale mentholée, très longue. Superbe vin, encore très jeune.

Gauby, Muntada, Côtes du Roussillon Village 2012
Très joli vin, quasi-bourguignon d’esprit, assez aromatique (fraise des bois, réglisse), au toucher soyeux et à la belle fraîcheur.

Vieux-Télégraphe, Châteauneuf-du-Pape 1990
Beau nez évolué, intensité moyenne (+), sur la prune et la fumée. Bouche racée, tendue, acidité un peu haute peu-être, jolie finale acidulée.


Le jaune

Ganevat, Vin Jaune, Côtes du Jura 2007
Nez intense, sur la noix fraîche, l’olive verte, le citron confit et le safran. Superbe et explosif. Attaque large, milieu parfumé (yuzu, floral, olive, citron), finale acidulée et ouverte, en queue de paon, longue.
À noter que ce vin n’a pas du tout fait l’unanimité. J’ai beaucoup aimé mais il est très possible que le fait que ce soit ma bouteille ait biaisé mon jugement. Deux convives autour de la table lui trouvent une bouche acide et un peu diluée. Ah, les perceptions…


En after, j’ai finalement posé le stylo. Le Sauternes Rieussec 2005 fût décevant, encéphalogramme plat pour un vin sans éclat. Pas mauvais, simplement ennuyant. Une Roussette de Savoie 2015 du domaine Magnin s’est montrée sous un beau jour même si après tous ces rouges, nos papilles étaient un peu fatiguées. Une texture assez grasse mais un vin bien droit avec une vraie allonge. Le Gevrey-Chambertin 2012 de Dupont-Tisserandot nous a bien plu, encore un peu jeune aromatiquement mais au toucher fin et ferme très élégant. Enfin le Paringa, The Paringa Pinot Noir, Mornington peninsula 2008 s’est présenté comme on pourrait l’attendre d’un bon pinot du nouveau monde, bien parfumé, avec un fruité doux mais toujours frais et sa concentration importante tout en sachant garder une structure ne se reposant pas – ou pas exclusivement – sur l’alcool.

Voilà pour cette fois, et vivement la prochaine !

JB
"Qu'est-ce que vous regardez ? C'est la carte routière ? - Non ! C'est la carte des vins. C'est pour éviter les bouchons !" Raymond Devos
#1
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Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck