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Beau repas avec de magnifiques vins chez un ami

  • jean-luc javaux
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jean-luc javaux a créé le sujet : Beau repas avec de magnifiques vins chez un ami

On se retrouve, accompagnés de nos épouses, avec Pierre (Peterka) et Philippe (Ketelslegers) chez Daniel dans l' Ardenne liégeoise profonde.
Simonne se chargera en cette belle après-midi des beaux plats tandis que Daniel effectuera les allers-retours vers la cave, signes de sa grande condition physique...
Etant le seul à prendre des notes, ce compte-rendu est un condensé des idées et expressions de ressenti des trois vieux potes de LPV-BW...
Pierre et Philippe viendront bien corriger mes approximations...;)
Tout est servi à l'aveugle.

On commence l'apéritif sur la terrasse:

1-- Champagne Françoise Bedel, l'Âme de la Terre, brut 2002.
14 ans sur lie, dégorgé en juin 2018; PN 42%, Chardonnay 36%, PM 22%.
La robe est jaune or, patinée quelque peu par l'évolution.
Le nez est très complexe, d'abord sur la pomme mûre, puis les agrumes, les épices et la brioche.
La bouche est ample, pleine, compacte, structurée, avec un côté cireux; c'est très vineux; on retrouve les agrumes, l'orange; c'est très salivant aussi.
Belle finale étirée par l'acidité et très bonne longueur pour ce très beau vin de Champagne.

2-- Champagne Egly-Ouriet, Blanc de Noirs, Grand Cru Brut (Vieille Vigne "Les Crayères")
Passage en cave: 60 mois. Dégorgement: juillet 2014.
Robe d'un jaune assez foncé, sur les tons cuivrés.
Bulles très fines, nez boisé, grillé, avec derrière quelques fruits rouges, de la framboise.
En bouche, c'est tout à fait différent du Champagne précédent. C'est très marqué par le fût (brûlage) , cela fait un peu maquillé.
Moins élégant que le Bedel, c'est très rond, plus large et plus puissant, mais aussi moins long.
Il y a cependant une belle tension et une belle finale sur la minéralité.
Certains ne manquent pas, à la tombée de la chaussette, de relever l'étrangeté de ce boisé qui nous a semblé si intense pour la maison. Très beau vin ceci dit.


On passe à l'intérieur pour le repas, la météo n'étant pas garantie au beau fixe.
Histoire d'aviner les verres, Daniel nous amène un vin blanc:

3-- Thibaud Boudignon, Anjou Blanc 2017.
Le nez n'est pas très expressif au début, sur le miel surtout, puis les fruits blancs à noyau, avec un côté floral, végétal, mentholé.
Bouche équilibrée; c'est pur, mûr, riche, et gagne en ampleur à l'aération; belle acidité d'agrumes sur la fin de bouche.
Daniel nous dit avoir trouvé les 2016 au-dessus, surtout plus tendus, plus droits.
En tout cas les verres étant prêts, on peut y aller...

On embraie sur deux vins blancs en accompagnement d' un bavarois de chicons aux crevettes grises, mousse safran.
On sait juste que les deux vins ont des points communs:

4-- Bernard Boisson-Vadot, Meursault-Genevrières 1er cru 2008.
Nez très grillé, sur le pétard (réduction? mais pas disparu au cours de la dégustation) l'allumette grillée.
En bouche, l'acidité est assez marquée, surtout au début, le tout s'équilibrant au fur et à mesure de la dégustation grâce à un petit côté bien mûr, "sucré".
On lui trouve plus de personnalité, avec ses notes de sésame ou de cacahuète grillés.
Il y a plus d'échanges avec celui-ci, avec des envies d'y revenir souvent pour comprendre.
Pour 38€ (à l'époque et d'après Daniel) c'est en tout cas un vin très intéressant.

5-- Domaine Rémi Jobard, Meursault 1er cru Les Genevrières 2008
Son compagnon de table est plus discret, voire plus austère au nez.
L'élevage est parfaitement intégré, c'est très homogène, avec une unité de style du début à la fin, très structuré en bouche par de superbes amers, rien qui dépasse, tout est bien en place.
Il y a une belle rondeur, sur les fruits secs, mais c'est plus neutre sur le plat et il n'y a pas autant de dynamique que dans le Boisson-Vadot, nettement plus olé-olé...
Mais en tout état de cause, deux vins encore très jeunes et confrontation très intéressante entre deux styles tout à fait différents. Genre classique/baroque... mais j'y connais encore moins en art qu'en vin... :D

Allez, il est l'heure d'aviner les verres au vin rouge, tout en se préparant la bouche:

6-- Château des Jacques, Moulin-à-Vent, Champ de Cour 2001
La robe est assez pâle et le disque évolué. Nombreuses et épaisses larmes.
Au nez, un peu de champignons, c'est fumé, lardé et quelques fruits rouges encore présents.
On relève que ce n'est plus tout jeune, un poil d'alcool accompagne des notes de tabac et de réglisse. C'est assez puissant, sans manquer de fraîcheur encore mais les tanins gâchent quelque peu la dégustation, la finale se révélant par ailleurs un peu rustique.
Autant vous dire qu'on a pas mal voyagé dans le Rhône Nord, voire la Bourgogne avant de s'arrêter en Beaujolais.

Bon! Si on mangeait... Filets de cailles, salade périgourdine, condiment aux poivrons.
Avec ce beau plat, un seul vin, mais magnifique:

7-- Michel Chapoutier, Ermitage "Le Méal" rouge 2000.
Nez très élégant sur les fruits noirs (cerise, mûre) le cuir noble et le fumé.
Terrible bouche; c'est fin mais puissant, serré, profond; des tanins de velours, superbement intégrés mais qui charpentent encore bien le vin, une maturité et une complexité parfaites avec des fruits noirs et rouges qui reviennent agrémenter la finale.
Très grande bouteille!

Pendant que la cuisinière s'affaire sur la suite, Daniel nous propose dans la foulée deux vins qui s'avéreront du même millésime :

8-- Domaine Denis Mortet, Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux-Saint-Jacques 2006
Un peu d'évolution sur le bord du disque.
Nez lardé, fumé, sur les fruits noirs (cerise) et rouges; un côté terreux aussi et quelques épices.
En bouche, des tanins gras et mûrs et belle finale persistante.
Le vin divise un peu; pendant que Pierre lui trouve un caractère sudiste tant dans la structure de ses tanins que dans sa propre aromatique, et pense qu'on est resté en Rhône Nord, Kéké attache plus d'importance à l'acidité et à l'alcool moins présent, prônant plus pour un Bourgogne.
Un vin à point en tout cas en ce qui me concerne.

9-- Tenuta San Leonardo, San Leonardo 2006
La robe est sombre.
Au nez c'est très mûr, avec d'abord une pointe d'alcool, des fruits noirs, également une touche florale, végétale, poivron.
En bouche, si c'est bien mûr, il y a une acidité certaine; c'est à la fois puissant mais fin, élégant. On retrouve les fruits noirs, le poivron rouge; les tanins, compacts, sont souples.
Un vin bien agréable et qui en a encore pas mal sous la pédale.
Merci à Daniel d'avoir ouvert cela en me disant que j'en avais en cave; il m'a fallu longtemps, ceci dit, pour y venir...

Les deux bouteilles qui suivent sont servies ensemble et ont été ouvertes la veille (comme plusieurs des autres d'ailleurs); parenté sur quelques points annoncée.

10-- Gaja Langhe Sori Tildin 2001
La robe fait encore assez jeune.
Nez de boîte à tabac, de pruneau, une note d'alcool, puis de pivoine.
C'est plus compoté que le voisin qui suit.
En bouche c'est plus évolué, plus avancé; cependant une belle fraîcheur mentholée, un côté végétal, anime le tout, avec des tanins très fins et un fruité épicé.
Cependant, les tanins se resserrent pas mal sur la fin de bouche et de plus en plus.
Pierre lui trouve les pieds bien sur terre.

11-- Poderi Aldo Conterno, Barolo Granbussia 2001
Le nez est bien ouvert, complexe, aérien, délicat, sur la rose, la cerise noire, les fruits rouges, le sel de céleri, les épices.
Bouche bien ronde, tout en douceur et délicatesse.
Le fruité est bien mûr mais c'est vraiment aérien (c'est le terme qui revient le plus) et avec beaucoup de personnalité, légèrement éthéré (déviance participant au plaisir?) .
Plus ample et plus expressif, et surtout délicat, que le Gaja, avec des tanins un peu plus verts (végétal). Très beau vin.

Et un combat, un! Deux vins de Côte de Nuits:

12-- Joseph Drouhin, Chambolle-Musigny 1er cru, Les Amoureuses 2008
(récolte du domaine)
La robe est très claire.
Nez complexe, très mûr, sur les écorces d'orange et la cerise à l'alcool.
En bouche, c'st fin, mais précis, riche et complexe.
Il y a plus d'acidité qu'on pouvait le supposer au nez, ce qui rend le vin d'une fraîcheur superlative. Aromatique sur l'orange amère, la viande fumée et finale sur de superbes amers.
Un très beau vin, étonnant par son millésime à la tombée de la chaussette.

12-- Sérafin père et fils, Charmes-Chambertin, Grand Cru 2002
Nez complexe, élégant, sur l'encens, le sous-bois, avec des nuances florales et kirschées.
La bouche est un peu en retrait par rapport au nez.
Le fait que cela ne se donne peut-être pas tout à fait n'empêche pas le vin d'être puissant, concentré et il ne manque certainement pas de classe.
C'est plus large que le Chambolle (ce qui ne surprendra pas grand monde...) il y a plus de fond mais cela reste sur la réserve. L'équilibre cependant magistral et la puissance certaine donnent quand même du plaisir, en laissant augurer d'un avenir assez radieux aux dégustateurs patients.
ps: un petit retour comparatif sur le Granbussia/Chambolle:
Ce Barolo est très élégant et on y revient avec le fond de verre du Chambolle.
Le bouquet du Barolo est plus complexe, plus intéressant.
S'il y a plus de fraîcheur et de buvabilité dans le Barolo, l'élégance reste du côté du Chambolle.

Avec le dessert on termine par

13-- Joh. Jos. Prüm, Wehlener Sonnenuhr Auslese 2004
Le premier nez est assez cousin avec le Boisson du début, niveau fumé et grillé.
En bouche, le vin est presque effervescent, tant il y a de CO2, une superbe douceur contrebalance bien l'acidité assez importante et l'aromatique passe sur le miel et une panoplie de fruits tels que rhubarbe, melon, abricot, pêche, et agrumes (citron vert, pamplemousse et orange...).
Très beau vin évidemment, très rafraîchissant.

Encore un tout grand merci à Simone et Daniel pour ces beaux moments d'amitié et leur générosité.
Merci au lecteur compréhensif et courageux.

jlj
#1
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oliv a répondu au sujet : Beau repas avec de magnifiques vins chez un ami

Mazette, ça, c'est de la sélection ! oo,
#2

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peterka a répondu au sujet : Beau repas avec de magnifiques vins chez un ami

Je n’ai pas grand-chose à ajouter au compte-rendu complet et précis de Jean-Luc, certes inspiré à six mains mais avec deux bien plus actives que les autres.
Quelques commentaires plus généraux et impressions toutes personnelles toutefois pour compléter ce qui a été (si bien) écrit.

1-- Champagne Françoise Bedel, l'Âme de la Terre, brut 2002.
2-- Champagne Egly-Ouriet, Blanc de Noirs, Grand Cru Brut


Pas de discussion en ce qui concerne les champagnes, le Bedel est un des plus beaux que j’ai eu la chance de déguster : le fond de vin est déjà très séduisant en lui-même, les bulles lui confèrent un côté aérien irrésistible. En revanche, Egly m’a fait penser à un bourgogne de Côte d’Or, assis sur son élevage opulent, auquel on aurait ajouté quelques bulles qui apparaissent somme toute assez incongrues en la circonstance.


3-- Thibaud Boudignon, Anjou Blanc 2017.
4-- Bernard Boisson-Vadot, Meursault-Genevrières 1er cru 2008.
5-- Domaine Rémi Jobard, Meursault 1er cru Les Genevrières 2008


Beaucoup apprécié la fraîche et (fausse) simplicité de l’anjou. Une bouteille, pleine d’évidence et de cohérence, à laquelle on a envie de revenir tant et plus. En revanche, j’ai moins aimé le style Boisson même je lui reconnaît une grosse personnalité et du dynamisme. En revanche, la côté classe du Jobard peut le desservir par comparaison avec son vis-à-vis « fou-fou », mais cela me convient mieux.


6-- Château des Jacques, Moulin-à-Vent, Champ de Cour 2001
7-- Michel Chapoutier, Ermitage "Le Méal" rouge 2000.
8-- Denis Mortet, Gevrey-Chambertin 1er cru Lavaux-Saint-Jacques 2006
9-- Tenuta San Leonardo, San Leonardo 2006


Cette première volée de rouges met en scène un grand vin : le Méal de Chapoutier suivi d’assez près par un San Leonardo à l’élégance affirmée grâce à une bouche charnue et fondante à la fois. Le Mortet ne correspond pas à l’idée que je me fais de la Bourgogne sur un beau terroir.

10-- Gaja Langhe Sori Tildin 2001
11-- Poderi Aldo Conterno, Barolo Granbussia 2001
12-- Joseph Drouhin, Chambolle-Musigny 1er cru, Les Amoureuses 2008
12-- Sérafin père et fils, Charmes-Chambertin, Grand Cru 2002


Deuxième volée de rouges sur le (et autour du) magret de canard.
Ici encore un grand vin et même deux car il est difficile de départager le Barolo Granbussia du Chambolle les Amoureuses, chacun proposant l’excellence dans des registres finalement pas si opposés que l’on pourrait l’imaginer. Le côté lisse du Gaja (où rien ne dépasse, avec un équilibre d’école – tannins exceptionnels - et une aromatique élégante mais sans surprise) le rend finalement moins séducteur et plus « convenu ». Etiquette découverte, c’est très bon, mais personnellement j’attendais autre chose d’une icône des Langhe. Quant à Charmes Chambertin de Serafin, c’est une très belle découverte mais il souffre malheureusement de la comparaison avec le Drouhin, tant au niveau de la complexité aromatique qu’à celui de la finesse d’expression (mais est-ce anormal au regard des différents terroirs ?).

13-- Joh. Jos. Prüm, Wehlener Sonnenuhr Auslese 2004
De mon côté, je n’ai pas remarqué de notes soufrées marquées dans le riesling de J.J. Prüm (alors que c’est souvent le souci avec ce domaine – en tout cas en vin jeune - ). Au contraire, c’était bien expressif et séducteur avec une bouche à la fraîcheur réjouissante. Très beau vin.

Pierre
#3
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Saintgraal41 a répondu au sujet : Beau repas avec de magnifiques vins chez un ami

Magnifique!!! Quand on a des amis comme ça il faut les garder
Pfff.... personne a repris la route après j espere ::turn:: ::turn:: ::turn::

Moelleux et oasis le meilleur coktail au monde LGx
#4

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  • jean-luc javaux
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jean-luc javaux a répondu au sujet : Beau repas avec de magnifiques vins chez un ami

Saintgraal41 écrit: Magnifique!!! Quand on a des amis comme ça il faut les garder
Pfff.... personne a repris la route après j espere ::turn:: ::turn:: ::turn::


Quand on a des amis comme ça il faut les garder
Quand l'amitié devient question d'intérêt, ce n'est plus de l'amitié... :)

personne n'a repris la route après j' espère
Forcément, nos trois épouses "bobettes" pour l'occasion * ont repris courageusement le volant ensuite.
Et à table, dans de telles dégustations, l'hôte ami place des crachoirs pour ceux que cela intéresse.

*en ce qui me concerne, j'avais, à l'époque, fait mettre cela dans mon contrat de mariage qui prévoyait déjà la stricte égalité de la répartition des tâches: je conduis pour aller et mon épouse pour le retour... B)
Et cela fonctionne très bien...

jlj
#5

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