Nous avons 2537 invités et 59 inscrits en ligne

Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

  • Messages : 1732
  • Remerciements reçus 3927

Réponse de Jean-Paul B. sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

J'ai eu peur je ne voyais plus de fleurs
 

C'est moins la saison........

Jean-Paul
03 Jan 2022 23:59 #31

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 19678
  • Remerciements reçus 4857

Réponse de Jérôme Pérez sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

En tout cas, des fleurs, j'en lance volontiers au rédacteur de ces belles chroniques qui prouve à quel point toutes les passions du vin sont accueillies sur LPV pourvu qu'on sache les partager avec humilité, sincérité et passion : bravo Benoit.

Jérôme Pérez
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, oliv, Alex, Jean-Paul B., Jean-Bernard, HERBEY 99, Benoit Hardy, IH1456, leteckel, JulienG.
04 Jan 2022 10:04 #32

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Merci beaucoup à tous 
04 Jan 2022 12:20 #33

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 2596
  • Remerciements reçus 176

Réponse de Gildas sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Je viens de refaire le fil complet, j'ai pris beaucoup de plaisir à te lire ! Merci 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy
05 Jan 2022 09:51 #34

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Premier repas avec 3 compères sur cette année 2022 où le thème aurait très bien pu être "ramène une quille spéciale pour faire suer les autres à l'aveugle".

Toute la dégustation s'est donc déroulée à l'aveugle avec des vins ouverts plusieurs heures à l'avance.

Champagne Francis Boulard “Petrea” 1997-2007

dsg 03/2012

Nez sur la crème pâtissière et le rancio, avec un coté croute de fromage. C’est très particulier.

La bulle reste vive et la robe demeure pâle.

La bouche est par contre d’une richesse et d’une vivacité superbe. C’est encore très vif, à peine évolué et dénué d’oxydation. Je devine la soléra avec les quelques notes tertiaires en bouche avec le sous bois ou les champignons. Ça reste diffus et le chardonnay traçant contrebalance le tout avec une belle fraîcheur. Excellent équilibre. Belle finale intense tout en vinosité. Il manque juste un zeste de longueur en plus pour passer à la vitesse supérieure.

C’est un très bon champagne, juste que le nez m’a un peu dérangé. Fier de l'avoir trouvé à l'aveugle!
 
 
Condrieu Coteau de Vernon Georges Vernay 2015

Nez assez discret avec une trace de végétal.

Par contre la bouche est autrement plus exubérante avec un fruit éclatant sur l’abricot et la poire. L’acidité équilibre un jus dense pour donner un ensemble aussi riche que souple. Belle finale florale qui s’étire de la plus belle des manières.

C’est excellent, loin de ce que je bois d’habitude en blanc mais j’ai beaucoup apprécié.
 
Saint Julien Léoville-Barton 1996

Le nez poivronne beaucoup au début à tel point que cela m’a gêné. De manière général ce vin est parti dans tous les sens dans le verre avant de se poser et de devenir plus épanoui après 10 minutes. A partir de là, on ne pouvait pas se tromper: Bordeaux avec un vin mature sur des notes tertiaires. Du sous-bois, du cigare, c’est terreux. Je lui ai trouvé d’ailleurs un aspect rustique mais dans le bon sens du terme.

Bouche expansive avec un fruit noir intense qui se mélange à de l’eucalyptus, du thym et quelques épices. J’ai trouvé le jus très dense avec une acidité que je n’attendais pas aussi haute mais l’équilibre demeure intact. C’est complexe et déjà fort évolué. Finale impactante sur le menthol.

Excellent, un Bordeaux d’école, bien fait, que j’ai trouvé assez masculin dans sa construction.
 
Santa Ynez Valley Jonata “El Alma de Jonata” 2005

Si le vin précédent paraissait déjà masculin, celui-ci fait carrément viril avec ses 14,9% d’alcool et sa dominante de 93% de cabernet franc. C’est un digne représentant des vins de vallées californiennes, à savoir opulent et chaleureux.

Nez d’une belle profondeur sur le coulis de framboise, la prune et les fruits cuits.

Bouche chaleureuse avec un jus énorme de densité. D’ailleurs, la robe noire comme de l’encre ne trompe pas. Heureusement que le vin est bien construit avec une acidité qui le porte et qui amène de la tension, ce qui lui évite de tomber dans la lourdeur. Les 3 compères ont eu un coup de chaud avec ce vin, ce sont de grands sensibles manifestement. Le fruit noir reste profond et très prononcé, mais j’aurais aimé un peu plus de complexité pour un vin qui va sur ses 17ans, car en l’état il reste impénetrable, jeune ça devait être imbuvable. On pense plus facilement à une syrah que du cabernet franc (d’ailleurs à l’aveugle ce fut le cépage annoncé). Finale intense qui chauffe un peu sur la fin de la bouteille.

C’est un vin qui est excellent dans son style, bien fait, mais il vaut mieux le partager à 4 que de se retrouver avec cette bouteille seule ou à 2 du fait de sa richesse. De temps en temps c’est sympa mais je préfère les vins des montagnes californiennes. A noter un accord parfait avec le dessert chocolat menthe.
 
Vin de France Jérôme Bretaudeau “Macération” 2019

On reste sur le thème “curiosité exotique” avec ce vin. Mais en fait c’est quoi ce truc??? Un vin orange? C’est perlant, une infusion de pamplemousse au nez, ça petille presque sur la langue puis des arômes de pelures d’orange mais malheureusement ça s’évapore très vite avec une finale très courte.

Curieux!
   
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: oliv, Olivier Mottard, Alex, Galinsky, sideway, bertou, Moriendi, Jean-Loup Guerrin, Vaudésir, Oyaji-sama, LucB, Blog, Agnès C, starbuck, Vyat, Garfield, Chaccz, Manas
02 Fév 2022 21:27 #35

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 3848
  • Remerciements reçus 4090

Réponse de Alex sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Quel superbe compte-rendu Benoit 

Je n’ai pas grand chose à ajouter si ce n’est que de mon idée le vin de la soirée était le Vernay avec un toucher de bouche exceptionnel et une finale délicate et soutenue par de très beaux amers. Un très beau vin.

Le champagne était vraiment vif et sapide en bouche mais je n’apprécie pas les nez très marqués par les notes pâtissières donc ça m’a dérangé. J’ai bien plus apprécié le Tarlant de la fois passée.

Le barton était parfaitement conservé, un bouchon d’école, et bcp de vigueur encore avec effectivement une dominante bien sauvignon au nez (cassis cèdre poivron pointe tabac). 
Et bien de la virilité en bouche, un bordeaux bien aristocratique comme je les aime.

Le Jonata m’a vraiment surpris de part sa puissance et son incroyable richesse tannique notamment en finale. Je n’ose même pas imaginer à 3-4 ans d’âge… 
Sur le dessert peu sucré chocolat menthol c’était assez dantesque…

Quant au macération il aura eu le mérite de matcher dans la catégorie de vdp Benetiere 2016 niveau œuf pourri / fumier et réduction au nez. Inimaginable !!
Apres vigoureuse agitation, en vrai la bouche est belle (c’est Bretaudeau tout de même)  avec beaucoup de finesse mais ça finit un poil court…
Je vous laisse supposer qui a bien pu ramener cette bizarrerie…

Une superbe soirée en votre compagnie, ce matin ça piquait très fort à 6h30… mais on va tantôt se programmer la prochaine !! 

A noter pour finir une cuisine absolument remarquable au millésime à lille. Une qualité parfois exceptionnelle (l’œuf parfait, le tataki et le dessert à tomber, voire succomber) et au pire très bonne.

un excellent moment 

Alex
 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Olivier Mottard, julien1984, Benoit Hardy, Manas
02 Fév 2022 21:52 #36

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Oui la cuisine est toujours excellente au Millésime. Pour moi le Condrieu était aussi le vin de la soirée car ce fut une première pour moi et il m'a séduit.

Voici quelques photos des plats, l'oeuf parfait et le tataki de boeuf étaient à tomber:
 
 
 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Alex
02 Fév 2022 22:01 #37
Pièces jointes :

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 3848
  • Remerciements reçus 4090

Réponse de Alex sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Magnifiques ces plats…
et encore il en manque la moitié !!
Mais la qualité des photos leur rend hommage.


Assez rabelaisien tout ça 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: didierv
02 Fév 2022 22:10 #38

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Nouvelle série de bouteilles qui répond au même protocole que les séries précédentes, à savoir une ouverture 4 à 6h avant le service pour les rouges et les blancs, et 1 à 2h pour les champagnes, sauf mention contraire.

Les champagnes:

Champagne David Léclapart “L’alchimiste” rosé 2006

Nez assez étonnant sur la cendre et la fumée.

Bouche très pure avec une effervescence qui a tendance à disparaître assez vite pour laisser la place à un véritable vin rouge. Le jus reste très fruité avec des arômes de groseilles et de framboises d’une grande puissance. C’est équilibré avec une belle acidité mais le nez et la bouche sont totalement dissociés ce qui est bizarre. Finale qui explose sur le fruit rouge mais qui est malheureusement très courte.

Très bon champagne, mais qui manque d’harmonie et d’allonge.
 

Champagne Hugues Godmé “Les Romaines” 2009

100% Pinot Meunier. Dsg 10/2019

Nez sur les agrumes et la crème pâtissière.

Bouche gourmande, qui allie un jus à la fois souple et profond sur les agrumes, mais aussi aérien sur la craie. Ça se boit tout seul avec beaucoup de plaisir, très belle fraîcheur malgré un millésime chaud dans la région, le tout est équilibré, complet et attrayant. Belle finale traçante sur une longueur correcte qui aurait mérité un peu plus d’amplitude pour faire partie des tous meilleurs.

C’est excellent, je l’ai largement préféré au Prévost La Closerie bu 3 semaines auparavant, 2 fois plus cher, et qui était aussi 100% Pinot Meunier.
 
 
 
Champagne Charles Heidsieck Blanc des Millénaires 1995

Cela fait quelques années que je n’ai plus bu ce vin que j’ai toujours apprécié et souvent croisé par le passé. Cette bouteille qui possède l’ancienne étiquette, a donc passé moins de temps sur lie.

Effervescence bien calibrée. Nez sur les fruits confits et sur le caramel au beurre salé.

Toucher de bouche crémeux et vif à la fois, le jus est ample, sur les agrumes confits, c’est agréable, profond et confortable à la fois. On a une explosion de saveurs dès l’attaque en bouche. Le vin est sapide et se boit sans retenue, il y a quelque chose d’évident tant l’équilibre est parfait et le vin vivant pour ses 27 ans. Finale crémeuse et caramélisée sur une belle longueur.

Excellent champagne, qui est à son apogée je pense, et qui le restera pendant longtemps.
 
 
Champagne Pertois-Lebrun Chouilly “Le Fond du Bateau” 2012

Dsg 09/2020, 100% Chardonnay de vieilles vignes, dosage à 1g, 2500 bouteilles.

Effervescence vive. Nez très atypique pour un blanc de blancs, c’est plutôt vineux avec de la mirablelle et des fruits noirs.

Bouche sereine, avec une belle texture, et qui allie coté crayeux et saveurs de fruits tropicaux. On est loin du BdB traçant et monolithique, celui-ci est plutôt chaleureux tout en gardant une belle acidité qui se traduit par de très beaux amers notamment en finale avec une longueur sur le zeste de citron.

Excellent et surprenant champagne!
 
 


Les blancs secs et liquoreux:

Trebbiano d’Abruzzo Azienda Agricola Valentini 2009

Nez sur les fruits exotiques comme l’ananas ou la mangue.

La bouche possède une attaque sur la pierre mouillée avant que le jus ne s’installe sereinement sur des arômes de fruits exotiques et d’anis très marqués. L’acidité peut paraître basse mais l’équilibre n’en est pas menacé. Finale saline où l’on retrouve de la fraîcheur sur une bonne longueur.

Un très bon vin blanc, assez atypique pour qui aime les chardonnays tout en droiture.
 
 
Sauternes Château Gilette Crème de tête 1959

Nez diffus mais d’une grande persistance sur la crème brûlée et la marmelade d’orange.

Bouche qui allie richesse et souplesse et qui donne un Sauternes d’une grande sapidité. La marmelade d’orange et le sucré brûlée domineront, avec ensuite une complexité affirmée, notamment des amandes, abricot confit et presque une touche saline très original. Le jus est délié et fin. La finale est magnifique de fraîcheur sur une grande longueur caramélisée et épicée.

Excellent, je préfère largement ce type de Sauternes sur la finesse que les bombes visqueuses qui alourdissent la fin de repas.
 


Les rouges:

Barolo Elio Altare vigneto Arborina 2001

Nez sur la rose séchée, les fruits noirs et des notes balsamiques. Très typique d’un Barolo bien né.

Bouche très pure et dénuée d’artifice comme souvent chez ce chef de file des “modernistes”, avec notamment des arômes de prunes et d’épices douces. Le jus est structuré avec une attaque douce mais qui gagne en amplitude et en intensité dès le milieu de bouche. Bel équilibre sur une acidité qui étire le vin sur ce mélange épices/fruits noirs. Superbe finale sur des tanins fondus et des épices qui “pétillent”, l’ensemble ouvrant la voie à une longueur admirable.

Excellent Barolo, qui joue sur la pureté au détriment d’un léger manque de profondeur mais qui se termine par une finale de grande qualité.
 

Napa Valley cabernet sauvignon David Abreu “Madrona Ranch” 2001

Petite présentation succinte du domaine: s'il fallait faire un tiercé des 3 meilleurs domaines californiens, ce serait à mon sens Harlan, Manfred Krankl (Sine Qua Non) et David Abreu qui est un véritable phénomène également.

Nez explosif d’une grande richesse sur la myrtille, le graphite, le cèdre et la mûre. C’est le vin californien dans toute sa splendeur.

Bouche dense et exubérante dans la droite lignée du nez avec une complexité incroyable qui rappelle Bordeaux. Le jus est intense et texturé, d’une profondeur énorme, avec des arômes de fruits noirs dominants, auxquels s’ajoutent le cuir, le tabac et les épices douces. Le boisé est intégré de façon noble, l’ensemble est vigoureux mais équilibré grâce notamment à une acidité en filigrane qui tend le vin de façon harmonieuse malgré ses 14,8% d’alcool. Finale puissante sur le café et les épices sur une longueur énorme.

Un grand Napa Valley, un vin qui impressionne par sa présence vibrante.
 
 

IGT Toscana Castello del Terriccio Lupicaia 2006

Au nez, le merlot domine avec de la mûre et de la myrtille alors même que ce cépage ne représente que 10% du blend final (composé de 85% de cabernet sauvignon et de 5% de petit verdot).

Bouche assez sphérique, un fruit harmonieux, une touche terreuse, de la cerise et de la prune séchée, le tout saupoudré d’épices. Le jus est très équilibré, voir même léger grâce à une belle acidité alors que la densité y est. Belle finale fruitée avec une longueur correcte.

C’est un joli super-tuscan, mais qui manque un peu de caractère et de race à mon sens, ou alors le vin a souffert de passer derrière un Napa Valley Abreu beaucoup plus profond et complet.
 
 
 Montepulciano d’Abruzzo Dante Marramiero 1998

Nez épicé, sous-bois et fruits noirs s’entremêlent.

3ème bouteille de ce vin que j’apprécie tout particulièrement.

La bouche est juteuse et profonde. Cette bouteille dispose d’un fruit éclatant, elle apparaît moins évolué que les 2 autres avec toujours ce fond sanguin cependant. Equilibré, avec une acidité et un jus qui se répondent mutuellement avec harmonie, la complexité des arômes se révèlent à l’aération avec des épices douces qui dominent sur fond de tabac. Grande finale sur le cuir avec des tannins aimables qui s’ouvrent sur une belle longueur.

Confirmation que ce vin est excellent et loin d’être fatigué.
 

Montepulciano d’Abruzzo Azienda Agricola Valentini 2015

Mon premier Valentini rouge jeune. Expérience assez inédite avec notamment un perlant qui a persisté malgré un carafage.

Nez sur la fraise écrasée mélangée à des arômes de viande rouge.

La bouche est sauvage, avec cette sensation pétillante en attaque, puis des saveurs de cuir, de fruits et d’épices qui s’entrechoquent entre elles. C’est intense et le vin gagne en harmonie à l’aération. Bel équilibre, allié à une grosse profondeur. Finale un peu brouillonne sur le jus de viande.

En l’état, c’est assez spécial, faut connaître un peu le domaine sinon ça peut surprendre. Très bien aujourd’hui, mais loin d’être prêt par rapport à ce que j’ai déjà bu chez eux de plus mature. Ca fera une bien belle bouteille dans 15 ans.
 

 

Le bilan des courses: Coté rouge, le Napa Valley Abreu a dominé assez nettement les autres, sans surprise si je puis dire puisque c'est le vin le plus cher de la série. Le Marramiero suit juste derrière et confirme son statut en ce qui me concerne. Le Valentini est loin d'être prêt. Mon second Altare et même constat que sur l'Arborina 1997, à savoir que c'est très bon, c'est pur, mais ça manque de profondeur pour passer en division supérieure. Le Lupicaia ne m'a pas enthousiasmé même s'il est très bon, mais passer après l'Abreu l'a sans doute écrasé.

Coté champagne, j'ai été déçu par le Léclapart, eu égard à son statut de star. Heidsieck est devant avec son Blanc des Milléniaires 1995 mais d'une courte tête, tant j'ai apprécié le Pertois-Lebrun puis le Godmé.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, oliv, Olivier Mottard, Alex, tht, Nilgiri, Jean-Bernard, Eric B, Galinsky, sideway, peterka, bertou, La Vie est une Fête, bonaye, Jean-Loup Guerrin, Vaudésir, Blog, Agnès C, sebus, IH1456, starbuck, leteckel, Garfield, Chaccz, Ilroulegalet
19 Fév 2022 22:55 #39

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 926
  • Remerciements reçus 2979

Réponse de IH1456 sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Bonjour Benoît,

la qualité des CR, des commentaires, le niveau et l'originalité des vins, l'humilité du rédacteur et le soin tout particulier apporté aux prises de vue, donnent à tes textes une ambiance particulière et caractéristique. Quel plaisir de lecture !

Alors très sincèrement, bravo et merci pour tous ces morceaux de bravoure, qui intègrent évidemment la légende de LPV.

Antoine

"en guise de sang, ô noblesse sans pareille, il coule en mon coeur la chaude liqueur d'la treille" - le Grand Georges
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy, Papé, Ilroulegalet
20 Fév 2022 20:40 #40

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Merci ça me touche 
20 Fév 2022 20:43 #41

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Nouvelle série de vin qui a répondu au même protocole: Une bonne heure d'aération pour les champagnes, et et 4 à 6h pour les vins tranquilles, sauf mention contraire. Les vins sont classés par couleur et ne représentent pas l'ordre de service de cette dégustation qui s'est déroulée sur plusieurs jours.
 
Champagne Largillier domaine Coessens rosé de saignée 2017

Nez sur le sirop de groseille et la framboise.

Bouche encore très serrée mais les saveurs fruitées dominent, notamment cette groseille qui sera le fil conducteur de ce vin, sur un lit de framboise. Belle fraîcheur, avec un bel équilibre qui structure le vin. Finale sur la pastèque avec une longueur qu’on aimerait plus ample.

Un très bon champagne, qu’on aimerait plus complexe afin de passer un cap.

Champagne Blanc de blancs domaine Dhondt-Grellet 1er cru Les Pensées

Dgt 05/2021

Le nez est étonnamment riche pour un 100% chardonnay extra brut. De la craie, de la fleur blanche et un fruit éclatant avec des agrumes.

Le jus claque sur la langue avant de la tapisser avec un coté crémeux qui tapisse tout ce qu’il touche. Le jus possède une densité énorme, couplé à une acidité non moins vive qui donne une allonge incroyable à un ensemble intense et vivant. La fleur blanche domine, avec de la craie et de la pierre mouillée. L’équilibre est parfait et surtout il élance le vin avec une grande facilité. Grande finale, toujours sur ce mélange floral et crayeux avec une belle longueur.

Excellent champagne d’un domaine qui confirme son statut d’étoile montante.
 
 

Champagne Eric Rodez rosé

dgt mai 2022, vins des vendanges de 2012 à 2018 avec une partie en rosé de macération.

Ce champagne confirme tout le bien que j’ai pensé de lui au domaine. Un nez intense sur la framboise.

Bouche d’une grande intensité sur un fruit rouge explosif mais avec une fraîcheur énorme. Dotée d’une grande allonge, ce vin est terriblement sapide. La finale s’étire sur les fruits rouges et augmente cette impression de gourmandise.
 

Riesling Weingut Keller Pettenthal 2011

Nez intense sur les fruits exotiques, la fleur d’accacia et la pierre mouillée.

La bouche est ni plus ni moins que de la pierre liquide. Sensation chaleureuse assez inédite sur un riesling de Keller, avec de la mangue et le fruit de la passion qui dominent notamment en attaque. La seconde partie de bouche est beaucoup plus pierreuse, précise et cristalline. Apparemment c’est un millésime chaud, mais il y a beaucoup de tension et d’énergie dans ce vin. Le jus est magnifique d'équilibre et de structure, c’est ciselé et chaleureux à la fois. Grande finale qui synthétise le vin, sur les fruits tropicaux, avec une finale traçante et saline.

Grand Riesling.
 
 

Ribolla Gialla Azienda Josko Gravner 2009

La couleur est magnifique. Au nez, il y a du rancio, du caramel et des amandes grillées. Touche oxydative.

C’est assez inédit, ça me fait penser à un Sauternes sec, sans sucre.

En bouche, c’est fluide. Trop. Jus fluet qui peine à s’imposer, ça manque de substance et d’énergie car l’acidité ne suit pas non plus. La finale essaie de sauver la faiblesse du jus en bouche, avec un rancio délicat sur fond oxydatif.

Étrange pour ne pas dire autre chose.
 

Barolo Azienda Massolino Vigna Rionda Riserva 2015

Je suis d’habitude peu friand de Barolo jeunes que je trouve souvent tanniques et fermés. Mais ici, dès le nez on sent un vin ouvert, avec des notes florales, d’épices et d’eau de vie.

La robe est translucide.

La bouche est d’une belle pureté, avec une attaque sur la cerise à l’eau de vie. Le jus dispose d’une belle fraîcheur. Il y a ensuite un coté salin et floral très prononcé, le tout étant enrobé d’une belle souplesse. L’ensemble est séduisant et déjà extrêmement sapide, on y prend beaucoup de plaisir. Bon équilibre, belle structure, le vin est bien bâti. Finale saline et balsamique, encore un peu ferme, avec une belle longueur cristalline.

Excellent Barolo qui vieillira harmonieusement.
 

Clos Vougeot Grand Cru Château de la Tour vieilles vignes 2005

Nez sur un mélange d’arômes floraux et d’épices. A l’aveugle, je ne sais pas si j’aurais trouvé la Bourgogne.

Bouche très intense, sur les épices denses et les fruits noirs. Le jus est de qualité, sur une densité et une profondeur importantes. Malgré ses 18 ans, le vin demeure ferme et structuré. Précis, équilibré, peut être encore un peu trop sérieux à mon goût, mais d’une qualité indéniable, sur des fruits noirs et des épices douces, c’est intense mais encore assez compact. Rien à redire sur l’équilibre. Le vin est bâti sur la durée, avec une finale qui s’adoucit sur une grande finesse, florale et raffinée avec une grande longueur.

Excellent mais encore à garder. Pour les heureux possesseurs de 2005 bourguignons, l’espère que vous n’êtes pas pressés.
 
 
Montepulciano d’Abruzzo Dante Marramiero 1999

Si le 1998 m’a séduit sur 3 bouteilles successives bues à un an d’intervalle chacune ces dernières années, et ce, sans montrer de signe de fatigue, qu’en est-il de 1999?

Je dispose de 3 bouteilles de 1999, il me reste une bouteille de 1998.

Ouverture de la 1ère bouteille de 1999: bilame obligatoire, bouchon chevillé et très sec. Le vin est vinaigré, acide, imbuvable.

Seconde bouteille: même constat, odeur horrible de vinaigre

3ème bouteille: Nez plus engageant sur un fruit discret et beaucoup d’épices. Bouche dense mais qui devient très vite fluide, la structure s’étiole et le vinaigre arrive pour dominer un jus qui se décharne 2h après l’ouverture.

Tous les vins ne sont pas conçus pour une garde de 24 ans. Si le 1998 de la même cuvée ne m’a jamais déçu, je ne trainerais pas pour le boire.

Bel exercice d’humilité aussi car j’avais écris en 2020: “un vin au début de sa vie”. Force est de constater qu’en 2023 sa vie est derrière lui.
 
 
Brunello di Montalcino Tenuta Valdicava Madonna del Piano Riserva 2004

Nez terrien sur des épices, des fruits noirs et du tabac.

La bouche est étonnamment très fluide, le jus est totalement délié alors que je m’attendais à une grande intensité. Le vin reste profond, mais le style tranche un peu avec la concentration que j’ai l’habitude d’avoir avec les Riserva. Ici le style est clairement féminin, sur la finesse et la délicatesse. Le vin est structuré, sur des arômes de cuir, de fruits noirs et d’épices, qui interviennent par strate mais de façon harmonieuse. C’est complexe et les éléments sont fondus entre eux. On sent le Sangiovese à son apogée qui s’exprime pleinement avec sérénité. Grande finale, tout en délicatesse avec une magnifique texture, sur ce triptyque de cuir/épices/fruits noirs avec une belle finale poudrée.

Excellent Brunello.
 

Sur cette série, un vin se démarque nettement: le Keller qui fut impressionnant. Pour les champagnes, le Dhondt est logiquement au-dessus des autres. En matière de rouge, le Brunello Valdicava a donné énormément de plaisir, mais le Vougeot sur le long terme lui passera facilement devant. Le Gravner m'a laissé perplexe.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, oliv, Olivier Mottard, dt, tht, sideway, Vaudésir, Papé, Blog, IH1456, starbuck, leteckel, LLDA, the_ej, Vesale, Ilroulegalet, Manas, Allobroge
19 Jui 2023 19:25 #42

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

CR: Ouvrir des belles bouteilles avec les amis, c'est l'essence même de notre passion. C'est ainsi que cette soirée fut mémorable. Une belle amitié, des beaux vins... Les rouges ont bénéficié d'une aération de 6h ce qui leur furent bénéfique. Les champagnes ont été ouvert 1h avant et le sauternes 3h avant.

Champagne Pierre Peters L’esprit 2016

Nez iodé sur la pêche et la poire.

Bouche à l’attaque très saline, avec une bulle très fine. Vient ensuite un coté brioché puis les arômes de fruits blancs, poire, pêche et pommes se succèdent. C’est racé et droit, jeune mais pas ennuyeux pour autant. L’acidité est vraiment la colonne vertébrale de ce vin, l’ensemble jouant sur un bel équilibre. Belle finale crayeuse.

Très bon champagne!
Krug rosé 18ème édition

Base 2005

Nez intense et riche sur la fumée et le fruit rouge.

La bouche est d’une très belle complexité pour un rosé. Il y a d’abord ce fruit rouge exubérant qui envahit littéralement le palais. Puis il y a cette fraîcheur divine qui apporte tension et allonge à un jus magnifique et structuré. C’est robuste et délicat à la fois. Le vin se fait complexe avec de délicieux arômes de fumée et de viande. Grande finale qui se déploie sereinement avec une longueur superbe.

Excellent rosé.
 

Champagne Ulysse Collin Le Jardin d’Ulysse 2015

Dgt 03/2021. Vieillissement prolongé de 60 mois.

Nez d’une pureté incroyable, floral, iodé et crayeux à la fois.

Bouche à l’image du nez, la fleur blanche domine un jus vertical et rocailleux. Les embruns marins se mêlent ensuite aux fruits blancs, pomme et poire notamment. On sent le vin au début de sa vie, encore très jeune, qui balbutie tel un V12 à froid. Grande finale saline sur une longueur salivante.

Excellent champagne, à garder pour le moment.
 

Chambertin Grand Cru domaine Armand Rousseau 1999

Encore une fois, le combo cave fraîche + 1999 acheté au domaine a encore frappé.

Nez très complexe, sur la retenue. Il m’a d’abord fait pensé à un beau Nebbiolo piémontais, sur l’épice et les fleurs séchées, une pincée d’herbes et d’arômes terriens sur un fond de fruits noirs.

Notons que le vin fut linéaire de son ouverture à la fin de la bouteille, aucune évolution notable. L’ensemble fait encore très jeune comme souvent avec un 1999 bien conservé!

En bouche, c’est simple: c’est une symphonie. Ça commence par le toucher, enveloppant et soyeux, le jus tapisse d’abord la bouche pour permettre au vin d’éclore avec sérénité. La texture du vin est époustouflante, c’est classe et racé, en un mot: un seigneur. Puis il y a la profondeur du vin, avec de délicats arômes terriens, du café, un fruit encore juteux, ces épices subtiles, un coté animal tout en finesse et élégance. Et ensuite, il y a l’équilibre: le vin chante, plus délicat que le clos Saint Jacques sur le même millésime, il s’impose de lui même par une présence hors norme, avec une tension diaphane. La finale est grandiose, toujours cette texture poudrée oscillante entre fleur séchée et épices douces, longueur fantastique ça s’étire sans fin…

Grand Bourgogne, un vin noble. 1999 évolue très lentement!
 

Chateauneuf du Pape domaine André Brunel “Les Cailloux” cuvée Centenaire 1990

Ce vin avait la lourde tâche de passer après le Chambertin 1999 Rousseau. Je l’ai choisi car des avis que j’ai pu lire sur internet, cette cuvée était qualifiée de “grenache bourguignonne”.

Nez sur la framboise écrasée. Seule la garrigue en arrière plan nous éloigne de la Bourgogne.

La bouche est magnifique de pureté et de délicatesse. Le jus est doux, avec cette framboise aussi dominante qu’éclatante, saupoudrée par des arômes de thym et de lavande. Le jus déroule tranquillement, des arômes de cuir et de sucre roux naissent, mais toujours de façon éthérée. Encore une fois, sans le coté tout en finesse des herbes provençales, on irait droit sur Vosne, avec pourquoi pas un beau Romanée Saint Vivant? Le vin travaille plus sur la largeur alors que le Chambertin est profond, mais le Chateauneuf est tout aussi noble, une vraie force tranquille. Grande finale féminine, un mélange exquis de figue, de fleurs et de lavande qui s’étirent dans une longueur majestueuse.

Grand Chateauneuf, grand vin tout simplement, qui est à la fois dense et aérien.
 

Sauternes Château d’Yquem 2006

Nez de safran et d’abricot confit.

Bouche d’une fraîcheur magnifique, j’avais peur que ce Sauternes que je qualifie de jeune puisse saturer les papilles de sucre. Il n’en fut rien. Des arômes de crème brûlée, de zeste d’orange et de caramel. Cela reste opulent mais parfaitement digeste. Finale savoureuse sur la meringue

Excellent Sauternes
 

Rangen de Thann Pinot Gris domaine Zind Humbrecht Clos Saint Urbain 2008

Bouteille ouverte sans préparation particulière ce qui lui a sans doute portée préjudice, ou alors peut être que la marche fut trop haute pour passer après Yquem.

Nez terpénique et mielleux.

Bouche ample, sur la pêche confite, c’est assez crémeux et mielleux à la fois. C’est un vin aux “hanches larges” qui manque un peu de complexité à mon sens et surtout d’allonge avec une finale sur la poire qui manque d’énergie. Le vin fait plutôt demi sec que moelleux.

A revoir.
 

Nous étions donc 3 à faire un classement. Pour les rouges, le Chambertin l'emporte de 2 voix contre une, il y a donc eu un match serré et vraiment, le Chateauneuf nous a surpris, il s,'est hissé au niveau du Chambertin, sans conteste. Pour les champagnes, le Krug l'emporte grâce à sa plénitude et à sa richesse que la maturité lui a apporté. Mais ce Jardin d'Ulysse constituera une bouteille d’exception d'ici une dizaine d'années.


 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: PtitPhilou, oliv, Olivier Mottard, tht, sideway, bertou, Jean-Loup Guerrin, GILT, Vaudésir, DUROCHER, Papé, Blog, Frisette, starbuck, leteckel, jd-krasaki, LLDA, the_ej, KosTa74, rafalecjb, Garfield, Vesale, LEON213, Ilroulegalet, Manas, Allobroge
09 Juil 2023 15:08 #43

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 793
  • Remerciements reçus 2994

Réponse de Ilroulegalet sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Que de belles descriptions des vins, en particulier le Chambertin et le C9P qui permettent d'appréhender ce que sont des grands vins rouges... dans le verre et non l'étiquette. Quant aux photos, elles sont comme toujours parfaites.

Le Rangen de Thann est un vin singulier qui n'aime pas la compagnie d'autres vins de mes petits expériences.  Le domaine  lui-même (nouveau site internet d'ailleurs avec affichage des prix de l'œnothèque qui suit une stratégie du "1 prix par cru" assez rigoureuse) le décrivait en 2010 de façon similaire à toi étonnamment. 

Sven. Curieux de tout, prédilection pour les vins blancs légers et européens.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy
09 Juil 2023 16:58 #44

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Disons qu’ouverte à l’arrachée et la mettre à la suite d’un plateau de haut vol comme celui là, c’est un peu comme faire rentrer un joueur de D2 à une finale de ligue des champions sans échauffement 
09 Juil 2023 18:38 #45

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 21910
  • Remerciements reçus 6145

Réponse de mgtusi sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Benoît, une simple question et n'y voit surtout pas une volonté de polémiquer car chacun fait comme il l'entend.

Tu ne bois pas ces vins à l'aveugle n'est-ce pas ? (oui ou non ça me suffira)

Michel
09 Juil 2023 18:38 #46

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 793
  • Remerciements reçus 2994

Réponse de Ilroulegalet sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Disons qu’ouverte à l’arrachée et la mettre à la suite d’un plateau de haut vol comme celui là, c’est un peu comme faire rentrer un joueur de D2 à une finale de ligue des champions sans échauffement 

L'analogie est marrante mais c'est un peu rude pour le Rangen de TH dont les seuls pedigrees indéniablement supérieurs seraient le Chambertin et l'Yquem , disons que ça serait faire rentrer le Ronaldo avec sa crise d'épilepsie lors de la finale de coupe du Monde 1998  .

Sven. Curieux de tout, prédilection pour les vins blancs légers et européens.
09 Juil 2023 18:45 #47

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

mgtusi post= écrit: Benoît, une simple question et n'y voit surtout pas une volonté de polémiquer car chacun fait comme il l'entend.

Tu ne bois pas ces vins à l'aveugle n'est-ce pas ? (oui ou non ça me suffira)



Non ce ne fut pas à l’aveugle. Tout simplement car au niveau logistique c’était pas tenable, il faisait chaud, il fallait donc maintenir les vins à bonne température, la nourriture à cuisiner les assiettes à dresser… c’était un dîner plaisir.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: mgtusi
09 Juil 2023 19:04 #48

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Cette série fut bue en Italie d'où la dominante de vins italiens. J'ai préféré relaté les vins par catégorie plutôt que par ordre chronologique.
Les champagnes
Champagne rosé domaine La Closerie Fac Similé 2012

2ème rencontre avec ce domaine après une première occasion ratée il y a 18 mois. Depuis, il faut avouer que les prix se sont envolés face à la demande internationale et à la production confidentielle.

Le domaine se caractérise par des dégorgements rapides, jamais plus de 2ans. Ici, ce 2012, dégorgé en 2014, fait figure d’ancêtre sur le marché actuel. J’avais à l’époque déjà bu Les Béguines 2012 et je n’avais pas été enthousiaste.

Nez très primaire sur le fruit rouge et la fumée.

Bouche angulaire et compacte, qui a du mal à percer une effervescence, pourtant fine mais envahissante au palais. Le jus se délie peu à peu à l’aération, mais ça manque cruellement de ressort et de fond à mon sens. L’équilibre est bon, mais je passe totalement à côté de ce vin, à la finale anonyme.

Prix de cette bouteille sur le marché aujourd’hui: 400€ environ, une folie. Le moins que je puisse dire c’est que je n’accroche pas au style du domaine, et que je ne comprends absolument pas l’engouement sur ces vins où l’effet rareté joue à plein.
Champagne domaine Dhondt Grellet “Le Fond du Bateau” Cramant Vieille Vigne 2010

Nez envoûtant sur l'acacia, le gingembre, le citron et la craie. On y revient sans cesse pour y découvrir un nouvel arôme.

Bouche crémeuse avec une belle acidité. C’est racé, malgré la réputation médiocre du millésime 2010. La craie est omniprésente, enrobée de saveurs comme la poire et la vanille. Le jus possède une belle profondeur, c’est énergique mais délicat à la fois, il y a aussi une légère touche oxydative qui s'ajoute à la complexité naissante. Les épices douces sont aussi de la partie avec le gingembre, l’équilibre est excellent sur ce vin où l’acidité porte un dense avec une belle fraîcheur. Très belle finale, qui oscille entre saveurs vanillées, craie, et gingembre avec une grosse longueur.

Excellent!
 
 
Champagne domaine Franck Bonville “Les Belles Voyes” 2013


100% Chardonnay du Mesnil sur Oger

Dgt 12/2020

Nez sur la pomme, les agrumes et sur la levure.

Bouche enrobée, c’est iodé et crémeux à la fois, avec des saveurs d’agrumes et de craie. La maturité est parfaite puisqu’on a une sensation de confort sur ce vin alors que le dosage est de 2,5 g. Le jus est profond, certes encore un peu primaire au nez, mais tellement sapide et plaisant. Le vin demande beaucoup d’air pour s’exprimer mais on a toute la minéralité du Mesnil sur Oger qui s’exprime avec une dominante de pierre mouillée. Grande finale saline avec une longueur vibrante.

J’avais déjà bu ce champagne une première fois fin 2021, confirmation qu’on a ici un grand vin.
 
Les blancs secs et moelleux
 
Südtirol Cantina San Michele Appiano Appius 2017

Voilà la cuvée porte étendard d’une coopérative qui, avec Cantina Terlan, est au sommet de l’appellation de l’Alto Adige.

Nez vif et floral sur les fruits blancs et les fruits exotiques avec une touche vanillée.

Bouche très jeune, avec un toucher vif, l’acidité vient tout de suite tendre et porter un jus dense, sur des arômes de noix et de fruits exotiques. C’est très légèrement oxydatif, avec une pointe vanillée, l’ensemble est généreux et profond sur une très belle fraîcheur. La finale est plus délicate que la bouche, sur des arômes floraux. J’aurais souhaité une longueur plus longue pour pouvoir parfaire un tableau fort promoteur.

Très beau vin blanc.
 
 
Riesling Scharzhofberger Auslese Egon Muller 2003

Nez sur le pétrole, le botrytis, les fruits tropicaux et le miel.

Bouche extrêmement dense, où l’acidité qui tape le rupteur donne une sapidité extrême à un jus extrêmement dense sur des saveurs de mangue, de fruits de la passion et la pierre mouillée. Cette sensation pierreuse portera le vin jusqu’au bout, lui donnant profondeur et fraîcheur alors que les fruits exotiques lui donnent de la richesse. La maturité de ce vin couplé à une acidité taillée au laser lui donne un équilibre dantesque. Magnifique finale sur le miel et l’abricot qui se prolonge sur une longueur tout en minéralité.

Excellent comme souvent.
 
 
Riesling Prädikat Beerenauslese Weingut Dr Loosen 2018


Nez intense et pur, c’est floral et sur les fruits exotiques.

La bouche est l’archétype de ce que je désire pour un vin de dessert: acidité haute, degré alcoolique bas et jus dense. Arômes encore très primaires de nectarine et d’orange, le tout saupoudré de gingembre. Finale fraîche sur une longueur correcte.

J’aime beaucoup.
 
 
Les rouges
 
Montepulciano d’Abruzzo Azienda Valentini 2000

Après quelques rencontres en demi-teinte avec les rouges du domaine dernièrement, j’ai décidé d’ouvrir le légendaire 2000.

Nez intense de goudron, de prune, de sous-bois et de truffe.

La plénitude du vin est impressionnante, c’est intense et sanguin, sensation d’avoir un mélange de jus de viande et d’huile d’olive en bouche. C’est totalement délié et satiné, chaque gorgée apporte un nouvel arôme, tantôt terrien et truffé, tantôt sur la fraise et la fumée. Vin structuré où la fine acidité joue le rôle d’épine dorsale qui apporte tension et fraicheur sur un ensemble qui se fait presque aérien à l’aération. Grande finale sur des arômes de sous bois avec une longueur sanguine monumentale.

Un grand Valentini, kaléidoscopique et serein.
 
 
Puente Alto Vina Almaviva 1998

J’avais bu le 2014 en 2021 et je n’avais pas été convaincu par le style très lourd et cacaoté de ce vin. Bouche

Le nez est très automnal, sur les feuilles mortes, le sous bois et un fruit encore bien vivant en second plan.

La bouche est très harmonieuse, avec une symbiose entre un fruit noir et des notes tertiaires. L’attaque se fait sur la prune et la myrtille, de façon enrobée. Le jus est dense, avec une touche de vanille qui ressort, moment où se fait la bascule vers les notes tertiaire de sous bois. C’est plaisant, tout en étant intense et sapide à la fois. On est loin de la lourdeur des Almaviva récents. Finale délicate sur les champignons avec des tannins fondus et une belle longueur.

Un vin aux accents bordelais, très mature et plaisant. Excellent.
 
 
Côte Rotie domaine Guigal “La Landonne” 2003


Après une Turque affreusement bouchonnée, je décide donc d’ouvrir une Landonne sur le millésime 2003 qui a plutôt bonne presse.

Nez engageant sur le cuir et la fraise
La bouche possède une belle fraîcheur, avec des saveurs de cuir et de sous-bois, mais ça manque cruellement de ressort et de profondeur pour justifier un pedigree avantageux, en tout cas sur cette bouteille. Finale qui manque de force qui va s’évanouir dans une longueur anonyme.

Encore une rencontre manquée…
 

Brunello di Montalcino Tenuta Il Poggione 2018

Nez discret, fruit noir et chocolat.

Bouche épicée, le jus manque de définition à mon sens, sur des arômes de tabac et de cuir. Bon équilibre, mais trop “standard” à mon goût. Finale boisée.

Bien, mais sans plus, ça manque de style, c’est assez anonyme pour plaire au plus grand nombre j’ai l’impression.

Brunello di Montalcino Azienda Agricola Canalicchio di Sopra Riserva 2010

Nez envoutant sur le fruit noir, le thym, la lavande et une pointe de cèdre.

Bouche soyeuse et sereine, avec un jus profond et équilibré. Le vin est riche tout en étant délicat, sphérique et texturé à la fois. Il y a beaucoup d’harmonie avec cette lavande et ce thym qui dominent, sur un lit de fruits noirs et de tabac en seconde moitié de bouche. Le vin est vraiment savoureux, c’est sapide et structuré. Belle finale saline sur une longueur poudrée.

Un excellent Brunello.
 

Toscana IGT Azienda Agricola Querciabella “Palafreno” 2012

100% Merlot issu de Greve in Chianti, au cœur de l'appellation.

Nez intense et précis sur du fruit noir, la fumée, les herbes sèches et des notes terreuses.

Bouche au jus dense sur une acidité moyenne. Ça pourrait être lourd mais l’équilibre est conservé notamment par des arômes terriens et de prunes qui se succèdent parfaitement sur un fond herbacé et une touche vanillée. Le jus est ample mais digeste ce qui le rend parfaitement plaisant et structuré. La finale se trouve relancée par un surcroît de fraîcheur qui permet encore une fois d’étirer ce merlot sur des notes suaves.

C’est un très bon merlot harmonieux comme on peut en trouver en Toscane.
 
 
Barolo Azienda Agricola Giuseppe Mascarello Monprivato 2004

Nez très bourguignon, c’est floral, avec une farandole de fruits rouges et un soupçon d'épices.

La bouche confirme cette souplesse, avec un jus de grande qualité, très fin, avec la rose qui domine. Après les quelques Morissio riserva que j’ai bu, si ce Monprivato ne possède pas la profondeur de la grande cuvée, il l’emporte par contre sur le plaisir et la sapidité du vin qui se démarque par sa sérénité. Les arômes de fruits et d’épices viennent en seconde moitié de bouche, mais cette rose qui domine est vraiment délicieuse, c’est tellement délicat. Belle finale florale sur une longueur diaphane grâce à une acidité éthérée qui relance le vin tout en conservant un équilibre parfait.

Quel plaisir d’avoir ce genre de Barolo évident.
 

Globalement, les blancs se sont tous bien présentés, et les allemands m'impressionnent de plus en plus. Coté champagne, je n'arrive pas du tout à comprendre la folie actuelle sur la Closerie, ses vins sont beaucoup trop jansénistes pour être plaisants, mais ça plait beaucoup en Asie... A contrario, Dhondt Grellet et Franck Bonville performent pour 4 fois moins chers.

Enfin pour les rouges, Valentini est au top, tout comme le Monprivato de Mascarello. Ensuite, en place d'honneur, je dois dire que l'Almaviva m'a impressionné, et le Cannalichio di Sopra aussi.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: PtitPhilou, oliv, Olivier Mottard, Sylv1, jean-luc javaux, sideway, peterka, bertou, La Vie est une Fête, Moriendi, Jean-Loup Guerrin, Vaudésir, DUROCHER, tomy63, condorcet, LucB, Blog, leteckel, LLDA, the_ej, JulienG., Garfield, Vesale, Bobo1, Ilroulegalet, Manas, Kana, Allobroge
10 Aoû 2023 11:49 #49

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 793
  • Remerciements reçus 2994

Réponse de Ilroulegalet sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Comme toujours, des photos et des CR de grande qualité pour des bouteilles prestigieuses qui ont l'air de servir le plaisir de son dégustateur et non son égo et son statut. 

les allemands m'impressionnent de plus en plus. 

C'est bien le moins avec les bouteilles que tu dégustes, et c'est génial que tu attaques d'autres rives. Une nouvelle frontière que tu pourrais explorer serait les rouges d'Europe Centrale, notamment les Blaufränkisch qui sont très intéressantes. Et mon apothéose de prédicateur de vin de la région sera quand tu posteras un commentaire de la cuvée du "Wild Boys Club of Batonnage"   . Transposé à Bordeaux, c'est un peu comme si les 1er GCC de 1855 s'étaient retrouvés avec Figeac, Ausone, Petrus et Lur-Saluces autour d'un verre et avaient décidé de faire un assemblage de leurs grands vins.

Sven. Curieux de tout, prédilection pour les vins blancs légers et européens.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: trainfr, Benoit Hardy
10 Aoû 2023 18:13 #50

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Ahahahahaha ça a l’air d’être un vin de fou furieux ton engin autrichien là! 

C’est intéressant, ça fait un moment que j’essaie de traquer des vins suisses ou autrichiens mais c’est compliqué à trouver et à sourcer. C’est pour ça que les vins d’Alto Adige sont intéressants, leurs méthodes de vinification comme pour certains Terlan sont assez atypiques. 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, Ilroulegalet
10 Aoû 2023 21:38 #51

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Quelques bouteilles pour fêter mon anniversaire. Le protocole reste toujours inchangé, à savoir une ouverture 4h avant le service pour les rouge, 2 à 3h pour les blancs, et 1h pour les bulles.
Les champagnes
 

 Champagne Ulysse Collin rosé de saignée “Les Maillons” 2013

Dgt 02/2017

Nez exubérant de framboise, de menthe et de cerise.

Bouche vineuse, pratiquement tannique. Il faut aimer le coté vin rouge à bulle. Si c’est le cas, alors vous allez adorer ce vin mêlant des arômes de fraise, de framboise, de menthe, de cendre et une minéralité toute saline. Cet ensemble tourbillonne dans le verre avec une acidité qui apporte tension et vie à un vin très énergique. Belle finale sur un fruit éclatant saupoudré d’iode, avec une longueur sur les sels minéraux.

Excellent, sans doute le meilleur rosé de saignée actuellement, mais les prix deviennent décourageants.
 
Champagne domaine Benoit Marguet Sapience Oenothèque 2009

Dgt 04/2022

Le vin réclame un bon 30 minutes d’aération avant de sortir de sa torpeur.

Nez floral sur le jasmin et la levure.

Bouche d’une magnifique énergie, c’est certainement le plus vif des champagnes 2009 que j’ai pu goûter jusqu’ici. L’aspect vineux domine bien que le Pinot Noir ne représente que 25% de l’assemblage. Arôme de fraise écrasée, de fleur blanche et un coté oxydatif très maîtrisé. L’énergie du jus est vraiment frappante, avec une jeunesse et une tension énorme, là où pas mal de 2009 sont déjà arrivés à maturité, et surtout que c’est un 0 dosage. C’est impressionnant. Pour comparaison, un Chartogne Taillet 2009 bu l’année dernière paraissait beaucoup plus mature. Finale où le chardonnay reprend le dessus, avec une salinité qui s’étire tout en longueur.

Excellent champagne.
 
Champagne Cristal Louis Roederer 1996

Nez floral, puis nougat et miel.

Bouche explosive, avec une effervescence discrète. Le volume de ce vin est prodigieux, et il est à son firmament, peu d’intérêt à attendre les 1996 désormais à mon sens à moins d’aimer les arômes de champignons. Ici on a un vin tout en nuance malgré son énergie formidable qui tend le jus comme un javelot, avec des arômes d’amandes douces, d’épices, de fruits confits et de fleurs séchées. L’acidité est taillée au laser, avec un dosage plus important que ce que l’on rencontre depuis quelques années en Champagne, mais cela donne une belle assise au vin. Grande finale, légèrement oxydative sur la noisette avec une longueur kilométrique.

Grand Cristal.
 
Champagne domaine Laherte “Les 7”

Dgt 02/2019. Base 2015, solera 2005-2016. Cuvée bue la dernière fois en 2021, et elle ne m’avait pas convaincu à l'époque.

Nez vineux, fruits noirs et une touche oxydative.

Bouche assez riche et déjà fort évoluée. Jolie texture avec des arômes de marzipan, de noisettes, croûtes de pain et myrtilles. Belle fraîcheur apportant une tension bienvenue pour étirer un jus dense sur une effervescence discrète. C’est bien calibré, un ensemble cohérent et convaincant. Belle finale sur de beaux amers avec une bonne longueur.

Très bon champagne qui me réconcilie avec le domaine.
 
Le blanc
Corton Charlemagne domaine Pierre Yves Colin Morey 2008

Nez où le boisé vanillé domine. Il faut toute la force et l’intensité des arômes floraux pour percer ce boisé luxueux. Petit être un peu envahissant mais agréable.

En bouche, le boisé est supplanté par la puissance du vin qui relègue les arômes vanillés en arrière-plan. Fruits blancs, tilleul et surtout une intensité minérale dans ce vin qui surprend. Sensation de lécher une pierre mouillée et une roche de calcaire. Vin structuré où chaque arôme s’efface au profit du suivant, jus magnifiquement texturé tout en ayant une belle tension en filigrane. Grande finale saline avec un trait vanillée en longueur qui donne le sourire.

Excellent. Je ne suis pas adepte du boisé mais quand il est bien intégré et participe à la complexité du vin sans masquer sa race, alors c’est très plaisant.
 
Les rouges
Montepulciano d’Abruzzo Dante Marramiero 2005

Nez terrien sur le sous bois.

Bouche massive, le fruit a disparu pour des saveurs de tabac, de sous-bois et de terre. On est définitivement dans des arômes tertiaires où la terre domine largement. L’acidité permet encore d’équilibrer le vin mais il est temps de le boire, car le jus commençait à s’oxyder de façon importante en fin de dégustation. Bonne finale poivrée.

Bien
 
Masseto Tenuta dell’Ornellaia 2001

Voilà un millésime iconique de Masseto. 2001 a été marqué par des conditions idéales à Bolgheri et un mois de septembre si froid qu’il a fallu 4 semaines pour compléter la vendange.

Le nez n’aura de cesse de changer, floral, framboise, champignons, cuir, cèdre ou encore chocolat, il est une dégustation à lui tout seul et on y reste collé pendant des heures.

Mais ce qui est le plus impressionnant, c'est la bouche. La texture du vin est incroyable, c’est poudré, du velours liquide, couplé à une puissance énorme. Le jus est dense, voluptueux et opulent tout à la fois, en alliant une grande fraîcheur. Cette puissance maîtrisée fait que le vin se transforme en modèle de finesse, tout en profondeur et en dentelle. La richesse des arômes est magnifique, prunes, framboise, champignons, balsamique, cèdre et sous bois, c’est un véritable kaléidoscope que la structure du vin supporte facilement. Grande finale poudrée, finement épicée et boisée, sur une longueur florale qui s’étire à n’en plus finir.

Grand vin.
 
Amarone della Valpolicella Gerardo Cesari “Il Bosco” 2008

Nez puissant sur la prune, les fruits noirs et le cuir.

Corvina 80% et Rondinella 20%. Cuvée connue pour sa parcelle fraîche qui évite la surmaturité souvent constatée sur Amarone

Bouche assez linéaire avec une attaque franche sur les fruits noirs et le cuir, c’est plaisant mais pas franchement de quoi marquer les esprits. Vin bien fait et équilibré mais qui manque de caractère. Belle finale sur le tabac cependant.

Bien
 
Mount Veeder Lokoya 2005

Nez d’une fraîcheur énorme sur le graphite, le poivre et la violette.

Un vrai vin d’altitude au jus dense mais à la fraîcheur magnifique. Les arômes se succèdent et s’entremêlent avec de la myrtille, de l’origan et du romarin. Ce vin, c’est une boîte à herbes de Provence. Le vin possède une magnifique acidité qui fait oublier les 15,5° d’alcool avec une texture soyeuse. Mount Veeder prouve encore une fois sa réputation de terroir frais par rapport à la surmaturité parfois lourde des cabernet sauvignon de la Napa. Grande finale pétillante sur la violette et le chocolat, sur une longueur impressionnante.

Grand cabernet californien.
 
Bolgheri Superiore Ornellaia Tenuta dell’Ornellaia 2006

Le vin réclame du temps pour se réveiller et être digne de son rang.

Nez balsamique sur le chocolat, la fumée et les épices.

Bouche onctueuse malgré un jus d’une grande intensité. Les épices dominent, sur un fond cacaoté et un fruit noir éclatant tel que la prune. C’est d’une richesse toute déliée sur une belle structure. Excellent équilibre sur une acidité qui élance le vin. Belle finale chaleureuse sur le tabac et des tannins fondus. Grande longueur.

Excellent.
 
Les liquoreux
Vin Santo del Chianti San Giusto a Rentennano 2011

Nez sur le sucre brûlé et le café fort.

La bouche est extrêmement sirupeuse, trop même, on a l’impression littéralement du sirop d’érable. Malgré 9 petits degrés d’alcool c’est lourd. Finale sur le sucre brûlé.

Pas du tout mon style, même en demi bouteille c’est difficile d’en venir à bout.
 
Scharzhofberger Riesling Egon Muller Auslese 2006

Nez de botrytis sur la mangue et le miel.

Magnifique toucher de bouche avec un jus d’une densité énorme, c’est mielleux et ça tapisse la bouche. Ensuite, l’acidité non moins intense prend le relais pour tendre le vin avec des arômes d’une fraîcheur exquise, mangue, fruits tropicaux et pêche. C’est presque sirupeux tellement le miel domine, mais un miel auquel une ajoute un ressort d’une énergie folle. C’est stratifié sur une finale intense, un mélange de mangue trempé dans du miel avec une longueur énorme.

Grand Egon Muller, comme d’habitude j’ai envie de dire.
 
En résumé, le Masseto, le Cristal et l'Egon Muller ont survolé les débats chacun à leur tour. En place d'honneur, le Lokoya, Ornellaia et Marguet. Mention spéciale au Laherte qui était très bon, et le PYCM qui était excellent aussi.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, PtitPhilou, oliv, Olivier Mottard, Alex, dt, sideway, peterka, bertou, bulgalsa, La Vie est une Fête, Moriendi, Jean-Loup Guerrin, Vaudésir, Atmosphere, LucB, Papé, Blog, Agnès C, sebus, Frisette, starbuck, leteckel, LLDA, the_ej, Vyat, Garfield, Vesale, Ilroulegalet, Manas
25 Sep 2023 21:26 #52

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Très beau repas où les vins, très différents les uns des autres, furent servis par paire:

CR: Champagne Pierre Peters “Les Chétillons” 2013

Joli nez de brioche, de poire, d’agrumes et d’autolyse. Effervescence très fine.

Bouche structuré, le vin agit comme un entonnoir: très large au début, texturé et étonnamment riche pour un Blanc de Blancs (on peut regretter que la contre étiquette soit si avare en information), mais surtout encore très jeune sur une aromatique d’agrumes et de brioche. Ensuite le vin se fait traçant, sur un équilibre imperturbable, avec de la pierre mouillée et des sels minéraux. Belle et grande finale crayeuse.

Excellent Champagne Eric Rodez “Les Beurys” 2010

Dgt 07/2015

Nez boisé, cacahuète grillée et fumée

Bouche crémeuse, avec une bulle très discrète. Vin qui évolue progressivement sur un mélange de fruits noirs et de fumée. Arômes de noix et discrète touche oxydative. L’ensemble s’avère délicieux et buvable, c’est un vin évident et équilibré sur un millésime très contrasté. Finale onctueuse, avec cette trame de fruit noir fumé qui sert de fil conducteur sur une bonne longueur.

Excellent, une bouteille dans sa plénitude mais qu’il ne faut pas garder indéfiniment.
   
Il m’avait paru intéressant de mettre ces 2 champagnes face à face pour plusieurs raisons. La première, c’est qu’on est évidemment sur 2 terroirs et 2 cépages différents, ce qui peut ne pas paraître pertinent. Pour autant, ils se sont parfaitement répondus et complétés. Sur le papier, on aurait pu croire que le Peters allait écraser le Rodez, d’abord le millésime, plus flatteur coté Peters, et aussi, disons le, au vu de l’excitation énorme qui règne autour de ce domaine depuis début 2023 avec des prix qui décollent. Un Chetillons aux enchères aujourd’hui, c’est 400€, une folie. Si le Rodez est 4 fois moins cher, il a parfaitement challengé le Peters car il fut cueilli à son apogée. Le Peters par contre, a une longue vie devant lui. Notons que ces 2 bouteilles sont avec des dosages un peu plus appuyés que la mode actuelle ne l’impose.

Saumur Blanc Clos Rougeard “Brézé” 2012

Nez sur la pomme, la cire, notes toastées et de noix.

La bouche possède une belle énergie, à des années lumières du 2005 bu il y a quelques mois à l’aromatique grillée trop envahissante. Si le toasté reste présent, il est en 2ème rideau après des saveurs de zeste d’orange et de mandarine. Acidité traçante avec beaucoup de minéralité qui tend un très beau jus. C’est droit et structuré mais très plaisant et pas rébarbatif. Belle finale florale qui surprend par sa délicatesse, sur une grande longueur.

Excellent
 
Chateauneuf du Pape Clos des Papes blanc 1986

Si le nez, sur une marmite de confiture, pouvait augurer de bonnes choses, la bouche, elle, est totalement bloquée. Pas oxydé, pas mort, mais totalement monolithique tel un bloc de marbre. Peut-être qu’il lui aurait fallu plus d’oxygénation? Les diners où les vins s'enchaînent sont sans pitié pour ce genre de bouteille, trop timide pour être apprécié, mais pas assez défectueuse pour être écartée.
 
Chateauneuf du Pape Chateau Rayas Pignan 2011

Nez sur des arômes intenses de fraise, garrigue et orange sanguine.

Bouche beaucoup plus aérienne que le nez ne le laissait croire. C’est velouté, sur la rose fanée, avec une grande tension qui étire un jus dense, mais tout en longueur. Cette sensation de fraise glycérinée est magnifique. Grande finale, puissante et fraîche à la fois sur l’orange sanguine. Longueur saisissante.

Excellent, vin lumineux et évident je ne bois pas souvent des Reynaud mais ce Pignan m’a conquis.
 
Pessac Léognan Chateau La Mission Haut Brion 1986

Nez sur le cigare, les cendres, le cèdre et la fumée.

La bouche est très archétypal du Bordeaux mature bien né. Au coeur de ce jus intense on a des fruits noirs encore éclatant autour duquel gravite une aromatique puissante de cendres et de cigare, c’est un vin qui pourrait se fumer pratiquement tant ces arômes sont enivrants. Puis le cèdre vient polir cet ensemble. Le vin est texturé avec un grain magnifique. Comme beaucoup de 1986 ce LMHB possède une structure austère et robuste qui le fera vivre encore longtemps surtout avec cette acidité sous jacente parfaitement intégrée. Magnifique finale intense, herbacée, sur une longueur terrienne impressionnante.

Excellent, un Bordeaux sérieux qui tranche un peu avec l'exubérance de 1990 ou la profondeur sombre de 1989. Est-il à son apogée? Je ne le pense pas.
 
Ici aussi c’est une paire intéressante tant les vins sont antinomiques. Le Pignan est hédoniste, au plaisir immédiat et évident. Le LMHB est quant lui plus intellectuel et complexe, il faut prendre son temps pour appréhender sa structure et ses facettes. Difficile d’en démarquer un particulièrement, tout dépend de l’humeur du dégustateur, mais ce sont 2 grands vins.

Sauternes Château de Fargues 1989

Nez sur le safran, écorces d’orange, agrumes confits et sucre brûlé.

Bouche sur l’abricot cuit, c’est plus épicé que sucré, et plus fin et élégant que riche et visqueux. C’est notamment grâce à une acidité assez haute pour un sauternes que ce vin garde toute sa sapidité. Pour autant, son équilibre est sans faille. Ça manque peut-être un peu de profondeur en l’état, mais c’est un pur plaisir à boire en fin de repas. Belle finale sur la marmelade sur une bonne longueur.
 
Sauternes Château de Fargues 2001

L’intensité du nez interpelle, le safran et l’orange confite dominent tout.

Bouche à la concentration magnifique et impressionnante, ça ronronne comme un gros V8 atmosphérique. Mais heureusement, une acidité tout en filigrane enrobe ce jus pour l’élancer et ne pas tomber dans lourdeur, pour propulser des saveurs d’orange, de cannelle et de safran en bouche. Le vin tapisse le palais d’une facilité déconcertante. La sapidité de ce Sauternes n’a d’égal que sa profondeur. Finale toute élégance, intense et kilométrique sur le fruit rôti.

Grand Sauternes.
 
Sur cette paire, l’air de famille est évident, j’aime beaucoup de Fargues qui propose des Sauternes digestes et élégants. Si le 1989 a séduit par sa maturité, le 2001 nous a conquis par sa classe. Dans 20 ans ce sera énorme.
 
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, PtitPhilou, Olivier Mottard, Jean-Paul B., Sylv1, Eric B, Galinsky, sideway, bulgalsa, Moriendi, Jean-Loup Guerrin, bibi64, GILT, Vaudésir, LucB, romu, Papé, Blog, Agnès C, sebus, starbuck, leteckel, LLDA, the_ej, vvigne, Garfield, Vesale, Ilroulegalet, Allobroge, Droop
15 Oct 2023 16:13 #53

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 6967
  • Remerciements reçus 6139

Réponse de Frisette sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

La robe du Pignan!!! 
Confirmation si besoin était  encore une fois, de la grandeur et de la majesté du millésime 2001 en Sauternais.

Flo (Florian) LPV Forez
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy, Ilroulegalet
15 Oct 2023 22:12 #54

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Une sélection forcément intéressante tant les vins se sont montrés différents les uns des autres, un bel exercice de style pour déceler le terroir et la patte du vigneron.
Les champagnes

Champagne Roses de Jeanne “La Bolorée” 2005

Nez sur le miel, l’abricot et une touche d’épices douces.

Toucher de bouche magnifique, le jus est onctueux avec une belle maturité qui signe un millésime solaire comme peut l’être 2005. On peut peut-être lui reprocher un léger déficit d’acidité mais l’ensemble est tellement plaisant, sur une confiture d’abricot, des amandes avec un zeste de bois et d’épices. Il y a un côté riche et exotique sur ce pinot blanc, je retrouve l’esprit Roses de Jeanne comme m’avait emballé auparavant avant d’avoir enchainé quelques bouteilles qui m’avaient moins enthousiasmé. Belle finale, vineuse et sur les fruits exotiques.

Excellent, j’aime beaucoup La Bolorée.
Champagne domaine Jacques Lassaigne ‘La Colline Inspirée”

Dgt 09/2022

Blanc de blancs

Nez sur la mirabelle, la poire et la pomme cuite. Le 100% chardonnay ne saute pas au nez!

Bouche sur une touche oxydative maîtrisée. Je pensais qu’il allait être un peu trop jeune, mais bien que le jus ait été un peu compact, le vin s’est bien exprimé. Emmanuel Lassaigne est l’un de mes vignerons préférés du moment en Champagne. Le vin est bien structuré, sur des notes lactiques, de poire et de gingembre. Le vin possède un côté cidre. Belle vivacité sur une trame acide bien intégrée. Finale sur la mirabelle, pratiquement vineuse, ce qui est surprenant pour un BdB, belle longueur.

Très bon vin, surprenant comme à l’accoutumé avec Emmanuel Lassaigne.
 
Champagne Francis Boulard 1997 comète Hale-Bopp

Je me souviens avoir déjà bu ce vin il y a environ 10ans, 2012 pour être précis. Je revois encore Francis me parler de ses comètes 1996 et 1997! Il en était très fier.

Nez sur les amandes grillées, la fumée et le café.

Bouche évoluée au toucher encore vif et frais, avec des arômes torréfiés, litchi, poire confite et amandes grillées. L’effervescence est encore là pour faire vivre le vin, comme l’acidité ciselée. Beau jus qui a, en toute objectivité dépassé son apogée mais le plaisir, lui, de voir un beau champagne évolué, reste intact. Belle finale sur le café sur une bonne longueur.

Très bien, mais il est temps de le boire. Francis peut être fier de ses créations! Pour un brut nature, il a tenu la distance.
   


Le blanc
 

Sonoma Coast Marcassin “Marcassin Vineyard” 2013

Helen Turley est sans doute la référence en Californie quand on parle de chardonnay ou de pinot noir.

Premier chardonnay californien.

Nez d’une richesse incroyable sur la poire, la cire d’abeille, la vanille et la noisette.

La bouche est exubérante. C’est une sorte de Meursault sous stéroïde. On prend le gras murisaltien et on lui rajoute l'exubérance californienne. Cela donne un vin évidemment riche mais sa trame acide donne du ressort à un ensemble kaléidoscopique qui en deviendrait presque aérien. C’est à la fois glycériné, sur la pierre mouillée, la poire confite, les agrumes, la vanille et le miel. Le tout repose sur une structure impressionnante. Finale à la fois glycérinée et saline avec une longueur propulsée par un trait acide.
Un vin impressionnant, une expérience en soi moi qui peine à trouver mon bonheur en blanc en dehors de l’hexagone.
 

Les rouges

Barolo Azienda Massolino Vigna Rionda Riserva “Dieci X anni” 2004

Très beau nez sur la rose et la fraise écrasée.

Bouche poudrée, très texturée sur la finesse. Surprenant pour un Barolo Riserva d’un gros millésime, tellement il est féminin. Jus complexe sur des arômes floraux et de fraises, c’est très agréable et sapide. Pour autant, j’en attendais plus de profondeur, la finesse se transformant en manque de ressort en seconde partie de bouche. Il y a une belle acidité mais un léger déficit de profondeur. La finale relance cependant bien le vin, sur de belles notes de cuir et une belle longueur.

Très bien, beau Barolo sapide.
   

Toscana IGT San Giusto a Rentennano “Percarlo” 2004

Nez aussi intense qu’élégant sur des arômes terriens, cannelle, épices, fruits noirs, framboise et vanille.

Bouche sur un style assez fin et soyeux. Le jus est cueilli dans sa plénitude avec une belle trame acide qui élance le vin pour propulser de belles saveurs terriennes, de fruits noirs et d’épices. C’est complexe et stratifié, très plaisant à boire. Seconde partie de bouche vanillée, cannelle et toujours ce fond d’épices douces. Belle finale toute en douceur, sur la cannelle.

Excellent Sangiovese toscan, qui vieillit admirablement et qui se trouve encore à prix correct.
 
 
Ribera del Duero Finca Villacreces “Nebro” 2001

Nez de lavande, de cassis et de réglisse.

Bouche pénétrante. Non pas par son volume ou sa densité, mais par sa finesse étonnante pour un tempranillo et sa finesse. Le vin est bâti tout en longueur, avec une structure qui se délie au fur et à mesure sur des arômes de lavande, de fruit noir et de réglisse. Le vin est profond et texturé à la fois, avec beaucoup de sérénité. L’acidité est intégrée tout en filigrane, il m’a vraiment surpris par rapport aux bombes de concentration que sont souvent les Ribera. Très belle finale sur le chocolat et les fines herbes, plus intense que la bouche, qui explose dans la gorge sur une grande longueur.

Excellent, j’ai beaucoup aimé.
Barolo Azienda Giovanni Sordo “Perno” Riserva 2001

Nez floral, puis balsamique, cuir et fruits noirs.

Bouche étonnamment souple et fluide pour un riserva. De beaux arômes floraux se mêlent aux fruits noirs portés par une belle acidité. Le jus est bien texturé, puis on passe ensuite à des arômes tertiaires comme le cuir et les écorces de pins. La transition se fait très harmonieusement pour finir sur une finale intense où le balsamique domine.

Très bon Barolo, qui manque juste un peu de profondeur pour passer au niveau supérieur.
 
 
Le vin de dessert
 

Recioto della Valpolicella Classico Azienda Giuseppe Quintarelli 2004

Jusqu’ici, les vins de dessert italien ne m’ont guère impressionné, trop sirupeux, trop sucré, trop dense, trop torréfiés, trop tout.

Nez de figues confites, d’abricots et un soupçon d’arômes torréfiés.

C’est le vin de prédilection sur les desserts au chocolat.

Bouche étonnamment fluide et animée par une belle acidité, qui tend un jus dense mais fort sapide. Le vin déroule ses arômes de figues et d’arômes finement torréfiés, il s’impose non pas par sa sucrosité mais par sa maturité avancée. Vin serein et accompli qui déroule sa participation sur une belle finale, toujours sur ces arômes de figues prédominants et fort plaisants je dois dire. Par contre la longueur peine à s’imposer, petit bemol au bu de l’ensemble de haut niveau.

Excellent vin de dessert, sapide et frais.
 
Beaucoup de découvertes dans cette série. Pour moi le Marcassin est clairement au-dessus du lot, une bombe, mais il faut aimer le style. En second je mets Roses de Jeanne, La Bolorée est sa cuvée que je préfère et les dernières dégustations m'avaient déçu. En 3ème le Villacreces m'a fait forte impression, il passe devant les 2 Barolo sans forcer.

Mention spéciale au Boulard, qui prouve ici que les brut nature peuvent vieillir harmonieusement, et au Recioto, qui était excellent.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Anthony, oliv, Olivier Mottard, Sylv1, Eric B, Axone35, sideway, peterka, bertou, breizhmanu, Jean-Loup Guerrin, Vaudésir, Atmosphere, Papé, Blog, sebus, Frisette, leteckel, the_ej, DaGau, Vyat, JulienG., Vesale, Ilroulegalet, Droop
29 Oct 2023 21:36 #55

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

On peut qualifier cela d'échauffement d'avant le Grand Tasting et les fêtes. Le protocole d'ouverture demeure le même qu'à l'accoutumé, à savoir 5h pour les rouges, 3h pour les blancs et 2h pour les champagnes. Par soucis de cohérence, l'ordre du récit ne coïncide pas avec l'ordre de dégustation vu que la dégustation s'est déroulée sur plusieurs jours.
Les champagnes

Champagne Philippe Lancelot “Vieilles Vignes de Cramant” 2009

Nez sur l’agrume, la frangipane et les fruits blancs.

Bouche où la richesse du millésime s’allie à la fraicheur du format (1,5L). Je soupçonne cependant un dosage un peu appuyé par rapport à la mode contemporaine du peu/pas dosé. Néanmoins, en l’absence d’informations sur la contre-étiquette il faudra se contenter de cette sensation. Mais le vin s’avère agréable ainsi, d’une attaque ample, à l’effervescence fine, mais avec une acidité qui étire bien les saveurs d’agrumes frais. Finale saline à la longueur correcte.

Bon champagne mais sans surprise.
 

Champagne Pertois-Moriset Le Mesnil sur Oger “Les Hauts d’Aillerands” 2013

Dgt 04/2021

Nez pur et floral, craie et agrumes.

La bouche possède une très belle texture, c'est crémeux et pur à la fois. Il y a une étonnante richesse pour un vin du Mesnil sur Oger. Très belle tension qui propulse le jus sur des saveurs de craie, de pomme caramel et d’agrumes. Champagne qui allie densité, tension et pureté. Belle finale saline qui s’étire sur une très bonne longueur.

Excellent, j’aime beaucoup les parcellaires de ce domaine.
 

Champagne Blanc de Blancs 1er cru domaine Clément Perseval “Les Rouleaux” 2012

Dgt 02/2018. Bulles très fines.

Nez crayeux et de fruits rouges.

En bouche, il y a une belle énergie avec un jus dense qui développe curieusement pour un 100% chardonnay une belle vinosité avec des arômes de fruits rouges omniprésents. Belle trame acide qui donne une belle vivacité, vin très agréable à la sapidité plaisante. On est loin de la rectitude de certains Chardonnay de la Cote des Blancs, et je trouve d’ailleurs que le Chardonnay de Sacy, Ecueil ou comme ici Chamery apporte plus de souplesse et de fruits rouges. Belle finale curieuse, mentholée comme rarement j’en ai eu sur un champagne, sur une bonne longueur.

Très bon champagne que j’ai trouvé sur son plateau de maturité!
 

Champagne 1er cru domaine David Léclapart Blanc de Noirs “L’Astre” 2014

Nez intense de mandarine, de gingembre, d’épices et de fumée.

Bouche impactante, sur des arômes similaires. La mandarine domine en attaque avant que la vinosité ne s'installe. Ensuite le vin développe déjà une très belle complexité, sur des fruits rouges juteux, des épices douces avec un gingembre dominant. Très belle richesse combinée à une grande acidité qui rend le vin traçant et équilibré. Grande finale sur la fumée et un boisé très fin, longueur vineuse admirable.

Excellent champagne, très racé.
 

Champagne Mareuil sous le Mont domaine Jacques Selosse “Sous le Mont”

Dsg 01/2012. Base 2005. Bulle très fine.

Nez oxydatif, pêche, miel, mandarine, et ananas confits.

En bouche, le toucher est exquis bien que je ne m’attendais pas à autant d’évolution sur ce vin. Il me fait penser à un vin du Jura ou à Substance. Une fois le voile oxydatif passé, le vin déroule sur des saveurs exquises de pelures de mandarines, d’amandes, de gingembre, de cannelles et de figues. Cette délicieuse complexité se dévoile par strate, une par une, tel les pages d’un bon livre. Grande finale sur le cuivre, avec une longueur majestueuse qui tapisse la gorge sur des notes de miel.

Grand champagne, au style Selosse si particulier.
   

Le blanc

Weingut Keller Abts Riesling Grosses Gewachs 2009

Nez d’une maturité exceptionnel pour un Riesling allemand sur la pomme chaude, fruits exotiques et arômes terpéniques.

La bouche par contre, prend le total contrepied de la maturité constatée au nez avec un coeur minéral, sur le calcaire, la pierre mouillée, l’argile et la craie. C’est élégant et la dualité entre la richesse du nez et la profondeur caillouteuse de la bouche est magnifique. Le jus est tendu sur une superbe trame acide, alors que la richesse du nez avec notamment les fruits exotiques revient comme un boomerang en finale qui s’avère explosive, longue, suave et salivante à la fois.

Grand Riesling sec allemand.
 

Les Rouges

Les 2 prochains rouges ont été bu cote à cote. L’idée était de mettre un Bordeaux et un Barolo du même millésime et de la même gamme de prix (environ 60€). Les 2 bouteilles ont la même provenance (achat caviste) et ont reçu le même protocole d’ouverture, à savoir 4h d’aération.
 

Barolo Azienda Azelia di Luigi Scavino “San Rocco” 1998

A l’ouverture, le nez avait des accents désagréables de vernis à ongle. Après 1h cette sensation disparaîtra, pour lancer la place à un balsamique dominant et caractéristique de la région. Puis au moment du service, des notes florales, d’épices et de pruneau apparaîtront pour compléxifier l’ensemble.

En bouche il y a une belle fraicheur mentholée sur un fruit pur, le profil du vin est assez fin. Jus longiligne qui s’étire grâce à une bonne trame acide pour s’ouvrir sur une finale agréable où le sous bois domine. Bonne longueur.

Très bon, son évolution fut très positive au fil de la dégustation.
 

Saint Julien Chateau Lagrange 1998

Nez immédiatement prêt, façon “ready to go” qui signe un Bordeaux mature: cigare, cuir, sous bois, prune et un peu de fumée.

Belle attaque de bouche où les 25% de merlot jouent le rôle d’amortisseur. C’est flatteur sur un fruit noir avec un beau grain de bouche. Ensuite le cabernet reprend ses droits avec un peu de poivron, des épices, du cuir et des herbes sèches. Bon équilibre mais l’acidité va avoir un peu de mal à relancer le vin au fil de la dégustation. Bonne finale sur le sous bois, feuilles séchées et cèdre discret sur une longueur correcte. Le vin aura quand même tendance à décliner sur la fin.

Bon Bordeaux mais qui manque de souffle en seconde moitié de bouche.
 

Intéressant de constater les trajectoires des 2 vins. Au début, j’étais acquis au Bordeaux, notamment grâce à son attaque plus plaisante par rapport au Barolo qui a conservé un moment un trait acide en première moitié de bouche. Mais pendant le repas, on a assisté à une extinction douce du Bordeaux pour voir le Barolo se bonifier et gagner en ampleur. Au final, le Barolo finit premier.

California Cabernet Sauvignon Mayacamas Vineyards 1976

Avec cette vieille bouteille de Napa Valley, j’ai voulu découvrir les vins de Napa Valley d’antan, plus modestes en alcool (ici 13°) à l’époque que les bombes contemporaines à haute densité.

Nez sur la fumée, les cendres et les épices. Cela m’évoque le barbecue.

En bouche, l’attaque est douce, la cendre et la fumée sont les arômes dominants avec un fruit en retrait. Cela reste plaisant pour l’expérience sur un Napa de pas loin de 50ans. Mais pour être honnête, ses plus beaux jours sont derrière lui et la structure un peu fuyante ne permet pas au vin de prendre de l’ampleur et de s’exprimer. Bonne finale où le fruit parvient à reprendre le dessus mais sans intensité particulière.

Bon vin mais qui a dépassé son apogée.
 

Chateauneuf du Pape domaine de la Mordorée “cuvée de la Reine des Bois” 2001

Nez complexe sur des fruits noirs, myrtilles, violette et noisettes grillées.

Bouche sereine qui déroule un vin au jus de grande qualité. Je m’attendais à une puissance sturcturelle mais j’ai eu un style bourguignon, élégant et intense. Vin velouté, à la profondeur aromatique séduisante, on est dans la garrigue et le sous bois avant d’être transporté par les épices dans un panier de fruits noirs façon crème de framboise. Belle trame acide qui donne un vin élancé et frais malgré sa densité. Grande finale ferrugineuse qui se prolonge sur une belle longueur.

Excellent vin, précis et agréable.
 

Moulin à Vent domaine Mee Godard “Au Michelon” 2020

Nez sur un fruit rouge juteux et bonbon acidulé.

Bouche à l’attaque franche, sur un fruit croquant, jus dynamique, ample, profond, belle structure avec une bonne acidité qui fait penser que la vin durera de longues années, mais pour le moment le vin est la définition même de plaisir immédiat, un fruit éclatant, framboise, mûre et cassis, sur une finale finement épicée avec une belle longueur.

Très bien. Quel vin peut revendiquer un tel niveau à moins de 30€ que les Beaujolais des bons producteurs d’aujourd’hui?
 

Les blancs moelleux

Riesling Herrenberg Von Schubert Maximin Grunhaus “24” 2012

Nez sur les fruits tropicaux.

Bouche intense sur un fruit tropical juteux. Construction simple autour d’un jus de mangue et de fruits de la passion plein d’intensité. Pour autant, on est loin des taux d’acidité sur les cuvées plus ambitieuses qui propulsent les vins, même si ici le plaisir est préservé par une belle sapidité. Belle finale, toujours sur l’intensité des fruits tropicaux sur une bonne longueur.

Très bon vin, encore très jeune.
 

Riesling Von Schubert Maximin Grunhaus Eiswein 1995

Nez d’une intensité rare, un abricot juteux, des agrumes confits, des herbes fraîches et du gingembre.

En bouche, l’intensité est incroyable mais avec une acidité qui tape le rupteur. Cette fraicheur porte ainsi avec légèreté toute la farandole d’arômes exceptionnels qui accompagnent ce vin, une attaque pulpeuse avec un abricot frais, puis une grande variété d’agrumes et de fruits tropicaux confits, saupoudrés par des herbes fraîches, des épices douces, de la cannelle, du gingembre. La complexité qui se dégage de ce vin n’a d’égal que son harmonie rayonnante. L’équilibre catapulte sereinement ce vin sur une grande finale riche et pétrolée. Longueur électrique.

Grand vin de dessert comme j’en ai peu bu.
 


Ce qu'il faut retenir: Tous les vins se sont bien présentés à part le Mayacamas 1976 qui n'a pas tenu la distance. Pour les rouges, la Mordorée remporte facilement la session mais le Mee Godard, acheté à 28€ a tenu son rang sur un plateau avec des vins qui revendiquent une catégorie plus élevée, preuve que les Beaujolais d'aujourd'hui ne sont pas là pour faire de la figuration.

Keller confirme qu'il fait de grands blancs sur des terroirs d'exception.

Pour les champagnes, Selosse occupe facilement la première place, sans avoir d'opposant déclaré il est vrai. Mais j'ai beaucoup apprécié le Perseval, acquis pour 60€, et le Léclapart, qui vaut désormais beaucoup plus.

Concernant les Grunhaus, pas de surprise non plus, mais sans connaitre la hiérarchie des terroirs allemands, je préfère nettement Abstberg à Herrenberg chez ce producteur. Le Eiswein est pour moi un délice, le sauternais a vraiment du pain sur la planche pour relever la tête avec une telle concurrence.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: PtitPhilou, oliv, Olivier Mottard, Sylv1, sideway, bertou, bulgalsa, Jean-Loup Guerrin, Vaudésir, tomy63, lbb.contact, Papé, Blog, sebus, Frisette, starbuck, leteckel, the_ej, Boubzou, JulienG., Garfield, Chaccz, Ilroulegalet, Allobroge, Droop
26 Nov 2023 16:31 #56

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 3852
  • Remerciements reçus 7568

Réponse de bertou sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Merci Benoît pour ce superbe compte-rendu !

Pour information, Philippe Lancelot produit des vins avec de très faibles dosages. Tous ses champagnes sont à moins de 3 g/l de sucre si je ne me trompe pas. Le domaine est certifié Demeter et Biodyvin.

Bien cordialement,
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy
26 Nov 2023 16:43 #57

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Benoit Hardy
  • Portrait de Benoit Hardy Auteur du sujet
  • Hors Ligne
  • Utilisateur
  • Enregistré
  • Messages : 5896
  • Remerciements reçus 6521

Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Merci Bertou pour la précision! Alors je mets ça sur le compte de 2009, millésime de grosse maturité en champagne mais dont j’aime bien le profil pour attendre l’avènement de mes 2008 

En parlant de grosse maturité en champagne, on prédisait un effondrement de 2003 avec sa faible acidité, millésime solaire analogue à 2009, mais 20 ans il n’en est rien! 
26 Nov 2023 16:57 #58

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 1151
  • Remerciements reçus 6012

Réponse de Garfield sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

petite question Benoit, quand tu dis que tu ouvres les champagnes 2 heures avant, tu rebouches directement ? et tu remets au frais ou température de cave? 

Charles
26 Nov 2023 17:03 #59

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

  • Messages : 20751
  • Remerciements reçus 8249

Réponse de Eric B sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Quel vin peut revendiquer un tel niveau à moins de 30€ que les Beaujolais des bons producteurs d’aujourd’hui?

Certains producteurs du Forez et du Roannais ;) 

Eric
Mon blog
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Benoit Hardy, Frisette
26 Nov 2023 17:25 #60

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Modérateurs: GildasPBAESMartinezCédric42120Vougeotjean-luc javauxstarbuck