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Dégustation de Champagne au journal Le Monde

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Jean-Loup Guerrin a créé le sujet : Dégustation de Champagne au journal Le Monde

Dégustation de Champagne au journal Le Monde

Mon frère, Michel Guerrin, a plusieurs casquettes au journal Le Monde mais l’une d’entre elles est d’être le rédacteur en chef et responsable des suppléments sur le vin du Monde. Il m’a ainsi proposé de participer à la dégustation annuelle qui prépare la partie très attendue sur les Champagne dans le supplément de fin d’année.
« Avec grand plaisir » ai-je répondu !
Je me suis donc retrouvé embarqué ce mardi 5 novembre dans une belle aventure…

5h45 Réveil
Je dois en effet prendre le train pour Paris… Cela se mérite, une telle journée !

9h30 Accueil par le frangin

9h45 Rencontre avec les pros de la dégustation de l’équipe du journal.
Laure Gasparotto, historienne à la base, a fait plusieurs métiers dans le vin, et même vigneronne (!), mais elle est journaliste avant tout, spécialisée dans le domaine du vin ; elle a écrit plusieurs bouquins et a collaboré avec Jean-Pierre Coffe.

Ophélie Neiman est elle aussi une journaliste spécialisée qui tenait le blog « MissGlouGlou », repris par lemonde.fr, et anime avec Antoine Gerbelle le web TV « Tellement Soif ».

10h C’est parti !
170 cuvées au total qui sont réparties par types de Champagne sur trois dégustateurs, avec Rémi qui nous rejoindra un peu plus tard.




De mon côté, j’ai le rôle facile : je déguste à l’aveugle également mais je picore de-ci de-là en me servant des bouteilles déjà goûtées par l’une ou l’autre. Et surtout je n’aurai pas la pression de devoir retenir une petite moitié de ce que je bois !
Au total je dégusterai 50 cuvées, seul le type de Champagne m’étant connu : Brut Nature, Extra Brut, Blanc de Blancs, Blanc de Noirs, BSA et millésimés. J’ai délaissé les rosés… Et pour quelques-uns cela s’est fait avec l’étiquette visible car découverte par le dégustateur après avoir fait sa sélection.




Mais j’en ai profité pour observer et écouter ! En effet l’ambiance m’a beaucoup plu : un savant mélange de professionnalisme et de détente. Chacune déguste ses séries en silence mais de temps en temps un commentaire fuse :
- « Je trouve que les Champagne évoluent vers des robes plus claires qu’auparavant. »
- « Oh que ça sent bon ! »
- « Cela sent la laque que ma grand-mère mettait sur ses cheveux ! »
- « Et pour celui-ci c’est plutôt le bretzel ! J’aime bien le bretzel mais pas dans un vin… »
Les échanges ne sont pas que verbaux et parfois l’une fait sentir voire goûter à l’autre (et à moi !) un coup de cœur, notamment lorsque le domaine ne lui est pas connu.

12h : une pause pour moi, pour me permettre d’assister à la conférence de rédaction
C’est là que se profile le journal qui paraîtra le lendemain, chaque service décrivant les sujets qu’il a l’intention d’aborder et le directeur de la rédaction donnant ses premiers arbitrages. Là encore la dualité professionnalisme – ambiance détendue me frappe, d’autant que nous sommes une petite dizaine, du journal ou pas, à assister en retrait aux échanges entre la vingtaine de personnes autour de la table. Le résultat est d’une efficacité remarquable grâce à la capacité de synthèse de chacun : la séance a duré 35 mn y compris un débat intéressant, avec beaucoup d’interventions, sur la teneur de l’édito !

12h40 : reprise de la dégustation
C’est l’occasion de faire la connaissance de Rémi, journaliste d’un autre service, qui est un dégustateur chevronné et passionné, venu prêter main-forte à notre duo de choc féminin.

13h : déjeuner sur le pouce
Nous avons droit à un plateau de sushis puis nous prenons un bon verre d’eau pour repartir sur de bonnes bases.
Mais cela a aussi été l’occasion de parler d’autre chose, de LPV par exemple. Il est intéressant de noter que certains de ces professionnels consultent LPV régulièrement pour connaître le ressenti d’amateurs éclairés et passionnés. Et d’éminents LPViens ont même été interviewés :
- Vougeot tout récemment dans le spécial « foire aux vins » du Monde.
- Jérôme Perez sur les arnaques dans le vin (notamment 1855).

La dégustation s’est ensuite terminée à des horaires variables selon les dégustateurs, pour moi vers 15h30 car j’avais pris mon temps… J’ai échangé avec chacun mes impressions sur les cuvées que j’avais trouvées au-dessus et nous nous retrouvions sur la même longueur d’onde, sauf dans un cas isolé…

Bon, vous voulez peut-être le résultat ? Il vous faudra acheter le supplément du Monde qui paraîtra le 9 décembre, daté du 10 décembre. ;)

Pour ma part j’ai beaucoup aimé le 7 bis, le 39, le 79, le 165 et le 166. ;) Mais il y en a beaucoup que j’ai appréciés. :) !

Quoi ? Cela ne vous suffit pas ?
Bon, avec l’aimable autorisation du journal Le Monde, voici quelques ressentis, sans assurer que vous retrouverez une cohérence avec ce qui sortira dans le journal, d’autant que je n’ai dégusté qu’un petit tiers des vins.


Billecart-Salmon – Extra Brut
Nez bien ouvert sur des arômes de fleurs blanches, complétés de fruits blancs et de fruits secs, ainsi que d’une touche briochée. Un beau nez !
Matière riche et dense en bouche encadrée par une belle structure, grande vivacité, bonne persistance jusqu’à une finale savoureuse. Un vin de forte personnalité à qui il ne manque qu’un peu pus de finesse pour être grand.
Très Bien (+)

Marcel Deheurles & Fils – Blanc de Blancs – Céleste
Nez très intense qui décline une gamme florale avec des fruits blancs et des fruits secs.
Belle matière en bouche, structurée par une acidité vertébrale et une bonne charpente, une élégance certaine, superbe finale longue et savoureuse.
Très Bien +

Moutard – Cuvée Richardot
Nez vraiment puissant dominé par des arômes floraux agrémentés de fruits blancs et d’une note de noisette.
Bouche alliant race, sapidité, finesse et énorme acidité qui lui procure une grande allonge.
Très Bien +(+)

Pierre Gimonnet & Fils – Cuvée Oenophile – Brut Nature – 2010
Nez peu intense mais d’une belle élégance sur de délicats arômes floraux.
Bouche traçante, tension d’un laser mais sans être agressive, la belle matière apportant suffisamment de confort, énorme persistance, finale gouteuse sur les fruits secs.
Très Bien +

Piollot Père & Fils – Colas Robin – 2014
Un 100 % Blanc de blancs pinot blanc ! (Edit : j'ai corrigé car sinon il n'y a pas de quoi s'exclamer…).
Nez d’une grande intensité axé sur les fruits jaunes, avec notamment de la mirabelle.
Bouche charpentée possédant une grosse matière bien fruitée, une belle acidité, une finale longue et savoureuse.
Très Bien (+)


Merci à tous pour le magnifique accueil ! Je me suis régalé et pas seulement en dégustation.
Je peux témoigner que grâce à Laure Gasparotto, Ophélie Neiman et Rémi, c’est de LOR que Le Monde détient ! :jump:


Jean-Loup
#1
Pièces jointes :
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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : Dégustation de Champagne au journal Le Monde

J'ai édité sur la composition du Piollot.
100 % pinot blanc, ce n'est pas si commun… et pourtant il y en avait un autre parmi les 170 cuvées.

Jean-Loup
#2

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