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Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (6)

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peterka a créé le sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis

Nous nous retrouvons le midi chez Jean-Luc et Annette avec l’un des champions du monde de dégustation (qui n’écrit pas sur LPV, cependant). Comme d’habitude, la table sera au moins au niveau d’un Bib Gourmand, si pas davantage.

CR:

Avec quelques excellentes charcuteries apéritives un premier vin effervescent est servi :
La robe est bien dorée.
D’emblée, on se trouve sans surprise face à un bouquet trahissant une belle maturité du fruit : abricot, fleurs jaunes, noisette grillée.
En bouche, la bulle est fine mais assez évanescente ; il y a du vin, de la rondeur et une note oxydative mais l’ensemble ne manque ni de fraîcheur ni de caractère. Longueur correcte sans plus pour ce champagne avenant et un peu joufflu qui m’a bien plu. Il s’agit d’un champagne Veuve Fourny 1ercru extra-brut « Cuvée R - l’Opulence », 90% chardonnay et 10% pinot noir. Assemblage de deux millésimes successifs par moitié sans indication d’années ni de date de dégorgement. Dosage en dessous des 4 gr.

Ensuite un second présente un joli nez, net et frais, sur les fleurs blanches, les agrumes (pamplemousse), le coing.
Très différente du Veuve Fourny, la bouche est ici plus dynamique, presque aérienne, mais avec une belle concentration qui confère du fond au vin. Jolie bulle pour soutenir le tout et belle persistance sur des amers de classe. Très beau champagne élégant et précis. Il s’agit du champagne Laherte blanc de blancs brut nature, 100% chardonnay. Dégorgement 05/2014.

Nous passons à table pour un entrée composée de noix de saint-jacques snackées et dos de cabillaud au beurre blanc safrané.

Le premier vin servi propose un nez séducteur tout en restant retenu sur les fleurs des champs, le citron confit et les herbes aromatiques. Par-dessus, quelques notes terpéniques discrètes suggèrent se suite le riesling aux dégustateurs.
La bouche associe parfaitement délicatesse et tension avec une colonne vertébrale toute en finesse axée sur une acidité fruitée qui tapisse la bouche. Belle longueur pour ce très beau riesling à point et accord parfait sur le plat. Il s’agit d’un riesling allemand de Rheinhessen : le (Westhofener) Kirchspiel Riesling Grosses Gewächs 2011 du domaine Wittmann.

Servi en parallèle, le second vin se distingue immédiatement par son bouquet dominé par une truffe insistante qui masque les senteurs sous-jacentes de mangue, de fruit blanc mûrs, d’amande fraîche et d’épices légères avec des nuances fugaces de fumée.
La bouche est savoureusement enrobée et fraîche avec beaucoup de fruit et un équilibre parfait. Le vin manque peut-être un tout petit peu de longueur, mais c’est « pinailler » car il s’agit d’une belle bouteille. L’accord fonctionne également dans un autre style plus terrien. Nous avons dans nos verres le Montlouis Les Bournais 2008 du domaine Chidaine.

Trois vins seront servis sur le plat principal : civet de chevreuil , girolles, poire aux airelles et purée de marrons.

Le premier exprime d’abord des senteurs marquées de clou de girofle et de champignons des bois puis cela évolue vers les fruits des bois, le pruneau et les épices avec quelques notes plus torréfiées (café).
La bouche est fondante mais solide avec des tanins gras très mûrs et une belle fraîcheur. La finale se déroule, persistante, sur un beau volume épicé. Le retour sur le chevreuil est juste parfait. Il s’agit du Châteauneuf du Pape 2007 du Domaine Bois de Boursan.

Servi en parallèle, le deuxième manifeste un bouquet expressif sur les fruits rouges, un peu d’encens et des senteurs évoluant entre fumée et goudron.
La bouche est compacte avec des tanins gras bien fondus. L’ensemble est équilibré et frais mais plutôt axé sur le volume et la matière que sur la finesse. Persistance correcte sans plus. Nous dégustons le Gevrey Chambertin 1er cru Lavaux Saint Jacques 2001 du Domaine Dugat-Py. Certes, difficile a priori d’y voir un pinot mais cela reste un beau vin malgré tout.

Le troisième est servi séparément
Il présente un bouquet d’abord assez éthéré sur l’encens, puis plus sauvage sur la ronce, les herbes aromatiques et les fruits rouges bien mûrs. Quelques notes sanguines complètent ce nez bien parfumé.
La bouche propose un beau fruit avec des tanins très fins qui accrochent encore un peu mais assurent la charpente nécessaire. On a du fond, beaucoup de fraîcheur et un équilibre impeccable tout en élégance. Belle finale salivante sans raideur. On reste en bourgogne avec un Pommard 1er cru les Epenots 2010 du domaine Parigot. Très belle bouteille et Pommard tout en finesse qui a curieusement des accents de Côte de Nuits.

Encore un grand merci à Jean-Luc et Annette pour leur accueil et ces beaux moment de partage et d’amitié.

Pierre
#1
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jean-luc javaux a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis


Juste deux ou trois mots car je n'ai pris aucune note (cuisine, service des vins...et manger obligent).

Pour les deux Champagne, le "R" des frères Fourny est plus sur la rondeur, c'est un beau vin de gastronomie, généreux, à attendre quelques années en cave que l'élevage soit parfaitement intégré. Belle longueur.
Le Laherte brut nature est plus vif, plus droit, tout en pureté et en délicatesse.
Deux vins intéressants, des dégustateurs partagés.

Les deux blancs étaient à point et bien en accord avec les St Jacques.
Le riesling, amené par Pierre, était assez vite identifié, tant le nez était typé, sur les hydrocarbures.
Un peu de gaz en début de dégustation, quelques fruits blancs une fois les notes minérales dissipées.
Bel équilibre et très belle longueur.
Les Bournais 2008, j'ai toujours bien aimé; c'était mon avant dernière bouteille et je pense que le vin est bien à point.
Je ne sais pas si c'est normal dans son évolution mais il ne m'avait jamais sorti la partition truffée avec une telle intensité. Et tout au long de la dégustation, s'il vous plaît.
Bouche tout en ampleur, finale avec une belle fraîcheur sur les agrumes.

Pour les rouges, le civet m'envoie généralement sur Châteauneuf; c'est quand même riche; comme il y a un peu de douceur (gelée de groseilles rouges et confiture d'airelles "maison" dans la sauce, en plus de la douceur de la purée de marrons) je trouve que le grenache est son ami.
Comme j'aime mettre deux vins en tête à tête sur les plats, je lui ai adjoint ce Lavaux-st-Jacques 2001 de Dugat-Py, histoire de voir et de faire de la place...
Il va sans dire que son austérité, ce côté poussiéreux que je trouve souvent au premier nez, sa moindre maturité, tout cela ne lui a pas rendu service sur ce plat où la richesse, la souplesse, les belles épices du Bois de Boursan trouvaient bien mieux leur terrain d'expression.
Histoire de redorer le blason du pinot, j'ai ouvert un Epenots 2010 de mon ami Régis.
Là, je savais que l'équilibre, la fraîcheur , le beau fruité feraient le travail en clôturant bien agréablement la dégustation, avant de prendre le fondant chocolat et crème anglaise, "maison" cela va de soi...

Merci les amis pour la présence.

jlj
#2
Pièces jointes :
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Delphinette a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis

Très jolie dégustation.
Je me rappelle d'un epenots 2003 de chez Parigot assez extraordinaire .
Riche,croquant avec des tannins suaves et une finale magnifique d'équilibre.
Bu sur une volaille contisée.
#3

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f.aubin a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis

superbe dégustation !!!
et je vois que les Bournais 2008 est toujours au sommet de sa forme...j'hésite à boire ma dernière...

LPVment,
Franck
#4

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (2)

Un grand merci à Philippe (keke57), officiant en cave, ainsi qu'à Nicole et Jean-Marie à la cuisine pour ce nouveau moment festif.

Tous les vins sont servis à l’aveugle et par triplette ou paire sur les plats puis sont dévoilés avant de passer à la séquence suivante. A l'apéritif, en revanche les trois champagne seront servis séparément, toujours à l'aveugle.
CR:
Mises en bouche

Champagne Veuve Fourny Brut 2008
100% chardonnay 1er cru. Vieilles vignes
Bouquet assez discret mais élégant sur la noisette fraîche, la craie, les fruits de la passion et le pamplemousse jaune avec une touche lactée (beurre frais). Le vin est sec à l’attaque, se poursuit de manière très linéaire comme un trait de pointe sèche avec une belle acidité fruitée. C’est frais et assez tendu avec un dosage tout à fait imperceptible. Longueur moyenne et fond de verre sur les fruits secs « verts ».

Champagne Marguet « Les Crayères » 2012 non dosé
72 % pinot noir et 28% chardonnay grand cru
Le nez se profile mûr et assez expressif sur l’abricot et la pomme au four avec des notes anisées et framboisées qui donne de la fraîcheur. Une petite pointe de boisé et de fumé ainsi qu’une délicate nuance oxydative complètent le tableau. En bouche, c’est rond et mûr, vineux, avec une belle maturité de fruit et une fin de bouche persistante avec de jolis amers discrets. C’est plus complexe que le Veuve Fourny mais le vin perd en élégance ce qu’il gagne en ampleur.

Champagne Dom Perignon « Oenothèque » 1996
Le premier nez fait grimacer tant les notes puissantes de grillé s’accompagnent de curieuses notes liégeuses à la limite du défaut (mais les dégustateurs sont partagés sur ce point). Le bouquet est démonstratif, boisé, très mûr avec des senteurs d’abricot, de pomme chaude et de silex marquées. En bouche, on ne retrouve heureusement pas ces nuances liégeuses, c’est à nouveau impressionnant de puissance et de richesse. C’est charnu, ample, avec une belle fraîcheur mais aussi un boisé marqué aux épices presque sucrées qui limitent le plaisir par manque de la finesse et de l’élégance qu’on attend normalement d’un champagne de ce niveau. Sans doute exceptionnel mais pas du tout le style que je préfère...



Foie gras maison

Domaine Huet Vouvray Demi-sec Le Mont 2002
Bouquet complexe et élégant mêlant fruits et agrumes mûrs (citron confit, zeste d’orange, poire de coing) aux senteurs plus végétales et épicées. Mais on décèle également des notes de safran, d’iode et de pierre chaude avec un peu d’élevage bien intégré. La bouche est ronde et bien fraîche derrière une attaque un peu doucereuse. L’ensemble est élégant et fin et impeccablement équilibré grâce à un sucre bien intégré. Bonne persistance sans plus et le vin se goûte mieux seul qu’avec le plat qui a tendance à niveler sa complexité pour s’accorder uniquement sur le côté doucereux.

Vasconcellos Porto Blanc 10 ans
Robe cuivrée et soutenue. Bouquet expressif de raisin de Corinthe, pruneau, fruits secs, réglisse et fumée. Petite impression oxydative qui fait partir sur une solera du sud de l’Espagne d’autant plus qu’il n’y a aucune impression marquée d’alcool. La bouche est suave sans lourdeur excessive mais il y a de la puissance. C’est finalement plutôt élégant mais clairement trop riche pour le foie gras.

Distillerie du Gorvelo Cidre artisanal de Bretagne « Coco d’Issé »
Premier nez exhalant la poire bien mûre puis la pomme et les notes levurées d’un brassin et les effluves fermentaires d’un silo de foin ouvert. Derrière, on observe des notes plus fines de feuilles mortes, de fumée et de zeste d’agrumes puis à nouveau de pomme mûre. La bouche propose une belle rondeur avec une bulle délicate. C’est très rafraîchissant. Finale délicate et fruitée avec une petite pointe tannique qui redresse la fin de bouche. Très bel accord avec le foie gras.



Carne cruda battuta al coltello

Frank Cornelissen Terre Siciliane Rosso Munjebel FM 2015
Bouquet sur le pruneau et les fruits noirs en surmaturité puis sur le végétal grillé et le café avec une petite note oxydative et un coup de volatile qui contribue à marquer l’intensité du nez. La bouche fait preuve d’une belle finesse avec juste ce qu’il faut de tanin pour en assurer la charpente. Le vin est élégant, net et précis et juteux grâce à une grosse acidité. La fin de bouche présente un beau retour des fruits rouges et une belle longueur. La combinaison (sur)maturité / acidité surprend un peu au début mais assure la personnalité particulière de cette cuvée.

Massolino Barolo Margheria 2015
Bouquet retenu et assez compact d’abord sur le pruneau, la réglisse et le thé noir puis on perçoit davantage de fruit noir (mûre) avec des notes sanguines sur lesquelles flottent des senteurs de pierre chaude avant que les nuances végétales ne reprennent le dessus. L’attaque est fine puis la bouche se montre bien plus carrée et austère avec des tanins marqués bien que mûrs et couverts. L’alcool est assez présent et arrondit une matière un peu rustique en l’état. En revanche, la longueur est très belle. Le potentiel est là mais le vin doit se développer aromatiquement.

Domaine Galler Vin Belge Cabernet Franc Septem Triones 2015
Bouquet réservé sur les fruits rouges acidulés (groseilles, airelles) avec une touche florale. C’est peu complexe mais net et plutôt séducteur. On retrouve ce côté acidulé en bouche qui est franche et délicate avec un fruit assez primeur et des tanins un peu accrocheurs et verts. Longueur correcte. C’est un vin bien construit et qui ne manque pas d’un certain charme mais on ne comprend guère son positionnement tarifaire à 70 euros…

Les trois vins assurent sur le plat sans que l’un d’eux ne propose un accord privilégié.


Tajarin al ragu

San Leonardo 2008
Bouquet ouvert sur les fruits noirs un peu confiturés, le café, les épices douces, du poivron rouge bien mûr sous jacent. Cela laisse pressentir tant la richesse que la suavité de la suite. En effet, l’attaque est ronde mais ferme et le milieu de bouche propose de magnifiques tanins veloutés, un équilibre parfait et une matière savoureuse. Fin de bouche d’une grande fraîcheur malgré une rétro où percent encore quelques traits d’un élevage de classe. Finale persistante mais pas interminable.

Château Musar 2006
Nez plutôt réservé hésitant entre notes terriennes et végétales, fruits très mûrs (cerise confite et pruneau) et des effluves plus balsamiques. Par-dessus, on perçoit un élevage noble au boisé encore vanillé même s’il est évident que le vin a quelques années. D’ailleurs, on retrouve ce boisé légèrement sucré à l’attaque avant que ne se déroule une bouche riche, charnue et épicée. Malgré un très beau retour du fruit, l’ensemble fait preuve d’un caractère sudiste marqué en raison d’une acidité basse et d’un peu de chaleur alcoolique, tout en gardant suffisamment de fraîcheur pour ne pas tomber dans la lourdeur. Longueur subtile et persistante.

Deux très beaux vins qui accompagnent parfaitement le plat.


Dinde farcie aux raisins

Domaine Pierre Usseglio Châteauneuf du Pape « Cuvée de mon Aïeul » 2000
Premier nez très balsamique sur l’encens et le camphre, ensuite vient le cuir puis les épices (clou de girofle et noix de muscade) et la confiture de fruits rouges. Quelques nuances plus fumées et presque lardées rendent encore plus complexe ce bouquet séducteur. La bouche se déroule tout en finesse avec des tanins au beau grain suave. L’alcool apporte un peu de chaleur, vite équilibrée par une belle fraîcheur. Très belle persistance pour ce vin empreint de sensualité. Excellent.

Château de Beaucastel Châteauneuf du Pape 2000
Bouquet subtil démarrant sur de curieuses notes de ciment qui évoluent rapidement vers le sel de céleri. Ensuite dominent les notes empyreumatiques et torréfiées avec des senteurs plus sauvages de ronce. Puis enfin viennent les épices douces, la cerise mûre et des senteurs mentholées. Nez envoûtant. En bouche, l’attaque est subtile, la suite présente un équilibre superbe avec une belle combinaison de fruit et d’épices en rétro. L’ensemble s’articule joliment sur une architecture faite de fraîcheur et de tanins suaves. Grande longueur sur la puissance. Grand vin

Domaine du Clos des Papes Châteauneuf du Pape 2000
Texture de bouche magnifique mais la bouteille est malheureusement flinguée par un TCA marqué.

Belle joute entre la texture moelleuse de la viande avec sa goûteuse farce et la chair fine et ronde des vins. Accord pleinement réussi.


Plateau de fromage

Domaine Henri Rebourseau Mazis-Chambertin 1985
Bouquet assez complexe et précis d’abord sur les notes oxydatives de dégradation des tanins puis sur les fruits rouges macérés (airelle, groseille, griotte) pour évoluer ensuite vers des senteurs plus automnales (écorce de chêne, ronce, feuilles mortes) et torréfiées (café). En bouche, c’est fin et délié sans grande puissance mais avec un équilibre magique. Les tanins sont fondus et la texture veloutée et fraîche, fraîcheur renforcée par un trait végétal. Belle longueur où l’on observe un retour des amers de la dégradation des tanins. Très beau vin et petite surprise à la découverte de l’étiquette, ce domaine étant peu encensé à l’époque malgré une panoplie de (grands)crus assez exceptionnelle.

Domaine de Beaurenard Châteauneuf-du-Pape 1983
Retour aux senteurs balsamiques et torréfiées pour le nez de ce vin qui associe à celles-ci des notes de tabac blond, de fruits bien mûrs aux épices et un soupçon de boisé froid. La bouche est ferme campée à la fois sur l’acidité et l’alcool, ce qui donne un équilibre assez « pointu ». La matière n’est pas d’une concentration énorme mais il y a un beau jus qui rend le tout sapide. Persistance limitée mais le vin n’est pas « fuyant ». Très bien encore.

Château Pichon-Longueville-Comtesse de Lalande 1986
Bouquet élégant et profond au fruit noir encore éclatant derrière sa gangue de boisé chicorée. De fines senteurs de violette accompagnent le fruit puis se perdent dans des notes plus épicées (clou de girofle) et végétales (zan, mousse de chêne). Le vin étale ensuite sa (grande)classe en bouche. Les tanins sont fondants, la fraîcheur imposante, l’équilibre d’école et le fruit superbe. Jolie finale pleine de charme. Grand bordeaux dans sa plénitude.

Les vins valent pour eux-mêmes et vu leur qualité, arrivent à garder leur personnalité sur les fromages sans sublimer un quelconque accord mais sans ramer à contre-courant non plus.


Dessert : glaces à la noisette et pistache

Domaine de Rancy Rivesaltes Ambré 1986
Pas de notes précises mais souvenir d’un rancio sur la figue et autres fruits confits avec des notes noisettes grillées élégantes. En bouche, une douceur mesurée et l’alcool sous-jacent trouvent leur répondant dans des amers assez marqués et une fraîcheur suffisante pour alléger le tout.

Accord impeccable sur la glace, plat et vin se répondant parfaitement.


Pierre
#5
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Eric B a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (2)

Oufti :woohoo:

Ça, c'est une soirée écclésiastique, aurait dit notre notre Johnny national !

Eric
Mon blog
#6

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jean-luc javaux a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (2)

Merci Pierre.
Il vous a fait pas mal voyager le kéké.... :DD
Heureusement il était revenu au classicisme pour la Dinde.
Sinon, c'était pour le moins éclectique et intéressant!
Amitiés,

jlj
#7

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milleret a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (2)

""Très beau vin et petite surprise à la découverte de l’étiquette, ce domaine étant peu encensé à l’époque malgré une panoplie de (grands)crus assez exceptionnelle.""

En effet , ce domaine avait particulièrement réussi ce millésime .Il me semble que Bettane avait classé ce domaine dans les grandes réussites du millésime 85 en Bourgogne .... J'avais eu cette chance de déguster la gamme de ces 85 au domaine ( année de mon fils ) et j'avais récupéré quelques caisses à l'époque ...et surtout un accueil très chaleureux du petit fils ( Jean de Surrel ) . j'ai conservé quelques bouteilles de Chambertin et de Clos Vougeot ..
#8

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (2)

"Heureusement il était revenu au classicisme pour la Dinde"
Ben oui, sa cave n'étant plus mise en jeu puisque personne n'avait découvert la totalité des premiers vins, il pouvait y revenir sans souci…
Amitiés
Pierre
#9

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (3)

Pour se remettre des agapes de fin d'année…

Tous les vins sont servis à l’aveugle et par triplette ou paire sur les plats puis sont dévoilés avant de passer à la séquence suivante. A l'apéritif, en revanche les trois champagne seront servis séparément, toujours à l'aveugle pour les convives mais pas pour moi, évidemment.

Mises en bouche

J.L. Vergnon Champagne Expression Extra Brut 2009
100% chardonnay grand cru (Mesnil sur Oger et Avize). Dégorgement 11/2015. Dosage 3 gr
Joli nez assez dégagé et plutôt complexe sur la pomme mûre, le citron confit, la figue séchée, le biscuit, les fruits secs (noisette fraîche) et des notes florales. En arrière plan, une touche oxydative légèrement marquée.
En bouche, le bulle est élégante et on trouve beaucoup de finesse et une certaine noblesse. L’ensemble présente une amplitude mesurée mais ne manque pourtant pas de présence. Très bel équilibre global avec une petite rondeur avenante et un fruit bien mûr. Longueur correcte et fin de bouche bien fraîche.

Laherte Champagne Les Empreintes Extra Brut 2010
50% pinot noir (vigne de 1983, terre riche d’argile et silex) ; 50% chardonnay et chardonnay muscaté (vigne de 1957, argile fin et craie). Vinification en barriques avec élevage de 6 mois sur lies. Pas de malos. Dégorgement 10/2014. Dosage 3,5 gr
Très beau bouquet assez retenu mais plein de finesse et de pureté. C’est distingué et complexe avec des senteurs évoluant entre les fleurs blanches, la poire, quelques agrumes mûrs, les fruits rouges (framboise) et les herbes aromatiques fraîches.
Très belle attaque nette avec une bouche qui suit juteuse et finement effervescente. Le vin fait preuve d’une grande présence avec du fond, de la profondeur et un équilibre magistral. C’est concentré et élégant avec une grosse fraîcheur malgré une légère pointe oxydative en rétro. Fin de bouche énergique et traçante sur le citron vert et la craie. Grande persistance sur les agrumes épicés.
Grand champagne.

André Clouet Champagne Un jour de 1911 Extra Brut
100% pinot noir issu de diverses parcelles sur Bouzy (10 au total). Malos effectuées. Vieillissement de 10 ans sur lattes. Dosage 1%. Base 50 % 2009 plus solera de 3 années antérieures. Dégorgement 21/10/2019.
Robe plus dorée que les deux précédents.
Bouquet expressif et profond sur les fruits rouges, l’abricot et la pomme bien mûre. Notes de miel et de menthe où surnagent quelques effluves discrètes de craie et de fumé mêlées d’herbes aromatiques sèches. Le tout donne une impression de maturité sans lourdeur.
On retrouve ces caractéristiques en bouche. Après une attaque ronde à la bulle légère, on se trouve en face d’un champagne structuré et profond avec une ampleur impressionnante. Compromis magistral entre puissance et finesse même si la matière impressionnante finit par prendre un peu le dessus sur l’élégance. Fin de bouche mûre et saline extrêmement persistante. Grand champagne impressionnant qui n’a sans doute pas la subtile élégance aristocratique de Laherte mais propose d’autres atouts tout aussi intéressants.

Les chardonnays se marient mieux avec la verrine de saumon, pomme et pamplemousse rose tandis que « un jour de 1991 » s’accorde parfaitement à la pata negra.

Pour la suite, les vins sont ouverts, légèrement épaulés et rebouchés, la veille du repas puis rouverts une à deux heures avant celui-ci. N'ayant pas pris de notes lors du repas, les commentaires datent du lendemain sur le restant des bouteilles.

Antipasti : vitello tonato all’antica maniera

Benoît Dorsaz Petite Arvine de Fully « Les Perches » 2015
Loess sur gneiss et débris morainiques. Exposition sud. Macération à froid de quelques heures puis fermentation et élevage en cuve inox.
Bouquet intense et mûr d’abord sur les fruits blancs (poire, coing) et jaunes (pêche, abricot), la pomme et le melon ; ensuite sur les agrumes (mandarine, citron confit) avec une note de pierre chaude et de silex qui s’installe de plus en plus.
Ronde et plutôt grasse à l’attaque, la bouche se concentre ensuite sur un fruit de belle fraîcheur et propose un équilibre parfait entre ampleur et jus. La fin de bouche de bonne persistance voit revenir des notes de silex et de cire qui s’associent à de beaux amers salins. Belle bouteille à point qui propose du fruit et de la consistance même si le vin n’est pas concentré à cœur ni le plus fin qui soit. Son ampleur et son fruit le rendent particulièrement délicieux.

Elio Ottin Petite Arvine du Val d’Aoste «Nuances » 2016
Sables et débris morainiques. Exposition sud à 700 m d’altitude. Vigne de 1988. Rendement inférieur à 40 hl. Vinification et élevage en tonneaux de 500 l pendant 12 mois.
Premier nez plus retenu, discrètement épicé (cardamome, pistache), avec une trace d’élevage subtile (coco, vanille, noisette grillée) puis fruits jaunes (abricot, mangue) et agrumes confits citron jaune, pamplemousse rose. Touche de fruits secs et de fumée. Elégant et assez complexe.
Attaque en bouche nette et droite. C’est structuré et concentré sans « tape à l’œil » et presque sévère au départ pour se libérer à l’aération et proposer un équilibre superbe sur des composants architecturaux diamétralement opposés à Dorsaz. Retour des notes boisées en fin de bouche avec du caramel salé en rétro. Très belle longueur sur l’abricot sec et la pomme au four et un côté salin discret. Belle bouteille encore un peu dans sa gangue et qui apparaît presque « janséniste » face à la presqu’exubérance du valaisan par comparaison.

Accord parfait de ces deux vins avec le plat. En revanche, le suivant ne trouvera pas sa place. En fait, il était plutôt destiné au plat suivant espérant qu’il « truffe » un peu mais ce ne fut pas le cas…

Domaine de la Grange Tiphaine Montlouis « Clé de Sol » 2012
100% chenin. Vigne de 75 ans. Argile à silex sur calcaire. Exposition sud. Fermentation et élevage en barriques.
Nez assez évolué mais peu expressif sur la pomme au four et la cire d’abeille puis sur l’orange de Séville et la gelée de coing. On perçoit également des senteurs de bouquet garni (surtout laurier) et de menthe.
La bouche fait se succéder une attaque presque acidulée et une suite qui a tendance à s’installer et donner du confort par son gras. L’ensemble est compact et concentré mais manque un peu de délié et de finesse. Fin de bouche presque tannique et longueur correcte sans plus. Malgré une aromatique intéressante, le vin n’arrive pas à décoller et à vraiment séduire.


Primo piatto : bar de ligne, sauce au vin blanc, truffe et céleri rave en croûte de noisette

Domaine Bouzereau-Gruère Meursault Charmes 2016
50% charmes dessous et 50 charmes dessus. Rendement 45 hl/ha. Elevage en barrique pendant 12 mois (30 % bois neuf)
Nez discret, élégant, net et précis sur les fleurs blanches et les herbes aromatiques (marjolaine, laurier, romarin) puis senteurs d’agrumes et de pomme golden. Le boisé reste imperceptible. A l’aération, on a davantage de notes miellées et de pierre à fusil et la composante minérale prend de l’ampleur.
La bouche est nette, de grande classe avec un équilibre magistral. C’est élancé et tonique avec une celle concentration. Sans être de grande ampleur, tout en est en place dans une sorte de perfection froide. Belle mais pas exceptionnelle longueur. Vin architectural, un peu austère en l’état, avec un grand potentiel de développement. Très beau mais bien trop jeune.

Weingut Kollwentz Chardonnay Gloria 2010 (Neusiedlersee Hügelland – Autriche)
Limons très calcaires au pied des Leithagebirge. Altitude 300 à 325 m. Exposition SE. Vignes plantées en 1997 et 2003. Rendements inférieurs à 30 hl/ ha. Elevage en barriques françaises pendant 18 mois.
Bouquet intense et complexe, floral (rose, œillet) sans être pommadé ou écoeurant. Abricot, poire mûre. Pointe d’encaustique (cire). Beaucoup d’épices douces (cardamome, menthe, badiane) et d’agrumes (surtout mandarine, citron). Elégant et séduisant.
Après une attaque toute en douceur, la bouche se montre concentrée et juteuse tout en restant déliée. Tout est nuancé avec de nombreux rebonds entre structure et retro aromatique. Ce n’est ni extrêmement compact ni particulièrement ample mais la présence, l’équilibre et le fruité sont exceptionnels. Grande longueur fraîche avec des amers épicés subtils.
Grand chardonnay dans la force de l’âge.

Domaine Marc Colin Chassagne Montrachet Caillerets 1988
Bouquet discret qui ne fait pas vraiment son âge sur les agrumes mûrs, les fruits secs et le miel d’acacia avec une pointe de champignon frais et d’orange amère puis également des nuances plus végétales de foin et d’écorce de chêne.
La bouche est nette et pleine. Davantage qu’au nez, l’évolution se marque par une certaine patine avec de l’encaustique et des feuilles mortes en rétro. L’équilibre est maintenu avec concentration, fraîcheur et toujours un bel éclat. Quelques amers en fin de bouche ne gâchent pas la belle impression générale. Finale subtile sur le caramel amer mais sans persistance fantastique même si la longueur est plus que correcte. Beau vin pas fané du tout même s’il a sans doute perdu en énergie pure au fil du temps.

Avec le poisson, c’est le Kollwentz Gloria qui donne le meilleur répondant direct par adjonction aromatique alors que le meursault propose davantage de subtilité. Le chassagne ne joue pas et tourne le dos au plat.

Carne : brasato al barolo, gratin de pommes de terre au romarin, carottes

Cantina Rizzi Barbaresco Pajoré 2014
Bouteille ouverte par erreur (c’est le Boito Riserva 2007 qui était prévu).
Marnes argilo-calcaire. Exposition sud, altitude 230 à 300 m. Vignes de 1960, 1965 et 2008. Rendement 40 hl/ha. Fermentations en cuve inox puis élevage de 12 mois en foudres suivi par 8 mois en cuve ciment.
Nez d’intensité et complexité mesurées sur les fruits rouges macérés (framboise, groseille, airelle), le végétal épicé et le cuir. La bouche est structurée et pleine avec une concentration appréciable mais en demi-corps. Tanins fins présents mais sans assécher. L’ensemble demeure austère et assez vif sans être vert. Cela manque clairement de fondu, de charme et de longueur. Aucun plaisir en l’état et à revoir dans 5 ans.

Az.Agr. Ettore Germano Barolo Ceretta 2004
Argilo-calcaire à forte concentration de calcaire actif. Exposition sud et sud-est, altitude 350 à 400m. Vignes de 1949, 1963 et 1995. Fermentation en cuve inox puis élevage de 24 mois en pièces et tonneaux de diverses dimensions (y compris barriques mais pas de grands foudres).
Bouquet bien expressif sur la confiture de prune et autres fruits noirs, la réglisse, les fleurs séchées et les épices (macis, baie de genévrier, menthe poivrée). On perçoit également des notes plus balsamiques, cuir et des nuances végétales (eucalyptus). C’est très séducteur et profond sans être particulièrement élégant.
La bouche est plaine, ample et puissante. Les tanins sont veloutés et mûrs mais toujours bien marqués. L’ensemble se montre concentré avec une très belle texture fraîche, franche et bien équilibrée avec du caractère et du volume. Magnifique fin de bouche bien persistante sur les épices et la réglisse.
Très beau vin déjà savoureux actuellement mais qui peut /doit encore vieillir quelques années.

Az.Agr. Luigi Pira Barolo Vigna Rionda 2004
Argilo-calcaire. Exposition SO et Ouest, altitude 330 m. Vigne de 1994. Rendement 35 hl/ha. Elevage partie en barrique et partie en foudres pendant 24 mois.
Robe étonnamment sombre. Bouquet retenu mais très profond, très réglissé puis exprimant des senteurs de tarte au corin et de fleurs séchées. L’aération le complexifie : fruits rouges mûrs, cerise noire, pointe de tabac et surtout un côté balsamique plus entêtant évoluant en sous-main vers l’eucalyptus, l’encens et le menthol.
La bouche est volumineuse avec des tanins gras et mûrs dont la texture de velours pourrait aussi s’expliquer par l’alcool sous-jacent mais perceptible. C’est ample et concentré dans un style compact et musclé mais frais. L’alcool arrondit les angles et rend le vin plus facile à aborder que le Ceretta. Persistance réglissée appréciable.
Très beau vin qui passe en force mais sans aucune rusticité. Proche d’un grand, statut qu’il mériterait avec un soupçon d’élégance en plus.

Evidemment, accord évident des deux vins avec le plat.

Formaggi : déclinaison de comté (8 mois, 18 mois, 30 mois)

Domaine Jean Macle Château Chalon 2002
Bouquet puissant sur la noix fraîche, les champignons des bois, les fruits secs mais aussi des arômes plus frais de fougère et de fleurs des champs. A l’agitation, les notes plus lourdes de réglisse, de fumée et de lard puis de cumin se mêlent aux premières avec aussi de la pomme au four. Complexe et raffiné malgré l’intensité.
La bouche se montre très concentrée mais aussi de grande finesse malgré un côté tannique évident. L’équilibre est subtil entre nervosité et concentration, énergie et fraîcheur. Fin de bouche délicatement citronnée et persistance saline interminable. Grand vin.


Dolce : parfait au génépi

Cave Des Bouquetins Arvine du Valais 1999
Vignoble situé au-dessus de Sion. Raisins cueillis en plaine maturité et parfois mi-flétris. Elevage en cuve inox.
Bouquet discret mais délicat, profond et complexe, très floral (fleurs blanches, églantier, tilleul) mais aussi plein de fruits mûrs voire confits (abricot, pêche, coing) et d’épices tandoori. Poin§te d’encens, de miel et de réglisse avec un retour du floral insistant.
La bouche est fine et subtile, aucunement pommadée et présent un bel équilibre entre liqueur et acidité. Style sec-tendre tout en délicatesse avec une fin de bouche saline et juteuse. Persistance de longueur moyenne sur l’abricot mûr qui laisse la bouche fraîche.
Très belle bouteille qui vaut par son équilibre magistral à défaut de l’ampleur et de la puissance d’un vrai liquoreux. Parfait équilibre entre les sucres du vin et ceux du dessert.


After

Bouteille ouverte à la volée et sans doute largement sous-évaluée le jour même car fermée à double tour. Commentaires à J+2.

Tom Litwan Thalheim Chalofe Aargau AOC 2011
100% pinot noir. Argilo-calcaire. Vignes plantées en 1969, 1998 et 1999. Macération à froid. Vinification partiellement en vendange entière (max. 20%) et élevage en barriques pendant 12 mois dont 20% neuves.
Premier nez encore bien retenu sur le chocolat au lait et la vanille. Par la suite de belles notes de fraise des bois, de confiture de prune, de menthe et de cuir de Russie finissent par s’imposer. C’est assez entêtant sans être vraiment très complexe. Avec une aération plus prolongée, s’ajouteront des notes florales ainsi que du bois de réglisse et du tabac de Virginie. Grande élégance.
En bouche, la matière est délicatement fruitée. C’est bien mûr avec des tanins parfaitement lissés. Peu de concentration en profondeur mais un joli volume et un très bel équilibre général. Le vin gagne en ampleur au fil de la dégustation. C’est très séduisant et frais malgré une acidité plutôt basse. Retour de l’élevage en fin de bouche avec une persistance légèrement sucrée/épicée de bonne longueur.
Très beau vin stylé et tout en dentelle. Mais son profil risque de diviser les amateurs de pinot bourguignon…


Merci aux participants (qui se reconnaitront) et une pensée pour Marc Wuilloud.

Pierre
#10
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jean-luc javaux a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (3)

Merci Pierre pour le CR.
Très belle série et d'un éclectisme signature de l'organisateur de la soirée . (tu)

PS: il faudrait que tu replaces ta photo des Champagne. ;)
PS2: c'est Cave des Bouquetins apparemment (détail...).

jlj
#11

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (3)

Merci pour la remarque. C'est corrigé.
Pierre
#12

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Vaudésir a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (3)

Content de voir que le Charmes de Bouzereau-Gruere soit d'un très bon niveau, vin que j'avais apprécié au domaine.
Stéphane
#13

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ysildur a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (3)

Toujours un bel éclectisme dans tes dégustations Pierre!

Au plaisir,

Laurent
#14

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (4)

Nous nous retrouvons cette fois chez Jean-Marie avec Irène (ancienne cheffe de la Ciboulette à Chokier) aux fourneaux. Keke57 officie en tant que sommelier.

Comme d'habitude, tous les vins sont servis à l’aveugle et par triplette ou paire sur les plats puis sont dévoilés avant de passer à la séquence suivante. A l'apéritif, en revanche les trois champagne seront servis séparément, toujours à l'aveugle.

Mises en bouche
(Salade de crevettes grises, canapé au saumon fumé, huitres, toast foie gras et cassonade)

CR:
Champagne Clément Perseval Blanc de Blancs 1er cru extra-brut
D’abord bien expressif sur la pomme golden mûre et la craie, il évolue ensuite vers une dominante citron vert mâtinée d’abricot frais et d’une petite note florale. En bouche, la bulle est fine et la matière consistante qui prend du volume à l’aération. C’est bien structuré grâce à une acidité citrique magistrale et l’ensemble donne l’impression d’avoir été dessiné à la pointe sèche. Belle finale nette et précise avec une persistance citronnée. Très joli champagne d’apéritif et belle découverte.

Champagne Chartogne-Taillet Les Couarres 2010
60% pinot noir et 40% chardonnay. Dosage 4 gr. FA en barriques.
Bouquet étoffé où l’on perçoit une belle maturité de fruit (abricot, pomme cuite, touche de framboise) accompagnant des notes de vanille et de biscuit. La bouche est ronde et pleine. Elle est ample tout en restant élégante et fraîche. On est en face d’une belle architecture solide mais avec un peu moins d’élan et de dynamisme par rapport au Perseval. Ceci est renforcé par une pointe oxydative en fin de bouche. Très belle longueur.

Champagne Fallet-Prévostat Blanc de Blancs Grand Cru non dosé
Nez discret mais profond qui s’ouvre lentement sur les fruits blancs et jaunes mûrs (poire, abricot, mangue). On perçoit également des notes de craie et d’épices en arrière-plan. Grande élégance. En bouche, l’attaque est subtile entre touche oxydative et fruit mûr. La suite se prolonge avec richesse, ampleur et puissance tout en maintenant une fraîcheur légèrement mentholée garante d’un équilibre impeccable. Quelques amers en fin de bouche et grande longueur. Très beau vin qui mérite un beau plat pour prendre tout son essor.



Cantina Marco Gatti Verdicchio di Matelica riserva « Millo» 2015
Bouquet de caractère sur les herbes sauvages et les fleurs jaunes (mimosa) puis aussi le silex, le sésame grillé et les légumes tubéreux (persil, panais). Des notes de résine et de fumée complètent un tableau surprenant qui manque au départ d’un peu de pureté mais qui s’harmonise d’importance avec l’aération. La bouche est pleine, compacte mais assez fraîche malgré une acidité qui n’est pas imposante. Rétro mentholée mais aussi quelques amers marqués en fin de bouche. Persistance moyenne sur des notes résinées. Un cru à l’originalité affirmée qui suscite un intérêt certain mais pas un enthousiasme enjoué.

Arianna Occhipinti Terre Siciliane Bianco SP68 2017
50% Albanello et 50% Zibibbo (Muscat d'Alexandrie). Cuve ciment. Non filtré.
Bouquet envoûtant sur les herbes aromatiques, les fines notes muscatées, la pomme au four (qui lui donne un petit côté « nature »), le litchi, les nuances florales et mentholées et les fruits secs. C’est intense, élégant et complexe tout à la fois. En bouche, l’attaque est souple et la suite fruitée et légèrement épicée. Le vin propose un beau jus, un volume délicat et un équilibre remarquable. Finale aromatique avec de beaux amers et une grande persistance. Très belle bouteille qui se pose en contraste parfait du verdicchio.



Entrée chaude : lotte aux poireaux

Domaine Weinbach Riesling Schlossberg Cuvée Sainte Catherine 1996
Bouquet exprimant discrètement une belle patine de riesling (cuir, encaustique,cire d’abeille) ainsi que des arômes complexes d’agrumes confits et d’herbes aromatiques. Pas de note terpénique mais un peu de silex frotté flotte sur l’ensemble qui est d’une grande élégance. La bouche est nette, acidulée sans excès et pleine d’énergie. La matière est déliée et d’une grande finesse et, au palais, le vin apparaît encore très jeune pour son âge. Equilibre parfait et fin de bouche légèrement épicée avec des amers de classe. Longueur énorme. Excellent et à point.

Domaine Boxler Riesling Sommerberg “D” 1996
Le nez propose des arômes très confits d’agrumes (surtout citron) et de fruits jaunes et blancs mûrs (abricot, tarte tatin). On sent la richesse sous-jacente à peine aérée par de belles notes plus florales. C’est très jeune d’abord mais plus retenu que le Schlossberg. En bouche, l’attaque est doucereuse sans excès car les sucres se sont déjà bien dégradés. La matière est délicate avec un bel équilibre et une relance intéressante entre la fraîcheur et quelques sucres traînants. Le vin demeure sur sa réserve mais se montre charmeur et propose une belle longueur. On a l’impression que le potentiel de la cuvée ne s’est pas encore tout à fait développé. Bien à très bien sans plus.



Plat : pigeonneau d'Anjou

Château de Beaucastel Châteauneuf du Pape 2001
Superbe bouquet aux accents orientaux avec de l’encens, des épices douces et un peu de bois de santal. On perçoit aussi pas mal d’herbes aromatiques, des notes fumées et torréfiées discrètes, du cuir de Russie et derrière tout cela un joli fruit rouge épicé et bien mûr. La bouche est de grande finesse avec de la pureté et de la noblesse. La matière est savoureuse et suave grâce à des tanins mûrs et fondants. Belle finale persistante. Excellent.

Eloi Durrbach Domaine de Trévallon 2001
Bouquet balsamique affirmé mais moins oriental que Beaucastel ; même si on conserve les notes d’encens et d’épices, celles-ci sont plus sombres et davantage mêlées de senteurs végétales. Le fruit est éclatant avec, derrière les fruits rouges mûrs, de superbes notes de gelée de mûre et de cassis. C’est épanoui et très élégant. La bouche est remarquable de finesse et de fraîcheur. Belle concentration aux tanins polis avec ce qu’il faut d’accroche pour donner de la structure au vin. Equilibre magistral et longueur exceptionnelle. Grand vin dans la force de l’âge.



Fromages

Ch. Léoville Las Cases Saint Julien Clos du Marquis 1990
Le nez s’ouvre sur un élevage encore marqué (chicorée, café, créosote) avant que ne se déploie un fruit discrètement épicé. Il y a incontestablement de la classe mais cela manque un peu d’expressivité et de complexité. La bouche est parfaitement équilibrée, tapissante, avec des tanins suaves et une matière en demi-corps de belle concentration et d’architecture des plus classique. Rien ne dépasse, aucun angle ne venant troubler cette construction consensuelle, et c’est peut-être ce qui limite un rien l’attrait de cette cuvée qui propose également une belle longueur élégante.

Domaine Jean-Marc Pavelot Savigny les Beaune La Dominode 1990
Bouquet retenu, voire fermé avec quelques arômes de fruit noir, de tabac et de senteurs plus végétales. Malgré les quelques notes épicées qui surviennent à l’aération, cela demeure bien peu éloquent. La bouche se montre étonnamment ferme et concentrée avec des tanins présents, fins mais un peu verts qui font penser à ceux de la rafle. L’ensemble apparaît massif et puissant avec de la mâche et une acidité mesurée qui confère cependant suffisamment de fraîcheur au vin. La longueur est correcte. Le problème, si tant est que cela en soit un, est que l’on perd totalement la délicate magie du pinot…



Dessert : sabayon

Cellier des Templiers Banyuls blanc Fontaulé 1991
Peu de notes sur cette cuvée au bouquet de miel et de fruits confits (raisins de corinthe, poire, abricot) où l’on perçoit quand même pas mal d’alcool. La bouche est du même acabit, fruitée, un peu alcooleuse, mais sauvée par une jolie acidité qui évite à l’ensemble de tomber dans la lourdeur.


Pierre
#15
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Frisette a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (4)

Joli niveau! (tu)
Juste pour correction, la cuvée de Banyuls est Fontaulé et non Montaulé.

Flo (Florian) LPV Forez
#16
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: peterka

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jean-luc javaux a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (4)

Merci Pierre!
Belle sélection!
Le Trevallon 2001, j'avais aussi bien aimé il y a un an (2000 et 89 m'ont aussi laissé de bons souvenirs).

jlj
#17

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leteckel a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (4)

jean-luc javaux écrit: Le Trevallon 2001, j'avais aussi bien aimé il y a un an (2000 et 89 m'ont aussi laissé de bons souvenirs).


Un apport d'Oliv lors d'une mémorable rencontre chez Michel. Superbe, et quasi le vin de la journée (avec aussi un Riesiling VT) au milieu d'une rafale d'une vingtaine de bouteilles !
Je vois avec plaisir qu'il se maintient à un haut niveau, et visiblement sans grosse évolution qui devrait précipiter son ouverture.

ArnoulD avec un D comme Dusse
#18
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: LoneWD

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (5)

Programmée, reportée, reprogrammée, celle-là a fini par échapper au confinement...
Le mode opératoire ne change pas : 3 bouteilles à l'aveugle par service avec de quoi (bien) grignoter ou déguster solide.

(Mises en bouche)

Champagne Pierre Baillette Cœur de Craie 2009
100% pinot noir 1er cru. Elevage en barrique. Dosage 3 gr.
Oxydation fine au premier nez puis biscuit et pomme au four avec un peu de pêche et d’agrumes. Evolue vers les fruits secs et une dominante plus marquée de pomme.
En bouche, c’est rond et mûr, un peu évolué mais avec une belle fraîcheur d’ensemble malgré une acidité perçue plutôt basse et un léger manque d’énergie. Belle bulle fine peu marquée.
Le profil gustatif envoie plus vers un cidre de haut vol qu’un champagne (d’ailleurs le nom de la cuvée ne se retrouve pas vraiment dans le vin...). C’est très confortable et très consensuel et donc plaisant.

Champagne Pertois-Moriset Mono-Village Oger 2014
100% chardonnay grand cru. Cuve inox. Dosage 2 gr
Nez délicat assez expressif sur le citron et les fleurs blanches. Légère note de sucre en poudre mais aussi quelques effluves de craie et de fruits blancs.
Après une attaque toute en finesse, le vin se montre élégant et vif sans être toutefois extrêmement tendu. C’est subtil avec un beau fruit mûr et un équilibre impeccable.
On pourrait lui reprocher, comme d’aucuns, un certain manque d’envergure voire un creux en milieu de bouche mais pour moi la délicatesse de l’ensemble compense largement.
Longueur appréciable, en finesse à nouveau, avec de jolis amers. J’aime beaucoup le style.

Champagne Pascal Docquet Le Mesnil sur Oger Cœur de Terroir 2004
100% chardonnay grand cru. Elevé en barriques pour 50% avec FML. Dosage 3 gr. Dégorgé le 21/7/2015.
Nez brioché, ample, avec une belle nuance oxydative. On perçoit des senteurs fruitées mûres (pomme jaune, abricot) derrière des notes de levure et de fumée. Un peu de gentiane également qui laisse subodorer une forte amertume en bouche.
Ce sera le cas au départ mais se fondera davantage dans l’ensemble par la suite même si le vin, par ailleurs très vineux, est construit sur cette saveur jusqu’à la finale. Le milieu de bouche est ample, rond et bien mûr avec une belle fraîcheur et une bulle assez discrète.
Fin de bouche salivante et très persistante.
Champagne plutôt « poids lourd qui en jette » par rapport au précédent. Personnellement, j’aurais apprécié davantage d’élégance mais cela reste objectivement un beau (et même très beau) champagne.


(Terrine de trois poissons, tartare maison, tuile à l’encre de seiche)

Az. Agricola Pieropan Soave Classico La Rocca 2016
100% garganega. Vigne de 10 à 50 ans. Rendement 60 hl/ha. Elevage en foudres de 25 hl et tonneaux de 500 l pendant un an.
Bouquet discret sur l’ananas confit, les agrumes (orange), l’abricot. C’est mûr et de plus en plus expressif au fil du temps avec des notes de fumée qui s’ajoutent au fruit.
Au départ assez effilé puis la bouche se montre souple, ronde et ample mais fraîche. Beaucoup de puissance avec des amers costauds qui finissent par se civiliser avec le temps. Bonne persistance sans plus.
J’avoue être passé un peu à côté de ce vin que je connais assez bien et que j’apprécie…

Quinta da Muradella Monstruosa de Monterrei 2015 (D.O. Monterrei – Galice)
100% monstruosa da Monterrei. Elevage en cuve inox sans FML.
Bouquet original éthéré et complexe d’abord sur le camphre et la craie puis sur les fruits de la passion et la fleur d’oranger avec des notes plus végétales et acidulées tirant sur le buis. C’est élégant et frais.
En bouche le vin est plein, strict et « vertical » avec beaucoup de finesse. Malgré tout, on ne ressent pas vraiment d’énergie dynamisante, d’autant plus que la finale commence par être un peu tombante pour se redresser par après sur des amers de qualité.
En revanche, l’équilibre est impeccable et il se dégage une belle séduction de l’ensemble. Belle découverte que ce vin rare ! (justifiant sans doute un prix un peu trop élevé pour moi à plus de 45 €)

Domaine Karamolegos Santorini Pyritis 2016
100% assyrtiko. Vignes de 120 ans franches de pied. Levures neutres. Elevage de 10 mois en cuve sur lies.
Bouquet très retenu sur les agrumes, avec des nuances discrètes d’iode et de fumée. Il ne s’ouvrira que très peu en cours de dégustation y ajoutant des notes de caillou chauffé au soleil et un peu de fruit blanc.
La bouche est pleine et puissante avec une structure dense et carrée ce qui n’empêche pas un certain dynamisme. Néanmoins, cela donne globalement une impression de sérieux et de sévérité qui ne s’éclaircira qu’en fin de bouche grâce à de jolis arômes de zestes d’agrumes.
Bonne persistance. Haut de gamme du domaine qui laisse un peu sa faim et qui se déliera et s’ouvrira sans doute dans quelques années.


(Crevettes gambas poëlées aux épices)

Château d’Epiré Savennières Cuvée spéciale 2000
100% chenin. Elevage en fûts de chêne, acacia et châtaigner pendant 9 mois.
Bouquet assez fermé qui transpire malgré tout une certaine évolution avec ses senteurs de térébinthe, cire et raisins secs. Ensuite, on perçoit la pomme au four, les champignons, une pointe de silex et surtout des notes métalliques qui deviennent vite gênantes.
Même constat en bouche : on démarre raide sur l’acidité et l’amertume puis on peut jouir d’un beau fruit mûr avant que les notes métalliques ne reprennent le dessus en rétro et perturbent la dégustation. Finale ferme et austère.
J’hésite entre échantillon défectueux ou vin en bout de course…

Domaine Peyre Rose Coteaux du Languedoc blanc Oro 2000
Assemblage de rolle (70%), roussanne (25%) et viognier (5%). Egrappage partiel. Elevage long (10 ans) en cuve puis en bouteilles.
Bouquet très aromatique sur les agrumes confits, le zeste d’orange et des nuances de résine, de cire et de miel. Les épices sont également présentes ainsi qu’une légère touche florale de violette.
C’est complexe et net.
La bouche se montre fine et précise avec du caractère mais tout en demeurant élégante. Fruits jaunes juteux et belle dynamique donnent pas mal d’attrait à l’ensemble.
Très belle longueur où dominent les notes d’encaustique. Excellent !

Château de Beaucastel Châteauneuf du Pape blanc Roussanne Vieilles Vignes 2000
100% roussanne en légère surmaturité. Vinification et élevage (pendant 8 mois) en pièces de bois pour 30% et cuve pour 70%
Bouquet intensément aromatique et expressif sur les fruits jaunes confits, les épices douces (cardamome) et les fruits secs. S’ y ajoutent des nuances de sherry avec cette petite note oxydative subtile qui lui confère de l’originalité.
La bouche affirme son côté baroque assumé. C’est riche, ample et d’une rondeur confortable encore confortée par une pointe d’alcool. On conserve de la fraîcheur malgré une légère sensation de liqueur et des amers imposants. Longueur interminable avec des notes de marc assez marquées. Grand vin à son apogée (objectivement… et pour qui aime ce style particulièrement).


(vitello tonnato)

Domaine Zind-Humbrecht Riesling Clos Windsbuhl 1996
Bouquet expressif sur les fruits exotiques bien mûrs (principalement la mangue mais aussi ananas et fruit de la passion), les agrumes confits et leur zeste, la rhubarbe. On perçoit aussi un côté rôti et une jolie patine qui s’exprime par des notes de cire.
En bouche l’attaque est ferme, la suite dense et puissante mais finalement peu tonique car des amers (trop) marqués (à mon goût) bloque le vin dans son élan.
Longueur phénoménale sur les amers avec de curieuses et subtiles notes de litchi. Vin imposant mais qui manque un peu d’élégance et apparaît presque vulgaire face à ses « opposants ».

Domaine André Ostertag Riesling grand cru Muenchberg 1996

Elégant et très “classe” au nez sur des arômes de raisins mûrs, de melon, de zeste de citron jaune et de mirabelle avec une pointe d’épice et de pierre chaude.
L’attaque en bouche est délicate et la suite propose une matière concentrée, déliée et bien mûre. Ce n’est pas de grande ampleur mais parfaitement ciselé et assez tonique. Equilibre magistral et finale bien persistante sur des amers de classe. Le style pourrait rappeler par son élégance classieuse un GG de Willi Haag en Moselle allemande… Remarquable !

Domaine Paul Blanck Riesling grand cru Furstentum vieilles vignes 1996
Bouquet assez expressif sur les agrumes, les herbes aromatique et les épices. Des senteurs de silex frotté et d’encaustique complètent ce tableau à l’élégance agréable.
La bouche est fine grâce à une certaine délicatesse de jus qui s’exprime avec une belle fraîcheur malgré une pointe de résiduel et une surmaturité de fruit évidente. Cette fraîcheur n’est pas suffisante pour donner un gros dynamisme à cette cuvée mais l’ensemble reste malgré tout séduisant et savoureux. Belle finale nette de persistance moyenne à bonne avec une sucrosité un peu marquée.


(pâtes à la bolognese)

Chateau Simone Palette Rouge 1990
Grenache 45%, mourvèdre 30%, cinsaut 5%, cépage "secondaires" 20% dont syrah, castet, manosquin, carignan, muscats divers. Elevage sous bois, d'abord en petits foudres pendants 8 mois, puis durant un an en barriques de chêne.
Bouquet peu intense mais élégant et fin se partageant entre le végétal (herbes aromatiques, thé, feuilles mortes, eucalyptus) et les fruits rouges et noirs confiturés.
En bouche, la matière est concentrée et fine. Il y a une belle fraîcheur malgré des tanins un peu secs. L’équilibre est parfait et l’ensemble ne trahit aucune faiblesse même si l’apogée est sans doute un peu dépassée.
Finale de bonne persistance sur des notes de pruneau et un retour de tanins gras qui assèchent un peu.

Domaine de Trévallon Coteaux d’Aix Les Baux Rouge 1990
Assemblage de cabernet sauvignon et syrah (50% chacun). Vinification sans égrappage, sans levurage et sans souffre. Élevage de 24 mois en foudres et barriques.
Premier nez marqué par la fumée, la créosote, l’écorce de chêne et la rafle de tomate puis les fruits rouges et noirs en gelée se manifestent accompagnés de nuances végétales un peu vertes ainsi que de senteurs plus terreuses.
Après une attaque assez ronde, la bouche propose pas mal d’amplitude et de maturité de fruit. Les tanins sont gras et encore un peu accrocheurs mais ils se fondent bien dans l’ensemble auquel ils donnent une belle stabilité. L’équilibre est riche et le vin savoureux. Léger retour de notes d’élevage en fin de bouche. Très belle longueur pour ce grand vin d’une jeunesse indéniable.

Château de Beaucastel Châteauneuf du Pape rouge 1990
Cépages : Grenache : 30%, Mourvèdre : 30%, Vaccarèse, Terret Noir, Muscardin, Clairette, Picpoul, Picardan, Bourboulenc, Roussanne : 15%, Syrah : 10%, Counoise : 10%, Cinsault : 5%. Elevage en foudres pendant un an.
Intense bouquet, très séducteur et de grande complexité, sur des notes épicées et balsamiques de clou de girofle et bois de cèdre. Pointe de réglisse et herbes aromatiques de garrigue à foison (principalement sauge et romarin) sur lesquelles flotte une légère senteur florale. Le fruit est très en retrait mais pas complètement absent.
La bouche fait preuve de finesse, évolue entre délicatesse et puissance. L’équilibre parfait et les tanins magnifiquement fondants. C’est ample et très balsamique en rétro. Longueur énorme toute en finesse. Le vin donne une impression de contrôle tout en s’épanouissant avec superbe.
Exceptionnel ! (et le vin de la soirée sans aucun doute)


(Plateau de fromage)

Az.Agricola Elio Grasso Barolo Gavarini Chiniera 2008
100% nebbiolo. Vignes d’une vingtaine d’années (à l’époque) en exposition sud sur la commune Monforte d’Alba. Vinification en cuve inox avec remontages quotidiens. Elevage en foudres de 25 Hl.
Bouquet assez ouvert sur la confiture de fruits rouges avec des nuances mentholées et florales. Ensuite tabac noir et notes plus boisées pour en revenir au fruit compoté. Cela donne une impression malgré tout un peu massive qui sera confirmée en bouche.
Après un attaque sur le fruit, se manifestent des tanins assez gras mais bien mûrs ce qui n’empêche pas le vin d’exprimer une belle fraîcheur. Le fruit est assez présent mais n’arrive pas à alléger complètement un ensemble plein et ferme en bouche et sérieux d’esprit.
Longueur correcte sans plus. Le potentiel est présent mais le vin manque un peu d’accroche et de séduction immédiate à l’heure actuelle.

Maison Chapoutier Cornas Les Arènes 2008
100% syrah. Vendanges éraflée, macération de 3 semaines en cuve béton. Elevage de 15 mois, 80 % en fûts de chêne et 20% en cuve béton.
Nez de brou de noix et de fourrure, peu engageant malgré un peu de menthe poivrée qui surnage.
Le caractère oxydé du vin se confirme en bouche…

Domaine Castagnier Charmes Chambertin 2008
Bouquet plutôt balsamique au départ qui évolue vite sur les fruits à l’alcool, la compote de cerise, la menthe et la réglisse. Jolie note florale par-dessus, ce qui donne une belle élégance générale au nez. Elevage au boisé quasi imperceptible.
La bouche est savoureuse et bien juteuse avec un fruit élégant et une matière concentrée en finesse. Il y a beaucoup de jus, pas de verdeur végétale et des tanins mûrs très finement polis. Aucune raideur, au contraire, c’est un côté presque velouté qui prévaut.
Belle longueur fruitée. Très beau vin.


(Dessert : glace à la noisette)

Henriques & Henriques Madère Verdelho 15 ans d’âge
Bouquet de raisins de corinthe, de fruits secs et de bois noble ainsi qu’un peu de caramel et de chocolat au lait. Arômes de dattes et figues confites marqués. Intense mais assez monolithique.
La bouche est nette, presque pointue, avec peu de sucre ressenti comme tel mais des fruits hyperconfits et de l’amertume. On évolue constamment entre rectitude carrée et finesse éthérée. Le vin n’est jamais collant grâce à une acidité importante.
Finale interminable sur l’amertume et les fruits confits.

Pierre
#19
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jean-luc javaux a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (5)

Merci Pierre.
Une belle série pour une belle soirée apparemment...
Le Beaucastel 1990, je l'ai bu récemment et c'est vrai que c'est très bon pour le moment.
Des rieslings et de 1996: pas de solution sans protons!!! B)

jlj
#20

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peterka a répondu au sujet : Rencontre(s) dinatoire(s) entre amis (6)

Le confinement a failli avoir la peau de ce beau moment d’amitié, reporté et reporté encore, mais tout vient à point à qui sait attendre.
Un grand merci à Simone (en cuisine) et Daniel (en cave) pour l’immense gentillesse de leur accueil et leur générosité sans bornes

Tous les vins sont servis à l’aveugle (deux par plats) puis sont dévoilés avant de passer à la séquence suivante. A l'apéritif, en revanche les trois champagne seront servis séparément, toujours à l'aveugle.
(Mises en bouche : crêpes pontaven au pesto basilic, panacotta au foie gras, espuma de mangue, tartare de saumon, tortilla maison, potage de fanes de radis)


Champagne Laherte « Les 7 »
Cépages : 10% Pinot Gris (fromenteau), 18% Chardonnay, 18% Meunier, 15% Petit Meslier, 8% Arbanne, 14% Pinot Noir, 17% Pinot Blanc. FA en barriques sans malo. Elevage sur lies fines pendant 6 mois.
Assemblage de plusieurs années : 60% des vins de l’année sont ajouter à 40% d’une réserve perpétuelle des années antérieures (depuis la première récolte en 2005). Dosage : non dosé. Dégorgement 10/2014.

Premier nez un peu réduit qui s’ouvre ensuite sur des arômes d’agrumes jaunes (citron, pamplemousse) , de craie, de verveine et de fleurs des champs. On a une impression de belle élégance retenue et distinguée.
La bouche est vive, tendue avec une acidité marquante évoquant le citron vert et la rhubarbe. C’est élégant, vertical mais pas d’une concentration énorme. Fin de bouche très pure et salivante. Persistance correcte sans plus.
Accord impeccable avec le tartare de saumon où les deux acidités (plat et vin) se fondent et s’annulent pour laisser ressortir les arômes.

Champagne Roederer Blanc de Blancs Vintage 2008
100% chardonnay. FA partiellement en barriques (15 à 20 %). Pas de malo. Elevage de 5 ans sur lies. Dosage 8 à 10 gr.
Bouquet moyennement expressif sur le biscuit avec un léger rôti. Il se complexifie par la suite en proposant zeste d’agrumes, verveine, abricot sec et herbes aromatiques sur lesquelles surnagent quelques nuances de fumée.
En bouche, on trouve une bulle présente mais fine et des notes boisées marquées en rétro que l’on n’avait pas perçues au nez. L’ensemble est crémeux, rond avec un équilibre axé sur la plénitude du fruit mûr.
Fin de bouche salivante qui redresse le vin et belle longueur sur la noisette et des amers assez marqués (asperge).

Champagne Egly-Ouriet Brut Grand Cru 2002
Assemblage 70% pinot noir et 30% chardonnay. FA en barriques pas de malo. Vieillissement 118 mois sur lattes. Dégorgement 05/2013. Dosage 2 gr.
Couleur assez soutenue et premier nez pas très bavard avec un côté légèrement oxydatif. L’impression de maturité et de richesse est ensuite omniprésente et se décline sur l’abricot, des épices presque orientales, le quinquina et une pointe de fruit rouge.
Le côté crayeux est escamoté.
La bouche est, on s’en doutait, toute en puissance et ampleur. C’est large, rond et vineux, presque opulent au détriment de l’énergie vitale attendue mais le vin a des arguments qui compensent cette dynamique mesurée d’autant plus qu’une belle acidité ressurgit en fin de bouche.
Grande longueur sur des amers de classe. Champagne de grand format et grand vin où la bulle (très légère) apparaît presque comme accessoire.


(Dos de cabillaud, tuile aux herbes, beurre blanc)


Domaine Jean-Paul et Benoît Droin Chablis Grand Cru Grenouille 2011
FA pour partie en cuve inox et pour partie en fût. Malo effectuée. Assemblage des différents lots après élevage de 8 à 10 mois.
Bouquet assez discret sur la pêche de vigne et le citron vert ainsi que les herbes un peu sèches. Le nez évolue constamment entre fraîcheur végétale et fraîcheur fruitée puis propose quelques nuances plus florales. C’est très classe et très élégant.
En bouche, le vin est net, précis, juteux avec du répondant sans être d’une grande tonicité. Ce n’est pas d’une grande concentration mais plutôt aristocratiquement subtil. Equilibre magistral. Finale superbe de classe mais qui tend à un peu tomber dès que le vin se réchauffe dans le verre.
Persistance correcte donc, sans plus, mais ce la reste un très beau vin.

Domaine Jean-Paul et Benoît Droin Chablis Grand Cru Les Clos 2011
Vignes de 30 ans. FA pour partie en cuve inox et pour partie en fût. Malo effectuée. Assemblage des différents lots après élevage de 8 à 10 mois.
Bouquet épanoui avec encore une trace de boisé parfaitement intégrée qui lui confère un petit côté « apprêté ». Senteurs de fleurs et d’herbes odorantes puis d’agrumes confits avec des nuances minérales. Donne une impression de maturité qui enveloppe les narines.
Cela se confirme en bouche. C’est concentré, rond et ample avec une grande netteté et beaucoup de fraîcheur. L’équilibre est parfait et l’ensemble bien savoureux avec un côté enveloppant qui tranche avec le style plus aérien de son compère Grenouille
mais le vin abat des atouts tout aussi intéressants qui finissent par emporter encore davantage l’adhésion. Très belle longueur juteuse. Très beau vin, parfait sur le plat.


(Filets de cailles caramélisés, sauce fromage blanc et feta, coupelle de crudités)


Domaine Georges Roumier Chambolle Musigny 2008
Bouquet d’abord sur les fruits noirs (mûre), la ronce avec un côté sauvage puis notes de fleurs séchées, herbes aromatiques et griottes. Trace d’élevage et curieuse nuance de cendre complète un tableau assez complexe et expressif.
La bouche est fine et acidulée avec des petites baies rouges en rétro. Belle fraîcheur globale fondée sur une certaine raideur enrobée que le vin assume sans problème. De la délicatesse dans la fermeté et belle persistance tout en finesse.
Très beau vin au niveau attendu d’un premier cru alors qu’il s’agit d’un simple village.

Domaine Jacques-Frédéric Mugnier Chambolle Musigny 2008
Joli nez sur les fruits mûrs (cerise, fraise) un peu compotés. Pointe d’herbes aromatiques mâtinées d’épices et d’un peu de fumée. Au réchauffement, on perçoit quelques note d’orange. C’est élégant.
La bouche est ronde et fraîche. Les tanins sont bien fondus mais peinent toutefois à soutenir un jus qui manque un peu de caractère et de fond. Cela rend le vin exagérément évanescent voire flou et creux en milieu de bouche.
Longueur correcte sans plus mais sans raideur ni notes végétales ce qui finalement rend le vin assez agréable.


(Rigattoni sauce poivron et feta)


Angelo Gaja Barbaresco 2004
Nebbiolo 100%. Vignobles sur les communes de Treiso et Barbaresco. Elevage en barriques pendant 24 mois puis en bouteilles.
Bouquet complexe et disert sur les fruits noirs, les épices et les herbes aromatiques (thym, romarin) avec des notes de café et de chicorée. Un coup de menthe pour rafraîchir et des nuances plus viandées en sous-main complètent le tableau.
La bouche est pleine avec une mâche importante due à des tanins gras et rudes mais qui ne sèchent pas et finissent par s’assagir au réchauffement dans le verre. On a malgré tout du jus et de la fraîcheur avec un beau retour fruité en milieu de bouche. Ensemble équilibre sur un mode énergique.
Persistance élevée sur le fruit. Très beau vin à la personnalité affirmée et qui doit sans doute encore vieillir pour se révéler complètement.

Bodegas Vega Sicilia Unico Reserva Especial 2015 (V15 : 1994/1996/2000)
80 % tempranillo et 20% cabernet sauvignon. Elevage de 12 mois en barriques de chêne français (en grande partie bois neuf) puis en foudres de chêne américain (assemblage des 3 millésimes par la suite) puis enfin en bouteilles.
Premier nez intense, balsamique avec un élevage marqué mais de grande classe. On dénote des senteurs de cèdre, de tabac aromatique et d’épices doucement chaleureuses avec du chocolat et du café au lait froid. Le fruit rouge, présent, reste à l’arrière plan en dehors de notes d’orange sanguine d’un assez bel effet. Superbe élégance.
La bouche est dense, onctueuse et donne une sensation d’homogénéité parfaite avec le nez. Les tanins sont mûrs et parfaitement couverts. Au départ dans la séduction immédiate et un peu « facile », le vin évolue favorablement vers davantage de puissance et d’étoffe mais aussi vers un côté plus éthéré avec un peu d’alcool ressenti qui accentue son côté chaleureux sans enlever quoi que ce soit à sa classe intrinsèque.
Belle mais pas exceptionnelle longueur. Vin de haute stature, objectivement grand, que l’on portera au pinacle si on adhère complètement au style (ou que l’on appréciera avec davantage de distanciation dans le cas contraire, ce qui est mon cas…)


(Côtes d’agneau en croûte de sel, radis confits, carottes et mange-tout)


Angelo Gaja Langhe Sperss 2004
Nebbiolo (avec un peu de barbera ?). Vignoble sur la commune de Serralunga (cru Marenca en zone barolo principalement). Elevage en barriques pendant 30 mois.
Grand nez, puissant et complexe, sur la liqueur de cerise, les fleurs séchées, les herbes aromatiques, le café et la vanille. Avec le réchauffement dans le verre s’ajoutent des notes balsamiques avec une pointe de menthol, le thé vert, l’eucalyptus et un côté plus végétal évoquant la rafle. En plus d’être puissant, c’est presque paradoxalement tout aussi élégant et presque subtil.
En bouche, si l’attaque demeure bien ferme, la suite se montre juteuse et bien fraîche malgré des tanins encore bien marqués mais dont la qualité est bluffante et et confère stabilité et chair veloutée à l’ensemble. C’est concentré, savoureux et d’un équilibre impeccable.
Belle longueur mais la persistance est toutefois loin d’être interminable.
Vin exceptionnel

Bodegas Vega Sicilia Valbuena 5° 2005
85 % tempranillo et 15% merlot. FA en cuve inox puis élevage de 5 ans en fûts et foudres de chêne français et américain (en partie de bois neuf) puis en bouteilles.
Nez d’emblée expressif et séducteur sur le bois fin, les épices douces (cardamome, cannelle, muscade) et les herbes aromatiques. L’élevage est bien intégré mais très présent malgré tout. Le fruit reste à l’arrière plan et on ressent un certain manque de complexité car la plupart des arômes tirent dans le même sens.
La bouche est ample et douce, sans la moindre aspérité ; la chair suave, l’équilibre irréprochable. Rien ne dépasse (même si rien ne s’impose en négatif ) et cela rend le vin un peu ennuyeux (et la « confrontation » - difficile - avec les deux précédents n’arrange rien).
Longueur de belle ampleur.


(Fromages)


Domaine Lucie et Auguste Lignier Clos de la Roche 2008
Bouquet très parfumé mais relativement discret sur les fleurs (pivoine) et les fruits rouges (fraise, framboise). Une pointe de fumée et ses senteurs d’herbes aromatiques ajoutent du caractère. C’est net, profond et d’une élégance superlative.
La bouche est toute en délicatesse, ciselée, avec une énorme finesse de matière qui tapisse tout le palais. C’est plutôt en demi corps mais plein de jus et de fraîcheur avec des tanins de grande finesse mais aptes à donner de l’assise au vin.
Equilibre magistral. Finale sur la fraise des bois d’une persistance et d’une fraîcheur étonnante. Grande bouteille à point et un des deux vins de la journée avec le Sperss de Gaya.

Domaine Dujac Clos de la Roche 2008
Bouquet très expressif et intense sur un panier de fruits mûrs, la liqueur de fraise et la crème de framboise. Tout cela est enjolivé de notes florales du plus bel effet. Superbe élégance séductrice qui fait oublier un léger manque de complexité.
En bouche, l’attaque se fait fine tout en demeurant plutôt ronde. La suite propose une belle concentration avec une matière assez dense mais déliée et des tanins tellement fondants que l’ensemble apparaît d’une souplesse étonnante.
Le revers de la médaille est que le vin donne au réchauffement une impression de manque de rigueur et de droiture qui perturbe sa stature globale. Finale éthérée de bonne longueur mais sans plus. Très bien malgré tout si on le déguste frais.


(Gâteau glacé)


Ca’ Del Bosco Franciacorta Satèn 2015
Assemblage de 85% chardonnay et 15% pinot blanc. FA en barriques puis première maturation sur lies en tank pendant 7 mois avant tirage et repos sur lies pendant 4 ans. Dosage 0,5 gr.
Le nez propose beaucoup de fruit (principalement pêche et pomme mûre) et un peu de fleur blanche mais manque de réelle complexité et reste en surface. C’est séducteur mais sans caractère affirmé.
Après une bulle d’emblée agressive (mais qui s’assagit vite, heureusement), la bouche continue à proposer ce beau fruit, encore arrondi par une impression de SR, alors que le vin n’est pas dosé.
Ce n’est pas vraiment dense ni concentré mais le vin arrive malgré tout à capter l’attention jusqu’à la finale bien persistante. Voilà une bouteille qui abat de belles cartes à condition de se laisser porter et de ne pas tenter de comparaison
inévitablement boiteuse avec d’autres effervescents. Parfait sur la glace.


En résumé..


Pierre
#21
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