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Vins des Côtes d'Auvergne : Essai de synthèse et Visites de domaine

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CR: Côtes d'Auvergne et Saint-Pourçain : la dégustation


Les comptes rendus de visite touchent à leur fin, pour cette année en tout cas. J'aurais aimé faire quelques passages à Saint-Pourçain pour pouvoir comparer mais ce ne sera pas possible pour le moment, faute de temps. J'essayerai d'y remédier plus tard. En attendant, c'est la dégustation qui va nous permettre de voir où en sont les vins de ces deux AOC, ou en tout cas d'apporter quelques pistes de réflexion.


Pour bien comprendre les différences avec l’AOC Sant-Pourçain, voici quelques éléments de comparaison : 

L’AOC Saint-Pourçain fait environ 600 hectares répartis sur 19 communes et 20kms de long contre 400 hectares sur 53 communes et 80 kms de long pour l’AOC Côtes d’Auvergne qui est donc plus étalée et encore plus hétérogène. 

On compte une vingtaine de producteurs à Saint-Pourçain contre une petite cinquantaine dans les Côtes d’Auvergne, où les exploitations sont donc en moyenne bien plus petites. 

Le climat est aussi bien différent, beaucoup plus chaud et sec dans les Côtes d’Auvergne protégées par les Monts du Sancy (effet de Foehn). Il y a en moyenne 200mm/an de pluie supplémentaire à Saint-Pourçain. Cela explique en partie la meilleure réussite des blancs à Saint-Pourçain et les expérimentations comme les blancs de noirs, les vins de macération, etc... dans le Puy-de-Dôme. 

L’encépagement est différent également avec la présence du Tressallier à Saint-Pourçain et l’arrivée de nouveaux cépages plus sudistes comme la syrah en IGP Puy-de-Dôme par exemple. 

Enfin, les sols sont eux aussi en partie différents : on trouve du granite, de l’argilo-calcaire et du sable dans les deux appellations mais les sols volcaniques à proprement parler ne se trouvent qu’à certains endroits des Côtes d’Auvergne. 




 La dégustation


 Terres Bariolées, Côtes d’Auvergne Les Suquets 2022 (100% chardonnay, à Chalus) : couleur or pâle un peu trouble, nez un peu fermentaire, levure, poire, agrumes. La bouche est assez simple, manquant un peu d’énergie et de tension sur ce millésime solaire dans le Puy-de-Dôme. Un vin qui se goûtait mieux il y a 6 mois finalement.  

Les Bérioles, Vin de France Autochtone 2021 (100% tressallier, à Cesset) : Couleur or, nez sur les agrumes, floral, à peine miellé, début d’évolution que l’on a senti avec l’ouverture vers des fruits plus exotiques. La bouche combine un très beau volume à une belle tension, aussi long que large, il s’est bien ouvert lui qui était un peu austère il y a un an, avec du fruit et aussi une sensation de minéralité sur la fin de bouche, finale très longue et salivante. Déjà excellent en l’état et un grand vin dans un an ou deux qui a fait l’unanimité. 

Grosbot-Barbara, Vin de France Clos Jacques Chevallier 2018 (75% chardonnay + tressallier, pinot gris, à Cesset) : Couleur or pâle, nez déjà bien évolué, peut-être un peu trop pour 2018, avec un côté beurre rance. La bouche est très jolie, grasse et beurrée mais elle a aussi gardé une bonne fraîcheur et de la longueur. Un peu frustrant au final, la bouteille a probablement évolué un peu trop vite et se goûtait beaucoup mieux il y a un an ou deux. Le vin reste plutôt bon, mais pas au niveau espéré.  

Bastien Migeon, Côtes d’Auvergne Châteaugay Tiétà 2022 (75% gamay, 25% pinot noir) : couleur assez claire pour un gamay majoritaire, un nez plein de fruit et de pivoine, cerise, framboise. La bouche attaque avec ce joli fruité, puis elle se durcit sur la finale, sur des notes « volcaniques » de cendre et de fumée qui étaient plus discrètes il y a quelques mois. Le terroir est en train de ressortir, il apporte une certaine complexité mais a un peu trop resserré le vin peut-être. Ça reste d’un très bon niveau, surtout pour un premier millésime. 

 Henri Chauvet, Côtes d’Auvergne Boudes Abrupts 2022 (100% gamay) : couleur grenat, à peine trouble, le nez est parfaitement propre dès l’ouverture, profond, on hésiterait entre gamay et syrah sur cette cuvée, un peu lardé, mais surtout fumé, avec des fruits noirs, de la violette, des notes racinaires, de la ronce. La bouche semble à la fois aérienne, légère en alcool, avec une belle texture soyeuse sans être boisé, mais aussi avec du corps, des arômes très nobles de grappe entière, beaucoup de fraîcheur, et surtout une finale qui allonge loin, très saline et très umami. Pour chipoter, l’aromatique en bouche est un peu discrète, plus qu’à sa sortie en tout cas, le vin est encore un peu jeune dans l’idéal même si tout le monde l’a trouvé superbe. Il a encore un gros potentiel de garde.  

Renards des Côtes, Vin de France Cheire de Poule 2022 (100% gamay, à Sayat) : dès l’ouverture de cette bouteille c’est très marqué vernis à ongle (acétate d’éthyle) et encore pire avec l’ouverture, le vin ne sera pas bu. 

Miolanne, IGP Puy-de-Dôme syrah 2022 (100% syrah, à Neschers) : couleur très sombre, nez très marqué syrah, violette, fruits noirs, lardé, semble annoncer un vin puissant. Mais la bouche est finalement légère, aérienne, avec des tannins très souples, très facile à boire, avec une belle fraîcheur, tout en gardant une aromatique de belle syrah très pure. Très joli.  

Benoît Montel, IGP Puy-de-Dôme Sang des volcans 2020 (100% syrah, à St Bonnet-près-Riom) : couleur très sombre aussi, un nez sur les fruits noirs, le cacao, petite touche d’élevage vanillé. La bouche est légèrement plus puissante et plus dense que le précédent, l’élevage fût a bien arrondi les tannins, un style plus civilisé et plus en rondeur, la finale a quand même gardé une bonne acidité qui donne une allonge bienvenue. Jolie syrah là aussi, qui profite bien de ses deux ans de plus en bouteille.  

Coteau Libre, Coteau rouge 2022 (80% syrah + gamay, pinot à Saint-Privat du Dragon) : une bouteille prélevée en cours d’élevage, couleur très sombre, un nez très typé syrah du Rhône, très lardé, un peu sanguin, violette, anchois, olive, toute petite volatile. Bouche plus puissante que les précédents, mais aussi un peu plus d’allonge avec à la fois plus d’acidité et de tannins, moins de rondeur, plus de salinité aussi, un côté umami en finale, très salivant. Pour des vignes plantées en 2020 tout le monde s’est accordé à dire qu’il y avait un vrai terroir et un style à part. Très intéressant.  

Annie Sauvat, Vin de France Syrius 2018 : (Vin de paille, 100% gamay à Boudes) : couleur framboise, nez très purée de fraise, fruits rouges, un peu vineux. Bouche avec un bel équilibre, pas trop sucrée, une bonne acidité, beaucoup de fruit, reste assez frais et digeste.


Jean Wambergue, IGP Val de Loire-Allier Initial Tressallier 2022 (100% tressallier, à Saulcet) Couleur claire, nez sur le citron, les agrumes, à peine floral. Bouche vive, tendue, traçante, légère en alcool, citronnée, belle acidité qui réveille les papilles, sensation minérale et bonne longueur. Jean a choisi de ne pas faire la malo, peut-être un bon choix en 2022. Parfait pour débuter et mettre en appétit.  

Grosbot-Barbara, Saint-Pourçain Les Maltotes 2022 (50% chardonnay, 50% tressallier, à Montord) Un style complètement opposé, couleur plus marquée, nez beurré, encore jeune, sur des notes d’élevage vanille, coco, fruité plus mûr. La bouche est ronde, grasse, ample, boisée, mais heureusement l’acidité du tressallier s’impose en fin de bouche empêchant le vin de tomber dans la lourdeur en l’étirant juste ce qu’il faut. Un vin de gastronomie, qui séduit toujours l’assemblée.  

Les Bérioles, Vin de France Intrépide 2017 (100% chardonnay, à Cesset) Jean nous a ressorti un 2017 pour l’occasion, couleur bien dorée, nez très bourguignon, floral, fruits jaunes, beurré. En bouche l’attaque est grasse, large, encore en pleine forme, très vite l’acidité plus élevée que dans le vin précédent étire le vin, qui finit un peu plus austère mais plus long, sur des amers nobles. Très joli vin aussi, qui a l’avantage d’être à son apogée.  

Terres bariolées, Vin de France Sables de grès 2022 (100% chardonnay muscaté en macération, à Chalus) Couleur entre ambre et orange, plutôt limpide (sauf le fond de bouteille). Joli nez, exubérant, légèrement marqué par la rose, mais aussi, abricot, pêche, miel, semble proche d’un beau nez de liquoreux. La bouche est bien sûr sèche, sur des arômes de fruits secs et de fruits confits, de la rose, quelques tannins et quelques amers mais très fins pour ce vin orange qui reste accessible, complexe, avec beaucoup de peps. Par rapport au chardonnay de la semaine précédente qui manquait un peu de tension on voit là tout l’intérêt de la macération : aller chercher l’équilibre sur les amers et les tannins pour compenser le manque d’acidité. C’est réussi ! Bien sûr c’était un OVNI pour beaucoup ce soir-là, il a donc divisé l’assemblée. 


Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent) On commence par la nouvelle mode du blouge (mélange de blanc et de rouge). La couleur est entre rose et rouge, un nez un peu réduit qui a besoin de temps, animal, puis il s’ouvre sur des fruits rouges acidulés et des notes de rose. La bouche est très légère, peu de corps, mais une belle acidité, très fraiche, un petit vin d’apéritif qui glisse tout seul, une aromatique de pinot sur un équilibre de vin blanc. 

Terres d’Ocre, Vin de France Les Cailloux Pinot noir 2022 (100% pinot noir, à Châtel-de-Neuvre) Couleur framboise, nez plein de petits fruits rouges, éclatant, gourmand, marqué par la grappe entière aussi, clairement floral, pas très loin du côté bonbon mais il s’arrête juste où il faut. Bouche infusée, très pure, toute en fruit, acidulée, florale, toute en élégance, longueur moyenne mais on y retourne très facilement. (A carafer ou secouer un peu car il y a une pointe de gaz à l’ouverture - mais personne ne l’a senti du coup). 


Clos de Breuilly, Saint-Pourçain Barnabooth 2021 (60% pinot noir + gamay, à Cesset) : Couleur rubis foncé, nez plus classique de pinot à la bourguignonne, fruits noirs et rouges, à peine d’élevage mais déjà bien intégré. La bouche combine fruité, finesse des tannins, texture soyeuse, fraîcheur et une belle longueur, dans un style qui rappelle clairement la Côte de Nuits. Un style très différent du précédent, avec probablement plus de potentiel de garde ici. Il a fait l’unanimité lui aussi. 


 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France Les terrasses 2022 (100% syrah, à Montpeyroux) : couleur claire pour une syrah, nez à peine réduit à l’ouverture au nez puis il s’ouvre sur des fruits noirs, un peu lardé. Bouche légère, facile à boire, peu d’alcool (12%), avec des tannins fins, très digeste, manque juste un peu de longueur dans cette série. On voit en tout cas clairement l’intérêt de la syrah en Auvergne, aujourd’hui très bien adaptée sur nos coteaux exposés sud. 


 Les Chemins de l’Arkose, Vin de France 54-55 (100% plantet ou 54-55, pet’nat’ rosé, à Montpeyroux) : un pet’ nat’ à base d’hybrides. A ouvrir 1-2h à l’avance ou à carafer car la bulle est très présente à l’ouverture et pas de soucis, couleur rose foncé trouble, nez gourmand fraise, framboise, bouche légère, facile, simple mais efficace, impression d’une toute petite sucrosité. Parfait pour finir sur une note rafraîchissante. 



Quelques éléments de conclusion : il y a à l'heure actuelle un net avantage à Saint-Pourçain sur les blancs et plus ou moins match nul sur les rouges, dans des styles différents. Le climat plus frais de Saint-Pourçain est clairement ressorti. Mais les vieux gamays d'Auvergne ou les syrahs s'en sont très bien sortis.

Les domaines à Saint-Pourçain semblent avoir un train d'avance, ils sont généralement plus grands, mieux structurés, avec une gamme parfaitement en place, qui n'empêche pas quelques innovations, portés par la locomotive qu'est aujourd'hui le domaine des Bérioles (16 hectares bio, repris par Jean vers 2011). Mais Grosbot-Barbara dans un autre style est aussi en place depuis longtemps, les Terres d'Ocre (20ha bio, 2013) est un peu plus récent mais désormais bien installé. Le Clos de Breuilly et Jean Wambergue sont très prometteurs.  Le parallèle avec les Côtes Roannaises pour rester dans la Loire Volcanique est tout à fait légitime, là où Sérol (38ha biody) suivi par Les Pothiers (23ha biody, 2005) et d'autres désormais font figure de modèle dans le secteur.  Le Forez a aussi son moteur avec la Madone (14ha biody depuis les années 2000). Cependant les grands terroirs de Saint-Pourçain ne sont pas si nombreux, tous regroupés dans le secteur de Cesset-Saulcet-Montord à l'Ouest du village de Saint-Pourçain et de Châtel-de-Neuvre plus au Nord.


Difficile de trouver une vraie locomotive dans les Côtes d'Auvergne, ou alors ce serait Henri Chauvet, mais le domaine ne date que de 2021. On voit clairement dans les comptes rendus de visite ci-dessus que les domaines sont pour la plupart très jeunes, souvent très petits, et que par conséquent ils se cherchent encore à quelques exceptions près. Et cependant, je trouve une plus grande diversité dans cette appellation très étendue, d'autant plus si l'on ajoute les vignes de Haute-Loire et du Cantal, avec de très grands terroirs, et à mon avis plus de potentiel. L'appellation est encore très jeune, avec un temps de retard, mais l'avenir lui est grand ouvert. Dans une dizaine d'années, avec la génération talentueuse qui arrive, l'émulation qu'il y a entre les jeunes, les formations qui ont été mises en place, je la verrai bien surpasser nos voisins. Mais soyons patients...

D'ailleurs il faudra probablement revoir les règles de l'AOC, l'encépagement, etc... car elles ne semblent pas adaptées à l'actualité des vignerons, comme à bien d'autres endroits en France. Il faut aussi en finir avec ces 5 "crus" ou DG (Madargue, Châteaugay, Chanturgue, Boudes, Corent) qui induisent une sorte de classement dans l'esprit des consommateurs alors que les visites ci-dessus montrent bien qu'il y a de grands terroirs sur beaucoup d'autres coteaux. Et il reste une place immense à découvrir ou à redécouvrir pour ceux qui seraient prêts à défricher et à planter. On parle d'ailleurs déjà de 2-3 nouveaux très prometteurs pour 2025...
 
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03 Jui 2024 10:40 #31

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Réponse de tomy63 sur le sujet Côtes d'Auvergne

www.lamontagne.fr/cl...

Lors du Concours départemental qui vient d'avoir lieu, les médaillés sont :
- Desprat/Coopérative de Saint-Verny (qui représente un peu plus de la moitié de l'AOC Côtes d'Auvergne, un peu moins de la moitié de la surface si on prend aussi en compte les vignes hors AOC)
- Pierre Goigoux qui est lié à Desprat
- Héritage volcanique qui vinifie chez Pierre Goigoux
- Miolanne qui est président de Vinora, l'association de Desprat
- Clos des amoureux : vigne de la ville de Clermont
...

Je ne sais pas qui a participé exactement. Je sais qu'Henri Chauvet par exemple a envoyé ses vins et faisait partie du jury.

Bref, on voit bien qu'on est encore dans une Auvergne à deux vitesses, avec d'un côté l'apparition de jeunes vignerons bio, natures pour certains, qui innovent, qui changent les cépages, les modes de vinif etc... Et d'un autre côté l'appellation est toujours contrôlée par la coopérative, pas des vins de "quantité", très standardisés, loin de la modernité du monde du vin actuel. On sent en plus une vraie barrière entre eux, très peu de discussions pour faire avancer des modifications dans l'AOC malheureusement.
 
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11 Jui 2024 17:39 #32

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Merci Tomy pour ce magnifique travail qui permet d'avoir une image très précise de la viticulture en Auvergne en 2024 et de se forger les premiers éléments d'une culture vinique dans cette région finalement pas facile d'accès du tout !!

Voici mes modestes notes de dégustation pour l'une des soirées : 

Jean Wambergue, IGP Val de Loire-Allier Initial Tressallier 2022 (100% tressallier, à Saulcet)
En vin de France donc car 100% tressallier ne peut se réclamer de l'appellation Saint-Pourçain !
Nez vif, floral, herbe fraiche, herbe séchée.
Belle acidité, finale très citronée et vive (la malo a été bloquée), sensation minérale.
B++/TB

Domaine Grosbot-Barbara – Saint-Pourçain – Les Maltotes – 2022
50% chardonnay 50% trassallier
Nez plein, noisette fraîche, noix fraîche, noix de coco un peu aussi, un côté pomme au four, c'est peut-être un poil flatteur mais je ne trouve pas l'élevage exagéré.
Bouche à la bourguignonne, assez enrobée, ronde, confortable, mais bien relancée en finale par une acidité bienvenue, sensation minérale et agrume confit, cette finale étant sans doute amenée par le Tressallier.
Très beau vin de gastronomie, à patienter deux ans sans doute pour que l'élevage finisse de se fondre.
TB/TB+

Les Bérioles, Vin de France Intrépide 2017 (100% chardonnay, à Cesset)
Nez qui fait penser à un élevage très bourguignon, avec des fruits jaunes, des notes lactées voire beurrées.
Bouche avec du gras et un peu austère à mon goût, elle présente de l'ampleur, de la matière ; jolie longueur avec une finale sur de fins amers
Un vin plutôt difficile d'accès pour mon palais, je ne suis pas emballé. Peut-être un effet de séquence, les Maltotes de Grosbot Barbara étant marqué par le tressallier, plus évident, plus séducteur aussi peut-être.
B++

Terres bariolées, Vin de France Sables de grès 2022 (100% chardonnay muscaté en macération, à Chalus)
Couleur orange, robe très lumineuse.
Nez plein de fruits frais, très avenant, litchi, rose, sans exubérance toutefois.
Bouche fraîche aussi, orange amère, mandarine, abricot frais, belle allonge, pas trop tannique, une très belle réussite ! J'ai adoré.
A essayer en sucré/salé.
TB

Simon Bousquet, Vin de France Héloïm 2022 (80% gamay, 20% chardonnay, à Corent)
Nez plein de fruits rouges acides comme la groseille, simple et superbe.
Bouche très légère, joliment acidulée, très fraiche.
A prévoir comme à un élégant vin de soif pour un jour d'été chaud.
B++

Domaine Les Terres d'Ocre, vin de France - cuvée les cailloux 2022
Après la cuvée 2021, voici la 22, dans le même style, mais en relisant mon CR du 21 je vois que les deux cuvées sont tout de même marquées par leurs millésimes respectifs.
Sur cette cuvée 2022 donc, le nez pinote, amène de la finesse, des notes florales, l'ensemble est assez intuitif et se livre de manière évidente.
La bouche est très belle, pure, aérienne, précise, la finale est marquée juste comme il faut de notes végétales de toute beauté. Sans doute un peu moins d'acidité que sur le 2021 mais le vin trouve son équilibre spontanément !
TB+

Clos de Breuilly - Saint-Pourçain Barnabooth 2021
Pour cette cuvée "Barnabooth" : 60% pinot noir 40% gamay.
Robe sombre et brillante.
Nez séveux et plein.
Bouche superbe, pleine de cerises bien mûres et fraiches, charnues, notes lactées, ensemble très fin dans un style bourguignon / nuiton. Encore à peine serrée pour chipoter, devrait pouvoir tenir la garde sans problème !
TB+/TB++

Gamay "Abrupts" - Henri Chauvet 2022
Assemblage de tous les gamays aux terroirs volcaniques à Boudes.
Nez classieux, épicé, complexe, notes lardées marquées, notes fumées aussi.
Très belle texture en bouche, qui s'avère fine et pleine, un peu serrée encore peut-être, ne demande qu'à se délier avec le temps, tannins très fins, grande longueur. Très belle finesse de définition des arômes.
Matière bien en place mais bouche pas encore pleinement expressive sans doute, et superbe vin en devenir, déjà magnifique.
TB+/TB++

Les Chemins de l’Arkose, Vin de France Les terrasses 2022 (100% syrah, à Montpeyroux) 
Vin simple à ouvrir sans cérémonie au cours d'un pique-nique par exemple, avec les beaux marqueurs d'une syrah, comme l'orange sanguine. B+

Domaine Miolanne - IGP Puy-de-Dôme 2022 Syrah
Toujours ce vin élégant, distingué, où l'on trouve bien les marqueurs de la Syrah au nez comme en bouche, violette, notes lardées, poivrées en finale, de la réglisse. Avec de la finesse, une belle allonge, ce qu'il faut de matière... très beau !!
TB

Les Chemins de l’Arkose, Vin de France 54-55 (100% plantet ou 54-55, pet’nat’ rosé)
Nez qui pète le fruit rouge, fraise, rhubarbe, grande fraîcheur.
Belle mousse en bouche, l'ensemble est rafraichissant, agréable, sincère, une belle réussite.
B++

Superbe série, je ne m'attendais pas à une telle fête, avec des blancs de très bon niveau, très variés ; puis deux OVNI comme le vin orange de l'Arkose ou le "blouge" de Simon Bousquet pour découvrir, s'amuser, se régaler et préparer une série de rouges... tout simplement de haut niveau ! sur ces rouges, en point d'orgue Henri Chauvet et Barnabooth jouent les premiers rôles, le pinot noir Terres d'ocre dans un style pinot fin n'est pas loin. Quelle distribution !!

Antoine

"en guise de sang, ô noblesse sans pareille, il coule en mon coeur la chaude liqueur d'la treille" - le Grand Georges
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12 Jui 2024 05:20 #33

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Réponse de Daddyshark sur le sujet Côtes d'Auvergne et Saint-Pourçain : la dégustation

Merci pour ces magnifiques commentaires qui permettent de découvrir mais aussi de conforter certaines impressions lors de dégustations de belles cuvées. Ces terroirs ont un potentiel certain et force est de constater que nombreux sont les vignerons qui s'efforcent de travailler pour produire de beaux canons ! Vive l'Auvergne viticole (et l'Auvergne en général).
12 Jui 2024 11:06 #34

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Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck