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Vive les vins de monocépage !

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Jean-Loup Guerrin a créé le sujet : Vive les vins de monocépage !

Quand j’ai concocté le programme de cette dégustation pour amateurs berruyers, j’ai recherché l’éclectisme… Mais ce n’est que quelques jours auparavant que je me suis rendu-compte que la plupart des vins ne comportaient qu’un seul cépage.
Ce sera donc le thème involontaire de cette dégustation, qui a eu lieu dimanche dernier dans le jardin, à l’ombre d’un arbre pour se protéger d’un soleil plus estival que printanier. La température extérieure ayant varié de 22 ° à 27 ° au cours de la dégustation, il m’a fallu jongler non seulement avec les mises en carafe mais aussi avec les rafraîchissements de celles-ci pour viser des températures de service adéquates, c’est-à-dire 2 à 3 ° en-dessous de la norme.
Ma tendre et douce s’était mise en cuisine dès la veille (pas toute la journée quand même !) pour assurer un beau succès : bravo et merci à elle ! oo,


Ruinart – Champagne – Blanc de blancs



Bouteille passée en carafe juste avant service, uniquement pour ne pas montrer la forme de la bouteille si caractéristique, dans un but de dégustation à l’aveugle.

La robe est bien claire.
Moyennement intense mais empreint d’une belle finesse, le nez développe une aromatique de fruits blancs et de brioche, complétée par une touche citronnée.
La bouche est toute en élégance, notamment grâce à la délicatesse de sa bulle et sa belle minéralité aux accents d’agrumes. La finale persistante est stimulée par une finale saline et teintée d’amers nobles.
Un joli Champagne d’apéritif pour un non millésimé : Très Bien (+)



L’accord est très réussi, comme attendu entre un blanc de blancs et les chouettes autant que traditionnelles galettes de pomme de terre : 4 / 5


Domaine Kientzler – Riesling – Grand Cru Geisberg – 2008



Bouteille carafée pendant une heure avant service.

La robe présente un or très marqué.
Le nez de grande intensité est finement pétrolé, finement car certains ne l’avaient pas noté à l’aveugle. Mais ce n’est pas plus mal car ce caractère apporte une belle complexité à un fond citronné et épicé.
Après une attaque légèrement grasse, voire confortable (présence de quelques faibles SR ?), on retrouve en bouche ces notes pétrolées, accompagnées d’une superbe tension qui étire longuement le vin jusqu’à une finale traçante.
J’ai beaucoup aimé ce vin : Très Bien ++



Ce flacon a été servi pour accompagner un très agréable petit pâté de poisson sauce safranée, suite à une mauvaise compréhension avec ma moitié ayant conduit à une inversion avec le plat suivant. Il s’est montré un agréable compagnon, la sauce safranée servant de lien aromatique alors que la texture du pâté était peut-être un peu riche : 2,5 / 5


Domaine François Chidaine – Vin de France (Vouvray) – Les Argiles – 2014



Sur le millésime 2014 j’avais mis un point d’honneur à n’acheter que des VDF (vous savez pourquoi VDF et pas Vouvray) chez Chidaine.
Bouteille carafée pendant une heure et demie avant service.

D’abord timide, le nez s’ouvre peu à peu en donnant une impression de légèreté et de pureté par ses arômes floraux et de tilleul, ainsi que de fruits jaunes peu marqués.
La bouche est très belle, à la fois plus ample, bien ronde, d’une acidité structurante mais en aucun cas mordante. La finale se prolonge longuement, en finesse et sapidité.
Donnant déjà bien du plaisir en bouche, ce vin est à attendre pour gagner en complexité : Très Bien (+)



De façon étonnante, l’accord se révèle très intéressant sur une flamme-küche, celle-ci faisant ressortir l’aromatique du vin : 3,5 / 5


Domaine des Malandes – Chablis Grand Cru – Les Clos – 2008



Bouteille carafée pendant deux heures avant service.

La robe affiche un or très soutenu.
D’entrée très intense, le nez papillonne entre miel, vanille, noisette, fruits jaunes et même exotiques. On ressent un élevage noble et assez appuyé.
En bouche, un beau gras tapisse le palais et une matière riche est affinée par une belle vivacité mais on ne ressent aucune minéralité pour rappeler l’origine du vin : on se croirait plutôt sur un bon Premier Cru de la Côte de Beaune… Seule la finale saline peut donner un petit indice.
Très Bien + mais j’attendais mieux.



Avec les coquilles Saint-Jacques au beurre vanillé, devenues un classique de la maison mais toujours aussi bonnes, le mariage est fort réussi, aussi bien en saveurs qu’en texture : 4,5 / 5


Domaine Pierre Amiot et Fils – Morey-Saint-Denis 1er cru – Les Ruchots – 2011



Bouteille ouverte et épaulée pendant deux heures et demie puis passée en carafe juste avant service.

La robe est normande : plus sombre que la moyenne des pinots noirs mais plus claire que la moyenne des vins rouges, ni encore jeune ni déjà évoluée…
Intense et élégant, le nez se montre très classique par ses arômes floraux et de cerise.
La bouche est équilibrée, d’un profil plutôt droit et dotée de tanins fins : c’est gourmand. La longue finale tendue fait tout de même ressortir une certaine verdeur expliquée par le millésime.
Un vin bien appétant : Très Bien (+)



Avec une terrine de porc aux noisettes qui joue aussi sur le registre de la finesse, l’accord est très bon : 4 / 5


Clos Rougeard – Saumur Champigny – Le Clos – 2010



Bouteille ouverte et épaulée pendant deux heures et demie puis passée en carafe une demi-heure.

La robe est sombre et plutôt jeune par ses reflets violacés.
D’une très belle intensité, le nez est tout simplement classieux et complexe. Un fruité pur de framboise, du poivre, des épices et un poivron bien mûr se combinent pour donner cette magnifique aromatique dont on a du mal à se détacher.
La bouche est dotée d’une élégance rare : sa pureté cristalline, son fruité très fin et gourmand et sa fraîcheur non dénuée de chair sont un ravissement. Quant à la finale, c’est un petit bijou de finesse !
Le vin de la dégustation : Excellent
L’accord avec la terrine fonctionne bien également mais ce vin est tellement bon qu’il faut le boire pour lui tout seul !
Nota : sur le fond de bouteille bu plus de 24 h après, le vin a perdu un peu de sa pureté mais pas de sa superbe.


Maison Guigal – Côte Rôtie – Brune et blonde – 2010



Bouteille ouverte et épaulée pendant deux heures et demie puis passée en carafe une petite heure.

La robe est sombre et dévoile encore quelques reflets de jeunesse.
Le nez très intense présente un spectre aromatique d’un classicisme d’école, conjuguant de beaux fruits noirs tels que la mûre, des épices douces et une touche de violette.
La bouche est très différente de celle du Clos Rougeard par sa charpente, la densité de sa chair et son manteau de tanins. Elle n’est cependant pas à l’opposé car sa matière mûre, sa bonne fraîcheur et sa finale savoureuse sont des points communs.
Un beau vin qui s’améliorera encore avec le temps en s’affinant : Très Bien +(+) en l’état



Les tanins s’adoucissent remarquablement sur une daube de bœuf provençale aux écorces d’orange et olives noires, l’accord aromatique avec les olives noires et les saveurs d’orange étant un autre secret de ce superbe accord : 4,5 / 5


Château de Pibarnon – Bandol – 2004



Bouteille ouverte et épaulée pendant trois heures puis passée en carafe une demi-heure.
C’est la première (petite) entorse au thème de la dégustation : en effet 10 % de grenache viennent s’assembler au mourvèdre.

La robe très sombre se teinte de quelques reflets tuilés annonçant un début d’évolution.
Intense, épanoui et complexe, le nez évoque une compote de fruits d’automne et du cuir, avec une émergence de précieuses notes florales.
La bouche donne une sensation de grand épanouissement, sur une matière fondue au très beau fruité secondaire, avec des nuances de sous-bois. La trame longiligne, sans manquer de densité, et le toucher très fin parachèvent ce beau travail.
Un excellent Bandol au sommet de son apogée : Très Bien ++



C’est avec la finesse du fromage de brebis que le vin se marie le mieux (3,5 / 5), plutôt qu’avec la puissance du comté (3 / 5).


Château Coutet – Barsac – 2002



Bouteille ouverte et épaulée pendant trois bonnes heures puis passée en carafe une demi-heure.
C’est la deuxième entorse au thème de la dégustation, 23 % de sauvignon et 2 % de muscadelle venant s’assembler au sémillon largement dominant.

La robe est très dense et très ambrée.
Le nez signale un botrytis pur, sur de l’abricot confit et du miel, avec une touche d’agrumes rafraichissante.
Tous les ingrédients d’un très beau Sauternes sont là : une belle liqueur sans trop de sucres (millésime oblige), une grande acidité, une bonne sapidité et une persistance respectable. La finale de bonne tenue est très salivante.
Très Bien +(+)



Le vin réussit un beau mariage avec des cannelés maison d’anthologie (5 / 5 pour son croustillant extérieur, son fondant intérieur et sa saveur !) car il gagne en tension : 4 / 5

C’est déjà fini et tous les convives ont le sourire, mais pas parce que c’est fini…
Vive les vins de monocépage, mais également vive les vins d’assemblage et surtout vive l’amitié ! :jump:
Jean-Loup
#1
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Luc Javaux a répondu au sujet : Vive les vins de monocépage !

Merci pour ces notes intéressantes.
Petite remarque tout de même, je vois une troisième entorse au thème, même si légère, il y a un peu de viognier dans la Brune et Blonde de Guigal... ;)


Luc
#2
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jean-luc javaux a répondu au sujet : Vive les vins de monocépage !

Merci et félicitations à vous deux Jean-Loup!
C'est toujours très agréable de lire les CR de belles bouteilles et de voir les beaux plats concoctés par Madame!
Pas de Mauzac, Rolle ou autre nielluciu ??? :whistle:

jlj
#3

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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : Vive les vins de monocépage !

Luc a écrit :

je vois une troisième entorse au thème, même si légère, il y a un peu de viognier dans la Brune et Blonde de Guigal...


Bien vu Luc ! Mais je ne l'ai pas ressenti à la dégustation... :whistle: ;)

Jean-Loup
#4

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Jean-Loup Guerrin a répondu au sujet : Vive les vins de monocépage !

Jean-Luc a écrit :

Pas de Mauzac, Rolle ou autre nielluciu


Eh non, sinon j'aurais mieux performé au championnat de la RVF...:dash:

Jean-Loup
#5

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