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ZWTG à Fribourg

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claudius a créé le sujet : ZWTG à Fribourg



CR: pas de notes prises, seul. quelques souvenirs + de 2 semaines plus tard
vins bus à l'aveugle complète (sauf ceux de jérôme) et sur 2 jours

Clos Velicane Riesling 2018
nez surprenant sur la cire d'abeille, bien sec en bouche, intense, sur une acidité traçante,
j'aime bien, c'est complètement sui generis

Clos Velicane Plesivica 2018
"ah c'est moins intense" à peine ai-je prononcé ces mots, qu'un 12 cylindres se met en marche, vombrit et démarre sur les chapeaux de roues en bouche, la matière enfle sur un crescendo implacable, une fois le vin avalé, la saveur résonne interminablement en bouche, persistance ahurissante !

quelques beaux Rieslings allemands typiques ...
un Fendant Noble Contrée de Zufferey remplissant parfaitement son rôle en accompagnant une fondue

la série de rouges suivante réservait son lot de surprises

Tom Litwan Elfingen Rüeget 2015 un pinot noir suisse du canton d'Argovie, bébé de la star Tom Litwan, pionnier de la bio-dynamie en Suisse.
Notes lactées prononcées au nez, en bouche ce n'est guère mieux, saveur souffrée, Jérôme
trouve la description qui sied: saveur sur l'allumette que l'on craque .
2ème rencontre avec un vin de ce producteur et 2ème rencontre ratée.
Le lendemain, les notes lactées se sont résorbées, mais en bouche ce n'est toujours pas ça !

Modri Pinot Noir 2012 Dveri Pax - Slovénie
en humant le bouquet, je dis Bourgogne ...
très beau vin prêt à boire, raffiné et complexe, bâti sur la finesse, un pinot noir qui danse dans l'éther ...
Slovénie ? ah bon ???
la bt ayant été terminée le soir même, pas de possibilité de la revoir le lendemain
une bt qui mérite de rentrer dans la rubrique "alternative aux pinots noirs bourguignons"
Jérôme nous dit que le vin coûte 10,50€ en Slovénie ! pour moi le meilleur PN bu à ce jour dans cette catégorie de prix ... Jérôme rajoute, attention, éviter la mise avec capsule à vis qui présente des problèmes de réduction.

Pinot Noir La Maison Carrée - Hauterive 2017
beau pinot noir de Neuchâtel (autres beaux PN de la région: Tatasciore)
ma 1ère rencontre avec le PN 2014 de la maison était raté, là il n'y a rien à dire, c'est très bon et le vin évolue positivement jusqu'au lendemain. Belle bt !

Gérard Mugneret - Vosne Romanée Précolombière 2017
un village, assemblage de Colombière et Pré de la folie (il paraît que cette parcelle
adjacente à la D974, fût le lieu de nombreuses scènes grivoises ;) ). C'est très bon, mais le vin ne révélera tout son potentiel et l'intensité de sa sève que le lendemain. Très beau village de belle facture.

Obrecht Pinot Noir Monolith 2011
un PN des Grisons bien connu en Suisse. Charnu et puissant, avec une matière riche mais sans aucune lourdeur, c'est vraiment bien fait mais manque peut-être d'un peu de magie ? Très bon !

Domaine Pavelot - Savigny Les Beaune 1er cru "Les Peuillets 2005
Je connais la Dominode du domaine, ce Les Peuillets est parfaitement à point, à son apogée.
Chaque atome du vin est expressif, l'équilibre est parfait, tout simplement délicieux, le genre d'expérience que l'on aimerait avoir plus souvent avec les Bourgogne.

Clos Mogador 2005
cela sent le Priorat à plein nez et c'en est bien un !
Malheureusement il y a un problème en bouche ...
Yves et Denis nous disent qu'à l'ouverture 12 heures auparavant, le vin était excellent.

Weinert Estrella - cabernet sauvignon 1979
quel dommage, ici aussi vin flingué !
J'ai de merveilleux souvenirs avec des Weinert des années 1970, qui font parties des plus grands vins produits en Argentine.

#1
Pièces jointes :
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Jérôme Pérez a répondu au sujet : ZWTG à Fribourg

Les amis, c’est presque toute la vie :

Je suis bien infoutu de faire le moindre commentaire sur la totalité des vins et je me rends compte que cette passion du vin prend pour moi d’autres chemins.
Cette difficulté que j’ai à goûter de nombreux vins est encore plus importante qu’elle ne l’était, et encore lors de cette réunion, le ZWTG ayant été pourtant très sage en nombre de bouteilles.

Déjà, il y avait mes vins et j’étais plus concentré sur l’avis de mes amis que sur mon ressenti.

Yves nous rappellera le nom et le millésime des deux GG allemande (grosses guevaches), je les ai appréciées pour ce qu’elles avaient de caractéristique, l’une plus marquée que l’autre par les SR, même si je fus quelque peu choqué par l’aspect court des vins. Mais ce style me plait, voilà des vins que l’on boit vraiment plus qu’on ne les goûte.
C’est comme cela que je vois le riesling.

Sur les Pinots noirs, j’attendais beaucoup du vin slovène et il ne m’a pas déçu : le pinot noir, quand c’est bon, ça peut se boire n’importe quand et pour lui-même. Délicatesse et précision ; oui il y a une grosse différence avec ce bouchage liège par rapport à la capsule à vis. J’aime ce vin, infiniment, mais sans doute autant pour sa qualité intrinsèque que pour ce qu’il représente pour moi (un point de mire).
Je dois avouer que les autres m’ont paru ternes ensuite, mais sans doute avais-je déjà assez bu et étais incapable d’estimer davantage.
Le JP capable de déguster 50 vins par session avec précision, c’est du passé révolu et du reste n’en suis-je pas mécontent.

Alors, j’ai savouré le moment d’être au milieu de personnes, qui me sont chères et les ai écoutées me parler des vins que nous buvions. Nous nous sommes mis à table à 14h, avons changé de table au milieu de l’après-midi pour une dégustation de fromage, revenus à la première autour d’un poisson « à la Yves », puis d’une soupe « à la Yves aussi » qui ne manquait pas de piquant ;)
J’ai jeté l’éponge à deux heures du matin environ et me suis endormi heureux bercé par les discussions, qui perduraient. Ces gars-là, ce sont des mutants !
Les amis, c’est presque la vie. En tout cas, une part importante et nécessaire. Surtout qu’au retour, j’ai pu embrasser Anthony. J’ai fait un beau voyage à Fribourg.

Jérôme Pérez
#2
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dfried a répondu au sujet : ZWTG à Fribourg

Bonjour,

Un rassemblement que les agendas rendent trop rares, mais toujours aussi chaleureux.
Et puis entendre Claudius, le seul, l'unique, dire qu'un Fondant était bon (il l'était d'ailleurs)...
Cela vaut vraiment la peine de se lever chaque jour car il recèlera indubitablement un moment d'anthologie, qui méritera d'être vécu ;).

Tout comme le moment, où Jérôme nous a dit apprécier ces Riesling des ''Grooossseeuu Vaches''. Je ne savais pas si c'était une manière de se moquer de ces domaines teutons, ou moi qui était vraiment trop fatigué et sujet à des hallucinations auditives. Les vins étaient à notre goût, nous avons trouvé une énième occasion de rire, c'est bien le principal.
Un grand merci pour la découverte de ce pinot slovène que bien des domaines aux terroirs plus réputés mondialement devraient tenir comme repère.

Je compléterais le compte-rendu de Claudius en confirmant que,

* le Clos Mogador 2005 s'était montré sensiblement meilleur la veille au soir:

Une robe plus évoluée qu'attendue.
Au nez pas totalement causant au départ avec une ombre épicée, voire légèrement mentholée s'échappant d'un fruit noir mûr, mais un peu lisse et laissant entrevoir une petite réduction.
La bouche un peu réduite également avec un très léger volatile profitera grandement de l'aération dans le verre. Vin savoureux, avec quelques notes de graphite, d'humus, un fruit bien présent, un poil concentré et des tanins arrondis du plus bel effet, le tout sous-tendu par une acidité tout à fait contrôlée, quoique un peu entachée par une légère déviance, quelque chose de peu perceptible, mais qui n'était pas à sa place.
Yves et moi sentions une petite retenue, une ombre qui nous l'espérions disparaîtrait en se décantant.
Vraiment bon malgré tout, mais pas aussi juvénile que je m'y attendais. Je l'aurais imaginé plus ''brillant", plus expressif. Mais je deviens difficile.

Néanmoins, cette ''chose'' indéfinissable pas tout à fait en place était sans doute la trace d'un défaut, qui a pris ses aises le lendemain.

Ce Priorat a aussi subi la comparaison avec un vin sans rapport, mais qui une demi-heure plus tôt a offert beaucoup de plaisir sur le moment :

* Font de Joubert - Châteauneuf du Pape 2016

Robe sombre.
Nez oscillant étonnamment entre une légère fraise un peu ronde et un fond floral plus discret, mais bien plus hypnotique.
Bouche à l'attaque arrondie, gourmande avec un retour de la fraise ressentie au nez. Un baby fat, qui sans être pesant, couvre la délicatesse devinée au nez.
Mes papilles se font à cette relative richesse/concentration lorsque soudain reprenant mon verre la décantation a transformé le vin (mon bavardage nocturne avec Yves avait laissé du temps au temps).
La gourmandise laisse percer une rose, qui s'étire longuement tout en parsemant le palais de petites touches caillouteuses et de cerise. Les tanins sont veloutés et la bouche soyeuse, juteuse même. Il pinoterait presque.
Le vin encore serré n'est visiblement pas totalement prêt à se dévoiler dans toute sa finesse. Mais il en recèle indubitablement.
Le lendemain, près de vingt heures plus tard, il se montrera plus dissocié et moins savoureux.
Mais la bouteille n'avait pas été vraiment bien traitée.

Clos Veličane

Les 3 vins m'ont enjoués.
De les apprécier sincèrement alors que leur auteur était à portée capable d'expliquer plus tard comment il les avait enfanté, n'en était que plus agréable.

* Clos Veličane - Riesling 2018 :

Robe paille, lumineuse.
Un nez déroutant (Je n'aurais jamais reconnu le cépage au parfum dégagé), mais appétissant: cire d'abeille, légère prune jaune, fleurs blanches.
En bouche, le vin est droit, serré, filant en bouche comme un astéroïde, mais sans astringence. L'acidité, présente, est mesurée permettant à de jolies notes d'agrumes et une discrète pêche de s'exprimer.
C'est vraiment agréable sans être aussi expressif, ni profond, qu'il devrait l'être avec les années. Pas de note de pétrole, pas une typicité plus évidente qu'au nez pour votre humble serviteur. Mais c'est bon.
Mes comparses se plaindront d'une température un peu élevée et prendront encore plus de plaisir lorsque le vin sera rafraîchi.
Pour ma part, j'ai apprécié son équilibre et son tranchant relatif malgré une température non académique. Pas de mollesse, pas de pointe alcooleuse que le froid aurait camouflé aisément. Sapide à 14°C tout comme à 10°C.

* Clos Veličane - Pinot Gris 2018 :

Robe paille à peine plus dorée/rosée que celle du Riesling.
Le nez est à nouveau atypique. On retrouve la cire d'abeille à laquelle s'ajoute le coing et une petite impression de pomme (pas celle des vins oxydatifs, mais une ombre de pomme fraîche).
En bouche, le vin est sec comme le précédent, mais avec plus de gras, sans tomber dans le moelleux.
On retrouve le miel, les petits fruits jaunes, sur une finale, qui s'étire raisonnablement.
Autant le Riesling s'exprimait sur la longueur, autant celui-ci s'étale.
Le vin n'est pas très profond, mais il exprime pourtant de multiples facettes gustatives, qui troublent mes repères, mais excitent mes papilles.
Une rétro, qui rappelle la pomme verte, les fleurs blanches et la mirabelle miellée avec un léger amer du plus bel aloi.
Moi qui ait souvent du mal avec les pinot gris, me voilà à me resservir...
Là encore le temps dira comment il va évoluer.
Moins tendu que le Riesling, il est gustativement plus disert que lui pour le moment.

Mais le vin, qui m'a bluffé est le

* Clos Veličane - Plešivica 2018 :
(Assemblage de 50% de Riesling et 50% de Pinot Gris).

Une robe dorée.
Un nez encore une fois déroutant, mais très complexe : La cire d'abeille, la pomme fraîche (pas la pomme blette, qui par exemple, me dérange parfois sur les Bollinger), et surtout du tilleul, de la verveine (comme chez certains Anjou moelleux), de la craie, des fleurs blanches et de la mirabelle.
En bouche, le vin qui aurait pu sembler plus riche au nez, est sec.
Il se présente certes gras et large en bouche, mais il est porté par une acidité sous-jacente qui l'étire pour se terminer comme une flèche, le vin restant équilibré par un bel amer, la sensation miellée, l'agrume et la verveine et même parfois une petite minéralité caillouteuse. Ces saveurs resteront longtemps en bouche.
La montée en température ne lui a pas porté préjudice, au contraire à mon goût.

Ce n'est pas une superposition des 2 cépages, mais une combinaison intime de ce qu'ils ont pu exprimer séparément. Un mariage, qui plus que de permettre de retrouver les traits principaux des 2 précédentes cuvées, est le creuset de parfums inédits.
Au regard des quelques notes de dégustation passées, je suppose le vin déjà plus en place qu'il y a 2 mois et à son aise dans la froidure fribougeoise.
Je n'ai pas cessé d'imaginer ce qu'il pourrait donner avec le temps, et en accompagnement de belles Saint-Jacques. Je pense que ce serait très bon.

Un pari heureux. Une gageure d'un jeune viticulteur, qui a préféré en une décision soudaine prendre le risque de mêler le restant de ses jus, plutôt que de prendre le risque qu'il prennent un peu trop l'air dans une grande cuve en les élevant séparément.
L'élevage du vin est une suite de décisions techniques et pragmatiques, qui crée de la magie.
#3
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