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Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

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Réponse de Ilroulegalet sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Keller confirme qu'il fait de grands blancs sur des terroirs d'exception.

Concernant les Grunhaus, pas de surprise non plus, mais sans connaitre la hiérarchie des terroirs allemands, je préfère nettement Abstberg à Herrenberg chez ce producteur. Le Eiswein est pour moi un délice, le sauternais a vraiment du pain sur la planche pour relever la tête avec une telle concurrence.

Comme toujours, un grand merci pour ces CR toujours aussi beaux, précis et sympas.

Pour rebondir : l'AbtsE de Keller est peu ou prou la grande cuvée dans la collection régulière (la G-Max étant un cas particulier), ses GG du Roter Hang (Hipping & Pettenthal) étant le plus souvent mises aux enchères de Bad Kreuznach, les suiveurs de riesling allemand considérant souvent que c'est le vin le plus constant des 3 principales GG (Kirchspiel, Hubacker, AbtsE) du domaine.

Pour Maximin Grünhaus, l'Abstberg est effectivement son terroir vedette même s'il ne fait pas de différence de tarification dans la collection régulière. Néanmoins, le Herrenberg est légèrement plus favorable aux Eiswein en terme de climatologie et obtient les faveurs des suiveurs pour ce Prädikat en général.

Sinon je ne comparerais pas les Eiswein avec le Sauternais parce que c'est incomparable (et rigoureusement impossible pour les Sauternais de produire quelque chose approchant ; il fait rarement en-dessous de -5°C plus que de quelques heures consécutives dans la région maintenant).

Sven. Curieux de tout, prédilection pour les vins blancs légers et européens.
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26 Nov 2023 17:36 #61

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Garfield post= écrit: petite question Benoit, quand tu dis que tu ouvres les champagnes 2 heures avant, tu rebouches directement ? et tu remets au frais ou température de cave? 



Le plus souvent j’ouvre et je remets en cave, surtout en cette période de l’année, ça reste très frais. Je fais ça surtout pour les vins jeunes, ceux antérieurs à 2012 par exemple.
26 Nov 2023 20:05 #62

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Ilroulegalet post= écrit:

Keller confirme qu'il fait de grands blancs sur des terroirs d'exception.

Concernant les Grunhaus, pas de surprise non plus, mais sans connaitre la hiérarchie des terroirs allemands, je préfère nettement Abstberg à Herrenberg chez ce producteur. Le Eiswein est pour moi un délice, le sauternais a vraiment du pain sur la planche pour relever la tête avec une telle concurrence.

Comme toujours, un grand merci pour ces CR toujours aussi beaux, précis et sympas.

Pour rebondir : l'AbtsE de Keller est peu ou prou la grande cuvée dans la collection régulière (la G-Max étant un cas particulier), ses GG du Roter Hang (Hipping & Pettenthal) étant le plus souvent mises aux enchères de Bad Kreuznach, les suiveurs de riesling allemand considérant souvent que c'est le vin le plus constant des 3 principales GG (Kirchspiel, Hubacker, AbtsE) du domaine.

Pour Maximin Grünhaus, l'Abstberg est effectivement son terroir vedette même s'il ne fait pas de différence de tarification dans la collection régulière. Néanmoins, le Herrenberg est légèrement plus favorable aux Eiswein en terme de climatologie et obtient les faveurs des suiveurs pour ce Prädikat en général.

Sinon je ne comparerais pas les Eiswein avec le Sauternais parce que c'est incomparable (et rigoureusement impossible pour les Sauternais de produire quelque chose approchant ; il fait rarement en-dessous de -5°C plus que de quelques heures consécutives dans la région maintenant).




Alors oui évidemment pour les Sauternes, mais disons que le profil des allemands avec leur acidité si particulière et leur degré alcoolique plus modeste se prête particulièrement bien en fin de repas, j’aime beaucoup ce que je découvre dans cette région.
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26 Nov 2023 20:08 #63

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Grosse réunion des FFA, les fous furieux anonymes au Petit Verdot. Malheureusement, un des convives n'a pu être présent pour cause d'état grippal, grosse pensée à lui!

Une fois n'est pas coutume dans ce fil, le récit reflète l'ordre de dégustation. Mes vins n'ont pas bénéficié d'une préparation minutieuse quelques heures auparavant comme j'aime à le faire d'habitude mais jouant à l'extérieur, c'est compliqué à mettre en place. Les parisiens, eux, avaient ouvert certaines quilles quelques heures avant mais pas toutes.
Les champagnes

Champagne Roses de Jeanne “La Haute Lemblée” 2008

Dgt 04/2012

Nez délicat qui oscille entre fruits tropicaux, agrumes et craie.

Bouche d’une très belle richesse avec un joli toucher enveloppant, sur des arômes d’abricots de miel et de sels minéraux. Le jus est d’une très grande densité, porté par une belle acidité bien que des amers déstabilisent quelque peu le vin en seconde moitié de bouche pour finir sur une belle finale intense, aussi crayeuse que savoureuse et une bonne longueur.

Excellent.
   
Champagne Jestin 2009

Hervé Jestin était chef de cave chez Duval Leroy et Leclerc-Briant. Ce millésime représente le premier de sa nouvelle aventure en tant que maison indépendante.

Dgt 12/2022

Beau nez intense sur la craie et la fumée.

La bouche propose un jus d’une très belle qualité, vif, énergique et tendu, à tel point que 2009 ne vient pas à l’esprit. Mais par contre l’usage du bois fut trop prononcé et les arômes de fumée masquent un peu trop les indéniables qualités organoleptiques de ce vin. Belle finale sur la pierre mouillée sur une longueur boisée.

Ce serait excellent sans ce voile boisé qui vient parasiter le message de ce vin. Pour le prix réclamé, c’est assez embêtant.
   
Les blancs

Corton Charlemagne Grand Cru domaine Bonneau du Martray 2001

Surprise! C’est oxydé. Nous sommes bien en Bourgogne donc, évidemment, un grand cru qui coute une blinde et qui doit être attendu 20ans, comment cela pourrait en être autrement!
 
Pouilly Fuissé domaine Jules Desjourneys “Les Vignes Blanches” 2015

A l’aveugle, j’ai cru à un beau Chablis.

Nez sur la coquille d’huitre, une touche de vanille mais très diffuse, pierre mouillée.

Bouche tendue et élégante, avec un jus expressif, de la pêche blanche mais surtout pierre à fusil et une très belle minéralité traçante sur la pierre mouillée. Très belle texture de bouche, vin très bien fait. Belle finale où la pêche blanche se dispute à la pierre à fusil.

Excellent.
   
Chevalier Montrachet Grand Cru domaine Michel Niellon 2010

Nez intense de fleur blanche, d’agrumes juteux et d’herbes fraîches.

Bouche aristocratique, toucher enveloppant annonçant un jus d’une grande densité, très belle tension qui vient dérouler un vin qui semble être pas loin de son apogée. L’équilibre entre le gras et l’acidité est idéal pour donner vie aux arômes floraux, une touche d’épice, et surtout un agrume magnifique. La seconde partie de bouche est plus marqué par le bois et les épices mais le vin semble l’avoir bien intégré et l’ensemble reste harmonieux. Belle finale toujours entre gras et tension qui se prolonge admirablement.

Excellent Chevalier.
 
Les rouges

Musigny Grand Cru domaine de Vogüé 2009

Bouteille ramenée en forme de clin d’oeil après notre dernier repas qui vit un 2006 du domaine affreusement bouchonné.

Malheureusement il semble y avoir un sort avec notre petit groupe sur les Musigny de Vogüé. Cette bouteille fut cadenassée et totalement inexpressive. Le jus renfrogné comme en hibernation. C’est terrible ce genre de repas pour ces bouteilles endormies: vu que les vins s’enchainent on ne s’y attarde que peu et on la met de coté.
 
Napa Valley Bond Estate “Melbury” 2006

Bond, c’est le domaine parcellaire d’Harlan Estate qui a été créé en 1999 pour mettre en valeur 6 crus particuliers de la Napa Valley connu pour leur niveau équivalent à nos Grands Crus.

Melbury est une parcelle dont les vignes sont à flanc de coteau, au pied du Lake Hennessey à 400m d’altitude. Cette configuration permet à la vigne de prendre le soleil le matin et de conserver de la fraîcheur durant les chaudes après-midi.

Nez intense de violette, de fraise écrasée et d’espresso.

Bouche très texturée, toucher agréable et doux qui annonce que la cavalerie arrive: le jus s’installe, dense et cacaoté mais doté d’un bel équilibre. C’est une avalanche de fruits noirs sur un lit de cacao. Je trouve que c’est encore un Napa léger par rapport à ce que j’ai pu boire, l’altitude et la présence d’un lac au pied des vignes doit jouer. Il y a une juste acidité pour élancer un ensemble dense mais digeste. Grande finale sur la violette, le cacao et un boisé fin qui s’étire sur une grande longueur.

J’ai beaucoup aimé, mes convives un peu moins peut être
 
Barolo Azienda Agricola G.B Burlotto Vigneto Monvigliero 2009

Nez très parfumé, fraise, menthol, pignons de pin, je pense au Piémont mais sans certitude.

Bouche éthérée, de la dentelle liquide, c’est souple et pur, style féminin mais tout en restant franc avec des notes de menthol, d’épices douces, de fraise et d’orange sanguine. Grand équilibre tout en fraicheur, vin évident tout en étant délicieusement complexe. Grande finale poudrée, à la fois suave et douce, sur une grande longueur.

Grand Barolo, à insérer dans une dégustation de Bourgogne! J’avais pensé à Barbaresco.
 
La fatigue de la journée étant là, je n’ai pas pris de note sur le grand destockage d’un espèce de fou furieux au grand coeur sur des moelleux ligériens de 1997, tout ça car j’ai dit que je m’étais mis au sucre! Je retiens des vins visqueux, plein, à leur apogée, qui n’ont rien à envier à des Sauternes cossus.
   
Pour ma part j'ai adoré la paire de rouge, le Barolo comme le Napa se répondaient parfaitement. Pour les blancs, mention spéciale au Pouilly qui a tenu son rang face à la grosse cavalerie. Concernant les champagnes, relative déception. Le Jestin trop boisé, et RDJ, très bon, mais quand on connait le domaine, peut mieux faire, et sur le long terme c'est un peu le problème, si 60% de mes bouteilles chez Cedric Bouchard ont un haut niveau, les 40% restant sont perfectibles. Pas grand chose, mais des amers pas à l'endroit, une bouteille un peu atone ou éteinte...
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03 Déc 2023 16:56 #64

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Réponse de Marc C sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

La malédiction de Vogüé qui fait mal !  C'est le Las Cases de Chambolle, rien avant 30 ans en petit millésime, 40-50 ans pour les grosses années 😂 

Marc
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03 Déc 2023 18:13 #65

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Réponse de Vaudésir sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Tiens Bonneau du Martray 2001 oxydé ca me rappelle quelques choses 
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03 Déc 2023 18:20 #66

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

N’empêche si on s’amuse à faire la statistique: 

4 bouteilles présentes dans la série sont bourguignonnes. 

1 clairement défectueuse 
1 totalement fermée 

2 des 3 bouteilles issues d’appellations huppées de Cote d’Or n’ont pas performé au niveau attendu. Dur d’être une star 
03 Déc 2023 19:39 #67

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Réponse de oliv sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Champagne Roses de Jeanne, Brut, La Haute Lemblée, 2008
Robe jaune doré léger.
Nez délicat, floral et pierreux, très précis et élégant.
Bouche élancée très bien construite, sur une trame acide bien présente et une jolie concentration.
Finale franche, assez délicate, presque fragile.
Très bien dans un registre peu puissant toutefois.

Champagne Jestin, Extra Brut, 2009
Robe jaune paille.
Nez sur les fleurs blanches et un boisé rococo insistant.
Bouche un peu floue, sur une matière ferme mais qui manque de fraîcheur et de tenue.
Finale sur des amers de bois très marqués qui pèsent sur la buvabilité.
Je n'ai pas aimé.

Domaine Jules Desjourneys, Pouilly-Fuissé, Les Vignes Blanches, 2015
Robe jaune paille légèrement soutenue.
Nez précis, sur une attaque légèrement fumée grillé qui s'ouvre vite sur de belles notes pures de fleurs blanches.
Bouche précise, avec de l'élégance et du fond et qui concilie tonus et confort dans un ensemble rythmé d'une grande lisibilité.
Finale franche et longue très convaincante, sur une grande pureté de goûts floraux et minéraux.
Très bien.

Domaine Michel Niellon, Chevalier-Montrachet, 2010
Robe sur un jaune grisonnant.
Nez hyper précis d'une grande élégance, sur ce classicisme qui a fait la réputation de la région, compromis de notes fruitées florales soutenues par un boisé parfaitement intégré.
Bouche racée, d'une grande trame à la fois élancée et pleine de fond, hyper cohérente d'énergie et de vinosité.
Finale longue et salivante, d'une précision aromatique réelle, avec un petit boisé qui peut encore gagner en fondu.
Un vin évident, digne de son statut.
Superbe !

Bond, Napa Valley, Melbury, 2006
Robe profonde, presque noire.
Nez puissant très agréable, sur les coulis fruits noirs, les épices, quelque chose de végétal médicinal un peu camphré.
Bouche ultra puissante, sur une grosse sucrosité en attaque tranchée par une acidité bien présente et une certaine amertume.
Les tannins sont classieux mais j'avoue que le volume épais et la concentration du vin m'ensuque un peu le pdf.
Finale longue d'une grande richesse.
Trop de puissance pour mes fragilités. Mais irréprochable car très bien fait.

Domaine de Vogüe, Musigny, 2009
Robe grenat bien brillante assez soutenue.
Nez fermé et qui refusera totalement se livrer, n'offrant que de minces notes de laurier, de  poivre gris. Aucun fruit perceptible.
Bouche confirmée en fermeture, sur une belle structure dense et veloutée à la fois, avec du fond, de l'équilibre et une grande qualité de tanins.
Mais les goûts jouant l'auberge du cul tourné, difficile de prendre du plaisir en l'état face à un tel mutisme aromatique.
Le vin fermé d'école car ses qualités structurelles sont là !
Attente impérative.

G.B Burlotto, Barolo, Vigneto Monvigliero, 2009
Bouchon parfait.
Robe encore jeune quoi délicate, sur un grenat clair.
Très beau nez précis et évident, sur des notes de prunelle, de petits fruits rouges et noirs, des senteurs légèrement résineuses très élégantes également.
Bouche encore un peu brute, sur un ensemble acidité pointue et tanins présents assez énergique d'expression qui s'exprime très bien sur un colvert.
Finale longue et fougueuse, sur de beaux goûts fruités épicés.
Un beau vin que j'ai trouvé encore jeune d'expression et de toucher de bouche.
Très bien.

Domaine des Sablonnettes, Coteaux du Layon Rablay, Les Erables, 1997
Robe ambrée.
Nez élégant, précis, sur la poire tapée, des notes fraîches et riches à la fois de fruits séchés (poire, pomme, coing) avec quelque chose d'ultra complexe assez difficile à définir et que je pense être le botrytis (le fameux rôti des bouquins ?)
Bouche magnifique, sur une liqueur franche magnifiquement portée par une acidité somptueuse.
La finale est d'une superbe longueur et buvabilité, sur une richesse totalement mobile et fraîche assez irrésistible.
Splendide !

Domaine Jo Pithon, Coteaux du Layon Saint Aubin, Clos des Bois, 1997
Robe ambrée acajou 
Nez sur le caramel au lait, la pomme au caramel, de légères notes d'évolution, sur le cognac.
Bouche sur une sucrosité forte et pesante avec bien moins de rythme que le Sablonnettes, sur des goûts de confiture de coing mais aussi une pointe d’oxydation caramélisée. 
Finale massive et un peu mangée par sa sucrosité lourde. 
Moins à mon goût.

Domaine Jo Pithon, Coteaux du Layon Saint Lambert, Clos des Bonnes Blanches, 1997
Robe ambrée
Nez sur le tabac, la gelée de coing. 
Bouche plus élégante, très concentrée mais sur une richesse plus mobile que le Clos des Bois. 
Goûts d’évidence sur le coing confit. 
Finale puissante, un peu roborative mais d’une belle concentration et longueur. 
Très bien mais à réserver aux becs à sucres quand même.

Domaine Pierre Bise, Quarts de Chaume, 1997
Robe acajou.
Nez au bouquet précis, posé et complexe, sur la poire, la figue, le coing et des notes comme minérales.
Bouche magnifique, d'une grosse densité plus que sucrosité et portée par une acidité somptueuse.
L'ensemble est d'un équilibre dantesque, celui que n'avaient pas les Jo Pithon, avec une puissance qui parvient à ne jamais verser dans la lourdeur.
Finale interminable, géniale de générosité et d'allonge, chaque goutte apportant un plaisir extrême.
Grand vin.
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04 Déc 2023 22:43 #68

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Réponse de claudius sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Marc C post= écrit: La malédiction de Vogüé qui fait mal !  C'est le Las Cases de Chambolle, rien avant 30 ans en petit millésime, 40-50 ans pour les grosses années 😂 

Marc

La “malédiction” qui em… tout le monde 🙄 
un Musigny 2002 du Domaine bu en juin 2021:
on sent le grand vin mais … il n’est pas prêt 
quel sens de vinifier des vins à boire dans 30-40-50 ans ???

laissez un Kei Shiogai un Nicolas Faure un Maxime Cheurlin ou un autre talent vinifier 1 barrique  ensuite on compare à l’aveugle 😜

 
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07 Déc 2023 10:24 #69

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Agapes de fin d'année
C'est avec une belle sélection de bouteille que nous avons fini la fin d'année avec des gros formats qui plus est! Le protocole d'ouverture et de dégustation reste inchangé, environ 5 à 6h d'aération lente pour les rouges, 2 à 3h pour les blancs et 1h pour les champagnes, sauf pour les vieux par peur de perte d'effervescence. L'ordre du récit ne reflète pas l'ordre de dégustation, et ce, pour plus de visibilité.
Les Champagnes
 
 Champagne Nathalie Falmet “Le Val Cornet” 2014

Dgt 12/2019

Joli nez sur les fleurs blanches, les sels minéraux et la brioche.

En bouche, les agrumes bien mûrs dominent. C’est très agréable, vif mais délié, avec un fond très salin et crayeux. Par contre la suite se corse un peu en finale avec des amers prépondérants qui coupent le vin en le déséquilibrant. Difficile de dire si c’est la bouteille ou la cuvée étant donné que c’est la première bouteille que j’ouvre du domaine. J’ai d’autres bouteilles de cuvées différentes, on verra bien.

Bon champagne, mais frustrant car il se coupe net.
 
Champagne domaine Pierre Paillard “La Grande Récolte Collection privée” 2008

Il y a un an tout juste un an j’avais déjà bu ce vin. Je lui avais trouvé de belles qualités mais un manque de longueur en finale. Je n’ai pas hésité à en racheter, sauf qu’ici le lot sur lequel j’ai fait main basse est inscrit “collection privée” alors que sur celle bue en 2022 il était inscrit juste la mention “millésime”.

La contre étiquette mentionne ici un dégorgement en 01/2020 et un assemblage de 45% chardonnay et 55% pinot noir. Lorsque l’on se verse un verre, la robe annonce la couleur, avec une robe évoluée.

Nez légèrement oxydatif, arômes de poires, de pêches et de pomme sur un fond d’embruns marins.

Bouche crémeuse malgré un dosage minimal à 1g. Un peu d’autolyse, beaucoup de sels minéraux et une belle acidité qui catapulte l’ensemble sur un fond fruité, oscillant entre fruits noirs et poire. C’est beau, vivant et complet à la fois, où la pierre mouillée domine largement. En finale, le Pinot Noir reprend largement le dessus avec une belle vinosité traçante, là où la cuvée “millésime" faisait défaut.

Très beau champagne. Racé, complet, texturé et traçant à la fois.
 
Champagne domaine Bérêche “Rive Gauche Vallée de la Marne” 2009

Dgt 01/2013. 100% Pinot Meunier.

Nez de mandarine et de kumquat confits, avec une belle note oxydative.

Bouche à la maturité évidente, notes de de mandarine confite et d’huile de noix. C’est très riche mais l’acidité permet de préserver une belle fraicheur. Fidèle au millésime. Vin très équilibré, un brin austère dans son expression. La finale est dissociée de l’ensemble avec une grosse note oxydative et des amers prononcés sur une bonne longueur.

Bon champagne, dommage pour la finale qui manque de cohérence avec la bouche.
   
Champagne Cristal Roederer 1990

Souvenir d’avoir bu ce vin il y a 10 ans. Puissance fut le qualificatif en 2013 lorsque je l’ai bu.

Aujourd’hui, c’est tout autre chose, le vin a fait sa mue. Effervescence encore bien présente et fine.

Nez d’orange, de miel, d’amandes confites et de caramel.

La bouche est désormais beaucoup plus douce. C’est délicat et plein de nuance, avec un jus structuré qui se dévoile par strate. On a d’abord le jasmin tout en finesse, puis on arrive sur les arômes confits, où l’orange se mêle aux amandes. La texture est concentrée, c’est caramélisé, mais aussi sirupeux qu’aérien à la fois. Belle acidité que délie un ensemble profond et épanoui. Le vin déroule avec un coté onctueux. Évidemment le dosage est perceptible eu égard aux standards actuels mais c’est harmonieux. Belle finale, qui réussit ici aussi l’alliance entre l'intensité caramélisée des arômes tertiaires et une longueur aérienne et florale impressionnante.

Grand Champagne.
 
Champagne rosé domaine Jacques Selosse rosé brut

Dgt 02/2009

Nez envoûtant sur la framboise, la fumée, la lavande et la pierre mouillée.

En bouche, la fraîcheur est magnifique pour un champagne dont le dégorgement remonte à 14 ans. Le toucher est vif et onctueux à la fois, permettant au vin de développer toute sa palette d’arômes, avec notamment la framboise et la fumée, les 2 arômes dominants.
Puis l’équilibre magnifique d’acidité et fraîcheur permet au jus de dérouler sur des arômes floraux et de sels minéraux. Ce rosé allie densité et délicatesse, il a une présence, quelque chose d’évident. La finale est superbe, crayeuse, saline et sur la pierre mouillée, sur une longueur vibrante.

Grand champagne rosé.
 
 
Dom Pérignon rosé 1990

En Magnum.

Magnifique nez de fraise écrasée, rose, et fumée.

Bouche remplie de plénitude, l’attaque en bouche est douce, tout en délicatesse, sur un fruit rouge éclatant. A aucun moment on ne peut dire que ce vin a 34 ans d’age. Effervescence fine et belle acidité, ce rosé est vraiment harmonieux, un vrai bourguignon. Puis les saveurs florales prennent le relais, sur fond de pierre mouillée. C’est un vin magnifique, tout en élégance et en contraste. Chaque gorgée révèle une nouvelle facette mais je dois avouer que j’ai rarement eu un rosé si floral. Belle finale fumée sur la fraise, grande longueur saline.

Grand rosé, profond, délicat et encore si jeune! Je me souviens l’avoir bu une première fois en 2016 et ce champagne m’avait laissé un peu sur ma faim, ce ne fut pas le cas cette fois-ci où il a tenu son rang.
 
Champagne Louis Roederer Cristal rosé 1988

Nez sur les fruits rouges, abricot confit et fumée. Effervescence délicate.

Bouche complexe et stratifiée possédant une grande fraîcheur qui permet au vin de dévoiler toutes ses facettes avec grande sérénité. Il y a d’abord de la framboise écrasée, puis des fruits confits. Viennent ensuite des arômes torréfiés et plus curieux encore, de la truffe avec des arômes terriens qui prendront de l’ampleur à l’aération. Vin kaléidoscopique qui n’aura pas cessé d’évoluer au fil de la dégustation. Jus dense, servi par un magnifique équilibre. Le vin ne fait pas son âge, il est très raffiné et son évolution est positive. Grande finale sur la fumée, avec une magnifique longueur.

Grand champagne rosé.
 
 
Les blancs secs
Riesling Schlossberg Grand Cru domaine Bott-Geyl 2016

Nez sur les hydrocarbures et le citron.

Bouche très étirée, c’est floral et salin à la fois. Vin très sec avec un bon équilibre. Manque un peu de profondeur et de relance, le vin semble caler un peu en seconde moitié de bouche avant de finir sur une bonne finale terpénique avec du tilleul. Longueur correcte.

Bon Riesling
 
Riesling Rangen de Thann domaine Zind Humbrecht Clos Saint Urbain 2004

Nez d’hydrocarbures, de mandarine et d’écorces d’orange.

Bouche riche mais dotée d’une acidité superbe qui tend un jus sur des saveurs d’abricot légèrement confit, de mandarine et de pêche. C’est très racé et le vin se goûte très sec malgré la présence de quelques sucres résiduels au fond de la bouteille. L’équilibre est impressionnant au vu de la richesse du vin qui se fait catapulter par l’acidité. Grande finale sur de beaux amers d’écorces d’orange et une longueur miellée qui s’étire longuement.

Grand Riesling à maturité.
 
Trebbiano d’Abruzzo Azienda Valentini 2009

Bouteille bue une première fois en 2022.

Nez sur les fruits tropicaux, notamment l'ananas et avec un côté herbacé affirmé.

En bouche, le jus possède une grosse maturité, avec des arômes de fruits exotiques puis une belle minéralité et des herbes fraîchement coupées qui reviennent en seconde partie de bouche. Texture onctueuse, l’acidité apparaît suffisante pour que le vin résiste au temps même si on est pas sur un modèle de rectitude au vu de la richesse que le vin déploie. Belle finale, oscillante entre la pierre mouillée et les herbes douces, sur une bonne longueur.

Très bon vin blanc, très consistant.
 
Sonoma County Chardonnay Peter Michael “Mon Plaisir” 2014

Nez délicat de fleurs blanches, chevrefeuille, abricot et agrumes.

Belle bouche, au toucher crémeux et texturé, possédant un jus riche de belle ampleur. Les notes florales et d’abricots s’entremêlent, pour passer la main à des notes plus tropicales. Le vin reste très délicat malgré cette richesse et la viscosité qui l’entoure, notamment grâce à une très belle acidité qui apporte tension et fraîcheur, permettant au jus de se délier tout en longueur. Finale tout en finesse, vanillée et épicée, avec une longueur saline.

Très beau chardonnay qui allie profondeur, richesse et finesse tout à la fois.
 
Batard-Montrachet Grand Cru Domaine Marc Colin 2008

Nez très élégant sur les fleurs blanches, très légèrement vanillé, et de la pierre à fusil.

Bouche au toucher très vif, c’est huileux sans être gras, avec une magnifique acidité qui va guider un jus qualitatif et dense. L’attaque est aussi saline que beurrée. Le vin fait très jeune, ce qui est à signaler au vu de la période touchée par les premox. Ensuite le vin déploie toutes ses facettes, avec d’abord un boisé très bien intégré qui fait corps avec le vin, fleurs blanches, fruits blancs et noisettes s’enchainent de façon harmonieuse. Le jus a toujours cette consistance huileuse sans aucune sensation de gras. C’est complet et équilibré. Puis vient la finale où la puissance du Batard s’exprime à plein: le vin prend une ampleur énorme et monte dans les tours pour se déployer en queue de paon et exploser sur des arômes beurrés et de pierre à fusil pour ensuite se délier sur une longueur florale magnifique.

Grand chardonnay bourguignon qui me réconcilie avec le savoir faire de la région.
 
 
Les rouges

Gevrey Chambertin 1er cru Clos Saint Jacques domaine Bruno Clair 2009

Les vins de Bruno Clair nécessitent beaucoup d’aération. Celui-ci ne s’est vraiment exprimé qu’après 4h d’aération, à l’ouverture le vin était complètement atone.

Le nez est sur un bouquet de cerise et de groseille avec un trait de fumée.

Belle bouche avec un jus texturé, c’est grainé et soyeux à la fois. On distingue la richesse caractéristique du millésime mais de façon très fine, tout est intégré dans un profil sans excès, tout en élégance. Belle structure raffinée, ça manque un peu d’intensité en seconde partie de bouche mais la finale est belle, pierreuse et florale à la fois, sur une finale finement saline.

Très beau Bourgogne, qui doit vieillir encore un peu à mon sens pour atteindre son apogée dans quelques années.
 
Romanée Saint Vivant Grand Cru domaine Hudelot Noellat 2008

Bouteille achetée au domaine et conservée dans ma cave depuis.

Nez de fruits rouges et d’épices douces.

La bouche fait immédiatement penser à Vosne, notamment grâce aux épices douces qui dominent. Sensation de jeunesse, acidité précise, le jus n’est pas des plus intense mais les arômes de thé, d’épices et de fruits rouges viennent combler ce déficit. Très belle texture soyeuse qui fait glisser le vin et qui fait oublier (presque) un manque de profondeur eu égard au pedigree. L’équilibre est présent, qui nous amène à une finale, certes intense, quoique courte eu égard encore une fois à l’appellation.

Très bon Bourgogne, mais qui peine déjà à justifier son prix domaine au vu du manque de complexité et de profondeur, alors au prix du marché c’est juste une folie. Pas de miracle sur cette bouteille, les limites du millésime 2008 sont bien présentes.
 
Montepulciano d'Abruzzo Azienda Valentini 1997

J'ai déjà bu cette quille plusieurs fois avec le souvenir d'un vin délicieux mais ici, le nez sur le vernis à ongle et une bouche décharnée furent les signes d'une bouteille morte. A l'aération, ça a fini par sentir vraiment le cadavre...
 
Barolo Fratelli Parusso “Bussia” 1990

Nez harmonieux sur des notes terreuses, fruits noirs, rose fanée et épices.

En bouche, la fraîcheur du vin est frappante. Le jus est fringant sur une attaque franche, le jus est délié, déroulant des arômes de fruits noirs et de sous-bois. Bel équilibre avec une acidité vivante qui étire un vin dense. Seconde moitié de bouche sur la rose et les épices douces. Belle finale épicée sur une longueur délicate et appréciable sur la rose fanée.

Très beau Barolo, loin d’être sur le déclin.
 
Barolo Vigna Rionda Poderi et Cantine Oddero Riserva 2006

Nez parfumé typique du Barolo: floral, épicé et fruits noirs.

Bouche mentholée avec un fruit acidulé. Le cèdre est intégré et une fine acidité élance bien un beau jus au duo floral/épicé en seconde partie de bouche. C’est équilibré et sapide, très agréable et aux antipodes des Riserva séchants qui sont encore trop nombreux. Ici le style est au Barolo agréable et floral, où le boisé sert de relais harmonieux pour que le vin s’exprime au mieux. Belle finale suave sur une bonne longueur.

Très bon Barolo.
 
Barolo Luciano Sandrone Cannubi Boschi 2005

En magnum.

Bouquet sur les épices, les fruits noirs, le cuir et une pointe de balsamique.

Bouche mentholée avec un jus dense mais totalement délié qu’étire une belle acidité intégrée. Les épices dominent et se mêlent harmonieusement aux fruits noirs et à la pointe de cèdre. Belle complexité avec des herbes médicinales qui pointent à l’aération, du cuir et cette touche de balsamique en finale qui réhausse l’intensité tout en gardant un coté très digeste avec une belle longueur

Très beau Barolo, sapide et racé.
 
 
Les blancs liquoreux

Ma nouvelle marotte depuis peu, ce sont les vins allemands.

Riesling Willi Schaefer Graacher Himmelreich Auslese #12 2003

Nez sur les fruits tropicaux, mangue, fruit de la passion et vanille.

Bouche à la richesse affirmée, mais servie par une belle acidité. Aucune lourdeur ici, le jus est porté de bout en bout par une belle trame acide, et pourtant, de la concentration, il y en a, avec du marzipan, un mélange de pêche confite, d’ananas, d’orange et de vanille. La tension donne de la cohérence à cet ensemble. Belle finale sur la mangue, dotée d’une longueur saline appréciable.

Très bon vin mosellan.
 
Riesling Mosel Saar Eitelsbacher Karthauserhofberg Trockenbeerenauslese #20 Versteigerung 2005

(cuvée enchère)

Nez intense sur l’ananas confit, les hydrocarbures et les fruits tropicaux.

La bouche est impactante, le jus d’une densité énorme frappe tout de suite le palais. Le vin est épais, un véritable miel vineux, sur des arômes d’ananas prédominants mais l’acidité énorme arrive tout de suite derrière pour prendre le relais et apporter une tension bienvenue qui évite toute lourdeur. C’est ainsi que les arômes floraux et de fruits tropicaux s’installent avec beaucoup de sérénité sur ce vin riche mais à l'acidité redoutable. Cela s’étire tout en longueur avec une intensité rare jusqu’à une finale qui “claque” dans la gorge toujours sur de beaux arômes de fruits tropicaux et de miel sur une excellente longueur.

Très beau vin, mais qui manque un peu de nuance et de délicatesse selon moi. La marque du millésime de ce que j’ai pu comprendre.
 
Riesling Trockenbeerenauslese Hessische Staatsweingüter Kloster Eberbach Hochheimer Domdechaney 1976

Robe digne d’un vin rouge.

Nez de café, cassonade, sucre brûlé et figue confite.

Bouche cacaotée, jus énorme de densité et de sucre que l’acidité encore fringante bien que sur le déclin permet de propulser et étirer pour que le vin exprime une très belle complexité harmonieuse telle que décrite au nez. Le café mêlé à la cassonade domine mais le vin reste particulièrement digeste compte tenu de sa concentration hors norme. Belle finale salivante sur la figue et les fruits confits sur une bonne longueur.

C'est un vin complexe et excellent mais qui commence à être sur le déclin pour être honnête. Il y a 10 ans il devait être grand.
 

En voilà une belle série! Pour les champagnes, les grandes maisons ont tenu leur rang, prouvant une fois de plus la capacité de vieillissement de leurs cuvées. Légère déception pour le Falmet et le Bérêche, tandis que j'ai vraiment apprécié le Paillard.

Pour les blancs, ils étaient chacun dans un style très différent, donc difficile d'en sortir un classement. Mon favori fut néanmoins le Batard Montrachet. J'ai beaucoup apprécié la découverte du Peter Michael.

Les rouges, le Romanée Saint Vivant m'a déçu. Le Valentini totalement mort fut remplacé avantageusement par le Bussia 1990 que je considérais à tort comme un outsider. J'ai beaucoup aimé l'Oddero aussi.

Enfin, pour ls vins liquoreux, je goute enfin un beau Schaefer, le Karthauserhof manquait de nuance pour moi, et le Kloster Eberbach fut vraiment agréable.
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02 Jan 2024 13:09 #70

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Réponse de Vaudésir sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Pour Falmet est-ce les cuvées parcellaires que tu as prise ? Bu une ZH 318 2014 très joli en octobre. 
Pour l'allemand ( cuvée enchère ) nous avons eu la chance de boire grace à Vivien sur 2004 un 'Auslese N°55 AP14-05 et une Goldkapsul N°52 AP15-05 très beaux.
Merci pour ces belles bulles bues.
Stephane 
02 Jan 2024 13:49 #71

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Salut Stéphane:

Pour Falmet ce fut Val Cornet, ça m'a tout l'air d'être la ou l'une des cuvées générique du domaine. Au prix auquel je l'ai payé (40€) c'est loin d'être scandaleux. J'ai ZH318 sur 2012 et Terra 2014 en cave, on verra bien, ce sont des cuvées plus "ambitieuses".

Pour les allemands, mes plus belles émotions sur des liquoreux ont été avec Grunhaus. Je peine à trouver un équivalent mais le niveau des autres reste très élevé!

 
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02 Jan 2024 14:29 #72

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Nouvelle série très intéressante avec notamment une paire de Brunello et un focus sur le millésime 2009 en Champagne:
Les champagnes

Champagne Billecart Salmon cuvée “Nicolas François Billecart” 1996

Nez d’une délicieuse complexité: mélange d’agrumes, écorce d’orange, fruits tropicaux, craie et jasmin.

En bouche, l’effervescence caresse et réveille les papilles avec un beau touché, le jus est ample mais avec une belle plénitude. Le dosage est parfaitement intégré et le vin déroule toute sa palette de champagne patiné avec une densité et une délicatesse magnifique. Le jasmin domine largement, avec des croutes de baguette, une pointe herbacée, un zeste d’épice, de l’amande douce, de la poire, du coing… L’ensemble est parfaitement réglé comme sur du papier à musique. Grande finale intense et longue, crayeuse et saline qui s’étire de façon délicate.

Grand champagne cueilli dans sa plénitude.
 

Champagne Chartogne-Taillet “Les Orizeaux” 2009

100% Pinot Noir, dosage à 3g.

Nez très épicé sur la cannelle et les noix.

Bu une première fois en octobre 2023, cette seconde bouteille sur ce parcellaire délivre des sensations identiques à savoir un vin qui évolue de façon rapide mais stable. J’avais écris à l’époque “touche d’oxydation, une bonne dose d’épices et de vinosité notamment sur la cannelle, et une belle finale sur la noix. Longueur correcte”.

Je bois pas mal de 2009 en champagne, j’aime bien le profil qu’offre ce millésime aujourd’hui, mais j’éviterais de les garder trop longtemps, notamment les cuvées à dominante de Pinot Noir qui ont tendance à évoluer plus vite par rapport aux Chardonnays qui s’avèrent plus solides en matière de vieillissement.

Bon champagne.
 

Champagne Eric Rodez Empreinte 2009

Blanc de Blancs d’Ambonnay, cette cuvée rassemble les meilleurs raisins de la maison Rodez, qui bénéficie d’un temps sur lattes plus important que les autres cuvées. En l'occurrence ici le dégorgement est intervenu ici en 07/2021.

J’ai choisi cette cuvée pour marquer la différence avec les Pinot Noir qui évoluent vite sur ce millésime (notamment le Chartogne Taillet Orizeaux).

Nez sur la pomme rotie et la craie.

La bouche est très structurée, sérieuse, avec un touché crémeux et un jus ample. La dualité pomme rotie/craie fonctionne à merveille, il y a une grande fraîcheur allié à une belle richesse, la texture du vin est superbe. Champagne profond et étiré, serein, sur un fruit éclatant et avec cette minéralité en 2ème lame. Grande finale, riche et saline, qui se déploie en queue de paon sur une longueur traçante et vibrante.

Grand champagne qui peut vieillir sereinement. Confirmation que les chardonnays sont réussis sur ce millésime solaire, surtout quand ils profitent d’un temps sur latte significatif. Cette mode des dégorgements rapides est vraiment préjudiciable en Champagne.

 
Le blanc

Chenin Vin De France Domaine Richard Leroy “Les Noels de Montbenault” 2013

Nez de pop-corn, allumette et sésame grillé.

En bouche, le perlant domine au début, de même que les arômes de grillés. Si ces derniers s’estompent après 2h, il faudra encore 2h de plus pour que le perlant s’estompe, mais il fera toujours parti de la structure du vin, notamment au touché, donnant une belle fraîcheur. Jus volumineux qui s’étire tout en longueur sur des arômes de poire, de coing et de tilleul. A l’aération le vin gagne en vivacité et évolue favorablement, il est donc promis à un belle avenir. La finale est très concentrée, envoyant un shot de poire et de coing sur une bonne longueur mais que j’aurais espéré plus longue.

Très bon Chenin, avec une grosse réduction quand même. J’avoue avoir préféré le style Bernaudeau.
 
 
Les rouges

Brunello di Montalcino Siro Pacenti 2001

Bouchon long et intact.

Très joli nez, plein de fraicheur, c’est floral, avec des fruits rouges, des épices et une touche métallique.

La bouche est pleine de nuance, avec une attaque tout en fraicheur, c’est très floral pour un Brunello, puis viennent ensuite les herbes et les épices, avec une touche de santal et de fer. C’est complexe mais en même temps très aérien, tout en finesse, avec un jus texturé qui possède une grande allonge élégante. Belle finale, où l’intensité se réhausse d’un ton, sur des notes de violettes avec une longueur saline persistante.

Excellent Brunello, d’un style que j’apprécie.
 

Barolo Azienda Massolino Vigna Rionda “eticheta nera” 2016

La qualité exceptionnelle du millésime a amené le domaine a créer une étiquette dédiée pour différencier 2016 du reste des autres millésimes.

Nez magnifique, vaporeux et intense à la fois, c’est floral, épicé, un fruit acidulé et du goudron.

Bouche à la texture soyeuse sur un jus à la fois dense, profond et aérien. Il y a un coté cristallin et précis dans ce vin qui nous fait plonger dans un défilé d’arômes, la lavande, de pétales de rose, de cuir, pomelos et cerise. Vin structuré, sur un équilibre harmonieux et une acidité effilée. Grande finale, vibrante et saline, sur une magnifique longueur légèrement épicée.

C’est un vin impressionnant, statutaire et parfait exemple de la quintessence de ce que peut être un Barolo. Il est jeune mais se boit déjà parfaitement bien que le temps lui donnera encore plus de complexité.
 

Brunello di Montalcino Azienda Le Chiuse Riserva 2009

Nez de prunes séchées, de tabac et de figues.

Bouche épicée, avec un jus concentré aux arômes terreux et d’orange sanguine mais parfaitement équilibré par une bonne acidité qui donne une bonne fraîcheur au vin malgré le millésime solaire. C’est puissant et avec une belle complexité naissante. Finale aux tannins mûrs mais fondus, sur une pointe de menthol et de cèdre qui s’étire sur une bonne finale.

Excellent Brunello Riserva que j’ai acquis à un prix correct et qui peut encore vieillir sereinement.
 

Conca de Barbera Miguel Torres “Grans Muralles” 1996

Cette cuvée est un blend de différents cépages catalans historiques plantés depuis la période médiévale: Garnacha et Monastrell principalement. Le vin est ensuite élevé sous bois français pendant 18 mois et patiente ensuite 10 à 15 ans dans les caves du domaine après embouteillage.

Nez légèrement compoté de prune, ronce, noix grillées et vanille.

Bouche dense et chaleureuse avec un toucher soyeux. Les 14 degrés d’alcool apportent certes de la chaleur mais aucune lourdeur notamment grâce à une bonne trame acide. Bonne complexité sur des arômes de violette, d’herbes de provence, de tabac et de poivre. Bonne finale à la fois vanillée et pierreuse sur une longueur qui manque un peu de tonus.

Très bon vin espagnol, à maturité.
 

Saint Julien Chateau Léoville Las Cases 1996

Bu une première fois en 2020, il m’avait fait forte impression.

Nez d’une précision incroyable: fruits noir, tabac, bois précieux et une touche d’épice.

La bouche est aussi profonde que précise. Ce vin offre à lui seul une plongée dans le classicisme bordelais: d’une élégance époustouflante, le vin est serein, équilibré et sphérique sur une profondeur incroyable: le fruit noir s’efface peu à peu pour le tabac, qui lui même laisse la place au cuir, puis le cèdre… Le jus est dense, servi par une acidité tout en filigrane qui étire l’ensemble de façon harmonieuse. Le vin est à la fois délicat mais il impose sa présence de façon naturelle. Il n’a que peu bougé par rapport à mes souvenirs de 2020. Finale d’une texture délicieuse, épicée et cristalline à la fois qui s’étire à n’en plus finir.

Grand Bordeaux. J’ai Mouton et Lafite dans ce millésime, curieux de le mettre face à ces 2 cadors et de Chateau Margaux 1996 qui semble majestueux aussi.
 
Les allemands

Riesling Joh. Jos. Prüm Wehlener Sonnenuhr Spätlese 1995

Bu une première fois l’année dernière, cette bouteille a paru plus évoluée.

Nez sur les fruits tropicaux, mangue, fruit de la passion et goyave.

Bouche très riche, entre pétrole et fruits tropicaux. Le vin ne possède pas l’énergie de sa petite soeur bue en septembre 2023, le jus est plus sec mais manque un peu de ressort à mon sens pour relancer la machine. Bonne finale, mais le vin a définitivement moins d’impact sur cette bouteille.

Très bon mais la bouteille est définitivement plus évoluée que la précédente. Il a fallu la garder au frais pour éviter toute lourdeur.
 
 

Rheingau Riesling Schloss Johannisberg Rosalack Beerenauslese Fass 71 1967

Robe qui fait penser à un espresso. Chose que confirme le nez, on est sur des arômes torréfiés avec un sucre qui ressort sous forme de miel et de marzipan.

En bouche c’est un vin plaisant, encore bien dense, qui possède de beaux restes bien que son apogée soit clairement dépassée. L’aération lui permet néanmoins de prendre de l’ampleur, il demeure à la fois aérien et digeste mais dense à la fois sur des arômes de crème brulée et de cassonade. Finale fuyante sur le sucré brulée qui témoigne du déclin du vin.

Une belle expérience même si objectivement le vin était sur la pente descendante.
 


En définitive, peu de surprise. Le Billecart Salmon NFB 1996 a survolé les débat même si le Rodez fut impressionnant. Pour le Chartogne, ce n’est pas la première fois que je me fais la remarque de comment ses vins évoluent vite. Souvenir d’un 2008 déjà à point. Pour les blancs, Le Leroy m’a un peu déçu, j’en attendais plus que cette grosse réduction. En rouge, Las Cases fut souverain, et Le Chiuse arrive second pour son supplément de texture et de profondeur.
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27 Fév 2024 22:47 #73

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Réponse de tomy63 sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Merci pour ces beaux CR ! 
En ce qui concerne les vins de Chartogne-Taillet, il ne faut pas oublier qu'Alexandre a repris le domaine en 2006. Les premiers millésimes sont très loin du niveau de ce qu'il sort depuis quelques années. Je ne pense pas que ce soit une question de potentiel de garde.
Pour une fois que ce n'est peut-être pas une bonne chose de boire les vins à maturité 
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27 Fév 2024 23:00 #74

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Oui c'est ce que je me suis laissé dire! J'ai des plus récents, 2014 et 2016, j'essaierai avec intérêt!
27 Fév 2024 23:04 #75

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Réponse de leteckel sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

J'ai bu plusieurs exemplaires de ce Leroy 2013, toujours très réduit / allumette à fond.
A un point tel que je pense que c'est atypique et non représentatif de la production du domaine. Je dis ça en ayant gouté d'autres millésimes de cette cuvée (11 / 15 / 17), même s'ils peuvent présenter une petite réduction (11 notamment de mémoire).

ArnoulD avec un D comme Dusse
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28 Fév 2024 21:01 #76

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Réponse de dt sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

En effet Arnould, 13 et 16 sont particulièrement réduits.

Denis
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28 Fév 2024 21:39 #77

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Réponse de Gaija sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

J'aime beaucoup le terme de "vaporeux" pour qualifier un nez de beau Nebbiolo, je retiens ! 
Merci pour ces superbes CR !

Brieuc
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28 Fév 2024 22:47 #78

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Récit d'une belle dégustation qui a eu lieu en dehors de mes terres avec un protocole d'ouverture identique à toutes les bouteilles, à savoir une ouverture 2h avant pour toutes les bouteilles avant le service.

CR: Domaine de la Taille aux Loups Triple Zéro

Indication 20-21 sur le bouchon

Jolie bulle et aromatique charmeuse sur la poire blanche et le cidre. En bouche c’est élancé, sapide et juste à la fois. La finale est un peu austère à mon goût mais l’ensemble reste convaincant!




Champagne Drappier Grande Sendrée 2010

Nez très ouvert sur la noix, noisette et fruits jaunes.

Bouche texturée et crémeuse qui s’exprime sur des arômes de thé et de citronnelle. Beau champagne qui évolue convenablement dans le verre avec une belle structure acide qui donne vie à l’ensemble. La vinosité domine au réchauffement. Belle finale sur les fruits à coques avec une bonne longueur.

Je n’avais jamais bu cette cuvée et me voilà convaincu!

   



Saumur blanc domaine Romain Guiberteau Brézé 2015

Nez intense sur des arômes grillés, pointe de réduction puis une fois cela dissipé, du citron vert et une touche herbacée.

Bouche d’une très belle maturité, il y a de la tension avec du menthol qui ressort. Les arômes de pain grillés laissent place au fur et à mesure à un citron vert très charmeur. Sensation d’un vin à point. Belle finale beaucoup plus longiligne que la bouche.

Très bon vin même si le style grillé me fatigue un peu.
 


Chablis 1er cru domaine Jean Paul & Benoit Droin 2021

Nez de pomme verte et de citron.

Bouche très cristalline, belle tension mais le jus est très fin, peut être un peu trop léger mais c’est la marque du millésime. Il n’en demeure pas moins que le vin est plaisant, très citronné et salin à la fin sur une finale sèche.

Bon Chablis dans le contexte du millésime.
 


Barolo Azienda Agricola Pira e Figli - Chiara Boschis Cannubi 2004

Très joli nez, parfumé, rose, cerise et herbe médicinale.

En bouche, c’est une expression très bourguignonne du Nebbiolo. Jus parfumé et éminemment féminin, c’est très floral avec de la fraise sur un fond d'épices. Très bon équilibre sur une acidité qui apporte tension et fraicheur. Ce Barolo n’a certes pas la profondeur ou la complexité d’autres 2004 plus “masculins” mais il joue sa partition sur un tout autre registre qui me semble plaisant et surtout cohérent. Belle finale finement boisée et épicée qui s’étire sur une bonne longueur.

Très bon Barolo, j’ai bien aimé le style.
 


Chateauneuf du Pape domaine de Beaurenard Gran Partita 2015

Le nez se dévoile par touche successive mais jamais dans sa totale complexité malgré l’aération: c’est sainguin et massif, du gibier, un fruit noir éclatant, un peu de café, du cuir et de la réglisse.

La bouche demeure à l’image du nez: c’est trop tôt pour ce vin qui laisse cependant entrevoir un potentiel extrêmement prometteur. Le jus est corpulent mais s’affine néanmoins avec une bonne oxygénation. Ici aussi, plusieurs strates s’expriment successivement mais non encore de concert, de sorte que la partition est certes changeante mais toujours monocorde: fruit noir intense, sanguin, réglisse, garrigue et un zeste d’épice s’expriment pour finir sur une finale giboyeuse et presque métallique. Très belle longueur.

Un Chateauneuf très bon aujourd’hui mais qui saura récompenser la patience pour exprimer tout son potentiel.
 


Pinot Gris - Tokay domaine Muré Clos Saint Landelin Grand Cru Vorbourg Vendanges Tardives 1990

Cuvée désormais disparue du moins sous cette dénomination.

Nez intense de caramel au beurre salée et de fruits confits.

En bouche, le coté caramélisé se précise, couplé avec le gras du Pinot Gris. Par contre, si l’expérience n’en est pas moins intéressante, le vin s’essoufle en seconde partie de bouche, perdant en précision. Si l’acidité est toujours présente, le jus, lui, se fait plus fuyant. Finale sympathique sur les herbes médicinales.

Bien mais sur la pente descendante.
 


Une très belle découverte avec la Taille aux Loups. J'ai aussi beaucoup la paire de rouge très complémentaire entre Chiara Boschis et Beaurenard.

 
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15 Avr 2024 19:20 #79

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Une belle série qui s'est déroulée lors d'une semaine de vacances en Italie.
 
Les champagnes
 

Champagne domaine Agrapart Mineral 2012

Dgt 04/2019

Nez sur la verveine, la craie et les fruits jaunes.

La bulle fine court sur une bouche pleine de vivacité même si un peu de patine qui vient apporter une délicate touche d’oxydation vient poindre peu à peu. Coté brioché assez confortable qui apporte une bonne assise à un jus ample pour s’ouvrir sur une belle complexité: agrumes, craie omniprésente, biscuit, pomme verte et verveine. C’est même crémeux pour cette cuvée réputée traçante. Belle tension qui dirige le vin vers une finale saline de bonne intensité sur une longueur appréciable.

Excellent, mais les prix chez Agrapart commencent à faire réfléchir.
 
 
Champagne Diebolt-Vallois “Fleur de Passion” 2006

Nez aux arômes floraux et beurrés à la fois avec de la pomme au four.

La bouche possède un très beau toucher crémeux. Le vin semble avoir été cueilli à maturité où la complexité éclot, tout en gardant une touche de jeunesse. Le jus est ample, avec des saveurs florales, briochées, salines et des agrumes. Il y a un coté à la fois suave et juteux. La texture est veloutée avec une sapidité redoutable. Grande finale beurrée et saline sur une grande finale vibrante.

Excellent champagne.
 
Champagne Bérêche “Les Beaux Regards” 2008

Dgt 11/2011

Nez salin et crayeux, enrobé d’amandes

100% chardonnay dont ⅓ de Mareuil le Port et ⅔ de Ludes.

Bouche précise et vive sur une grosse minéralité enrobée d’un jus texturé malgré le 0 dosage. C’est précis, vif et à la fois profond avec en plus de belles saveurs de jasmin qui s’ajoutent à la craie et à la salinité. Le vin est tendu et peut encore vieillir de belles années. Belle finale sur les sels minéraux avec une grosse longueur traçante.

Très beau champagne!
 
 
Champagne Gonet Médeville cuvée Théophile 2009

Dgt 05/2022

Assemblage très intéressant ou 60% de Chardonnay du Mesnil sur Oger rencontre 40% de Pinot Noir d’Ambonnay.

Le nez est riche. On ressent la maturité solaire du millésime avec des arômes toastés et d’épices, de la noix, de la vanille et de la cannelle.

Belle bouche ample, tout en fraicheur mais avec une attaque à la fois dense et riche. Le jus possède de belles saveurs de beurre de cacao, de fruits tropicaux et de safran. A maints égards, le Pinot Noir domine en bouche. Le vin est bien structuré, servi par une belle tension qui assure l’équilibre de l’ensemble. Seconde partie sur la fumée et les fruits rouges. Belle finale finement boisée qui fait la synthèse de ce vin entre fraicheur, richesse et évolution sur une longueur crayeuse.

Excellent champagne qui se boit très bien aujourd’hui.
 
 
Champagne Krug Grande Cuvée

ère 2004-2011. On a donc des vins en majorité issue de la décennie 90.

Nez très puissant de rancio. L’oydatif y est finement dosé, vinosité affirmé sur des fruits rouges et la noix.

Bouche au toucher crémeux et dense, première fois que j’ai une GC aussi puissante. Le vin est parfaitement structuré de telle sorte que la vinosité et la puissance s’efface progressivement en milieu de bouche pour laisser la place à une superbe minéralité, tout en strate, avec successivement de la craie, de la pierre mouillée et des saveurs salines. Equilibre au cordeau, sur une fraicheur magnifique qui donne vie à ce jus ample et complexe.
Finale qui fait la synthèse du vin, entre vinosité puissante, affirmée, et longueur vibrante sur les sels minéraux.

Grand champagne où tout y est: texture, puissance, finesse, complexité, longévité…
  
 
Les rouges
 

Cote du Roussillon domaine Hervé Bizeul Le Clos des Fées 2012

Malgré un carafage, le nez peine à se définir pleinement, on reste un peu vague sur des fruits noirs.

La bouche est du même acabit, elle manque de définition. Le fruit est joli, et la structure est pourtant là, mais l’ensemble n’arrive pas à me convaincre en ne proposant rien de cohérent. C’est fruité avec une trame acide mais rien de transcendant. Finale encore tannique.

Problème de bouteille?
 
Amarone della Valpolicella Cantina Gerardo Cesari “Il Bosco” 2013

Nez sur le café et les fruits noirs.

Bouche assez ordinaire, ça se boit facilement mais sans grand caractère ou typicité propre à l’appellation. C’est très international avec la sensation de vouloir faire plaisir au plus grand nombre. Finale correcte.

Un vin qu’on oublie vite
 
Brunello di Montalcino Marchesi di Frescobaldi Castelgiocondo 2010

Nez de fruits noirs, de prunes et de grenade.

En bouche, le jus est intense, épicé et pur, sur un fruit noir plaisant. Grande sapidité d’un jus porté par une belle acidité. L’aération viendra apporter une belle complexité avec du tabac et du cuir. Bonne finale sur le cèdre avec une longueur satisfaisante.

Bon Brunello qui, au vu de son évolution dans le verre, est à maturité.
 
Gattinara Giancarlo Travaglini “Tre Vigne” 2019

Nez de kirsch, cuir, herbes médicinales et verveine.

Bouche effilée, sur des saveurs de griottes mais surtout de verveine et d’herbes médicinales très présentes. C’est vif, souple, et surtout très expressif. Très bon équilibre sur une tension qui étire bien le jus d’une belle maturité. Belle finale au boisé intégré sur une longueur correcte.

Très bon Nebbiolo
 
Chianti Classico Gran Selezione Marchesi Antinori “Badia a Passignano” 2020

Nez de fruits noirs et d’épices

Bouche avec une fine acidité longiligne qui dirige un jus assez riche mais sensuel. Soyeux et fruité, c’est facile à boire mais avec une bonne personnalité, toujours sur ce mix fruits noirs et épices. Bonne finale vanillée avec des tannins fins.

Bon Chianti
 
Chateauneuf du Pape Le Clos du Caillou Réserve 2001

Très beau nez d’orange sanguine, d’épices douces, tabac et santal. Il y un coté pratiquement floral que je n’avais jamais vu avant sur un Chateauneuf.

Bouche tout en finesse, mais en même temps glycérinée. Le toucher est splendide, il y a ce coté à la fois vaporeux, poudré, mais texturé à la fois qui recouvre tout ce qu’il touche. L’acidité parfaitement intégrée, comme les 14,5° d’alcool, élance avec raffinement ce jus complexe sur les fruits noirs, le tabac, le bois de santal et l’espresso. C’est crémeux mais avec un coté salin. Grande finale, épicée sur une longueur légèrement herbacée.

Grand Chateauneuf. J’en retiens le coté crémeux, fin et salin à la fois.
 
Au final, le niveau fut très élevé coté champagne, avec un Krug qui devance le pack des vignerons grâce à son élégance doublée de sa puissance/ Pour les rouges, le niveau fut plus faible, avec notamment 2 déceptions, le Roussillon et l'Amarone. Le Chateauneuf fut clairement au-dessus. Pas de blanc cette fois-ci car il est difficile de trouver des blancs corrects en Italie à mon goût.
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18 Avr 2024 23:43 #80

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Récit d'un week-end dantesque qui nous a amené à Reims, avec entre autre un repas au Glue Pot dont j'ai trouvé que la nourriture manquait de finesse, puis au Sacré Burger. Pour ces 2 restaurants, je salue l'excellence de la carte des vins, aux coefficients doux, notamment quand il s'agit des références spéculatives. Puis la consécration sera à l'Assiette Champenoise, qui demeure pour moi une référence, tant au niveau du service que de la nourriture proposée. Par souci de cohérence, j'ai préféré classer les vins par type plutôt que par ordre de dégustation.
Les Champagnes

Champagne Rosé de saignée Blanc de Noirs Gaspard Brochet “La Rosêêh” Tome 1

Millésime 2020. 573 flacons.

Dgt 01/2023

Nez sur un coulis de framboise saupoudré de quelques épices.

Au début, le vin était fermé. J’ai eu cette même sensation il y a 2 ans lors de mon premier Brochet, un vin compact, renfrogné bien que la qualité soit perceptible. Au bout d’une heure, le vin a fini par éclore comme une fleur, avec de magnifiques saveurs de framboise et d’épices douces. Le vin finit par se faire floral, délicat, avec une très belle allonge en bouche là où beaucoup de rosé de saignée s’écrase sur un jus impactant et flatteur. Très belle acidité qui étire ce coulis de fraises aux accents floraux jusqu’à une finale où fraicheur et épices dominent.

Un délice.

PS: bu une seconde bouteille le lendemain qui était au même niveau Champagne Marie Noelle Ledru cuvée du Goultée 2015

Mon second Ledru.

Nez puissant et vineux, fruits noirs et craie.

Bouche assez brutale. Le jus va se délier à l’aération mais le vin gardera ce profil rude, très vineux et structuré, avec une trace de fumée. Belle trame acide qui arrive à porter cet ensemble puissant sur une belle finale crayeuse et intense.

C’est objectivement un très bon champagne mais pas du tout le style que j’aime. D’autant que les prix s’affolent…
 
 Champagne Elise Bougy Les Chetillons du Haut

Base 2019

Nez sur la pierre mouillée et le gros sel.

La bouche est massive, mais déliée et structurée. Les saveurs salines dominent tout, c’est extrêmement minéral et encore jeune. L’acidité demeure haute et propulse ce jus avec beaucoup de dynamisme. Belle finale impactante sur la pierre mouillée.

Très belle interprétation du terroir du Mesnil sur Oger même si je pense que les vins d’Elise Bougy arrivent trop tôt sur le marché et méritent un vieillissement supplémentaire.
 
 Champagne Hugues Godmé “Les Bouquets” 2012

Dgt 04/2022

Cette fois-ci, je l’ai bien mieux gouté qu’au domaine. Nez floral et de pierre mouillée.

La bouche est très fine, tout en délicatesse avec une bulle fine et élégante. Très beau jus qui glisse sur la langue avec des saveurs vineuses et épicées. Très bel assemblage où la froideur du Pinot Noir de Verzenay domine. Belle finale crayeuse.

Très bon champagne.
 
Champagne rosé Gaspard Brochet “Pinot de Sacy” Tome 1

Millésime 2021

Dsg 01/2023

Quelle chance de l’avoir bu en parallèle avec le rosé de saignée à table! il en fut le complément parfait tant ils sont sur un registre différent.

Nez délicat, sur un fruit acidulé et du jasmin

La bouche peut paraître évidemment discrète par rapport à l'exubérance du rosé de saignée. Mais ici on est sur un rosé aérien, élégant, tout en dentelle avec une très belle allonge. C’est une ballerine, tout en finesse, avec de délicieux arômes de bonbon acidulé et de jasmin qui tracent en bouche pour exploser sur une belle finale crayeuse, saline et suave à la fois.

Excellent rosé.
 
 
 Champagne Guillaume Selosse Largillier

Dgt 2022

Nez vineux et mature, de la poire et quelques notes oxydatives mais beaucoup moins qu’avec le père Anselme.

Bouche très épicée, pomme et poire dominent avec grosse vinosité en second rideau. Très bel équilibre avec une tension qui porte ce jus de très bel qualité. La différence de style y est, les notes oxydatives sont plus délicates. C’est surtout le côté épicé qui apporte une belle complexité. Grande finale, éthérée mais vibrante.

Je l’ai mieux gouté qu’il y a un an sur un plus vieux dégorgement.
 
 
Les blancs
 
Bourgogne Aligoté Les Horées “En Coulezain” 2022

Nez crayeux et beurré qui nous emmène plus en Champagne qu’en Bourgogne.

Le jus enrobe la bouche de gras, c’est bien beurré presque trop puisque je lui trouve un léger déficit d’acidité pour donner de l’allonge à l’ensemble. Finale visqueuse un peu lourde.

Bien sans plus, question de style. Mais les prix sont dingues!
 
Rully Domaine Dureuil-Janthial 1er cru Grésigny Vieilles vignes 2020

Nez terreux et de pomme granny.

Bouche extrêmement intense, jus visqueux, précis et profond. Les saveurs sont une concentration de salinité de sous-bois et de saveurs terreuses. Peu de réduction malgré la jeunesse. Le vin est impressionnant et s’exprime déjà parfaitement, une véritable éclosion dans le verre. C’est bien sûr un vin bâti sur la durée mais qui est déjà très expansif. Finale tout en intensité sur un beau gras, avec une acidité qui étire le vin tout en longueur du début à la fin.

Impressionnant.

Chassagne Montrachet domaine Pierre Yves Colin Morey 1er cru Abbaye de Morgeot 2015

Nez de chèvrefeuille et d’embruns marin. L’ensemble reste sur la retenue.

Bouche serrée, à l’acidité minérale et saline. Le vin est linéaire, concentré. Le jus n,’est pas encore délié, c’est ensemble encore timide, taillé au laser. Saveurs de citron meringué saupoudré de sel marin. Bonne finale où le chèvrefeuille revient aux premières loges.

Très bon Chassagne mais qui ne se livre pas totalement.
 
 
Les rouges
CR: Rioja Artadi Vina El Pison 1994

Très beau nez, tout en finesse, sur du fruit noir, du cuir, de la vanille et des herbes médicinales.

Bouche tout en finesse à la texture velouté. Il y a une touche de tabac qui ressort, enrobé de fruit noir encore éclatant. La bouche manque sans doute de profondeur ou de puissance par rapport aux éditions plus récentes, notamment le magnifique 1995 ou encore le 1998 que j’ai bu précédemment. Mais il n’en demeure pas moins que le vin est élégant, registre peu commun chez les Rioja. Seconde partie de bouche sur le cuir, autour duquel s’enrole une belle finale mentholée et vanillée.

Très bon Rioja, sapide et agréable, qui ne fait pas ses 30ans.
 
 Chambolle Musigny domaine Sylvain Cathiard “Le Clos de l’Orme” 2014

Nez floral et épicé avec une touche de vanille.

En bouche, c’est un vin précis et agréable avec un boisé intégré de main de maître. Le jus possède des saveurs florales très agréables. Beau vin, très bien équilibré qui nous conduit sur une finale épicée.

Beau Chambolle village même si je pense que le style Cathiard peut diviser sur cette appellation. L’élevage est parfaitement géré, certes, mais c’est un style qui sied plus à Vosne à mon sens.
 
Bourgogne rouge Les Horées “Le vieux sage” 2022

Nez vaporeux, c’est floral et acidulé sur un fruit croquant.

Bouche tout aussi vaporeuse, un vrai vin de copain, floral et croquant à la fois, équilibré, élancé, structure simple mais efficace, droit au but!

Très beau Bourgogne générique.
 
 


Le tiercé de tête: Le Rully qui fut magistral, et les 2 rosés de chez Gaspard Brochet.
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24 Avr 2024 22:01 #81

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Petite dégustation à Lyon pour fêter un anniversaire. Le point d'orgue de cette série fut le match entre 2 beaux Bordeaux sur le millésime 2009.
 

CR: Champagne domaine Emmanuel Brochet “Les Hauts Chardonnays” 2008

Nez beurré, salin, amandes, et fumée.

Bouche racée, aucun doute sur la présence du chardonnay bien né. C’est complexe, intense et traçant à la fois, avec des saveurs pâtissières, de poire, d’amandes douces et une élégante touche de fumée. Grand équilibre, signe du millésime, avec cette acidité qui tend ce vin ample avec beaucoup d’élégance. 2008 émerge sur un plateau très intéressant chez les producteurs de ce calibre. En effet, les extra brut ou brut nature portent des signes d’évolution mais restent sur une fraicheur éclatante, c’est une sorte de symbiose très agréable qui se maintiendra encore pendant quelques temps. Belle finale intense et cristalline à la fois, crayeux, saline et amandes douces sur une grande longueur.

Excellent champagne. Champagne Maison Bruno Paillard NPU rosé 2008

Dgt 02/2022. 2600 bouteilles produites. Sélection des meilleurs raisins sur les meilleurs terroirs.

Nez timide au début mais qui est devenu expressif sur les fruits rouges.

Bouche assez rigide mais d’une grande élégance. Le Chardonnay est encore assez tendu, donnant un aspect assez radical au vin, lui faisant perdre un peu de plaisir. Vin très bien fait, structuré, qui a mis du temps à s’exprimer dans le verre pour enfin éclore sur une explosion de fruits rouges. Ce champagne est encore extrêmement jeune, bâti pour durer, aussi tendu qu’une arbalète. Belle finale qui oscille entre notes salines et fruits rouges, sur une bonne longueur.

Très bon champagne, à l’ancienne qui va demander du temps pour se révéler. Les tarifs revendiqués sont par contre très élevés par rapport à ce que l’on peut trouver pour le même prix.
 
 
Fleurie domaine Jules Desjourneys “Les Moriers” 2010

Nez peu engageant au début sur le pneu brûlé. Il évoluera positivement vers des fruits cuits.

Bouche à l’attaque franche aux arômes d’espresso et de coco. Quelques notes tertiaires. C’est assez éloigné des Beaujolais aux fruits éclatants que j’ai bu boire. Sensation d’un vin “ambitieux” mais qui n’arrive pas à me convaincre avec son côté fruit cuit. Bonne finale cacaotée.

Question de style… Mais je pense que ce vin aurait dû être meilleur quelques années auparavant.
 
Pauillac Chateau Pontet Canet 2009

Nez opulent, fruits noirs, graphite, cèdre, coco et vanille.

Bouche structurée avec une intensité magnifique. Un carafage de 4h fut nécessaire afin d’adoucir cette noble bête. Le jus est épais et velouté avec un magnifique équilibre, grâce notamment à une fine acidité qui étire le vin à l’infini. Seconde partie de bouche plus épicée avec des saveurs de sous bois. Grande finale avec une masse tannique encore notable qui demandera encore quelques années pour totalement se fondre, belle longueur sur le graphite.

Excellent Pauillac, encore très jeune.

Margaux Château Brane Cantenac 2009

Bouteille bue en parallèle avec un Pontet Canet 2009. Carafage de 4h.

Nez de fruits noirs, menthol, tabac et cuir.

Bouche pleine de tension, avec un coté caillouteux. Saveurs minérales, feuilles mortes, fruits noirs et tabac se succèdent de façon harmonieuse et intense. Belle complexité et évolution pour un vin qui garde une belle fraicheur mais qui semble déjà à son apogée à moins de préférer plus d’arômes tertiaires. Il propose aujourd’hui un bon équilibre, c’est suave et sapide. Belle finale sur le tabac sur une élégante longueur.

Excellent.
 


En conclusion, si fondamentalement le Pontet Canet 2009 est objectivement meilleur car bâti pour durer une éternité, le Brane Cantenac n'a pas eu à rougir, j'ai même tendance à dire qu'à boire aujourd'hui, c'est un choix plus pertinent. Le Desjourneys m'a laissé perplexe.

Coté Champagne, très bon Emmanuel Brochet qui confirme que 2008 en extra brut chez les vignerons s'approche très bien. Second vin de chez Bruno Paillard qui me laisse perplexe par rapport au prix exigé.
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28 Avr 2024 19:28 #82

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Réponse de Vaudésir sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Comme quoi gouter des Médocs 2009 c'est pas deconnant des fois 
28 Avr 2024 20:03 #83

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Réponse de Eric B sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Comme quoi gouter des Médocs 2009 c'est pas deconnant des fois 

C'est plus 2010 qui me parait risqué : on est sur un millésime plus "dur".  Neuf, c'est solaire et ne s'est jamais vraiment fermé. 

Eric
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28 Avr 2024 20:12 #84

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

1ère partie du récit d'une escapade lyonnaise le temps d'un week-end
 
Les champagnes
Champagne Louis Roederer Cristal 2012

En magnum.

Nez à la fois juvénile et riche, sur l’ananas, croûte de pain, biscuit et craie.

En bouche, le dosage est immédiatement perceptible surtout pour un habitué des dosages faibles. C’est riche pour un Cristal, avec cet aspect fruits exotiques qui domine. C’est crémeux, encore très tendu et très (trop?) jeune. Seconde partie de bouche sur les agrumes et extrêmement minéral, qui correspond plus à l’image que je me fais d’un Cristal jeune. Belle finale traçante et saline.

A attendre encore 15ans, mais c’est déjà excellent.
Champagne Larmandier Bernier Vieilles Vignes du Levant 2008

En magnum

Nez encore jeune, vanille, toasté et encore une touche d’oxydation.

La bouche est encore d’une grande rectitude. Je trouve d'ailleurs les vins du domaine toujours très droit. Bouche qui oscille entre iode et sucre brun, c’est assez particulier. Puis le seconde partie de bouche est un monument de droiture, avec une grosse signature crayeuse en finale. Très bel équilibre, mais un peu monotone en terme d’expression.

Très bon champagne cependant.
 

Les blancs

Montagny 1er cru Montcuchot domaine Cottenceau 2021

Grosse réduction au nez, 1er impact assez vanillé mais ensuite le poivre et les agrumes arrivent à percer.

Bouche assez expansive, jus confortable avec un élevage quand même ambitieux puisque le coté toasté ressort massivement dans un premier temps mais il se dissipe à l’aération pour laisser place à des saveurs poivrées et florales à la fois. Bonne finale, la maturité est là, avec un équilibre satisfaisant.

Cela devrait être joli dans quelques années une fois l’exubérance de l’élevage intégrée.
 

Nahe Riesling Emrich Schönleber Auf der Ley GG cuvée enchère 2015

En Magnum

Nez sur les hydrocarbures. Puis des notes florales et calcaires finissent par percer ce puit de pétrole.

Bouche d’une intensité énorme pour un riesling de terroir calcaire. Le vin est aussi traçant que profond, sur des notes intenses de pierres mouillées, de jasmin et de fruits tropicaux. Sensation de boire de la roche concassée sur un lit de fruit tropicaux saupoudré de jasmin. Finale d’une intensité magnifique, puissante et longue, toujours sur cette sensation de sels minéraux et de calcaire qui renverse tout sur son passage.

Magistral.
 

Chablis domaine Dauvissat Camus Les Clos Grand Cru 2015

En Magnum.

Nez iodé et citronné.

Bouche à la texture glycerinée. Arômes de pomme verte suivie d’une grosse minéralité mais qui peine à s’exprimer pleinement. Sur la retenue, encore très droit mais avec un bel équilibre. Bonne finale iodée.

Très bien mais à attendre
 

Les rouges

Cotes du Rhone Chateau de Fonsalette 2005

Bu une première fois en 2022, il reste conforme à mes souvenirs. Nez chaleureux d’épices et de garrigues.

Bouche juteuse et sapide. Jus soyeux, aussi chaleureux que souple, sur la violette et les herbes douces. Belle texture, équilibre parfait, c’est un vin solide qui se termine sur une belle finale nous transportant dans la garrigue.
 

Cote-Rotie Delas Frères La Landonne 2012

En Magnum

Nez de fraise et d’épices.

Bouche très classique, il y a une touche de boisée, mais de beaux arômes floraux surtout. C’est sapide, avec beaucoup de caractère en 2ème moitié de bouche où la fraise épicée revient comme un boomerang. Belle acidité qui étire un jus dense. Finale aux tannins soyeux, presque ferrugineuse avec une bonne longueur sur le thé noir.

Excellent.
 

Hermitage domaine Paul Jaboulet La Chapelle 2005

En Jeroboam

Nez qui restera longtemps très discret, épices, réglisse et fruits noirs.

Bouche très souple, les 14,5° d’alcool ne sont pas perceptibles. Le triptyque tabac, réglisse et épices dominent en bouche, mais avec une belle fraîcheur. Sensation d’un vin linéaire. Finale sur la fumée, bonne longueur.

Très bien mais impression d’un vin très (trop) calibré pour donner une émotion.
 

Nuits Saint Georges Domaine JF Mugnier 1er cru Clos de la Maréchale 2012

Je n’ai jamais bien gouté cette cuvée et je comprends encore moins les tarifs pratiqués.

En Magnum.

Nez de griotte, de cerise et de sous bois. Il y a ce coté rustique que je n’apprécie pas forcément.

Bouche assez austère, jus à l’acidité un peu élevée à mon goût, boisé perceptible… Un peu de griotte, un peu de sous bois et nous voilà déjà à la finale de ce vin qui reste monocorde.

Bien, sans plus.
 

Vin de France Domaine de Bellevue Statera 2019

Nez qui respire le plaisir, ça pinote à fond avec une trace de menthol qui lui donne un coté racé.

Bouche poivrée, digeste et traçante. Le jus est effilé, sur un panier de fruit rouge d’une sapidité absolue, sans doute moins structuré qu’un pinot nuiton mais quelle efficacité et quelle plaisir! Bel équilibre, et belle finale épicée sur une longueur notable.

Très bon!


Résultat des courses: Pour moi le trio de tête est l'Emrich Schonleber en premier, le Delas en second et le Cristal en 3ème. Belle mention pour le Statera alors que le Mugnier m'a déçu.
 
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22 Mai 2024 21:31 #85

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Seconde partie de l'escapade lyonnaise: le repas chez l'ami Marc, toujours prêt à recevoir avec générosité et gentillesse!
 

Champagne Billecart Salmon Grande Cuvée 1996

Nez de noisette, de champignon et de massepain.

Belle bouche, à l’effervescence fine et élégante et au jus dense qu’étire une très belle acidité. Le champignon frais domine, mais l’ensemble reste élégant et terriblement sapide. Très belle maturité avec une complexité qui apparaît à l’aération, pomme et poire cuites au four, patisserie et toujours ce champignon dominant. Grande finale, crémeuse et élégante sur une longueur de sous bois.

Très beau champagne, qui ne gagnera rien à être conservé plus longtemps.


Savennières Thibaud Boudignon La Vigne Cendrée 2018

Nez végétal et de citron frais

Belle attaque en bouche, c’est impactant mais aussi très strict sur les premiers verres. Il a fallu attendre la fin de la bouteille pour avoir un peu de charme et du gras avec des arômes floraux. Bel équilibre qui propulse le vin. Finale saline avec une bonne longueur.

J’ai beaucoup aimé le dernier verre. Un vin qui a besoin de beaucoup d’aération et qui donc peut encore vieillir tranquillement.

Pomerol Clos de l’Eglise Clinet 1955

Nez de truffe, de tabac et de sous bois.

Belle bouche fluide, ses meilleures années sont certes derrière lui mais il n’en demeure pas moins plaisant, avec un jus soyeux. A l’aveugle je pensais plus à un cabernet mais finalement j’ai peu d’expérience avec de vieux merlot. Je l’ai trouvé très plaisant, et velouté avec une belle finale cacaotée.

Riesling Weingut Robert Weil Kiedricher Grafenberg Auslese Goldkapsel enchère 1999

Nez floral, avec du botrytis et de l’abricot confit.

Bouche visqueuse sur un jus extrêmement mielleux. L’acidité catapulte le vin qui est pourtant d’une richesse énorme pour en faire un liquide sapide et plaisant, avec une profondeur indéniable. C’est complexe avec tour à tour des saveurs d’abricots confits, d’herbes médicinales et de poire confite sur fond de jasmin et de miel. Grande finale riche et exubérante mais parfaitement sapide encore une fois sur une très belle longueur.

Delicieux.
 
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24 Mai 2024 22:17 #86
Pièces jointes :

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Réponse de Marc C sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

Toujours un plaisir de te voir Benoît ! Et merci pour la double découverte champagne & riesling teuton. Deux très beaux vins !

A la prochaine !

Marc
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27 Mai 2024 23:06 #87

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Réponse de Benoit Hardy sur le sujet Champagnes d'auteurs et belles bouteilles

CR: Dans cette série, l'accent fut mis sur les blancs
 
Les champagnes
 
Champagne Roses de Jeanne La Haute Lemblée 2013


Dgt 04/2017. 100% Chardonnay.

Nez salin, fleurs blanches, craie, et agrumes.

Bouche d’une très belle maturité. Il y a un coté crémeux mais tonique en même temps. Saveurs très minérales qui sont enrobées par du citron et même une touche vineuse assez inhabituelle pour un 100% Chardonnay, avec fond de mirabelle et de fruits rouges. C’est déjà complexe et délié, avec une belle acidité qui étire un jus profond. Grande finale saline, avec toujours cette dualité agrume/mirabelle sur une belle longueur.

Excellent champagne. Après quelques déconvenues avec les vins de Cedric Bouchard il y a quelques années, je suis de nouveau sur une bonne phase.

 
 Champagne Dom Pérignon 1988

Nez oxydatif, pomme cuite, croute de fromage et caramel.

Effervescence encore bien présente.

Bouche ample et sereine. Dosage perceptible mais qui fait partie d’un ensemble harmonieux. Jus vineux, avec une touche mentholée en attaque. Puis les arômes se font plus évolués, sur les morilles notamment et les fruits cuits ou caramélisés. Le vin reste vigoureux avec une belle acidité qui équilibre parfaitement l’ensemble, à l’image d’une bascule pour finir sur une grande finale mielleuse et de noisette. Très belle longueur.
Excellent champagne.
 
 
Les blancs
 
Riesling Weingut Maximin Grunhaus 1G 2023

Nez immédiat sur les agrumes et le fruit de la passion.

Bouche séduisante et impactante, sur des fruits tropicaux frais et juteux. Du perlant à l’ouverture qui participe à la fois à un toucher de bouche flatteur mais qui a tendance à masquer l’ensemble. En secouant la bouteille vigoureusement, celui-ci a disparu. Jolie finale minérale dirigée par une acidité traçante.

Bu une première fois il y a quelques semaines au domaine, ce vin confirme tout le bien que je pensais de lui, à savoir un vin sapide, qui n’a pas forcément la structure pour vieillir mais qui procure un plaisir immédiat.
 
 Meursault Hospices de Beaune 1er cru Charmes cuvée Bahèzre de Lanlay 2009

Nez beurré mais peu disert.

Bouche assez ordinaire, il y a du gras mais c’est peu profond, assez passe-partout et surtout sans aucune typicité. Vin que l’on oublie rapidement, surtout quand on sait le potentiel de ce terroir.

Vin médiocre.
 
Puligny-Montrachet domaine Henri Boillot 1er cru Les Perrières 2007

C’est typiquement le genre de bouteille qu’il faut choisir au restaurant, car la première fut oxydée. La seconde fut sans aucun défaut.

Nez sur la noisette, l’abricot et le beurre, avec une touche de boisée intégrée.

Bouche très grasse pour un Puligny, avec une sensation de lécher de la pierre sur fond d’arômes d’agrumes et de vanille. Bouche équilibrée, qu’une acidité fine tend suffisamment. Belle finale beurrée aux notes de noisettes, bonne longueur.

Très bon. Le boisé a dû être plus proéminent dans sa jeunesse.
 
 Chablis domaine Raveneau 1er cru Montée de Tonnerre 2008

Nez sur les fleurs blanches, pralin, croute de fromage et surtout une énorme minéralité aux embruns marins.

Bouche à l’image d’une catapulte. Acidité tendue comme un arc qui propulse un jus profond et gras avec une énergie énorme. C’est à la fois lactique et iodé. C’est jeune et impressionnant, car les éléments du nez se dispute avec des saveurs iodées et ce, en toute harmonie. Equilibre parfait qui se termine sur une grande finale cristalline et minérale, tout en droiture façon eau de roche sur une grande longueur.

J’avais une expérience mitigée de Raveneau jusqu’ici mais j’ai adoré ce vin encore très jeune.
 
 
Les rouges
 
Etna Rosso Tenuta delle Terre Nere 2021

Bu une première fois fin 2023, cette bouteille fut plus épicée que la précédente, le fruit moins explosif mais toujours équilibré et sapide. C’est efficace et cela donne beaucoup de plaisir sur une structure simple.
 
Etna Rosso Tenuta delle Terre Nere Prephylloxera “La Vigna di Don Peppino” 2008

Nez rustique sur le balsamique et les épices. Ca me rappelle un Barolo trop boisé.

La bouche confirme cette suspicion, c’est séchard, boisé et sur un coté balsamique trop affirmé. Saveurs de pruneaux et de fruits secs. Jus intense et bien servi par une bonne acidité. Finale alcooleuse.

Ce vin me rend perplexe, il coche toutes les cases du style que je veux éviter désormais en Italie.
 
 Saint Julien Chateau Ducru-Beaucaillou 1995

Nez de tabac et d’épices.

Bouche d’un pur classicisme bordelais. Le jus reste assez fin et souple mais avec un coté strict. Il n’en demeure pas moins que c’est un vin d’une qualité indéniable, avec toute la panoplie qui fait la renommée de Bordeaux: cuir, sous bois, cèdre et fruits noirs. Bel équilibre sur une bonne acidité qui se finit sur une belle finale, un brin austère mais très plaisante sur le tabac avec une longueur épicée.

Très bon, mais un peu austère.
 
En conclusion, belle dualité entre 2 champagnes au style différent, l'un plus jeune et plus racé, et le second plus opulent et plus mature. Pour les blancs, grosse déception sur le Meursault Charmes. Première fois que j'éprouve une belle émotion sur Raveneau qui a survolé le plateau. Coté rouge, j'attendais plus de la cuvée préphylloxérique de Terre Nere, qui est un vin censé être plus ambitieux.
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03 Jui 2024 10:02 #88

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