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Catherine et les garçons : retour à Châteauneuf + quelques Rhône Sud.

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daniel popp a créé le sujet : Catherine et les garçons : retour à Châteauneuf + quelques Rhône Sud.

Catherine et les garçons : retour à Châteauneuf + quelques Rhône Sud. 13 Avril 2018.

Olivier bossant une quinzaine de jours à Singapour, Philippe Modat retenu dans ses vignes, on se retrouve en petit comité : Philippe Barret, André, Benjamin, Catherine...et Dominique et moi, à la maison, avec un peu moins de vins et de plats, mais toujours la passion partagée des meilleurs accord possibles. J'ai regouté tous les vins dans les jours qui ont suivi.

blancs

1 - Vignoble Alain Ignace La Carelesse 2011. Vacqueyras.
filets de dorade nappée de sauce au safran, badiane, fumet de poisson.

Le nez parait fatigué sur un registre oxydatif un peu mollasson (ananas surmûri, zeste d'orange). "Un vin qui a échappé à ce qu'il devrait être et qui s'est oxydé prématurément " s'exprime André qui lui donne au moins 20 ans. Catherine qui aime "son coté miellé et ses beaux amers" est plus nuancée.
De mon coté, quelques jours plus tard, je suggèrerais qu'en bouche, ses amers à l'impression pâteuse, alourdis par un net manque de tension, son coté glycériné un peu sucraillon, sa finale un poil chaude, ne reflètent pas beaucoup d'équilibre. "Une caricature de Châteauneuf blanc à l'ancienne "avait conclu Philippe...mais c'était un Vacqueyras à déguster probablement plus jeune.

2 - Château de Saint Cosme «Le Poste» 2014 Côtes du Rhône.
id

Le nez délicat, floral, fin, tendu comme il faut, dessine un paysage joliment composé de chèvrefeuille, d'abricot, ponctué de touches de réglisse. "A l'aveugle, sans thème de dégustation, je pencherais pour un beau maccabeu du Roussillon "s'exclame Philippe.

La bouche témoigne du même équilibre : vivacité, rondeur, élégance, fraicheur. J'écarterais aujourd'hui les petites réserves évoquant que la finale et son déficit de structure (le mot rachitique, vraiment inadéquat, a été prononcé) ne remplissait pas tout à fait les promesses du nez et de l'attaque en bouche. Je sens la finale plutôt portée par des amers ronds et fringants dont la saveur de zeste de citron, s'allonge et s'approfondit tant et plus.
Vraiment un très beau vin (100% clairette) d'un des meilleures domaines de Gigondas (mais le rouge récent proposé par André, me paraissait vraiment trop jeune).

3 - Château de Beaucastel 2006. Châteauneuf du Pape.
salade de filets de caille au foie Gras et aux noisettes miellées.

Curieux les différences d'appréciation et donc de ressenti sur le fait qu'un vin soit bouchonné...ou pas ! Ma propre grille d'évaluation, modeste et sujette à erreur, me ferait suggérer à nouveau que je ne ressens vraiment pas trace de liège dans ce vin. Même si je reconnais que malgré ses qualités évidentes de structure, un très léger problème de netteté et de précision témoigne peut être d'un défaut sur cette bouteille.
Le nez large, imposant, presque architecturé, repose sur une sacrée assise un peu paradoxale : une ambiance miellée, fine et délicate, émane de son coté riche, un peu massif. A la fois résolument posé et aérien.
En bouche, une grosse matière dense, concentrée, un vin puissant que l'on mange autant qu'on le boit, que l'alcool rend un peu chaud sur la finale aux amers nourrissants. Amers impressionnants, généreux, qui ne débordent pas, mais qui manquent à mon gout de ce coté délié qui les feraient respirer, de cette finesse qui les rendraient un peu plus digestes. C'est le point précis où le vin pêche un peu en bouche pour moi.

rouges,

4 - Domaine de Vieille Julienne 2005. Châteauneuf du Pape.
magrets de canard fumé accompagné de poivron rouge mariné, huile d’olive , cumin, ail et oignons grillés.

Le nez joliment équilibré combine une alliance gourmande entre le fruité, le fumé et le floral : la figue succédant à la cerise un peu confite, le laurier assez prégnant, le sous bois, la violette, le voile fumé réglissé qui les enveloppent, dégagent du charme, de la profondeur.

La bouche concentre tous ces arômes, en y ajoutant quelques épices (cannelle, poivre) en un grain qui a un sacré relief. Poétiquement, je le ressens comme sauvage, tout en accidents et éclats de gouts singuliers comme transmutés en une saveur torréfiée intégrant tous les arômes évoqués, vraiment superbe.

5 - Domaine Charvin 2007. Châteauneuf du Pape.

id

Dés le premier nez, si un seul mot devait caractériser ce vin, c'est fraicheur. Un paysage aussi riche d'impressions et d'arômes que le vin précédent auquel le fil acide, discret mais diablement efficace, donne une autre couleur, une autre ambiance, fait changer d'univers. Cette fraicheur qui éclaire, redéploye la composition, procure une impression aérienne de transparence, de légèreté, de pureté dont la précision, la justesse, si bien incarnées aromatiquement, n'ont rien d'évanescent.
La bouche prolonge cette impression de tension idéale - à la fois clé de voute et sève régénératrice - et de pureté de saveurs si digeste, si évidente l'autre soir. Aujourd'hui, moins dans l'euphorie, j'oserais poser une question un peu iconoclaste (on touche pas à Charvin !!) : on se régale et on en redemande, mais cette pureté, cette fraicheur de gout, si délicieuse soit elle, n'est elle pas un peu monolithique, manquant légèrement "de relief, d'éclats de gout singulier" évoqués précédemment ?
Philippe, André, éclairez mes chipotages, rappelez nous les spécificités du millésime 2007, en comparaison du 2005, qui donneraient ou pas un début d' explication.

6 - Domaine du Marcoux VV 2007. Châteauneuf du Pape.
selle d’agneau en tapenade et tomates confites.

Le nez puissant, profond, soyeux, presque capiteux tout en restant tendu, semble démontrer que le vin est fait pour séduire. Presque de l'extrait de fruit concentré qui s'ouvre de toutes parts autant qu'il vous entraine en son fond. Difficile de résister, mais l'on pressent déjà que l'exercice à la longue pourrait se révéler un peu fatiguant. Les 16° précisés sur l'étiquette une fois découverte, suggéreront un début d'explication. "Oh, çà ressemble à un 100 de Parker" s'écria l'un d'entre nous. Muet comme une tombe, je répondis au fond de moi même : "juste un 98 !"B)

La bouche confirme ce coté démonstratif, généreux, superbe ; l'intensité du fruit est toutes voiles dehors, gonflées à bloc, mais l'extraction assez prononcée reste mesurée, tout comme sa puissance alcoolique et son coté sucré sec assez prégnant. Au final, face à cet exercice de style, on a tous eu une impression de too much, un peu lassante et pas très digeste. En le regoutant sur fond de finale interminable déclinant un bien beau jeu de saveurs, je suis partagé entre un waouh ! et un pff... On est tous fan du domaine et du travail des sœurs Armenier, mais là ??? :?

Philippe, à nouveau, penses-tu que notre impression partagée, pourrait être déterminée ou influencée par le fait que ce soit un 2007 ?

7 - Château de Beaucastel 1999. Châteauneuf du Pape.

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Le nez évoque la plénitude, la lisibilité, l'évidence ressentie face à un tableau dont tous les élément rentrent en unité comme par magie. Si simple et si complexe dans la façon inspirée dont les fruits et le cacao se mêlent aux notes fumées et touches de bois exotiques, en un entrelac ordonné et élégant. Classieux !!
La bouche précise la composition, l'assise que la structure tannique, droite dans ses bottes mais aujourd'hui fondue au fruit, procure au jeu de saveurs denses, profondes et lisses à souhait, à nouveau si justes. Sur la longueur parfumée, un dialogue fécond et jubilatoire s'engage entre le fumé fruité irrésistible et la prétendue bouche qui l'accueille. Le vin sur cette bouteille, est vraiment épanoui aujourd'hui (Enzo, David, merci pour vos conseils sur le choix du millésime).

8 - Domaine Viret. Maréotis 2000. Côtes du Rhône St Maurice.

Plateau de fromages : Epoisses, Salers, Gaperon et Banon

C'est toujours plaisant et parfois instructif, de placer et gouter à l'aveugle un vin roturier, surtout quand c'est un vin nature, au milieu des icones. Le pari avait été plutôt réussi, il y'a quelques années, avec une autre cuvée parcellaire du même domaine. Là, malheureusement, la pureté du fruit, bien présente, étonnante pour un vin si âgé, son coulant sont, comme on le dirait en Afrique, "gâtés", surtout en bouche, par un gout de Brett devant lequel Antonin Iommi-Amunategui et autres Sébastien Laplaque, s'extasieraient peut être...Là, même Benjamin et Philippe Barret dont on connait les affinités pour les vins nature - mais aussi, quoique certains en pensent pour ce dernier, une réelle faculté de séparer le bon grain de l'ivraie - affichèrent une grimace dont le crachoir prit illico le relais, suivie de l'irrésistible envie de se gargariser à la Mont Roucous pour évacuer l'intrus horriblement asséchant !

Et c'est con, car en le regoutant, je confirme que derrière cette...dénaturation, il y'a vraiment un beau fruit, de l'équilibre, ce coté coulant et digeste que l'on apprécie sur ces vins avant que certains ne chutent dans le coté obscur qui vous sinistre carrément la bouche !! :X (td)


9 - Domaine des Bernardins. Muscat de Beaumes de Venise 2012.
salade de clémentines au Muscat de Beaumes de Venise et à la Mandarine Impériale, épicée de badiane, zeste de citron vert et de vanille, petite mousse au chocolat.

On est en pays connu, mais quel parfum merveilleux où le raisin sent la rose et le melon, mais n'est-ce pas la rose et ses pétales imbibés du parfum de leur grain, qui sent le raisin ? Un nez qui respire l'harmonie, la juste tension.

En bouche, on retrouve la puissance aromatique ; le sucre, l'alcool interpellent sur le premier toucher, mais le grain délicieusement fruité les rappelle immédiatement, révélant poétiquement que l'alcool procure le shoot, le sucre fait saliver les papilles et le fruit caresse votre âme. Tout cela dans une même saveur, animée d'une tension idéale, à l'allure de vague qui roule et se déroule dans votre bouche transformée en plage parfumée. Qu'est-ce que c'est bon !

La RVF à son meilleur, en Mai 2017, avait envoyé Ph Casamayor faire une verticale d'anthologie de muscats du Domaine des Bernardins.

Merci de votre attention, à vous les amis.

Daniel
#1
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