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La parenthèse enchantée (fêtes de fin d'année 2020)

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condorcet a créé le sujet : La parenthèse enchantée (fêtes de fin d'année 2020)

Le comité plus que restreint, le contexte pesant, le manque d'entrain promettaient des repas moroses. Il n'en fût rien.

Noël

CR: Champagne Victor Clicquot 1955 brut

L’angoisse et l’excitation de la terra incognita distillent une volupté inattendue dans un monde voué à la réclusion temporaire. Privé de pschit et de bulles, ce Champagne d'excellente présentation (niveau haute-épaule, capsule et muselet intacts) exhale des fragances très complexes de noisette, de noix de coco et d’amande. L’amertume de la bouche acidulée n’est pas compensée par un léger perlant qui pointe ça et là. Cependant la très longue finale laisse une très jolie sensation après ingestion : harmonie, grâce et raffinement y apportent une farandole des papilles aussi désarmante que délicate. La robe vieil or, le tertiaire dominant, la lie caramel rapprochent l’incursion des horizons d’un Haut-Lieu 1947. Un verre dégusté pour lui-même quelques heures après le dîner parachève ce bonheur gustatif. Le lendemain, il s'est montré tout aussi charmant.
Aussi inoubliable qu’unique.

CR: Châteauneuf-du-Pape Beaurenard "Grand Partita" 2015

Bien aéré et rafraîchi afin que l'infanticide ne soit pas rédhibitoire, ce Châteauneuf composé des treize cépages de l'appellation se révèle par petites touches, la corpulence de l'ensemble étant tempérée au fur et à mesure de l'oxygénation par plus de rondeur, l'expressivité du nez de fruits rouges rejoignant alors une élégance de bon aloi. A attendre sans hâte.

Nouvel an

CR: Krug Grande Cuvée 163e édition.

De la bulle (très fine) au bouquet, ce Champagne qui rassemble des vins de 142 parcelles et 12 années comprises entre 1990 et 2007 exhale le raffinement. Le nez très floral d'aubépine, de miel, d'acacia d'une grande distinction mêle complexité et délicatesse. Servi à différentes températures et divers moments du dîner comme du déjeuner, il offre une réplique courtoise aux plats de crustacés comme au tiramisu'. Distillerait-il un ennui poli comme une antienne du "charme discret de la bourgeoisie" ? La robe or pâle, les bulles en lente lévitation ne sauraient incliner dans cette voie. La tension en bouche, l'allonge et une finale appréciable plongent au contraire le dégustateur dans un extase profond, prolongé et répété. Une estampe japonaise !

CR: Cave du Val Clos, "Chatel du Roy" (Châteauneuf-du-Pape) 1933

Parfois les mots se figent et l'instant vous pénètre. A rebours d'une robe rubis pelure d'oignon et d'un nez peu disert, l'attaque est franche, nette, incisive, envahit le palais, redouble d'intensité encore et encore. Une température de service à 16° tempère la fougue et souligne le l'onctuosité, la souplesse de l'ensemble. Le mariage avec un filet de veau est alors divin. Si la nostalgie d'un soir d'été dans la garrigue vous gagne, alors il suffit de s'abandonner, les yeux clos, le palais immergé et roulant quelques lampées. Le vin d'une vie.
Comment expliquer ce prodige ? Le flacon est de bon niveau (3 cm sous le bouchon quant à lui imbibé aux 4/5), la capsule intacte.
#1
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