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soirée de dégustation ayant pour thème le vignoble suisse

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Soirée Suisse organisée avec passion et pédagogie par notre ami érudit Tomy63 !
Dégustation particulièrement intéressante, choix de vins sans doute judicieux et longuement réfléchis, en tous les cas on a eu droit à de superbes bouteilles issues de domaines très qualitatifs.
Je reporte ici quelques notes issues de l'introduction de Tomy ; de même au début des commentaires de chaque vin.

Quinze mille hectares de vignes cultivés en Suisse, l'équivalent de la surface cultivée en Alsace, mais avec sept mille producteurs, donc des exploitations souvent de très petite taille, rendant les productions souvent confidentielles et sans doute de qualités très inégales en fonction de savoir-faire de chaque viticulteur.
La Suisse exporte d'ailleurs seulement 1% de sa production, ce qui confirme le caractère confidentiel et la consommation locale des vins, conçus pour être bus par ceux qui le font et leur entourage, plus que pour plaire à un marché à l'export aux goûts forcément plus standardisés.
4% du vignoble en biodynamie, ce qui en fait le leader mondial dans ce domaine (mais avec une surface totale cultivée très faible !). On trouve 62 AOC au total, ce qui ne fait que rajouter de la complexité au puzzle de petites pièces !

Trois grandes régions se dégagent naturellement, Suisse française, Suisse alémanique, Tessin.
-Côté Suisse française, la zone la plus productive est le Valais, région chaude et sèche, avec ces vignes en terrasse au-dessus du Rhône souvent impressionnantes. Puis vient le canton de Vaud, au climat plus frais, avec des vignes plantés au-dessus du lac Léman ; puis Genève, puis Neuchâtel (pays du pinot noir).
-Côté Suisse allemande, beaucoup de pinot noir et de chardonnay, qui sont plutôt adaptés au climat encore frais et pluvieux.
-Dans le Tessin, on trouve le merlot, adapté comme en bordelais au climat chaud et humide, sur des sols de granit qui drainent bien l'eau.

Place à la dégustation des 9 vins (pas à l'aveugle !!)  : 2 blancs secs (chasselas et petite arvine) + 6 rouges (syrah, cornalin, humagne, pinot noir)  + 1 liquoreux (ermitage = marsanne, petite arvine, malvoisie) ; un pirate en bonus se glissera dans la liste des vins rouges.


Vin 1 – canton de VAUD – Raymond Paccot la Colombe, AOC La Côte Mont-sur-Rolle – Petit clos – chasselas 2016

Domaine en biodynamie, qui travaille beaucoup en parcellaire ; élevage cuve et réaction malo-lactique effectuée sur les chasselas pour leur donner un peu d'ampleur. Sur cette cuvée, le sol est argilo-calcaire, ce qui confère un caractère un peu plus opulent (toutes proportions gardées).

Robe paille assez appuyé. Nez sur l'herbe fraîche, une belle minéralité/salinité, un côté floral aussi dans la profondeur.
Bel équilibre en bouche, il y a une acidité, pas puissante mais présente, qui structure le vin en attaque. Le vin s'élargit ensuite avec un peu de gras, de rondeur. Ensemble bien mûr. On retrouve en bouche les notes végétales élégantes du nez, et une belle complexité avec des notes miellées, une finale joliment amère et saline.

TB 


Vin 2 – canton du VALAIS – Gérard Dorsaz, AOC Valais – « Ma petite arvine - Fully 2017

Dans l'ouest du Valais à Fully, en terrasses, sur un sol granitique. Le cépage étant très aromatique, riche et gras, il y a un élevage très léger, la malo n'est pas faite pour garder le maximum de fraicheur. Domaine de 6 ha réputé pour ce cépage. On goûte ici la cuvée haut de gamme.

Nez riche et exubérant, très élégant, floral, fruité à fond sur la pêche blanche.
Bouche assez opulente, riche, sur l'écorce d'orange mais partant trop vite sur des amers prononcés ce qui n'amène pas trop de complexité contrairement au nez. Impression mitigée de mes voisins de tablée, pour ma part j'aime bien l'équilibre de ce vin tout de même et l'expression générale qui s'en dégage.

TB


Vin 3 – canton du VALAIS – Simon Maye, AOC Valais – Syrah  « Chamoson » 2017

Domaine d'une dizaine d'hectares qui est en conversion bio. Syrah sur sol calcaire ; cuvée avec 10 à 15% de barrique neuve.

Nez très prenant et expressif sur la violette, l'âtre de cheminée, un côté fumé, c'est beau mais presque too much, complexe mais pas assez subtil.
Bouche à la fois ferme et soyeuse, avec une attaque puissante. L'ensemble est élégant, équilibré, avec là encore une grosse intensité aromatique, de beaux fruits frais puis une finale relevée, très poivrée, et peut-être un peu d'orange sanguine. Gros caractère, un vin qui en a sous le pied, peut être sans doute attendu pour se civiliser un peu, manque peut-être de finesse.

TB


Vin 4 – canton du VALAIS – Valentina Andrei, AOC Valais – rouge du pays (cornalin) 2020

domaine en biodynamie, qui a commencé il y a 5 ans. Tous les vins élevés en cuves usagées, récolte en partie égrappée.
Cornalin : cépage pas facile à travailler, se réveille tôt en saisons et craint donc le gel, et murit tard avec risque de pourriture donc ! C'est un cépage local connu pour sa rusticité, sur le papier tout ça réunit ne fait donc pas très envie et il faut bien choisir son producteur sans doute sous peine d'une dégustation redoutable !! ici c'est chose faite avec un vin travaillé sur la finesse.


Robe très colorée, profonde.
Nez sur une belle corbeille de fruits rouges et noirs, des notes lactées.
Bouche civilisée, pleine et juteuse, assez soyeuse même, encore des notes lactées de type yaourt à la cerise, ensemble presque velouté ; belle finale kirshée. On retrouve une petite dureté / rusticité en finale, qui appelle à la patience en cave pour cette bouteille... ou alors est-ce la fameuse rusticité du cépage qui ressort ?
Une belle réussite en tout cas !

TB


Vin 5 – canton du VALAIS – Christophe Abbet, AOC Valais – humagne 2016

Petit producteur à vocation bio. Vignes entre Fully et Martigny, sur du granit.

Robe presque trouble, beaucoup plus claire en couleur que le cornalin.
Nez sauvage, expressif, épicé, sur des notes de garrigue que j'aime beaucoup, de la personnalité ! Griotte, jus de rhubarbe, beaucoup de fraîcheur.
Bouche sur la finesse, construite sur une belle trame acide, avec une jolie aigreur qui étire l'ensemble, de type cerise griotte. L'ensemble est très juteux, élégant, presqu'un côté pot pourri dans les arômes. Un vin qui tombe du bon côté d « nature », avec cette évanescence bienvenue. Belle persistance des arômes, belle complexité avec ces notes végétales nobles bienvenues également.

TB+/TB++


Vin 6 – canton de NEUCHATEL – Les Landions, AOC Neuchâtel – pinot noir « les cailloutis » 2019

Domaine qui vinifie depuis quelques années, avec un beau patrimoine de vieilles vignes. Ici, cuvée entre de gamme avec 20% de fûts neufs. Sous-sol argilo-calcaire, vendange 100% égrappée.

Nez à fond sur la vanille, le fût... bouche sucraillonne, qui donne une impression très brouillonne et moyenne malgré une belle texture. L'élevage se fondra-t-il un jour ?

B-

Vin 7 – canton des GRISONS – Daniel & Martha Gantenbein, AOC Graunbünden – pinot noir 2017

Domaine légendaire qui a commencé au début des années 80, après avoir beaucoup voyagé dans les vignobles du monde.
Domaine de 4ha de pinot noir, 1ha de chardonnay. Vendange en 8 ou 9 passages. En 15 minutes le raisin est cueilli et amené dans la cuve. 100% barrique neuve et vendange en « baie entière » ! c'est-à-dire macération intrapelliculaire pendant deux ou trois jours.


Au nez on sent l'élevage : léger côté vanille, et viande fumée. Notes de pinot avec rose, pivoine. On sent une belle matière, sans doute à même d'intégrer cet élevage « luxueux ».
Bouche en dentelle, avec l'élevage qui relève l'ensemble. On retrouve la dentelle du pinot noir, aromatique, complexe, l'élevage n'étant pas encore intégré. Matière noble et racée.

TB+ et sans doute promis à un superbe avenir.


Pirate – Nez fruité, fruits rouges et noirs, crémeux, de belle intensité.
Bouche accessible, souple, juteuse, avec une acidité bienvenue, ensemble de belle finesse.

TB

Il s'agit d'un pinot noir de la côte chalonnaise : Domaine Mia - Mercurey clos de la marche (monopole) 2019



Vin 8 – canton du TESSIN – Christian Zündel, AOC Ticino – merlot « terraferma » 2018


Vieilles vignes de merlot plantées vers 1905/1910 ; élevage dans de vieilles barriques ; biodynamie.

Nez très noble, très belles notes végétales, grande profondeur, des fruits noirs comme la mure, de la fraîcheur.
Bouche à l'avenant, parfaitement cohérente avec le nez, avec ces très belles notes végétales, mentholées, florales, presque pot pourri, finale kirschée. Grand caractère et beaucoup de finesse en même temps, matière en dentelle, et qui dit notes végétales ne dit pas forcément sous-maturité, démonstration est faite si besoin était ! Très original pour un merlot.

TB+/TB++


Vin 9 – canton du VALAIS – Maris-Thérèse Chappaz, AOC Valais - « grain noble » 2018 (55% ermitage = marsanne, 40% petite arvine, 5% malvoisie)

Domaine connu dans le monde entier bien sûr, en biodynamie depuis la fin des années 90. Mme Chappaz a formé beaucoup de viticulteurs dans le Valais et au-delà.

Vin passerillé, un assemblage de cépages propre à 2018 où il a été difficile de produire des liquoreux. Terroir de granit à Fully.
Nez splendide, pas trop riche, de grande fraîcheur, notes miellées, fruits exotiques frais comme la mangue, puis mandarine, thé vert...
Bouche très élégante, avec un beau moelleux, un beau toucher de bouche, une très belle complexité aromatique même si l'ensemble est peut-être encore un poil serré, avec de la mandarine et de la châtaigne notamment, très fine liqueur (on est à la limite entre moelleux et liquoreux), très bel équilibre – certains lui trouvent un manque de tension, pour ma part je n'ai pas été gêné du tout. Un vin sans doute encore dans ses langes, mais d'une superbe originalité.

Sur 2018 mon seul élément de comparaison est Yquem (ça fait snob, désolé), et ce vin lui tient la dragée haute sans aucun problème, pour moi il lui est même bien supérieur en terme de complexité d'arômes et bien sûr d'originalité. On me dira qu'Yquem ne se révèle qu'après 20 ans de bouteille...

TB++


Bilan : superbe soirée, très instructive, au cours de laquelle on s'est vraiment régalés (à une exception près avec le premier pinot noir mais on a bien rigolé avec quand même). Bravo Tomy !!

Pour le jeu, mon tiercé dans l'ordre pour ce soir pour les vins rouges : 1. le Merlot du Tessin ; 2. l'Humagne du Valais ; 3. le pinot noir des Grisons.

Remarque : Les RQP me semblent forcément très défavorables pour nous amateurs étrangers, en comparaison de ce qu'on trouve en France, à l'image des prix en Suisse d'une manière générale.

Antoine

"en guise de sang, ô noblesse sans pareille, il coule en mon coeur la chaude liqueur d'la treille" - le Grand Georges
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20 Nov 2022 14:55 #1

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Merci Antoine !
Mais je n'avais pas vu que tu prenais autant de note, quel élève studieux :)

Je finis mon CR détaillé et je poste, mais tu as quasiment tout dit.
Par contre je pense que ce sont plutôt 7000 "viticulteurs", tous ne vinifient pas (environ la moitié de mémoire, à vérifier).

Simon Maye c'est élevage cuve béton sur cette cuvée en fait, je m'étais trompé.
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20 Nov 2022 15:10 #2

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Je t'ai dit que j'étais motivé ! 
Je me doutais que c'était préparé minutieusement, donc je voulais en profiter pleinement pour apprendre, enfin, sur ce pays. Et c'est bien confortable d'être à la place de disciple quand le cours est intéressant !

Antoine

"en guise de sang, ô noblesse sans pareille, il coule en mon coeur la chaude liqueur d'la treille" - le Grand Georges
20 Nov 2022 15:28 #3

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Soirée Suisse 


Quelques chiffres

15 000 ha environ, soit 20e pays producteur mondial, soit la taille de l’Alsace.

Ratio de producteurs/hectares très élevé. Quasiment 7000 viticulteurs de mémoire. Beaucoup de micro-domaines, pas toujours professionnel même.

4e consommateur mondial : le Suisse boit beaucoup de vin (suisse, italien et français)!

Pays au climat continental globalement frais, entre les Alpes et le Jura, où l’on va chercher le soleil grâce aux expositions, à la pente, à l’effet « miroir » du soleil sur l’eau. Les vins que nous avons goûtés sont en moyenne autour de 400-500m d’altitude.

Histoire assez « classique » : du vin avec les Romains, puis avec les moines au Moyen-Age. Crise du phylloxéra : quasiment plus de vin au début du 20e siècle. Puis la viticulture reprend dans les années 60 avec une viticulture de masse, peu qualitative. Dans les années 1990 on comprend que les vins seront trop chers et pas assez nombreux pour faire de l’export, on se tourne alors vers la qualité, des vins de terroir, identitaires et on replante les vieux cépages autochtones.

Forte proportion de vins en biodynamie certifiée (de mémoire autour de 4% certifié). Ils sont un peu moins bons en Vins certifiés bio par contre (« seulement » 5%).

Seulement 1% d’export ! 


Les cépages (par ordre décroissant)

Cépages rouges : pinot noir 26%, merlot 8%, gamay 8%, gamaret 3%, garanoir, syrah, cornalin, humagne rouge, diolinoir, cabernet franc…

Cépages blancs : chasselas/fendant 24%, müller-thurgau 3%, chardonnay 3%, sylvaner, petite arvine, pinot gris, savagnin/païen/heida, sauvignon, pinot blanc, viognier, muscat, ermitage/marsanne, amigne, johanniter, humagne blanche, malvoisie/pinot gris…

L’humagne et le cornalin, s’ils restent minoritaires, sont en très fortes progression depuis 10ans. Lire à ce sujet le numéro 140 de la revue Le rouge et le blanc. Passionnant, comme toujours ! De même que le livre « Cépages suisses » de José Vouillamoz. 


Les Régions

Valais :  De loin la plus grande région en terme de volume produit. Climat chaud et sec qui lui vaut parfois le surnom de « californie suisse ». Sur le versant Nord des Alpes ; le canton bénéficie de l’effet de Foehn (il pleut sur le versant Sud). C’est là qu’on trouve le plus de cépages autochtones. 61% de rouge / 39% blanc. Sols de granit dans le « coude », de Martigny à Fully environ puis sols argilo-calcaires en allant vers l’est.

Vaud :  2e région en terme de volume. Région fraîche. Les vignes sont exposés au sud, en terrasse au-dessus du lac Léman pour la majorité. Le chasselas est largement majoritaire. Sols argilo-calcaires.

Genève :  3e région en terme de volume. 56% de vins rouges. Le gamay est le cépage dominant.

Trois Lacs : Neuchâtel, Bienne, Morat. Région fraîche, où l’on plante sur les meilleures expositions en bord de lac. 55% de rouges. Le pinot domine devant le chasselas. Sols argilo-calcaires.

Suisse alémanique : grande région fraîche, humide. Sols principalement argilo-calcaires. Légère majorité de rouge. Le pinot noir domine nettement, on trouve aussi du chardonnay et du müller-thurgau.

Tessin : petite région de Suisse italienne, sur granit, à la fois très chaude et très humide. Région du merlot.


 La Dégustation

1 Raymond Paccot La Colombe, AOC La Côte Mont-sur-Rolle Petit clos chasselas 2016 : (vieux domaine de 20ha en biodynamie. Elevage cuve 7 mois, malo faite. Vignes entre 35et60ans, 500m altitude, pente forte, sols à dominante d’argile) Couleur très claire, nez encore jeune pour 2016 très minéral, caillou mouillé, notes discrètes de citron, fleurs blanches, cire derrière. Bouche avec du volume pour chasselas, presque une certaine opulence pour ses 12%, acidité moyenne, très « terroir », avant-tout minérale, aromatique assez neutre derrière, de légers amers. La finale manque un peu de tension, surtout dès que le vin se réchauffe. TB.


2 Gérard Dorsaz, AOC Valais Ma petite arvine Fully 2017 : (domaine de 5ha créé en 1998. Sols granitiques de Fully. Elevage 8 mois cuves sans malo en règle générale) Couleur or pâle, nez encore jeune, typique de la petite arvine sans être trop exubérant non plus, très miellé, fruits exotiques, floral. Bouche avec de la puissance, de l’opulence, une superbe texture presque huileuse, c’est long, avec de légers amers, mais la finale manque un peu d’acidité et chauffe un peu. TB.


3 Simon Maye, AOC Valais Syrah Chamoson 2017 : (Domaine de 10ha créé en 1948 en conversion bio. Lieu-dit Près des Pierres à Chamoson. Sol calcaire très graveleux. Elevage cuves béton, égrappé à 100%)  Couleur noire aux contours violets, nez très syrah, très pur, lardé, violette, fruits noirs. Bouche légère en alcool (13%), pas un gros volume, mais toute en pureté, racée, belle acidité, facile à boire, avec une finale salivante aux tannins poudrés. TB+.


4 Valentina Andrei, AOC Valais Rouge du Pays (cornalin) 2020 : (Premier millésime en 2015 pour cette élève de Chappaz et du domaine de Beudon. En biodynamie sur 4ha. Lieu-dit La crête à Chamoson, argilo-calcaire. Elevage barrique usagée court et aujourd’hui une amphore. Un peu de vendange entière.) Couleur noire, nez à peine réduit à l’ouverture, très bien le soir, sur des fruits noirs, réglisse, cerise noire, violette. La bouche est plutôt en finesse, avec des tannins qui restent fins pour un jeune cornalin, pas du tout de bois ni de sucrosité, fruits noirs frais, notes végétales et florales, belle acidité, alcool moyen (13,3%), une finale de longueur moyenne mais très fraîche et jamais saturante. Déjà accessible, mais bon potentiel de garde. TB+.


5 Christophe Abbet, AOC Valais Humagne rouge 2016 : (Domaine de 4ha créé dans les années 1990, pas de certification mais plutôt peu interventionniste. Sols de granit, élevage en cuves, sur Martigny et Fully. 450m altitude environ. Egrappé. L’humagne descend du cornalin et d’un cépage inconnu. Attention qu’on l’appelle cornalin dans le val d’Aoste)  Couleur rubis très claire et trouble, nez magnifique dès l’ouverture, de sureau/cranberry, groseille, framboise, rose, pot-pourri. Bouche aérienne, légère en alcool (12%), acidulée, toute en fruit et floral, pure, évidente, évanescente même, on a peur que le vin s’oxyde mais le fond de bouteille était nickel, peu de volume, finale acidulée, très fraîche, petite note végétale noble, ultra digeste, évident. TB++.


6  Les Landions, AOC Neuchâtel Pinot noir Les Cailloutis 2019 : (famille de Morgan Meier à Cortaillod. Depuis 2010 5ha des 25 sont vinifiés par le domaine. 20% fûts neufs 18mois. Egrappé. Plusieurs parcelles, calcaire surtout + cailloux de rivière) Couleur rubis claire, nez sur l’élevage vanillé, derrière quelques notes cerise, fraise. Bouche marquée par le bois aussi, derrière on sent le fruit du pinot et l’acidité à l’attaque est bonne, pas trop d’alcool (13% environ). La finale est très sucrailleuse, avec des notes de vanille et de coco écœurantes. Impossible de se resservir tant l’élevage est marqué. Moyen.


7 Daniel & Martha Gantenbein, AOC Graubunden Pinot Noir Fläscher 2017 : (Créé en 1982, 6ha environ, sols schistes et argilo-calcaires. Pas d’études d’oeno mais les Gantenbein ont beaucoup voyagé et ont une cave personnelle énorme grâce à des échanges dans le monde entier. Planté à 8000 pieds/ha à 500m d’altitude avec les meilleurs clones bourguignons. Plusieurs pacelles à Fläsch et Malans. 100% bois neuf. Chai ultra-moderne, machine qui permet d’égrapper par vibration tout en laissant les baies entières par exemple. Puis 1 pigeage par jour ensuite. Je ne sais pas exactement quand le domaine commence à piger donc à vérifier si une intrapelliculaire a le temps de se faire ou non…) Couleur très claire et à peine rouillée, nez exubérant dès l’ouverture sur la viande fumée, presque anchois, pain grillé, fruits rouges acidulés derrière. Bouche avec une grosse densité, très bonne acidité, il y a du vin, moderne, exubérante, pas sucrée pas contre, alcool moyen (13% environ), marquée par un élevage fumé très présent, beaucoup de longueur, le côté à la fois acidulé et salé l’empêche d’être trop lourd. Doit être attendu quelques années dans l’idéal. Mais des qualités indéniables. Ceci-dit pas trop mon style de pinot. TB.


8 Christian Zündel, DOC Ticino Terraferma merlot 2018 : (4ha sur gneiss bruns. Domaine créé fin 1970’, une vigne de 1905 (début merlot en Tessin) et des vignes plus récentes. Certifié demeter. 1an et demi barriques bourguignonnes usagées. Peu interventonniste. Vignes sur Nisciora) Robe rubis foncée, nez à peine réduit à l’ouverture mais très bien le soir, avec un côté végétal presque poivron qui rappelle le cabernet franc, un floral plutôt typé pivoine, beau fruité rouge et noir frais. Bouche légère en alcool (12,5% environ), pas gros volume, toute en fraîcheur, fruitée, floral, végétale, dur d’identifier le merlot, aucune sucrosité, les tannins serrent un peu la finale par contre. TB+.


9 Marie-Thérèse Chappaz, AOC Valais Grain Noble 2018 50cl : (Prononcez « Chappa ». Début en 1987, passage biodynamie vers 1997. 10ha environ. Assemblage en 2018 de 55% ermitage, 40% petite arvine, 5% malvoisie, passerillé sur souche (peu de botrytis cette année). 80gr de SR « seulement » contre environ 140 les années où ça botrytise. 2ans en fût de 228 et 500L. Parcelles sur Fully et Leytron, donc granit 450à650m altitude.) Couleur dorée, nez magnifique de mangue, ananas, passion, en fruits frais, miel, cire d’abeille, pêche, thé…d’une grande fraîcheur et complexité. La bouche n’est pas trop sucrée, elle attaque assez vive et toujours sur les fruits exotiques, mais la finale manque un petit peu de tension et finit un peu courte pour être un grand vin. TB+
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21 Nov 2022 11:44 #4

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Très intéressant et merci à vous 2 pour les commentaires. Pour avoir bu le 2017 de Gantenbein et les Cailloutis 2019 également, mes ressentis sont totalement l'inverse. Je trouve le Gantenbein plutôt sur une caricature du boisé appuyé alors que les Landions c'est plutôt fin et discret.

Dom
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21 Nov 2022 13:50 #5

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Bonjour Dom, j'avais lu tes notes avec grand intérêt (et celles de tous les vins suisses que tu commentes) avant la Soirée.
Je trouve que l'on se rejoint un peu sur le Gantenbein, où le bois est immanquable c'est sûr.
C'est surtout sur les Landions que nos avis divergent. C'est la première fois que je goûtais ce domaine, peut-être une question de bouteille/de séquence ou autre...
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21 Nov 2022 14:29 #6

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Bonjour,

très belles présentation et notes de dégustations!
Pour ma part, j'avais été au domaine Christophe Abbet, il y a 6-7ans, un super contact avec de très beaux vins, dont le Cornalin. Mais les prix sont.......suisse 

Merci

OAC
21 Nov 2022 15:36 #7

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Bonjour,

très belles présentation et notes de dégustations!
Pour ma part, j'avais été au domaine Christophe Abbet, il y a 6-7ans, un super contact avec de très beaux vins, dont le Cornalin. Mais les prix sont.......suisse 

Merci

Alors je pense que C.Abbet est un mauvias example car ses prix sont plus que correct même pour l'étranger. Dans une fourchette de 25/35 CHF, il rivalise aisément avec des vins francais du même prix, voir plus. Alchimie excepté qui sont beaucoup plus cher.

tomy63 post=1191212 userid=11443
Bonjour Dom, j'avais lu tes notes avec grand intérêt (et celles de tous les vins suisses que tu commentes) avant la Soirée.
Je trouve que l'on se rejoint un peu sur le Gantenbein, où le bois est immanquable c'est sûr.
C'est surtout sur les Landions que nos avis divergent. C'est la première fois que je goûtais ce domaine, peut-être une question de bouteille/de séquence ou autre...


Oui mais j'ai toujours tendance à me remettre en question dès que les avis diverge et qu'on trouve un vin complètement à l'opposé de ce que j'ai ressenti 
Ceci dit, je suis allé au domaine cet été visiter le nouveau chais. Ensuite une grande dégustation de tout les Clos qui ont été mis en bouteilles, quelques Landions et les Cailloutis 2020 et 2019.
Sa philosophie est justement de ne pas marquer les vins. Une sélection de fût très pointu avec des chauffes légère (j'ai oublié tout les détails comme les bois choisis, région, tonnelier et-c)
Bref, je vais en remettre une programme!
 

Dom
24 Nov 2022 15:47 #8

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Je dois avouer que je suis un peu étonné des différents commentaires sur les Cailloutis. Normalement, c'est une cuvée avec du fruit, mais surtout une note de terroir assez prononcée : on sent bien le côté galet/cailloux roulés des lieux. Je n'ai pas souvenir de sucre ressenti et le bois est relativement discret, car Morgan utilise peu de bois neuf sur cette cuvée. Vraiment très surpris.

Concernant le Gantenbein, je pense que vos commentaires ne sont pas surprenants vu que leurs vins sont généralement faits pour vieillir 10 ans minimum. En septembre, j'ai ouvert une 2008 qui était vraiment superbe : les tanins s'étaient anoblis et le bois n'apportait qu'une touche de complexité à l'ensemble. Je n'ai malheureusement pas pris de notes de dégustation, mais j'ai souvenir d'un vin plein, complexe avec des notes de fruits enrobés d'une légère touche de vanille très appréciable.
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27 Nov 2022 17:08 #9

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On est toujours prêts à trouver des arguments pour défendre nos petits producteurs chouchou.

Pour les Landions. Je trouve pas que les Caillloutis soit autant marqué terroir que toi, même si on le ressent clairement mais ca reste excellent. Le Clos, lui, ''pu'' le terroir à plein nez et fait parti de mon Top Suisse, de par sa finesse, son extraction douce, son boisé impeccable.
Gantenbein oui. J'avais trouvé des 96 (ancien format bouteille) et des 2002 aux enchères. Sans faire un débat sur la conservation, car elle semblait pas avoir été mal conservé, 2 véritables déceptions. De mémoire, le 96 était sur une structure maigre, sans relief. Le 2002 je me souviens plus du tout   mais du coup c'est pas bon signe, j'en déduis qu'il était pas transcendant.

Dom
28 Nov 2022 14:03 #10

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Il est aussi fort probable que nous n'ayons pas le même référentiel lorsqu'on parle de boisé. Même avec notre bonne volonté, avec Antoine nous buvons probablement moins de 0,1% de vins suisses par rapport aux vins français. Or, les façons d'utiliser le bois (provenance, chauffes...) ne sont pas exactement les mêmes. J'en avais aussi fait l'expérience dans des dégustations de pinots noirs allemands où sur les grosses cuvées tout me semblait excessivement toasté.
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28 Nov 2022 16:06 #11

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