Nous avons 1331 invités et 72 inscrits en ligne

Une balade ibérique... Episode Deux

  • Messages : 1073
  • Remerciements reçus 1178

sebus a créé le sujet : Une balade ibérique...

Une balade ibérique

Je profite de mes vacances en Cantabrie pour poursuivre la découverte des vins espagnols. La Cantabrie est sublime, plus fraîche et verdoyante mais n'est pas une région viticole, la production de vins y est très marginale.
Les vins sont décrits dans l'ordre de dégustation du séjour;

Bodegas Muga, Rioja blanc 2017
90% de viura et 10% de malvasía et de grenache blanc, fermentation et élevage en fûts neufs pendant 3 mois
10€ env. épicerie

Robe très légèrement dorée
Nez peu expressif d'abord, s'ouvrant sur les fruits blancs la pomme acidulée, des notes de bonbons apparaissent à l'aération prolongée.
Bouche souple qui réussit à ne pas tomber dans la mollesse grâce à une sensation acidulée, presque perlante en fait, présente de bout en bout rendant le vin digeste. Finale courte et fruitée.
J'aime ça et aucune trace de boisé marqué.

Bodegas Ondarre, Laztana, Rioja Reserva 2014
8-9€ env grande distribution (GD)

Robe grenat
Nez plutôt ouvert, crémeux et fruits noirs
Bouche de demi corps, aux tanins fondus, à l'acidité soutenue, elle apporte de la fraîcheur, certes, mais elle est un peu haute tout de même, finale de moyenne longueur sur un diptyque lacté/fruité.
Un rioja assez classique, l'acidité en plus, qui m'ennuie et ne donne pas envie de se resservir.

Bodegas Valtea, Rias Baixas 2018
100% Albarino
8€ env. épicerie

C'était mon p'tit coup d'coeur de l'an dernier mais sur la "cuvée especial".
Robe pâle
Le nez est ouvert et floral, il muscate joliment.
La bouche est fraiche, ronde et ample joliment équilibrée par l'acidité sans pour autant en faire un vin tendu.
C'est très bon, assez facile d'accès et moins complexe que la cuvée especial.

Paco & Lola, Rias Baixas 2018
100% Albarino, issu d'une coopérative de la région d'O Salnès
10€ épicerie

Robe pale
Nez mutique
Bouche sans relief, ni structure ni saveur. Regoûté le lendemain, ça n'est pas mieux, il finira en cuisine.
Aucun plaisir, ni intérêt pour moi. En y repensant, il me semble qu'il m'avait fait le même effet (c'est à dire aucun) l'an dernier, ça m'apprendra à ne pas prendre de notes.

Pazo San Mauro, Rias Baixas 2018
100% Albarino, une partie de raisins sont égrappés, une autre vinifiée en grappe entière en cuve inox
15€env GD

Robe dorée
Nez d'abord un peu réduit (enfin c'est ce que je me suis dit après coup car je pensais que le vin avait vu le bois au premier nez) s'ouvre sur des notes minérales et fraîches
Bouche confirmant le nez avec de la fraîcheur et de la tension minérale pour supporter une matière à la densité sérieuse.
Le plus structuré et gastronomique des 3 Rias bus, bel accord sur des calamars à la tomate et riz.

Au milieu des bouteilles de Riojas Reserva du Supermarché (bien achalandé en classicos, du reste) j'aperçois cette toute jeune bouteille de priorat; un élevage court, peut être même pas de bois! On teste...

Scala Dei, Priorat, Nègre 2018
Grenache, Carignan, Cabernet-Sauvignon, Syrah, 6 à 8 mois de cuve inox
11€env GD

Robe soutenue aux reflets violacé/grenat
Nez très primaire sur les fruits rouges et noirs
Bouche souple, douce et fraîche, elle semble peu extraite, on retrouve ce fruit primaire, la finale est courte.
Un vin simple et bien fait que je bois avec plaisir pour accompagner le lechazo et ail confit, bien qu'il soit trop léger pour soutenir un véritable accord, mais l'absence de bois était mon objectif, donc atteint.

Felix Solis,Los Molinos, Airen et Verdejo, Valdepeñas
Airen et Verdejo, donc!

Robe pâle
Nez fruité sur la pomme verte
Bouche ronde et légèrement grasse, matière très fine associée à une toute aussi fine amertume, finale fruitée moyennement longue sur la pomme
C'est simple et bon et pour 2 euros, on n'est pas volé !

Bodegas Olarra, Otoñal, Rioja reserva 2015
Tempranillo, Garnacha, Mazuelo, et Graciano,12 à 16 mois de barriques, 18 mois de bouteilles
9€ env. GD

Robe grenat
Nez plutôt intense qui oscille entre fruits rouges, vieux rhum, café, barba papa
Bouche assez doucereuse, suave, matière de demi corps, la présence de quelques tanins fins est trahie par une fine astringence, la finale sur le fût de vieux rhum et les fruits est de persistance moyenne. Ce vin me convient clairement mieux que le Laztana, notamment dans son équilibre et son aromatique plus complexe mais c'est encore une fois sacrément marqué par l'élevage.

Muga, Rioja blanc 2018
mêmes caractéristiques, même étiquette que le 2017

Robe pâle
Nez au départ discret, qui livre des notes de fruits blancs, d'amande, citronnées et un peu minérales
Bouche possédant toujours ce chouette équilibre entre gras et acidité, la finale citronnée a du peps.

un petit pincho y una copa de vino avant de se rendre au resto, il fait sombre et j'aperçois Cantabr..., cool un vin du coin, je prends ça! Et m..de, c'est en fait un Sierra Cantabria, Rioja Crianza 2015, servi glacé.

Robe très sombre
Nez de bois et un peu d'épices mais de bois surtout
La bouche...vous me voyez venir avec mes gros sabots en bois... Bah du jus de planche. Limite c'était plus buvable frappé car au réchauffement c'est pas bon, enfin pas à mon goût, ni à celui de la Señora, le verre ne sera pas vidé.


Bodegas Portia, Ribeira del Duero, Roble 2018
100% Tempranillo, 4 mois de barriques françaises
13€ au resto

Robe violacée
Nez qui sent la bête, laissant la place progressivement à des arômes entêtants de fleurs et de chocolat, et même un côté fumé/tourbé très léger.
Bouche assez légère mais non dénuée de matière, une acidité juste, aucune astringence, finale aux saveurs intenses repondant au nez de persistance moyenne.
Un rouge qui se comporte très bien face à la pluma et au lagarto iberico (je connaissais pluma, secreto et presa mais pas ce lézard, ma préférence restera à la pluma), qui nous séduit mais qui peut devenir tout de même écœurant passé 2 verres. Autrement dit, vaux mieux être 4 que 2 sur la bouteille.

Bodegas Olarra, Otoñal, Rueda 2018
100% Verdejo

Robe légèrement soutenue aux reflets verdâtres
Nez de fruits blancs un nez qui "sauvignonne de Touraine" mais solaire, je trouve
Bouche perlante et grasse en attaque, un milieu mou,et une finale riche, alccoleuse avec une sensation de SR pas du plus bel effet et surtout une persistance méchamment longue sur une sensation amère sans réelle saveur. Seulement goûté, je n'ai pas eu envie de me servir un verre.

Compañía Vinícola del Norte de España, Cune, Rioja Reserva 2014
Tempranillo majoritaire , Mazuelo, Grenache et Graciano, 2 ans de fûts puis 1 an de bouteille
10€ env. GD

Robe grenat sombre
Nez assez sympa, des épices, un boisé pas trop marqué, des fruits rouges et des notes mentholées. Je trouve que le nez me rappelle un style médocain.
Bouche à la matière fine sans être diluée, à l'équilibre confortable et à l'astringence très discrète en finale sur les saveurs du nez.
Un rioja qui joue la carte de la finesse, sans tabasser côté bois et qui me séduit bien.

Hijos de Rainera Pérez Marín, Manzanilla, "La Guita"
La manzanilla est un Fino, 100%Palomino qui provient de Sanlucar de Barrameda, où les vignes ont une proximité directe avec l'océan.
7€ env. GD

Robe claire
Nez oxydatif, sur la noix, mais assez fruité jaune, quelques notes fumées
En bouche, ça goûte sec! Matière fine mais sapide, la finale est plutôt tendue et saline. Chouette longueur sur la noix et les discrètes notes fumées.
Sympa à l'apéro

Je rencontre une problématique sur mon spot de vacances, c'est l'absence de véritable caviste en proximité immédiate. Bon, y a des choses plus grave dans la vie, hein, mais c'est quand même sympa de pouvoir échanger avec des pros qui connaissent les vins qu'ils vous vendent. J'ai donc profité d'une escapade à Burgos pour satisfaire ma soif de découvertes. Le contraste de paysage est saisissant lorsque l'on franchit la chaîne des Pyrénées pour arriver dans la partie nord, aride, de la région de Castille y Leon. La vieille ville de Burgos est très jolie et la cathédrale, majestueuse.
A l'entrée de ce centre ville; se trouve la vinoteca El Lagar, où l'accueil est tout à fait sympathique. Très belle sélection ibérique évidemment, mais le patron semble fan des vins outre-Rhin avec de belles références Egon Müller, Fritz Haag, Kracher, Dr Loosen, Dönnhoff..., mais aussi l'Italie (je n'ai pas regardé les références, je suis là pour les vins espagnol)
J'ai passé près de 45 minutes à discuter avec la jeune femme qui connaissait très bien la sélection est à bien cerné ma demande (pas compliqué en soi); me faire découvrir des vins/appellations/cépages que je connais absolument pas et qui ne soit pas marqués par le bois, dans un budget donné.

Au milieu des nombreuses informations distillées, elle m'a proposé de goûter un Jerez. Comment refuser!

Bodega Emilio Hidalgo, El tresillo, Amontillado, Jerez
servi dans un très joli et agréable verre
100% Palomino

A priori ce vin est un solera, élevé sous voile (pendant 10 ans?) qui a ensuite bénéficié d'une oxydation au contact de l'air. Si des spécialistes du Jerez passent par là pour apporter des précisions sur l'élaboration de l'amontillado, je suis preneur.

Robe or brillante
Nez oxydatif très élégant sur les fruits secs
Bouche étonnante car à la fois grasse et sèche, avec un beau volume. C'est très long et sapide en bouche, il m'est resté un moment après avoir quitté la vinoteca. J'ai eu une furieuse envie de m'envoyer un poulet au vin jaunes et morilles à la dégustation de ce vin.

A peine rentré de Burgos, un plouf et on ouvre une première bouteille du carton, je commence par l'un des coups de coeur de la caviste.

Luis Anxo Rodriguez Vazquez, D.O. Ribeiro, Eidos Ermos 2017
Caiño, ferrol et brancellao, jeunes vignes sur sols granitiques, élevé en cuve inox.
10€ caviste

Robe pourpre très légèrement trouble
Nez assez rapidement envoûtant avec ses épices, ses fruits rouges écrasées et de magnifiques notes de rose.
La bouche est douce, fluide et facile, terriblement agréable de gouleyance, la finale qui s'exprime sur les notes du nez est de persistance moyenne. Ce canon est un petit délice et je serais curieux de faire un test à l'aveugle en verre opaque face domaine des tours, le nez m'a complètement évoqué la fameuse "galaxie Reynaud"
Petit coup de coeur pour moi aussi en tout cas.

Lorsque la caviste m'a présenté le vin suivant; elle me l'a décrit comme une petite rareté, "ça vous n'en trouverez pas tous les jours", notamment dû au fait que le vin soit issu d'un cépage peu rencontré; le Morenillo

Bodegas Bernabeleva, Madrid D.O., La Cuartilla 2016
Morenillo majoritaire et Carinena, 7 mois de vieux fûts de différentes capacités
12€ env. caviste

Robe rubis framboise assez mâte
Nez terreux, épicé, de petits fruits rouges et de légères notes animales
Bouche qui réussit à combiner la légèreté avec une sorte de rusticité, certainement par ce petit côté animal qui persiste en finale, mais associé aux épices, qui lui donne de la personnalité. L'astringence est mineure et la matière assez maigre mais ce vin a des choses à raconter et me plait. D'ailleurs, le coef de torchabilité est plutôt élevé.
Le soir, les notes animales ont disparu mais le vin a perdu de son éclat.

Les autres vins du carton ont rejoint la cave et seront ouverts prochainement.

Codorníu Anna Cava Brut Nature
Chardonnay majoritaire, Macabeo et autres
9€ env. GD

Je n'avais encore jamais goûté de Cava.
Robe légèrement paille
Nez qui ne livre pas grand chose, un peu de pomme à l'aération.
Bouche à la bulle nerveuse en attaque,milieu de bouche plus ample et une finale saline assez bienvenue. le vin offre des saveurs boisées discrètes.
Une bulle apéritive, simple et honnête

Bodegas Fariña, Toro, Primero de Fariña 2018
100% Tinta de Toro en macération carbonique
14€ au resto

Robe violacée marquant le verre
Nez fruité sur la cerise notamment, de bonbon un peu, l'aération lui donne des notes surprenantes de gâteau apéro soufflé au bacon
Bouche construite sur une colonne amère fine mais présente de bout en bout, la structure est lisse, la finale est peu intense et assez courte mais fruitée.
Un vin qui se boit assez facilement malgré un petit manque de fraîcheur

Martin Codax, Mara Martin, Monterrei D.O. 2018
100% Godello originaire du sud de la Galice à la frontière avec le Portugal, élevé 3 mois en cuve inox
8€ env épicerie

Robe pâle
Nez expressif sur les fruits blancs, un nez qui poire à donf
Bouche ronde et légèrement grasse en attaque, au volume moyen, rapidement mise en tension par une acidité apportant toute la fraîcheur attendue, la finale se veut plus saline que fruitée relativement courte.
L'accord n'est pas transcendant avec les spaghettis/ragoût de seiche mais le vin se boit plutôt bien.

Je note que les vins blancs que je déguste années après années ne sont quasiment jamais dépourvus de fraîcheur, et qu'il est plus délicat de trouver chaussure à mon pied pour les rouges, à moins de bénéficier de conseils avisés.

Voilà, merci aux courageux de m'avoir lu.

Sébastien
#1
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Yves Zermatten, oliv, Olivier Mottard, tht, Eric B, LADIDE78, bibi64, Raboso del Piave DOC, sly14, DUROCHER, tomy63, Frisette, jd-krasaki, the_ej, Cristobal, ysildur, adri3n, Kiravi

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 2198
  • Remerciements reçus 1223

jd-krasaki a répondu au sujet : Une balade ibérique...

Merci pour cette belle série !

Pour les explications sur la famille des jerez il y a ce fil bien documenté : www.lapassionduvin.c...

L'amontillado démarre son élevage comme un fino (ou manzanilla) mais il est ensuite re-fortifié à 17°, la flor est tuée, et il termine son élevage (toujours en soléra) de manière oxydative.

JD | Lutèce
#2
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: sebus

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 82938
  • Remerciements reçus 8503

oliv a répondu au sujet : Une balade ibérique...

Merci pour la balade, Seb et pour ce superbe compte rendu ! (tu)
#3

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 1953
  • Remerciements reçus 886

DUROCHER a répondu au sujet : Une balade ibérique...

Comme on disait dans mon job,on en recause en réunion;;) Merci Seb
Bernard
#4

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 1073
  • Remerciements reçus 1178

sebus a répondu au sujet : Une balade ibérique... Episode Deux

Une balade ibérique...Episode Deux

Elles se sont faites désirées, ces vacances ! Pourra-t'y, pourra t'y pas? On évite de se projeter afin de ne pas être déçu, et pour finir, ce fut bon ! Avec son lot de belles découvertes bacchiques ! Vamos !

Deux vins pour se faire le palais !

Vina Zoraya, Rueda, Verdejo 2019

Robe pâle
Le nez est mûre, il y a du citron confit, des fruits jaunes et un côté élevage. À l'aveugle, je serais parti sur un Chardo du mâconnais bien mûr.
La bouche est plutôt large et ample, je ressens une richesse alcoolique, les amers finaux sont soutenus. Ce n'est pas très long.
Pas ma came.


Bodegas Olarra, Rioja, Reciente Reserva 2015
93% Tempranillo y 7% Mazuelo y Garnacha
16 mois de fûts


Robe sombre 
Le nez est expressif boisé/vanillé/et lacté fruits rouges.
La bouche est ronde et crémeuse, les tanins sont fondus, la longueur est belle mais sur cette aromatique marquée par l'élevage qui n'est vraiment pas mon style, mais rien à dire, c'est bien fait pour qui aime ce type de vins.


Cet été, je m'étais fixé deux objectifs. Le premier était de découvrir la totalité de la gamme de Luis Anxo Rodriguez Vazquez, suite à mon coup de cœur pour son entrée de gamme rouge, Eidos Ermos 2017, rencontré l'an passé. Le second était de faire découvrir aux familles et amis un PX Gran Reserva de Toro Albala.

Pour satisfaire le premier objectif et comme il y a encore un sacré bout de route pour se rendre à Arnoïa en Galice depuis la Cantabrie, j'ai pris contact avec Luis Anxo Rodríguez, qui m'a mis en relation avec son distributeur, qui n'est autre que El Lagar, le caviste que j'ai découvert l'an dernier à Burgos et que je recommande chaudement ! Qui m'a donc renvoyé vers l'unique vinoteca proposant ces vins en Cantabrie ; La Ruta del Vino à Santander.

Je vous en cause deux secondes, car lorsque je rentre chez ce caviste ibérique; et que j'aperçois que sont proposés les vins de Ganevat, de Selosse, Vouette et Sorbée, Dhondt Grellet, Lassaigne.... j'ai tous les voyants qui se mettent à clignoter et je me dis que vu la sélection cocorico, la sélection ibérique doit pas être dégueu ! J'apprends que le fondateur de la cave est français, champenois de surcroît, ce qui doit expliquer les belles références de la région....
Atilano, le caviste qui me reçoit, a pris le temps d'échanger longuement avec moi et a bien cerné mon idée, seules 2 cuvées de Luis Anxo sont dispos mais il peut m'obtenir le reste une semaine plus tard, (Oh nooon, il va falloir revenir...:whistle: ) en attendant il me fait une petite sélection éclectique.

Goûtons !

Des infos glanées sur l'internet, Luis Anxo Rodriguez Vazquez est un vigneron qui gère un domaine d'environ 3 hectares, sur Arnoïa en appellation Ribeiro (Galice) et vinifie des raisins issus de cépages autochnones sur une trentaine de parcelles environ.

Luis Anxo Rodriguez Vazquez, Ribeiro, A torna dos pasas 2017
40% Brancellao, 20% Caiño Longo, 20% Caiño Redondo, 20% Ferrol
Vignes de 10 à 20 ans, sur sols granitiques décomposés (appelé localement Sabrego)
12 mois de fûts (pas neufs)


Robe grenat
Le nez est expressif sur les fruits rouges frais, un côté fruité acidulé, une touche florale et un brin d'épices 
La bouche propose un toucher confortable, en son milieu une sensation bien saline vient apporter du peps et de la fraicheur à un ensemble qui n'en manque pas, jusqu'en finale où l'on perçoit la trame tannique fine, qui se fait fruitée et saline sur une jolie longueur. 
On a affaire à un vin digeste mais avec du fond. C'est très bon. 
Le lendemain le nez est plus "noir", plus épicé, le vin est moins salin et semble plus puissant ; l'accord fonctionne bien avec le cordero asado mais je l'ai préfèré le soir de l'ouverture.


Luis Anxo Rodriguez Vazquez, Ribeiro, Vina Martin Os Pasas 2017
Treixadura, Torrontés, Albariño y Lado
Vignes de 10 à 25 ans, sur Sabrego)
Elevé en cuve 10 à12 mois sur lies


Robe pâle et brillante
A l'ouverture le nez est fin, offrant des notes beurrées et de vanille et qui laisseront rapidement place à des notes iodées, puis du caillou, une pointe de fenouil, des notes de fruits blancs. L'ensemble apparaît frais et pur.
La bouche propose une douceur d'attaque au gras très fin, son milieu délivre un bel équilibre entre ampleur et "minéralité", mais c'est la finale qui impressionne, elle est explosive et puissante elle déploie une matière minérale domptée par de nobles amers qui portent très longuement le vin. La persistance est assez bluffante.

Nom dèdjiou! Ça secoue, mais c'est pas taillé pour l'apéro c'canon là! Paraît qu'y'a du poulpe le lendemain midi...
A midi donc, le nez s'est posé sur un registre minéral, peut être moins complexe mais frais. En bouche, les amers se sont assagis, le vin fait moins " rentre dans l'lard" mais possède cette énergie en finale que je trouve redoutable, avec toujours cette belle longueur. J'aime beaucoup et le coef de torchabilité m'apparaît élevé.


Puis vient mon coup de cœur de l'été, je vous en touche un mot rapide. Atilano m'a dit; "Ça c'est fantastique, petit vignoble géré par un vigneron passionné, un magicien du Grenache , travail parcellaire; vieilles vignes de Grenache pour les rouges et d'Albillo Real pour les blancs. Sur des terroirs extraordinaires d'altitude, peu interventionniste mais des vins stables, qui voyagent bien, Daniel Ramos c'est quelque chose comme 20000 bouteilles 17 cuvées... Il faut goûter !

Daniel Ramos, Finca Zerberos, Vino de la Sierra de Castilla y Leon A+P 2014
100% Grenache, vin issu de l'assemblage de deux parcelles différents.
L'Arena, sols de sables granitiques et le Pizarra, sols d'ardoise : A+P.
Fermentation spontanée en Tinajas (jarres) et 14 mois de fûts


Ouvert dans la nuit pour le déjeuner, sur les conseils avisés du caviste
La robe est déjà une invitation, œil de perdrix aux reflets orangés
Le nez expressif et complexe; des fruits rouges; fraise macérée, de la prune, du cuir, une note de figue, quelque chose qui m'évoque des herbes (médicinales). J'ai l'impression de n'avoir jamais rencontré ce type de nez, un peu déroutant mais très beau. La première partie de bouche est souple, fruitée et donne une sensation de finesse et de légèreté, mais que nenni, il y a du vin, et du bon, en deuxième partie de bouche, il prend son envol avec une juste acidité qui tient une matière encore légèrement astringente (l'aération prolongée en a gommé une bonne partie), équilibrant les 14,5° perceptibles mais sans excès et qu'on oublie facilement tant la finale se fait (très) longue et sapide.
Waouh! Coup de coeur! Ma compagne est sous le charme également. 


Un nouvel objectif vient de se greffer au deux premiers. :oops:

Viejo Campo, Rioja Crianza 2016
Tempranillo,  Grenache,  Mazuelo
12 mois de futs


Robe grenat 
Le nez est élevé, sur une dominante de crème brûlée et de caramel, derrière, des fruits rouges 
Bouche à la matière souple et sans aspérités, on retrouve cette aromatique caramel et pâtissière en finale moyenne à longue. Le fruit arrive toutefois à percer.
Encore une fois, un style moins à mon goût, mais si je devais choisir entre une aromatique lactée et pâtissière, la dernière a plutôt mes faveurs.


Le vin suivant est bu chez Cachupin, Restaurant à la cuisine simple mais efficace, aux cuissons justes, mais méfiance, le chef a parfois la main lourde sur le pimiento !
Unsi, Navarra, Terrazas Tinto 2014
Garnacha de Montaña, issus de differentes parcelles en terrasse
élevé 6 mois en fûts français


Robe grenat sombre au disque débutant son évolution
Le nez est discret mais agréable de champignon de Paris, de fruits noirs mêlés à ce qui l'évoque des herbes du sud.
Bouche à la relative souplesse toute relative, elle laisse percevoir plus d'intensité aromatique qu'au nez, la finale est légèrement astringente ( et encore moins en fin de repas), ce n'est pas très long mais c'est bon.


Bodegas Quinta da Muradella, Monterrei, Alanda, 2016
assemblage de Mencia, Bastardo, Tinto Fino
élevé 13 mois en fûts


Robe carmin assez transparente
Le nez est évolutif mais qu'il faut aller chercher, se succèdent des notes fumées, minérales/graphite, un peu poivré, puis un côté sanguin/viande crue, un peu de volatile? très peu de fruit perçu.
La bouche est construite sur une matière souple, à l'acidité affirmée, je retrouve le côté minéral et viandeux mais le vin n'est pas très savoureux, ni long, la finale est légèrement astringente.
Je ne suis pas emballé le midi, et le soir, c'est carrément une déception, le vin est complètement éteint aromatiquement et la bouche est assez ennuyeuse, même avec cette acidité plutôt mordante qui n'apporte pas de plaisir. Même constat le lendemain midi.
J'en attendais clairement plus, d'une part vis à vis du tarif et d'autre part du fait de l'enthousiasme du caviste, qui souhaitait savoir ce que j'en pensais. Quand je lui ai relaté la dégustation, il m'a dit que cela ne devrait pas goûter comme ça. A revoir.


Bodega Forjas del Salnés, Rodrigo Mendez, Rias Baïxas, Cies 2019
100% Albarino, Vignes 55-65 ans, sol sableux et granitiques
élevé 12 mois, moitié fûts, moitié cuve


Robe pâle et brillante
Le nez est expressif et très frais, des fruits blancs, du citron, des notes salines, puis à l'aération une agréable mais discrète senteur de fumé (type andouille)
La bouche surprend: une attaque à la fois perlante et presque sucrée, cette sensation de sucre persistera jusqu'en fin de bouche mais rapidement elle est équilibrée par une tension citronnée qui met un coup de fouet en bouche sans être agressif (genre « je vais t'en coller une, mais j'me permets poliment de t'avertir »), la finale est presque crayeuse et citronnée, assez longue, c'est frais et c'est bien bon! Même ma moitié aime, ce qui m'a surpris, j'aurais pas misé sur un Albarino pour lui faire plaisir...
Accord correct sur des linguine sauce crémée au fromage frais et courgettes, et vraiment pas mal sur un Manchego
Le lendemain, le nez a perdu un peu d'intensité aromatique et se fait plus minéral. La bouche est un vrai jus de caillou à la finale citrique. Madame décroche (logique...), moi, j'adhère toujours. Toujours aussi bon avec le fromages. 
Un vin qui ne plaira pas à tous, il faut être amateur de jus traçant, par chance, c'est mon cas, et surtout le placer à table.


Mar de Frades Rias Baïxas, 2019
100% Albarino
5 mois sur lies en cuve


Robe claire
Le nez est ouvert, citronné, sur les fleurs blanches, et des notes un peu anisées/fenouillées, c'est frais.
La bouche est fraîche aussi, plutôt droite mais manquant de relief et de matière comparativement au vin précédent, la finale se fait fraîche, saline et citronnée. Un bon vin plus consensuel à mon avis, qui offre un accord honnête avec les noix de Pétoncles 
A l'aveugle, à tous les coups j'aurais annoncé Muscadet...


Clos Lentiscus Sumoll Reserva Familia Blanc de Noirs, D.O Penedès 2016
100% Sumoll en méthode traditionnelle

Robe orangée claire à la bulle quasi invisible
Le nez est fermentaire, de fruits rouges et une note plus rustique, l'ensemble m'évoque un univers nature non déviant
Bouche agréable, les bulles sont fines et peu nombreuses, j'ai l'impression que le vin possède quelques sucres, ce qui me surprend pour un brut nature (qui sont dans mon esprit et de ce que j'ai pu goûter, secs) Finale rustique sur fruits rouges.
Ça se glougloute facilement, une bulle sympathique.


Le vin suivant est proposé pour le plat d'anniversaire de mon fils. Mai j'ai l'impression que Papa a reçu un cadeau aussi. Pour la première fois de ma vie, l'amateur de champignons que je suis va découvrir la fameuse Amanite des Césars, dégotée au marché le matin même, pour accompagner la Chuleta de Vaca Maturada. Il fallait aller jusqu'en Espagne pour que cela arrive !
Daniel Ramos, Finca Zerberos, Vino de la Sierra de Castilla y Leon El Berraco 2008
100% Grenache sur la commune d'El Berraco
24 mois en barriques, non filtré
1056 bouteilles produites


J'ouvre la bouteille (acheté 2h avant) avant de me mettre en cuisine, pour aérer le vin qui devrait en avoir besoin. Effectivement, ça cause au nez et en bouche, mais la finale sèche sacrément. J'opte donc pour un double carafage maison; je transvase dans une bouteille vide (de Daniel Ramos, restons sérieux), puis je renvoie le vin dans la bouteille d'origine. 1h30 après:

Robe sombre au disque évolué
Le nez est intense, profond et noir, des arômes torréfiés de café et de chocolat, des fruits noirs compotés.
La bouche possède une matière charnue et soyeuse, on sent une belle puissance mais mesurée, c'est très sapide, rappelant le nez, le double carafage a fait son effet et la finale ne sèche plus (certainement aidé aussi par le fait que l'on mange avec) c'est long. Un style complètement différent d'A+P mais qui me plait beaucoup et qui porte bien son nom El Berraco signifierait énorme cochon ou taureau. La tablée apprécie également (des « C'est bon, ça ! » fusent) et l'accord avec le boeuf et les champignons est juste magique (même si j'ai chié raté ma cuisson des côtes, comprenez le stade du saignant a été dépassé, elles n'en demeuraient pas moins délicieuses!)


Le voiçi le fameux Don PX qui viendra clore ce repas d'anniversaire!

Bodegas Toro Albala, Montilla Moriles, Don PX Gran Reserva 1988
100% Perdo Ximenez

Robe noire, épaisse et teintant les parois du verres
Le nez est intense et génial qui délivre méli mélo, du café froid, de chocolat, de fruits secs figues, dattes et pruneaux
La bouche est toujours aussi impressionnante avec cette densité, cette glycérine, le sucre est massif (+ de 400g/l) et pourtant, l'équilibre est là, de l'acidité, il y en a. La finale est sacrément longue et sapide. J'aime décidément beaucoup ce vin, à consommer à dose homéopathique.
Evidemment, le vin produit sont petit effet autour de la table, et est apprécié.


Bodegas Cuatro Rayas, Rueda, Nave Sur 2019
100% Verdejo

Robe pâle
Un nez classico de fruits blancs, de citron et de notes salines 
La bouche est fraîche, à la matière légère et fruitée, la finale est plus citronnée et saline. Plutôt simple mais efficace.
Accord correct sur le turbot, qui mériterait un vin avec plus de matière/complexité aromatique.


Un pirate qui se glisse dans le line up ibérique!

Château de Barbe, Chapelle de Barbe, Bordeaux Supérieur 1998

Robe évoluée et brillante
Joli nez de notes chocolatées, de menthol et d'assez intenses arômes miellés; c'est étonnant c'est la première fois que je ressens du miel dans un rouge.
La bouche est suave et équilibrée, plutôt sapide, l'acidité est juste et la longueur est moyenne. C'est bon, le vin fait plus jeune que son âge, bien qu'on sente que le temps l'a patiné.
Une vraie bonne surprise et du plaisir avec cette bouteille, qui a été acheté aux enchères, une fortune si j'ai bien compris ;) , et que l'on attend pas à ce niveau. 


Après deux chouettes découvertes en rouge, on essaye un blanc !

Daniel Ramos, Finca Zerberos, El Berrakin Blanco 2019
100% Jaen issu de 2 fermes de Sotillo de la Adrada
élevage environ 5 mois en cuve inox et fûts

 
Robe or/ambré qui ne met pas en confiance vu l'âge du vin mais comme je ne connais pas du tout ce cépage Jaen, ni la méthode de vinification, voyons voir...
Le nez est complètement mutique, de très poussives notes de confitures de mirabelles peut être mais....
La bouche ne m'en dis pas plus, c'est plat et aucune aromatique ne semble se dégager de ce vin...Boooon. On remets au frigo on verra plus tard
J'y reviendrai seulement 2 jours plus tard et là le verdict tombe; c'est bel et bien oxydé, j'en sers un verre à a douce qui me dit « tu m'as servi un cidre des asturies ?! » c'est vrai que ça y ressemble ; nez de cidre bouche sèche et âpre. A revoir.
Photo effacé par un minus...


Remplaçant siouplè!

Luis Anxo Rodriguez Vazquez, Ribeiro, Eidos Ermos Blanco 2018
Treixadura, Albariño, Lado et Torrontés
Vignes de 5 à 15 ans, sur Sabrego)
Elevé en cuve 8 mois sur lies


Robe pâle
Le nez réduit sur le pétard. Derrière on sent de la fraîcheur
Bouche sapide d'emblée, ça pétarade, la matière est droite, l'acidité vibrante et juste parfaite pour une finale saline et crayeuse, presque astringente et longue, les amers sont hyper fins et intégrés. 
C'est l'entrée de gamme, ça??? Bluffé, je suis. 
Bu à table sur du poulpe, une heure après, dans un verre grand et plus ouvert, moins adapté, la réduction s'est largement dissipé, le nez est plus discret, frais, salin et des notes citron vert. Le vin semble plus civilisé qu'à l'ouverture,  moins démonstratif, c'est un joli vin frais et salin, équilibré, mais qui m'a procuré plus de sensation à l'ouverture. J'aurais aimé leur goûter dans le même verre également, et je n'aurai pas le loisir de pouvoir le regoûter par la suite la bouteille sera vidée sans moi.
L'accord fonctionne avec le pulpo.


Je ne m'en lasse pas...

Hachon, Rueda Verdejo 2019
Je vais faire rapide, ce vin ne m'a pas plu
Aromatique classique de fruit blanc, et d'une sensation éthérée, que la bouche confirme par son déséquilibre sur l'alcool, et une acidité finale un peu agressive. Je passe...


Finca la Cruz, Ribera del Duero, Reserva 2016
100% Tempranillo
Robe sombre aux reflets violines
Un nez fardé boisé vanillé, un chaouia lacté, des fruits rouges
Bouche au toucher légèrement crèmeux mais l'acidité est un peu haute et la finale râpeuse aux arômes répondant aux nez.
Pas emballé non plus et il écrase mes joues de cochon ibériques mijotées au cidre et miel locaux.


On termine par un rouge de :

Daniel Ramos, Finca Zerberos, Vino tinto de Gredos, El Berrakin 2019
entré de gamme du domaine
100% de jeunes Grenache (40 ans?) élevé en cuve inox.

Robe grenat plutôt transparente
Le nez s'ouvre gentiment sur des fruits rouges, cerise, groseille, le poivre et une légère volatile
L'attaque est douce, la matière est assez légère, mais qui monte dans les tours en terme d'alcool et d'acidité en fin de bouche accompagné d'une astringence marquée, l'aromatique n'est pas aussi expressive qu'au nez. Tout ceci appelle la table, plutôt que l'apéro. C'est assez bon, le vin plaît et la bouteille est quasiment vide en fin de repas il doit rester un verre (différentes salades végétariennes et fromages), cependant j'aurais souhaité plus de fruit sur cette cuvée d'entrée de gamme qui ne masque pas ses 14,5°.
J'ai regoûté le reste de la bouteille 2 jours aprés le fruit était nettement plus présent mais plus mât.


Il semble, sur la seule base des 3 rouges dégustés, que ces vins ont besoin d'air pour s'exprimer pleinement.

Ayé, c'est fini, désolé pour les données techniques manquant de précisions.
Je repars très enthousiaste de ce séjour avec de belles découvertes à la clé et ai hâte de faire découvrir un ou deux trucs à mes breizhous, dès que ce sera possible...

Merci de m'avoir lu !

Sébastien
#5
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Yves Zermatten, Olivier_26, didierv, bertou, Moriendi, bibi64, Vaudésir, Nicoco, Oyaji-sama, Frisette, jd-krasaki, Damien72, ysildur, Kiravi, Ja

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 1162
  • Remerciements reçus 479

Nicoco a répondu au sujet : Une balade ibérique... Episode Deux

Sacrées vacances et sacrée série !

Je ne connaissais pas le double carafage maison :) - je le garde a l’esprit, ca peut toujours dépanner!
#6

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck